LA VICTOIRE EST EN LUI… LA VICTOIRE EST EN NOUS

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francoishollande3Je profite des dernières minutes où j’ai le droit de le faire pour livrer un dernier article avant le premier tour de l’Election Présidentielle. Un article que je ne devrais peut-être pas écrire puisque « non, rien n’est joué ! », « il ne faut surtout pas relâcher la mobilisation », « en ayant l’air de crier victoire trop vite on fait le jeu de la droite… ». Mais malgré ma grande imagination et sans avoir l’impression de succomber à mon optimisme légendaire, je ne pense pas prendre beaucoup de risques en affirmant que, oui, François Hollande va remporter l’élection présidentielle.

Il y a cinq ans, je n’étais pas encore militant au parti socialiste et encore moins élu. Il y a cinq ans, je suivais quotidiennement les sondages, je guettais le moindre signe de redressement, le moindre frémissement, combien n’était il que 0,5%. Mais au fond, je le savais, je savais que c’était déjà perdu et même si ce n’est devenu une certitude qu’au soir du débat de l’entre-deux-tours, une part de moi-même savait déjà ce qui nous attendait. Il en est de même cette fois-ci, mais je sais que c’est la victoire qui nous attend.

Je sais que la modestie est censée être une vertu socialiste, mais je n’ai pas peur de dire que François Hollande va remporter l’élection présidentielle parce qu’il l’a mérité, parce que nous l’avons mérité. Cette victoire sera évidemment avant tout la sienne. Je ne faisais pas partie des gens qui imaginaient cela envisageable. Je ne dis pas possible, je dis bien envisageable. De mon point de vue, cela ne faisait même pas partie de l’univers des possibles. J’étais le premier à me moquer de la certitude qu’il affichait, la trouvant ridicule, risible. Il avait raison, j’avais tort.

Les seules choses qui n’ont aucune chance d’arriver sont celles auxquelles on renonce, celles que l’on ne tente même pas. François Hollande vient de le démontrer. Il l’a démontré surtout en suivant toujours le même cap, en proposant encore et toujours les mêmes priorités, les mêmes idées. Jeunesse, justice fiscale, cela semblait léger et bien naïf face à tous ceux qui sont persuadés que les élections ne se gagnent que par une mise en scène de soi spectaculaire et constante. Le personnage était supposé trop lisse, trop mou, trop incompétent et les esprits qui se croyaient brillants qui lui ont été opposés ont pensé ne faire qu’une bouchée de cet homme à qui ils auraient du pourtant envier l’humour et l’esprit. Le parcours de François Hollande n’est pas une nouvelle version du lièvre et de la tortue, mais la simple preuve que marcher toujours en ligne droite avec détermination et obstination reste encore le meilleur moyen d’aller loin.

Alors oui, François Hollande mérite la confiance que s’apprête à lui faire les Français. J’avais envie de dire pleinement, mais elle pourra être totalement pleine que lorsque les résultats seront là. N’oublions jamais qu’une élection n’est jamais une fin en soi, même si, sans elle, vous ne changerez jamais quoique ce soit.

La victoire de François Hollande sera aussi la nôtre. La nôtre, élus locaux de gauche. Bon, je sais, je ne suis qu’un modeste conseiller municipal d’opposition dans une vie très à droite et je sais bien que je n’ai que peu d’impact sur le quotidien de mes concitoyens. Mais dans les Régions, les Départements, les Intercommunalités et les Communes, ils sont nombreux à se battre pour maintenir ce lien social collectif que la droite au pouvoir fait tout pour détruire au niveau national. Leur rôle est souvent ingrat, ils récoltent plus de récriminations que de mercis, du « tous pourris » de ceux qui ignorent tout de leur action quotidienne. Mais ils continuent, ils tiennent bon et ils espèrent que demain le retour de la gauche au pouvoir leur redonnera enfin toutes les armes pour accomplir leur mission.

La victoire de François Hollande sera aussi la nôtre. La nôtre, militants du Parti Socialiste. Je sais que la distribution de tracts par grand froid ne donne pas droit à une médaille et n’apporte souvent que peu de voix au final. Mais ne je pouvais pas ne pas rendre hommage à tous ceux que je côtoie depuis que j’ai adhéré au Parti Socialiste. Ces hommes et ces femmes habités d’un même idéal, prêts à donner leur énergie, leur temps, leur argent pour le faire vivre. Bref, ces gens bien, dont je suis fier de partager le combat, qui m’apportent tant, qui m’enrichissent , qui forcent mon admiration par les engagements associatifs et syndicaux qu’ils exercent par ailleurs et qui eux aussi auront bien mérité cette victoire.

François Hollande doit gagner, va gagner. Parce que la France le vaut bien.

BLANCHE NEIGE : Incroyable gâchis

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blancheneigeafficheLe cinéma français a eu ses deux remakes de la Guerre des Boutons, sortis à quelques semaines d’intervalle. Hollywood va avoir son double Blanche Neige. On se demande vraiment si c’est une épidémie de manque d’imagination chez les scénaristes. Enfin, après tout, dépoussiérer des vieux mythes peut s’avérer parfois tout à fait salutaire. Tim Burton l’a parfaitement fait avec Alice au Pays des Merveilles. Tarsem Sing s’est par contre bien planté.

Une jeune orpheline nommée Blanche Neige. Une belle-mère devenue reine, mais surtout un peu sorcière. Un miroir magique. Une forêt. Sept Nains. Et naturellement un Prince, beau comme il se doit. Bref, vous connaissez déjà l’histoire…

Blanche Neige, au-delà d’être objectivement un mauvais film, est surtout un formidable gâchis. Un gâchis parce qu’incapable de valoriser ses points forts, à cause d’un conformisme désespérant. Je mentirai si je disais que je me suis ennuyé pendant ce film. Mais il se termine par un tel déluge de politiquement correct et de happy end à la con, que l’on en ressort passablement dégoûté. Si on a souvent disserté sur la faculté de Disney à édulcorer la noirceur des contes jusqu’à les dénaturer, ce n’est rien par rapport à ce qu’accompli le dernier quart d’heure de cette niaiserie cinématographique.

Pourtant, Tarsem Sing avait toutes les cartes en main pour donner une seconde jeunesse à ce conte. Déjà, les moyens financiers car visuellement le film est impeccable. Bon, ce n’est pas hyper créatif et loin de la personnalité d’un univers à la Tim Burton, mais au moins c’est cohérent et pas du tout kitch. Les scènes d’action sont relativement bien menées, avec notamment un duel entre Blanche Neige et le prince qui demeure un des rares bon moments du film. Par contre, le duel final entre les gentils et un méchant dragon reste un summum de platitude, comme si toutes les bonnes idées avaient été épuisées avec la précédente séquence.

Blanche Neige mise beaucoup sur l’humour, si bien qu’il flirte vraiment avec la parodie. Mais il ne choisit vraiment jamais franchement le ton qu’il souhaite adopter. Cela aurait pu être source de richesse, c’est au final tout le contraire. Jamais le film ne va au bout de ses idées, qui restent du coup totalement inintéressantes. C’est parfois drôle, mais c’est aussi souvent lourdingue. Les plus jeunes riront peut-être de bon cœur, les adultes cèderont parfois à la consternation.

En fait, là où le film sombre vraiment, c’est dans la manière dont il revisite les personnages. Sur Blanche Neige pas grand chose à dire, elle est sans doute la plus conforme à ce qu’on connaissait déjà. Le prince est par contre désespérant de platitude conformiste. Comment la jeune fille peut-elle tomber amoureux de ce bellâtre sans intérêt ? On lui pardonnera, vu qu’elle n’est guère sortie du château et n’a donc pas beaucoup d’éléments comparaison. Les nains sont vraiment à l’image du film. Il y a quelques bonnes idées : les nouveaux noms, les caractéristiques plus modernes… Mais encore une fois, tout cela est très mal exploité, souvent lourdingue et tous les éléments qui auraient pu se révéler un tantinet provocateurs sont développés avec le frein à main.

blancheneigeBlanche Neige est parfaitement résumé par le traitement du personnage de la Reine. D’un côté, le film la transforme en sorcière beaucoup plus stupide que machiavélique. Cela aurait pu finalement se révéler pertinent si le ton avait été franchement à la parodie. Comme ce n’est pas le cas, le personnage et bancal et tout sauf convaincant. D’un autre côté, l’interprétation de Julia Roberts est fantastique. Elle met tout son talent, toute son énergie et aurait presque pu sauver le film à elle toute seule, si seulement la tâche n’avait pas été si herculéenne. Tant de talent gâché, ça vous donne des regrets et a de quoi vous mettre en colère.

