Un magot qui attise des convoitises multiples et qui entraîne un chassé-croisé de personnages prêts à tout pour le récupérer. Voilà une idée qui sert de point de départ à de très nombreux films. On imagine alors mal comment un long métrage qui reposerait sur ce dernier arriverait tout de même à nous surprendre. Pourtant, Have a Nice Day y parvient. Il faut dire qu’il possède deux autres caractéristiques : il est chinois et il s’agit d’un film d’animation. Aucune de ces trois caractéristiques n’est terriblement originale, mais les trois ensemble donnent un spectacle que l’on a pas forcément l’habitude de voir. Au cinéma, comme en amour, rien n’est pire que la routine. Or, on en sort quelque peu avec ce film.
Have a Nice Day n’est pas qu’un film où gangsters et losers plus ou moins paumés se courent après. C’est aussi un portrait de la Chine d’aujourd’hui. Un pays à la fois familier, proche de nous et qui garde de réelles singularités. Un voyage dans la Chine du bas donc, celle qu’aucun touriste ne verra jamais. Heureusement pour lui d’ailleurs car cela ne lui donnerait pas vraiment envie de revenir. La galerie de personnages est assez savoureuse et permet de réaliser à quel point, malgré des différences culturelles, les archétypes humains sont les mêmes, surtout chez les truands. Pas sûr que ça soit totalement rassurant pour le coup. Le film traite son sujet avec beaucoup d’humour et de dérision, nous offrant un spectacle réellement savoureux.
Le style graphique de Have a Nice Day peut en rebuter certains (et c’est le cas si on lit les avis spectateurs sur Allociné). L’animation est particulièrement pauvre, mais à dessein pour donner une personnalité visuelle affirmée à ce film. On peut ne pas accrocher. Personnellement, j’ai trouvé au contraire que cela collait très bien avec le sujet et le ton quelque peu désabusé de la narration. Le dessin est vraiment là pour servir une histoire et ne cherche certainement pas à être une objet de contemplation. Tout cela concourt à créer cette ambiance particulière qui caractérise ce film. Une ambiance que j’ai réellement appréciée.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Réalisation : Liu Jian Scénario : Liu Jian Photographie : Montage : Militia Xiao Liu Musique : The Shanghai Restoration Project Durée : 75 minutes
Casting : Changlong Zhu : Xiao Zhang Kai Cao : Lao Zhao Liu Jian : Fang Yuanjun et Li Er Siming Yang : Liu Shu Haitao Shi : A De Xiaofeng Ma : Shoupi Feng Xue : Lao San Yi Zheng : Erjie Kou Cao : Huangyan Hong Zhu : Gu Anan Da Wang : Wu Lidu
Il faut parfois une petite idée qui ne paye pas de mine pour doter une histoire d’une grande originalité. Ce petit quelque chose qui arrive à rendre créatif des films qui se figurent pourtant dans des genres quelque peu éculés. On peut facilement se dire qu’il n’y a plus rien à inventer dans le domaine du survival horror… Non, pardon pour l’anglicisme… Dans le domaine du scénario qui implique des humains devant survivre à une menace susceptible de les trucider de manière horrible si elle les attrape (c’est quand même plus long en bon français). Sans un Bruit repose sur ce genre d’idée qui pourrait ne pas mener très loin à première vue, mais qui donne au final un spectacle offrant une impression de jamais-vu, impression fort agréable par les temps qui courent.
Si on commence par ce qui fâche, Sans un Bruit souffre tout de même de quelques faiblesses. Quelques incohérences notamment. Rien de bien méchant, mais assez pour qu’on se dise parfois que les choses ne collent pas vraiment. Certes, la crédibilité n’est pas forcément ce que l’on recherche dans une histoire d’insectes géants décimant l’humanité, mais ce n’est pour ça que l’on pardonne tout. Heureusement, la tension va crescendo et on oublie très vite tout cela pour plonger totalement dans l’histoire. La qualité des effets spéciaux, en premier lieux le design et l’animation des créatures, aide également le spectateur à finalement y croire. D’autant plus facilement que l’on a envie d’y croire pour s’offrir un joli grand frisson.
