LES FILLES D’AVRIL : Belles mamans

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lesfillesdavrilafficheDans la série des familles qui font aimer la sienne, je vous présente celle de Les Filles d’Avril. Un film où l’histoire, les personnages et tout le reste ne sont pas du tout ce qu’ils semblent être au tout début. Mais on le sait bien, c’est au cœur des familles que sont cachés les plus gros secrets et accessoirement les pires psychopathes. Au Mexique comme ailleurs. Il est rassurant de voir que les êtres humains sont les mêmes partout. Enfin, rassurant… Pas si sûr…

Les Filles d’Avril repose fortement sur ses personnages et les rapports qu’ils entretiennent entre eux. Or il est difficile d’en parler sans révéler ce qu’ils seront au final. On peut simplement dire que c’est là que réside le moteur de ce scénario, la surprise de découvrir peu à peu ce dont chacun est capable. Si cela nous mène vers un dénouement finalement assez attendu, c’est au cœur de l’histoire que se situe son plus grand intérêt et la vraie tension narrative. On en ressort donc pas forcément hyper enthousiaste, mais tout de même satisfait.

lesfillesdavrilLes Filles d’Avril représente l’occasion de découvrir deux formidables actrices. Enfin, pour Emma Suarez, on ne peut plus vraiment parler de découverte. Une valeur sûre du cinéma espagnole qui avait déjà ébloui à l’écran dans Julieta de Pedro Almodovar. Par contre Ana Valeria Becceril tient là un premier grand rôle remarquable et espérons le remarqué. Entre tristesse, force et détermination, elle interprète une foule de sentiments et d’attitude avec toujours le même talent. Ce duo d’actrice fait beaucoup pour la réussite de ce film pas indispensable, mais dont il serait dommage de se dispenser.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : Lucia Films
Réalisation : Michel Franco
Scénario : Michel Franco
Montage : Michel Franco, Jorge Weisz
Photo : Yves Cape
Distribution : Version Originale / Condor Entertainment
Durée : 103 mn

Casting :
Emma Suarez : Avril
Ana Valeria Becerril : Valeria
Enrique Arrizon : Mateo
Joanna Larequi : Clara
Hernan Mendoza : Gregorio
Ivan Cortes : Jorge

ATOMIC BLONDE : Rien d’une bombe

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atomicblondeafficheDepuis la série Alias, tout le monde sait qu’une femme est tout à fait capable de remporter un combat à mains nues contre n’importe quelle armoire à glace de sexe masculin. Il ne faut donc pas s’étonner de voir ce constat repris également au cinéma. Cependant, c’est tout de même un peu léger pour en faire un scénario à part entière. Cela ne semble cependant pas avoir arrêté les auteurs de Atomic Blonde. Un film qui tourne souvent au grand n’importe quoi.

Atomic Blonde nous plonge dans les dernières heures de l’espionnage tous azimuts à Berlin, alors que le Mur est sur le point de s’effondrer. Un scénario faussement complexe, plein de rebondissements particulièrement prévisibles. Tout cela ne constitue qu’un prétexte à une litanie de scènes de baston qui se veulent hyper intenses et violentes. Malheureusement The Raid est passé par là avec infiniment plus de talent et il en faut plus pour émouvoir le spectateur averti.

atomicblondeLes combats d’Atomic Blonde se caractérisent par des combattants qui refusent désespérément d’être KO, voire de mourir quand les armes à feu s’en mêlent. Ceci prête à sourire d’abord, puis quand on comprend que cela sera systématique, on se dit que cela tourne sérieusement au grand n’importe quoi. Mais au final, ce tic qui s’apparente à un running gag constitue le seul éclair d’intérêt dans ce grand néant. Un éclair ténu, mais on se raccroche à ce que l’on peut parfois.

