NEW YORK MELODY : Coup de coeur estival

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newyorkmelodyafficheDieu que j’aime aller voir un film sans rien en attendre pour en ressortir totalement enthousiaste. Avoir passé de longues minutes à élaborer son programme cinématographique en hésitant à y inclure ce film pour se dire qu’au final, cela aurait constitué une terrible erreur de passer à côté. Que c’est bon de sortir de la salle avec un sourire éclatant et le cœur léger ! Cela n’arrive pas si souvent que ça, alors il faut savoir savourer ces vrais moments de bonheur cinématographique. Comme celui que j’ai vécu en allant voir New York Melody.

Oui je sais, il y a une petite midinette qui sommeille au fond de moi. J’aime les comédies romantiques et j’assume. Cependant, New York Melody n’a rien de ces comédies romantiques au scénario écrit et connu d’avance. Un peu comme 500 Jours Ensemble (un de mes films culte également), New York Melody prouve que ce genre cinématographique peut parfois réserver des surprises et même proposer un certain suspense quant au dénouement. L’histoire racontée par ce film n’est peut-être pas la plus extraordinaire jamais comptée, mais elle est néanmoins remarquablement construire et permet d’apprécier pleinement toutes les qualités de ce film.

newyorkmelodyNew York Melody comporte de mon point de vue une vraie révélation, en la personne de Keira Knightley. Evidemment, elle fait partie des valeurs sûres d’Hollywood depuis longtemps et employer ce terme à son propos semble totalement incongru. Mais jamais, je ne lui avais trouvé ce charme dévastateur, cette grâce étonnante et une telle profondeur dans son interprétation. Certes, j’aimerais toujours lui faire prendre 10 kilos, mais elle illumine néanmoins l’écran comme jamais, offrant à son personnage une épaisseur et une sympathie étonnantes.

New York Melody reste cependant avant tout un film sur la musique. Comment elle naît, comment une même partition peut donner tout aussi bien un titre confondant de platitude qu’un pur chef d’œuvre. Le film offre une scène assez extraordinaire où le personnage interprété par Mark Ruffalo écoute Keira Knightley jouer un morceau très simple à la guitare, face à un public totalement indifférent. Le film nous fait partager la manière dont il parvient à imaginer progressivement tous les arrangements, tous les accompagnements qui pourraient donner à cette chanson une toute autre dimension. Quant on est comme moi une très grand consommateur de musique, sans aucune capacité pour la jouer et encore moins l’écrire, tout ceci à quelque chose de parfaitement magique.

John Carney avait déjà signé en 2007 un très beau film sur la musique, Once, passé bien trop inaperçu, malgré l’Oscar de la meilleur chanson et le Prix du Public au Festival de Sundance. Il semble donc avoir un don particulier pour mêler ces deux univers de manière magistrale. Et comme en plus, il sait nous parler d’amour de manière intelligente et subtile et diriger les acteurs avec un brio remarquable, on espère qu’il nous proposera encore bien d’autres bijoux comme ce New York Melody.

LA NOTE : 15,5/20

Fiche technique :
Production : Exclusive Media Group, Sycamore Pictures, Apatow Productions, Likely Story
Distribution : UGC distribution
Réalisation : John Carnet
Scénario : John Carney
Montage : Andrew Marcus
Photo : Yaron Orbach
Décors : Chad Keith
Musique : Gregg Alexander
Durée : 104 mn

Casting :
Keira Knightley : Gretta
Mark Ruffalo : Dan
James Corden : Steve
Hailee Steinfeld : Violet
Mos Def : Saul
Catherine Keener : Miriam
Adam Levine : Dave

L’HOMME QU’ON AIMAIT TROP : Faites entrer l’accusé

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lhommequonaimaittropafficheLorsqu’un fait divers fait la une de l’actualité, il est fréquent que l’opinion repeigne les événements et les protagonistes en noir et blanc. Créer une fiction à partir de l’un d’entre eux implique donc soit d’aller dans le sens de cette facilité intellectuelle, soit d’essayer de démontrer que rien n’est tout à fait aussi simple. C’est heureusement ce dernier choix qu’a réalisé André Téchniné pour son dernier film, L’Homme Qu’On Aimait Trop, qui revient sur l’affaire Agnelet. C’est en effet ce point de vue nuancé qui donne tout son intérêt à ce film… même s’il reste à relativiser.

