HUNGER GAMES : LA REVOLTE, PARTIE 2 : Fin avec mention

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hungergameslarevolte2afficheLorsque j’attaque la critique d’un dernier épisode d’une saga, j’introduis souvent mon propos en rappelant la difficulté d’apporter une conclusion convaincante et satisfaisante pour tous ceux qui ont suivi l’ensemble des épisodes avec délectation. Ce n’est donc sans originalité que je vais tenir les mêmes propos à propos de Hunger Games : la Révolte, partie 2. Surtout que la première partie de ce troisième et dernier volet avait brillamment relancé la saga qui s’était un peu perdue avec Hunger Games, l’Embrasement. L’exercice était difficile… mais a été réussi avec mention !

Allez, ne soyons pas trop enthousiaste non plus, on parle d’une mention bien, pas d’une mention très bien et encore des félicitations du jury. Mais Hunger Games : la Révolte, partie 2 constitue un spectacle plaisant et surtout jamais cousu de fil blanc. Bien malin est celui qui peut deviner à l’avance quelles seront les péripéties qui s’enchaînent pour conduire à la conclusion. Si rien n’est totalement surprenant, rien n’est non plus prévisible. Et la morale de l’histoire n’est pas totalement inintéressante et loin d’être manichéenne. Certes, la réflexion reste quand même un tantinet superficielle, mais la richesse des thèmes abordées constitue une vraie valeur ajoutée pour cette saga dont l’adaptation cinématographique a été quand même globalement très réussie.

hungergameslarevolte2Cependant, la vraie valeur ajoutée de la saga Hunger Games, et la Révolte, partie 2 n’échappe pas à la règle, reste le charisme étonnant de Jennifer Lawrence. Elle aura porté tous les épisodes sur ses épaules qui n’ont décidément rien de frêles. On la quitte à regret, ou plutôt on quitte Katniss Everdeen à regret, car elle aura vraiment su donner vie à son héroïne au milieu d’un casting beaucoup plus anodin. Dommage que les regrets soient un tantinet ternis par une fin à rallonge qui semble vouloir concurrencer celle du Seigneur des Anneaux. Sauf que les deux sagas ne boxent pas tout à fait dans la même catégorie. Mais Hunger Games restera tout de même une des plus réussies de ces dernières années.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Francis Lawrence
Scénario : Danny Strong, d’après Hunger Games : La Révolte de Suzanne Collins
Direction artistique : Philip Messina
Décors : Philip Messina
Costumes : Kurt and Bart
Photographie : Jo Willems
Montage : Alan Edward Bell et Mark Yoshikawa
Musique : James Newton Howard
Production : Nina Jacobson et Jon Kilik
Sociétés de production : Color Force et Lions Gate Film
Sociétés de distribution : Lions Gate Film (États-Unis), Metropolitan Filmexport (France), Entertainment One (Canada)
Durée : 137 minutes (2h17)

Casting :
Jennifer Lawrence : Katniss Everdeen
Josh Hutcherson : Peeta Mellark
Liam Hemsworth : Gale Hawthorne
Elizabeth Banks : Effie Trinket
Woody Harrelson : Haymitch Abernathy
Stanley Tucci : Ceasar Flickerman
Philip Seymour Hoffman : Plutarch Heavensbee
Julianne Moore : Présidente Alma Coin
Donald Sutherland : Président Coriolanus Snow
Willow Shields : Primrose Everdeen
Paula Malcomson : Mme Everdeen
Sam Claflin : Finnick Odair
Stef Dawson : Annie Cresta
Jeffrey Wright : Beetee Latier
Jena Malone : Johanna Mason
Meta Golding : Enobaria
Natalie Dormer : Cressida
Evan Ross : Messalla
Patina Miller : Commandante Paylor
Mahershala Ali : Boggs
Wes Chatham : Castor
Elden Henson : Pollux
Robert Knepper : Antonius
David Hallyday : un des gardes postés devant la roseraie de Snow

LE FILS DE SAUL : Tout au fond

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lefilsdesaulafficheEcrire une pure fiction ayant pour décor un camp de concentration constitue évidemment un pari risqué. Le Fils de Saul n’a d’ailleurs pas manqué de provoquer une petite polémique à ce sujet. Mais petite car ce film a su éviter tout les pièges qui aurait pu donner lieu à des discussions sans fin. Cependant, le film soulève quand même bien des questions sur le sujet qu’il traite, ce qui est quand même le but, mais aussi sur lui-même.

