Si le concept du zombie trouve ses racines dans la culture populaire haïtienne, il n’est entré dans l’imaginaire collectif mondial qu’assez récemment, beaucoup plus en tout cas que le fantôme ou le vampire. Il connaît même un regain d’intérêt ces dernières années dans la foulée de la série The Walking Dead. A chaque fois, on se dit qu’il n’est plus possible de renouveler le genre et que l’on va forcément sombrer dans le déjà vu. Il n’en est rien, car l’imagination humaine est sans limite. La preuve avec The Last Girl : Celle qui a Tous les Dons. Un film doté d’une certaine ambition scénaristique même s’il ne concrétise malheureusement pas tout son potentiel.
The Last Girl : Celle qui Tous les Dons fait partie de ces films qui exige du spectateur de voir un peu au-delà du premier degré de lecture. Si on s’arrête à l’enchaînement des péripéties, il est vrai que le film peut paraître assez basique. Il introduit quelques concepts originaux, mais les exploite finalement avec un certaine timidité. Il faut être assez attentif et vraiment entrer dans le film pour en saisir toute la subtilité. Du coup, le scénario échoue notamment à donner toute sa force à un dénouement qui aurait pu vraiment être réellement mémorable.
Les références nombreuses aux mythes grecs constituent un bon exemple. Ils sont cités, on peut voir facilement le parallèle si on les connaît assez bien par ailleurs, mais certains spectateurs auront plus de mal à saisir le sens supplémentaire que les scénaristes ont cherché à donner à l’histoire à travers ses parallèles. The Last Girl : Celles qui a Tous les Dons aurait vraiment pu revêtir une dimension supplémentaire avec une surcroît d’ambition et un propos plus explicite. Le résultat n’en demeure pas moins réussi, assez intéressant, mais pas aussi passionnant qu’il aurait pu, qu’il aurait du. Dommage.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Poison chef, BFI, Altitude film, Creative England Distribution : La Belle Company Réalisation : Colm McCarthy Scénario : M. R. Carey, d’après son roman Celle qui a tous les dons (The Girl with All the Gifts) Montage : Matthew Cannings Photo : Simon Dennis Décors : Kristian Milsted Musique : Cristobal Tapia de Veer Durée : 111 min
Casting : Dominique Tipper : Devani Anamaria Marinca : Dr. Selkirk Paddy Considine : Eddie Parks Glenn Close : Dr. Caroline Caldwell Gemma Arterton : Helen Justineau Sennia Nanua : Melanie
Au village aussi l’on a de beaux assassinats chantait Brassens. Au Caire aussi visiblement. Autant qu’à Los Angeles en tout cas. La preuve avec Le Caire Confidentiel dont le titre rappelle de manière non innocente un autre film (et un accessoirement un excellent roman). Un polar doublé d’une plongée dans la société égyptienne à quelques heures de la chute de Moubarak. Une plongée vertigineuse au cœur d’un système pourri jusqu’à la moelle par la corruption.
Le Caire Confidentiel reste avant tout un polar solide et extrêmement classique sur le fond. Il partagé bien des éléments scénaristiques avec son homologue de Los Angeles. Le meurtre au pays des notables est un sujet relativement universel. Bien sûr l’état de corruption avancée dans lequel il se déroule amplifie tout, mais les ressorts restent les mêmes. Les amateurs purs et durs du genre trouveront donc leur bonheur, même en ayant rien à faire de l’intérêt sociologiquo-historique indéniable de ce film.