LA NOTE : 09/20

Fiche technique :
Production : 87Eleven, Closed on Mondays Entertainment, Denver and Delilah Productions, Film i Väst, T.G.I.M Films
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : David Leitch
Scénario : Kurt Johnstad, d’après le roman graphique de Sam Hart et Antony Johnston
Montage : Elisabet Ronaldsdottir
Photo : Jonathan Sela
Décors : David Scheunemann
Musique : Tyler Bates
Durée : 115 min

Casting :
Charlize Theron : Lorraine Broughton
James McAvoy : David Percival
Eddie Marsan : Spyglass
John Goodman : Emmett Kurzfeld
Toby Jones : Eric Gray
James Faulkner : C
Sofia Boutella : Delphine Lasalle
Roland Moller : Aleksander Bremovych
Bill Skarsgard : Merkel
Til Schweiger : L’horloger

TOUT CA POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PS : EPISODE 5 : La bataille de Reims

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episode5Dans un congrès du Parti Socialiste, après le temps des contributions, voici venu celui des motions. C’est à dire les textes sur lesquels les militants sont invités à voter pour déterminer la « ligne » politique majoritaire. De 21 textes, on passe à 6. Les grandes manœuvres ont eu lieu, les groupes ont fusionné. En dehors de deux motions plus anecdotiques, quatre grandes forces se retrouvent au travers des quatre premiers signataires : Bertrand Delanoë, Ségolène Royal, Martine Aubry et un petit jeune… Benoît Hamon, marquant ainsi le passage de témoin avec Henri Emmanuelli.

Pendant l’automne, Betrand Delanoë mène une campagne de futur vainqueur. Son équipe évoque même une majorité absolue dès le premier tour. Elle ne se rend pas compte qu’il n’est pas si populaire que ça en dehors de Paris et que surtout l’entendre discourir ne le sert pas forcément. Son style oratoire et sa gestuelle sont particulièrement agressifs. Personnellement, même si mon choix avait été fait avant cela, l’écouter ne m’a certainement pas incité à changer d’avis.

Le jour du vote arrive… et là surprise, Ségolène Royal est en tête. De peu, mais sa motion est bien arrivée devant celle du Maire de Paris. C’est la panique dans l’establishment socialiste. Ce dernier pensait s’être débarrassé d’elle après sa défaite aux Présidentielles, mais la revoilà grâce à son lien direct avec le militant de base. Il est donc urgent de mobiliser contre elle, malgré sa légitimité démocratique. L’attaquer sur ces idées est compliqué… puisqu’elles sont toujours partagées par au moins une partie de ses adversaires. Et puis ce ne sont pas ses idées qu’il faut abattre, c’est bien elle en tant que personne. Elle qui a eu l’audace d’être là sans passer par des années de cirages de bottes au sein du sérail. Et ça, ils ne lui pardonneront jamais. Alors ils trouvent enfin la petite lorgnette par laquelle ils vont pouvoir se différencier tous d’elle : sa volonté d’une alliance avec le Modem au niveau national.

Tout le Parti Socialiste se retrouve donc à Reims. Bon pas moi, ne faisant pas encore parti des cadres pouvant bénéficier d’un sésame. Alors je suis ça à la télé. LCP retransmet les débats en direct dans une atmosphère que l’on sent électrique. C’est plus fort que Dallas, le suspense est à son comble, la haine partout. Je me souviens très bien de l’intervention de Laurent Fabius. Lui qui quelques semaines auparavant signait une contribution brillante dont le contenu a déjà été oublié de tous (et sûrement de lui-même) livre un propos introductif consensuel avant d’annoncer qu’il va traiter le sujet qui lui semble essentiel : les alliances donc… Un enjeu essentiel pour l’avenir du monde, vous l’admettrez. Ce petit moment de politique politicienne est tellement révélateur. Non que les acteurs ne soient pas capables de livrer une pensée cohérente, pertinente et intéressante, mais tout ceci s’efface dès que la conquête du pouvoir, quel que soit le niveau, est en jeu.

