AYA DE YOPOUGON : Ivoirienne à voir

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ayadeyopougonafficheL’Afrique est décidemment à l’honneur ces derniers mois sur nos écrans. Après le très réussi et dépaysant Grigris, voici Aya de Yopougon, un film d’animation franco-ivoirien, qui nous fait partager le quotidien des habitants d’un quartier populaire d’Abidjan. Le ton y est léger et drôle, plein d’ironie et de second degré, nous montrant les travers de la société ivoirienne sans jamais adopter un ton misérabiliste. Certes, les réalités sociales y sont bien présentées (mariages forcés, pauvreté qui pousse au système D permanent…), mais le film nous montre que cela n’empêche en rien les habitants d’être heureux, de rire, d’aimer, de vivre…

Aya de Yopougon a quelque chose d’à la fois extrêmement dépaysant et d’extrêmement familier. Dépaysant parce qu’il nous transporte au cœur d’une société différente de la nôtre, avec sa propre culture, ses propres codes. Familier parce qu’il montre à quel point les êtres humains sont au fond partout les mêmes. Qu’on habite à Beverly Hills ou à Yopougon, on vit les mêmes émotions, on croise les mêmes personnages, les mêmes caractères, les mêmes qualités, les mêmes défauts. Cela nous permet d’entrer très facilement dans ce film et de ressentir immédiatement une affection profonde pour ces personnages.

ayadeyopougonAu final, Aya de Yopougon est un vrai moment de bonheur, drôle et rafraîchissant, parcouru par une énergie tout à fait communicative et réjouissante. On ressort de ce film le sourire aux lèvres, même si tout cela repose sur des intrigues multiples mais au final un peu légères pour 1h30 de film. Mais jamais on ne s’ennuie et on quitte à très grand regret Yopougon et ses habitants.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Autochenille production, Banjo Studio, TF1 DA
Distribution : UGC distribution
Réalisation : Marguerite Abouet, Clément Oubrerie
Scénario : Marguerite Abouet, Clément Oubrerie, d’après leur bande dessinée
Décors : Clément Oubrerie, Julia Weber
Son : Nils Fauth, Alexandre Fleurant
Durée : 84 mn

Casting :
Aïssa Maïga : Aya
Tella Kpomahou : Bintou
Tatiana Rojo : Adjoua
Jacky Ido : Ignace, Hervé, Moussa, Basile, Sidiki, Arsene
Eriq Ebouaney : Hyacinthe
Pascal N’Zonzi : Bonaventure Sissako
Atou Ecaré : Simone Sissoko
Marguerite Abouet : Fanta, Mère Mamadou

R.I.P.D. et WOLVERINE : LE COMBAT DE L’IMMORTEL : Navets en stock

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ripdafficheUn billet pour faire la critique de deux gros navets sur lequel je n’ai pas vraiment l’attention de m’attarder. Tout d’abord, RIPD, une comédie policière à base de fantômes et d’au-delà. Ca se veut drôle, mais c’est en fait avant tout vulgaire et relativement répétitif. Si on rajoute à ça, une intrigue de base sans intérêt particulier, on mesure l’étendue du désastre. Le joli casting n’arrive pas à relever le niveau, malgré les efforts apparents des acteurs. Même Jeff Bridges, dans un rôle pourtant taillé sur mesure, à l’air consterné par les dialogues qu’il est obligé de nous livrer.

wolverinelecombatdelimmortelafficheLe premier avait été mauvais, le second est juste sans intérêt. Il n’y avait rien à attendre de ce Wolverine : le Combat de l’Immortel… et rien résume assez bien ce dont on retire de cette histoire d’une platitude absolue. Quel gâchis, alors que le mutant griffu est peut-être le personnage le plus intéressant et le plus ambigüe de l’univers Marvel ! Ce pauvre Hugh Jackman grimace tant qu’il peut, bande ses muscles, mais il n’y a pas la moindre étincelle de vie dans son personnage. Le tout est réalisé sans imagination. Bref, du blockbuster construit uniquement pour amener le fan à déverser quelques euros. Bref, vivement le prochain X-Men qui est annoncé pendant le générique de fin et qui s’annonce d’un tout autre acabit.

