
Allez, ne soyons pas trop enthousiaste non plus, on parle d’une mention bien, pas d’une mention très bien et encore des félicitations du jury. Mais Hunger Games : la Révolte, partie 2 constitue un spectacle plaisant et surtout jamais cousu de fil blanc. Bien malin est celui qui peut deviner à l’avance quelles seront les péripéties qui s’enchaînent pour conduire à la conclusion. Si rien n’est totalement surprenant, rien n’est non plus prévisible. Et la morale de l’histoire n’est pas totalement inintéressante et loin d’être manichéenne. Certes, la réflexion reste quand même un tantinet superficielle, mais la richesse des thèmes abordées constitue une vraie valeur ajoutée pour cette saga dont l’adaptation cinématographique a été quand même globalement très réussie.

LA NOTE : 13/20
Fiche technique :
Réalisation : Francis Lawrence
Scénario : Danny Strong, d’après Hunger Games : La Révolte de Suzanne Collins
Direction artistique : Philip Messina
Décors : Philip Messina
Costumes : Kurt and Bart
Photographie : Jo Willems
Montage : Alan Edward Bell et Mark Yoshikawa
Musique : James Newton Howard
Production : Nina Jacobson et Jon Kilik
Sociétés de production : Color Force et Lions Gate Film
Sociétés de distribution : Lions Gate Film (États-Unis), Metropolitan Filmexport (France), Entertainment One (Canada)
Durée : 137 minutes (2h17)
Casting :
Jennifer Lawrence : Katniss Everdeen
Josh Hutcherson : Peeta Mellark
Liam Hemsworth : Gale Hawthorne
Elizabeth Banks : Effie Trinket
Woody Harrelson : Haymitch Abernathy
Stanley Tucci : Ceasar Flickerman
Philip Seymour Hoffman : Plutarch Heavensbee
Julianne Moore : Présidente Alma Coin
Donald Sutherland : Président Coriolanus Snow
Willow Shields : Primrose Everdeen
Paula Malcomson : Mme Everdeen
Sam Claflin : Finnick Odair
Stef Dawson : Annie Cresta
Jeffrey Wright : Beetee Latier
Jena Malone : Johanna Mason
Meta Golding : Enobaria
Natalie Dormer : Cressida
Evan Ross : Messalla
Patina Miller : Commandante Paylor
Mahershala Ali : Boggs
Wes Chatham : Castor
Elden Henson : Pollux
Robert Knepper : Antonius
David Hallyday : un des gardes postés devant la roseraie de Snow

Laszlo Nemes a fait un choix radical dans sa réalisation. Tout l’histoire est racontée au travers de son personnage principal filmé constamment en gros plan. En n’élargissant jamais son cadre, le réalisateur fait preuve de cette immense pudeur que j’évoquais plus haut. Mais du coup, le Fils de Saul ressemble à un exercice de style. La gravité du sujet nous donnerait au contraire envie de nous détacher totalement de la forme pour être submergé par le fond. Surtout, tout cela retire au film l’émotion qui aurait du nous serrer la gorge et les tripes. On regarde ce film avec un intérêt purement intellectuel, avec le cerveau, trop peu avec le cœur. Un intérêt intellectuel immense, certes, mais qui laisse un peu trop froid.
Et de ce point de vue-là, les Anarchistes ne réservent ni surprises, ni raisons d’être particulièrement enthousiastes. L’intrigue est assez dense pour ne pas s’ennuyer, mais pas suffisamment pour être vite oublié. Le film n’est définitivement pas marquant. Du coup, les performances respectives de Tahar Rahim et Adèle Exarchoupoulos manque quelque peu de souffle et il faut se contenter de leur charisme naturel, sans les voir puiser très profondément dans leur immense talent. Au final, un film pas déplaisant, mais certainement pas indispensable.
C’est dommage car The Walk : Rêver plus Haut propose un beau moment de cinéma dans sa dernière demi-heure. La séquence qui verra le funambule suspendu entre les deux Tours Jumelles a le mérite d’être parfaitement réalisée, dans un style hollywoodien tout en efficacité, mais surtout d’avoir un côté jamais vu qui se fait rare sur nos écrans. Mais il est vrai que pour arriver là, on a du traverser une heure et demi pas toujours convaincante. Pour les raisons que j’ai évoquées plus haut, mais aussi faute de personnages vraiment attachants. On est là pour le clou du spectacle et il se fait quelque peu attendre. Personnellement, je ne me suis jamais ennuyé, mais j’étais parfois amusé par des faiblesses jamais rédhibitoires, mais il est vrai indignes d’un cinéaste qui nous a livré tant de films culte.