Sans un Bruit exploite de manière intelligente la bonne idée de départ. Le scénario ne prend peut-être pas de vrais risques, mais il offre de vrais bons moments de bravoure cinématographiques comme on les aime. Le cœur du spectateur bat parfois assez fort, même s’il est plutôt saisi par une forte tension que par un réel effroi. Le scénario présente la bonne idée de ne pas surjouer le mystère sur la nature du danger et de reposer avant tout sur son omniprésence. Porté par une Emily Blunt inspirée, le film nous fait passer un vrai bon moment qui ravira particulièrement les amateurs du genre, mais également ceux qui savent apprécier une bonne histoire originale.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Platinum Dunes, Sunday Night Distribution : Paramount Pictures France Réalisation : John Krasinski Scénario : Bryan Woods, Scott Beck, John Krasinski Montage : Christopher Tellefsen Photo : Charlotte Bruus Christensen Musique : Marco Beltrami Durée : 90 min
Casting : Emily Blunt : Evelyn Abbott John Krasinski : Lee Abbott Millicent Simmonds : Regan Abbott Noah Jupe : Marcus Abbott Cade Woodward : Beau Abbott
Il paraît que la vie, c’est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber, comme disait un grand philosophe du 7ème art. Alors, on peut dire que le cinéma est comme la vie. Même en ayant vu plusieurs fois la bande-annonce, bien malin serait celui qui saurait à quoi s’attendre en allant voir How to Talk to Girls at Parties. Certes, personnellement j’avais bien entendu parler de science-fiction en lisant quelques commentaires sur ce film. Mais je ne pouvais imaginer qu’il soit perché si haut. Dans les étoiles sûrement, tant ce film est un OVNI cinématographique. Surtout que s’il y est beaucoup question de musique punk, il est aussi question d’extra-terrestres.
How to Talk to Girls at Parties est un film sans grand moyen (si on excepte un casting de blockbuster), mais qui regorge d’imagination. On entre dans cet univers en oubliant facilement les effets ou les costumes un peu cheaps. Il est vraiment agréable de tomber sur un scénario, et plus globalement une œuvre réellement originale et inattendue. Du coup, on pardonne les moments plus faibles et les quelques longueurs en savourant pleinement le lot d’étonnement apporté par chaque séquence. Le tout nous mènera vers un très joli dénouement, confirmant la grande qualité du travail de John Cameron Mitchell, réalisateur et scénariste rare mais remarquable. Il s’agit ici réellement d’un vrai film d’auteur, au sens très noble du terme car rien ici n’est préformaté.
On imagine facilement que la présence de Nicole Kidman à l’affiche de ce film est du aux relations noués avec le réalisateur sur le plateau de Rabbit Hole. Il est en effet étonnant de voir une telle star hollywoodienne dans une telle production. Elle Fanning ne joue pas tout à fait encore dans la même catégorie, mais là encore, cela reste surprenant. Ce qui l’est moins est évidemment le talent dont elles font preuve à l’écran. Mais on saluera aussi la qualité de l’interprétation du jeune Alex Sharp qui apporte un réel supplément d’âme à How to Talk to Girls at Parties. Grâce à eux, ce film ne constitue pas qu’une curiosité cinématographique, mais aussi de jolies rencontres avec des personnages touchants, offrant à cette histoire un délicieux supplément d’émotion.
