
Ant-Man et la Guêpe fait partie de ces films dont on n’attend pas grand chose, mais dont on sort presque enthousiaste car il s’avère bien meilleur que prévu. Il ne s’agit certainement pas là du film Marvel le plus inoubliable, mais dans la lignée du premier, il constitue un divertissement de premier ordre, mêlant action, humour premier et second degré et des personnages particulièrement attachants. Le tout sur un rythme relativement endiablé qui ne laisse pas une seconde de la place à l’ennui. Un film qui ne cherche pas à être plus que ce qu’il est et qui remplit donc sa mission à la perfection. Si on ajoute les quelques clins d’œil qui raviront les fans, on en a vraiment pour notre argent.

LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique :
Réalisation : Peyton Reed
Scénario : Chris McKenna, Erik Sommers, Gabriel Ferrari, Andrew Barrer et Paul Rudd, d’après les personnages créés par Stan Lee, Larry Lieber et Jack Kirby
Direction artistique : Clint Wallace
Décors : Shepherd Frankel
Costumes : Louise Frogley
Photographie : Dante Spinotti
Montage : Dan Lebental et Craig Wood
Musique : Christophe Beck
Production : Kevin Feige
Production déléguée : Victoria Alonso, Stephen Broussard, Stan Lee et Charles Newirth
Coproduction : Mitchell Bell et Lars P. Winther
Durée : 118 minutes
Casting :
Paul Rudd : Scott Lang / Ant-Man
Evangeline Lilly : Hope van Dyne / la Guêpe
Michael Peña : Luis
Walton Goggins : Sonny Burch
Bobby Cannavale : Paxton
Judy Greer : Maggie
David Dastmalchian : Kurt
T. I. : Dave
Hannah John-Kamen : Ava Starr / Fantôme
Abby Ryder Fortso : Cassie Lang
Randall Park : l’agent du FBI Jimmy Woo
Michelle Pfeiffer : Dr Janet van Dyne / l’ancienne Guêpe
Laurence Fishburne : Dr Bill Foster
Michael Douglas : Dr Henry « Hank » Pym / l’ancien Ant-Man

Woman at War se démarque aussi par sa forme. Benedikt Erlingsson prouve qu’un budget moyen n’empêche en rien l’imagination visuelle et le travail artistique de premier ordre. Par quelques trouvailles, notamment les groupes qui viennent jouer la musique du film à l’écran, il donne à son film un supplément de poésie qui ajoute le charme à l’intérêt. Evidemment, la beauté des paysages islandais aide aussi à faire de ce film une œuvre à l’esthétique marquée. Le film doit beaucoup également à Halldóra Geirharðsdóttir qui interprète non pas un seul, mais deux rôles. Elle tient largement son rôle sur ses frêles épaules. Mais comme veut le prouver ce film, aussi frêles soient-elles, elles ont la capacité à changer le monde. Enfin au moins à essayer…
Steven Soderbergh reste un des maîtres de la réalisation style « reportage » avec une impression de caméra à l’épaule et un grain d’image qui fait plus penser à une vidéo prise avec un téléphone portable qu’à un classique hollywoodien. Ceci n’est évidemment qu’illusion, tant on sent que la photographie, assurée par Soderbergh lui-même, est soignée. Paranoïa permet aussi à Claire Foy de quitter le monde de la série télévisée pour tenir un premier rôle au cinéma. La transition du petit au grand écran se déroule sans soucis tant elle paraît à l’aise dans ce rôle qui demandait pourtant beaucoup de maîtrise. Mais Soderbergh reste aussi un merveilleux directeur d’acteur. Bref, un grand cinéaste, même dans ses œuvres les moins marquantes.
Cela ressemble quelque peu à un cliché, mais ce film de personnage doit beaucoup à son interprète principal. La récompense reçu par Marcello Fonte à Cannes n’a vraiment rien d’usurpée, tant il brille dans un rôle de composition qui aurait vite pu tourner à la farce, sans un minimum de crédibilité. Son interprétation est d’une justesse remarquable. Elle entre surtout en synergie avec la réalisation de Matteo Garrone qui nous fait ressentir avec force la noirceur et l’impression de décadence des lieux. Chaque pan de mur semble témoigné de la déliquescence d’un lien social où seul la loi du plus fort prime. Le tout donne un film vraiment réussi qui nous offre un nouveau point de vue brillant sur un univers pourtant maintes fois montré au cinéma.