L’Homme Qu’On Aimait Trop est un joli film de personnages et d’acteurs. On a beaucoup parlé de la performance remarquable de Catherine Deneuve. Mais celle de Guillaume Canet vaut aussi le détour. C’est cependant surtout celle de Adèle Haenel (dont j’aurais l’occasion de vous reparler très vite) qui insuffle une vraie humanité, une réelle profondeur à l’ensemble. L’ensemble des protagonistes, ainsi que leurs relations, sont particulièrement ambiguës et complexes. Ils constituent le cœur de ce film et à ce niveau-là, il n’y a pas grand chose à redire, si ce n’est exprimer son admiration.

lhommequonaimaittropMalheureusement, L’Homme Qu’On Aimait Trop repose sur une intrigue sans suprise, si on connaît un tant soit peu l’affaire. André Téchiné ne prend pas partie quant au fin mot de l’histoire et laisse planer le doute. Il est vrai que le contraire aurait été hasardeux, mais il s’agit là malgré tout d’une fiction, pas d’un documentaire. Du coup, le scénario se révèle dans l’absolu assez frustrant et inabouti, faute d’une vraie conclusion. Ceci rend tout ce qui a précédé un peu vain et c’est fort dommage.

LA NOTE : 11,5/20

Fiche technique :
Production : Fidélité Films, Mars Films
Réalisation : André Téchiné
Scénario : André Téchiné, Cédric Anger, Jean-Charles Le Roux , D’après l’oeuvre de Renée Le Roux et Jean-Charles Le Roux
Montage : Hervé De Luze
Photo : Julien Hirsch
Décors : Olivier Radot
Distribution : Mars Distribution
Musique : Benjamin Biolay
Durée : 116 mn

Casting :
Catherine Deneuve : Renée Le Roux
Adèle Haenel : Agnès Le Roux
Guillaume Canet : Maurice Agnelet
Jean Corso : Fratoni
Judith Chemla : Françoise

TRANSFORMERS : L’AGE DE L’EXTINCTION : L’extinction n’est malheureusement pas pour demain

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transformers4afficheAvant même de commencer la lecture de cette critique, vous êtes en droit de vous poser une question tout à fait légitime : mais pourquoi ?… Mais pourquoi être allé voir Transformers : l’Age de l’Extinction en sachant pertinemment qu’il s’agissait d’un navet, ce qui n’a rien d’étonnant au vu de la piètre qualité du deuxième et du troisième volet. Je pourrais répondre que c’est parce que je suis un homme plein d’espérance, qui continue de croire que Michael Bay est encore capable de retrouver la qualité de l’épisode initial. Bon, la vérité c’est que je n’ai pas pu résister à l’appel des Transformers dinosaures, qui ont fait rêver tous les petits garçons de mon âge, espérant que le Père Noël le placent dans leurs petits souliers.

Malheureusement, aucune bonne surprise, ou presque, n’est à signaler. L’intrigue de Transformers : l’Age de l’Extinction en elle-même est relativement sans intérêt, ou du moins aurait pu être écrit par à peu près n’importe qui. Le renouvellement des personnages n’apportent au final rien du tout, tant ces derniers sont totalement dénués d’épaisseur. Le traitement de leur psychologie et de leurs relations est assez affligeant et nous empêche d’éprouver pour eux la moindre sympathie, sans même parler d’empathie. Et les dernières secondes qui annoncent les deux films encore prévus nous fait pousser de gros soupirs désolés, plutôt que de nous faire trépigner d’impatience.

