X-MEN : DAYS OF THE FUTURE PAST : Retour gagnant

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xmendaysofthefuturepasafficheMarvel a décidé d’inonder nos écrans de films de super-héros. Une invasion qui ravira les fans du genre. Mais parfois, on préfère la qualité à quantité. Force est de constater que le début de l’année avait été plutôt décevant avec un Captain America faiblard et un Spider-Man 2 frôlant le pathétique. Beaucoup d’espoirs reposaient sur X-Men : Days of the Future Past. Des espoirs qui reposaient sur le retour de Bryan Singer derrière la caméra, même si ce dernier n’avait pas forcément permis à la franchise de prendre le meilleur départ.

Au final, les espoirs sont plutôt comblés. Même si X-Men : Days of the Future Past n’est pas le plus grand chef d’œuvre du genre, il offre richesse, péripéties variées et grand spectacle. Richesse par le foisonnement des personnages, même si certains sont du coup totalement sous-exploités (Omar Sy est plus proche de la figuration que du rôle marquant, à l’inverse de Jennifer Lawrence qui est la grande star de ce film). Péripéties variées avec un croisement incessant des intrigues qui fait plonger constamment le spectateur d’un lieu et d’une époque à l’autre. Et grand spectacle avec des scènes de combats épiques, des poursuites… et un grand moment de cinéma.

xmendaysofthefuturepastX-Men : Days of the Future Past nous propose en effet un grand moment de cinéma. Une scène absolument géniale qui nous rappelle qu’il n’y a pas n’importe qui derrière la caméra. Ce genre de moment qui différencie les films d’actions simplement efficaces de ceux qui recèlent une petite part de magie créatrice. Certes, une scène ne fait pas tout un film. Mais celle-là fait de cet épisode des X-Men un film d’assez bonne qualité pour que les fans attendent la suite avec impatience. Surtout que la petite séquence de fin de générique fera saliver tous les fins connaisseurs de cet univers.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : 20th Century Fox, Marvel Entertainment, Dune Entertainment, Bad Hat Harry Productions
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Bryan Singer
Scénario : Simon Kinberg
Montage : John Ottman
Photo : Newton Thomas Sigel
Décors : John Myhre
Musique : John Ottman
Costumes : Louise Mingenbach
Durée : 131 mn

Casting :
Hugh Jackman : Logan, Wolverine
James McAvoy : Charles Xavier
Michael Fassbinder : Erik Lehnsherr, Magneto
Jennifer Lawrence : Raven Mystique
Nicholas Hoult : Hank, Beast
Ellen Page : Kitty Pride
Peter Dinklage : Dr. Bolivar Trask
Omar Sy : Bishop
Ian McKellen : Magneto
Patrick Stewart : Professeur X

DEUX JOURS, UNE NUIT : Chapeau, les frangins !

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deuxjoursunenuitafficheJe l’avoue… enfin non je n’avoue pas, ce n’est pas non plus un crime. Je dis simplement que je n’étais pas vraiment fan des frères Dardenne. Ou plutôt je trouvais l’enthousiasme critique vis-à-vis de certains de leurs films quelques peu exagéré, peut-être parce que je déteste ces films où on vous colle devant la misère et le malheur pour qu’on se sente obligé d’être ému, sous peine de culpabiliser. Mais cette fois, je dis chapeau bas les frangins avec ce Deux Jours, Une Nuit aussi bouleversant que magnifique.

Deux jours, Une Nuit a beaucoup fait parler de lui à travers la performance assez extraordinaire de Marion Cotillard. Elle confirme, après De Rouilles et d’Os, qu’elle est faite pour les rôles difficiles. Elle possède un talent rare que les grands directeurs d’acteurs savent transcender. Les frères Dardenne font partie de cette race là. Pourtant, la tâche était ardue car savoir se renouveler tout au long d’un film, quand on doit rejouer encore et encore la même situation, demande d’aller chercher au plus profond de soi. Ne doutons pas que Marion Cotillard a mis beaucoup d’elle même dans ce rôle et on ne peut que l’en remercier.

Pdeuxjoursunenuitendant une partie du film, j’ai vraiment peur que Deux jours, Une Nuit ne s’enferme dans une sorte de voyeurisme, face à cette humiliation qui se répète encore et encore. On partage vraiment cette souffrance et on peut craindre à un moment que cela finisse par devenir insupportable et gratuit. Mais le scénario est assez bien construit pour dépasser cela très vite et tendre vers un vrai suspense. Jusqu’au bout, on se demandera quel sera le dénouement. De plus, ce dernier finira par délivrer un message plus complexe et ambiguë que ce que l’on pouvait craindre et qui change du discours totalement misérabiliste qu’ont parfois eu les Frères Dardenne.