LA NOTE:13/20
Fiche technique : Production : Little Punk, See Saw Films Réalisation : John Cameron Mitchell Scénario : John Cameron Mitchell, Philippa Goslett, d’après le roman de Neil Gaiman Montage : Brian A. Kates Photo : Frank G. DeMarco Décors : Helen Scott Distribution : ARP Selection Musique : Jamie Stewart, Nico Muhly Durée : 102 min
Casting : Alex Sharp : Enn Elle Fanning : Zan Nicole Kidman : Queen Boadicea Ruth Wilson : PT Stella Joanna Scanlan : la mère de Enn Abraham Lewis : Vic Ethan Lawrence : John
L’image du responsable politique est associée à beaucoup de caractéristiques. Certes, beaucoup sont désormais négatives, type malhonnêtes et manipulateurs. Mais si on abandonne ces clichés grossiers, on l’imagine aussi facilement charismatique et doté d’une âme de meneur. Autant dire du leadersphip, même si je n’aime pas forcément les anglicismes. Pour le charisme, j’ignore si j’en ai, pas du tout, un peu ou beaucoup et ce n’est de toute façon pas le sujet ici. Par contre, je sais très bien que je n’exerce pas naturellement le leadership au sein d’un groupe. Ce n’est pas de la fausse modestie, ce n’est vraiment pas mon genre, mais juste une constatation.
Je ne suis certes pas pour autant un suiveur. Je suis plutôt un solitaire qui aime que les événements se déroulent comme il en a envie. Mais pour cela, je vais plus naturellement suivre ma route en impliquant le moins de personnes extérieures possible, plutôt que de convaincre le plus grand nombre de faire comme je l’entends. Or, mon parcours politique a du me forcer quelque peu ma nature pour assurer un rôle de meneur pour lequel je ne suis pas forcément fait.
Lorsque je me suis engagé et que je suis devenu très vite un élu municipal, je me suis naturellement placé dans les pas de notre tête de liste. Surtout que nous partagions des combats aussi au sein de l’organisation interne du PS, notamment au niveau fédéral (départemental). Je ne peux évidemment que le remercier de m’avoir mis ainsi le pied à l’étrier et de m’avoir fait assez vite confiance. Je resterai à jamais admiratif de son éloquence dans des numéros totalement improvisés, quand j’ai personnellement besoin de préparer à l’avance mes interventions pour avoir une chance d’être convaincant.
Cependant, au cours de cette première mandature, j’ai du peu à peu occuper une place de leader qui n’était pas la mienne au départ. Très pris par sa vie professionnelle, notre tête de liste n’était pas toujours en mesure d’être présent et de travailler les dossiers comme il l’aurait du. De plus, comme tout être humain, il n’était pas parfait et souffrait notamment d’une capacité d’écoute et d’une mémoire proches de zéro. Ceci a entraîné quelques désaccords sur ses prises de position en séance du Conseil Municipal qui reposaient sur des bases erronées, voire même en contraction sur ce qu’on avait dit quelques mois plus tôt, dont il ne gardait strictement aucun souvenir.
Tout cela n’était pas très grave. En effet, nous étions juste des militants-élus, donnant bénévolement beaucoup de notre temps pour peu de remerciements et de bravos. Alors, chacun fait du mieux qu’il peut avec sa personnalité et sa manière de voir les choses, tout en restant solidaires les uns des autres. Du moins, c’est ma manière de voir les choses. Je m’imaginais mal faire le moindre reproche à mon camarade, au-delà de quelques commentaires sur le ton de l’humour pour me moquer gentiment quand il poussait le bouchon un peu loin. Si je prenais mon mandat très au sérieux, ce n’était pas au point de me prendre moi-même trop au sérieux.
Malheureusement, la réciproque n’était pas vraie. Lors de cette mandature, je me suis particulièrement impliqué sur le dossier de l’élaboration du Plan Local d’Urbanisme (j’y reviendrai dans une billet spécifique). Au moment, d’arriver aux conclusions, notre tête de liste a fait état d’un certain nombre de points de désaccord. Certains ne m’étonnaient pas le connaissant, mais j’avais assez travaillé le dossier pour que mes positions reposent sur une argumentation solide et fondée, quand il optait pour des idées purement idéologiques et d’une grande fragilité.