Le meilleur moment de Blanche Neige est au final son générique de fin. Non parce que le calvaire est enfin fini, mais surtout parce qu’il nous livre le seul moment un peu original et surprenant. La cour qui se met à danser sur une musique bollywoodienne. Une nouvelle preuve qu’avec juste un tout peu plus d’audace et d’imagination, ce film aurait pu constituer une bonne surprise. Espérons que le prochain Blanche Neige et le Chasseur soit d’un tout autre acabit.

Fiche technique :
Production : Citizen Snow Film, Goldmann Pictures, Misha Films, Rat Entertainment, Relativity Media, Yuk Films
Distribution : Metropolitan FilmExport
Réalisation : Tarsem Singh
Scénario : Marc Klein, Jason Keller, Melisa Wallack, d’après le conte des frères Grimm
Montage : Robert Duffy, Nick Moore
Photo : Brendan Galvin
Décors : Tom Foden
Musique : Alan Menken
Costumes : Eiko Ishioka
Durée : 105 mn

Casting :
Julia Roberts : La Reine
Lily Collins : Blanche Neige
Armie Hammer : Le Prince Alcott
Nathan Lane : Brighton
Mare Winningham : Baker Margaret
Michael Lerner : Le Baron
Sean Bean : Le Roi

RADIOSTARS : Personnages attachants et humour drôle

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radiostarsafficheDes potes, un roadtrip, voilà de quoi faire un film. Une recette assez commune, mais qui peut parfaitement fonctionner quand les ingrédients se marient avec bonheur. Pas forcément de quoi faire le film de l’année, mais au moins nous faire passer un bon moment. C’est exactement le cas de Radiostars, un film bien meilleur que ce que l’on pouvait imaginer. Une comédie sympathique et distrayante.

Le Breakfast club est le morning numéro 1 des radios françaises. Il est présenté par trois joyeux lurons dont le leader, Arnold, est dans le viseur de sa direction, car incontrôlable. Mais tant qu’il est numéro 1, on ne peut rien lui dire… Sauf que l’émission finit par passer en deuxième position en termes d’audience. Ils sont alors envoyés faire la tournée des villes de France en guise de grandes vacances. Dans cette aventure, ils embarquent avec eux Ben, jeune humoriste tout juste revenu de New York.

Un tel film ne peut fonctionner que s’il s’appuie sur deux piliers solides : des personnages sympathiques d’un côté, de l’humour drôle de l’autre. Si un seul des deux est présent, le résultat sera bancal et sera vite oublié. Radiostars a le grand mérite d’être bâti sur deux axes très réussis et surtout parfaitement complémentaires. Typiquement le film qui est plus que la somme de ses parties et qui du coup enthousiasme bien plus que ce qu’il devrait.

Radiostars nous propose quatre personnages principaux et trois un peu plus secondaires. Ils jouent tous un rôle bien différent, mais échappent largement à la caricature et à l’archétype. Romain Levy est arrivé à leur donner vraiment une identité propre qui fait qu’on fini tous par les aimer, mais pour des raisons très différentes. C’est sans doute là le vrai petit plus qui fait que l’on peut avoir très facilement un vrai coup de cœur pour ce film. Ils ne sont pas artificiellement complexes, pas particulièrement singuliers, mais simplement humains et sympathiques.

Ensuite, Radiostars est simplement drôle. Pas hilarant, mais toujours drôle. Il n’y a pas de baisse de régime, de moment plus faible à ce niveau-là. Le comique reste souvent situationnel, même si beaucoup de répliques nous arrachent de vrais éclats de rire. Le tout fait que l’on garde le sourire aux lèvres pendant toute la durée du film. Jamais vulgaire, flirtant mais vraiment de loin avec le lourdingue, l’humour est à l’image des personnages : proche de celui de vous et moi… en un peu mieux quand même je vous rassure.

radiostarsAprès reste une vague intrigue, mais ce n’est pas évidemment le plus important dans un roadmovie. Cependant, le tout est assez bien mené pour que l’on apprécie le dénouement comme une vraie fin à cette histoire. La véritable tension narrative ne survient qu’à la fin, mais on est largement rentré assez profondément dans l’histoire pour vraiment la vivre pleinement. Après, il y a toutes les petites histoires personnelles de chacun, qui ne font pas une grande histoire, mais on est assez attachés à chacun d’eux pour là-aussi prendre vraiment les choses à cœur.

Radiostars offre quatre beaux rôles à quatre beaux acteurs. Clovis Cornillac, Douglas Attal et Pascal Demolon sont très bons et participent pleinement à la réussite de ce film. Cependant, la vraie révélation reste Manu Payet dont le jeu aussi prend ici une autre dimension, prouvant encore une fois que les comiques, correctement dirigés, se révèlent souvent être de très grands acteurs.

Radiostars fait donc souffler un vent de fraîcheur sur ce printemps. Une fraîcheur bien plus agréable que celle provoquée par le vent du Nord qui souffle dehors. Une bonne raison pour aller au cinéma voir ce film.

Fiche technique :
Production : Mars films, Les productions du Trésor, Chaocorp, Picseyes
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Romain Levy
Scénario : Romain Levy, Mathieu Ouillon
Montage : Stéphane Couturier
Photo : Laurent Tangy
Décors : Nicolas de Boiscuillé
Musique : Robin Coudert
Durée : 100 mn

Casting :
Manu Payet : Alex
Clovis Cornillac : Arnold
Douglas Attal : Ben
Pascal Demolon : Cyril
Benjamin Lavernhe : Smiters
Côme Levin : Jérémie
Zita Hanrot : Jennifer
Sam Karmann : J.R. Jablonski
Ana Girardot : Sabrina

AU BOUT DE L’ENNUI

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lyonomHier soir, se tenait un événement phare pour le football français, la finale de la Coupe de la Ligue. Une compétition qui, rappelons-le, n’est ouverte qu’aux clubs professionnels, qu’à la crème, qu’à l’élite. En plus, l’affiche était plutôt prometteuse entre deux 8ème de finaliste de la Ligue des Champions. Bref, presque une finale européenne. Malheureusement, les étoiles sont restées sur le drapeau…

Le match d’hier soir a représenté un calvaire affligé à tous ceux qui ont eu la malchance de le regarder. Jusqu’au bout de l’ennui, comme disait Xavier Gravelaine au micro. D’habitude, les commentateurs ont tendance à nous survendre un spectacle médiocre, histoire que le spectateur ne zappe pas. Mais là, c’était impossible de défendre ce que nous ont montré les deux équipes. Affligeant, presque une insulte à tous ceux qui ont eu la malchance de payer un billet pour assister à une telle parodie. Alors que la France vient de passer derrière le Portugal à l’indice UEFA, on se demande bien en fait comment elle peut être encore si haut en alignant de telles équipes…

Le problème est bien sûr avant tout mental. Côté Lyonnais, les mêmes joueurs ont réussi à produire le merveilleux spectacle d’un Lyon-PSG, achevé sur un 4 partout inoubliable. Ce sont évidemment aussi les mêmes joueurs qui nous avaient déjà livré une parodie de football à Nicosie. On dit souvent que l’enjeu tue le jeu. C’est un lieu commun certes, mais quand on voit jouer le Lyon actuel, on se dit qu’il tue aussi la qualité technique individuelle. Tant de passes ratées hier soir !