Mais le plus grand exploit des Frères Dardenne est sans doute d’arriver à signer un film d’une telle force et d’une telle qualité, avec une réalisation aussi sobre. Mes voisins au cinéma ont fait souligné le fait qu’il n’y a pas de musique dans Deux Jours, Une Nuit. Mais sans ce commentaire, je ne l’aurais absolument pas remarqué tant ils arrivent, sans aucun artifice, à nous faire partager les sentiments des personnages et nous plonger au cœur de ce film qui aurait fait une très belle Palme d’Or.

LA NOTE : 15/20

Fiche technique :
Production : Les Films du Fleuve
Réalisation : Jean-Pierre & Luc Dardenne
Scénario : Jean-Pierre & Luc Dardenne
Montage : Marie-Hélène Dozo
Photo : Alain Marcoen
Distribution : Diaphana Distribution
Durée : 90 mn

Casting :
Marion Cotillard : Sandra
Fabrizio Rongione : Manu
Catherine Salée : Juliette
Christelle Cornil : Anne

MAPS TO THE STARS : Loin des étoiles

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mapstothestarsafficheDavid Cronenberg a signé au cours de sa longue carrière quelques chef d’œuvres, mais aussi un certains nombre de films tournant un peu au n’importe quoi. Map to the Stars fait partie de l’un ou de l’autre selon les critiques. Malheureusement pour moi, il appartient clairement à la deuxième catégorie. Pourtant j’aurais adoré adorer ce film. Mais au final, je n’ai pas trouvé grand chose auquel m’accrocher pour encenser ce film.

Maps to the Stars reprend une des grandes obsessions du réalisateur canadien : le malaise profond des gens qui ont beaucoup d’argent. Je suis bien d’accord que c’est un sujet comme un autre, mais bâtir une bonne partie de sa carrière là-dessus est quelque peu risqué. On a bien du mal à avoir le moindre sentiment d’empathie pour les personnages. Ce film n’est même pas vraiment une vision au vitriol d’Hollywood, comme certains ont essayé de nous le faire croire, mais juste le destin individuel d’enfants gâtés et pourris en profondeur.

mapstothestarsDavid Cronenberg a évidemment mis sa patte artistique sur Maps to the Stars. Mais là encore, le résultat rappelle ce qu’il nous a déjà offert à de nombreuses reprises, sans arriver ici à rien nous proposer de nouveau. Qu’il n’ait pas son pareil pour filmer les coins les plus sombres des âmes torturées, à créer une ambiance de malaise, là où il ne devrait y avoir que paillettes et glamour, est une chose. Reste à lui donner un sens. Ici tout cela tourne un peu dans la vide et finit par faire ressembler ce film à un exercice de style un peu vain.

Par contre, je serai injuste si je ne saluais pas la performance extraordinaire de Julianne Moore. Mais peut-on en attendre moins d’une si grande actrice ? Allez, j’arrête de faire mon critique blasé pour apprécier à sa juste mesure cette interprétation magistrale.

LA NOTE : 08/20

Fiche technique :
Production : Prospero Pictures, Sentient Entertainment, SBS Prod., Integral film
Réalisation : David Cronenberg
Scénario : Bruce Wagner
Montage : Ronald Sanders
Photo : Peter Suschitzky
Décors : Carol Spier
Distribution : Le Pacte
Musique : Howard Shore
Durée : 111 mn
Casting :

Julianne Moore : Havana Segrand
Mia Wasikowska : Agatha Weiss
John Cusack : Dr Stafford Weiss
Robert Pattinson : Jerome Fontana
Olivia Williams : Cristina Weiss
Sarah Gadon : Clarice Taggart
Evan Bird : Benjie Weiss
Justin Kelly : Rhett
Carrie Fisher : elle-même

THE HOMESMAN : A l’Ouest, du nouveau !

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thehomesmanafficheTommy Lee Jones se sera mis à la réalisation, en parallèle d’une carrière d’acteur d’une richesse rarement égalée, à plus de 60 ans, mais force est de constater que c’est une vraie réussite et qu’on peut amèrement regretter qu’il n’y ait pas pensé avant. Une nouvelle preuve avec ce très bon The Homesman. Un film qui prouve qu’il est encore possible de faire des westerns qui ne ressemblent pas au milliers de westerns qui les ont précédés.