Le Caire Confidentiel bénéficié de plus d’une réalisation et de moyens n’ayant rien à envier à la majorité des productions occidentales. Photographie, costumes et décors rendent le film particulièrement convaincant et passionnant, au-delà du simple intérêt présenté par l’histoire. Et que dire de l’interprétation qui démontre une nouvelle fois que le talent de comédien ne connaît vraiment pas de frontière. En tout cas, le film est une grande réussite à tout point de vue et on ne peut que regretter qu’il ne connaisse pas le même succès que s’il avait été américain avec deux ou trois stars hollywodiennes à l’affiche.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Atmo production, Final Cut for Real, Kasbah-Film Tanger, Ostlich Filmproduktion Distribution : Memento Films Réalisation : Tarik Saleh Scénario : Tarik Saleh Montage : Theis Schmidt Photo : Pierre Aïm Décors : Roger Rosenberg Durée : 106 min
Casting : Fares Fares : Noureddine Mari Malek : Salwa Yasser Ali Maher : Kamal Mostafa, le général Slimane Dazi : l’homme aux yeux verts Ahmed Selim : Hatem Shafiq Mohamed Yousry : Momo Hania Amar : Gina Ger Duany : Clinton
Les gens… ce peuple merveilleux et formidable paraît-il. Il est de bon ton d’aimer les gens, les vrais, pas ceux qu’on voit à la télé. Les authentiques, les préservés des modes et des tendances, les bruts de décoffrage, qui sentent parfois l’alcool et la sueur, mais ce n’est pas grave, parce qu’ils sont beaux à l’intérieur. Si toi aussi, tu aimes les gens, il te faut absolument aller voir Visages, Villages. Un beau moment d’humanité cinématographique. Un bon moment d’égocentrisme aussi.
Visages, Villages est un documentaire à sketchs. Une juxtaposition de moments partagés entre deux artistes, leurs modèles et leur œuvre plus ou moins éphémère. Tout est fait pour mettre en valeur les modèles, qui sont, vous l’aurez compris, des vrais gens dans de vrais villages. Si on mesure la qualité d’un artiste à sa capacité à tirer la beauté du commun, alors on peut effectivement considérer que JR et Agnès Varda sont deux grands artistes. Bon à la fois, personne n’en doutait. Qui dit films à sketch, dit le meilleur… c’est à dire de jolis passages, touchants, où l’attachement aux lieux et surtout aux gens donc est immédiat.
Mais dit aussi le pire donc. Le pire dans une certaine vision bobo à mort, idéalisant à mort ce qui ne devrait pas l’être. Un léger côté, « c’est formidable d’être pauvre, surtout ne changez pas » relativement déplacé. Entre affection et mépris, il n’y a parfois pas loin. Et que dire de la dernière partie qui ravira peut-être les fans de Jean-Luc Godard, mais qui n’a plus rien à voir avec le sujet du film et qui est aussi passionnant dans le fond que si je faisais un film sur mes courses du samedi matin, en pensant que le monde va trouver ça formidable. Au final, le meilleur domine quand même largement le pire, mais Visages, Villages prouve encore une fois que parfois l’enfer peut être pavé de bonnes intentions.
LA NOTE : 12/20
Fiche technique : Production : Ciné-Tamaris, Social Animals, Le Pacte, Rouge international, Cohen Media Group, Arte, Arches films Réalisation : Agnès Varda, JR Scénario : Agnès Varda, JR Montage : Agnès Varda, Maxime Pozzi Garcia Photo : Claire Duguet, Nicolas Guicheteau, Valentin Vignet, Romain Le Bonniec, Raphael Minnesota, Roberto De Angelis, Julia Fabry Distribution : Le Pacte Son : David Chaulier, Alan Savary, Pierre-Henry Thiebaut, Morgane Lanniel Musique : Matthieu Chedid dit M Directeur artistique : Guillaume Cagniard Durée : 89 min
Lundi 7 mai 2007. La veille au soir, Nicolas Sarkozy est élu Président de la République, ce que je vis comme une sorte de catastrophe. Du coup, je prends ma carte au Parti Socialiste, concrétisant une intention déjà ancienne. En quelques clics, j’adhère et je me prépare au combat. Je suis motivé, remonté, enclin à en découdre avec la droite. Et là… et là… il ne se passe rien…
Une semaine, deux semaines passent et je n’ai des nouvelles de personne. Je m’impatiente, alors que la campagne des législatives débute. Du coup, j’écris directement à la candidate socialiste de ma circonscription pour lui signifier que je suis prêt à aider. Sur le moment, j’ai un peu l’impression d’écrire au Pape. Une candidate aux législatives est forcément quelqu’un d’important. Mais là surprise, elle me répond… et m’invite à venir à la réunion publique qui aura lieu quelques jours plus tard à Viroflay.