Le Fils de Saul montre avec une incroyable pudeur des choses que l’on avait jamais vu avant. Nous faire découvrir le fonctionnement d’un camp de concentration, sa mécanique de mort quasi industrielle de l’arrivée des victimes jusqu’à la destruction des corps. Cet aspect pédagogique, ce témoignage historique est d’une immense valeur. L’intérêt intellectuel du film est incontestable, rare et précieux.

lefilsdesaulLaszlo Nemes a fait un choix radical dans sa réalisation. Tout l’histoire est racontée au travers de son personnage principal filmé constamment en gros plan. En n’élargissant jamais son cadre, le réalisateur fait preuve de cette immense pudeur que j’évoquais plus haut. Mais du coup, le Fils de Saul ressemble à un exercice de style. La gravité du sujet nous donnerait au contraire envie de nous détacher totalement de la forme pour être submergé par le fond. Surtout, tout cela retire au film l’émotion qui aurait du nous serrer la gorge et les tripes. On regarde ce film avec un intérêt purement intellectuel, avec le cerveau, trop peu avec le cœur. Un intérêt intellectuel immense, certes, mais qui laisse un peu trop froid.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Laokoon Filmgroup
Réalisation : László Nemes
Scénario : László Nemes, Clara Royer
Montage : Matthieu Taponier
Photo : Mátyás Erdély
Décors : Rajk László
Distribution : AD Vitam
Son : Támás Zányi
Musique : Melis László
Durée : 107 min

Casting :
Sándor Zsótér : le médecin
Marcin Czarnik : Feigenbaum
Todd Charmont : l homme barbu
Urs Rechn : Biedermann
Röhrig Géza : Saul Ausländer
Molnar Levente : Abraham

LES ANARCHISTES : Un beau casting, mais pas de révolution

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lesanarchistesafficheUn beau casting peut déjà constituer une bonne raison d’aller voir un film. Personnellement, la présence conjointe d’Adèle Exarchopoulos et Tahar Rahim à l’affiche de Les Anarchistes figure parmi les principales motivations qui m’ont poussé à aller voir ce film. Mais évidemment, ce n’est pas non plus suffisant pour satisfaire pleinement le spectateur. Et malgré d’autres qualités, il est vrai qu’Eli Wajeman n’est pas parvenu à vraiment sublimer cette base prometteuse.

Les Anarchistes n’est pas dénué d’un intérêt historique, permettant de mieux découvrir un contexte et une époque méconnue, la période entre la chute de Napoléon et la 1ère guerre mondiale étant souvent celle que les fins d’années scolaires ne m’ont jamais permis d’étudier de près. Mais cela reste superficiel. Cet aspect représente plus un décor qu’un élément structurant de l’histoire. Le film demeure avant tout un film de personnages et c’est les relations qu’ils entretiennent et son évolution qui constitue le cœur du scénario.

lesanarchistesEt de ce point de vue-là, les Anarchistes ne réservent ni surprises, ni raisons d’être particulièrement enthousiastes. L’intrigue est assez dense pour ne pas s’ennuyer, mais pas suffisamment pour être vite oublié. Le film n’est définitivement pas marquant. Du coup, les performances respectives de Tahar Rahim et Adèle Exarchoupoulos manque quelque peu de souffle et il faut se contenter de leur charisme naturel, sans les voir puiser très profondément dans leur immense talent. Au final, un film pas déplaisant, mais certainement pas indispensable.

