
Oui je sais, il y a une petite midinette qui sommeille au fond de moi. J’aime les comédies romantiques et j’assume. Cependant, New York Melody n’a rien de ces comédies romantiques au scénario écrit et connu d’avance. Un peu comme 500 Jours Ensemble (un de mes films culte également), New York Melody prouve que ce genre cinématographique peut parfois réserver des surprises et même proposer un certain suspense quant au dénouement. L’histoire racontée par ce film n’est peut-être pas la plus extraordinaire jamais comptée, mais elle est néanmoins remarquablement construire et permet d’apprécier pleinement toutes les qualités de ce film.

New York Melody reste cependant avant tout un film sur la musique. Comment elle naît, comment une même partition peut donner tout aussi bien un titre confondant de platitude qu’un pur chef d’œuvre. Le film offre une scène assez extraordinaire où le personnage interprété par Mark Ruffalo écoute Keira Knightley jouer un morceau très simple à la guitare, face à un public totalement indifférent. Le film nous fait partager la manière dont il parvient à imaginer progressivement tous les arrangements, tous les accompagnements qui pourraient donner à cette chanson une toute autre dimension. Quant on est comme moi une très grand consommateur de musique, sans aucune capacité pour la jouer et encore moins l’écrire, tout ceci à quelque chose de parfaitement magique.
John Carney avait déjà signé en 2007 un très beau film sur la musique, Once, passé bien trop inaperçu, malgré l’Oscar de la meilleur chanson et le Prix du Public au Festival de Sundance. Il semble donc avoir un don particulier pour mêler ces deux univers de manière magistrale. Et comme en plus, il sait nous parler d’amour de manière intelligente et subtile et diriger les acteurs avec un brio remarquable, on espère qu’il nous proposera encore bien d’autres bijoux comme ce New York Melody.
LA NOTE : 15,5/20

Malheureusement, L’Homme Qu’On Aimait Trop repose sur une intrigue sans suprise, si on connaît un tant soit peu l’affaire. André Téchiné ne prend pas partie quant au fin mot de l’histoire et laisse planer le doute. Il est vrai que le contraire aurait été hasardeux, mais il s’agit là malgré tout d’une fiction, pas d’un documentaire. Du coup, le scénario se révèle dans l’absolu assez frustrant et inabouti, faute d’une vraie conclusion. Ceci rend tout ce qui a précédé un peu vain et c’est fort dommage.
Cependant, malgré tout, il serait mal honnête de dire que l’on s’ennuie devant Transformers : l’Age de l’Extinction. Je sais bien que cela ne fait pas tout, mais cela reste quand même une qualité non négligeable pour un film de deux heures et demi. Les scènes d’action sont certes basiques et sans nouveauté par rapport aux précédents volets, mais restent néanmoins très spectaculaires, notamment l’affrontement final. On pourra tout de même également noter une petite amélioration dans la qualité de la réalisation. On sent que Pacific Rim de Guillermo Del Toro est passé par là et que Michael Bay a compris qu’il est autorisé de faire durer un plan plus d’un quart de seconde, même pendant une scène de combat. On se réjouit de ce qu’on peut !
Reste enfin l’hommage à Rohmer. Bon, je ne suis certainement pas le mieux placé pour en parler vu que je ne voue aucune admiration à ce cinéaste, dont j’ai détesté à peu près tous les films que j’ai pu voir. Pour moi, il n’a rien d’un maître, mais passons. Car au fond, le personnage parfaitement interprété par Michael n’est qu’un second rôle, celui du mentor qui orient le héros perdu. Cela s’apparente donc plus au clin d’oeil qu’autre chose, même si ce clin d’oeil fera sûrement particulièrement plaisir aux admirateurs du réalisateur du Genou de Claire (le seul film de lui que j’ai vu ressemblant vaguement à quelque chose).
Paradoxalement, ce qui aurait pu être la principale limite de Boyhood devient sa plus grande force. Bien sûr, le film nous propose quelques péripéties et la vie de cette famille n’est pas toujours de tout repos. Mais Richard Linklater a su résister aux sirènes du spectaculaire et du dramatique à outrance. Si par exemple, personnellement, je ne peux pas m’identifier à cette famille qui ne ressemble pas du tout à la mienne, au moins j’ai eu l’impression de partager vraiment une histoire qui aurait pu être la mienne ou celle d’un proche. On partage avec une force étonnante le petit souffle nostalgique qui traverse ce film, qui nous renvoie forcément à notre propre parcours et à notre propre perception du temps qui passe.
Cependant, Dragons 2 reste tout de même un divertissement mineur, alors que le premier volet était une vraie perle. Les éléments nouveaux sont réussis, mais ne provoquent pas cet émerveillement qui fait toute la différence. L’histoire est loin de posséder le souffle épique du premier volet et si le combat final est quand même très prenant, le film est globalement assez conforme à ce qu’on pouvait attendre. Bref, les auteurs ont repris tout ce qui avait fait leur succès, mais l’absence de réelle prise de risque et de volonté forte d’innover donne une petite impression d’assoupissement sur lauriers.
L’histoire justement est elle aussi très belle. Certes, il y a quelques longueurs, mais quantité négligeable face à la sensibilité d’un récit touchant, empli d’une naïveté qui n’a rien d’enfantine. Le Conte de la Princesse Kaguya n’a pas usurpé son statut de « conte ». Il est à fois universel et d’une vraie force dramatique. Le spectateur se laisse totalement porté par ce spectacle qui redonne une étonnante modernité à des éléments visuels et narratifs semblant pourtant sorti d’une époque révolue. Cette petite touche de nostalgie mélancolique apporte l’ultime petit pincement au cœur qui rend ce film unique et merveilleux.
Car si certains gags fonctionnent, Albert à l’Ouest comporte surtout beaucoup de débuts de bonnes idées très mal exploitées. Le côté scato trop prononcé montre bien que Seth McFarlane n’a pas compris que savoir s’affranchir des limites du bon goût pour faire rire demande paradoxalement souvent une vrai sens de la subtilité. Or rien ne marche vraiment dans ce film, que ce soit l’intrigue ou les personnages, qui ne font qu’étirer cette comédie de près de deux heures, sans lui donner le moindre intérêt. Là encore, la comparaison avec Ted enfonce totalement cette tentative ratée de renouveler ce beau succès. Bref, il n’y a pas qu’Albert qui soit à l’Ouest…
lors qu’est ce qui manque à Jimmy’s Hall pour être un grand film ? Sûrement un sujet un peu moins anecdotique. Ken Loach signe toujours un film au fond social ou historique. On se situe ici dans la deuxième catégorie, avec comme décor les suites de la guerre civile qui a suivi l’indépendance de l’Irlande. Or, cette histoire de dancing est loin d’avoir la dimension de celle de le Vent se Lève (qui lui a valu sa Palme d’Or) par exemple. Elle reste cependant plaisante, avec des personnages particulièrement attachants pour un vrai plaisir cinématographique.
Le casting de The Two Faces of January ne se résume pas non plus au seul Viggo Mortensen, aussi brillantissime soit-il. Kirsten Dunst est égale à elle-même, ce qui constitue en soi un magnifique compliment. Quant à Oscar Isaac, il confirme après Inside Llewyn Davis des frères Coen, qu’il possède le talent et les épaules pour les premiers rôles, même le plus difficiles. Il contribue largement à rendre ce film aussi brillant que convaincant.
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