Alors, est-ce nos joueurs qui ne savent plus gagner ? Se montrent incapables de jouer dès que la moindre pression pèse sur leurs épaules ? Ou bien est-ce leurs entraîneurs qui, à force de leur imposer des systèmes tactiques dont le seul but est de ne pas prendre de risque, leur imposent de jouer avec le frein à main tellement serrée qu’ils en perdent leur latin ? Je ne sais pas, mais en attendant, qu’est ce qu’on s’emmerde…

TWIXT : Plaisir pas vraiment partagé

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twixtafficheA 73 ans, Francis Ford Coppola a décidé de ne plus faire que des films plutôt intimistes avec lequel il se fait plaisir. C’est bien son droit après tout et surtout après une telle carrière. D’ailleurs, sa dernière très grosse production remonte à 1992 avec Dracula. Cependant, cela ne n’empêcherait pas de faire des films qui présentent un minimum d’intérêt. Car après un Homme Sans Age, absolument incompréhensible, et un Tetro qui laissait quelque peu perplexe, il revient à Twixt, un film vaguement de vampire, vaguement d’horreur, qui ne soulève une nouvelle fois guère l’enthousiasme.

Hall Baltimore est un romancier spécialisé dans les histoires de sorcellerie. Mais sa carrière est en déclin. Lors d’une séance de dédicaces dans un petite ville du fin fond des Etats-Unis, il tombe sur son seul fan du secteur, le shérif du coin. Ce dernier lui explique qu’il écrit lui-même et lui propose de rédiger tous les deux un roman sur ce qu’il croit être le serial-killer local. Il’ l’emmène d’ailleurs à la morgue de la ville, où le cadavre d’une jeune fille attend le passage du légiste. L’écrivain décline dans un premier temps la proposition, mais un rêve mystérieux va le faire changer d’avis.

On peut faire un bon film avec un scénario incompréhensible. Sinon David Lynch n’aurait pas connu une telle carrière. Cependant, l’exercice a ses limites et si on perd le spectateur, il va vite tomber dans un désintérêt total. Twixt nous laisse perplexe pendant toute sa durée. On attend éventuellement que le dénouement vienne donner un peu de sens à l’ensemble. C’est exactement le contraire qui se produit et du coup, on en ressort sur un vrai sentiment de déception.

En fait, j’ai beau remuer les choses dans tous les sens, le scénario de Twixt n’a tout simplement pas grand intérêt. Son côté ésotérique est malheureusement faussement poétique. Le suspense n’en est pas un, vu que l’on ne comprend même pas quel est l’enjeu. Il est structuré autour de plusieurs couches qui s’entrecroisent, mais aucune n’arrive vraiment à nous faire entrer dans cette histoire plus obscure que mystérieuse. Bref, on s’ennuie…

A côté de ça, Twixt reste quand même merveilleusement bien réalisé. Les deux ambiances visuelles entre rêves et réalités affichent toutes les deux une vraie personnalité, signe d’une maîtrise artistique hors du commun. Un grand est derrière la caméra et ça se sent. Cela aurait pu donner une formidable dimension à ce film si le scénario avait été vraiment percutant. Là, cela tourne à l’exercice de style un peu vain. De l’art pour l’art, mais puisqu’il n’a guère de sens, n’arrive absolument pas à soulever la moindre étincelle d’enthousiasme chez le spectateur.

twixtTwixt a divisé la critique. Il est vrai que si vous arrivez à entrer dans cette histoire, vous pourrez trouver ce film sublime. C’est l’effet tout ou rien. Bon, vous aurez bien compris où je me situais personnellement. Après à chacun de se faire son opinion. De toute façon, Francis Ford Coppola a toujours signé des œuvres qui ne laissent pas indifférents qui possèdent de nombreux adeptes, mais aussi des détracteurs vindicatifs.

Twixt permet de revoir à l’écran Val Kilmer. Il fait du Val Kilmer, c’est à dire qu’il interprète son rôle sans être particulièrement expressif. Lorsque George Clooney lui avait succède dans le costume de Batman, il avait déclaré « si Val Kilmer l’a fait, tout le monde peut le faire… ». A ses côtés, Bruce Dern et Ben Chaplin sont nettement plus intéressants. Mais la vraie star reste la jeune Elle Fanning, déjà vue dans Somewhere (de Sofia Coppola) et dans Super 8.

Avec Twixt, Francis Ford Coppola s’est certainement fait plaisir. Par contre, il ne me l’a pas fait spécialement.

Fiche technique :
Production : American Zoetrope
Distribution : Pathé distribution
Réalisation : Francis Ford Coppola
Scénario : Francis Ford Coppola
Montage : Kevin Bailey, Glen Scantlebury, Robert Schafer
Photo : Mihai Malaimare Jr.
Décors : Katherine Covell
Musique : Dan Deacon, Osvaldo Golijov
Costumes : Marjorie Bowers
Durée :
89 mn

Casting :
Val Kilmer : Hall Baltimore
Bruce Dern : Bobby LaGrange
Ben Chaplin : Edgar Allan Poe
Elle Fanning : V
Joanne Whalley : Denise
Davis Paymer : Sam Malkin

SUR LA PISTE DU MARSUPILAMI : Houba houba pas top, mais pas flop non plus

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surlapistedumarsupilamiafficheAprès avoir fait vivre, avec une immense réussite, l’univers de René Goscinny avec Asterix et Obelix, Mission Cléopatre, Alain Chabat s’attaque cette fois à celui d’André Franquin, le papa de Spirou et de Gaston Lagaffe, avec Sur la Piste du Marsupilami. Il était sûrement l’homme de la situation, même si le résultat final est très inégal.

Dan Géraldo est un grand reporter, mais dont l’audimat a tendance à flancher. Sa patronne lui lance donc un ultimatum et l’envoie en Palombie, là où il avait réalisé son premier reportage. Il doit y retrouvé Pablito, moitié vétérinaire, moitié escroc, qui doit le mettre en contact avec le chef d’une mystérieuse tribu. Les deux hommes vont être entraînés dans une aventure inattendue, sur fond de prophétie et sur les traces d’un animal « qui n ‘existe pas mais qui n’existe ».

Les critiques à propos de Sur la Piste du Marsupilami ont souvent souligné le début un peu poussif de ce film. Je trouve que leur notion de début est assez large : un tiers, une moitié, les deux tiers… Bon, il est vrai que les choses s’accélèrent progressivement avant une dernière demi-heure qui décolle enfin. Globalement ce film propose le meilleur, mais aussi le pire de l’humour Nul. Une suite un peu décousue de gags plus ou moins efficaces, qui ressemblent souvent à un grand n’importe quoi. Une recette qui marchait très bien sur petit écran et dans des formats courts, mais qui touche ses limites sur le grand avec un long métrage.

Le meilleur tient dans des répliques potentiellement cultes, qui font mouche et qui nous feraient presque oublier tout le reste. Mais Sur la Piste du Marsupilami restera surtout dans les mémoires pour LE moment de bravoure comique de l’année. Même si nous ne sommes qu’en avril, on peut déjà l’annoncer. Une prestation inoubliable signée Lambert Wilson ! Il serait dommage de dire quoique ce soit de plus, mais rien que pour ces trois minutes de pur bonheur, ce film mérite d’être vu.

Alain Chabat n’a pas non plus son pareil pour nous proposer des personnages lunaires, qui emportent immédiatement la sympathie. Bien sûr, ils contribuent à cette impression de manque de maîtrise. L’ancien Nul n’est clairement pas le plus grand spécialiste de la direction d’acteurs et laisse un peu trop ses interprètes, et lui-même pas la même occasion, cabotiner un maximum, faisant perdre son rythme au film. D’un autre côté, cela apporte une certaine poésie qui colle assez bien avec l’univers de Franquin, où de Gaston Lagaffe au Professeur Champignac, les personnages lunaires sont légion.