LES NOTES :
RIPD : 5/20
WOLVERINE : LE COMBAT DE L’IMMORTEL : 7/20

RIPD :

Fiche technique :
Production : Universal Pictures, Original Film, Dark Horse Entertainment
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Robert Schwentke
Scénario : Phil Hay, Matt Manfredi
Montage : Mark Helfrich
Photo : Alwin H. Kuchler
Décors : Alec Hammond
Musique : Christophe Beck
Costumes : Susan Lyall
Durée : 96 mn

Casting :
Jeff Bridges : Roy
Ryan Reynolds : Nick
Kevin Bacon : Hayes
Mary-Louise Parker : Proctor
Stephanie Szostak : Julia

WOLVERINE : LE COMBAT DE L’IMMORTEL

Fiche technique :
Production : 20th Century Fox, Marvel Entertainment, Dune Entertainment, Seed productions, Ingenious Media, Donner’s Company, Big Scr
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : James Mangold
Scénario : Mark Bomback, Scott Frank, Christophe McQuarrie
Montage : Michael McCuster
Photo : Ross Emery
Décors : François Audouy
Musique : Marco Beltrami
Durée : 125 mn

Casting :
Hugh Jackman : Logan, Wolverine
Rila Fukushima : Yukio
Svetlana Khodchenkova : Viper
Will Yun Lee : Harada, le samouraï d’argent
Famke Janssen : Jean Grey
Tao Okamoto : Mariko Yashida
Hiroyuki Sanada : Shingen Yashida
Brian Tee : Noburo Mori
Ken Yamanouchi : Yashida, jeune

INSAISISSABLES : Y’a un truc !

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insaisissablesafficheLouis Leterrier est un des plus mauvais réalisateur que la Terre n’ai jamais porté. Il reconnaît d’ailleurs lui-même son absence totale d’ambition artistique, étant simplement un exécutant des commandes passées par les studios. Son remake du Choc des Titans a été avant tout un choc effroyable pour tous ceux qui, comme moi, aiment passionnément l’original. Je me suis rendu voir Insaisissables en ignorant qu’il en était aux commandes, ce que je n’ai découvert qu’au générique de fin. Je dois pourtant admettre que son absence totale de talent ne l’empêche pas de réaliser de bons films. Même s’il n’y est pour rien.

En effet, Insaisissables est quand même mis en scène avec les pieds. Mouvements de caméra constants, plans dépassant péniblement la seconde, bref tout l’attirail du metteur en scène qui cache sa misère artistique par des effets censés être modernes. Quel contraste avec un Guillermo Del Toro qui nous a livré des scènes d’action splendidement filmées dans son Pacific Rim. Mais heureusement pour lui, il peut compter sur le talent des autres.

insaisissablesDéjà sur celui des scénaristes qui nous livre avec Insaisissables une intrigue à la structure classique, mais dont les rebondissements sont vraiment surprenants. On en ressort avec la sensation qu’on aurait dû s’en douter… mais on ne s’en est pas douté du tout ! Le film est bien à l’image du monde de la prestidigitation, avec des fausses pistes qui captent notre attention pour mieux nous tromper et nous détourner de la vérité. Bref, c’est bien foutu, atteint parfaitement son but et permet à ce film d’être un des plus réussis de cet été cinématographique plutôt décevant.

Enfin Insaisissables est avant tout un casting aussi brillant que celui qui le dirige est pâle. Heureusement, que cette belle brochette d’acteurs peut se facilement se diriger elle-même. Je citerai avant tout Woody Harrelson qui nous offre toujours de trop rares apparitions à l’écran malgré un casting intact. Certes, il est toujours plus ou moins sur le même registre niveau interprétation, mais on ne s’en lasse pas. Quant à Mélanie Laurent, même si son personnage ne sert pas à grand-chose au final, elle garde cette grâce singulière qui fait de chacune de ses apparitions un délice.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Summit Entertainment, K/O Paper Products, SOIXAN7E QUIN5E, See Me Louisiana
Distribution : SND
Réalisation : Louis Leterrier
Scénario : Ed Solomon, Boaz Yakin, Edward Ricourt
Montage : Robert Leighton, Vincent Tabaillon
Photo : Mitchell Amundsen, Larry Fong
Décors : Peter Wenham
Musique : Brian Tyler