The Homesman reprend pourtant des éléments assez classiques. La femme livrée à elle-même qui va trouver un appuis auprès d’un vieux routier de l’ouest a servi de base encore récemment au sympathique Sherrif Jackson. Par contre y introduire un thème social, le traitement des maladies mentales et de la dépression à une époque pré-freudienne, constitue une démarche beaucoup plus originale. Elle est menée avec beaucoup d’intelligence, menant dans un subtil équilibre les dangers que recouvrent la traversée d’un ouest encore sauvage avec une vraie émotion et un profond humanisme.

thehomesmanSi Tommy Lee Jones le réalisateur produit un travail remarquable avec The Homesman, Tommy Lee Jones, l’acteur est pas mal non plus. Mais il est vrai que ce dernier est quelque peu éclipsé par une Hilary Swank qui livre là une nouvelle performance magistrale. Si le rôle est moins fort que celui qu’elle a tenu dans Million Dollar Baby, elle l’interprète avec le même talent et la même intensité. Mais le reste du casting n’est pas mal non plus et c’est avec grand plaisir que l’on retrouve Mirand Otto, qui peut donc jouer autre chose que les princesses guerrières dans le Seigneur des Anneaux.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Ithaca Pictures, Javelina Film Company, EuropaCorp
Réalisation : Tommy Lee Jones
Scénario : Tommy Lee Jones, Kieran Fitzgerald, Wesley Oliver, d’après le roman de Glendon Swarthout
Montage : Roberto Silvi
Photo : Rodrigo Prieto
Décors : Merideth Boswell
Distribution : Europacorp Distribution
Musique : Marco Beltrami
Durée : 122 mn

Casting :
Tommy Lee Jones : George Briggs
Hilary Swank : Mary Bee Cuddy
Grace Summer : Arabella Sours
James Spader : Aloysius Duffy
John Lithgow : Révérend Dowd
Tim Blake Nelson : Freighter
Miranda Otto : Theoline Belknap
Sonja Richter : Gro Svendsen
Meryl Streep : Altha Carter

D’UNE VIE A L’AUTRE : Le Mur tombe, le suspense aussi

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duneviealautreafficheLe cinéma allemand s’est durablement installé sur nos écrans depuis l’immense succès de Goodbye Lenin puis de la Vie des Autres. C’est clairement grâce à eux qu’un film comme D’Une Vie à l’Autre est distribué dans notre beau pays. Un film qui revient une nouvelle fois sur les blessures causées par la chute du Mur. Mais un film aussi qui souffre de beaucoup trop de faiblesses pour être aussi mémorable que ses glorieux prédécesseurs.

D’Une Vie à l’Autre souffre d’une grosse faille dans son scénario. On comprend le fin de mot de l’histoire bien avant les personnages. Du coup, on passe une partie du film, surtout le dernier tiers, à avoir envie que les choses s’accélèrent. Le film essaye bien de faire comme ci et d’entretenir un suspense totalement artificiel, mais ça ne fonctionne pas du tout. Cela vient gâcher une première partie plutôt bien foutue, beaucoup mieux maîtrisée, où les éléments se dévoilaient progressivement les uns après les autres.

duneviealautrePour le reste, la réalisation de D’Une Vie à l’Autre est sobre, sans éclat, mais totalement au service de l’histoire. Les personnages sont plutôt réussies. En fait, toutes les bases étaient vraiment réunies pour faire un très bon film. Ca aurait pu être le cas si Georg Mass avait su donner plus de corps à un sujet auquel il a su donner un intérêt, pas de souffle narratif.

LA NOTE : 10,5/20

Fiche technique :
Production : B&T Films, Helgeland Film, Zinnober Film Und Fernsehproduktion
Distribution : Sophie Dulac distribution
Réalisation : Georg Mass
Scénario : Gorg Mass, Christoph Tölle, Stale Stein Berg, Judith Kaufmann, d’après le roman de Hannelore Hippe
Montage : Hansjörg Weissbrich
Photo : Judith Kaufmann
Décors : Bader El Hindi
Musique : Christoph Kaiser
Durée : 97 mn

