JAUJA : Le grand néant

jaujaaffiche

jaujaafficheViggo Mortensen est un de mes héros cinématographiques. Il faut dire que l’acteur choisit plutôt bien ses rôles et étale sa classe absolue à chacun de ses apparitions. C’est pour ça que j’ai été voir Jauja, un western ésotérique argentino-dano-franco-mexicano-américano-germano-holando-brésilien… Un film surtout très très chiant !

Je pourrais évidemment discourir pendant des heures sur la beauté des paysages, sur la poésie du propos, le mystère envoûtant qui entoure cette histoire. Je pourrais… Mais je vais surtout dire que je me suis ennuyé ferme devant Jauja. Un film où il ne se passe rien, où chaque plan s’étire à l’infini, tout ça pour ne rien raconter puisque le film se termine sur un dénouement qui ressemble avant tout à un grand n’importe quoi totalement incompréhensible.

jaujaReste Viggo Mortensen. Sa seule présence à l’écran suffit à nous donner envie de le regarder. Malheureusement, tout le charisme du monde ne pouvait tirer Jauja du grand néant auquel il appartient. Bon après, si vous ne savez pas où partir en vacances, peut-être que ce film vous convaincra de partir en Patagonie. C’est peu, mais dans un grand rien, on se contente de pas grand chose.

LA NOTE : 6/20

Fiche technique :
Production : 4L, Arte, Bananeira Filmes, Canal Brasil, Fortuna Films, INCAA, Kamoli Films, Les films du Worso, Mantarraya Producciones, Perceval Pictures
Réalisation : Lisandro Alonso
Scénario : Lisandro Alonso, Fabian Casas
Montage : Gonzalo del Val, Natalia López
Photo : Timo Salminen
Distribution : Le Pacte
Musique : Viggo Mortensen
Directeur artistique : Sebastián Rosés
Durée : 109 mn

Casting :
Viggo Mortensen : Gunnar Dinesen
Ghita Nørby : la femme dans la grotte
Viilbjørk Malling Agger : Ingeborg
Esteban Bigliardi : Angel Milkibar
Adrián Fondari : Pittaluga

TAXI TEHERAN : Un savoureux acte de résistance

taxiteheranaffiche

taxiteheranafficheLa difficulté pousse souvent l’être humain à trouver des idées nouvelles et originales pour la contourner. Taxi Téhéran, du réalisateur iranien Jafar Pahani, est le fruit de ce genre de situation. Un réalisateur interdit de tournage pendant 20 ans et de quitter son pays, mais qui arrive quand même à exercer son art et à remporter un Ours d’Or à Berlin avec ce film. Un film tourné entièrement dans un taxi, où vont se succéder de nombreux personnages qui souligneront l’absurdité de cette société pleine d’interdits que chacun cherche à braver constamment. Une plongée édifiante et instructive au cœur de ce pays si contrasté.

Bien sûr, Taxi Téhéran est cinématographiquement limité. Filmé en tout discrétion par trois caméras placés à l’intérieur de l’habitacle, le cadrage est parfois approximatif et les angles de prises de vue évidemment statiques. Les acteurs amateurs surjouent parfois un peu, mais avec une vraie fraîcheur et une vraie personnalité. Comment ne pas tomber sous le charme de la nièce du réalisateur démontrant avec candeur et spontanéité enfantine l’insondable absurdité du système de censure cinématographique iranien ?

taxiteheranIl est vrai que si le film est assez court (1h20), chaque passage est peut-être un peu trop long. Le film aurait peut-être gagné à inclure quelques personnages de plus pour donner un peu plus de rythme à ce docu-fiction-film-politique-satyre… bref ce film inclassable. Dommage aussi que pour les protéger, on ignore le nom de tous ces acteurs. Mais allez voir ce film reste le meilleur moyen de leur rendre hommage et de faire vivre ce savoureux acte de résistance !