Puis Ségolène Royal monte à la tribune. La salle fait immédiatement entendre une litanie de sifflets. Chacune de se phrase est ponctuée de réactions agressives de la part du public… mais évidemment aussi d’applaudissements de ses supporters, mais qui sont loin d’être majoritaires dans la salle. Le spectacle est incroyable de violence, une violence orchestrée par tous ceux qui ont peur à ce moment de perdre leur place si jamais elle venait à prendre le contrôle du PS. Une violence haineuse largement reprise par des militants de base qui se prêtent avec enthousiaste à ce jeu morbide. J’avoue qu’à ce moment là, j’étais englouti, fasciné par ce jeu de pouvoir qui est bien réel, pas une fiction comme au cinéma. C’est une mécanique terrible qui peut vous emporter et vous faire perdre tout sens de la mesure et du simple respect de la personne. Et progresser au sein d’une structure comme le PS revient à savoir manier cette mécanique à son propre profit.

Le Congrès s’achève par l’annonce des candidats pour le poste de 1er Secrétaire. Bertrand Delanoë s’il se présente sera à coup sûr élu. Il est le plus légitime pour être l’ « anti-Ségolène Royal » mais vexé de la deuxième place et du score de sa motion, il renonce. Personne ne mesure alors qu’il vient de briser sa propre ascension et modifier profondément l’histoire politique des années qui vont suivre. Du coup, Martine Aubry se dévoue. Elle qui a été élu Maire de Lille en faisant une alliance avec le MODEM, alors qu’elle n’en avait pas besoin. Comprenne qui pourra… Benoît Hamon se présente également, même si on sait bien qu’il finira 3ème et appellera à voter Aubry au 2ème tour.

Le scénario se déroule d’ailleurs sans surprise au soir du premier tour, la fin de la semaine qui suit le Congrès. Mais le lendemain, les médias annoncent en début de soirée la victoire probable de Ségolène Royal. Je suis alors aux Mureaux, au siège de la Fédération du PS des Yvelines. Nous nous prenons alors le chemin de Paris et du QG de campagne de Ségolène Royal pour fêter la victoire. En chemin, l’une d’entre nous reçoit un SMS… Les résultats de la Fédération du Nord tardent à tomber, comme si on les corrigeait pour coiffer Ségolène Royal sur le poteau… Et c’est exactement ce qui arrive. Tricherie ou pas tricherie ? Nul ne le saura jamais, surtout que certains scores des DOM-TOM laisse penser que la pratique était largement partagée.

Le QG de Ségolène Royal est en effervescence. La colère gronde, tout le monde est persuadé que la victoire a été volée. Je suis même interviewé par une chaîne de télé, qui ne retiendra sûrement pas mon témoignage car j’ai bien du mal à donner d’arguments pour étayer mes propos. Manuel Valls, alors fidèle lieutenant de Royal, prend la parole devant les médias pour dénoncer la situation. On imagine mieux avec le recul que ce dernier et Martine Aubry ne sont pas près de s’apprécier.

S’en suivra des semaines de contestations, de menaces de recours. Mais le résultat est là, Martine Aubry est bien 1ère secrétaire du Parti Socialiste. L’image donnée par le PS a été lamentable. Mais ce dernier est alors dans l’opposition d’un pouvoir sarkozyste de plus en plus impopulaire. Alors les divisions vont vite disparaître. Les élections locales vont s’enchaîner et le pouvoir (et les places) va être à prendre. Et rien de mieux pour souder un Parti ! Au moins en façade…

LOLA PATER : Un père et manque

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lolapaterafficheOn choisit ses copains mais rarement sa famille comme le dit la chanson. Et c’est tant mieux car sinon beaucoup de films n’auraient jamais vu le jour. Les relations conflictuelles ou au moins dysfonctionelles entre parents et enfants constituent une source inépuisable d’inspiration pour écrivains et scénaristes de tous poils. Une nouvelle preuve avec Lola Pater. Un film fait pour faire briller Fanny Ardant. Mais pas que !