Entre temps, un samedi matin en traversant le marché, je croise mon premier « camarade ». Il s’appelle François Lemaire. 80 ans. Une tête de plus que moi, mais un sourire et une énergie incroyablement communicatifs. Tout en tractant, il fait la bise à la moitié des femmes qui passent sur le marché. Plus tard, il me racontera devant mes yeux fascinés son adhésion à 15 ans, entraîné par ses collègues ouvriers en 1936. Je ne l’aurais croisé que peu de temps car il quittera Viroflay peu de temps après mon adhésion. Il restera le premier visage que j’aurais croisé lors de ma vie politique, mais il restera à jamais une des figures les plus marquantes et les plus inoubliables.
Le soir de la réunion arrive. Avant qu’elle ne débute, je me signale aux responsables de la Section PS de la ville. Premier contact avec des personnes qui deviendront des amis et des compagnons de lutte pour les dix prochaines années. A la fin, je surmonte ma timidité pour aller parler à la candidate. Le contact est loin de ce que je pouvais fantasmer… Je parle juste à un être humain, qui me renvoie une certaine indifférence. A la fois, je n’ai aucune idée de ce que je pourrais vraiment lui proposer. Donc je range mon enthousiasme et mon énergie et réalise que je suis face à un univers dont je dois encore apprendre le fonctionnement.
Quelques jours plus tard je me rends à ma première réunion de Section. Je trouve ça formidable. Nous sommes nombreux, dans une salle trop petite. Les discussions sont vives sur la défaite de Ségolène Royal. Certaines choses m’étonnent, mais je mesurerai leur importance que bien plus tard (j’y reviendrai donc). Ce qui domine, c’est la curiosité, la sensation rare d’avoir mis les pieds dans un nouveau monde. Je regarde chacun des participants avec une certaine admiration. Ce sont des militants politiques, moi je suis un bleu. J’ose cependant donner mon avis. Tout le monde s’écoute, se respecte et il règne une ambiance amicale. Ce n’est que bien plus tard que je découvrirai que la Section de Viroflay n’est absolument pas représentative de ce que sont les Sections du Parti Socialiste.
A l’issu de cette réunion, je me suis proposé pour un tractage au marché le samedi suivant. Mon premier acte de militantisme. Je passe la semaine avec une petite appréhension. Saurais-je faire ? Vais-je y arriver ? Le moment fatidique arrive… et me rassure très vite. Tracter est avant tout se heurter à une grande indifférence. Les passants vous ignorent ou font preuve d’une politesse qui n’est absolument pas significatif d’un intérêt éventuel qu’il vous porterait. Bref, une heure et demi qui abat de nouveaux fantasmes. Tracter est avant tout l’occasion de passer un moment entre militants, de maintenir l’enthousiasme collectif. L’impact sur la population reste par contre à discuter. Mais j’y reviendrai aussi.
Le résultat sera plutôt satisfaisant. Notre candidate est au deuxième tour et obtient un score autour de 40%, ce qui est plutôt bon dans cette terre très à droite. Mon enthousiasme sera entretenu à la rentrée par la campagne des municipales qui commence et qui sera l’objet du deuxième épisode. Bref, mes débuts de militants me permettent de garder toute ma motivation.