LA NOTE : 11,5/20

Fiche technique :
Production : 24 Mai Production
Réalisation : Elie Wajeman
Scénario : Elie Wajeman, Gaëlle Macé
Montage : François Quiqueré
Photo : David Chizallet
Distribution : Mars Distribution
Musique : Gloria Jacobsen
Durée : 101 mn

Casting :
Tahar Rahim : Jean Albertini
Adèle Exarchopoulos : Judith Lorillard
Swann Arlaud : Elisée Mayer
Guillaume Gouix : Eugène Levèque
Sarah Le Picard : Marie-Louise Chevandier
Cédric Kahn : Gaspard

THE WALK : REVER PLUS HAUT : Sur un fil

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thewalkafficheBon, je suis tellement en retard dans mes critiques que j’en suis à en écrire sur des films qui ne sont plus du tout à l’affiche. Etant un tantinet psychorigide, je tiens à commenter chacune de mes sorties au cinéma dans ces pages. C’est pourquoi, je vais vous parler de The Walk : Rêver plus Haut de Robert Zemeckis, qui est passé largement inaperçu et n’a pas peuplé longtemps les salles obscures. Certes, ce n’est pas sans raison, mais un tel cinéaste méritait sans doute un peu plus d’attention.

Pour un spectateur français, The Walk : Rêver plus Haut souffre d’un défaut qui vient gâcher un tout petit peu le plaisir. En effet, il nous raconte l’histoire de Philippe Petit, un gars bien de chez nous, mais qui est interprété par Joseph Gordon-Levitt, un gars pas du tout de chez nous. Cela ne serait pas gênant dans l’absolu s’il ne s’évertuait à parler anglais avec un accent français très artificiel pour le coup. Et surtout, le scénario essaye de justifier le fait qu’il parle le plus souvent anglais, y compris avec ses complices français. Genre « il fait ça pour s’entraîner parce qu’il veut aller en Amérique »… Mais bien sûr… Bref, pour tout le reste de la planète, cela passe sûrement totalement inaperçu, mais pour nous, c’est vrai que cela vient un peu miner la crédibilité du film.

thewalkC’est dommage car The Walk : Rêver plus Haut propose un beau moment de cinéma dans sa dernière demi-heure. La séquence qui verra le funambule suspendu entre les deux Tours Jumelles a le mérite d’être parfaitement réalisée, dans un style hollywoodien tout en efficacité, mais surtout d’avoir un côté jamais vu qui se fait rare sur nos écrans. Mais il est vrai que pour arriver là, on a du traverser une heure et demi pas toujours convaincante. Pour les raisons que j’ai évoquées plus haut, mais aussi faute de personnages vraiment attachants. On est là pour le clou du spectacle et il se fait quelque peu attendre. Personnellement, je ne me suis jamais ennuyé, mais j’étais parfois amusé par des faiblesses jamais rédhibitoires, mais il est vrai indignes d’un cinéaste qui nous a livré tant de films culte.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Columbia TriStar, Sony Pictures Entertainment
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Robert Zemeckis
Scénario : Robert Zemeckis, Christopher Browne
Montage : Jeremiah O’Driscoll
Photo : Dariusz Wolski
Décors : Naomi Shohan
Musique : Alan Silvestri
Effets spéciaux : Lenora Acidera
Directeur artistique : Félix Larivière-Charron
Durée : 123 mn

Casting :
Joseph Gordon-Levitt : Philippe Petit
Ben Kingsley : Papa Rudy
Charlotte Le Bon : Annie Allix
Clément Sibony : Jean-Louis
Ben Schwartz : Albert

NOTRE PETITE SOEUR : Bienveillance dans un monde de brutes

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notrepetitesoeurafficheTel Père, Tel Fils avait constitué un moment fort de l’année cinématographique 2014, récompensé par le Grand Prix à Cannes. Les cinéphiles éclairés étaient donc impatient de le voir revenir Hirokazu Koreeda sur nos grands écrans avec Notre Petite Sœur. Un nouveau film sur la famille donc, mais qui prouve que l’on peut traiter deux fois du même sujet sans pour autant faire le même film. Un nouveau film qui prouve surtout que quand on possède un immense talent de cinéaste, même si on ne produit pas toujours son chef d’œuvre à chaque essai, on offre toujours du bonheur et de l’émotion.

