UNE VIE AILLEURS : Un rôle ailleurs

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unevieailleursafficheQue les acteurs comiques fassent d’excellents acteurs dramatiques est un fait largement établi. On pourrait facilement multiplier les exemples, même si celui de Coluche dans Tchao Pantin, récompensé par un César, est le plus souvent cité. Ramzy Bédia est loin de me faire toujours rire, surtout quand il sévit avec son compère Eric Judor. Mais pourtant, je ne suis en rien surpris qu’il soit arrivé à m’émouvoir dans Une Vie Ailleurs dans un rôle que certains qualifieraient de « sérieux ».

Ramzy Bédia porte vraiment le film sur ses épaules et nous ferait presque oublier les quelques faiblesses du scénario. Presque mais pas tout à fait. Personnellement, je n’ai pas pu croire totalement cette histoire, en particulier certaines réactions du personnage interprété, avec beaucoup de talent néanmoins, par Isabelle Carré. Cependant, la narration parvient à créer assez de tension pour que l’on ne s’ennuie pas devant Une Vie Ailleurs. On reste constamment curieux de connaître quel sera le dénouement.

unevieailleursOlivier Peyron nous livre un film particulièrement élégant. Une réalisation qui met parfaitement en valeur les comédiens, mais aussi les décors. Une Vie Ailleurs propose aussi un voyage, au-delà du simple récit. Cela insuffle un supplément de qualité dans ce film qui reste imparfait mais n’en demeure pas moins agréable. On retiendra avant tout la performance à contre-emploi de Ramzy Bédia mais ce film vaut quand même un peu plus que ça.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Réalisation : Olivier Peyon
Scénario : Olivier Peyon et Cécilia Rouaud
Producteur : Bertrand Faivre
Coproducteur : Alexander Akoka et Philippe Akoka
Producteur associé : Agustina Chiarino et Fernando Epstein
Photographie : Alexis Kavyrchine
Musique : Nicolas Kuhn
Chef monteuse : Tina Baz
Monteur son : Dominique Vieillard
Costumière : Adriana Levin et Bethsabée Dreyfus
Maquilleuse : Stéphanie Selva
Directeur de production : Jean-Christophe Colson
Durée : 96 minutes

Casting :
Isabelle Carré : Sylvie, la mère de Felipe
Ramzy Bédia : Mehdi
Maria Dupláa : Maria, la tante paternelle de Felipe
Dylan Cortes : Felipe
Virginia Méndez : Norma, la mère de Maria
Lucas Barreiro : Hector
Olivier Ruidavet : le consul français
Flavio Quintana : Luis
Gabriela Freire : Florencia, la nouvelle réceptionniste de l’hôtel à Montevideo

1:54 : Deux tours pour rien

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154affichePour attirer le spectateur dans une salle obscure, la bande-annonce peut donner une image plus ou moins réaliste et complète du contenu réel du film. Elle peut mettre en avant à l’excès un des aspects les plus « vendeurs » ou au contraire éluder certains sujets qui occupent pourtant une place importante. Lorsque le spectateur est confronté à ce décalage, il peut réagir négativement en ayant l’impression d’être trompé, ou bien être heureux de la surprise, car il est très énervant de voir une bande-annonce qui vous raconte tout le film avant de l’avoir vu. Je me situe clairement dans cette deuxième catégorie. 1:54 aurait du donc me séduire par un sujet central qui n’est pas du tout celui que laissait présager la bande-annonce. Malheureusement le traitement du sujet est trop défaillant pour que le film constitue globalement une bonne surprise.

1:54 est en fait un film sur l’homosexualité telle qu’elle peut être vécue par des adolescents. Le sujet est ici traité avec beaucoup de dramaturgie. Trop sans doute. Certes, le film n’élude pas les aspects les plus douloureux, notamment le suicide, mais traiter un sujet délicat demande un minimum de subtilité. Or le scénario en manque cruellement. Il est soutenu par des ficelles trop grosses pour que l’émotion soit vraiment au rendez-vous. Le propos reste par beaucoup d’aspects extrêmement manichéens, notamment à travers la figure du « méchant » qui est vraiment très méchant, alors qu’il n’est au fond qu’un petit con d’ado, pas un dictateur sanguinaire.