LA NOTE : 13/20

 

Fiche technique :
Production : Jafar Panahi Film Productions
Distribution : Memento Films
Réalisation : Jafar Panahi
Scénario : Jafar Panahi
Durée : 82 mn
 
Casting :
Jafar Panahi : le chauffeur

 

 

CAPRICE : Bon comme un petit caprice

capriceaffiche

capriceafficheIl est des acteurs qui semblent condamnés à jouer toujours et encore le même rôle. Liam Neeson a incarné un nombre incalculable de mentors et John Wayne a été dans la peau d’un shérif plus souvent qu’à son tour. Visiblement, Anaïs Demoustier est partie pour une carrière où elle joue inlassablement le point qui vient transformer un segment en triangle. En triangle amoureux évidemment. En moins d’un mois, elle a tenu ce genre de rôle à deux reprises. Après A Trois on y Va, la voici à l’affiche de Caprice.

Caprice est une histoire éternelle, mille fois racontée, mais dont on ne se lasse pas. Du point de vue d’un homme, cet intérêt vient peut-être de l’espoir d’être soi-même obligé un jour de devoir choisir entre Anaïs Demoustier et Virginie Efira… En tout cas, le dilemme amoureux reste un des ressort dramatique les plus efficace quand il est traité avec intelligence, ce qui est le cas ici. On saluera notamment un dénouement très réussi, élément assez capital pour ce genre de film. Le triangle ne pouvant pas rester éternellement triangulaire, son évolution finale demeure l’enjeu majeur de l’histoire et une conclusion décevante peut venir tout gâcher.

capriceLa plus grande limite de Caprice reste Emmanuel Mouret. Non pas Emmanuel Mouret le réalisateur ou le scénariste qui maîtrise totalement son sujet. Emmanuel Mouret l’acteur a par contre bien du mal à me convaincre totalement. Il sonne parfois un peu faux, comme s’il n’y avait pas de metteur en scène pour le diriger… Mais il en faut plus pour gâcher le plaisir que l’on ressent devant ce film enjoué, agréable, poétique, un rien décalé, qui se savoure comme un petit caprice !

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Emmanuel Mouret
Scénario : Emmanuel Mouret
Photographie : Laurent Desmet
Montage : Martial Salomon
Musique : Giovanni Mirabassi
Costume : Charlotte Vaysse
Décors : David Faivre
Producteur : Frédéric Niedermayer
Production : Moby Dick Films, Arte France Cinéma et Orange Cinéma Séries
Distribution : Pyramide Distribution et Kinology
Durée : 100 minutes

Casting :
Virginie Efira : Alicia
Anaïs Demoustier : Caprice
Laurent Stocker : Thomas
Emmanuel Mouret : lui-même
Michaël Cohen : le comédien
Thomas Blanchard : Jean
Mathilde Warnier : Virginie
Olivier Cruveiller : Maurice
Botum Dupuis : Christie
Néo Rouleau : Jacky
Léo Lorléac’h : Victor

BROADWAY THERAPY : Marivallen new-yorkais

broadwaytherapyaffiche

broadwaytherapyafficheJe me permets décidément des néologismes dans mes critiques. Cette fois j’ai fusionné le mot « marivaudage » et le nom de Woody Allen. Il me fallait en effet un mot pour résumer Broadway Therapy, une histoire de marivaudage qui rappelle beaucoup la face la plus légère du cinéma de Woody Allen. Sauf que ce n’est pas Woody Allen derrière la caméra, mais Peter Bogdanovich, qui visiblement se porte très bien à 76 ans.

Broadway Therapy est une agréable comédie légère et bien huilée. Ca ressemble à du Feydeau parfois, mais dans un esprit très new-yorkais. Les comportements humains sont partout les mêmes, seuls les décors changent. Ce film en est la preuve ! C’est rythmé, vif, jamais vulgaire. Un vrai moment de légèreté qui ne fait pas forcément rire aux éclats à tout bout de champs, mais donne un grand sourire aux lèvres du début jusqu’à la fin.

broadwaytherapyBroadway Therapy se caractérise aussi par un casting savoureux. Parmi les valeurs sûres, je mettrai en avant les performances d’Owen Wilson et de Jennifer Anniston. Comme quoi, il y a rarement de mauvais acteurs, seulement des mauvais metteurs en scène. Bien dirigés, ces deux là dégagent une vraie force comique, sans cabotinage, ni lourdeur. Mais on retiendra avant tout de ce film la révélation d’Imogen Poots… Avec un nom comme celui-là, il faut du talent pour s’imposer. Elle prouve qu’elle en a beaucoup pour un premier rôle vraiment marquant qui en appelle d’autres.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Peter Bogdanovich
Scénario : Peter Bogdanovich et Louise Stratten
Direction artistique : Ryan Heck
Décors : Jane Musky
Costumes : Peggy A. Schnitzer
Photographie : Yaron Orbach
Montage : Nick Moore et Pax Wassermann
Musique : Ed Shearmur
Production : Wes Anderson et Noah Baumbach
Producteurs délégués : Christa Campbell, Lati Grobman, George J. Steiner Jr., Jacob Pechenik et Jeff Rice
Sociétés de production : Lagniappe Films et Venture Forth
Durée : 93 minutes