Pour le reste, Sicaro : la Guerre des Cartels est un film d’action qui n’échappe pas, loin s’en faut, aux clichés. Le déroulé du scénario ne réserve pas vraiment de surprises et les quelques scènes d’action n’ont vraiment rien d’inoubliables. Les autres personnages sont quelque peu caricaturaux (enfin même celui incarné par Benicio Del Toro l’est quelque peu). Mais le tout est assez rythmé pour que l’on ne s’ennuie jamais et reste parcouru par assez de tension narrative pour que l’on est tout de même envie de savoir où tout cela va mener. Et combien même cela ne conduit à aucune terre réellement inconnue, on est quand même satisfait d’avoir fait ce voyage, quand bien même il ne nous marquera pas profondément.
Au Poste ! offre une occasion en or à Benoît Poelvoorde de cabotiner comme il l’aime. Certes, on aimerait parfois que Quentin Dupieux l’ait dirigé de manière un peu plus ferme, mais à la fois, on est aussi venu voir ce film pour assister à son numéro habituel. Il est parfois un peu en roule libre, mais assez à son aise pour valoir un petit détour. Grégoire Ludig lui tient tête avec un certain talent, surtout qu’il fait preuve de bien plus d’application et de maîtrise dans son interprétation. Enfin, le casting compte pas mal de caméos et de petits rôles particulièrement réjouissants, en premier lieu Orelsan et Anaïs Demoustier. Ils concourent tous à la réussite de ce film qui nous fait passer un court mais bon moment.
Marie Monge aura quand même eu l’immense privilège de compter Tahar Rahim au casting de son premier film. Voilà qui n’est pas donné à tout le monde. Malheureusement, cela n’est pas suffisant, on l’a vu, pour nous faire croire à cette histoire. S’il donne de sa personne et de son talent, tout comme sa partenaire Stacy Martin, il ne parvient pas à incarner de manière convaincante des sentiments qui semblent trop sortis de nul part pour y croire vraiment. Leurs performances resteront plus académiques que réellement marquantes. Joueurs n’est pas au final pas un film raté, mais ses quelques défauts sont placés à des moments trop stratégiques pour passer outre. On en ressort en se disant que l’on oubliera vite ce film. Ce que l’on manquera pas de faire.
Love, Simon nous délivre également un message inattendu sur les méfaits de la chirurgie esthétique. Qu’il est dur pour un ancien fan d’Alias comme moi de voir ce qu’est en train de devenir Jennifer Garner. Elle ne fait pas encore peur, mais est tout de même légèrement défigurée. J’étais pourtant de la retrouver à l’écran, elle qui se fait rare. On comprend mieux cependant pourquoi. On mettra donc particulièrement en avant le casting adolescent réellement convaincant, plein de fraîcheur et de conviction. Le jeune Nick Robinson tient le haut de l’affiche avec un réel culot et surtout un grand talent. Son personnage, comme son interprète, méritait en tout cas une autre fin.
Je suis loin d’être le plus grand fan sur terre de Charlize Theron. Je dois pourtant admettre qu’elle porte avec brio le film sur ses épaules. Il faut reconnaître aussi qu’elle est parfaitement secondée par Mackenzie Davis, dont les rôles prennent de l’ampleur à chaque apparition et qui tient là pour la première fois le haut de l’affiche. Le duo fonctionne à la perfection. Tully confirme l’immense talent de Jason Reitman et sa capacité à livrer des films drôles et tendres, tout en abordant intelligemment et en profondeur de vraies questions. Le film n’est peut-être pas aussi marquant que Juno ou In the Air, mais il reste de ceux qu’il serait dommage de ne pas voir.
Hérédité est marqué par la jolie performance de Toni Colette. Le scénario est largement centré sur son personnage et elle parvient à faire passer ce dernier par à peu près tous les états avec le bonheur et la même force de conviction. Il est aussi marqué par la révélation du jeune Alex Wolff dont le rôle prend de plus en plus d’ampleur au fur et à mesure que le film avance. La réalisation de Ari Aster est globalement sobre, avant tout au service de son histoire, même si le dénouement nous proposera quelques effets spectaculaires. En tout cas, il fait preuve d’une maîtrise globale et d’une vraie maturité artistique, surprenante pour un premier film. A revoir donc.
Commentaires récents