Sur la Piste du Marsupilami est aussi une sorte d’hommage aux grands films d’aventures populaires. Mais l’équilibre avec l’humour souffre du manque évident de maîtrise de la réalisation. Du coup, les deux aspects se superposent, sans réelle synergie. Or, c’est quand l’intrigue proprement dite gagne en rythme et en consistance que le film devient bien meilleur. Cela cadre un minimum les choses et fait enfin ressembler le film à un long métrage, plutôt qu’à une succession de sketches télévisés. Dommage que cela survienne si tardivement.

surlapistedumarsupilamiUn mot enfin sur la bête elle-même. Plus largement, Sur la Piste du Marsupilami est visuellement très réussi, absolument pas kitch ou cheap. Le Marsu est lui même adorable et très expressif et les scènes où il se bat sont très convaincantes. Et ceux qui, comme moi, ont toujours eu un faible pour l’album de Spirou « le Nid du Marsupilami » seront émus de le voir prendre vie sous leurs yeux. Les moyens ont été mis, l’œuvre d’André Franquin valait bien ça. Après, comme pour Lucky Luke, cela ne signifie pas pour faire un grand film.

Les deux grandes stars de Sur la Piste du Marsupilami sont donc au final Lambert Wilson et le Marsu lui-même. Bon, Alain Chabat et Djamel Debouzze sont ceux qui restent de loin les plus longtemps à l’écran, mais ils se contentent simplement de réciter ce qu’ils savent faire de mieux. C’est déjà pas mal, mais pas suffisant pour surprendre et enthousiasmer. Fred Testot et Patrick Timsit s’en donnent par contre à coeur-joie et leur énergie est vraiment communicative.

Au final, Sur la Piste du Marsupilami n’est ni vraiment réussi, ni tout à fait raté. Il constitue un divertissement agréable où les vraiment moments de pur bonheur font oublier les nombreux passages beaucoup plus faibles.

Fiche technique :
Production : Chez Wam, Pathé, TF1 Film production
Distribution : Pathé distribution
Réalisation : Alain Chabat
Scénario : Alain Chabat, Jeremy Doner, d’après l’oeuvre de André Franquin
Montage : Marilyne Monthieux
Photo : Laurent ailland
Décors : Olivier Raoux
Musique : Bruno Coulais
Effets spéciaux : BUF Compagnie, BeDigital
Durée : 105 mn

Casting :
Jamel Debbouze : Pablito Camaron
Alain Chabat : Dan Geraldo
Fred Testot : Hermoso
Lambert Wilson : Général Pochero
Patrick Timsit : Caporal
Géraldine Nakache : Pétunia
Aïssa Maïga : Clarisse
Jacques Weber : Papa
Liya Kebede : Reine Paya

TITANIC : 3D, 2D, on s’en fout, seule demeure la légende

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titanicafficheIl y a les films. Puis il y a les bons films. Ensuite les grands films. Et enfin, il y a les films qui se situent au-delà de tout ça. Les films qui vous rappelle pourquoi vous pouvez aimer si passionnément le cinéma. Les années passant, ils deviennent ce qu’on appelle des classiques, continuant d’émerveiller générations après générations. Titanic fait incontestablement partie de ces films-là. Alors avoir l’occasion de le revoir sur grand écran est une chance qu’il ne faut pas laisser passer.

Jack Dawson gagne sa place sur le Titanic quelques minutes avant le départ, à l’occasion d’une partie de poker. Sur le bateau, il sauve Rose du suicide. La jeune femme, passagère de première classe est la fiancée d’un riche héritier qu’elle méprise. Mais sa mère, désargentée, compte sur ce mariage pour survivre. Malgré le dilemme, des sentiments que rien ne pourra arrêter vont naître entre Rose et Jack. Que rien ne pourra arrêter, sauf peut-être un célèbre iceberg.

Bon, commençons par un mot sur la 3D. Personnellement, je trouve que c’est comme la galette, c’est bon quand c’est bien fait. Ca a l’avantage de mettre en valeur les arrières-plans en leur donnant de la profondeur. Sauf que ce film se passe essentiellement soit en intérieur, soit avec l’océan à perte de vue en fond. Bref, la 3D est techniquement très réussie mais n’avait de toute façon pas grand chose à apporter.

Revenons donc au cœur du sujet. Titanic est un film Kisscool. Un film double effet. D’un côté, vous avez l’intrigue, cette histoire d’amour archi-classique, mais dans lequel on se laisse prendre grâce à ses personnages. James Cameron nous raconte une histoire éternelle mais qui n’a jamais lassé. De l’Iliade à Titanic, tant d’auteur nous ont compté des passions impossibles entre deux êtres que tout sépare. Le roi et la bergère, même si, ici, on est plutôt face à la reine et le berger. On n’est pas vraiment surpris par le fond de l’histoire, mais qu’importe, elle est trop bien racontée pour qu’on n’en tienne rigueur.

De l’autre côté, il y a bien sûr le décor. L’océan, un bateau, mais surtout un mythe, celui du Titanic. Là-aussi, quelque part, on est face à une histoire éternelle. Celle de la folie des grandeurs humaine qui finit toujours par se terminer en désastre. Ce paquebot fut une Tour de Babel moderne. La plus grande force de James Cameron est d’avoir su faire revivre ce mythe en mêlant son intrigue avec toutes les anecdotes déjà connues, comme l’orchestre qui joue jusqu’au bout. La petite et la grande histoire se mêlent. Bien sûr, quelques effets spéciaux ont un peu vieilli, notamment les survolés du bateau, où les passagers ont l’air de personnages de vieux jeux-vidéos. Mais tout cela est bien fugace et le décor de ce film continue d’émerveiller, de faire rêver, de fasciner.

titanicEnfin, le génie de Titanic tient dans le talent de James Cameron, qui n’est peut-être pas le plus grand réalisateur de l’histoire d’un point de vue purement artistique, mais qui a toujours été remarquablement imaginatif et inventif. Ce film est le seul à ma connaissance à contenir sa propre bande-annonce. La première partie où est présentée une reconstitution numérique du naufrage nous met à la bouche « Quoi ? Nous allons assister à ça, mais c’est incroyable ! ». Le spectateur brûle alors d’impatience et ne ressortira plus jamais du film. Désormais, on est peut-être moins facilement impressionné par les effets-spéciaux, mais la scène où le paquebot se retrouver à la verticale avant de sombrer définitivement reste une des plus spectaculaires de l’histoire du 7ème art.

Titanic restera à jamais dans nos mémoires, c’est aussi grâce à son duo d’acteurs. Bon, Leonardo Di Caprio était encore dans sa phase « j’ai une tête d’ado prépubère » qui m’horripilait franchement à l’époque. Mais le talent est déjà là et on comprend aisément que Rose puisse vouloir tout lâcher pour lui (surtout quand on voit ce qu’il l’attend par ailleurs). A ses côtés, l’immense Kate Winslet commençait une grande carrière qui lui a valu 5 nominations aux Oscars, bien qu’elle tourne finalement assez peu, avant d’être enfin récompensée pour The Reader. Sa présence à l’écran, son charisme, font d’elle la vraie seconde star de ce film… après le bateau bien sûr.

Quand on pense à Titanic, on ne sait pas quel est est son plus grand exploit. Celui d’être le film ayant fait le plus d’entrées dans l’histoire du cinéma en France ou bien celui de nous faire supporter Céline Dion pendant le générique de fin. Quoiqu’il en soit les deux sont la marque d’un film inoubliable.