154Reste l’aspect rivalité sportive, la seule vraiment mis en avant par la bande-annonce. Il représente bien une partie importante de l’intrigue, mais sans pour autant être à même de déchaîner les passions. Les scènes de course sont de plus particulièrement mal filmées. Donc rien de bien enthousiasmant et qui justifierait de se déplacer jusque dans une salle obscure. Sans même parler du prix exorbitant à payer si vous n’avez pas une carte d’abonnement. Au final, à moins d’être un fan absolu de l’accent québecois, qui vaut à ce film un sous-titrage, il n’y pas beaucoup de raison d’aller voir 1:54.

LA NOTE : 08/20

Fiche technique :
Réalisation : Yan England
Scénario : Yan England
Producteur : Denise Robert et Diane England
Durée : 106 minutes

Casting :
Antoine Olivier Pilon : Tim
Sophie Nélisse : Jennifer
Lou-Pascal Tremblay : Jeff
David Boutin : Pierre
Patrice Godin : M. Sullivan
Robert Naylor : Francis

GRAVE : Audace répugnante

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graveafficheJe suis un petit être sensible. Je pleure quand un film est triste, je me cache les yeux quand il se veut effrayant. Je détourne parfois également le regard quand le sang coule de manière trop réaliste. Je n’aime pas ça dans la vraie vie et guère plus à l’écran. C’est donc avec une certaine imprudence que j’ai été voir Grave. Certes, je savais qu’il s’agissait d’anthropophagie, mais je ne m’attendais tout de même pas à ça. Rarement, voire jamais, un film m’aura inspiré un seul et même mot : répugnant.

Grave n’est pas un film gore. Il n’y a aucun excès d’hémoglobine, pas de gros plans sur des flots de sang coulant à l’excès ou jaillissant de manière spectaculaire. Ici, on n’est pas dans le grand-guignol, mais dans une représentation froidement réaliste des événements. Une froideur que l’on peut qualifier de clinique, surtout quand on sait que le décor de cette histoire est une école vétérinaire. Tout cela donne un spectacle incroyablement dérangeant, flirtant parfois avec l’insoutenable. Mais aussi un spectacle, il faut bien l’avouer, parfois totalement fascinant.

graveGrave repousse les limites, mais de manière assez gratuite. Ne cherchez pas ici de grande réflexion philosophique ou l’étude d’un quelconque sujet de société. Mais il n’est pas plus gratuit que le premier film de vampire venue. Sauf que le film abandonne toute forme d’hypocrisie, abattant tous les codes qui rendent les horreurs que l’on se raconte depuis toujours au coin du feu pour se faire peur supportable. On peut donc détester ce film, le trouvant juste abject. Mais l’incroyable malaise qu’il est susceptible de provoquer en fait un film unique et audacieux. Une audace répugnante, mais une véritable audace. Et l’audace est trop rare au cinéma pour ne pas être saluée.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Petit film
Réalisation : Julia Ducournau
Scénario : Julia Ducournau
Montage : Jean-Christophe Bouzy
Photo : Ruben Impens
Décors : Laurie Colson
Distribution : Wild bunch
Musique : Jim Williams
Durée : 98 min

Casting :
Ella Rumpf : Alexia
Garance Marillier : Justine
Laurent Lucas : Le père
Joana Preiss : La mère
Rabah Naït Oufella : Adrien
Bouli Lanners : Le routier
Marion Vernoux : L infirmière

THE LOT CITY OF Z : James Gray à la jungle comme à la ville

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thelostcityofzafficheJe n’ai pas toujours aimé les films de James Gray. Mais je reconnais sans retenue qu’ils sont tous beaux, bénéficiant d’une mise en scène totalement maîtrisée et particulièrement esthétique. Par contre, les scénarios ne m’ont pas toujours totalement convaincus et m’ont parfois légèrement ennuyé. Heureusement, The Lost City of Z fait partie des longs métrages totalement réussis, sans doute son meilleur avec La Nuit Nous Appartient. C’est d’autant plus remarquable, qu’il quitte son terrain de prédilection, la faune urbaine des quartiers les moins huppés, pour la jungle d’Amérique du Sud.