Casting :
Jesse Eisenberg : J. Daniel Atlas
Mark Ruffalo : Dylan Rhodes
Woody Harrelson : Merrit McKinney
Isla Fisher : Henley Reeves
Dave Franco : Jack Wilder
Melanie Laurent : Alma Dray
Morgan Freeman : Thaddeus Bradley
Michael Caine : Arthur Tressler
José Garcia : Etienne Forcier

MONSTRES ACADEMY, LE GRAND MECHANT LOUP : Humour varié

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monstresacademyafficheDeux comédies très différentes, mais deux bons moments d’humour avec Monstres Academy et Le Grand Méchant Loup. Le premier est donc un film d’animation américain, sorti des studios Pixar, et qui constitue la suite, ou plutôt le prequel, de Monstres et Compagnie qui nous avait fait tant rire il y a maintenant plus de 10 ans. On est heureux de retrouver Bob et Sulli pour leurs grands débuts à l’université, afin d’apprendre à devenir des « terreurs d’élite ». Des débuts qui seront évidemment particulièrement mouvementés et ne se dérouleront pas tout à fait comme ils l’avaient imaginé.

On peut évidemment trouver à cette exploitation d’un précédent succès un petit goût artificiel, mais force est de constater que le scénario de Monstres Academy nous propose quelques surprises, notamment au moment d’un dénouement qui n’est pas du tout le happy-end cousu de fil blanc auquel on pouvait s’attendre. Cela permet de terminer ce divertissement sympathique, mais, il est vrai, sans réel génie, sur une note agréable, après avoir passé un bon moment, parsemé de vrais éclats de rire. On est là face à une œuvre beaucoup plus anodine que premier volet, mais qui se laisse regarder sans problème. Les plus grognons regretteront que les auteurs n’aient pas su renouveler le tour de force de Toy Story, franchise où la qualité n’a jamais diminué d’un pouce, bien au contraire, mais ils auront bien tort de bouder leur plaisir.

legrandmechantloupafficheLe Grand Méchant Loup est quant à lui une comédie des mœurs à la française. Elle offre une vision très masculine de la relation amoureuse, à l’instar du Cœur des Hommes (dont le troisième volet sortira à la rentrée). Peut-être que le propos développé déplaira à certaines, mais il n’empêche qu’il ne fait que retranscrire une réalité sur la manière dont les mâles vivent l’engagement et la fidélité. Par contre, il serait injuste de voir dans ce film la moindre trace de misogynie, puisque ce film ne dit rien sur le point de vue féminin. Il ne cherche donc pas à différencier les sexes, mais à nous faire partager un point de vue qui existe quoiqu’il en soit.

Cependant, le Grand Méchant Loup reste quand même avant tout une comédie. C’est parfois vraiment drôle, avec des personnages, certes inégaux, mais tout de même assez réussis. On s’y attache assez facilement et on partage leurs mésaventures avec joie, à défaut d’enthousiasme. Le film provoque quelques vrais éclats de rire, même si l’humour est avant tout situationnel. Le trio d’acteurs est au niveau, même si Fred Testot est sans doute le plus limité. Kad Merad n’en fait pas trop et Benoît Poelvoorde confirme une polyvalence insoupçonnée à ses débuts.

