BELLES FAMILLES : 12 ans d’attente pour ça ?

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bellesfamillesafficheLa famille reste une source inépuisable d’idées de scénario, en particulier pour un cinéma français particulièrement friand des histoires de ce type. Belles Familles nous en apporte une nouvelle preuve. A défaut de renouveler le 7ème art, ce genre de film nous fait généralement apprécier notre propre famille en nous faisant dire qu’on peut facilement trouver pire ou plus tordu ailleurs. C’est au moins une façon de se consoler quand le résultat est cinématographiquement moyen.

Belles Familles a bien des qualités à faire valoir. Un scénario bien construit, avec des rebondissements. Un casting de très haut niveau, offrant des rôles sur mesure à des pointures du cinéma français. Une réalisation signée Jean-Paul Rappeneau sobre, mais qui met ainsi en valeur le travail des comédiens. Une galerie de personnages savoureuse, à défaut d’être inoubliable. Tout semble donc réuni pour un très bon moment de cinéma. Simplement, un film n’est jamais tout à fait égal à la somme de ses parties.

bellesfamillesBelles Familles est loin d’être un mauvais film. Mais il peut décevoir à plusieurs points de vue. Déjà parce qu’on peut s’étonner qu’un monstre du cinéma français ait attendu 12 ans pour revenir à l’écran avec un film aussi anodin. Jean-Paul Rappeneau est particulièrement peu profilique, on attend donc beaucoup plus de chacune de ses œuvres. De plus, il échoue à donner ce supplément d’âme, d’épaisseur à son scénario et à ses personnages pour donner au spectateur de vraies raisons de s’enthousiasmer. Au final, il nous livre un énième film familial, entre comédie des mœurs et vaudeville, qui se laisse regarder, mais s’oubliera vite.

LA NOTE : 11,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Jean-Paul Rappeneau
Scénario : Philippe Le Guay, Jean-Paul Rappeneau, Julien Rappeneau
Directeur de la photographie : Thierry Arbogast
Musique de Martin Rappeneau
Musiques additionnelles : divers extraits, enchaînés, tirés du premier mouvement du Concerto pour piano en la mineur de Robert Schumann ; extrait d’Hippolyte et Aricie, tragédie lyrique de Jean-Philippe Rameau ; un extrait des Études pour piano, op. 10, de Frédéric Chopin, etc ;
Producteurs : Laurent Pétin, Michèle Pétin

Casting :
Mathieu Amalric : Jérôme Varenne
Marine Vacth : Louise
Gilles Lellouche : Grégoire Piaggi
Nicole Garcia : Suzanne Varenne
Karin Viard : Florence
Guillaume de Tonquédec : Jean-Michel Varenne
André Dussollier : Pierre Cotteret
Gemma Chan : Chen-Lin

CRIMSON PEAK : Guillermo côté pile, Guillermo côté face

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crimsonpeakafficheGuillermo Del Toro est un réalisateur de génie. Un réalisateur qui a un sens parfait de l’image, qui transpire le cinéma à chaque scène qu’il tourne et qui ne croit pas que l’on doit forcément faire ressembler un film d’action à clip vidéo où chaque plan dure moins d’une seconde. Guillermo Del Toro est un scénariste nettement moins génial par contre. Son précédent film, Pacific Rim, était superbe mais avec une histoire tellement minimaliste et premier degré qu’il était difficile d’apprécier pleinement ses aspects les plus jouissifs. Un accident de parcours ? Malheureusement, Crimson Peak souffre du même déséquilibre.