Ceci aurait pu s’arrêter là, s’il n’avait refusé obstinément d’acter que les positions que nous adopterions en tant que groupe ne seraient pas les siennes. Il n’eut strictement aucun respect pour le fait que nous étions trois sur quatre dans le groupe à partager la même vision du sujet et surtout strictement aucun respect pour tout le travail accompli quand lui n’avait pas produit le moindre effort. Même si la hiérarchie théorique faisait de lui notre leader, je ne pouvais évidemment accepter une situation qui balayerait ainsi autant d’efforts et nous forcerait à défendre des idées ineptes.
Alors j’ai du m’affirmer. Je profitais d’un repas avec les autres élus et notre Secrétaire de Section pour mettre les pieds dans le plat et lui signifier que son attitude était insupportable et qu’il n’aurait pas gain de cause. Ce fut d’autant plus difficile que ce n’est pas du tout dans ma nature et que sa compagne était également présente et que je l’appréciais beaucoup. Elle fut un peu surprise par la tournure des événements (elle n’était pas militante) mais je n’avais guère d’autre choix que d’en passer par là. Je savais que je pouvais compter sur le soutien plein et entier des autres élus et militants présents et ceci mit fin à cette situation pénible. Après cela, je suis définitivement devenu le leader de notre groupe, ce qui me conduira naturellement à devenir tête de liste pour les élections suivantes.
Si on tombe dans les clichés, on peut dire que c’est le soir où j’ai tué le père. Je ne sais pas si il faut forcément passer par là pour s’affirmer en politique. En tout cas, ça ne reste pas le meilleur souvenir de mon parcours politique. Mais ce fut aussi un des moments qui vous font mûrir et vous permettent de vous affirmer. Ca n’aura définitivement pas changé le cours de l’histoire de Viroflay, mais en tout cas, ça aura joué un rôle dans le déroulement de ma propre existence.
Certaines bandes-annonces indiquent de manière bien trop claire et exhaustive le contenu d’un film et parfois jusqu’au dénouement. Personnellement, cela ne me donne jamais l’envie d’aller voir le long métrage en question, bien au contraire. Ainsi, je n’étais pas spécialement emballé à l’idée d’aller voir Désobéissance. Finalement, je me suis laissé tenter. Le scénario était bien celui que j’imaginais, mais heureusement il n’avait pas exposé non plus toute sa richesse au travers de la bande-annonce. On peut regretter d’avoir dévoilé tant de choses au public avant même le début du film. Mais en tout cas, le spectateur, et moi-même évidemment, ne regrette pas d’y avoir été malgré tout.
Désobéissance vaut bien de se rendre dans une salle obscure car il nous propose déjà un dénouement que la bande-annonce ne laissait pas spécialement présager. Cela permet de créer une réelle tension narrative du début à la fin, combien même le chemin parcouru reste pendant longtemps relativement balisé et attendu. Le rythme est assez lent de plus, le récit aurait donc pu facilement perdre tout intérêt et plonger le spectateur dans l’ennui. Mais la curiosité de ce dernier reste vive de bout en bout et jusqu’aux dernières secondes il se demande où tout cela va le mener. Apporter une belle conclusion est particulièrement cruciale pour une histoire dramatique et elle est ici assez convaincante pour laisser le spectateur sur une excellente impression.