Casting :
Owen Wilson : Arnold Albertson
Imogen Poots : Isabella « Izzy » Patterson
Jennifer Aniston : Jane
Kathryn Hahn : Delta Simmons
Will Forte : Joshua Fleet
Richard Lewis2 : Al Patterson, le père d’Izzy
Cybill Shepherd : Nettie Patterson, la mère d’Izzy
Rhys Ifans : Seth Gilbert
Austin Pendleton : le juge Pendergast
George Morfogen : Harold Fleet
John Robinson : André

DARK PLACES : Trop lisse pour être honnête

darkplacesaffiche

darkplacesafficheSi le cinéma se nourrit de fictions, d’histoires inventées, il n’empêche que le but premier d’un metteur en scène reste d’arriver à faire que l’on croit à son scénario. Malheureusement, il suffit parfois d’un petit grain de sable pour saper sa crédibilité auprès d’un spectateur qui va du coup être incapable de rentrer vraiment dans le film et se laisser porter. C’est tout à fait ce qui se produit avec Dark Places. Un polar noir réalisé avec beaucoup de professionnalisme, mais auquel il est bien difficile de prêter beaucoup de crédit.

Si Dark Places ne fonctionne pas, c’est avant tout la faute à son casting. Le choix de Charlize Theron pour ce rôle est définitivement une fausse bonne idée. Avec son visage parfait, ses mains parfaite, sa silhouette parfaite, elle a bien du mal à nous faire croire qu’elle est une pauvre fille un peu paumée issue de l’Amérique profonde. Pour preuve, la tentative un peu pathétique de la « plouciser » (néologisme de mon invention) en lui faisant porter des t-shirts troués. Le problème, c’est qu’elle n’a pas l’air du tout d’une fille qui porte naturellement des t-shirts troués, juste d’une mannequin de chez Dior à qui on fait porter des t-shirts troués.

darkplacesA côté de ça, Dark Places souffre d’un scénario bien mené, mais ne déborde ni d’imagination, ni d’originalité. Il est même beaucoup plus linéaire qu’attendu. J’ai été persuadé pendant une bonne partie du film que j’avais deviné bien à l’avance le retournement de situation final… Sauf que pas du tout, parce qu’il n’y a pas vraiment de retournement de situation final. Le fin mot de l’histoire nous est révélé sans réellement nous surprendre, même si on ne la voit pas forcément arriver de loin. Bref, le film manque un peu d’âme et au final un peu trop lisse pour être un film noir convainquant.

LA NOTE : 10,5/20

Fiche technique :
Production : Daryl Prince Productions, Exclusive Media Group, Hugo Productions, Mandalay Entertainment, VisionCuatro Plus Films
Distribution : Mars Distribution
Réalisation : Gilles Paquet-Brenner
Scénario : Gilles Paquet-Brenner, d’après le roman de Gillian Flynn
Montage : Billy Fox
Photo : Barry Ackroyd
Décors : Laurence Bennett
Musique : Gregory Tripi
Directeur artistique : Daniel Turk
Durée : 114 mn

Casting :
Charlize Theron : Libby Day
Christina Hendricks : Patty Day
Nicholas Hoult : Lyle
Chloë Grace Moretz : Diondra Wertzner
Drea de Matteo : Krissi Cates

UNE BELLE FIN : Leçon de vie sur la mort

unebellefinaffiche

unebellefinafficheLa mort est la seule chose d’absolument certaine dans la vie. C’est dire son importance ! Elle est pourtant rarement le sujet central d’une histoire car on est rarement ravi d’avoir à la regarder en face. On cherche plutôt à l’oublier ou l’exorciser. Mais rien n’y fait, on va bien mourir un jour… Et ce jour là, il faudra bien quelqu’un qui s’occupe de tout ce que l’on laissera derrière soi, même si on meurt seul et isolé. Voilà, le point de départ de Une Belle Fin. Un film sur la mort donc, mais plus optimiste et poétique que ce que laisserait penser un tel sujet.