J’ai beaucoup parlé de scénario éculé ces derniers temps, j’aurais pu en rajouter une couche avec Crimson Peak. Mais en plus, d’être déjà vu des dizaines de fois, l’histoire est largement cousue de fil blanc et les rebondissements arrivent exactement comme et quand on s’attendait à ce qu’ils arrivent. A ce niveau-là, ce sens du timing pourrait presque être objet d’admiration. Bon, j’exagère peut-être un peu, car le film se laisse globalement regarder, mais il est vraiment dommage de gâcher de telles qualités artistiques avec un scénario si banal. C’est de la confiture donnée aux cochons cinéphiles.

crimsonpeakEn effet, esthétiquement, Crimson Peak est vraiment superbe. En particulier, les décors sont parfois sublimes. Il est vraiment dommage que l’émotion qu’ils font naître ne viennent pas soutenir une intrigue plus solide. Côté casting, on notera surtout le charisme particulier de Tom Hiddleston. Rarement un acteur est arrivé à être aussi inexpressif tout en étant aussi présent à l’écran. C’est vraiment lui, et son personnage, qui donne le seul supplément d’âme à une histoire qui en manque cruellement. Allez Guillermo, un effort ! Accepte de raconter des histoires écrites par d’autres !

LA NOTE : 10,5/20

Fiche technique :
Production : Legendary Pictures
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Guillermo del Toro
Scénario : Guillermo del Toro, Matthew Robbins
Montage : Bernat Vilaplana
Photo : Dan Laustsen
Décors : Thomas E. Sanders
Musique : Fernando Velázquez
Directeur artistique : Brandt Gordon
Durée : 119 min

Casting :
Mia Wasikowska : Edith Cushing
Tom Hiddleston : Sir Thomas Sharpe
Jessica Chastain : Lady Lucille Sharpe
Charlie Hunnam : Docteur Alan McMichael
Jim Beaver : Carter Cushing

FATIMA : Le regard des autres

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fatimaafficheFaire un film social est un art difficile. Le manichéisme, le misérabilisme, la caricature ou l’enfoncement de portes ouvertes sont autant de danger qui guettent tous ceux qui veulent livrer une réflexion sur tout ce que exclut, fragilise, relègue les plus faibles d’entre nous. Beaucoup de films n’y échappent pas. Cette année, Mon Amie Victoria ou bien la Loi du Marché n’auront pas su éviter tous ces travers. Fatima a-t-il su esquiver tous ces pièges ?

Fatima n’est évidemment pas un film parfait, la perfection n’étant de toute façon pas de ce monde. Parmi les défauts que j’ai cité, on peut lui reprocher peut-être un léger manichéisme, puisqu’il se focalise avant tout sur tout ce qui renvoie l’héroïne à sa condition et ses différences. Du coup, on a un peu l’impression qu’elle ne croise dans son quotidien que des gens indifférents, quand ils ne sont pas détestables. Cela sert évidemment le propos, mais lui donne peut-être un léger côté artificiel, en éludant ce qui pourrait le contredire.

fatimaIl n’empêche que la démonstration est brillante, convaincante et particulièrement pertinente. Le casting formidable y est pour beaucoup, le choix aussi d’un film court, percutant et qui s’attache à l’essentiel. Mais le fond de la réflexion présente par elle-même un réel intérêt, en décortiquant ces petits riens, ces attitudes à première vue anodines qui peuvent enfermer autrui dans l’image que l’on s’en fait. Enfin, Fatima se démarque enfin par un certain courage, n’hésitant pas à aborder les rapports au sein même « des exclus ». Bref, tout le monde en prend pour son grade et donne à ce film un caractère objectif et particulièrement éclairant.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Istiqlal Films, Possibles Média
Réalisation : Philippe Faucon
Scénario : Philippe Faucon
Montage : Sophie Mandonnet
Photo : Laurent Fénart
Distribution : Pyramide Distribution
Son : Thierry Morlaas-Lurbe
Musique : Robert Marcel Lepage
Costumes: Nezha Rahil
Autres infos : D’après l’oeuvre de Fatima Elayoubi
Durée : 79 min

Casting :
Soria Zeroual : Fatima
Zita Hanrot : Nesrine
Kenza Noah Aïche : Souad
Chawki Amari : le père

THE VISIT : Sourire crispé

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thevisitafficheJ’ai beaucoup parlé ces dernières critiques de scénarios quelque peu éculés et d’idées recyclées encore et encore. Comme si une épidémie de manque d’originalité avait frappé nos grands écrans. Mais cette maladie est-elle si terrible ? Pas forcément, quand on a un talent immense. M. Night Shyamalan en possède un d’un fort beau gabarit, bien qu’il ne l’ait pas toujours utilisé à bon escient. Il le prouve avec The Visit un film dont tous les éléments sont archi connus, mais qui possède une personnalité bien à lui.