Désobéissance se démarque aussi par la qualité de ses personnages. La bande-annonce nous donnait un avant-goût des relations qu’ils entretiennent entre eux, mais sans traduire la profondeur de leur personnalités respectives. De plus, les rapports qu’ils entretiennent vont évidemment évoluer au cours du récit et cette évolution joue un rôle central dans le dénouement particulièrement réussi que j’évoquais précédemment. La qualité de la performance de Rachel McAdams et Rachel Weiz y est pour beaucoup, mais on en attendait pas moins de deux actrices aussi formidables. La vraie révélation de ce film reste Alessandro Nivola qui tient là son plus grand rôle, lui qui naviguait plutôt auparavant dans les troisièmes parties de casting. Son interprétation sert de catalyseur à celle de ses deux partenaires. Le trio crédibilise le film de manière remarquable et lui offre un impact supplémentaire.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Réalisation : Sebastián Lelio Scénario : Sebastián Lelio, Rebecca Lenkiewicz, Naomi Alderman (Roman) Musique : Matthew Herbert Production : Ed Guiney, Frida Torresblanco, Rachel Weisz Durée : 114 minutes
Casting : Rachel McAdams : Esti Rachel Weisz : Ronit Alessandro Nivola : Rabbi Dovid Kuperman Anton Lesser : Rav Krushka Bernice Stegers : tante Fruma Allan Corduner : oncle Moshe Nicholas Woodeson : Rabbi Goldfarb Liza Sadovy : Rebbetzin Goldfarb Clara Francis : Hinda Mark Stobbart : Lev Caroline Gruber : Hannah Shapiro Alexis Zegerman : Riuka
Le handicap est un sujet particulièrement périlleux dans lequel un scénariste a vite fait de se prendre les pieds. On peut facilement tomber dans un pathos lourdingue et une émotion tellement facile et forcée qu’elle n’émeut pas une seule seconde. Cependant, il peut aussi nous offrir de très beaux moments de cinéma. On peut penser alors à Intouchables, un des plus grands succès de l’histoire du cinéma français. Je pencherai plutôt pour Hasta la Vista, un film belge, sorti la même année et tout aussi inoubliable. Champions est-il un film du même acabit ? Malheureusement non ! Il n’empêche qu’il nous offre un bien agréable moment.
Le handicap mental renforce encore les écueils sur lesquels un scénario peut s’échouer, comparé au handicap physique. Champions y échappe quasiment tout du long grâce à ses personnages. Si on s’attache terriblement à cette équipe réellement hors du commun, ce n’est pas par pitié. Jamais ce sentiment ne naît dans l’esprit du spectateur. Non, c’est bien les personnalités des protagonistes aussi diverses qu’affirmées qui nous charment et nous font dire que l’on a fait de belles rencontres à travers ce film. Au final, le handicap devient presque secondaire, même s’il demeure évidemment central. Tout cela est filmé avec une infinie tendresse et beaucoup d’humour par Javier Fesser. Il est vraiment difficile de rester indifférent, combien même on n’a aucune affinité pour la grosse balle orange.
Champions finit malheureusement par tomber dans les pièges qu’il avait si brillamment évité tout du long. La conclusion baigne un peu dans un sirop un rien écœurant de bons sentiments un peu trop gros pour être honnêtes. Cela vient soudainement alourdir le tout et surtout ne respecte plus du tout le regard assez fin que le scénario posait jusqu’alors sur son sujet. Pas de quoi gâcher tout le plaisir ressenti auparavant, loin de là, mais tout de même assez pour laisser sur impression bêtement mitigée. En effet, on aurait vraiment aimé une jolie conclusion loin des clichés attendus et faciles. Cette panne d’inspiration finale est regrettable, mais c’est tout de même avec grand regret que l’on quitte cette équipe de véritables champions.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Réalisateur : Javier Fesser Producteurs : Películas Pendelton, Morena Films et Movistar+, TVE et Universal Pictures International Espagne Photographie : Chechu Graf Musique : Rafael Arnau Sortie en Espagne : 6 avril 2018 Sortie en France : 6 juin 2018 Musique originale : Rafael Arnau
Casting : Javier Gutiérrez Álvarez : Marco Montes Juan Margallo : Julio Athenea Mata : Sonia Luisa Gavasa : Amparo Daniel Freire : Paco Carrascosa, l’entraîneur de l’Estudiantes Madrid Itziar Castro : la mère du basketteur Jesús Jesús Vidal : Marín, le contrôleur de parking Gloria Ramos : Collantes, José de Luna, Sergio Olmo, Jesús Lago, Fran Fuentes, Roberto Chinchilla, Stefan López, Julio Fernández, Alberto Nieto Fernández
C’est depuis que Marvel a compris que le second degré donnait à ses productions un charme supplémentaire, que cet univers a définitivement conquis le cœur d’un large public, bien au-delà de son audience initiale. Il a vraiment su pousser cette logique aussi loin que possible avec le premier Deadpool qui avait constitué une belle surprise et une franche réussite. Evidemment, il n’y a rien de plus difficile que de reproduire l’effet de surprise. Deadpool 2 n’y parvient pas vraiment. Cependant, il nous livre tellement de bonnes choses qu’il est difficile de ne pas apprécier pleinement cette friandise cinématographique de très mauvais goût parfois. Mais le mauvais goût est tellement bon parfois aussi.