transformers4Cependant, malgré tout, il serait mal honnête de dire que l’on s’ennuie devant Transformers : l’Age de l’Extinction. Je sais bien que cela ne fait pas tout, mais cela reste quand même une qualité non négligeable pour un film de deux heures et demi. Les scènes d’action sont certes basiques et sans nouveauté par rapport aux précédents volets, mais restent néanmoins très spectaculaires, notamment l’affrontement final. On pourra tout de même également noter une petite amélioration dans la qualité de la réalisation. On sent que Pacific Rim de Guillermo Del Toro est passé par là et que Michael Bay a compris qu’il est autorisé de faire durer un plan plus d’un quart de seconde, même pendant une scène de combat. On se réjouit de ce qu’on peut !

LA NOTE : 8/20

Fiche technique :
Production : Bonaventura Pictures, Paramount Pictures, Hasbro, Tom DeSanto/Don Murphy Production, Ian Bryce Productions
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Michael Bay
Scénario : Ehren Kruger
Montage : William Goldenberg, Roger Barton, Paul Rubell
Photo : Amir Mokri
Décors : Jeffrey Beecroft
Musique : Steve Jablonsky
Effets spéciaux : Ohn Frazier, Scott Farrar
Durée : 165 mn

Casting :
Mark Wahlberg : Cade Yeager
Stanley Tucci : Joshua Joyce
Kelsey Grammer : Harold Attinger
Nicola Peltz : Tessa Yeager
Jack Reynor : Shane Dyson
Titus Welliver : James Savoy
Sophia Myles : Darcy Tirrel
Li Bingbing : Su Yueming
Peter Cullen : Optimus Prime (voix)

MAESTRO : Comédie romantique intello

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maestroafficheLa comédie romantique est un genre qui s’installe doucement dans le paysage cinématographique français. Voici même la comédie romantique intello avec Maestro, film qui rend hommage à Eric Rohmer, mais qui nous raconte surtout une rencontre entre un homme et une femme qui à première vue n’ont aucune chance de finir ensemble. Une trame donc très classique, même si le film essaye aussi de nous raconter autre chose.

Gentillet, voici le mot qui résume assez bien ce film. Certes, ce qualificatif s’applique à à peu près toutes les comédies romantiques du monde, mais qui est ici particulièrement pertinent. En effet, aussi bien l’aspect comédie, à l’humour très propre sur lui, que l’aspect romance, avec une le voyou quand même pas très voyou et la coincée quand même très coincée, présentent un aspect un peu lisse et un rien guindé. Cependant, cela n’empêche pas Maestro de fonctionner et de nous permettre de passer un agréable moment et de profiter pleinement du casting de qualité.

maestroReste enfin l’hommage à Rohmer. Bon, je ne suis certainement pas le mieux placé pour en parler vu que je ne voue aucune admiration à ce cinéaste, dont j’ai détesté à peu près tous les films que j’ai pu voir. Pour moi, il n’a rien d’un maître, mais passons. Car au fond, le personnage parfaitement interprété par Michael n’est qu’un second rôle, celui du mentor qui orient le héros perdu. Cela s’apparente donc plus au clin d’oeil qu’autre chose, même si ce clin d’oeil fera sûrement particulièrement plaisir aux admirateurs du réalisateur du Genou de Claire (le seul film de lui que j’ai vu ressemblant vaguement à quelque chose).

