
J’ai notamment pu participer activement à ce débat lors du dernier Conseil Municipal de Viroflay, où nous avons discuté du projet de loi créant une instance de gouvernance à l’échelle de l’aire urbaine de Paris. Si bien des critiques peuvent être formulées contre ce projet, j’ai été choqué par l’étroitesse des arguments avancés par mon Maire pour s’y opposer. Seul lui importe la conservation de ses prérogatives attachée à son mandat. Aucun recul, aucune volonté de trouver enfin des solutions aux grands déséquilibres que connait notre Région et à l’insuffisance chronique de construction de logements. Les élus municipaux sont ceux qui détiennent le pouvoir dans le domaine de l’urbanisme, ces échecs sont donc les leurs. Mais ils étaient difficiles pour eux de réussir puisqu’on leur demande de traiter un problème qui se pose à une échelle supérieure à la leur.
Ceci montre à quel point une réforme territoriale profonde doit se faire contre ceux qui possèdent le pouvoir au niveau local. On parle ici des élus, mais aussi des administrations, des organismes, des services, bref tout ceux qui verraient leur quotidien bouleverser par de profonds changements. Or le changement, voilà quelque chose qui se heurte toujours à de fortes résistances. Et il est d’autant plus difficile de les surmonter que ceux qui en expriment possèdent du pouvoir et de l’influence. Le salut pourrait venir des citoyens, mais le référendum en Alsace sur la fusion possible des deux départements a également montré que le changement est avant tout souhaité, surtout s’il a lieu chez le voisin. On peut cracher tant qu’on veut sur les élus, force est de constater que les électeurs adoptent des comportements tout à fait similaires.
Une réforme en profondeur de la gouvernance territoriale est donc un long et difficile combat. La loi portée par Marilyse Lebranchu constitue une avancée très en deçà de ce qui serait nécessaire. En ces temps politiques difficiles, la majorité actuelle ne peut pas se mettre à dos la foule des élus locaux. Il y a là pourtant de grandes sources d’économie, de gain d’efficacité et de compétitivité pour notre pays. Des évolutions que tous les responsables appellent de leurs vœux… du moment que ce n’est pas au prix de la moindre diminution de leur petit pouvoir personnel.

Par contre, ce qui pêche vraiment dans World War Z, c’est sa conclusion. Comme dans tous les films du genre, les moments le plus jouissifs dont ceux où règnent la destruction et le chaos. Par contre, l’explication pseudo-scientifique du comment l’humanité arrive à surmonter tout ça est quand même ici à la grand limite du hors-jeu et n’arrive pas du tout à convaincre. Certes, cela peut paraître accessoire (rien ici n’est réaliste de toute façon), mais cela constitue tout de même le but ultime des agissements du héros. Cela n’enlève rien aux aspects visuels spectaculaires, mais nous empêche d’entrer vraiment dans cette histoire qui n’aura pas trop demander d’effort aux scénaristes.

Personnellement, je retiendrai avant tout la qualité des personnages. Le potentiel comique de Gru prend ici toute son ampleur puisqu’il peut assumer dès le début toute sa richesse et sa complexité, tiraillée entre des réflexes d’ancien vilain et son amour immodéré pour ces trois petites orphelines. Ces dernières sont d’ailleurs encore plus adorables et attachantes que dans le premier volet. Elles sont vraiment au cœur de la réussite de Moi, Moche et Méchant 2. Enfin, l’agent Lucy apporte une touche féminine adulte qui manquait et qui complète à la perfection ce joli tableau. Mais la grande star reste quand même les minions, créature au potentiel comique incroyable et qui nous arrachent ici des dizaines et des dizaines d’éclats de rire.
Le Congrès est donc un petit OVNI cinématographique vraiment original et rafraîchissant, le tout porté par le talent et le charisme de Robin Wright.

Mais le grand mérite de The Bay est d’échapper à la surenchère visuelle. On ne voit quasiment rien, à part dans le dernier quart d’heure nettement plus gore. Mais cela n’empêche nullement la tension de monter rapidement, bien au contraire. Ne pas voir le mal le rend d’autant plus inquiétant et mystérieux. Ce principe de base, pour ne pas dire basique, est souvent oublié, mais c’est nullement le cas ici. Du coup, le film fonctionne à la perfection, même si on peut trouver l’exercice un peu vain, malgré le discours assez écolo. On est plus mal à l’aise qu’on a vraiment peur, mais en tout cas le résultat ne laisse pas indifférent. A l’image de Sam Raimi (depuis qu’il a accès à des budgets dignes de son talent), Barry Levinson arrive à conserver tout le charme des films d’horreur d’antant, tout en y ajoutant son vrai talent de cinéaste.
En fait, on sent bien la patte de Nolan malgré tout, dans la volonté de donner de l’épaisseur, de la noirceur et une certaine forme d’ambiguïté morale aux personnages. Mais il n’assure pas le service après vente, du coup le reste ne suit pas. David S. Goyer et Zack Snyder n’ont pas le début du quart de son talent et Man of Steel est presque aussi mauvais que 300 ! De toute façon, que pouvait-on attendre d’un Superman qui ne porte plus son slip sur son collant ?
Joséphine fait vraiment la différence grâce à ses personnages. Déjà parce que chacun pourra facilement s’identifier à l’un d’entre eux. Si l’héroïne a un côté Bridget Jones, elle ne part pas à la conquête d’un avocat, défenseur des droits de l’homme et beau comme un Dieu, mais à l’assaut d’un mec qui, dans la vraie vie, passe souvent inaperçu. On est donc là devant une comédie romantique qui pourra plaire et parler aux hommes.
Du coup, les effets spéciaux splendides et la mise en scène un minimum travaillée de JJ Abrams laissent totalement froid. Star Trek, Into Darkness ne fait pas honneur à la légende de la série. Seule la relation ambiguë entre Kirk et Spock aurait pu apporter un peu de piment à ce plat d’une fadeur absolue. Mais rien ne vient bousculer le côté désespérément lisse de ce divertissement hollywoodien au très mauvais sens du terme.
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