Notre Petit Sœur est plus léger que Tel Père, Tel Fils. Peut-être plus anecdotique du coup, mais assez touchant pour être regardé avec un vrai plaisir, beaucoup de sourires et quelques larmes fugaces. Le sujet se prêtait pourtant à un traitement beaucoup plus sombre. Hirokazu Koreeda se contente de suggérer les développement les plus dramatiques où il aurait pu nous entraîner. Il choisit au final de faire de ses personnages des êtres imparfaits certes, mais toujours bienveillants. La bienveillance est très certainement le terme qui résume le mieux le sentiment qui émerge le plus fortement de ce film. Et dans ce monde de brutes, cela fait du bien !

notrepetitesoeurNotre Petite Soeur repose sur quatre incroyables personnages interprétés par quatre non moins incroyables actrices. On avait déjà pu constater l’immense talent d’Hirokazu Koreeda pour la direction d’acteur, elle se confirme ici d’une manière assez éclatante pour effacer toutes les petites faiblesses de son film, notamment quelques longueurs. Mais Haruka Ayase, Masami Nagasawa, Kaho et la jeune Suzu Hirose nous font tomber de manière si brutale immédiate sous leur charme que notre seul regret sera de les quitter.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : GAGA films, Fuji Television Network, Shogakukan, Toho Company
Réalisation : Kore-eda Hirokazu
Scénario : Kore-eda Hirokazu, d’après le manga de Akimi Yoshida
Montage : Kore-eda Hirokazu
Photo : Mikiya Takimoto
Décors : Keiko Mitsumatsu
Distribution : Le Pacte
Son : Tsurumaki Yutaka
Musique : Kanno Yoko
Effets spéciaux : Sakamoto Sayuki
Durée : 123 min

Casting :
Haruka Ayase : Sachi
Masami Nagasawa : Yoshino
Ryo Kase : Sakashita
Kaho : Chika
Suzu Hirose : Suzu
Takafumi Ikeda : Hamada

LOLO : Ménage à trois

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loloafficheDepuis Génial, Mes Parents Divorcent à la fin des années 80, la famille recomposée est plutôt devenue un sujet de comédie, loin du drame à la Kramer contre Kramer. Il faut dire que les ressorts comiques qu’offre ce genre de situation sont relativement inépuisables. La preuve avec Lolo, comédie classique à tout point de vue, mais assez bien menée pour être convaincante… et drôle ! Ce qui est quand même le minimum pour une comédie.

Lolo est une nouvelle version du triangle amoureux, avec une mère célibataire, son nouvel amoureux et un fils possessif qui n’a pas du tout envie de voir cet intrus s’incruster. Il multipliera alors les stratagèmes de plus en plus élaborés pour casser le couple. Bref, Julie Delpy n’a donc pas non plus été cherché très loin l’idée de départ de son scénario. Mais elle a su lui donner l’épaisseur nécessaire pour en faire un film digne d’intérêt. Déjà en imprimant un rythme soutenu pour que les situations comiques s’enchaînent sans jamais tourner en rond.

loloLolo brille aussi par la qualité de ses personnages. Non qu’ils soient réellement originaux ou vraiment surprenants, mais on s’y attache rapidement, rentrant ainsi facilement dans l’histoire. C’est surtout le rôle du fils, dont le film tire son nom qui apporte un petit quelque chose en plus. Il confirme également que je peux arrêter de détester Vincent Lacoste, que j’ai une nouvelle fois trouvé remarquable, après son magnifique rôle dans Hippocrate. Le duo Dany Boon – Julie Delpy fonctionne lui assez bien pour que tout le film tienne debout. Ils sont tous les deux bien dans leur rôle, dépensant l’énergie et faisant preuve de la conviction nécessaires pour nous faire passer un bon moment.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : The Film, France 2 Cinéma, Mars films, Wild Bunch, Tempête sous le crâne
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Julie Delpy
Scénario : Julie Delpy, Eugénie Grandval
Montage : Virginie Bruant
Photo : Thierry Arbogast
Décors : Emmanuelle Duplay
Costumes : Pierre-Yves Gayraud
Durée : 99 min