LA NOTE : 11,5/20

Fiche technique :
Production : Rezo Productions, Mandarin Cinéma
Distribution : Rezo films
Réalisation : Léa Fazer
Scénario : Léa Fazer, Jocelyn Quivrin
Montage : Jean-François Elie
Photo : Lucas Leconte
Décors : Marie-Hélène Sulmoni, Thierry Lautout
Musique : Clément Ducol
Durée : 85 mn

Casting :
Pio Marmai : Henri
Michael Lonsdale : Cédric Rovère
Déborah François : Gloria
Alice Belaïdi : Pauline
Nicolas Bridet : Nicoballon
Dominique Reymond : Francine
Scali Delpeyrat : le druide
Micha Lescot : José

BOYHOOD : Le temps qui passe

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boyhoodafficheLe temps qui passe est la seule chose à peu près inexorable dans l’existence, avec la victoire de l’Allemagne lors de la Coupe du Monde de football. Au cinéma, il avance souvent de manière artificielle et se lit sur le visage des acteurs à grands coups de maquillage. Richard Linklater a refusé cette supercherie en se lançant dans un projet un peu fou. Tourner un film sur douze ans avec les mêmes acteurs. Le résultat donne un très beau film, Boyhood.

Boyhood se focalise principalement sur l’histoire du jeune garçon interprété par Ellar Coltrane, qui aura débuté le tournage à l’âge de 6 ans pour l’achever alors qu’il en avait 18. Il s’agit donc un film sur l’enfance et l’adolescence, mais beaucoup plus largement sur les rapports familiaux et j’ai envie de dire sur la vie en général… Oui, je sais, c’est assez ambitieux comme sujet, mais cela résume assez bien un film qui ne cherche pas à raconter quelque chose d’extraordinaire, simplement à nous faire partager une tranche de vie.

boyhoodParadoxalement, ce qui aurait pu être la principale limite de Boyhood devient sa plus grande force. Bien sûr, le film nous propose quelques péripéties et la vie de cette famille n’est pas toujours de tout repos. Mais Richard Linklater a su résister aux sirènes du spectaculaire et du dramatique à outrance. Si par exemple, personnellement, je ne peux pas m’identifier à cette famille qui ne ressemble pas du tout à la mienne, au moins j’ai eu l’impression de partager vraiment une histoire qui aurait pu être la mienne ou celle d’un proche. On partage avec une force étonnante le petit souffle nostalgique qui traverse ce film, qui nous renvoie forcément à notre propre parcours et à notre propre perception du temps qui passe.

Toutes ces qualités font que le spectateur n’a par contre aucune notion du temps qui passe en regardant ce film. Boyhood dure pourtant un peu moins de 3 heures, mais jamais on ne s’ennuie. On est littéralement porté par la réalisation pleine de douceur et de sensibilité. L’histoire avance constamment et ne s’attarde jamais très longtemps à une même époque. Ce qui compte c’est encore et toujours l’évolution des personnages à travers le temps. Et on arrive au bout du voyage en regrettant qu’il s’achève, tant on voudrait continuer à suivre le parcours de ce jeune garçon auquel on s’est profondément attaché.

LA NOTE : 15/20

Fiche technique :
Production : IFC productions, Detour Filmproduction
Distribution : Diaphana
Réalisation : Richard Linklater
Scénario : Richard Linklater
Montage : Sandra Adair
Photo : Lee Daniel, Shane F. Kelly
Décors : Rodney Becker, Gay Studebaker
Musique : Coldplay, George Harrison, Daft Punk, Aaliyah, Blink 182, The Hives
Costumes : Kari Perkins
Durée : 165 mn

Casting :
Ellar Coltrane : Mason
Patricia Arquette : la mère
Ethan Hawke : le père
Lorelei Linklater : Samantha
Elijah Smith : Tommy
Steven Prince : Ted
Marco Perella : Pr. Vill Wellbrock

DRAGONS 2 : Les dragons volent un peu plus bas

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dragons2afficheAller voir la suite d’un grand succès expose le spectateur à deux sentiments contradictoires. Tout d’abord, il sait qu’il sera forcément déçu car il est quand même extrêmement rare qu’un deuxième volet arrive à posséder assez de qualités nouvelles et fortes pour compenser totalement l’absence d’effet de surprise et de joie de la découverte. N’est pas Toys Story qui veut ! Mais à l’inverse, il est aussi heureux de retrouver des héros, un univers qui lui ont plu une première fois et pour lesquels il ressent une réelle affection. Dragons 2 est l’illustration parfaite de cette ambivalence.