The Visit recycle à peu près tous les éléments des films de maisons hantées avec des bruits bizarres et des gens qui ont des comportements étranges et inquiétants la nuit. Si on regarde superficiellement le déroulé du scénario, y compris le twist final, on se dit franchement qu’on a vu ça mille fois et que ça n’a a priori donc pas grand intérêt. Mais le film est rempli de petits détails qui font que l’on se retrouve devant une sorte de parodie tournée avec le plus grand sérieux. Dans un style différent, on retrouve là quelque peu la démarche d’un Quentin Tarantino, c’est à dire se moquer très gentiment de certains clichés des films de genre, tout en leur rendant hommage en les mettant en scène avec talent et application.

thevisitThe Visit fait donc parfois rire, parfois peur. On est toujours partagé entre deux sentiments et si on sourit très souvent, c’est toujours quand même avec un peu de crispation. M. Night Shyamalan possède de plus ce sens de l’image et de la mise en scène pour créer une ambiance pesante à partir de pas grand chose, ce qui constitue la marque des plus grands films du genre. Mais il ajoute une petite touche en plus, avec un final particulièrement réussi et jouissif, où le cinéaste démontre à quel point tout cela est maîtrisé. Avec ce film, ne doutons pas que le réalisateur s’est fait un petit plaisir… mais qui nous fait également bien plaisir !

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Blumhouse Productions, Blinding Edge Pictures
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : M. Night Shyamalan
Scénario : M. Night Shyamalan
Montage : Luke Franco Ciarrocchi
Photo : Maryse Alberti
Décors : Naaman Marshall
Directeur artistique : Scott Anderson (II)
Durée : 94 min

Casting :
Olivia DeJonge : Becca
Ed Oxenbould : Tyler
Deanna Dunagan : Mamie
Peter McRobbie : Papi
Kathryn Hahn : la mère

L’ETUDIANTE ET MONSIEUR HENRI : Sauvée par l’imperfection

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letudianteetmonsieurhenriafficheEt le prix du scénario le plus éculé revient haut la main à L’Etudiante et Monsieur Henri. Parce que l’histoire du vieux bougon qui finit par s’attendrir au contact d’une personne beaucoup plus jeune que lui est une de celles qui a été le plus souvent racontées au cinéma. Etait-il vraiment nécessaire de nous proposer une nouvelle version ? Pas sûr… même si on a parfois la faiblesse se faire avoir encore et encore par les mêmes grosses ficelles.

L’Etudiante et Monsieur Henri, au-delà de son non-originalité la plus complète, souffre d’une direction d’acteurs quelque peu défaillante. Le casting surjoue et chacun semble vouloir en faire plus que le voisin en la matière. Au final, c’est sans doute la jeune Noémie Schmidt, révélation venue de Suisse et que l’on attend avec impatience dans la série Versailles qui va bientôt débarquer sur Canal+, qui s’en sort le mieux. Par contre, le trio Claude Brasseur, Guillaume de Tonquédec et surtout Frédérique Bel s’en donne à cœur joie dans des numéros mal maîtrisés.

letudianteetmonsieurhenriIvan Calbérac nous livre donc un film largement imparfait à partir d’une histoire que l’on connaît déjà. Pourtant, c’est peut-être cette imperfection qui finit par sauver le film. Cela lui donne une certaine fraîcheur assez réjouissante. Certes, les acteurs en font trop, mais ce surplus d’énergie a quelque chose d’assez communicatif. L’Etudiante et Monsieur Henri ne nous emballe pas, mais il arrive tout de même à nous divertir, à nous arracher quelques vrais sourires. Après tout, on ne lui en demandait pas tellement plus.