Fiche technique :
Réalisation et scénario : James Cameron

Production : James Cameron et Jon Landau (producteurs) ; Rae Sanchini (producteur délégué) ; Al Giddings, Grant Hill et Sharon Mann (co-producteurs) ; Pamela Easley (productrice associée)

Musique: James Horner

Direction artistique : Martin Laing et Charles Dwight Lee, sous la supervision de Peter Lamont

Costumes : Deborah Lynn Scott

Photographie : Russell Carpenter

Sociétés d’effets spéciaux : notamment Digital Domain et Industrial Light & Magic

Son : Christopher Boyes

Montage : Conrad Buff, James Cameron et Richard A. Harris

Durée : 194 minutes

Casting :
Leonardo DiCaprio : Jack Dawson

Kate Winslet : Rose Dewitt Bukater jeune

Billy Zane : Caledon Hockley

Bill Paxton : Brock Lovett

Gloria Stuart : Rose Dawson Calvert âgée

Frances Fisher : Ruth Dewitt Bukater

David Warner : Spicer Lovejoy

Lewis Abernathy : Lewis Bodine

Danny Nucci : Fabrizio De Rossi

Suzy Amis : Lizzy Calvert

Jason Barry : Tommy Ryan

LE BON CHOIX

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francoishollande2Dans 10 jours aura lieu le premier tour de l’élection présidentielle. En tant que militant et élu socialiste, mon choix ne fait que peu de doute. Il pourrait y avoir là une forme de discipline, d’obligation, presque de contrainte. Je dois bien l’admettre, combien même la campagne aurait été désastreuse, j’aurais sûrement voté pour le candidat socialiste. Mais les 22 avril et 6 mai prochains, je mettrai mon bulletin François Hollande dans l’urne sans aucun doute sur la justesse et la pertinence de mon choix.

Pourtant, il y a encore un an, je n’imaginais pas une seule seconde qu’il puisse être candidat. Je n’imaginais même pas le soutenir pour la primaire qui me semblait jouée d’avance. Mais le Sofitel est passé par là. Avant cela, je ne voyais pas du tout le député de Corrèze dans le costume de Président, je l’admets volontiers. Je ne vais pas jouer le couplet du « je l’ai toujours su », « je l’ai toujours dit », parce que ce n’est pas vrai et certains camarades pourraient même rappeler que j’avais dit exactement l’inverse. Mais j’ai changé d’avis. François Hollande m’a fait changer d’avis.

J’ai choisi de soutenir François Hollande lors de la primaire socialiste pour deux raisons. Deux raisons qui ne font qu’une. Déjà parce qu’il le voulait vraiment et depuis longtemps. Nicolas Sarkozy y pensait en se rasant, François Hollande y pensait en faisant un régime. Mais la comparaison entre les deux hommes s’arrêtent là. En effet, pour obtenir l’investiture, le socialiste n’a pas mené une guerre politicienne au sein de son parti. Il n’a pas manœuvré, il n’a pas trahi. Je ne veux pas dire par là que François Hollande était un candidat hors système comme a pu l’être Ségolène Royal. Ses dix ans à la tête du parti lui ont laissé un puissant réseau de soutien sur lequel il s’est évidemment appuyé. Mais, ce qui a été décisif pour moi, c’est qu’il s’est présenté dès le premier jour comme le candidat qui porterait deux priorités : la justice fiscale et la jeunesse. C’était peut-être léger, embryonnaire, mais un an plus tard, ces deux idées sont encore celles qui dominent le programme soumis aux Français. En soutenant François Hollande dès l’été dernier, on pouvait déjà soutenir des orientations, une conception, un idéal, pas seulement (ou mais aussi, comme vous préférez) un homme, une personnalité, un ego, une ambition.

François Hollande, la girouette, voilà un reproche de la droite qui prouve qu’elle n’a peur de rien. Quel homme politique a tenu un cap aussi fermement sans s’en détourner aussi longtemps pour un tel enjeu ? Car ce cap a été défini alors que personne ne croyait en lui et c’est ce même cap qui guide aujourd’hui son programme. On est en droit de ne pas le trouver pertinent, insuffisant, pas à la hauteur des difficultés. Peut-être n’est-il pas sexy, vendeur ou séduisant. Peut-être n’est-il pas susceptible de susciter l’enthousiasme. Mais au moins est-il tracé par un homme qui vient de prouver qu’il était capable de le maintenir quoiqu’il arrive.

Avant d’aborder la pertinence des idées, je voudrais un peu parler de l’homme. Je sais, cela constitue presque une faute pour un militant socialiste qui ne doit jurer que par le débat d’idées. Mais évidemment cela compte et notre système électoral étant ce qu’il est, la personnalité des candidats reste un point crucial, que cela nous plaise ou non. D’ailleurs, c’est souvent à ce niveau-là que les critiques fusent : trop mou, trop lisse, venant de personnes qui n’ont le plus souvent qu’une connaissance très vague de son programme. Mais chacun vote sur les critères qu’il souhaite.

François Hollande n’est ni Nicolas Sarkozy, ni Jean-Luc Mélanchon. Il est plus rassurant qu’énergique. Plus caustique qu’agressif. Plus posé que spectaculaire. Mais ce que j’apprécie en lui, et ça bien avant la campagne présidentielle, c’est qu’il n’est pas clivant. Il n’est pas dans l’opposition des uns contre les autres, il ne désigne pas les gentils et le méchants, le blanc et le noir. Incapacité à trancher, manque d’autorité ? On peut voir les choses comme cela. J’ai été le premier à regretter qu’il ne décide pas l’exclusion de Laurent Fabius du Partie Socialiste au moment de la campagne sur le traité constitutionnel européen. Mais avec le recul, n’était-ce pas le meilleur choix à long terme ? Etait-ce surtout le choix le plus facile alors qu’une occasion en or de se débarrasser d’un rival lui était apporté sur un plateau ?

Nombreux étaient ceux qui pensaient suite aux primaires la campagne serait marqué à nouveau par les guerres intestines au Parti Socialiste, comme en 2007. Il n’en a rien été. Tout le monde tire dans la même direction et faut-il le rappeler encore une fois sur des orientations définies par François Hollande bien en amont. Tout cela sans qu’il n’y ait de démonstration d’autoritarisme, pas d’adversaire puni, exclu, isolé comme l’a été Dominique de Villepin à l’UMP. Ceci est-ce vraiment le signe d’une absence d’autorité ? D’un homme incapable de tenir ses troupes ? Incapable d’apparaître comme le leader ?

Il y a tous en nous un royaliste qui sommeille. Cette envie d’avoir un chef qui décide, un homme providentiel qui aura toujours la solution et dont les décisions s’imposeront sans contestation possible. On a vu ce que ça donnait avec Nicolas Sarkozy. François Hollande n’a pas cette conception du pouvoir. Peut-être parce qu’il ne peut pas l’avoir, mais au fond, qu’importe. Le 6 mai, les Français ne le choisiront pas comme Président de la République. Au mieux, 55% d’entre eux le feront. Et encore, en ne comptant que les suffrages exprimés. Pourtant, dès le lendemain, il sera le Président de tous les Français, qu’ils aient voté pour lui ou non. Ce détail est trop souvent oublié par les élus, quelque soit leur niveau (comme mon Maire par exemple…).

Sur le quotient familial, oui, François Hollande a renoncé. D’un point de vue purement cartésien, je le regrette. Mais on sentait bien que ce sujet allait diviser, blesser, susciter colère et indignation. Renoncer est évidemment aussi une manœuvre politique pour ne pas donner à l’adversaire un point d’appuis pour emporter l’adhésion. Mais la gauche l’a appris en 1984 avec la loi Savary. On ne peut gouverner contre une partie de sa propre population. Avoir la légitimité démocratique ne signifie pas que l’on n’a plus à prendre en compte l’opinion de la minorité qui ne vous a pas élu. Alors dans ce renoncement, je vois plus d’intelligence que de faiblesse. Je vois la promesses d’une mandature qui sera placé sous le signe de la construction, non de l’affrontement. Ou personne ne sera traité de « cancer de la société ». Ou le désaccord, naturel dans une démocratie, remplacera l’indignation et le sentiment de révolte.

La justice fiscale et la jeunesse donc. Car plus qu’un homme, ce sont des orientations que nous auront à choisir dans dix jours. Pourquoi choisir François Hollande ? Pourquoi choisir son programme ? Cette question, même en tant que militant socialiste, je me la suis posée. En fait, la vraie question est pour moi, pourquoi suis-je de gauche, et socialiste en particulier ? Et est-ce que ce qui est proposé correspond à ces convictions ?