Casting :
Juliane Köhler : Katrine Evensen Myrdal
Liv Ullmann : Ase Evensen
Sven Nordin : Bjarte Myrdal
Ken Duken : L’avocat Sven Soldbach
Julia Bache-Wiig : Anne Myrdal
Rainer Bock : Hugo

LA LIGNE DE FRONT

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europeennes2014Si les résultats des dernières élections municipales avaient engendré moult commentaires, ceux des européennes font pleuvoir les analyses, depuis le journal le plus sérieux, jusqu’au café du commerce. Un intérêt pour les résultats qui semblent inversement proportionnel à celui que nos concitoyens ont porté à la campagne. Il faut dire qu’on a assisté concours de formules apocalyptiques, (tempête, séisme…) pour décrire ce qui s’est passé le 25 mai.

Pourtant, ce résultat n’avait rien d’une surprise. A quelques arrondis près, il est conforme à ce que tous les sondages annonçaient, avec une dynamique très favorable au FN sur les derniers jours. Cela n’a pas empêché tout le monde d’avoir totalement l’air étonné et abasourdi. Fermer les yeux alors qu’on va droit dans le mur constitue une généralement très mauvaise façon d’éviter le choc. C’est même le meilleur moyen pour le rendre inéluctable. Et c’est bien ce que s’évertue à faire la classe politique depuis longtemps !

S’il y a une grande leçon à tirer définitivement de ce scrutin, c’est que le vote FN est désormais un vote qui dépasse de très loin le clivage gauche/droite. On le sait depuis longtemps, mais c’est très dur à accepter à gauche. Il faut voir comment le PS et le Front de Gauche construisent leur discours pour s’opposer à Marine Le Pen pour comprendre à quel point ils refusent cette réalité. Comment expliquer autrement que la liste PS ait fait plus à Viroflay, ville pourtant très à droite mais où le FN fait toujours des scores faibles, un résultat meilleur qu’au niveau national ? Quelque chose a vraiment changé à ce niveau-là et il est temps d’en tirer les conséquences.

Les résultats de Viroflay montrent aussi à quel point le vote FN se nourrit des problèmes rencontrés par la population. Démontrer que les solutions qu’ils proposent sont inefficaces est un coup d’épée dans l’eau. Car aux yeux de ceux qui leur apportent leurs suffrages,elles n’ont d’autre mérite que d’être différentes que celles proposées par des partis dit de gouvernement, qui se sont montrés incapables de réduire durablement le chômage, la précarité, le mal-logement et les inégalités dans notre pays.

Il n’y a donc qu’un seul moyen pour faire refluer le Front National : faire entrer dans notre pays dans une dynamique positive où les problèmes semblent se résoudre plutôt que s’accroître. Je sais que lorsque l’on a dit ça, on n’a rien dit puisque si la tâche était facile et les solutions connues, ça se saurait. Mais une chose est sûr, le discours de culpabilisation, le rappel à l’histoire deviennent chaque jour plus inefficaces, voir même contreproductifs. IL y a urgence de s’en rendre compte avant de vivre en 2017 des soirées électorales beaucoup plus sombres que celle du 25 mai dernier.

L’ORDRE ET LE CHAOS

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psgchampionL’ordre règne sur la planète football. Le Paris-Saint-Germain est champion de France comme prévu et le Real Madrid est champion d’Europe pour la 10ème fois. Le titre de champion d’Espagne remporté par l’Atletico ne s’apparente qu’un épiphénomène, qui nous laisse croire qu’il est encore possible à David de terrasser Goliath, mais il n’en est rien. La Juventus de Turin et le Bayern ont écrasé comme jamais la compétition en Italie et en Allemagne et Manchester City a fait finalement triompher lui aussi ses pétro-dollars en Angleterre. Le foot business règne en maître et ce n’est pas le fair-play financier qui semble susceptible de changer quoique ce soit, David Luiz peut en témoigner.

Face à ce triomphe de la logique, il faut bien que les commentateurs trouvent des choses à dire. Car dire toutes les semaines que telle ou telle équipe est tout simplement plus forte que les autres devient vite lassant quand on veut passer pour un analyste subtil et pertinent. Alors on fait la fine bouche, on guette le moindre signe de faiblesse pour en tirer des conclusions définitives sur le talent réel de tel joueur ou de tel entraîneur, qui passé d’une semaine à l’autre du statut de génie absolu à celui d’escroc surcoté.