LA NOTE : 11,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Ivan Calbérac
Scénario : Ivan Calbérac
Production : Mandarin Films, StudioCanal, France 2 Cinéma

Casting :
Claude Brasseur : Monsieur Henri Voizot
Guillaume de Tonquédec : Paul Voizot
Noémie Schmidt : Constance Piponnier
Frédérique Bel : Valérie Voizot
Thomas Solivéres : Matthieu
Valérie Kéruzoré : La mère de Constance
Stéphan Wojtowicz: Le père de Constance
Antoine Glémain : Le frère de Constance
Nicolas Guillot : Simon, Le DJ
Grégori Baquet : Arthur, moniteur auto-école
Anne Loiret : l’examinatrice auto-école
Pierre Cassignard : Jérôme, ami de Paul

SICARIO : Breaking quite bad

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sicarioafficheAh l’Amérique Latine ! Sa cuisine, sa musique, son folklore ! Et bien sûr ces trafiquants de drogue sanguinaires et violents. Sans eux, le cinéma actuel perdrait une grande source d’inspiration, puisque les films où ils occupent une place centrale peuplent nos écrans de manière régulière. Peut-être trop ? C’est ce qu’on peut se demander en voyant Sicario, un film solide et sombre, mais qui n’apporte vraiment rien de nouveau sur le sujet.

Si Sicario sort un tout petit peu du lot, c’est avant tout par son casting prestigieux. Benicio Del Toro, Josh Brolin et Emily Blunt forment un trio de comédiens de très haut niveau, apportant chacun leur forte personnalité. Leurs personnages leur permettent de s’en donner à cœur joie et de donner la pleine mesure de leur talent. Ils ne sont pas loin d’en faire un peu trop, mais savent ce petit rien de retenu qui distingue le numéro d’acteur du cabotinage éhonté. Rien que pour ça, le film peut mériter le coup d’œil.

sicarioLe reste n’est pas dénué de qualité, mais totalement d’originalité. On a droit à un polar sombre, parfois violent, où l’ambiguïté des personnages créent une tension constante car chacun sait qu’il ne peut faire totalement confiance aux autres. C’est bien construit, offre quelques rebondissements qui vont bien, mais rien qu’on ait jamais vu. La réalisation colle assez bien à l’ambiance et a au moins le mérite de chercher à mettre avant tout en avant les acteurs. Rien à reprocher à ce film donc, mais sans pour autant avoir de réelles raisons de s’enthousiasmer.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : Black Label Media, Thunder Road Pictures
Réalisation : Denis Villeneuve
Scénario : Taylor Sheridan
Montage : Joe Walker
Photo : Roger Deakins
Décors : Patrice Vermette
Distribution : Metropolitan FilmExport
Musique : Jóhann Jóhannsson
Directeur artistique : Paul D. Kelly
Durée : 121 min

Casting :
Emily Blunt : Kate Macy
Benicio Del Toro : Alejandro
Josh Brolin : Matt
Jeffrey Donovan : Steve Forsing
Jon Bernthal : Ted
Victor Garber : Jennings
Raoul Trujillo : Rafael
Daniel Kaluuya : Reggie

MON ROI : La fatalité du connard

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monroiafficheJ’ai cru remarquer au cours de ma brève existence (enfin de moins en moins brève au fur et à mesure des années) que le connard est une espèce qui a beaucoup de succès auprès de la gente féminine. Ok, la remarque marche sûrement dans le sens inverse avec les connasses, mais ce n’est pas le sujet ici. En effet, Mon Roi, le nouveau film de Maïwenn, constitue l’illustration parfaite de l’histoire d’amour entre une fille bien et un homme qui tient plus de la nuisance que du bienfait. Un film qui a reçu un accueil mitigé, tant il est vrai qu’il provoque une impression contrastée.