Casting :
Dany Boon : Jean-René
Julie Delpy : Violette
Vincent Lacoste : Lolo
Karin Viard : Ariane
Antoine Lounguine : Lulu
Christophe Vadevelde : Gérard
Elise Larnicol : Elisabeth
Nicolas Wanczycki : le médecin de l’hôpital

AVRIL ET LE MONDE TRUQUE : A bonnes écoles

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avriletlemondetruqueafficheL’école de l’animation française a toujours été particulièrement brillante et productive. Cela pouvait être mis en parallèle avec une école de bande-dessinée qui, en association avec nos amis belges, possède encore une renommée mondiale. Mais pendant plusieurs décennies, les deux n’étaient plus vraiment en relation. C’est visiblement en train de changer. Après un très bon et très moderne Asterix et le Domaine des Dieux, voici Avril et le Monde Truqué, adaptation sur grand écran de l’univers graphique de Tardi. Mais surtout une belle réussite.

Avril et le Monde Truqué repose premièrement sur une excellente histoire. Il est avant tout un vrai roman d’aventures, empli d’humour, de poésie et de fantastique. Une uchronie qui permet de donner sa pleine mesure à l’imagination des deux scénaristes. Ils arrivent à nous surprendre tout en offrant une vraie cohérence au monde qu’ils ont crée. Un monde peuplé de personnages remarquables et qui prennent vie grâce à un casting voix de très haut niveau.

avriletlemondetruqueAvril et le Monde Truqué est une réussite aussi parce que le film respecte totalement l’univers graphique de Tardi. Ce dernier assure la direction artistique pour ce film, mais ce sont évidemment toute l’équipe qui est à saluer car elle a su se mettre au niveau d’un des auteurs les plus brillants de l’école franco-belge actuelle. L’animation est fluide et conserve le charme unique du « vrai » dessin. L’ensemble de ses qualités fait d’ailleurs que l’on oublie vite que l’on est face à un film d’animation pour apprécier pleinement cet excellent film tout court.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Je suis bien content, Studiocanal, Kaibou production, Need productions, Arte France Cinéma, Jouror, Tchack
Distribution : StudioCanal
Réalisation : Christian Desmares, Franck Ekinci
Scénario : Frank Ekinci, Benjamin Legrand
Montage : Nazim Meslem
Son : Yann Lacan
Musique : Valentin Hadjadj
Directeur artistique : Jacques Tardi
Durée : 105 min

Casting :
Marion Cotillard : Avril
Philippe Katerine : Darwin
Jean Rochefort : Pops
Marc-André Grondin : Julius
Olivier Gourmet : Paul
Bouli Lanners : Pizoni
Macha Grenon : Annette
Benoît Brière : Rodrigue
Anne Coesens : Chimène

SEUL SUR MARS : Abba on Mars

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seulsurmarsafficheRidley Scott est un immense réalisateur. Un de ceux qui comptent vraiment dans l’histoire du 7ème art. Mais aussi un génie intermittent qui entrecoupe ces chefs d’œuvre de quelques navets. Les plus mauvaises langues diront que ces derniers prennent de plus en plus de place à mesure que l’artiste prend de l’âge. Je reste quant à moi plus mesuré, ayant été un des rares à vraiment adorer Prometeus. Cependant, je crois que le débat pourra s’éteindre au moins le temps d’un film. Seul Sur Mars est en effet un des films marquants de cette fin d’année cinématographique.