Commençons par ce qui fâche. En effet, une fois la situation de départ posée (et dont j’ignorais tout, n’ayant rien lu sur le film), le scénario est relativement sans surprise. Il se passe exactement ce qu’on attend qu’il se passe jusqu’à un dénouement tout à fait attendu. Après Lola Pater traite son sujet avec assez d’intelligence et de tendresse pour que l’on s’attache aux personnages et suivent leur cheminement avec un vrai plaisir et un réel intérêt.

lolapaterLola Pater offre un rôle sur mesure à Fanny Ardant. Le moins que l’on puisse dire est qu’elle occupe la place, ou du moins l’écran, avec un charisme et un talent hors du commun. Mais on n’en attendait pas moins d’une telle actrice qui se fait finalement assez rare. Cependant, son omniprésence ne doit pas faire oublier la très belle performance de Tewfik Jallab, dans un registre moins flamboyant néanmoins. C’est bien parce que le duo fonctionne que le film fonctionne également. Pour le plus grand bonheur des spectateurs.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Blue Monday, Versus productions
Distribution : ARP Sélection
Réalisation : Nadir Moknèche
Scénario : Nadir Moknèche
Montage : Chantal Hymans
Photo : Jeanne Lapoirie
Décors : Johann George

Casting :
Fanny Ardant : Lola
Tewfik Jallab : Zino

CRASH TEST AGLAE : Pas de crash sur cette route !

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crashtestaglaeafficheOn poursuit donc dans les roadmovie français avec Crash Test Aglaé. L’idée de base, un peu comme Djam, reste suivre les pas d’un personnage décalé mais attachant dans un périple fait de rencontres et de terres inconnues. Par contre, la personnalité des deux personnages en question est diamétralement opposée et je peux arrêter là le petit jeu des comparaisons que j’affectionne tant. En tout cas, Eric Gravel signe là un premier film très réussi, à défaut d’être aussi audacieux qu’il aurait pu l’être.

Crash Test Aglaé fonctionne avant tout parce que son personnage central attire tout de suite la sympathie du spectateur, malgré son effroyable psychorigidité. A la base, c’est même un trio qui parvient à séduire puisqu’elles sont bien trois à prendre la route. Un trio assez épatant et même assez inattendu, notamment pour ce qui est du rôle interprété par Yolande Moreau. Ensuite le scénario va de plus en plus loin dans le décalage entre les protagonistes et les lieux, jusqu’aux confins de l’Himalaya. Eric Gravel a peut-être pêché en s’interdisant de faire vraiment sortir son histoire du réalisme, se contentant d’un côté improbable. Une petite retenue qui empêche d’être définitivement enthousiasmé pour ce qui reste tout de même une aventure extraordinaire menée par un personnage absolument pas programmé pour cela.

crashtestaglaeCrash Test Aglaé doit beaucoup à la belle performance de India Hair, que l’on avait découvert il y a quelques temps déjà dans Camille Redouble. Elle prouve ici qu’elle possède vraiment l’étoffe d’un premier rôle. Elle porte une grande partie du film sur ses frêles épaules qui semblent donc beaucoup plus solides qu’elles en ont l’air. Son interprétation est parfaitement mise en valeur par le travail de réalisation d’Eric Gravel, donc la qualité est à souligner. Un roadmovie a toujours besoin d’une caméra capable de nous faire apprécier l’ambiance et l’esthétique des lieux. Il parvient à faire de ce film un joli voyage, plein de tendresse et ponctué d’une pointe d’humour. Un voyage que l’on ne regrette pas de mener en tout cas.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Éric Gravel
Scénario : Éric Gravel et Fabrice de Costil
Costumes : Caroline Spieth
Photographie : Gilles Piquard
Montage : Reynald Bertrand
Musique : Philippe Deshaies, Lionel Flairs, Benoit Rault et Jean-Michel Pigeon
Producteur : Nicolas Sanfaute et Maciek Hamela
Durée : 85 minutes

Casting :
India Hair : Aglaé
Julie Depardieu : Liette
Yolande Moreau : Marcelle
Anne Charrier : la DRH
Frédérique Bel : Lola
Tristan Ulloa : Clovis
Adil Hussain : Shankar
Hanns Zischler : Furstenberg
Éric Berger : le délocalisateur
Franck Mercadal : Longchamps
Irina Wanka : Sigrun
Daria Panchenko : Uliana
Ustina Oksana : Daria