LES NOTES :
MONSTRES ACADEMY : 12/20
LE GRAND MECHANT LOUP : 12/20

MONSTRES ACADEMY
Fiche technique :
Production : Pixar Animation Studios, Walt Disney Pictures
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures France
Réalisation : Dan Scanlon
Scénario : Dan Scanlon, Daniel Gerson, Robert L. Baid
Montage : Greg Snyder
Musique : Randy Newman
Directeur artistique : Ricky Nierva

Casting :
Billy Cristal : Michael Wazowski
John Goodman : James P. Sullivan
Steve Buscemi : Léon
Helen Mirren : la doyenne Hardscrabble
Alfred Molina : Professeur Knight

LE GRAND MECHANT LOUP

Fiche technique :
Réalisation et scénario : Nicolas & Bruno
Photographie : Laurent Dailland
Montage : Reynald Bertrand
Musique Originale : Eric Neveux
Superviseur Musical : Pascal Mayer
Décors : Laurent Tesseyre

Casting :
Benoît Poelvoorde : Philippe
Kad Merad : Louis
Fred Testot : Henri
Valérie Donzelli : Nathalie
Charlotte Le Bon : Natacha
Zabou Breitman : Victoire
Cristiana Reali : Eléonore
Léa Drucker : Patricia
Linh-Dan Pham : Lai
Marie-Christine Barrault : Mère
Denis Podalydès : Stanislas Lastic
Gilles Gaston-Dreyfus : Jean-Loup
Francis Van Litsenborgh : Père Aymeric

HIJACKING : Tension en haute mer

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hijackingafficheLes croisières ne s’amusent pas toujours. Hijacking en est la preuve, avec ce récit d’une prise d’otages d’un bateau danois par des pirates somaliens dans l’Océan Indien. Le film nous fait partager à la fois le sort des prisonniers (enfin un en particulier) et l’immense responsabilité qui tombe sur les épaules du directeur de la société à laquelle appartient le navire et qui décide de mener lui même les négociations. Un vrai thriller psychologique qui nous fait partager la pression infinie que subissent ces deux hommes de chaque côté de la chaîne qui les relie aux pirates.

Hijacking n’a donc rien de spectaculaire visuellement. Pas de scène d’actions, de commando qui vient à la rescousse de l’équipage. Mais de la tension, de la tension et encore de la tension. Un vrai suspense donc, qui arrive à se renouveler, malgré le côté quelque peu linéaire des négociations. Le film nous propose quelques petits moments de bravoure. Mais surtout, il permet au spectateur de rentrer totalement dans l’histoire et de suivre son déroulement avec une angoisse commune à celles des familles des otages.

hijackingHijacking doit beaucoup à la performance remarquable de ses deux acteurs principaux : Pilou Asbaek et Peter C. Ludvigsen. Tous deux, de manière très différente, arrive à nous partager le poids de leur calvaire, sans jamais en faire trop, en rendant les choses particulièrement crédibles. On ne peut donc que le féliciter et souligner leurs mérites respectifs.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Nordisk Film Production, Danish Film Institute, Filmklubben in DR, Nordisk Film & TV Fund
Distribution : Ad Vitam
Réalisation : Tobias Lindholm
Scénario : Tobias Lindholm
Montage : Adam Nieslen
Photo : Magnus Nordenhof Jonk
Format : 35mm
Décors : Thomas Greve
Son : Morten Green
Musique : Hildur Gudnadottir
Durée : 99 mn

Casting :
Pilou Asbaek : Mikkel Hartmann
Soren Malling : Peter C. Ludvigsen
Dar Salim : Lars Vestergaard
Roalnd Moller : Jan Soresen
Abdihakin Asgar : Omar
Gary Skoldmose Porter : Connor Julian

GRIGRIS : Dansons le Tchad Tchad Tchad

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grigrisafficheL’Afrique sub-saharienne reste encore le parent pauvre du cinéma mondial. Pourtant, quelques films arrivent de temps en temps sur nos écrans. Après Viva Riva, film congolais, aperçu l’année dernière, voici Grigris qui nous vient du Tchad et qui avait fait un petit tour par Cannes, où il avait reçu un accueil très favorable. Il faut dire que l’on tient là un film plutôt bien construit et dépaysant, sans être du tout faussement exotique.