Notre Petite Soeur repose sur quatre incroyables personnages interprétés par quatre non moins incroyables actrices. On avait déjà pu constater l’immense talent d’Hirokazu Koreeda pour la direction d’acteur, elle se confirme ici d’une manière assez éclatante pour effacer toutes les petites faiblesses de son film, notamment quelques longueurs. Mais Haruka Ayase, Masami Nagasawa, Kaho et la jeune Suzu Hirose nous font tomber de manière si brutale immédiate sous leur charme que notre seul regret sera de les quitter.
Lolo brille aussi par la qualité de ses personnages. Non qu’ils soient réellement originaux ou vraiment surprenants, mais on s’y attache rapidement, rentrant ainsi facilement dans l’histoire. C’est surtout le rôle du fils, dont le film tire son nom qui apporte un petit quelque chose en plus. Il confirme également que je peux arrêter de détester Vincent Lacoste, que j’ai une nouvelle fois trouvé remarquable, après son magnifique rôle dans Hippocrate. Le duo Dany Boon – Julie Delpy fonctionne lui assez bien pour que tout le film tienne debout. Ils sont tous les deux bien dans leur rôle, dépensant l’énergie et faisant preuve de la conviction nécessaires pour nous faire passer un bon moment.
Avril et le Monde Truqué est une réussite aussi parce que le film respecte totalement l’univers graphique de Tardi. Ce dernier assure la direction artistique pour ce film, mais ce sont évidemment toute l’équipe qui est à saluer car elle a su se mettre au niveau d’un des auteurs les plus brillants de l’école franco-belge actuelle. L’animation est fluide et conserve le charme unique du « vrai » dessin. L’ensemble de ses qualités fait d’ailleurs que l’on oublie vite que l’on est face à un film d’animation pour apprécier pleinement cet excellent film tout court.
Seul Sur Mars se distingue par un scénario parfaitement construit, une course poursuite contre le temps, contre les problèmes, contre la distance, contre la mort. Le spectateur se prend immédiatement au jeu, attendant la prochaine difficulté et la prochaine réponse ingénieuse qui y sera apportée. Le ressort est classique, sans surprise il est vrai, mais assez jouissif. On est venu exprès pour cela, alors on oubliera vite qu’à côté de ça tout le reste manque quelque peu d’épaisseur. Heureusement, une touche d’humour est la bienvenue et les plus cinéphiles souriront quand ils verront Sean « Boromir » Bean faire référence au Seigneur des Anneaux. Du coup, je pardonne quelques approximations agronomiques.
Regression s’attache à décrire les mécanismes de la psychose, du doute qui s’installe et du biais qu’il engendre dans la perception des choses. C’est ici que réside le vrai sujet du film, bien plus que l’enquête en elle-même et la quête de la vérité. Ce point de vue n’est pas dénué d’intérêt, mais il est traité avec trop de cette froide efficacité qui peut engendrer les meilleurs thrillers, mais qui ici fait de ce film une réflexion lisse et superficielle. De plus, les ficelles de l’intrigue sont grosses et il faut vraiment être myopes pour ne pas voir arriver les rebondissements. Alejandor Amenabar a décidément du mal à trouver des scénarios qui réservent de vraies surprises… même si pour les Autres, ce n’était pas vraiment de sa faute.
Il est clair que The Lobster s’adresse uniquement à ceux qui apprécient l’humour au 800ème degré et très, mais alors vraiment très, décalé. Il y a dans ce film très certainement la volonté de nous livrer une satyre de certains penchants de nos sociétés, mais ce qui domine c’est surtout le plaisir d’emmener le spectateur là où il ne s’imaginait pas aller un jour. Tous les acteurs jouent le jeu avec un talent et un aplomb remarquables. Ce n’est pas du grand cinéma, mais au moins on tient là le souffle de créativité pure qui manquait à cet automne cinématographique.
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