COUPE DAVIS MON AMOUR !

coupedavis

coupedavisIl y’a des histoires d’amour qui ne s’explique pas. Elles durent sans jamais s’éteindre, malgré le temps qui passe et l’eau qui coule désespérément sous les ponts. L’histoire d’amour entre la France et la Coupe Davis est de celle-là.

L’Equipe de France de tennis va donc disputer une nouvelle finale de Coupe Davis, la 6ème depuis 1991. Une performance assez incroyable pour un pays dont les représentants sont incapables de gagner le moindre tournoi du Grand Chelem… Mais tant que ça quand on regarde les choses de plus près.

La France a en effet un avantage sur certains grands pays de tennis, c’est d’avoir toujours à sa disposition tous ses meilleurs joueurs. Quand un Federer ou les meilleurs Américains boudent la Coupe Davis, les joueurs français sont toujours prêts à saisir leur raquette pour défendre la patrie. Cette motivation crée une émulation interne qui pousse à se sublimer sur le terrain à la fois pour remporter le match, mais aussi pour conserver une place de titulaire pour le tour suivant.

Le tennis masculin est sans doute le sport individuel où l’élite est la plus dense. A part les trois ou quatre meilleurs mondiaux, tout le monde peut battre tout le monde sur le circuit principal. Les matchs se jouent à rien et c’est le plus souvent les qualités morales qui priment, tant les talents purs sont homogènes. Le tout n’est pas d’être capable de bien jouer, mais d’être capable de bien jouer tout au long d’un match, et plus encore d’un tournoi.

Alors quand un Français entre sur un court pour un match de Coupe Davis, il a l’avantage d’une motivation à nulle autre pareil. Et chaque performance de l’Equipe de France renforce un peu plus l’amour de notre pays pour cette compétition et par la même la motivation des joueurs. Bref, un cercle vertueux qui explique en grande partie nos résultats.

Enfin pour cette année, il reste tout de même le plus dur à réaliser…. Gagner la finale !

PIRANHA 3D : Laissez-vous croquer !

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piranha3DafficheUne génération de jeunes réalisateurs français sont partis à la conquête d’Hollywood. Si un Louis Leterrier a décidé de faire carpette pour producteurs et a signé des merdes comme son Choc des Titans, un autre est en train de se faire remarquer par son imagination et son talent. Alexandre Aja nous avait déjà offert un très bon remake de la Colline à des Yeux. Le revoici avec un nouveau film de genre, Piranha 3D, qui sans révolutionner le genre, lui apporte un peu de fraîcheur.

Un lac, des piranhas féroces, des jeunes insouciants imbibés d’alcool, des actrices pornos… et au final beaucoup de sang.

Bon, pas trop besoin de trop s’attarder non plus sur le scénario et l’intrigue. On est là pour voir des gens se faire bouffer par des piranhas et un petit groupe de héros se battre pour survivre. Le reste s’apparente plus à un prétexte qu’à une intrigue. Alexandre Aja ne s’est d’ailleurs pas embarrassé d’une complexité qui n’aurait rien apporté. Il donne au spectateur ce qu’il est venu voir et il le fait très bien.

Il y’a un petit débat autour de ce film. Est-il ou non un remake du premier film de James Cameron ? L’équipe de Piranha 3D dit que non. Certes, beaucoup d’éléments des deux scénarios diffèrent, mais il n’en reste pas moins que les deux films consistent essentiellement à voir des baigneurs se faire bouffer sauvagement. Donc, oui, pour moi, il s’agit bien d’un remake, surtout que tout a quand même été fait pour pousser les fans de l’original à aller voir cette version largement modernisée.

