
Kingsman : Services Secrets, c’est tout d’abord un scénario qui mêle action, suspense et humour. Ce dernier est d’ailleurs omniprésent car tout dans ce film est marqué par un sens de la dérision et du second degré. Le film s’amuse à reprendre tous les codes du genre avec un apparent sérieux, mais en les poussant jusqu’à leur paroxysme. Un procédé qui rappelle fortement le cinéma de Quentin Tarantino. Si vous n’imaginez pas une seconde Colin Firth en train de mettre KO quatre mauvais garçons passablement musclés, c’est que vous êtes fait pour être agréablement par ce film. Il propose aussi quelques moments d’humour beaucoup plus directs, mais qui font mouche, avec souvent une bonne dose de politiquement incorrect.

Kingsman : Services Secrets bénéficie d’un casting de très haut niveau. Colin Firth s’éclate dans un rôle qui le change de son registre habituel, mais où il brille avec un talent et une aisance étonnants… ou pas quand on connaît le talent de cet acteur d’exception. Samuel L. Jackson est assez génial dans son rôle de méchant doté d’un défaut d’élocution. A leurs côtés, le jeune Taron Egerton tient la route et même plus que ça. Enfin, ce film constitue enfin un événement historique… En effet, c’est le deuxième rôle notable de la carrière de Mark Hamill. Et ça, ce n’est pas rien !
LA NOTE : 15,5/20

Si It Follows fonctionne aussi bien, c’est aussi grâce à une réalisation particulièrement soignée. David Robert Mitchell signe là un premier film particulièrement prometteur. Une vraie maîtrise du cadrage, de la photographie, de la musique et de la direction d’acteurs. On reprochera peut-être au film quelques creux. Certains y verront des moments d’ennui. D’autres, au contraire, une manière particulièrement sadique de souffler le chaud et le froid sur le spectateur qui voit son rythme cardiaque redescendre pour mieux sursauter ensuite. Mon avis personnel se situe entre les deux, même s’il reste globalement extrêmement positif sur ce film.
On le voit, les Nouveaux Héros, c’est avant tout un Disney. Un Disney plutôt réussi et distrayant, mais un Disney néanmoins. L’histoire manque quand même un peu de subtilité et l’humour est le plus souvent très premier degré. Les scènes d’action sont par contre plutôt réussies et les personnages sont assez attachants pour que l’on suivent leurs aventures avec un réel intérêt. Cependant, on est très loin de la réussite des Indestructibles. Le scénario reste une histoire mêlant ce qu’il y’a de plus basique dans la culture des super-héros typiquement américaine et la passion japonaise pour les robots. Un pur divertissement divertissant donc, mais sans réelle originalité ou émotion.
Et qui mieux qu’Alain Chabat pouvait donner vie à cet OVNI cinématographique. Malgré les années et les cheveux de plus en plus blancs, il garde son regard et ses expressions de grand enfant un peu lunaire. Réalité brille plus globalement par un casting plutôt malin. On prend beaucoup de plaisir à revoir la beaucoup trop rare Elodie Bouchez et Jonathan Lambert est parfaitement dans son élément au milieu de ce humour totalement absurde. Tout cela donne un film qui nous prend au dépourvu mais charmera tout ceux qui savent larguer le temps d’un film les amarres de leur raison.
Après, il faut admettre que Lana et Andy Wachowksi savent filmer des scènes d’action pour les rendre spectaculaires. Simplement, on se dit qu’ils en font un peu trop pour masquer la médiocrité relative du reste. Ca nous préserve certes de l’ennui, mais ne nous émeut ou ne nous enthousiasme jamais. Certes, ce film s’adresse à un public plutôt adolescent, mais même dans ce genre là on a déjà vu beaucoup mieux (la Stratégie Ender par exemple). Bref, on n’aura pas passé un mauvais moment avec Jupiter, mais sûrement pas un grand moment.
Papa ou Maman est long à démarrer. La mise en place de l’intrigue prend beaucoup de temps, or la majorité des spectateurs connaît déjà le pitch en arrivant dans la salle et a donc envie qu’on aille à l’essentiel. Et une fois que tout est lancé, c’est plutôt la déception qui domine. Les idées sont toutes assez attendues et surtout ne sont pas si nombreuses que ça. Cela reste au niveau du service minimum niveau intensité et créativité. On sourit de temps en temps, quelques éclats de rire surviennent, mais pas assez pour une comédie digne de ce nom. Bref, on se demande vraiment comment les scénaristes ont pu s’y mettre à trois pour nous livrer si peu de choses…
Gilles Lellouche est un acteur très sympathique, mais il faut bien l’admettre, il n’est cependant pas un très grand acteur. Jamais il ne sublime son personnage et se contente juste d’une interprétation professionnelle et sans relief. Il est à l’image de L’Enquête, un film sans souffle épique alors que la quête de la vérité… constitue justement une quête. Le propos reste très manichéen et ne nous épargne aucun des clichés relatifs au journaliste courageux face au vilain système corrompu. Certes, le combat de Denis Robert est courageux et le système largement pourri. Mais on combat rarement efficacement les ombres avec une blancheur trop éclatante pour être crédible… Putain, c’est beau ce que je dis…
Cependant, il est vrai que le tout ronronne pendant une heure et demi. Le suspense se maintient et par la même occasion la curiosité du spectateur. Puis vient ce moment de grâce cinématographique qui offre à Phoenix un magnifique dénouement. On en ressort donc le souffle un peu court et sous le charme d’une Nina Hoss qui se révèle d’un coup, alors qu’elle s’est surtout contentée de nous offrir une jolie collection de yeux de chien battu pendant tout le reste du film. Une belle fin n’est jamais une fin en soi, mais nous permet de ne pas trop rester sur notre faim.
Reste néanmoins deux raisons de se réjouir devant Toute Première Fois. Pour les hommes, le charme assez incroyable d’Adrianna Gradziel. Pourtant dieu sait si les grandes blondes filiformes ne sont pas ma tasse de thé, mais là, j’avoue, je peux tout à fait comprendre qu’un gay, ou bien même le Pape, ou encore un mort tombe amoureux de cette charmante créature. Mais que les femmes se rassurent, elles en auront aussi pour leur argent car elles auront largement l’occasion d’admirer la plastique de Pio Marmai… toute la plastique !!! C’est un peu faible pour faire un film, mais c’est déjà mieux que rien.
Imitation Game se distingue par le fond, mais aussi par la forme. Le sens de la narration se traduit par un montage brillant qui nous permet de suivre les trois époques auxquelles nous transporte le film en voyant toujours très bien ce qui les relie, apportant une vraie unité au propos qui ne se résume pas au déroulé d’une vie. La réalisation de Morten Tyldum est sobre mais très élégante, arrivant notamment à créer des ambiances visuelles légèrement différentes entre les époques nous permettant de toujours savoir où nous sommes. Enfin, la performance de Benedict Cumberbatch est d’une justesse remarquable. Il donne vie à son personnage en mettant en avant son caractère exceptionnel, sans lui retirer son humanité.
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