Grigris est en fait une histoire très classique. Celui du jeune homme, qui pour une cause noble, va s’acoquiner avec la pègre local pour gagner l’argent dont il a besoin pour son beau-père, hospitalisé. Son histoire d’amour avec une prostituée pourrait tourner au cliché du genre, si le décor, l’ambiance générale de ce film nous propulsait dans un monde que l’on a pu l’habitude de voir sur grand écran. Le film nous montrera d’ailleurs les différentes facettes d’une société tchadienne écartelée entre ses propres traditions et un modèle occidental de plus en plus envahissant. Le film prend grâce à cela un intérêt bien plus large que celui proposé par le simple fil rouge narratif.

grigrisEnfin Grigris fascine par la présence assez extraordinaire de Souleymane Démé, son acteur principal. Atteint de la polio, il utilise son handicap pour nous livrer quelques numéros de danse assez prodigieux. Mais plus largement, son regard parfois dérangeant, mais fascinant, son charisme, sa présence, sa démarche à la fois maladroite et volontaire en font un personnage rare et marquant, qui donne à ce film une toute autre ampleur, quand, d’un point de vue de la réalisation pure, il tient du téléfilm bien foutu plutôt que du long métrage.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Pili Films, Goi-goi productions
Réalisation : Mahamat-Saleh Haroun
Scénario : Mahamat-Saleh Haroun
Montage : marie-Hélène Dozo
Photo : Antoine Heberle
Distribution : Les films du losange
Son : André Rigaut
Durée : 101 mn

Casting :
Souleymane Démé : Grigris
Cyril Guei : Moussa
Anais Monory : Mimi

LE MEDEF, UNE ENERGIE POUR HIER

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medefSi la mode est à accabler la classe politique de tous les maux, d’autres acteurs de la société devraient peut-être s’interroger sur leurs propres responsabilités avant d’émettre la moindre critique. On peut bien sûr déjà parler des électeurs eux-mêmes, qu’il est très politiquement incorrect de critiquer, mais qui nous ont livré une nouvelle preuve il y a deux semaines dans les Yvelines de leur capacité à voter en masse pour un édile corrompu, tout en criant « tous pourris ». Mais le MEDEF nous a livré un exemple encore plus édifiant, en refusant dans un premier temps de signer le document de conclusion du débat sur la transition énergétique. Certes, face à la consternation générale et après quelques amendements, la principale organisation patronale a finalement donné son accord, mais cela reflète bien le manque de vision qui préside à la gestion de nos grandes entreprises.

Peut-être que je garde une certaine aigreur de ma longue période de chômage à la fin de mes études, mais je ne crois pas me tromper en comparant nos grandes entreprises à une gérontocratie, hyper hiérarchisée où réseau et pédigrée sont plus importants que le talent ou l’imagination. La France est connue pour être le pays où le diplôme joue le plus grand rôle et ce tout au long de la carrière. Mais même avec le bon sésame, vous devrez patienter longtemps avant d’accéder à de vraies responsabilités. Si beaucoup de jeunes diplômés de haut niveau s’expatrient à la fin de leurs études, ce n’est pas pour payer moins d’impôts ailleurs, comme le voudraient certains, mais parce qu’il n’y a qu’à l’étranger qu’ils trouveront un job à la hauteur de leurs qualités et de leurs ambitions.

Il y a là quelques points de croissance qui s’évanouissent dans la nature, bien plus en tout cas que notre fiscalité soit-disant confiscatoire. Le MEDEF reproche à l’Etat les maux qui rongent nos grandes entreprises qui peuvent souvent se muer en monstres technocratiques. Tout en appelant ce même Etat au secours à la première occasion. Mais son attitude face à la transition énergétique montre bien qu’elle est incapable de vraiment inventer le monde de demain. Après avoir totalement raté la révolution numérique, nos grandes entreprises vont-elles raté la transition énergétique ? Vont- elles encore une fois imaginer que le monde sera comme elles le souhaitent, même si toutes les tendances semblent indiquer le contraire ?