Une Belle Fin porte très bien son nom puisque il se conclut sur un très joli dénouement, très émouvant. Il vient parachever un film touchant, qui parle de sujets plutôt graves mais d’une manière subtile et intelligente. Il ne s’agit pas vraiment d’une comédie à proprement parler. Il porte simplement un regard un peu décalé sur la mort, le deuil, la solitude. Il véhicule également de belles valeurs humanistes, dénonçant sans en avoir l’air une forme d’indifférence aux autres. Au final, ce film sur la mort nous livre une jolie leçon de vie. D’ailleurs, le titre original est « Still Life »…

unebellefinUne Belle Fin repose en grande partie sur les épaules d’Eddie Marsan, que l’on avait pu découvrir notamment dans le Dernier Pub Avant la Fin du Monde ou la série Ray Donovan. Il tient là son premier grand rôle et s’en sort remarquablement bien. On soulignera qu’il a le physique de l’emploi, mais sa performance ne peut pas se résumer à ça. Il sait rendre son personnage attachant, nous apprend à l’aimer… et par la même occasion aimer ce film réussi, au message simple, mais très bien amené. Le seul reproche qu’on peut lui faire est peut-être de démarrer un peu trop doucement. En effet, le scénario, aussi réussi soit-il, n’a pas tout à fait assez de matière pour l’heure et demi minimale pour un long métrage.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Redwave Films, Embargo Films, Rai Cinema, Cinecittà Luce
Distribution : Version Originale, Condor
Réalisation : Uberto Pasolini
Scénario : Uberto Pasolini
Montage : Gavin Buckley, Tracy Granger
Photo : Stefano Falivene
Décors : Lisa Hall
Musique : Rachel Portman
Durée : 87 mn

Casting :
Eddie Marsan : John May
Joanne Froggatt : Kelly Stoke
Karen Drury : Mary
Andrew Buchan : Mr Pratchett
Neil D’Souza : Shakthi

LOST RIVER : La voix de son maître

lostriveraffiche

lostriverafficheRyan Gosling est quand même un putain de beau gosse et par la même occasion une superstar planétaire ! Mais tous les putain de beaux gosses ne deviennent pas pour autant des superstars planétaires. Il faut pour ça beaucoup de talent et un peu de chance. Une rencontre, comme celle entre Ryan Gosling et le réalisateur Nicolas Winding Refn, qui l’a révélé dans Drive. Il n’est donc pas illogique qu’il s’inspire du cinéma de ce dernier en passant de l’autre côté de la caméra pour nous livrer Lost River. Simplement inspirer ou carrément imiter ?

Lost River dans son style, son rythme, sa réalisation, son scénario, pourrait être un film de Nicolas Winding Refn. Ce n’est pas un mal en soi, tant Drive nous avait émerveillés. Mais la filiation est tellement évidente que cela prive cette première œuvre de tout caractère personnel. Cela donne un film brillant et maîtrisé, mais aussi froid et un peu vain. L’esthétique ne peut masquer complètement le manque de propos et l’ambiance étouffante la linéarité de l’intrigue qui ne nous réserve guère de surprises.

lostriverLost River ne possède pas la démesure qui peut caractériser le cinéma de Nicolas Winding Refn. Une démesure qui peut donner certes le meilleur (Drive), mais aussi le pire (Only God Forgives). Mais au moins, il ne laisse personne indifférent. Ryan Gosling reste donc au milieu du gué et n’arrive pas à donner à son film un intérêt profond. Le jeune homme a aussi du talent de ce côté de la caméra, c’est incontestable. Mais il lui manque encore la personnalité !