Depuis que je fais activement de la politique, depuis que je suis élu, j’ai d’autant plus la conviction que le clivage droite/gauche n’a rien d’artificiel, qu’il vient bien de deux manières de penser radicalement différente. Après, sur des points très pragmatiques, on peut arriver à la même solution, mais ce n’est pas pour cela que le chemin pour y aboutir fut le même. C’est une vaste question et m’y lancer m’éloignerait forcément du sujet qui m’intéresse ici. Pour résumer, et forcément caricaturer j’en ai bien conscience, face à un problème, la droite cherchera à faire disparaître le symptôme quand la gauche soulagera le symptôme et chercher à faire disparaître la maladie. Pour prendre un exemple, un peu simpliste j’en conviens, la droite cherchera uniquement à faire baisser la délinquance par la répression, quand la gauche s’intéressera aussi à ses causes profondes et luttera contre la pauvreté et l’exclusion. Raccourci rapide peut-être, mais aux dernières nouvelles, je n’ai jamais été tenté, ni même eu l’occasion de devenir délinquant, tout simplement parce que j’ai eu la chance de naître dans un milieu relativement bourgeois et éduqué. C’est une chance et offrir cette chance au plus grand nombre doit être pour moi la vraie priorité pour lutter efficacement et durablement contre la délinquance.

En quoi le programme de François Hollande se situe-t-il dans cette logique ? Il est déjà important de distinguer les maladies des symptômes. C’est une question délicate car extrêmement dépendante du point de vue de celui qui la traite. Je vais donc le faire avec ma propre subjectivité, parfaitement assumée et que je ne prétends pas qu’elle constitue une vérité universelle et objective. Je traiterai ici deux « maladies » : les inégalités et la problématique du logement. Il y en a évidemment plein d’autres, sur des sujets que je maîtrise beaucoup moins bien (justice, santé, éducation…) et où je ne m’aventurerai pas.

Pourquoi ai-je parlé des inégalités et non pas du chômage, de la faiblesse de la croissance ou de la dette ? Il y a là une conviction toute personnelle, même si évidemment elle s’est forgée à la lecture d’esprits beaucoup plus brillants que le mien. Cette conviction pourrait être résumée par un proverbe chinois, ou plutôt, dans mon cas personnel, sa négation : « quand les riches maigrissent, les pauvres meurent de faim ». Cette idée, que tous les faits contredisent, est fondamentale dans une certaine idéologie libérale. Or c’est cette dernière qui a envahit l’Occident en particulier depuis Tatcher et Reagan. Nos sociétés s’évertuent depuis à casser tous les systèmes de régulations qui empêchaient l’argent de se concentrer encore et toujours entre quelques mains… et du coup, c’est exactement ce qui se passe.

Toutes les statistiques montrent une montée des inégalités depuis la fin des Trente Glorieuses. Et il est intéressant de mettre cela en parallèle avec la croissance et le chômage. A mesure que les inégalités croissent, ces indicateurs se dégradent. Ce simple constat ne signifie évidemment pas obligatoirement une corrélation et n’indique pas non plus quelle est la cause, quel est l’effet. Je ne vais pas rentrer ici dans une explication de ce type, je l’ai déjà fait dans d’autres billets. Simplement, je reste convaincu que c’est la montée des inégalités qui provoque un phénomène de « l’argent va à l’argent » qui appauvrit la base de la pyramide sociale et par la même occasion fragilise l’économie tout entière.

Que peut faire l’Etat pour lutter contre les inégalités ? Il a deux moyens d’action : les salaires et la fiscalité. Les premiers peuvent sembler constituer le levier idéal, le plus solide. En effet, il combat le mal vraiment à la source, alors que l’impôt n’apporte qu’une correction a posteriori. Mais tous les efforts dans ce domaine seront vains tant que le chômage sera si haut. La loi de l’offre et la demande reste encore la force économique la plus forte et tant qu’un déséquilibre existera, les salaires seront irrémédiablement tirés vers le bas. On peut promettre un SMIC à 1700 euros comme le fait Jean-Luc Mélanchon. C’est beau sur le papier, mais tout ce que l’on récoltera, c’est une inflation galopante !

Reste donc la fiscalité. Et dans ce domaine, le programme de François Hollande aborde enfin le problème dans sa dimension peut-être la plus technique, mais la plus fondamentale : celle des bases. J’ai déjà écrit deux article sur le sujet (Plutôt que le Taux, Basons-nous sur la Base et les Limite de la Valeur Travail), je ne vais donc pas y revenir. Le rapprochement entre l’impôt sur le revenu et la CSG ne fait peut-être pas rêver, ne sonne pas comme une promesse de lendemains qui chantent, mais elle constitue une des idées le plus intéressantes de cette campagne. Dommage que son caractère technique la rende invisible.

Corriger les inégalités ne sera évidemment pas suffisant pour nous assurer croissance et prospérité à long terme. On ne peut nier la mondialisation et la compétitivité est une notion que l’on ne peut ignorer. Or, la France a de formidables atouts dans ce domaine. Les Français ont la productivité/horaire la plus élevée au monde ! C’est à dire que quand un Français travaille une heure, il produit plus de richesses que n’importe où ailleurs. Cela constitue évidemment un élément sur lequel s’appuyer.

A côté de ça, il y a évidemment le coût de production de cette richesse. Il constitue un thème central de cette campagne. Là encore, le débat est de nature technique et du coup, les arguments avancés restent particulièrement superficiels. Il y a cependant bien là une ligne de fracture nette entre Nicolas Sarkozy et François Hollande. Le Président sortant veut nous rendre plus compétitif en abaissant le coût du travail. Or quand une usine est délocalisée, elle part pour un pays où ce dernier est 5 fois (Pologne) ou 10 fois (Chine) inférieur. Dans ce domaine, la partie est perdue d’avance, nous ne pouvons pas lutter. Ce ne sont pas les quelques ajustement proposés par la droite qui vont fondamentalement changer quoique ce soit. Au mieux, nous entrerons dans une logique de concurrence avec nos voisins européens, qui va se traduire par un dumping social, tirant toute l’Europe vers le bas, alors que des politiques coordonnées peuvent tout à fait l’éviter.

On oublie parfois de le rappeler mais la France reste un pays plus riche que la Chine et la Pologne. Notre productivité nous permet donc d’être plus efficace qu’une économie qui mise tout sur les bas salaires. Or cette productivité, qui explique que la France est un des pays au monde où les investissements étrangers sont les plus élevés, rappelons-le, tient notamment de la qualité de notre main d’œuvre (à prendre au sens large, c’est à dire y compris cadres, chercheurs, etc…) et donc de notre système éducatif. Si ce dernier continue son déclin, par manque d’investissement, nous perdrons notre plus grand atout.

La priorité donnée par François Hollande à l’éducation, et plus globalement à la jeunesse, est donc particulièrement pertinente. Elle revient à lutter avec nos armes, notre force et non pas à nous aventurer sur un terrain dont nous ne pouvons sortir que perdants et appauvris. Elle n’empêche pas de développer d’autres atouts, comme un tissu de PME plus solide. Ce dernier fait la vraie force de l’Allemagne (et non un coût du travail plus faible que chez nous) et le propositions de François Hollande allant dans ce sens m’apparaissent apporter une vraie réponse s’attaquant une nouvelle fois au fond des problèmes.

Voilà pourquoi avoir défini la justice fiscale et la jeunesse comme les deux grandes priorités a emporté mon adhésion et au-delà des mesures concrètes et pragmatiques, qui seront du ressort du gouvernement et du Parlement (on l’oublie trop souvent avec Nicolas Sarkozy), me donne à penser que placer François Hollande à la tête du navire France, c’est choisir le capitaine qui a fixé le bon cap.

Que les lecteurs fatigués s’arrêtent là, je leur pardonnerai. Je serai déjà content si quelqu’un arrive jusque là. Comme évoqué plus haut, je vais parler un peu de la politique du logement, domaine que je connais aussi assez bien. Voilà un problème qui se pose depuis toujours… du moins à mon échelle, c’est à dire depuis une trentaine d’années. J’ai toujours entendu que les prix montaient trop vite, que l’on ne construisait pas assez. Le problème des banlieues est une sorte de patate chaude que les gouvernements se passent les un après les autres, malgré des promesses de prendre les choses en main.