DJAM : La route en musique

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djamaffichePour vous parler de Djam, j’ai failli écrire une critique couplée avec Crash Test Aglae. En effet, en allant les voir l’un après l’autre, j’ai assisté à deux roadmovies hexagonaux. Mais comme les deux films sont tous les deux très réussis, au final assez différents et que je ne peux tout de même pas prétexter un manque de temps en tant que vacancier, je me suis dit qu’ils valaient bien un avis chacun. Je vais donc commencer par le nouveau film de Tony Gatlif qui nous fera voyager entre la Grèce et la Turquie. Qui nous fera surtout voyager en musique.

Djam reprend la recette classique du roadmovie. Un parcours qui nous permet de découvrir des lieux, des personnes, des problématiques qui vont croiser le chemin des deux personnages. Le film est particulièrement riche à ce niveau là. Les échos de l’actualité sont nombreux, entre la crise grecque et le sort des réfugiés qui tente de franchir le bras de mer entre la Turquie et l’île de Lesbos. Tout est fait au travers de l’histoire des protagonistes, jamais de manière contemplative ou purement descriptive. Cela confère au sujet un supplément d’émotion qui sert parfois le cœur. Le film est au final une mosaïque d’histoires et de sujets, qui forment un tout cohérent et convaincant.

djamSur la forme, on retrouve tout ce qui a toujours fait le charme du cinéma de Tony Gatlif. Il va encore plus loin ici, puisqu’on pourrait presque parler de comédie musicale. Ou disons que Djam est parcouru de moments musicaux que l’on écoute de bout en bout. Cela s’insère avec beaucoup de naturel dans ce récit polymorphe. Une pièce supplémentaire du puzzle, mais une pièce essentielle. Ce film est surtout l’occasion de découvrir Daphne Patakia, une jeune actrice belge qui crève littéralement l’écran. Elle sera à l’affiche de la saison 3 de Versailles à la rentrée et cela constitue une raison à elle seule d’attendre avec impatience cette dernière.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Réalisation : Tony Gatlif
Scénario : Tony Gatlif
Directeur de la photographie : Patrick Ghiringhelli
Montage : Monique Dartonne
Costumes : Catherine Rigault
Producteur : Fenia Cossovitsa et Suzan Güverte
Genre : Drame
Durée : 97 minutes

Casting :
Daphné Patakia : Djam
Maryne Cayon : Avril
Simon Abkarian : Kakourgos
Kimon Kouris : Pano
Solon Lekkas : Solon
Eleftheria Komi : Maria
Yannis Bostantzoglou : Le père

LA PLANETE DES SINGES : SUPREMATIE : Dernier souffle avant le déclin

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laplanetedessingessuprematieafficheLe mythe de la Planète des Singes a donné lieu à bien des films aux qualités diverses et variées. Pendant longtemps, on pouvait facilement prétendre que rien n’égalait le premier d’entre eux. Même Tim Burton n’a pas réussi à produire un remake vraiment convaincant. Puis est venu La Planète des Singes : les Origines, sorti en 2011 qui a séduit le public et les critiques, avec pour mérite en plus de raconter une histoire relativement inédite. La suite, la Planète des Singes : l’Affrontement ayant été elle aussi très réussie, c’est avec une vraie impatience que l’on attendait la Planète des Singes : Suprématie, qui s’annonçait comme un des principaux blockbusters estivaux. Le résultat est plaisant, mais limité.