Mais je m’intéresserai plutôt à un autre débat : vrai film de genre ou parodie ? En effet, Piranha 3D est lisible aussi bien au premier qu’au second degré. Alexandre Aja s’est efforcé de créer une vraie ambiance d’angoisse qui monte peu à peu. Le procédé est toujours un le même avec une caméra sous-marine dont on ne sait jamais si elle épouse le point de vue des sales bêtes ou pas. Du coup, on devient paranoïaque et on s’attend à voir un membre dévoré dès que quelqu’un à la malheureuse idée de mettre un orteil à l’eau. Dans ce domaine effectivement, il n’y a rien de bien innovant ou génial dans ce film, qui pourrait être qualifié de série B. La 3D et le budget conséquent n’y changent pas grand chose, car on sait bien que la réussite d’un film de ce genre n’est que rarement lié aux moyens déployés (cf. Blair Witch).

piranha3DPar contre, Piranha 3D se fait un plaisir de récupérer les poncifs du genre, de les filmer avec le plus grand sérieux, mais surtout la plus grande ironie. Vous vous souvenez de la blonde en short mini et en chemise offrant une vue plongeante sur son décolleté qui se fait toujours courser par un tueur psychopathe dans ce genre de film ? Et bien ici, pas besoin de tenue vestimentaire improbable puisque le film met notamment en scène une équipe de tournage d’un film porno. On peut prendre ça au premier degré, mais deux plans provoquant l’hilarité dans la salle prouvent bien que ce n’est sûrement pas l’esprit dans lequel ce film a été tourné. Il s’agit plutôt d’une manière assez subtile de mélange horreur et rire, sans tomber dans grosse parodie qui tâche à la Scary Movie.

Le tout fait de Piranha 3D un film de genre qui ravira les fans, mais qui délectera tous ceux qui, sans être spécialement amateurs, regardent ce genre de film avec un œil amusé. Alexandre Aja a su ne pas se prendre au sérieux et rendre un hommage subtil à tous les films qui ont précédé le sien. Ce film est donc au film d’horreur, ce que Starship Troopers était au film de science-fiction.

Pas mal de peur, beaucoup de sang, mais aussi une bonne dose de rire font de Piranha 3D une vraie réussite.

Fiche technique :
Production : Chako Film Compagny, Dimension Films, Intellectual Preopeties Management
Distribution : Will Bunch Distribution
Réalisation : Alexandre Aja
Scénario : Alexandre Aja, Josh Stolberg, Pete Goldfinger, Gégory Levasseur
Montage : Baxter
Photo : John R. Leonetti
Format : 35mm
Décors : Clark Hunter
Musique : Michael Wandmacher
Directeur artistique : Marina Frantz
Durée : 89 mn

Casting :
Jessica Szohr : Kelly Driscoll
Steven R. Mcqueen : Jake Forester
Christopher Lloyd : M. Goodman
Kelly Brook : Danni Arslow
Jerry O Connell : Derrick Jones
Ving Rhames : Adjoint Fallon
Elisabeth Shue : Shérif Julie Forester
Richard Dreyfuss : Matt Hooper
Riley Steele : Crystal Shepard

JE DEBRANCHE QUAND JE VEUX !

cyberdependance

cyberdependanceCette après-midi, j’ai vécu une expérience horrible. Une après-midi de boulot sans internet !!! Non, mais vous imaginez quelle horreur !!! Je n’ai du faire que travailler… Et du coup, j’ai même pris de l’avance par rapport à ce que j’avais prévu de faire aujourd’hui. Si c’est pas scandaleux, jusqu’où tout cela s’arrêtera-t-il !

Plus sérieusement, ce sont ce genre de petits moments où l’on sent quand même chez soi une légère cyber-dépendance. Passer plusieurs jours de vacances sans accès à la toile ne me pose encore aucun problème (même si du coup, je m’inquiète beaucoup pour mon club de foot virtuel…), mais être assis devant un ordinateur plusieurs heures sans pouvoir se connecter est terriblement frustrant. Je n’étais pas tout à fait pris de sueur froide et de tremblements, mais bon, c’était limite…