The Lost City of Z reste tout de même plus proche de l’univers habituel de James Gray que ce qu’il semble à première vue. En effet, le film traite avant tout des ressorts les plus profonds de l’âme humaine, de ce que la détermination et la poursuite d’un rêve poussent à faire au-delà de ce qui apparaît comme raisonnable. Même si le décor a changé, les thèmes restent donc les mêmes. Mais ce mélange de nouveauté et d’un sujet parfaitement maîtrisé donnent un résultat particulièrement convaincant et parfois même fascinant.

thelostcityofzThe Lost City of Z est un film inclassable. Il reprend beaucoup d’éléments des grands films d’aventures d’autrefois, mais la réflexion quasi philosophique qu’il porte en fait bien plus qu’un divertissement qui ne chercherait qu’à nous en mettre plein les yeux. Le rythme ne correspond d’ailleurs pas du tout à un tel film. Mais il n’est en rien un film contemplatif, bien qu’il prenne le temps de développer un propos introspectif. C’est bien l’équilibre relativement inédit entre ces deux aspects qui donne à ce film sa personnalité. Et qui en fait surtout une belle réussite.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Keep Your Head, MICA Entertainment, MadRiver Pictures, Plan B Entertainment, Sierra / Affinity
Distribution : StudioCanal
Réalisation : James Gray
Scénario : James Gray, d’après la biographie de David Grann
Montage : John Axelrad, Lee Haugen
Photo : Darius Khondji
Décors : Jean-Vincent Puzos
Musique : Christopher Spelman
Costumes : Sonia Grande
Durée : 141 min

Casting :
Charlie Hunnam : Col. Percival Fawcett
Robert Pattinson : Henry Costin
Sienna Miller : Nina Fawcett
Tom Holland : Jack Fawcett
Harry Melling : William Barclay
Franco Nero : Baron de Gondoriz
Angus Macfadyen : James Murray
Aleksandar Jovanovic : Urquhart

MISS SLOANE : Danser le twist avec Jessica Chastain

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misssloaneafficheLe twist est une danse qui fait bouger les hanches en rythme. C’est aussi un horrible anglicisme qui désigne un retournement de situation, une expression tout de même un peu longue à prononcer. Il constitue souvent la cerise qui donne tout son goût à un gâteau cinématographique. S’il fonctionne, c’est tout le scénario qui fonctionne car il aura transporté jusqu’au bout le spectateur sans que ce dernier ne puisse faire autre chose que se laisser faire sans résistance. Miss Sloane propose un tel twist et m’a offert une jolie ballade vers un dénouement que je n’ai pas vu venir.

Miss Sloane est un film typiquement hollywoodien, mais dans ce que Hollywood nous offre de meilleur. Avant tout, et vous l’aurez compris, un scénario parfaitement mené du début à la fin. Une intrigue qui peut facilement s’assimiler à un film de procès, le genre peut-être le mieux maîtrisé de l’autre côté de l’Atlantique. Tout cela ne présente aucune originalité révolutionnaire, mais échappe totalement à l’impression de déjà-vu. Et puis, tout est assez rythmé et filmé avec une efficacité à toute épreuve pour que le spectacle soit plus que plaisant.

misssloaneMiss Sloane bénéficie en plus de la présence de Jessica Chastain. Elle s’affirme définitivement comme une immense star qui peut assurer à elle seule une grande partie de la réussite d’un film. Sa présence, son charisme, tout simplement son talent irradient à l’écran. Elle rend crédible cette dénonciation du rôle du poids des lobbies qui porte pourtant des gros sabots. Mais certaines personnes gardent la classe et l’élégance quelque soit ce qu’ils portent. Ce film prouve qu’une Jessica Chastain en sabots vaut mieux que beaucoup d’autres actrices en Louboutin.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Transfilm, Archery Pictures, Canal +, FilmNation Entertainment, France 2 Cinéma
Distribution : EuropaCorp
Réalisation : John Madden
Scénario : Jonathan Perera
Montage : Alexander Berner
Photo : Sebastian Blenkov
Décors : Matthew Davies
Musique : Max Richter
Costumes : Georgina Yarhi
Directeur artistique : Mark Steel
Durée : 132 min