Un an plus tard, je me rends à l’Université de rentrée organisée par la Fédération PS des Yvelines. Une journée de conférences et de débats, particulièrement intéressants, entre camarades. Elle me permet notamment d’interpeller une ancienne ministre qui parle de l’espace agricole comme de l’espace disponible ! L’ingénieur agronome que je suis ne pouvait évidemment que réagir. Je prends des notes, j’apprends plein de choses, je trouve ça particulièrement stimulant intellectuellement. Tout semble à première vue bon enfant. Je ne connais pas encore trop mes camarades yvelinois, alors je ne vois que des camarades sans autre distinguo.
A un moment de la journée, je m’incruste dans une conversation. Je ne connais personne, personne me connaît. Au milieu, une femme parle de la Fédération. Cette Fédération qui pour moi a organisé parfaitement cette journée que je trouve formidable. Son propos est étonnamment agressif, presque haineux. Elle parle des dysfonctionnements de la Fédération, comme s’ils étaient évidents, comme si tout le monde partageait forcément son point de vue. J’écoute, je ne dis rien et je découvre de manière assez brutale un aspect moins enthousiasmant de la vie militante.
Quelques mois plus tard aura lieu le Congrès de Reims. Le Bisounours est sur le point de mourir.
Qu’il est agréable de voir un film avec une salle qui vibre, où l’enthousiasme et l’énergie sont partagés par tous les spectateurs. Malheureusement, il existe quelque fois l’effet inverse. Une salle amorphe et quand les lumières se rallument vous entendez la foule des commentaires déçus, exprimant à voix haute le regret d’être venu. C’est exactement ce qui s’est passé lorsque j’ai vu It Comes at Night. La faute à un scénario qui n’est pas celui auquel devait s’attendre l’immense majorité des spectateurs. Je fus également surpris, même si ma réaction est au final pas si négative… sans être enthousiaste non plus.
It Comes at Night n’est absolument pas un film d’horreur. Et le rapport avec la nuit est même quasiment inexistant. Bref, il y a un peu tromperie sur la marchandise. Il est vrai cependant qu’il se base sur des éléments classiques du genre, mais pour finalement livrer un huis-clos (et pour le coup, c’est vraiment le cas de le dire), sans scène particulièrement spectaculaire. L’inquiétude d’une menace extérieure est bien là, mais le film nous parle de l’impact que cela a sur les relations entre les personnages et non vraiment de la manière de la combattre.
Du coup, on peut facilement ressentir une certaine frustration, voire une frustration certaine, en passant tout le film à attendre quelque chose qui ne viendra jamais et qui est même au final hors de propos. Si on ne surmonte pas cela, il est difficile d’apprécier les qualités d’un film tout de même bien construit et qui bénéficie d’une très bonne interprétation, ce qui démarque It Comes at Night du film d’horreur classique. Le scénario n’est au final n’est pas le plus extraordinaire jamais écrit, mais au moins surprend-il par une certaine originalité. Après, il faut savoir apprécier les surprises, ce qui n’est pas toujours donné à tout le monde.
LA NOTE : 12/20
Fiche technique : Réalisation : Trey Edward Shults Scénario : Trey Edward Shults Direction artistique : Naomi Munroe Décors : Sally Levi Costumes : Meghan Kasperlik Photographie : Drew Daniels Montage : Matthew Hannam et Trey Edward Shults Musique : Brian McOmber Son : Kris Fenske Casting : Avy Kaufman Production : David Kaplan et Andrea Roa Durée : 97 minutes
Casting : Joel Edgerton : Paul Christopher Abbott : Will Carmen Ejogo : Sarah Kelvin Harrison Jr. : Travis Riley Keough : Kim Griffin Robert Faulkner : Andrew David Pendleton : Bud
J’aurais pu pour introduire cette critique de Transformers 5 : The Last Knight reproduire intégralement le premier paragraphe de ma critique du dernier Pirates des Caraïbes. Mais j’ai trouvé que cela ferait quelque peu injure à ce dernier vu la différence de qualité entre les deux franchises. Je dirais donc simplement que parfois le manque d’inspiration a du bon. Il permet d’offrir un film d’action ultra basique mais qui apporte tout ce que recherche le spectateur.