La Planète des Singes : Suprématie repose sur un scénario parfois fragile. En effet, on assiste quand même à une succession de choix très hasardeux de la part des protagonistes, qui décrédibilise l’ensemble. On le sait, au cinéma, quand quelqu’un vise mal, il le fait et on l’accepte aisément, mais ici le film tire un peu trop sur cette corde quand ça l’arrange. De manière générale, l’histoire ne parvient pas aussi à nous faire ressentir réellement l’importance de l’enjeu. On a bien du mal à se dire que l’avenir de la Planète se joue sous nos yeux. En fait, on sent quand même un réel essoufflement des scénaristes qui n’ont pas su insuffler dans cet épisode un souffle nouveau.

laplanetedessingessuprematieLa Planète des Singes : Suprématie reste parfaitement réalisé techniquement par contre. Si le film manque de crédibilité, ce n’est sûrement pas à cause des effets spéciaux. Au contraire, ils restent demeurent assez bluffants. La mise en scène est aussi soignée, avec quelques beaux plans et des scènes d’action maîtrisées. Le film bénéficie aussi de la présente à l’écran d’un Woody Harrelson qui rentre totalement dans la peau de son personnage. On peut penser que la franchise s’arrêtera là et on se dit qu’elle ce n’est pas plus mal, pour éviter un déclin qui serait dommageable à la qualité globale de cette trilogie qui reste tout de même de premier plan.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : Chernin Entertainment, TSG Entertainment
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Matt Reeves
Scénario : Matt Reeves, Mark Bomback
Montage : William Hoy, Stan Salfas
Photo : Michael Seresin
Décors : James Chinlund
Musique : Michael Giacchino
Effets spéciaux : Weta Digital
Durée : 140 min

Casting :
Andy Serkis : César
Woody Harrelson : Le Colonel
Steve Zahn : Bad Ape
Terry Notary : Rocket
Karin Konoval : Maurice
Amiah Miller : Nova
Judy Greer : Cornelia
Devyn Dalton : Cornelius

VALERIAN ET LA CITE DES MILLE PLANETES : Beauté sans saveur

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valerianafficheDes événements cinématographiques de cet été, Valérian et la Cité des Mille Planètes fait partie des plus attendue. Surtout en France, visiblement, tant le film a fait un bide aux Etats-Unis. Car il ne faut pas demander aux Américains de connaître l’œuvre de Mézières et Christin, combien même son influence est immense… notamment sur George Lucas qui s’en est beaucoup inspiré pour la création visuelle de Star Wars. Une envie surtout de revoir Luc Besson à son meilleur pour nous livrer une œuvre aussi marquante que le Cinquième Elément. Surtout qu’il s’est incroyablement investi dans ce projet, signant le film indépendant le plus cher de l’histoire. La bande-annonce magnifique laissait présager le meilleur. Mais au final, le résultat est mitigé.

Une chose est incontestable, Valérian et la Cité des Mille Planètes est très réussi visuellement. Il rend un bel hommage à l’univers graphique de Mézières et Christin. Les décors, les costumes sont d’une immense diversité et sont à peu près tous magnifiques. Si on ajoute à ça une exécution technique des effets spéciaux irréprochable, on voit vraiment le monde de la bande-dessinée prendre vie. De ce point de vue là, le travail de Luc Besson est à saluer et ne peut guère souffrir de critiques.

valerianReste bien sûr le scénario. C’est bien par là que Valérian et la Cité des Mille Planètes pêche quelque peu. Non que l’on s’ennuie, mais il ne parvient pas à donner une véritable personnalité et originalité au film. Il y a bien de l’humour,de l’action et du rythme, mais peut-être pas assez pour marquer vraiment les esprits. Cela manque d’épaisseur sur à peu près tous les plans. Pas assez pour parler de film raté, mais trop pour en faire un film culte comme le Cinquième Elément. Les personnages sont un tantinet transparents et les acteurs manquent parfois d’un poil de conviction. Bref, tout cela donne l’impression d’un film inabouti pour avoir cherché à être trop consensuel. Avoir cherché à l’être a sans doute été l’erreur de Luc Besson. Une erreur qui pourrait lui coûter cher au sens premier du terme.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : Valérian SAS, EuropaCorp, TF1 Films production, Fundamental films
Distribution : EuropaCorp
Réalisation : Luc Besson
Scénario : Luc Besson, d’après la BD de Mézières et Christin
Montage : Julien Rey
Photo : Thierry Arbogast
Décors : Hugues Tissandier
Musique : Alexandre Desplat
Costumes : Olivier Bériot
Durée : 138 min