Deadpool 2 est excellent parce qu’il est avant tout très drôle. Il nous offre une foule d’éclats de rire francs et clairs. Tout cela repose sur un humour à ne pas mettre devant les yeux les plus sensibles et chastes et qui est souvent compréhensible que l’on saisit la référence sur lequel il s’appuie. Pas toujours hyper abordable donc, mais terriblement efficace. Le grand mérite de ces dernier épisode est d’avoir su garder une réelle intensité pour compenser la perte par rapport à l’épisode précédent de la joie de la découverte d’un personnage assez à part dans l’univers Marvel. On échappe donc complètement à l’impression de réchauffé et on n’a pas du tout la sensation qu’on soit arrivé au bout du potentiel de cet anti-héros absolu. Le côté complètement décalé de ses aventures fait vraiment souffler un vent de fraîcheur dans un univers qui gagne vraiment à ne pas se prendre trop au sérieux (prends en de la graine DC!).
Deadpool 2 est aussi un film d’aventures. Il est vrai que cette dimension passe ici largement au second plan. Cet aspect n’est en effet pas le plus intéressant qui soit. Il ne sert vraiment que de support à cet humour débridé et enthousiasmant. Mais il fait preuve d’assez d’efficacité pour nous prémunir définitivement de toute forme d’ennui. Le film finit de nous convaincre grâce à un casting qui s’amuse vraiment à l’écran. Ryan Reynolds en premier lieu, lui qui s’éclate à tout tourner en dérision à travers ce rôle… en particulier lui-même et sa précédente incursion dans le monde des super-héros. Les fans de l’univers des bandes-dessinées apprécieront l’entrée réussie du personnage de Domino dans l’univers cinématographique. Bref, cela fait beaucoup de raisons pour apprécier pleinement ce film de super-héros vraiment pas comme les autres.
LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique : Production : 20th Century Fox, Marvel Entertainment, Kinberg Genre, The Donners’ Company Distribution : 20th Century Fox, Marvel Entertainment, Kinberg Genre et The Donners’ Company Réalisation : David Leitch Scénario : Rhett Reese, Ryan Reynolds, Paul Wernick Montage : Craig Alpert, Elísabet Ronaldsdóttir, Dirk Westervel Photo : Jonathan Sela Décors : David Scheunemann Musique : Tyler Bates Durée : 119 min
Casting : Ryan Reynolds : Wade Wilson / Deadpool Julian Dennison : Russell « Hot Stuff » Collins / Firefist Morena Baccarin : Vanessa Carlysle Josh Brolin : Nathan Summers / Cable Zazie Beetz : Neena Thurman / Domino
J’apprécie particulièrement les soirées cinématographiques particulièrement contrastées, qui me rappellent pourquoi j’aime tant le 7ème art et toute sa diversité. Partout dans le monde, sur tous les sujets, dans tous les styles, des longs métrages sont produits pour notre plus grand bonheur. Ainsi, il y peu, un même soir, j’ai vu à la suite Jurassic Parc : Fallen Kingdom et Trois Visages. Comment faire plus opposés qu’un blockbuster hollywoodien et une production iranienne à petit budget. Bien sûr, le plaisir aurait été nettement plus intense si les deux films avaient été de qualité. Vous savez déjà combien j’ai trouvé le premier particulièrement médiocre. Heureusement, le second m’a permis de vivre un bon voyage sur grand écran.