Seul Sur Mars n’est certainement pas le meilleur film qu’ait jamais réalisé Ridley Scott. Il reste un produit hollywoodien de pur divertissement. Il lui manque le supplément d’âme qui fait les très grands films. Il n’empêche qu’il s’agit d’un film parfaitement maîtrisé à tout point de vue, avec quelques moments de vraie grâce cinématographique. Si vous pensiez que le disco n’avait pas sa place dans le vide spatial, vous vous trompiez. Le temps d’une scène avec Abba en fond musical et vous compreniez à quel point un grand réalisateur peut vraiment faire la différence à partir de pas grand chose.

seulsurmarsSeul Sur Mars se distingue par un scénario parfaitement construit, une course poursuite contre le temps, contre les problèmes, contre la distance, contre la mort. Le spectateur se prend immédiatement au jeu, attendant la prochaine difficulté et la prochaine réponse ingénieuse qui y sera apportée. Le ressort est classique, sans surprise il est vrai, mais assez jouissif. On est venu exprès pour cela, alors on oubliera vite qu’à côté de ça tout le reste manque quelque peu d’épaisseur. Heureusement, une touche d’humour est la bienvenue et les plus cinéphiles souriront quand ils verront Sean « Boromir » Bean faire référence au Seigneur des Anneaux. Du coup, je pardonne quelques approximations agronomiques.

Les personnages sont eux aussi assez superficiels. Mais le casting brillant et la direction d’acteur nous permettent de s’y attacher malgré tout. Matt Damon fait preuve de son charisme habituel, sans pour autant forcer son talent. Mais quand on en a autant, c’est largement suffisant. C’est du côté des rôles féminins que la petite différence ce fait, avec une Jessica Chastain qui s’affirme vraiment comme une formidable actrice et une Kristen Wiig tellement mieux mise en valeur que dans les 4 Fantastiques. Bon faut dire qu’il n’y avait pas de mal… En tout cas, tous les comédiens rendent ce voyage sur Mars vraiment plaisant et si on est heureux quand le personnage quitte enfin la planète rouge, on est un peu triste de partir avec lui.

LA NOTE : 15/20

Fiche technique :
Production : 20th Century Fox, TSG Entertainment, Genre Films, Scott Free Productions
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Ridley Scott
Scénario : Drew Goddard, d’après le roman d’Andy Weir
Montage : Pietro Scalia
Photo : Dariusz Wolski
Décors : Arthur Max
Musique : Harry Gregson-Williams
Costumes : Janty Yates
Durée : 144 mn

Casting :
Matt Damon : Mark Watney
Jessica Chastain : Melissa Lewis
Kristen Wiig : Annie Montrose
Jeff Daniels : Teddy Sanders
Michael Peña : Rick Martinez
Sean Bean : Mitch Henderson
Chiwetel Ejiofor : Vincent Kapoor

REGRESSION : Efficacité inefficace

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regressionafficheBeaucoup d’enfants acteurs ne survivent pas au passage à l’âge adulte. Surtout s’ils ont interprété un rôle pendant trop longtemps pour qu’il ne marque pas à jamais leur vie, ce qui même pour un comédien plus âgé promet des lendemains difficiles. Je doute fort que l’on verra encore longtemps Daniel Radcliffe, alias Harry Potter, sur nos écrans. Pas assez de charisme, ni de talent. Par contre, parmi ses partenaires de casting, une semble avoir tiré son épingle du jeu et s’affirme un peu à chaque nouveau film. Emma Watson pourrait bien connaître de son côté une longue et belle carrière et ne pas rester ad vitam æternam celle qui a joué Hermione Granger. Une nouvelle preuve avec Regression. Un film moyen mais où elle surnage quelque peu.

Regression est un excellent exemple de la capacité du cinéma américain à produire des films à partir de son histoire judiciaire. La France s’y met doucement, comme par exemple l’Affaire SK1 sur Guy George, mais cela reste une spécialité d’Outre-Atlantique. Nous plongeons là dans la psychose ayant sévi dans les années 90 autour de supposés rites satanistes, comprenant notamment à des sacrifices d’enfants. Des enquêtes très poussées ont tenté de les mettre à jour à partir de témoignages de rescapés, toujours sans succès. Manque de preuve ou complot pour protéger les coupables ? Voilà la question qui était alors posée.

regressionRegression s’attache à décrire les mécanismes de la psychose, du doute qui s’installe et du biais qu’il engendre dans la perception des choses. C’est ici que réside le vrai sujet du film, bien plus que l’enquête en elle-même et la quête de la vérité. Ce point de vue n’est pas dénué d’intérêt, mais il est traité avec trop de cette froide efficacité qui peut engendrer les meilleurs thrillers, mais qui ici fait de ce film une réflexion lisse et superficielle. De plus, les ficelles de l’intrigue sont grosses et il faut vraiment être myopes pour ne pas voir arriver les rebondissements. Alejandor Amenabar a décidément du mal à trouver des scénarios qui réservent de vraies surprises… même si pour les Autres, ce n’était pas vraiment de sa faute.