Dragons 2 est un divertissement agréable où l’on recroise avec un vrai plaisir les protagonistes et le décors qui nous avaient tant charmé la première fois. Le récit est effectivement plaisant, rythmé, les péripéties nombreuses. On a même droit à un vrai moment d’émotion qui tirera sûrement une larme aux plus endurcis d’entre nous. Graphiquement, l’animation est toujours aussi fluide et les dessins possèdent toujours ce petit rien de personnalité qui donne vraiment vie aux personnages et contribuent fortement à nous les rendre si sympathique.

dragons2Cependant, Dragons 2 reste tout de même un divertissement mineur, alors que le premier volet était une vraie perle. Les éléments nouveaux sont réussis, mais ne provoquent pas cet émerveillement qui fait toute la différence. L’histoire est loin de posséder le souffle épique du premier volet et si le combat final est quand même très prenant, le film est globalement assez conforme à ce qu’on pouvait attendre. Bref, les auteurs ont repris tout ce qui avait fait leur succès, mais l’absence de réelle prise de risque et de volonté forte d’innover donne une petite impression d’assoupissement sur lauriers.

LA NOTE : 11,5/20

Fiche technique :
Production : DreamWorks Animation SKG
Réalisation : Dean DeBlois
Scénario : Dean DeBlois, d’après le livre de Cressida Cowell
Montage : John K. Carr
Décors : Pierre-Olivier Vincent
Distribution : 20th Century Fox France
Son : Randy Thom, Michael Silvers
Musique : John Powell
Directeur artistique : Zhaoping Wei
Durée : 100 mn

Casting :
Jay Baruchel : Harold
Cate Blanchett : Valka
Gerard Butler : Stoïk
Craig Ferguson : Gueulfor
America Ferrera : Astrid
Jonah Hill : Rustik
Kirsten Wiig : Kognedur
Djimon Hounsou : Drago
Eret : Kit Harington

LE CONTE DE LA PRINCESSE KAGUYA : Beau et beau

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lecontedelaprincessekaguyaafficheAlors que l’avenir des studios Ghibli est en suspens avec la retraite de ses deux créateurs, il nous livre cependant une nouvelle petite merveille avec le Conte de la Princesse Kaguya. Une petite merveille qui apporte un souffle de fraîcheur et d’originalité sur une animation japonaise qui ne se limite donc pas au style Miyazaki. Une petite perle émouvante et pleine de sensibilité.

Le Conte de la Princesse Kaguya possède un style visuel loin des standards actuels, qui rappelle plutôt les illustrations dessinées à la main, ornant les beaux livres d’enfants. Le résultat est vraiment beau et les couleurs pastelles font l’effet d’une caresse sur l’œil. Cela nous change des couleurs criardes qui nous entourent au quotidien. L’ambiance ainsi crée colle parfaitement à l’histoire et l’émotion surgit ainsi aussi bien de l’image que de l’histoire.

lecontedelaprincessekaguyaL’histoire justement est elle aussi très belle. Certes, il y a quelques longueurs, mais quantité négligeable face à la sensibilité d’un récit touchant, empli d’une naïveté qui n’a rien d’enfantine. Le Conte de la Princesse Kaguya n’a pas usurpé son statut de « conte ». Il est à fois universel et d’une vraie force dramatique. Le spectateur se laisse totalement porté par ce spectacle qui redonne une étonnante modernité à des éléments visuels et narratifs semblant pourtant sorti d’une époque révolue. Cette petite touche de nostalgie mélancolique apporte l’ultime petit pincement au cœur qui rend ce film unique et merveilleux.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Studio Ghibli , KDDI, Buena Vista Home Entertainment, Toho, NTV, Mitsubishi
Réalisation : Isao Takahata
Scénario : Isao Takahata, Riko Sakaguchi
Distribution : The Walt Disney Company France
Musique : Joe Hisaishi
Durée : 137 mn