Jafar Panahi n’est sûrement pas un grand artiste du cinéma. Son amour immodéré pour les plans à l’intérieur d’une voiture, qui est presque devenu sa marque de fabrique, n’est pas celui d’un esthète travaillant méticuleusement sa photographie et son cadrage. Par contre, il reste un formidable narrateur et un magnifique humaniste. Pas d’artifice donc pour nous livrer un récit à la fois tendre et sévère sur l’Iran profond. Il n’y a jamais de méchanceté ou de jugement dans Trois Visages, même quand il met en lumière les profonds archaïsmes et la bonne dose d’hypocrisie qui caractérisent cette société. Il fait toujours ressortir une part de sympathie chez tous ceux dont les deux personnages vont croiser la route. Rien n’est jamais manichéen.
Trois Visages est profondément dépaysant et nous montre à quel point l’Iran est une société plus complexe qu’il n’y paraît, avec son lot d’aspirations contrariées qui viennent bousculer l’ordre établi. La conclusion sera non dénuée d’optimisme, sans grande illusion cependant. Un équilibre que l’on retrouve toujours chez Panahi, qui cherche toujours à coller le plus possible à la réalité. Le fait que ses deux principaux protagonistes interprètent leur propre rôle et que les seconds rôles portent leur vrai prénom se situe dans la même logique. Le film est réalisé comme un documentaire, ou même plutôt comme un moment de télé réalité. Réalité est décidément ce qui caractérise ce film qui nous apprend plus sur ce fascinant pays que bien des documentaires.
LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique : Production : Jafar Panahi Film Productions, Memento films Réalisation : Jafar Panahi Scénario : Jafar Panahi, Nader Saeivar Montage : Mastaneh Mohajer, Panah Panahi Photo : Amin Jafari Décors : Leila Naghdi Pari Distribution : Memento films Durée : 100 min
Dans le cochon tout est bon. Dans le dino, tout est beau. Enfin, c’est ce qu’on pouvait croire avant que la franchise Jurassic World vienne nous faire passer le goût du tyrannosaure. Déjà le premier volet n’était vraiment pas terrible, mais ce n’était rien comparé à ce deuxième volet d’une médiocrité déconcertante. Fallen Kingdom, cet épisode porte bien son nom. C’est la chute de la créativité et de l’originalité dont il est question ici. Une chute vertigineuse que pas grand chose ne vient sauver, même pas ces monstres d’un autre temps dont on ne pensait jamais devoir se lasser totalement. C’est bien la seule raison pour laquelle le film de Juan Antonio Bayona sort de l’ordinaire.
Jurassic World : Fallen Kingdom semble être le premier scénario écrit par un algorithme. En effet, tout ce qui doit se passer se passer, exactement de la manière dont on imagine qu’elle va se passer. Le pire reste la galerie de personnages secondaires totalement dénuée de la moindre parcelle d’imagination. Visiblement, Colin Trevorrow et Derek Connolly n’ont pas même pas essayé d’apporter ne serait qu’un seul élément inattendu. C’est franchement désespérant et surtout empêche le spectateur de s’intéresser vraiment au spectacle qu’il ne regarde que d’un œil un peu distrait. Certes, il ne s’ennuie pas, mais les images traversent son cerveau sans y imprimer grand chose.
Et ce n’est pas la réalisation qui vient élever le niveau. Jurassic World : Fallen Kingdom comporte la jolie scène avec la jolie ombre chinoise de dinosaure qui va bien. Un plan inspiré et c’est à peu près tout. Ca pourrait être déjà bien, si ce n’était pas du déjà vu dans à peu près tout les épisodes de la saga. Les effets spéciaux sont parfaits, mais il y a longtemps que ce genre de prouesse n’en est plus vraiment une et que cela ne nous émeut plus outre mesure. Surtout que le casting ne vient pas non plus relever le niveau. Chris Pratt et Bryce Dallas Howard ne sont vraiment pas inspirés et encore moins inspirants. Bref, rien ne vient donne un peu d’âme à ce divertissement sans relief. Il serait peut-être temps de débrancher papy T-rex… Malheureusement, le film se termine clairement sur la perspective d’une suite ou deux.