LA NOTE : 11,5/20

Fiche technique :
Production : Bold Films, Marc Platt Productions, Phantasma
Réalisation : Ryan Gosling
Scénario : Ryan Gosling
Montage : Nico Leunen, Valdís Óskarsdóttir
Photo : Benoît Debie
Décors : Beth Mickle
Distribution : Le Pacte
Musique : Johnny Jewel
Costumes: Erin Benach
Directeur artistique : Erick Donaldson
Durée : 95 mn

Casting :
Iain De Caestecker : Bones
Christina Hendricks : Billy
Saoirse Ronan : Rat
Matt Smith : Bully
Ben Mendelsohn : Dave
Eva Mendes : Cat
Reda Kateb : le chauffeur de taxi
Barbara Steele : la grand mère

HISTOIRE DE JUDAS : Ne vaut pas 7 deniers…

histoiredejudasaffiche

histoiredejudasafficheParfois, dans la vie, on se demande ce qui nous a pris… Certes, on commet tous des erreurs, c’est inévitable. En me rendant au cinéma ce jour-là, j’ai bien commis une erreur. Enfin, pour le coup, à mon sens, ce sont surtout la plupart des critiques qui en ont commis une. 3,9/5 de moyenne sur Allociné pour Histoire de Judas fait partie de ces phénomènes inexplicables et hors de toute rationalité. Je sais bien qu’un avis sur une œuvre est forcément subjectif, mais dans ce cas-ci, mon incompréhension est totale.

Il est évidemment injuste de reprocher à un film son manque de moyen, même quand il est criant. Mais parfois, il est difficile de ne pas avoir un petit sourire moqueur face à ces décors qui ne sont pas du tout ce qu’ils devraient être, où trois murs en ruine sont censés représenter Jérusalem au temps de Jésus. Le problème est quand cela est couplé avec une interprétation relativement désastreuse. Aucun des acteurs n’adopte de ton juste, c’est soit surjoué, soit pas joué du tout. Or, je n’avais pas jamais vu rassemblé ces deux défauts poussés à ce point que dans les films X. Et je peux vous assurer que passer 1h30 à se dire « les acteurs sont aussi mauvais et les décors sont aussi peu crédibles que ceux qu’un film de cul », ça vous gâche un peu le spectacle.

histoiredejudasLe plus gros problème, c’est qu’à côté de ça, le propos de Histoire de Judas n’a strictement aucun intérêt. Déjà, il parle au final assez peu de Judas… Et le seul fait qu’il n’est pas dans ce film le traître que la légende a forgé ne suffit pas en soi à sauter sur son siège d’enthousiasme. Surtout quand à côte de ça, il ne se passe pas grand chose et que les dialogues sont creux. Le film ne raconte rien, ne parle de rien. Bref, un moment de non cinéma…

LA NOTE : 3/20

Fiche technique :
Réalisation : Rabah Ameur-Zaïmeche
Scénario : Rabah Ameur-Zaïmeche
Photographie : Irina Lubtchansky
Montage : Grégoire Pontécaille et Marie Loustalot
Musique : Rodolphe Burger
Costumes : Alice Cambournac
Décors : Tony Delattre
Producteur : Rabah Ameur-Zaïmeche et Khalid Djilali
Production : Sarrazink Productions et Arte
Distribution : Potemkine Films
Durée : 99 minutes

Casting :
Nabil Djedouani : Jésus
Rabah Ameur-Zaïmeche : Judas
Mohamed Aroussi : Barabbas
Marie Loustalot : Bethsabée
Patricia Malvoisin : Suzanne
Eliott Khayat : un scribe
Abel Jafri : un prêtre
Xavier Mussel : Menenius
Roland Gervet : un centurion
Nouari Nezzar : Caïphe
Régis Laroche : Ponce Pilate

JAMAIS DE LA VIE : Polar en entreprise

jamaisdelavieaffiche

jamaisdelavieaffichePolar social, voici un genre cinématographique typique du 7ème art hexagonal. Une nouvelle preuve avec Jamais de la Vie, le nouveau film de Pierre Jolivet. Un mélange qui ne surprend guère de la part d’un réalisateur qui donne souvent un fond social à ses films, qu’ils soient sur le ton de la comédie ou beaucoup plus sombres. Ici, on est plus proche du film noir que du divertissement léger. On est surtout proche du très bon film.