Casting :
Aki Asakura : Princesse Kaguya
Nobuko Miyamoto : Grand-mère
Kengo Kora : Sutemaru
Takeo Chii : Grand-père

ALBERT A L’OUEST : Caca prout… mais avec un chapeau de cow-boy

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albertalouestafficheJe n’ai pas honte d’avouer que j’apprécie souvent les grosses bonnes comédies américaines premier degré, qui ont souvent la grande qualité de proposer une densité de « gags » qui permettent d’enchaîner les fous rires et d’oublier les moments plus faibles. La seule chose qui me pose toujours un petit problème, c’est le passage quasi obligé par l’humour scatologique, à base de pets ou de diarrhée. Et ça, quelque soit la manière dont cela est amené, cela ne me fait jamais rire ! Ainsi, j’aurais pu faire preuve d’une certaine indulgence envers les défauts de Albert à l’Ouest. Mais trop de pipi caca tue le pipi caca.

Pourtant, on retrouve dans Albert à l’Ouest, ce qui nous avait fait aimer Ted, le précédent film de Seth McFarlane. Ce dernier arrive une nouvelle fois à faire exploser tous les clichés du cinéma hollywoodien (ici les westerns, mais pas que) en les poussant à l’extrême pour les ridiculiser. Le tout est fait sans aucune retenue, en appuyant avec une outrance assumée là où ça fait mal. Cela marche souvent et ce serait mentir si je niais le fait que ce film a provoqué chez moi des éclats de rire nombreux et intenses. Mais ils sont restés comme des éclairs au sein d’un film globalement raté.

albertalouestCar si certains gags fonctionnent, Albert à l’Ouest comporte surtout beaucoup de débuts de bonnes idées très mal exploitées. Le côté scato trop prononcé montre bien que Seth McFarlane n’a pas compris que savoir s’affranchir des limites du bon goût pour faire rire demande paradoxalement souvent une vrai sens de la subtilité. Or rien ne marche vraiment dans ce film, que ce soit l’intrigue ou les personnages, qui ne font qu’étirer cette comédie de près de deux heures, sans lui donner le moindre intérêt. Là encore, la comparaison avec Ted enfonce totalement cette tentative ratée de renouveler ce beau succès. Bref, il n’y a pas qu’Albert qui soit à l’Ouest…

LA NOTE : 7/20

Fiche technique :
Production : Universal Pictures, MRC, Fuzzy Door, Bluegrass Films
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Seth McFarlane
Scénario : Seth McFarlane, Alec Sulkin, Wellesley Wild
Montage : Jeff Freeman
Photo : Michael Barrett
Format : 35mm
Décors : Stephen Lineweaver
Musique : Joel McNeely
Effets spéciaux : Blair Clark
Directeur artistique : Brian Felty
Durée : 117 mn

Casting :
Seth MacFarlane : Albert
Charlize Theron : Anna
Liam Neeson : Clinch
Amanda Seyfried : Louise
Giovanni Ribisi : Edward
Neil Patrick Harris : Foy
Wes Studi : Cochise

JIMMY’S HALL : Plaisir de grand

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jimmyshallafficheEn cet été 2014, les grands réalisateurs se font plaisir. Après Clint Eastwood et son Jersey Boys, voici un film « mineur » mais très plaisant signé Ken Loach, Jimmy’s Hall. Un film que j’ai eu l’honneur de voir en projection privé… Je ne comprends pas du tout pourquoi j’étais le seul à avoir l’idée de me lever pour aller au cinéma à 10h un dimanche matin à StQuentin-en-Yvelines. Visiblement, tout le monde avait préféré aller à la messe ce jour-là, je ne vois pas d’autre explication.