Tout cela me rappelle les débats que j’ai pu avoir avec mon Maire concernant la construction de logements. Il ne s’agit pas de savoir les efforts qu’on est prêt à faire, il s’agit de répondre à un besoin quantifié qui engendre une urgence. Même si cela engendre des évolutions qu’on voudrait éviter dans l’absolu, on n’a pas le choix, il faut les accepter. C’est la même chose avec la lutte contre le changement climatique. Il est temps de comprendre que nous ne sommes pas devant un choix, mais devant une obligation. Mais visiblement, encore une fois, le MEDEF a préféré le déni.

PACIFIC RIM : Quand la machine a plus d’âme que les humains

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pacificrimafficheVoilà 5 ans que l’on attendait le retour de Guillermo Del Toro depuis Hellboy 2. Un des rares réalisateurs de films fantastiques estampillés « artiste » par les critiques et les intellectuels de tout poil. Il nous revient donc avec Pacific Rim, un film hommage à de nombreuses productions japonaises et américaines des années 60, où l’on voit se battre au cours de batailles épiques des robots géants contre des monstres de la taille d’un immeuble. Une idée de base totalement régressive, mais parfaitement assumée.

Pacific Rim souffre malheureusement d’un défaut rédhibitoire, à savoir le manque total, mais alors total, de charisme des personnages. A part deux scientifiques un peu rigolos, ils ne présentent aucun intérêt, ne font naître aucun attachement chez le spectateur, tant ils sont d’une platitude désespérante. Le pire est que les deux pilotes dont la rivalité constitue un axe important du scénario se ressemble à tout point de vue, y compris la coupe de cheveux, démontrant le manque total d’idées à ce niveau. Du coup, on se contrefout de ce qu’il leur arrive, le film ne dégage pas la moindre étincelle d’émotion et au final, on trouve les passages entre deux combats bien longuets. A côté de ça, l’abus de verbiage scientifique ridicule paraît un défaut totalement mineur !

pacificrimCependant, il faut reconnaître que Pacific Rim offre des scènes d’actions incroyablement spectaculaires. Alors qu’on croyait avoir tout vu, tout inventé à ce niveau, il reste encore visiblement de la place pour la créativité. Et surtout, on sent bien qu’il n’y a pas n’importe qui derrière la caméra. Guillermo Del Toro ne se sent pas obligé de nous offrir à la chaîne des plans de moins d’une demi-seconde qui font mal à la tête, sous prétexte que cela fait hyper moderne. On est vraiment face à un long métrage, pas un clip vidéo amélioré. Cela permet de mesurer toute la différence avec la série des Transformers, réalisée par Michael Bay, qui lui est plus proche d’un peintre en bâtiment que de Monet.

Au final, Pacific Rim nous propose de vraiment moments particulièrement jouissifs, mais noyés dans trop de médiocrité scénaristique pour qu’on puisse les apprécier sans réserve.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : Legendary pictures, DDY
Distribution : Warner Bros. France
Réalisation : Guillermo del Toro
Scénario : Guillermo del Toro, Travis Beacham
Montage : Peter Amundson, John Gilroy
Photo : Guillermo Navarro
Décors : Andrew Nescoromny, Carol Spier
Musique : Ramin Djawadi
Durée : 131 mn

Casting :
Rob Kazinsky : Chuck Hansen
Charlie Day : Dr Newton Geiszler
Ron Perlman : Hannibal Chau
Rinko Kikuchi : Mako Mori
Idris Elba : Stacker Pentecost
Charlie Hunnam : Raleigh Becket
Max Martini : Herc Hansen

VENT MAUVAIS POUR LE SPRINT

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gaypowellC’est un vrai coup de tonnerre qui vient de résonner dans le ciel de l’athlétisme mondial, et plus particulièrement du sprint, avec l’annonce le même week-end des contrôles positifs de Asafa Powell et de Tyson Gay. L’aura et la notoriété de Usain Bolt sont sans doute trop écrasantes pour que le grand public mesure bien l’ampleur de cette nouvelle. Cependant, les deux cas ne sont pas tout à fait comparables.