Ah si Demba Ba avait tiré au-dessus ! Ah si Monsieur Kuipers n’avait accordé que trois minutes d’arrêts de jeu ! Alors tous les commentaires, toutes les analyses auraient été radicalement différentes. Et pourtant, les faits sur lesquels ils auraient reposé n’auraient été que très marginalement changés. Le football est le sport où l’aléatoire, le hasard et la chance jouent le plus grand rôle. Mais voilà quelque chose d’insupportable pour l’esprit humain qui s’efforce toujours de mettre de l’ordre et du déterminisme dans le chaos. Encore plus quand il s’agit de justifier un salaire de journaliste ou de consultants…

Cependant, il serait injuste de jeter la pierre à qui que ce soit. Car c’est l’apanage de tous passionnés de football de participer pendant des heures à ces conversations futiles. Cela fait même partie intégrante du plaisir que l’on a à aimer si intensément ce sport ! Alors assumons et continuons à écrire des thèses à chaque fois que le PSG a le malheur de perdre un match tous les quatre mois ! C’est intellectuellement ridicule, mais le ridicule ne tue pas. Il fait même parfois un peu de bien dans un monde où il y a tant de raisons d’être sérieux et graves !

LA VOIE DE L’ENNEMI : Vengeance et rédemption

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lavoiedelennemiafficheRachid Bouchareb fait partie de cette génération de cinéastes français qui n’hésitent désormais plus à franchir l’Atlantique pour tourner aux Etats-Unis. Après, Just Like a Woman l’année dernière le revoilà avec La Voie de l’Ennemi. Il s’agit d’un remake de Deux Hommes dans la Ville, sorti en 1973, qui mettait face à face Lino Ventura et Alain Delon. Cette fois-ci, c’est un duo composé de Forest Whitaker et Harvey Keitel qui occupe l’affiche. Et il faut avouer que ça a aussi de la gueule !

La Voie de l’Ennemi est un film globalement maîtrisé, mais quelque peu frustrant. La réalisation est impeccable, même si elle manque peut-être un peu de punch. Les deux principaux protagonistes sont remarquablement interprétés par deux grands acteurs. Mais à côté de ça, le scénario, s’il arrive à maintenir une tension constante avec beaucoup de subtilité, manque un peu de profondeur dans son propos. On a l’impression que l’histoire ne va pas au bout de ce qu’elle cherche à nous dire et cela se termine par une dénouement qui n’en est pas vraiment un et qui nous laisse quelque peu sur notre faim.

lavoiedelennemiLe thème de la vengeance et de la rédemption est omniprésent au cinéma. Alors évidemment, on est quelque peu exigeant vis-à-vis des réflexions qui empruntent le même chemin. La Voie de l’Ennemi n’apporte pas vraiment d’éclairage nouveau et si le récit arrive à maintenir un vrai suspense, au final il n’y a rien de surprenant dans l’évolution et la réaction des personnages. Si on n’en ressort pas vraiment déçu, on ne peut pas en être complètement satisfait.

LA NOTE : 11,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Rachid Bouchareb
Scénario : Rachid Bouchareb, Olivier Lorelle et Yasmina Khadra, d’après le scénario de Deux hommes dans la ville écrit par José Giovanni
Décors : Yan Arlaud
Montage : Yannick Kergoat
Musique : Éric Neveux
Photographie : Yves Cape
Durée : 118 minutes

Casting :
Forest Whitaker : William Garnett
Harvey Keitel : le shérif Bill Agati
Brenda Blethyn: Emily Smith
Luis Guzmán:Terence
Ellen Burstyn : Madame Garnett
Tim Guinee : Rod

GODZILLA : Lézard contrasté

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godzillaafficheParmi les monstres qui vivent dans les placards du 7ème art et de notre imaginaire, il y a un gros lézard nommé Godzilla. Une bébête gigantesque venue du Japon et qui avait déjà eu droit à une adaptation hollywoodienne en 1998 par le pire cinéaste de l’histoire (oui, bon, j’exagère) Roland Emmerich. Le voici de retour avec cette fois derrière la caméra Gareth Edwards, qui signe là son premier long métrage d’envergure. Un premier long métrage plaisant, qui recèle du bon et du moins bon.