Mon Roi fait partie de ces films dont vous ne savez pas très bien si vous les avez adoré ou si vous l’avais détesté. Parce que vous lui trouvez d’immenses qualités, mais d’un autre côté, vous avez un peu l’impression de vous être fait avoir par des tours de passe-passe. Maïwenn n’est peut-être pas magicienne, mais une cinéaste au talent assez rare pour masquer les faiblesses des histoires qu’elle raconte. Et le scénario en possède ici beaucoup. Le propos manque vraiment de profondeur et certains éléments, comme un parallèle entre l’histoire d’amour et une rééducation du genou, laissent perplexes… ou pire totalement indifférents.

monroiA côté de ça, Maïwenn possède une faculté rare à sublimer le jeu de ses acteurs. Si Emmanuelle Bercot, qui est pourtant avant tout une réalisatrice, a reçu un prix d’interprétation à Cannes, ce n’est pas non plus pour rien. Elle en éclipserai presque un Vincent Cassel pourtant assez incroyable. Mais c’est l’ensemble du casting qui est sublimé, avec même un Norman vraiment excellent. Le jeu d’acteurs donne vie à cette histoire, transmet beaucoup d’émotion, sans arriver à masquer totalement la vacuité d’une histoire qui en rappelle beaucoup d’autres (et des réelles), mais sans rien en dire.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : Les Productions du Trésor, StudioCanal, France 2 Cinema
Réalisation : Maïwenn
Scénario : Maïwenn, Etienne Comar
Photo : Claire Mathon
Décors : Julyan Giraux
Distribution : StudioCanal
Durée : 130 min

Casting :
Emmanuelle Bercot : Tony
Vincent Cassel : Georgio

MARYLAND : Heureusement Matthias est là !

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marylandafficheMatthias Schoenaerts est désormais à peu près aussi souvent à l’affiche que Kad Merad à une certaine époque. A la différence que l’acteur belge occupe les écrans des deux côtés de l’Atlantique et un peu partout en Europe. Un acteur polyglotte, doté d’une présence à l’écran assez phénoménale. C’est donc un plaisir, jamais une corvée de le voir figurer au casting. Surtout que ses très larges épaules (c’est le moins que l’on puisse dire) sont capables de supporter à elles seules tout le poids d’un film, comme ici avec Maryland.

Maryland est un polar à quasi huis-clos un rien paranoïaque. Un film dont le principal ressort est une tension qui va en grandissant au fur et à mesure qu’un danger d’abord imperceptible se concrétise. Rien de très nouveau ici et Alice Winocour déroule son film avec un grand académisme. On ne s’ennuie pas, mais on guette tout de même un éclair d’originalité, à défaut de génie, qui nous sortirait d’un chemin trop bien balisé. C’est propre, c’est net, mais cela manque au final d’épaisseur et de personnalité.

marylandSi Maryland reste tout de même un minimum plaisant, c’est grâce au plaisir que procure la prestation de Matthias Schoenaerts. Certes, ce n’est pas ici que l’acteur sera repoussé dans ces derniers retranchements de comédien, mais sa seule présence suffit. Il éclipse totalement une Diane Kruger qui ne fait pas le poids dans un rôle il est vrai pas particulièrement intéressant. Il est la star de ce film en incarnant un personnage taillé pour lui. Et tailler quelque chose pour Matthias Schoenaerts n’a rien d’évident, vu le gabarit du bonhomme !

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Dharamsala, Darius Films
Réalisation : Alice Winocour
Scénario : Alice Winocour
Montage : Julien Lacheray
Photo : George Lechaptois
Décors : Samuel Deshors
Distribution : Mars Distribution
Son : Pierre André, Marc Doisne, Gwennolé Le Borgne
Musique : Gesaffelstein
Durée : 100 min

Casting :
Matthias Schoenaerts : Vincent
Diane Kruger : Jessie
Paul Hamy : le marie de Jessie

MUCH LOVED : Parfums de femmes

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mucheloveafficheDoit-on toujours être forcément misérabiliste pour parler de certains sujets ou de certains populations ? Le cinéma nous a souvent prouvé que non, il n’y aucune obligation en la matière. Nouvelle preuve avec ce très beau Much Loved. Un long métrage qui nous transportera dans le quotidien mouvementé de prostituées de Marrakech, à travers des personnages qui nous transmettent leur énergie, leur humour et leurs émotions.