Un ordinateur sans internet nous semble aujourd’hui aussi saugrenue et obsolète qu’une machine à écrire. Peut-être que dans un avenir proche, tous les ordinateurs seront directement capables de se connecter à un réseau wifi ou satellite universel, partout, tout le temps. Ok, ça s’appelle un Iphone, mais ce n’est pas encore tout à fait la même chose. Ah quand l’humanité (enfin l’Occident, faut pas déconner quand même) atteindra ce degré de civilisation, nous nagerons enfin tous dans la joie, le bonheur, l’allégresse, la félicité, le nirvana. Nos vies seront recouvertes de paillettes en chocolat. Nous danserons constamment dans la rue pour exprimer notre contentement le plus absolu. Mon Dieu que sera beau…

…ou pas, puisqu’il y’a aussi une chance qu’on meurt tous d’une tumeur au cerveau d’ici là…

TOUS A LA COUPE DU MONDE !

equipedefrancefeminiedefootball

equipedefrancefeminiedefootballEn ces temps de reprise de Ligue des Champions, je ne parlerai ni de Lyon, ni de Marseille, ni d’Auxerre. Je n’évoquerai même pas la belle victoire du PSG ce soir à Séville, où il n’est jamais facile de s’imposer (oh putain le beau lieu commun journalistique !). Je n’évoquerai pas non plus le championnat de France et encore moins les six nouvelles places perdues au classement FIFA par l’Equipe de France…masculine.

En effet, ce petit billet tiens avant tout à saluer la qualification de l’Equipe de France féminine de football pour la prochaine Coupe du Monde. Une qualification acquise qui plus est en allant gagner en Italie, où il n’est pas non plus facile de s’imposer ! Une belle récompense pour une équipe dont le parcours dans ces éliminatoires a frôlé la perfection.

Certes, le football féminin ressemble un peu au football masculin des années 50, niveau vitesse de jeu. Mais bon, du coup, il propose un jeu plus technique, moins physique et franchement pas désagréable à regarder. Et on ne pourra que regretter que les droits télévisuels de phase finale de la prochaine Coupe du Monde appartiennent à Eurosport. Espérons que d’ici là, une chaîne plus accessible leur rachète les droits. On aura alors le droit de rêver à une Coupe du Monde de football où une Equipe de France nous enthousiasmerait… Ah putain que ça ferait du bien !

TROIS HOMMES D’EXCEPTION

rafaelnadal

rafaelnadalCes derniers jours ont vu trois immenses champions prendre encore une dimension supplémentaire. Trois sportifs au palmarès phénoménaux, dont la rage de vaincre n’a d’égal que le talent. Trois hommes qui ne peuvent inspirer qu’admiration et respect.

Le premier d’entre eux, Tony Estanguet, a prouvé qu’il ne faut jamais enterrer prématurément un champion de ce calibre. Après l’immense déception de Pékin, il a prouvé en remportant un nouveau titre mondial qu’il est toujours au sommet de son art. Sa rivalité avec le Slovaque Martikan constitue d’ailleurs une des plus incroyables rivalités de l’histoire du sport. Comptant deux titres olympiques chacun, on ne peut qu’espérer une belle aux Jeux de Londres.

Le deuxième, Rafael Nadal, vient de rentrer dans un club extrêmement select. Il n’est que le 7ème joueur de l’histoire du tennis a avoir remporté au moins une fois les 4 tournois du Grand Chelem. Il s’ouvre surtout la possibilité de battre de nombreux records et de peut-être prendre un jour à Roger Federer le statut de plus grand joueur de l’histoire. Le chemin est certes encore long et son jeu manque sans doute de variété pour ne pas tomber un jour sur un adversaire capable de le battre régulièrement.

Le dernier, Teddy Riner, va lui sans doute grandir dans la défaite. Certes, elle est injuste et imméritée. Mais il est encore si jeune qu’il est impensable qu’il n’atomise pas tous les records. De nombreux titres mondiaux et olympiques l’attendent et personne ne lui en voudra d’être humain. Enfin, un minimum…

DES HOMMES ET DES DIEUX : Des hommes avant tout

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deshommesetdesdieuxafficheJusqu’à présent, le palmarès du Festival de Cannes. Après Poetry, prix du scénario, que je n’ai pas aimé (mais ça reste un avis personnel) et surtout Oncle Boonmee, Palme d’Or, qui n’est pour moi qu’une vaste escroquerie, je me suis attaqué au Prix du Jury avec un film français, Des Hommes et des Dieux, sur un sujet difficile. En effet, il nous raconte les derniers mois des moines de Tibhirine, assassiné au printemps 1996 en Algérie.