Reste tout une même une réalisation assez élégante. Elle arrive à crée une certaine ambiance et de là une certaine tension qui permet au spectateur de rentrer dans le film. Par contre, les acteurs sont eux aussi marqués par cette froide efficacité, qui ne les conduira jamais dans leurs derniers retranchements de comédien. Au milieu de tout cela, Emma Watson apporte une touche en plus, mais quand même pas au point de transcender le résultat final. Regression en constitue donc une petite dans la carrière d’Alejandro Amenabar.

LA NOTE : 11,5

Fiche technique :
Production : First Generation Films, Himenóptero, Mod Producciones, First Generation Films, Telefonica Studios
Distribution : Metropolitan Filmexport
Réalisation : Alejandro Amenábar
Scénario : Alejandro Amenábar
Montage : Carolina Martinez Urbina
Photo : Daniel Aranyo
Décors : Carol Spier
Musique : Roque Banos
Durée : 107 mn

Casting :
Ethan Hawke : Bruce Kenner
Emma Watson : Angela Gray
David Thewlis : Dr Kenneth Raines
David Dencik : John Gray
Aaron Ashmore : Geroge Nesbitt
Devon Bostick : Roy Gray
DaleDickey : Rose Gray
Lothaire Bluteau : Reverend Murray

THE LOBSTER : WTF ?

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thelobsterafficheLa notion de scénario ou au moins de pitch éculé a constitué le fil rouge de mes dernières critiques. Mais nous pouvons être rassuré, il existe encore des idées radicalement originales qui n’ont pas encore été portées à l’écran. La preuve avec The Lobster, un film dont le point de départ assez délirant est traité avec le plus grand sérieux pour un résultat surprenant et réussi.

Personnellement, je vous conseille de faire comme moi, c’est à dire d’aller voir The Lobster en en sachant le moins possible sur l’histoire. Vous passerez ainsi un premier quart d’heure les yeux écarquillés en vous disant : qu’est ce que c’est que ce délire ? ou What the Fuck ? si vous êtes plus grossier et anglophone. Puis une fois que vous aurez assimilé ce point de départ inattendu, vous vous laisserez charmer par ce scénario qui ne ressemble à aucun d’autres et qui continuera à vous proposer bien des surprises jusqu’au dénouement.

thelobsterIl est clair que The Lobster s’adresse uniquement à ceux qui apprécient l’humour au 800ème degré et très, mais alors vraiment très, décalé. Il y a dans ce film très certainement la volonté de nous livrer une satyre de certains penchants de nos sociétés, mais ce qui domine c’est surtout le plaisir d’emmener le spectateur là où il ne s’imaginait pas aller un jour. Tous les acteurs jouent le jeu avec un talent et un aplomb remarquables. Ce n’est pas du grand cinéma, mais au moins on tient là le souffle de créativité pure qui manquait à cet automne cinématographique.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Element Pictures, Haut et Court, Scarlet Films, Film4, Lemming Film, Faliro, Limp
Réalisation : Yorgos Lanthimos
Scénario : Yorgos Lanthimos, Efthimis Filippou
Montage : Yorgos Mavropsaridis
Photo : Thimios Bakatakis
Décors : Jacqueline Abrahams
Distribution : Haut et Court
Son : Johnnie Burn
Durée : 118 min

Casting :
Colin Farrell : David
Rachel Weisz : la femme myope
Olivia Colman : la gérante de l hôtel
Ben Whishaw : l’homme qui boite
Léa Seydoux : la chef des solitaires
John C. Reilly : l’homme qui zozotte