On reconnaît un très grand réalisateur à sa faculté à nous offrir d’excellents films, même quand il ne s’agit pas d’une pièce majeure de leur filmographie. Jimmy’s Hall reste un film parfaitement réalisé, avec une direction d’acteurs toujours aussi formidable, et un sens de la narration qui nous permet d’entrer très vite dans l’histoire et de la traverser avec un plaisir et un intérêt constants. Bref, une qualité inaccessible pour beaucoup, mais qui constitue le minimum que l’on attend d’un réalisateur au deux Grands Prix du Jury et une Palme d’Or à Cannes.

Ajimmyshalllors qu’est ce qui manque à Jimmy’s Hall pour être un grand film ? Sûrement un sujet un peu moins anecdotique. Ken Loach signe toujours un film au fond social ou historique. On se situe ici dans la deuxième catégorie, avec comme décor les suites de la guerre civile qui a suivi l’indépendance de l’Irlande. Or, cette histoire de dancing est loin d’avoir la dimension de celle de le Vent se Lève (qui lui a valu sa Palme d’Or) par exemple. Elle reste cependant plaisante, avec des personnages particulièrement attachants pour un vrai plaisir cinématographique.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Sixteen Films, Element Pictures, Wild Bunch / Why Not Productions
Réalisation : Ken Loach
Scénario : Paul Laverty
Montage : Jonathan Morris
Photo : Robbie Ryan
Décors : Fergus Clegg
Distribution : Le Pacte
Musique : George Fenton
Directeur artistique : Stephen Daly
Durée : 109 mn

Casting :
Barry Ward : Jimmy
Aisling Franciosi : Marie
Jim Norton : Père Sheridan
Simone Kirby : Oonagh

THE TWO FACES OF JANUARY : Noirceur au soleil

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thetwofacesofjanuaryaffichePlus tard, dans la vie, je serai George Clooney. Enfin, si vraiment ce n’est pas possible, je veux bien être juste Viggo Mortensen. Parce que bon, être Viggo Mortensen permet de se la raconter un peu en rappelant qu’on a quand même été Aragorn, ce dont même George ne peut pas se vanter ! Et comme si nous n’en étions pas encore convaincu, il nous démontre avec The Two Faces of January qu’il fait partie des acteurs les plus débordants de classe de tout le cinéma actuel.

Evidemment, un seul acteur ne fait pas un film et Two Faces of January a bien d’autres arguments à faire valoir. Déjà une histoire prenante, parfaitement construite et maîtrisée. Mêlant intrigue policière, triangle amoureux, ambiguïté aiguë des personnages, on a là tous les ingrédients d’un très bon film noir. Sauf qu’il se déroule sous une lumière et un soleil éclatants. Adaptation d’un roman de Patricia Highsmith, ce film tire son intérêt des contrastes qu’il propose, le tout porté par une réalisation plutôt brillante de Hossein Amini, qui quitte là pour la première fois son simple rôle de scénariste (il a signé celui de Drive notamment).

thetwofacesofjanuaryLe casting de The Two Faces of January ne se résume pas non plus au seul Viggo Mortensen, aussi brillantissime soit-il. Kirsten Dunst est égale à elle-même, ce qui constitue en soi un magnifique compliment. Quant à Oscar Isaac, il confirme après Inside Llewyn Davis des frères Coen, qu’il possède le talent et les épaules pour les premiers rôles, même le plus difficiles. Il contribue largement à rendre ce film aussi brillant que convaincant.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Timnick Films, InC Productions, StudioCanal, Working Title Films
Distribution : StudioCanal
Réalisation : Hossein Amini
Scénario : Hossein Amini, d’après le roman de Patricia Highsmith
Montage : Nicolas Chaudeurge, Jon Harris
Photo : Marcel Zyskind
Décors : Michael Carlin
Musique : Alberto Iglesias
Effets spéciaux : Prime Focus World
Maquillage : Steven Noble
Durée : 94 mn

Casting :
Viggo Mortensen : Chester MacFarland
Oscar Isaac : Rydal
Kirsten Dunst : Colette MacFarland
Daisy Bevan : Lauren
David Warshofsky : Paul Vittorio
Yigit Özsener : Yahya