Proche, mais pas tout à fait donc. La faute peut-être à un démarrage un peu lent, qui certes pose le décor et les personnages, mais cache aussi le fait que l’intrigue ne tient pas tout à fait une heure et demi. Jamais de la Vie est en fait une longue montée vers un final quelque peu attendu. On est donc proche du film d’ambiance, avec une tension d’abord impalpable qui se concrétise au fur et à mesure. Pierre Jolivet est à l’aise dans cet exercice, qui lui permet de nous démontrer toutes ces qualités de réalisateur, malgré le léger manque de rythme initial.

jamaisdelavieJamais de la Vie repose très largement, pour ne pas dire exclusivement, sur les épaules d’Olivier Gourmet qui doit être présent, sauf erreur de ma part, 100% du temps (enfin au moins dans la scène, pas forcément cadré à l’écran). Le film nous raconte bien l’histoire d’un homme et il fallait un acteur aussi talentueux que lui pour donner assez d’épaisseur à son personnage et par la même occasion au film tout entier. Il serait cependant injuste de passer sous silence la jolie performance de Valérie Bonneton, une actrice que l’on a envie de voir ailleurs que dans de simple comédie.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : 2.4.7 Films, France 3 Cinéma, Panache Productions, La Cie Cinématographique
Distribution : Ad Vitam
Réalisation : Pierre Jolivet
Scénario : Pierre Jolivet, Simon Michaël, Simon Moutaïrou
Montage : Yves Deschamps
Photo : Jérôme Alméras
Décors : Emile Ghigo
Musique : Adrien Jolivet, Sacha Sieff
Durée : 95 mn

Casting :
Olivier Gourmet : Franck
Valérie Bonneton : Mylène
Marc Zinga : Ketu
Thierry Hancisse : Etienne
Jean-François Cayrey : Antoine
Paco Boublard : Le Bouclé
Julie Ferrier : Jeanne
Bénabar : Pedro

POURQUOI J’AI PAS MANGE MON PERE : Préhistoire drôle…mais pas tant que ça

pourquoijaipasmangemonpereaffiche

pourquoijaipasmangemonpereaffichePourquoi j’ai Mangé mon Père est un des romans les plus drôles que je n’ai jamais lu. En plus, ce fut une merveilleuse surprise, puisque je l’ai acquis presque par hasard, sans du tout savoir de quoi il s’agissait. Malheureusement, mon enthousiasme est nettement moindre pour Pourquoi j’ai pas Mangé mon Père de Djamel Debbouze. Un film sympathique, mais inégal qui n’a pas su trouver le ton juste.

Déjà, le livre et le film n’ont pas grand chose à voir l’un avec l’autre, sinon une vague idée de départ. D’ailleurs, la différence dans le titre montre bien une différence d’état d’esprit… qui fait justement toute la différence. Pourquoi j’ai pas Mangé mon Père propose un humour souvent très premier degré et manque souvent de mordant. C’est dommage car c’est dans les quelques moments où le film sort un peu des gags quelque peu convenus qu’il devient vraiment drôle. L’anachronisme est un ressort comique toujours aussi efficace, mais qui n’a rien d’incompatible avec un peu de politiquement incorrect.

pourquoijaipasmangemonpereDe plus, Pourquoi j’ai pas Mangé mon Père n’est pas tout à fait qu’une comédie. Il est aussi riche en rebondissements qui le rapprochent parfois d’un film d’aventures. Cependant, cela reste assez basique et enfantin, dans le mauvais sens du terme. Ca n’a pas un immense intérêt en soi, mais cela occupe une très grande place dans le film. On ne s’ennuie pas vraiment, mais on attend quand même avec un peu d’impatience le retour d’un passage plus tourné vers l’humour, car c’est encore ce qui fonctionne le mieux malgré les limites évoquées plus haut. Quant à l’animation, elle est de qualité, mais sans réelles qualités esthétiques.

LA NOTE : 10,5/20

Fiche technique :
Production : Pathé, Boréales, Kissfilms, M6 films, Cattleya, UFilms SA, Let’so Ya !
Distribution : Pathé distribution
Réalisation : Jamel Debbouze
Scénario : Jamel Debbouze, Frédéric Fougea, Jean-Luc Fromental, Pierre Ponce, Ahmed Hamidi, Victor Mayence, d’après Roy Lewis
Montage : Dorian Rigal-Ansous
Musique : Laurent Perez Del Mar
Effets spéciaux : Jola Kudela
Directeur artistique : Alexandre de Broca
Durée : 95 min

Casting :
Jamel Debbouze : Edouard
Mélissa Theuriau : Lucy
Arié Elmaleh : Ian
Patrice Thibaud : Vladimir
Christian Hecq : Siméon
Youssef Hajdi : Marcel