LA NOTE : 07/20
Fiche technique : Production : Universal Pictures, Amblin Entertainment, Apaches Entertainment, Legendary Pictures Distribution : Universal Pictures International France Réalisation : Juan Antonio Bayona Scénario : Colin Trevorrow, Derek Connolly Montage : Bernat Vilaplana Photo : Oscar Faura Musique : Michael Giacchino Directeur artistique : Jason Knox-Johnston Durée : 128 min
Casting : Chris Pratt : Owen Bryce Dallas Howard : Claire Geraldine Chaplin : Iris Ted Levine : Ken Wheatley Rafe Spall : Eli Mills Isabella Sermon : Maisie Lockwood Justice Smith : Franklin Webb Daniella Pineda : Zia Rodriguez Henry Wu : B.D. Wong Jeff Goldblum : Dr Ian Malcolm
Le pire n’est jamais sûr. Parfois les catastrophes annoncées n’ont pas lieu. Il arrive que les tempêtes se transforment en petite brise. Depuis de long mois déjà, suite à un tournage particulièrement mouvementé, Solo s’annonçait désastreux. Avant même que quiconque n’en ait vu la moindre minute, le film était décrit comme totalement raté et son acteur principal vertement critiqué. C’est donc dans un état d’esprit plutôt pessimiste que je me suis rendu voir cette nouvelle production liée à l’univers Star Wars. Le grand avantage, c’est que je ne pouvais qu’être agréablement surpris. Et ce fut bien le cas, même si le résultat reste assez médiocre par bien des aspects. Et pas des moindres.
Commençons déjà par un des principaux prévenus sur le banc des accusés : Alden Ehrenreich. On l’a souvent accusé de posséder infiniment moins de charisme que Harisson Ford dont il reprend le rôle. Ces accusations sont pleinement justifiées. Non pas qu’il soit mauvais, mais il n’éclabousse l’écran d’aucune classe et se fait largement bouffer par un Donald Glober élégant, une Emilia Clarke flamboyante et un Woody Harrelson toujours parfait. Si la galerie de personnages de Solo est savoureuse, ce n’est pas grâce à son personnage principal assez falot. Or l’histoire tourne trop autour de ce dernier pour que cela n’impacte pas de manière sensible l’intérêt global de ce film. Le génial devient en tout cas totalement hors de portée.
Cependant, Solo reste un excellent film d’aventures, bien mené, rythmé et terriblement divertissant. On ne s’ennuie pas une seule seconde et le film nous offre tout de même une bonne dose de plaisir. Le fond de l’histoire n’a rien de terriblement original, mais elle est parsemée d’assez de moments sympathiques et de quelques rebondissements qui nous surprendraient presque. Le fan de Star Wars y trouvera aussi son compte dans les liens plutôt bien pensés que le film tisse avec le reste de la saga. La rencontre avec Chewbacca, l’acquisition du Faucon Millenium, tout ça fonctionne très bien. Le film recèle quelques références plus pointus que les plus acharnés sauront dénicher. Au final, le produit est sans doute la production de cet univers le plus formaté. On est loin de la bonne surprise Rogue One. Mais il serait mentir de dire que l’on n’est pas heureux d’avoir passé deux heures de plus dans cet univers à nul autre pareil.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Production : Lucasfilm, Walt Disney Pictures Réalisation : Ron Howard Scénario : Lawrence Kasdan et Jon Kasdan, d’après des personnages créés par George Lucas Montage : Pietro Scalia Photo : Bradford Young Décors : Neil Lamont Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures International Musique : John Powell, John Williams Durée : 135 min
Casting : Alden Ehrenreich : Han Solo Donald Glover : Lando Calrissian Emilia Clarke : Qi Ra Woody Harrelson : Tobias Beckett Joonas Suotamo : Chewbacca Thandie Newton : Val Paul Bettany : Dryden Voss
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