Je n’évoquerai donc pas le scénario qui n’a guère d’intérêt si ce n’est donner un vague sens à l’enchaînement des scènes d’action. Mais comme tous les spectateurs ayant déboursé le prix du billet sont venus pour ça et rien que pour ça, ils en ont pour leur argent. Elles sont nombreuses et souvent très spectaculaires. Certes, cela ressemble beaucoup à celles qui ont peuplé les épisodes précédents. Transformers 5 : The Last Knight n’apporte donc rien de nouveau, mais se concentre sur l’essentiel. C’est très bourrin, mais atteint son but.
Transformers 5 : The Last Knight souffre quand même encore une fois d’une longueur excessive, ce qui caractérise à peu près tous les épisodes de la saga. Il y a assez d’action pour ne pas s’ennuyer, mais il faut avouer qu’on se lasse quelque peu de cet enchaînement de bruit et de fureur. Et puis la saga souffre quand même du départ du duo Shia LaBeouf-Megan Fox. Pas que pour la plastique de cette dernière, mais aussi pour la sympathie et l’attachement que l’on pouvait ressentir pour les personnages. Parce que, franchement, celui incarné par Mark Whalberg laisse totalement froid et il pourrait mourir écraser sous un Autobot, que l’on ne verserait pas de larme. Enfin ça sera peut-être pour le sixième épisode puisque la fin laisse entrevoir une suite.
LA NOTE : 11/20
Fiche technique : Réalisation : Michael Bay Scénario : Art Marcum, Matt Holloway et Ken Nolan, d’après une histoire d’Akiva Goldsman Direction artistique : Jason Knox-Johnston Décors : Jeffrey Beecroft Costumes : Lisa Lovaas Photographie : Jonathan Sela Montage: Mark Sanger, Roger Barton, Adam Gerstel et John Refoua Musique : Steve Jablonsky Production : Tom DeSanto, Akiva Goldsman, Lorenzo di Bonaventura, Ian Bryce et Don Murphy Durée : 150 minutes
Casting : Mark Wahlberg : Cade Yeager Josh Duhamel : le Colonel William Lennox Anthony Hopkins : Sir Edmund Burton Stanley Tucci : Merlin Laura Haddock : Vivian Wembley Isabela Moner : Izabella John Turturro : Seymour Simmons Santiago Cabrera : Agent Santos Jerrod Carmichael : Jimmy Liam Garrigan : le Roi Arthur Rob Witcomb : Perceval Daniel Adegboyega : Saebert Mitch Pileggi : Rick McFicky Gil Birmingham : Sherman Glenn Morshower : Général Morshower Nicola Peltz : Tessa Yeager (caméo vocal)
Voix : Peter Cullen : Optimus Prime (voix) Erik Aadahl : Bumblebee (voix) John Goodman : Hound (voix) John DiMaggio : Crosshairs (voix) & Nitro Zeus (voix) Ken Watanabe : Drift (voix) Omar Sy : Hot Rod (voix) Jim Carter : Cogman (voix) Steve Buscemi : Daytrader (voix) Reno Wilson : Sqweeks (voix) & Mohawk (voix) Tom Kenny : Wheelie (voix) Steven Barr : Topspin (voix) Mark Ryan : Bulldog (voix) Frank Welker : Mégatron (voix) Jess Harnell : Barricade (voix) Gemma Chan : Quintessa (voix)
Tout le monde (enfin dans l’absolu, une faible part de l’humanité, j’avoue) connaît ma passion tout particulière pour les bandes-annonces. Et même si elle fait presque pour partie intégrante du film, j’avoue qu’il ne faut pas toujours juger un film par avance au travers de sa bande-annonce. Une nouvelle preuve avec Cherchez la Femme. Non que sa bande-annonce ne soit pas réussie, bien au contraire. Elle était même plutôt très drôle. Mais il était difficile de ne pas penser que tout ce qui prêtait à sourire y figurait. De plus, le sujet global est tellement casse-gueule que le reste ne pouvait être que désastreux. Il n’en est rien, bien au contraire…
J’ai été vraiment étonné en lisant les critiques largement positives à propos de Cherchez la Femme. Surtout en voyant mis en avant le fait que le film évitait les clichés. Comment était-ce possible ? Et pourtant, c’est bien le cas. Le scénario propose d’ailleurs un équilibre étonnant entre humour et des sujets pourtant d’une certaine gravité, pour ne pas dire une gravité certaine. Jamais il n’abandonne l’un pour l’autre. Le film reste toujours drôle et pertinent. Toujours respectueux, jamais vulgaire, jamais facile. Le résultat est vraiment d’une qualité totalement inattendue.