Contrairement au film d’Emmerich, ce Godzilla a vraiment cherché à être un hommage à l’œuvre nipponne originale. Et c’est plutôt bienvenue parce que cela aboutit à un récit qui n’est pas tout à fait celui qu’on attendait. Ce n’est clairement pas le scénario du siècle, mais au moins n’est-il pas totalement cousu de fil blanc. On saluera ainsi la campagne promotionnelle du film, assez importante, mais qui a su parfaitement cacher les surprises que l’histoire réservait.

godzillaPar contre, la réalisation de Godzilla est très inégale. Certes, il y a quelques petits moments de grâce cinématographique, surtout vers la fin, comme des parachutistes traversant les nuages pour un plan de toute beauté… et surtout quelques scènes de destruction particulièrement réjouissantes. Mais cela reste reste très fugace et la mise en scène est parfois d’une désolante médiocrité ou bien d’une confondante maladresse. Et puis, le film souffre d’un problème de rythme. Il est nettement trop long avec des scènes qui s’étirent inutilement en longueur.

Au final, le résultat est contrasté. Mais ce Godzilla 2014 est nettement supérieur à son prédécesseur de 1998. Mais évidemment, aucun d’eux n’aura jamais le charme de l’original de 1954.

LA NOTE : 11,5/20

Fiche technique :
Production : Warner Bros, legendary Pictures, Disruption Entertainment, Toho Company
Distribution : Warner Bros Pictures France
Réalisation : Gareth Edwards
Scénario : Max Borenstein, Dave Callaham
Montage : Bob Ducsay
Photo : Seamus McGarvey
Décors : Owen Paterson
Musique : Alexandre Desplat
Durée : 123 mn

Casting :
Aaron Taylor-Johnson : Ford Brody
CJ Adams : Ford jeune
Ken Watanabe : Dr. Ichiro Serizawa
Bryan Cranston : Joe Brody
Elizabeth Olsen : Elle Brody
Sally Hawkins : Vivienne Graham
Juliette Binoche : Sandra Brody
David Strathairn : Amiral William Stenz

AU DELA DE LA PAIX

martinschulz

martinschulzDimanche prochain auront lieu les élections européennes. Personnellement, mon bulletin viendra soutenir la liste conduite par Pervenche Bérès qui méritait bien de bénéficier enfin de la lumière de quelques timides projecteurs. Timides par rapport au travail fourni depuis des années au Parlement Européen dont elle est un des piliers (et accessoirement une vice-présidente). Mais je voterai aussi, pour ne pas dire surtout, pour que Martin Schulz préside la Commission Européenne. Je vais donc voter pour soutenir un Allemand, un siècle tout juste après le début de la 1ère Guerre Mondiale.

C’est un symbole… Mais c’est aussi un cliché. Lors de la dernière visite de nos camarades du SPD de Hassloch, avec lesquels nous sommes jumelés, nous avons eu des échanges particulièrement intéressants et une réflexion m’a profondément marqué. Et si finalement, le désintérêt pour l’Europe en tant qu’institution, particulièrement fort chez les jeunes, ne venaient pas du fait que les générations plus anciennes mettent particulièrement en avant quelque chose qui pour leurs enfants et leurs petits enfants coule de source. Il est dur de se passionner, d’avoir envie de se battre pour quelque chose qui semble acquis et naturel.

La paix, la collaboration plutôt que la haine, les échanges plutôt que la méfiance, autant de valeurs qui fleurissent dans certains discours culpabilisants visant à ramener les plus jeunes aux urnes. Mais quel jeune aujourd’hui rêve de revanche et d’aller en découdre avec les Allemands ? La construction européenne s’est faite pour surmonter le traumatisme d’une première moitié du XXème siècle particulièrement meurtrier. Cela se situe au cœur du projet européen et les évènements en Ukraine nous montre bien qu’il est impératif de ne pas totalement l’oublier. Mais il est temps de dépasser cette simple dimension et de proposer plus, ou du moins autre chose si on veut que le projet retrouve réelle adhésion.

Que l’idée d’une culture commune, de l’appartenance à un même espace pacifié soit devenu indépendante des institutions européennes constitue peut-être la plus grande victoire de ces institutions, mais paradoxalement désormais leur plus grande faiblesse. Ca ne suffit plus à convaincre, à donner envie. Il faut donc redonner aux citoyens le sentiment que l’Union Européenne est une structure utile, pour ne pas dire indispensable, à notre prospérité économique, à la progression de nos droits et à la réussite des mutations écologiques et numériques de nos sociétés. La gestion de la crise de ces dernières années a montré que dans ce domaine, l’UE est encore bien déficiente.

Mais renoncer aujourd’hui à faire progresser l’Europe serait une terrible erreur pour demain.