Casting :
Dane DeHaan : Valérian
Clara Delevingne : Lauréline
Clive Owen : Commandant Arün Fillit
Rihanna : Bubble
Ethan Hawke : Jolly
Kris Wu : Sergent Neza
Sam Spruell : General Okto Bar
Alain Chabat : Bob le pirate
Herbie Hancock : le ministre de la Défense

TOUT CA POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PS : EPISODE 4 : Prélude au Congrès de Reims, prélude à la haine

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episode4En cet été 2008, bien calé dans ma chaise-longue, j’attaque la lecture du recueil des contributions, dont l’écriture constitue la première étape qui doit mener au Congrès du Parti Socialiste qui aura lieu à Reims. J’ignore alors totalement dans quoi je m’embarque. J’ignore aussi alors totalement que je suis en train de commettre un acte totalement incongru pour un militant socialiste. Certes, le document fait 200 pages, mais pour moi en prendre connaissance m’apparaît parfaitement naturel. La suite me prouvera qu’il n’en est rien.

Lorsque j’ouvre le document, je pense être relativement sûr de mon futur choix. Je soutiendrai Bertrand Delanoë ! François Hollande ayant annoncé qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat de premier secrétaire, le Maire de Paris semble le mieux placé pour assurer un nouveau leadership. Il est alors le grand favori et beaucoup imagine que tout cela l’emmènera vers une candidature à l’Elysée. Mais je garde l’esprit ouvert et me plonge dans les textes en me disant que je soutiendrai le plus convaincant.

Tous les grands leaders signent un texte : François Hollande, malgré son retrait, Bertrand Delanoë donc, Ségolène Royal, Martine Aubry, Laurent Fabius, Henri Emmanuelli, mais aussi Pierre Laroutourou et Jean-Luc Mélenchon, puisqu’ils font encore partie du PS. Les 21 textes sont globalement d’un très bon niveau intellectuel. Sans doute, est-ce le moment où le parti aura atteint son apogée en termes de débat d’idées. Dommage que tout ce qui suivra détruira tout… En tout cas à ce moment-là, je suis particulièrement fier d’être adhérent socialiste.

Si la plupart des textes sont très bons, certains sont cruellement décevants. En premier lieu, ceux de Martine Aubry (avec le recul, je peux désormais dire « comme d’habitude »)… et celui de Bertand Delanoë. On y sent une volonté de consensus mais qui limite terriblement la porté des propos. En gros, ça se limite à « il y a trop d’injustice, donc il faut moins d’injustice ». Mais rien, quasiment rien sur les moyens d’y arriver. Celui de Ségolène Royal est par contre très riche, alliant un propos politique d’une grande hauteur et des propositions concrètes. Sa contribution est pour moi (avec celui de Hollande, mais puisqu’il ne se représentait pas, j’ai écarté ce choix) de loin la meilleure. Je décide donc de la soutenir.

Visiblement, ce schéma assez simple apparaît vite comme assez exceptionnel parmi mes chers camarades. Les discussions en section montre que la plupart d’entre eux n’ont pas ou peu ouvert le document. Beaucoup mettent en avant que finalement il y n’y a quasiment aucune différence entre les textes. Pourtant, de Gérard Collomb à Jean-Luc Mélenchon, le PS abritait encore une large partie du spectre électoral.

A la rentrée, une réunion est organisée au niveau du département pour présenter les différents textes. Une quinzaine d’orateurs sont à la tribune, dont Pierre Moscovici, qui a lui aussi signé un texte. C’est une occasion de voir pourquoi certains bénéficient d’un statut de leader. La télévision écrase considérablement le charisme. Il n’y a aucune comparaison avec les simples militants dont le discours est ponctué de « euh », le plus souvent le nez dans leurs notes. Les discours de Moscovici est à l’inverse clair et fluide, les arguments s’enchaînent avec conviction, sans aucune fiche d’aucune sorte. Je mesure toute la différence, et surtout l’écart, avec mes propres capacités, après ma tentative avortée d’interventions en Conseil Municipal sans note.