Much Loved est un film de personnages. Il nous raconte une histoire, mais nous permet avant tout de faire des belles rencontres. De ces rencontres inoubliables qui valent bien un film ! On ressent pour ces femmes magnifiques une infinie et immédiate sympathie. Mais jamais la moindre trace de pitié. On partage avec elles leurs aspirations à autre chose ou à un ailleurs, sans pour autant devoir porter un jugement sur leur vie, sur leurs choix. Nabil Ayouch arrive à les filmer de manière à créer un véritable sentiment d’intimité avec ses personnages, en échappant totalement à l’impudeur ou au voyeurisme.

muchlovedMuch Loved n’élude évidemment pas l’horreur de certaines situations. Il n’y a là aucune apologie de la prostitution. Mais ce n’est pas parce qu’il ne nous présente pas des personnages brisés par ces difficultés que l’on en vient à dire que finalement leur situation n’est pas si terrible. La beauté des actrices, la beauté des images nous éblouissent, mais ne nous rendent pas aveugles. Le regard sur les clients est lui naturellement plus sévères, même s’il reste plein de cet humanisme qui caractérise ce très beau film.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Les Films du Nouveau Monde, New District, Barney Production, Ali n’ productions
Réalisation : Nabil Ayouch
Scénario : Nabil Ayouch
Montage : Damien Keyeux
Photo : Virginie Surdej
Décors : Hind Ghazali
Distribution : Pyramide
Musique : Mike Kourtzer
Durée : 104 mn

Casting :
Loubna Abidar : Noha
Asmaa Lazrak : Randa
Halima Karaouane : Soukaina
Sara Elmhamdi-Elalaoui : Hlima
Abdellah Didane : Saïd
Danny Boushebel : Ahmad

L’HOMME IRRATIONNEL : Match retour

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lhommeirrationnelafficheChaque année revient la déclaration de revenus et le Woody Allen. Celui de 2014, Magic in the Moonlight était un pur bijou, prouvant que le réalisateur américain ne perd rien de son imagination, de son talent et de sa capacité à nous offrir des histoires réjouissantes et originales avec les années. Sa capacité aussi à diriger merveilleusement bien les acteurs qu’il accueille devant sa caméra. Le voir tourner avec Joaquin Phoenix dans L’Homme Irrationnel faisait particulièrement envie.

A force de faire un film chaque année, Woody Allen nous aura livré un très grand nombre de scénarios. A force, évidemment, on retrouve certains éléments redondants d’un script à l’autre. Avec l’Homme Irrationnel, j’ai trouvé quand même beaucoup de ressemblance notamment avec Match Point. Ce n’est pas grave en soi puisque c’est vraiment un de mes films préférés, mais cela a quelque peu limité mon enthousiasme. Certains diront que je suis quelque peu sévère, puisque les différences entre les deux sont tout aussi flagrantes. De toute façon, je ne dis pas du tout qu’il s’agit là d’un mauvais film, ni même d’un film moyen.

lhommeirrationnelEn effet, il reste le plaisir procuré par le numéro de duettiste entre Joaquin Phoenix et Emma Stone. Les deux sont vraiment excellents, même si l’aura du premier reste tout de même relativement écrasante. Mais la jeune actrice ne s’en laisse pas compter pour autant. Encore une fois, Woody Allen brille par sa direction d’acteurs. Il brille également par son écriture de personnages sortant de l’ordinaire, tout en renvoyant à des sentiments, des faiblesses que l’on rencontre chez le commun des mortels. L’Homme Irrationnel n’est donc pas son meilleur film, mais il serait irrationnel de ne pas aller le voir simplement pour ça.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Gravier Productions
Réalisation : Woody Allen
Scénario : Woody Allen
Photo : Darius Khondji
Décors : Jennifer Engel
Distribution : Mars Distribution
Directeur artistique : Carl Sprague
Durée : 96 mn

Casting :
Emma Stone : Jill
Joaquin Phoenix : Abe
Parker Posey : Rita
Jamie Blackley : Roy