Frère Christian dirige le monastère de Thibhirine, au cœur de l’Algérie, avec 7 autres moines trappistes. Ils sont aimés et respectés des villages alentours, dont la population vient se soigner au monastère. Mais partout dans le pays, la guerre civile fait rage. Les assassinats se multiplient et les moines apparaissent comme une cible idéale. Parmi eu, la peur monte et ils commencent à s’interroger sur la perspective d’un éventuel départ.

Des Hommes et des Dieux est un film en deux temps. Dans un premier tiers, Xavier Beauvois nous présente ces hommes dans leur relation avec la population locale, leur travail au quotidien et le respect mutuel qui s’est instauré entre les communautés. Puis, le film se resserre peu à peu autour des moines pour se focaliser sur eux. Se focaliser surtout sur l’angoisse et les doutes qui les assaillent. Il s’agit alors d’une magnifique plongée dans l’âme humaine dans des circonstances heureusement peu communes.

Mais Des Hommes et des Dieux n’est en rien un film contemplatif. Un film d’ambiance certes, mais une ambiance incroyablement chargée en émotions extrêmes, qu’elles soient positives ou négatives. La question du départ, l’angoisse qui monte, tous ces éléments contribuent à créer un intérêt narratif constant. Bien sûr, on sait malheureusement comment tout cela va finir, mais le « suspense » est ailleurs. Il est comment des hommes trouveront le courage de rester quand tout semble les conduire à une mort certaine.

Les moines de Des Hommes et des Dieux ne sont pourtant pas des héros, en tout cas pas au sens que donne généralement le cinéma à ce mot. Ce sont des êtres humains dans toute leur complexité. Xavier Beauvois a magistralement su nous le montrer sans jamais tomber ne serait-ce qu’une seule seconde dans le piège de l’hommage ou de l’admiration qui l’auraient conduit à faire des ses hommes plus que ce qu’ils furent, car ce qu’ils furent est déjà bien suffisant.

deshommesetdesdieuxLa réalisation de Xavier Beauvois est réellement remarquable. Discrète, sans fioriture, elle épouse la gravité du sujet. Elle est surtout au service de l’histoire et des acteurs, qui portent trop d’émotions en eux pour s’embarrasser d’effets visuels mal venus. La distribution est tout simplement magistrale, chacun étant à la hauteur d’un rôle qui aurait pu facilement écraser n’importe quel comédien. Le duo Lambert Wilson et Michael Lonsdale est bluffant, même si on ne doutait pas une seule seconde de leur talent. Mais Xavier Beauvois leur offre ici un des plus beaux rôles de leur déjà longue carrière. Ca sent le César amplement mérité.

Des Hommes et des Dieux peut faire peur par la gravité du sujet et une certaine austérité dans le réalisation. Mais il reste un avant tout un film magnifique et poignant, nous offrant une vision tellement plus humaine de l’héroïsme et du courage.

Fiche technique :
Production : Amada Films, Why not productions
Réalisation : Xavier Beavois
Scénario : Xavier Beauvois, Etienne Comar
Montage : Marie-Julie Maille
Photo : Caroline Champetier
Décors : Michel Barthélémy
Distribution : Mars distribution
Son : Jean-Jacques Ferran, Eric Bonnard
Durée : 120 mn

Casting ;
Michael Lonsdale : Luc
Lambert Wilson : Christian
Philippe Laudebach : Célestin
Olivier Rabourdin : Christophe
Jaques Herlin : Amédée
Loïc Pichon : Jean-Pierre
Xavier Maly : Michel
Jean-Marie Frin : Paul
Abdelhafid Metalsi : Nouredine 

ONCLE BOONMEE (CELUI QUI SE SOUVIENT DE SES VIES ANTERIEURES) : Une autre idée du vide

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onclebonmeeafficheJe l’ai voulu, je l’ai eu, je n’ai donc pas à me plaindre. En allant voir la dernière Palme d’Or, Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures), je savais à quoi je m’exposais… Et bien, je n’ai pas été déçu. Les critiques sont pour le moins divisées au sujet de ce film, on trouve ça génial ou on déteste. Personnellement, j’ai rarement été plongé dans un tel ennui au cinéma.