J’ai beaucoup apprécié les propos de François Hollande dénonçant le plan Marshall pour les banlieues proposé par Sarkozy en 2007 et qui n’a jamais vu le jour. Qu’on le veuille ou non, les politiques foncières sont des politiques de long terme, de l’ordre de la décennie, voire du quart de siècle. Aucune politique ne répondra au manque de logement ou au problème des banlieues en une mandature. La loi SRU, celle des 20% de logements sociaux, votée sous le gouvernement Jospin se situait dans cette logique. Elle fixait un cadre général et c’était à chaque commune, dont c’est la compétence, de trouver les solutions d’ici à 2020.

François Hollande propose de renforcer ce cadre. Ca peut paraître trop peu, trop lent. Il promet bien sûr plus de moyens, mais rien de révolutionnaire. Pas de promesses, pas d’annonces spectaculaires, comme les 30% de droits à construire supplémentaires voulus par Sarkozy. On peut du coup y voir le signe que cette thématique a été oubliée. Personnellement, j’y vois un discours raisonnable qui dit peu, mais dit des choses justes, faisables et réalistes. Encore un fois, il s’agit d’une élection présidentielle, il ne s’agit pas de définir le contenu exact des futures lois, mais de fixer les priorités, les cadres généraux, les directions à suivre.

La thématique du logement me permet une transition vers la dernière partie de ce (trop) long texte. J’ai parlé jusqu’à présent des mesures pour régler les problèmes sur le long terme. Et on vient de voir que cela peut prendre du temps. En attendant, il faut soulager les symptômes qui frappent directement les plus fragiles de nos concitoyens, qui n’ont pas vraiment le temps d’attendre. Pour le logement, le poids des loyers est évidemment un problème qui doit être traité sans attendre une rééquilibrage de l’offre et la demande. Dans ce domaine, François Hollande a eu la bonne idée d’aller en piquer une ailleurs, en Allemagne plus précisément. Ce pays ne connait pas du tous les mêmes phénomènes que nous grâce à un système d’encadrement des loyers qui fonctionne et qui n’empêche pas les propriétaires d’Outre-Rhin de mettre leurs bien en location. Evidemment, c’est un domaine où la droite a oublié de citer nos cousins germains en exemple.

En fait plus globalement, on en vient au problème du pouvoir d’achat. L’Etat peut agir de trois manières dans ce domaine. En poussant à la hausse des salaires ou par la fiscalité. J’ai déjà longuement évoqué ces deux points, je ne vais pas recommencer. Reste à agir sur les prix. Cela peut se faire par la TVA, à la hausse ou à la baisse. Mais cet impôt représente 50% des recettes fiscales, il est donc difficile de le diminuer et à l’inverse tentant de l’augmenter, comme le propose la droite. On peut surtout avoir des politiques plus ciblées, et donc plus efficaces. C’est exactement ce que fait François Hollande sur le loyers, on vient de le voir, ou sur le coût de l’essence en réintroduisant la TIPP flottante ou en proposant une réforme de la tarification du gaz et de l’électricité. Ce ne sont certainement pas des solutions à long terme, mais elles répondent à une urgence. Après, développer les transports en commun, proposer un grand programme d’isolation des bâtiments doit rendre le consommateur moins dépendant du coût de l’énergie qui ne va de toute façon pas baisser. On retrouve là encore une grande cohérence chez François Hollande entre le court et le long terme.

Enfin, je voudrais revenir sur une dernière mesure. Celle des 150 000 emplois d’avenir. Une mesure dénoncée par la droite alors qu’elle vient tout juste d’augmenter le nombre de ses emplois aidés pour faire diminuer, en vain, les chiffres du chômage avant les élections. Je suis arrivé sur le marché du travail au moment de la suppression par le gouvernement Raffrarin des emplois jeunes crées par Lionel Jospin. Et je peux vous assurer que le résultat fut désastreux. Bien sûr dans un absolu idéal, une économie qui tourne rond ne devrait pas avoir besoin de ce genre de dispositif. Mais on est encore loin de cet idéal et ce genre de mesure reste nécessaire. Surtout que les chiffres montrent qu’une large majorité des personnes embauchées restent dans la structure qui les accueillent à la fin du dispositif.

Voilà, c’est tout…

mais…

… et la dette ?

Ah bah oui, je n’en ai pas parlé. C’est pourtant le problème du moment ! Nos vilains déficits budgétaires ! Alors évidemment, on peut s’en foutre comme Jean-Luc Mélanchon en promettant de faire marcher la planche à billets. On peut se faire le champion de la rigueur comme Nicolas Sarkozy qui annonce le retour à l’équilibre pour 2016, alors que François Hollande ne l’annonce que pour…2017. Mais face à un problème pour le coup vraiment systémique, qui a pris doucement de l’ampleur depuis trente ans, et certainement pas seulement depuis la crise, il faut juger la politique proposée dans sa globalité, dans sa pertinence, dans sa cohérence. Et surtout dans sa faculté à régler les difficultés à leur racine et sur le long terme. Après que l’équilibre soit atteint en 2016 ou même en 2025, ce n’est pas le plus important. Le important est que notre pays aille globalement et pour longtemps dans le bons sens.

Et pour moi, François Hollande nous propose une politique qui répond à cette attente.

P.S : pour d’autres sujets, comme la réforme des retraites ou le nucléaire, j’ai déjà écrit des billets à ce sujet :

MY WEEK WITH MARILYN : L’étoile et le rien du tout

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myweekwithmarilynafficheLe cinéma n’est-il pas mort avec Marilyn Monroe ? Bon, j’exagère un peu peut-être, mais il est évident que sa disparition a marqué le déclin d’un certain cinéma. Celui des immenses stars qui exerçaient une fascination qui nous est étrangère aujourd’hui. Désormais, les stars nous répondent sur tweeter, on peut les voir, les entendre 24h/24 sur le net. Bref, il n’existe plus de mythe inaccessible comme a pu l’être Marilyn. Mais cette dernière reste encore dans nos mémoires. Pour preuve, le très joli My Week With Marilyn.

1956, Colin Clark est un jeune homme de 23 ans qui ne rêve que cinéma, au désespoir de son père, célèbre historien de l’art. Sa persévérance va lui permettre d’être embauché pour le tournage de Le Prince et la Danseuse avec et mis en scène par la légende Sir Lawrence Olivier. A ses côtés, la déjà légendaire Marilyn Monroe, qui vient pour la première fois de sa vie en Angleterre. Une actrice fragile et capricieuse, mais qui va s’enticher du jeune Colin qui lui apparaît comme étant le seul en qui elle peut avoir confiance.

Une fois n’est pas coutume, je tiens à féliciter l’auteur de la bande-annonce de My Week With Marilyn. Pourtant, son œuvre ne m’avait pas vraiment donné envie. En effet, j’avais un peu l’impression d’avoir déjà vu le film. Et bien pas du tout ! En fait, si elle nous faisait sentir l’ambiance générale du film, elle sortait les extraits de leur contexte de manière à leur donner un sens qui n’est pas celui qu’il possède vraiment. Bref, j’ai eu le plaisir de découvrir une intrigue différente et surtout beaucoup plus riche et surprenante que ce que j’avais pu imaginer.

My Week With Marilyn souffre pourtant d’un défaut, mais un défaut inévitable. En effet, malgré tout son talent et la grande qualité de sa performance, et je tiens à insister là-dessus, Michelle Williams n’est pas Marilyn Monroe. Tout simplement parce que personne n’est et ne sera jamais plus Marilyn Monroe. L’actrice, révélée dans la série Dawson, a eu l’intelligence de ne pas chercher à lui ressembler à tout prix, un peu à l’image de Jérémie Rénier, dans Cloclo. Mais elle ne peut évidemment exercer la même fascination, ni avoir la même présence à l’écran que son illustre modèle.