Tout cela ne fait pas non plus de Cherchez la Femme le film du siècle. L’équilibre fait certes l’originalité et l’intérêt de ce film, mais en restant ainsi entre deux, il ne parvient pas à devenir un chef d’œuvre ni dans une direction, ni dans l’autre. Mais il serait cependant dommage de ce priver de ce cocktail de légèreté et d’intelligence. Deux éléments bien trop peu répandus dans ce bas monde, qui en aurait pourtant bien besoin. Ce film ne changera pas la face du monde, mais il fait du bien !
LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique : Production : The Film, France 2 cinéma, Mars films Distribution : Mars films Réalisation : Sou Abadi Scénario : Sou Abadi Montage : Virginie Bruant Photo : Yves Angelo Décors : Denis Gautelier Musique : Jérôme Rabatier Durée : 88 min
Casting : Félix Moati : Armand Camelia Jordana : Leila William Lebghil : Mahmoud Anne Alvaro : Mitra Carl Malapa : Sinna Miki Manojlovic : Darius Oscar Copp : Fabrice, Farid Laurent Delbecque : Nicolas Walid Ben Mabrouk : Ahmed
Etre adolescente n’est déjà pas un état facile à vivre. Mais être adolescente tout en étant en train de progressivement perdre la vue l’est évidemment encore plus. Voici un point de départ qui aurait pu facilement nous conduire vers un film larmoyant et minimaliste. Heureusement pour les spectateurs, il nous conduit vers Ava, un film qui n’a en aucune façon l’un de ces deux caractéristiques. Il en possède par contre bien d’autres, beaucoup plus positives et qui en font un film assez inclassable.
Généralement, les films qui portent le nom ou leur prénom de leur personnage principal sont à ranger dans la catégorie des films de personnage. Bon ok, pour le coup, c’est exactement le cas ici, mais c’est bien la seule étiquette que l’on peut coller à Ava, tant le personnage est assez surprenant et inattendu. Il y a bien sûr un fond de réflexion généraliste sur l’adolescence, mais les circonstances sont trop exceptionnelles pour vraiment en tirer des leçons universelles. Ce n’est d’ailleurs pas le but du film et au final la singularité de son personnage principal en fait toute sa force.
On peut saluer la performance absolument remarquable de la jeune Noée Abita, qui tient là un premier rôle mémorable et qui n’avait rien d’évident. Ava est également parcouru d’une certaine audace visuelle par une mise en scène des corps assez crue mais jamais vulgaire. On lui reprochera simplement une trame narrative qui nous amène vers un dénouement qui m’a laissé quelque peu sur ma faim. Comme je l’ai dit, le film ne cherche jamais à tirer des leçons de ce qu’il raconte, mais une conclusion plus forte aurait été bienvenue.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : F Comme Film, Trois Brigands Productions Réalisation : Léa Mysius Scénario : Léa Mysius Montage : Pierre Deschamps Photo : Paul Guilhaume Décors : Esther Mysius Distribution : Bac Films Musique : Florencia Di Concilio Durée : 105 min
Casting : Noée Abita : Ava Laure Calamy : Maud Juan Cano : Juan Tamara Cano : Jessica
Beaucoup de films d’animation ou de bande-dessinées se lisent à deux niveaux. Un premier degré qui s’adresse aux plus jeunes vers qui ces productions sont le plus naturellement tournées et un second, plus subtil, qui va combler les plus grands. Cela est notamment une spécialité des productions françaises, ancrées dans la tradition de l’école franco-belge de bande-dessinée. Je m’attendait donc que Le Grand Méchant Renard et Autres Contes présente ce double niveau de lecture. Il n’est finalement pas très développé… mais ça n’empêche cependant pas les adultes d’apprécier le spectacle.