Oncle Boonmee souffre d’une insuffisance rénale et sent que sa fin est proche. La mort qui vient entraîne avec elle quelques fantômes et le souvenir de ses vies antérieures.

Les amateurs les plus enthousiastes de Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) pourront s’écrier que c’est encore meilleur que du David Lynch. Il est vrai que le cinéma de Apichatpong Weerasethakul y fait penser. Enfin, à une différence près. Il y’a dans les presque deux heures de ce film autant que dans vingt minutes d’un film du réalisateur américain. Bref, on dépasse largement la frontière du supportable. Certes, je ne suis à la base un grand fan du cinéma contemplatif, mais je peux l’apprécier quand il est beau et poétique. Mais il faudrait déjà qu’il y’ait quelque chose à contempler, ce qui n’est pas le cas ici.

Franchement, je me demande vraiment ce qui a pris au jury du Festival de Cannes de récompenser cette merde. Autant je me suis ennuyé devant Poetry, mais je reconnais que c’est un avis personnel qui vient du fait que l’histoire ne m’a pas touché et que je n’y suis jamais vraiment rentré, alors que ce fut le cas de très nombreux spectateurs enthousiastes. Mais là, cela dépasse mon entendement. Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) est juste ennuyeux, vide, sans intérêt, même pas beau. Il y’a peut-être un sens caché que je n’ai pas saisi, mais j’en doute fort.

onclebonmeeAprès, c’est sûr que vous verrez dans Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) des choses que vous n’avez pas l’habitude de voir ailleurs. Il vous permettra notamment de voir une femme faire l’amour avec un poisson-chat qui parle. Oui, vous pouvez relire cette phrase et la prendre au premier degré. C’est bien ce qui se passe dans ce film, dans le seul moment qui, par sa bizarrerie, allumerait presque une lueur d’intérêt dans l’œil du spectateur étonné sur le coup. Mais bon, quant à un trouver un sens et un rapport avec le reste du film, là, c’est une toute autre histoire.

Juger les acteurs qui peuplent Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) est du coup assez difficile. Quand on a rien à jouer, c’est un tantinet difficile de briller. Pourtant, pour être un peu positif et ne pas avoir l’air de lui jeter la pierre, on pourra tout de même saluer la performance de Thanapat Saisaymar, dans le rôle titre, qui malgré tout dégage un certain charisme et un réel talent.

Bon, ma critique de Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) sera courte. A la fois, même si c’est quelque chose que je sais bien faire, il est difficile de parler de rien.

Fiche technique :
Production : Illuminations Films, Kick the Machine, Illuminations Film Past Lives, Anne Sanders Films, The Match Factory, Eddie Saeta
Réalisation : Apitchapong Weerasethakul
Scénario : Apitchapong Weerasethakul
Montage : Lee Chatametikool
Photo : Sayombhu Mukdeeprom, Yukontorn Mingmongkon, Charin Pengpanich
Décors : Akkarat Homlaor
Distribution : Pyramide distribution
Musique : Koichi Shimizu
Durée : 114 mn

Casting :
Thanapat Saisaymar : Boonmee
Jenjira Pongpas : Jen
Sakda Kaewbuadee : Tong
Natthakarn Aphaiwonk : Huay, le fantôme de la femme
Geerasak Kulhong : Boonsong, le fils homme-singe
Samud Kugasang : Jaai, l’ouvrier en chef laotien
Wallapa Mongkolprasert : la Princesse

CA FAIT DU BIEN PAR OU CA PASSE

bosniefrance

bosniefranceOn avait presque peur de ne plus connaître le bonheur de voir l’Equipe de France remporter un jour à nouveau un match, mais heureusement, les Bleus nous ont ce soir rassuré en allant l’emporter en Bosnie 2 à 0. Vu les résultats depuis un an, pour ne pas dire quatre, on aurait presque envie de sauter au plafond, même si au fond, ce résultat est simplement normal.