A la tribune, il y a aussi un intervenant pour défendre la contribution de Jean-Marc Ayrault. Je trouve ce choix étonnant. En effet, quand l’immense majorité des textes font une vingtaine de pages, celui de l’ancien Maire de Nantes ne fait que trois ou quatre pages sans grand intérêt. Quelques jours plus tard, je l’interroge sur ce choix. Il se justifie par des arguments liés à un positionnement purement politique, du genre une volonté de soutenir Royal mais sans lui donner un blanc-seing, une volonté de ne pas soutenir dès les contributions un ou une candidate au poste de premier secrétaire. Je lui réponds « oui mais le texte est sans intérêt ». Il me répond alors… « Je ne sais pas, je ne l’ai pas lu… »… Il l’a pourtant défendu à la tribune devant une salle entière.

Ce même soir à la tribune, le même intervenant sort qu’il pense que tout le monde peut être utile au sein du Parti « y compris l’aile gauche ». Une maladresse qui lui ressemble et qui lui vaut les sifflets d’une partie de la salle, surtout les plus jeunes. Sur le moment, je trouve ça amusant et surtout assez mérité. Siffler un camarade à la tribune, voilà qui me semble encore quelque chose d’exceptionnel et que je ne pense pas revoir de si tôt. La fin des illusions est plus proche que jamais.

ETE 93 : Deuil enfantin

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ete93afficheLe deuil est un processus des plus intimes qui peut prendre des chemins radicalement différents selon celui qui l’emprunte. Autant de chemin pour autant de possibilité de scénario, car cette acceptation de la mort a toujours nourri le cinéma. Le deuil pour une petite fille de 6 ans n’aura évidemment rien à voir avec celui qu’un adulte qui sait mieux décrypter et nommer ces propres émotions. Voici le sujet central de Eté 93, un joli film qui nous conduit entre le sourire et la tristesse. Deux extrêmes entre lesquels la vie nous malmènent parfois.

Eté 93 nous donne parfois le sourire parce que la jeune Frida reste terriblement attachante, bien au-delà du simple drame qui la touche. Elle est doté d’un esprit enfantin mais vif, qui l’autorise à quelques répliques particulièrement savoureuses. Cette sympathie s’élargit à tous les autres membres de la famille, chacun faisant du mieux qu’il peut pour faire face à la situation. Chacun possède ses faiblesses et sa maladresse, mais cela ne fait que rendre chaque personnage terriblement humain. Comme beaucoup de film sur le deuil, celui-ci se révèle au final d’un réel optimisme démontrant que si le chemin est difficile, il existe un nouveau bonheur après le deuil.

ete93Ceci étant dit, Eté 93 manque parfois un peu d’épaisseur. Le film est touchant mais pas radicalement émouvant, pas toujours passionnant et jamais bouleversant. On compatit, on partage la tristesse des personnages dans les moments difficiles, sans que cela ne se fasse avec toute la force qui aurait pu donné au film une dimension supplémentaire. Le scénario est avant tout basé sur une série de scénettes de la vie quotidienne de cette famille. Chacune d’elle correspond bien sûr à un nouveau petit pas sur ce chemin escarpé, mais cela donne au film un aspect contemplatif qui fait parfois flirter le spectateur avec l’ennui. Sans être décevant, le film n’imprime pas une marque indélébile dans l’esprit et le cœur des spectateurs.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Réalisation : Carla Simón
Scénario : Carla Simón
Pays d’origine : Espagne
Genre : drame
Durée : 97 minutes

Casting :
Laia Artigas : Frida
Bruna Cusí : Marga
David Verdaguer : Esteve
Paula Robles : Anna
Paula Blanco : Cesca
Etna Campillo : Irene
Jordi Figueras : Blai
Dolores Fortis : Carnissera