Tout d’abord, Le Grand Méchant Renard et Autres Contes est très beau. Il adopte une ligne graphique « dessinée à la main » qui rafraîchit et qui surtout est portée par une animation jamais paresseuse. Un esprit « cartoon » à l’ancienne, mais aussi une certaine modernité graphique. D’un point de vue visuel, le film constitue une réelle réussite et arrive à se démarquer fortement des produits un peu formatés dans ce domaine, même quand ils sont excellents, comme chez Pixar. Rien que pour cela, les amateurs de jolis dessins pourront faire le détour par une salle obscure.
Ensuite, le Grand Méchant Renard et Autres Contes offre trois sketchs, tous les trois à la fois drôles et sachant faire naître une vraie tendresse pour les personnages. L’humour n’est jamais vulgaire ou facile, mais reste comme je l’ai dit plus haut assez premier degré. Toute la famille partagera le même degré de compréhension comme cela, mais personnellement, j’aurais bien aimé un peu plus de sous-entendu plus adulte ou de double sens. Le film en reste donc au stade de la petite friandise familiale, qui vaut bien d’autre 4h cinématographique.
LA NOTE : 12/20
Fiche technique : Production : Folivari, Panique!, Studiocanal, RTBF, Be TV Distribution : Studiocanal Réalisation : Benjamin Renner, Patrick Imbert Scénario : Benjamin Renner, Jean Regnaud, d’après les albums de B. Renner Décors : Zyk et Zaza Musique : Robert Marcel Lepage Durée : 80 min
Qui n’a jamais trouvé un voisin, un collègue, un cousin éloigné complètement flippant. Imaginez si en plus vous étiez en train d’enquêter sur un tueur en série, vous auriez de quoi devenir parano ! C’est l’idée de départ de Creepy, un film japonais dont le titre illustre particulièrement bien le propos. Un film qui joue de manière particulièrement habile sur l’ambiguïté des personnages et des situations. Mais qui souffre aussi de faiblesses assez impardonnables.
Creepy baigne le spectateur dans une ambiance particulièrement inquiétante. De ce point de vue là, le film est réellement réussi. Kiyoshi Kurosawa parvient avec une réelle maestria à faire naître l’inquiétude et la sensation de danger à partir de petits détails et d’éléments assez explicites, mais dont on ne mesure pas vraiment à quel point ils représentent une menace réelle. Tout cela contribue au malaise qui saisit d’abord évidemment les personnages, mais qui atteint aussi très vite toute l’assemblée.
Malheureusement, le scénario de Creepy est aussi ponctué d’incohérences trop énormes pour être pardonnables. En effet, je doute que le Japon ait pour tradition séculaire d’aller arrêter des serial killers dangereux en solitaire, surtout en descendant dans la cave comme si de rien n’était. Une fois, on aurait passé outre. La deuxième fois, cet excès de facilité vient gâcher quelque peu le plaisir et sort le spectateur de son d’inquiétude. Tout cela est vraiment regrettable car l’ensemble est de grande qualité par ailleurs. Donc au final, un film creepy mais pas tant que ça !
LA NOTE : 12/20
Fiche technique : Réalisation : Kiyoshi Kurosawa Scénario : Kiyoshi Kurosawa et Chihiro Ikeda d’après le roman de Yutaka Maekawa Pays d’origine : Japon Genre : thriller Durée : 130 min
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