Les vraies raisons de se réjouir tiennent surtout dans la manière dont a été acquise cette victoire. Non que le jeu ait été d’une qualité phénoménale, mais les notions de collectif et de tactique semblent avoir retrouver un minimum de sens, chose qui avait totalement disparu sous l’ère Domenech. Bien sûr, le travail est encore immense, mais on part de tellement loin qu’on est simplement heureux de voir l’Equipe de France dans le bon chemin, après avoir si longtemps erré sans but (avec jeu de mots !).

L’autre bonne nouvelle peut sembler contradictoire avec le propos précédent. En effet, le score s’est débloqué par un exploit individuel de Karim Benzema. Les esthètes auraient peut-être préféré une belle action collective, mais on sait bien qu’aucune équipe ne devient grande sans joueurs capables de faire la différence individuellement. C’est d’ailleurs ça qui permet aux grandes équipes de l’emporter, même quand elles semblent être dominées collectivement. La France a donc besoin de ses deux dimensions pour retrouver un rang un peu plus conforme à ses ambitions.

Karim Benzema n’a pas encore pris la dimension que son talent lui promet. Espérons que lui et l’Equipe de France suivront désormais le même chemin. Celui qui mène aux sommets.

LES (EX) AMIS DE FREDERIC

fredericlefebvre

fredericlefebvrePauvre Frédéric Lefebvre ! Déjà ce n’est pas très drôle d’être un homme de main, chargé d’exécuter les plus basses œuvres ordonnées par son chef ! Tirer des gauchistes, oui, mais devoir désormais tirer à vue sur les mutins qui cherchent à quitter le navire sarkozyste avant qu’il ne soit trop tard, c’est beaucoup demander à un homme qui a sûrement bon cœur… ou pas.

La conférence de presse du porte-parole de l’UMP de ce matin est tout de même le signe que l’entourage du Président de la République commence à se demander s’il ne vaudrait mieux pas quitter le navire avant qu’il ne soit trop tard. Evidemment, on a surtout entendu ceux qui ont déjà un pied trois quarts en dehors, comme Dominique De Villepin (enfin lui, il y’a longtemps qu’il navigue seul sur un canot), Alain Juppé, Christine Boutin (qui a été jeté par dessus bord, il y’a quelques mois) et surtout Jean-François Copé, ancien premier supporter de Sarkozy, mais qui a compris depuis longtemps que son salut et son ambition débordante ne pourraient s’épanouir que loin du Président.

Mais le remaniement ministériel qui s’annonce, et qui a toutes les chances d’être réalisé à grands coups de hache,  annonce bien des mots amers et des coups bas. On a déjà eu droit aux états d’âmes de Bernard Kouchner et quand on voit le discours de Christine Boutin, on se dit qu’on peut être ministre et six mois après taper sur les petits copains à cœur-joie (malgré, entre temps, une mission grassement payée censée la faire taire).

Allez Frédéric, courage ! Je suis sûr que, quelque soit sa couleur politique, le goût du sang saura te rassasier et que tu n’auras que peu de scrupules à user de ton flingue verbal contre tes anciens amis… Et puis franchement, si tu avais des amis, ça se saurait…

SALT : Sidney Bristow est une petite bite !