Cependant, My Week With Marilyn ne nous raconte pas la vie de l’actrice américaine. Elle nous raconte l’histoire de Colin Clark. Une histoire vraie, même si évidemment on ne peut pas vraiment mesurer à quel point les évènements ont été romancés. Il nous parle surtout de la frontière entre amour et admiration. A quel point est-il tombé amoureux de la star et à quel point de l’être humain ? Est-il encore possible de dissocier les deux quand on est face à la femme la plus célèbre au monde ? De ce point de vue là, le film est vraiment intéressant, au-delà de la curiosité de découvrir Marylin telle qu’elle était en dehors de la caméra. Et croyez-moi, il y a de quoi faire plusieurs films à ce sujet.

myweekwithmarilynMy Week With Marilyn nous raconte surtout l’histoire éternel de la romance entre un étoile et un rien du tout. Il est vrai que cet aspect n’apporte rien de très nouveau. Si le film s’était limité à cela, il n’aurait pas forcément eu un intérêt immense. Mais cela apporte un fil rouge assez solide pour apprécier tous les à côtés et la reconstitution élégante d’un univers qui a fait rêver. Les cinéphiles savoureront ce passage de l’autre côté du décor, qui nous met des étoiles plein les yeux.

Michelle Williams est loin d’être seule à l’écran. La vraie star de ce film reste Eddie Redmayne que l’on avait découvert dans l’adaptation télévisée des Piliers de la Terre. Pas forcément l’acteur du siècle, mais il s’acquitte ici de son rôle avec justesse. On est aussi heureux de revoir Kenneth Branagh au meilleur de sa forme, qui apporte une vraie plus-value à My Week With Marilyn. Enfin, un petit mot sur Emma Watson, qui prouve ici qu’elle connaîtra peut-être une vraie carrière d’actrice et ne restera pas tout sa vie Hermione Granger. Ah si on pouvait dire la même chose de Daniel Radcliffe…

My Week With Marilyn constitue au final un agréable moment de nostalgie, portée par une histoire touchante, à défaut d’être bouleversante.

Fiche technique :
Production : The Weinstein Company, Lipsync production, Trademark Films
Distribution : StudioCanal
Réalisation : Simon Curtis
Scénario : Adrian Hodges, d’après les livres de Colin Clark
Montage : Adam Recht
Photo : Ben Smithard
Décors : Donal Woods
Musique : Alexandre Desplat, Conrad Pope
Durée : 102 mn

Casting :
Michelle Williams : Marilyn Monroe
Eddie Redmayne : Colin Clark
Kenneth Branagh : Sir Laurence Olivier
Julia Ormond : Vivien Leigh
Dominic Cooper : Milton Greene
Judi Dench : Dame Sybil Thorndike
Zoë Wanamaker : Paula Strasberg
Emma Watson : Lucy
Dougray Scott : Arthur Miller

HUNGER GAMES : Jeux troublants

hungergamesaffiche

hungergamesafficheJe ne sais pas pourquoi, mais visiblement, les futurs où tout va bien n’intéresse guère les auteurs de science-fiction. Par contre, les sociétés totalitaires, où une partie de la population est opprimée séduit beaucoup plus. C’est peut-être parce que c’est plus facile du coup d’avoir quelque chose d’intéressant à raconter. Hunger Games nous offre une nouvelle vision d’un avenir ne donnant pas vraiment envie de s’y projeter. Une vision un rien provocatrice, pour un très bon film.

Dans un futur indéterminé, 74 ans après une rébellion réprimée dans le sang, les 12 districts doivent payer un tribut à la capitale chaque année. Il prend la forme d’un garçon et d’une fille entre 12 et 18 ans condamnés à participer aux Hunger Games. Une compétition dont un seul pourra revenir vivant. Katniss se porte volontaire pour le district 12, afin de sauver sa petite sœur que le tirage au sort avait désigné dans un premier temps.

Bon évacuons déjà, ce qui fâche. On passera rapidement sur la crédibilité de la situation de départ, notamment la passivité de la population. On est dans la fiction, ce n’est pas forcément le plus important. D’un point de vue plus artistique, Hunger Games est quand même un poil trop long. Plus de 2h20, alors que 2h auraient suffit. Il y a sûrement une volonté d’être fidèle au roman dont il est tiré, mais il en ressort un très léger manque de souffle. On peut aussi peut-être regretter que le film soit très lisse visuellement. On très loin du délire visuel de Battle Royale, film japonais basé à peu près sur la même idée.

Voilà, passons maintenant au positif, qui domine largement lorsque l’on pense à Hunger Games. Pour moi, la plus grande force du film est d’amener le spectateur à se prendre au jeu. Ce qui nous ait montré est monstrueux, inacceptable, révoltant. Et pourtant, la magie du show fait que l’on se met à le prendre comme un spectacle, une compétition dont on veut connaître l’issue. On se laisse griser la mise en scène, par les montées d’adrénaline, tout comme les téléspectateurs du film. De ce point de vue là, la démonstration est magistrale. Et quand on commence à se dire que le plaisir que l’on éprouve est morbide, très vite, on replonge et on oublie nos scrupules. Le film est donc vraiment troublant et pousse à une réflexion très personnelle.

Hunger Games est aussi un film visuellement très abouti. Les décors, les costumes, tous les petits détails comme les accessoires, tout cela est très soigné et contribue à vraiment donner vie à ce monde. Cela facile évidemment grandement l’immersion du spectateur. S’il avait été ne serait-ce qu’un minimum cheap ou bancal, l’impact en aurait énormément souffert. Ce n’est vraiment pas qu’une question de budget ou de qualité des effets spéciaux, mais un soucis du détail qui démontre une réelle implication de Gary Ross et de toute la production. Par contre, comme je l’ai évoqué plus haut, la violence est à la fois omniprésente et largement édulcorée visuellement, ce qui la rend un peu artificiellement plus facilement acceptable.

hungergamesHunger Games est le premier volet d’une trilogie. Il est vrai qu’il aurait été dommage que l’histoire s’arrête là, même si ce film a bien un début et une fin qui se tient. On a envie de retourner dans cet univers si ambigu, de voir comment tout cela peut évoluer. Le sujet peut encore largement être approfondi et on hâte de connaître la suite.

Hunger Games nous propose un casting adolescent vraiment réussi, ce qui n’est jamais facile. Jennifer Lawrence est époustouflante et confirme un immense talent déjà vu dans Loin de la Terre Brûlée, Winter’s Bone, Le Complexe du Castor ou encore X-Men le Commencement. Cela lui a déjà valu un prix à la Mostra de Venise, un Golden Globe et une nomination aux Oscars. A 22 ans, c’est quand même déjà pas mal… Le casting est complété par quelques valeurs sûres, comme Woody Harrelson dont chacune des rares apparitions est un véritable plaisir et Donald Sutherland, dont le rôle sera beaucoup plus central par la suite.

Hunger Games n’a donc rien d’un divertissement violent et écervelé. Au contraire, il nous amène à une vraie réflexion sur la manière dont la violence peut justement devenir une source de divertissement.

Fiche techinque :
Production : Lionsgate
Distribution : Metropolitan Filmexport
Réalisation : Gary Ross
Scénario : Gary Ross, Suzanne Collins, Billy Ray, D’après l’oeuvre de Suzanne Collins,
Montage : Stephen Mirrione, Juliette Welfling
Photo : Tom Stern
Décors : Philip Messina
Son : Lon Bender
Musique : James Newton Howard
Effets spéciaux : Sheena Duggal
Directeur artistique : Paul Richards, Robert Fechtman
Durée : 142 mn

Casting :
Jennifer Lawrence : Katniss Everdeen
Stanley Tucci : Caesar Flickerman
Liam Hemsworth : Gale Hawthorne
Josh Hutcherson : Peeta Mellark
Woody Harrelson : Haymitch Abernathy
Lenny Kravitz : Cinna
Elizabeth Banks : Effie Trinket
Donald Sutherland : Président Snow