Tyson Gay semblait être enfin en position de triompher de son grand rival Usain Bolt. En effet, depuis plusieurs années, il semble le seul à sembler pouvoir rivaliser, même si, le jour J, le Jamaïcain a pour l’instant toujours eu une longue d’avance… et parfois une bonne longueur. Cette année semblait différente, avec l’Américain qui détenait la meilleure performance de la saison. Mais c’était sans doute trop beau pour être vrai et la frustration accumulée (en des temps « normaux » Tyson Gay serait devenu une légende) l’aura poussé à franchir la ligne rouge pour essayer de compenser l’avantage qu’offre la physiologie exceptionnelle d’Usain Bolt.

Beaucoup l’ont sans doute oublié, mais Asafa Powell a été Usain Bolt avant Usain Bolt. 4 fois recordman du monde du 100m, il avait amené la discipline reine à des vitesses que l’on pensait alors inaccessibles. Mais il a été aussi l’homme des rendez-vous ratés, avec comme titres de gloire individuels, trois misérables médailles de bronze aux Championnats du Monde. Ces dernières années, il a surtout donné l’image d’un athlète en déclin, avec même une non-qualification pour le rendez-vous mondial de Moscou cette année. Il ne sera pas le premier dans son cas à tenter le diable pour essayer vainement de remonter le temps et retrouver son lustre passé.

Mais le contrôle positif d’Asafa Powell vient après celui il y a quelques mois de Veronica Campbell. Au-delà de la faute individuel, cela jette un soupçon, ou confirme plutôt, sur les racines du « miracle » du sprint jamaïcain, incroyablement dominateur depuis 2008. Il n’y a pas de fumée sans feu diront certains… qui n’hésiteront pas à porter un regard interrogateur sur le Dieu du sprint lui-même…

POUR UNE FEMME : Triangle trop isocèle

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pourunefemmeafficheLe triangle amoureux est un sujet inépuisable d’inspiration. Mais avouons-le, utiliser un thème aussi éculé traduit quand même un léger manque d’imagination. Une nouvelle preuve avec Pour Une Femme, un film plaisant et solide, mais dont le thème central est bien trop dénué de surprises pour devenir vraiment intéressant. Et c’est dommage car ce film porte beaucoup d’autres sujets, mais en se concentrant avant tout sur les affaires de cœur, Diane Kurys dilue son propos et le rend totalement attendu.

Pour Une Femme nous propose en plus la configuration la moins intéressante, c’est à dire le couple marié qui voit arriver un élément extérieur. Certes, il y aurait pu exister un suspense sur le fait que la femme reste ou non avec son mari… Sauf que le film est raconté en flash-backs, ce qui fait que l’on a la réponse immédiatement. Ou comment se tirer une balle dans le pied. De plus, les scènes qui se déroulent à l’époque de la narration forment un aspect du film assez peu intéressant, mais qui prend une place démesurée. Cela renforce l’impression d’un propos mal équilibré, alors que le contexte historico-politique est lui au final trop anecdotique par rapport au reste.

pourunefemmeDu coup, on ne peut apprécier pleinement la belle performance du trio d’acteurs, emmené par un Benoît Magimel, dont je vais dire du bien, ce qui est assez rare pour être souligné. Mais en face Nicolas Duvauchelle n’est pas en reste, même si on peut trouver que son répertoire d’expressions ne varie guère d’un film à l’autre. Et la touche de charme et de grâce est apportée par Mélanie Thierry, dont la seule présence à l’écran est un ravissement.

LA NOTE : 9,5/10

Fiche technique :
Réalisation : Diane Kurys
Scénario : Diane Kurys
Musique : Armand Amar
Montage : Sylvie Gadmer
Photographie : Gilles Henry
Producteur : Alexandre Arcady et Diane Kurys
Directeur de la production : Philippe Guez
Production : Alexandre Films, Rhône-Alpes Cinéma et EuropaCorpDistribution : EuropaCorpPays : FranceDurée : 110 minutes

Casting :
Benoît Magimel : Michel
Mélanie Thierry : Lena
Nicolas Duvauchelle : Jean
Sylvie Testud : Anne
Denis Podalydès : Maurice
Julie Ferrier : Tania
Clotilde Hesme : Madeleine
Clément Sibony : Sacha