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saltafficheCertains l’auront déjà compris, mais il y’a une pouffe en moi qui sommeille. Mais ce que l’on sait moins, c’est qu’il y’a même carrément une féministe. Un féminisme qui s’est pour l’instant essentiellement manifesté par un amour immodéré de la série Alias et de son inoubliable personnage principal, Sydney Bristow. Ok, peut-être que le sourire de Jennifer Garner jouait un rôle dans cette affection sans borne, mais l’élément déterminant était avant tout le plaisir de voir une frêle jeune femme mettre de grosses patates dans la figure de grands costauds patibulaires. La féministe que je suis s’est donc réveillée devant Salt face à qui Alias ressemble à une bagarre de cours de récré.

Evlyn Salt, agent de la CIA, vient de passer trois ans dans les geôles nord-coréennes. Elle semble donc au-dessus de tout soupçon, avant qu’un agent russe souhaitant vendre des informations l’accuse de travailler en fait pour le Kremlin. Mais sa réaction et son évasion spectaculaire deviennent vite pour tous une preuve de sa culpabilité.

Salt, en dehors du sexe de son personnage principal, est en fait un film extrêmement classique, entre Rambo et James Bond, avec une pincée de géopolitique de pacotille. Un prétexte surtout pour assister à de belles scènes d’actions, des poursuives échevelées et quelques concours de tirs, où l’acuité des protagonistes semblent bizarrement donner dans le tout ou rien. Le tout est ici réalisé avec efficacité, mais guère d’imagination.

Il serait pourtant injuste de ma part de nier tout intérêt au scénario. Cette histoire d’agent double, triple, voire quadruple, est parfois un peu cousue de fil blanc. Mais voilà, au moment du rebondissement final, je me suis fait avoir comme un bleu. Si j’y avais réfléchi un peu plus intensément, j’aurais pu me douter de ce que les scénaristes nous réservaient, mais porté par l’action, je me suis totalement laissé surprendre. Du coup, Salt m’a quand même laissé une impression globalement favorable.

saltEt puis, Salt vaut aussi pour son personnage principal. Bon, ce genre de l’espion proche du surhomme est un poncif du cinéma, mais il porte rarement des talons hauts. Certains exploits d’Evelyn Salt sont encore plus improbables que James Bond rattrapant un avion en vol. Mais ce qui compte ici, c’est leur caractère spectaculaire, on n’est pas ici pour assister à l’exposé d’une thèse sur les effets de la gravité. Certains trouveront peut-être que les scènes d’action se ressemblent quelque peu, mais elles s’enchaînent avec assez de rythme pour que le spectateur n’ait vraiment pas le temps de s’ennuyer.

Salt a été écrit pour Angelina Jolie, qui occupe l’écran 95% du temps. Elle confirme ici qu’elle est bien la première actrice à n’avoir rien à envier à ses collègues masculins quand il s’agit de porter un film de pure action sur ses épaules. Et avec un physique comme le sien, en plus, elle sait garder un charme tout ce qu’il y’a de féminin. Les amateurs d’interprétations remarquables préféreront la revoir dans un Cœur Invaincu ou l’Echange, mais on pourra au moins lui décerner le prix de la polyvalence.

Salt ne révolutionnera pas le film d’action. Mais il reste un divertissement bien foutu et distrayant, largement bonifié par la présence à l’écran d’Angelina Jolie.

Fiche technique :
Production : Columbia Pictures, Relativity Media, Di Bonaventura Pictures, Wintergreen Productions
Distribution : Sony Pictures Releasing
Réalisation : Phillip Noyce
Scénario : Kurt Wimmer
Montage : Stuart Baird, John Gilroy, Steven Kemper
Photo : Robert Elswit
Décors : Scott Chambliss, Leslie E. Rollins
Son : Paul Hsu
Musique : James Newton Howard
Effets spéciaux : CIS Vancouver, Lola Visual Effects, Phosphene
Directeur artistique : Teresa Carriker-Thayer
Durée : 100 mn

Casting :
Angelina Jolie : Evelyn Salt
Liev Schreiber : Ted Winter
Chiwetel Ejiofor : Peabody
Hunt Block : le président des Etats Unis
Daniel Olbrychski : Vassily Orlov
August Diehl : Mike Krause
Daniel Pearce : Orlov jeune