Casting :
Jessica Chastain : Elizabeth Sloane
Gugu Mbatha-Raw : Esme Manucharian
Michael Stuhlbarg : Pat Connors
John Lithgow : Senateur Ron M. Pearling
Mark String : Rodolfo Schmidt
Alison Pill : Jane Molloy
Douglas Smith : Alex
Sam Waterston : George Dupont
Dylan Baker : le présentateur TV

LA CONFESSION : Platitude au confessional

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laconfessionafficheFilm vu avant tout pour un membre du casting que j’apprécie particulièrement, troisième ! Si je suis allé voir la Confession, c’est avant tout pour la présence de Romain Duris à l’écran. Il faut dire que je ne savais pas grand chose d’autre au moment de rentrer dans la salle. Même pas qu’il s’agissait de l’adaptation du roman et remake du film de Melville du même nom, Léon Morin Prêtre… dont je ne savais pas grand chose non plus de toute façon. Malheureusement, encore une fois, un seul homme (ou femme) est trop peu pour faire un excellent film.

Si je connais de nom du livre et du film originaux, sans les avoir lu ou vu, c’est sans doute parce qu’ils sont d’une qualité qui justifie une certaine pérennité. Mais après voir vu la Confession, je m’interroge. En effet, cette histoire n’a vraiment éveillé en moi qu’un intérêt limité. Que ça se soit d’un point de vue historique ou d’un point de vue psychologique, le propos n’est ni vraiment profond, ni surprenant, ni passionnant. Et pire que ça, le récit nous mène vers un dénouement d’une platitude absolue qui prive l’ensemble d’un sens global.

laconfessionLa Confession constitue tout de même l’occasion de revoir enfin dans un rôle vraiment consistant Marine Vacth, révélée il y a deux ans par Jeune et Jolie. Elle confirme sa grande valeur de comédienne et on peut vraiment s’étonner de ne pas la voir tourner beaucoup souvent. Romain Duris se repose beaucoup sur son charisme, sans en faire beaucoup plus. Cela lui suffit pour être crédible, mais c’est trop peu pour tirer le film vers le haut. Il en aurait pourtant eu bien besoin.

LA NOTE : 09/20

Fiche technique :
Réalisation : Nicolas Boukhrief
Scénario : Nicolas Boukhrief, d’après le roman de Béatrix Beck
Musique : Nicolas Errèra
Montage : Lydia Decobert-Boukhrief
Photographie : Manuel Dacosse
Décors : Julia Irribarria
Costumes : Patricia Saive
Producteur : Clément Miserez, Matthieu Warter, Nicolas Jourdier et Geneviève Lemal
Durée : 116 minutes

Casting :
Romain Duris : père Léon Morin
Marine Vacth : Barny
Anne Le Ny : Christine Sangredin
Solène Rigot : Marion Lamiral
Amandine Dewasmes : Daniele Fouchet
Lucie Debay : Sabine
Charlie Lefebvre : France
Lucas Tavernier : capitaine Lommel
Marie-Jeanne Maldague : Barny vieille

KONG : SKULL ISLAND : De la confiture aux grands singes

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kongskullislandafficheDracula, Frankenstein, Sherlok Holmes, Le Gendarme de St Tropez, autant de mythes du cinéma qui reviennent encore et encore sur nos écrans pour de nouvelles versions (ok pour le dernier ce n’est techniquement pas vrai, mais ne doutons pas que ça finira par venir). King-Kong fait également partie de ceux là. Des producteurs en mal d’inspiration ont donc décidé de s’en emparer pour nous proposer Kong : Skull Island. En mal d’inspiration, car si un remake peut se justifier quand on offre une vision originale d’un mythe déjà connu, il est clair ici que les scénaristes n’avaient strictement rien à dire.

Kong : Skull Island constitue un vrai gâchis. En effet, il est tout de même doté d’une grande qualité indéniable. Le personnage de King-Kong est ici sublime. Les progrès de l’image de synthèse nous offre un Kong majestueux, expressif, dont il se dégage vraiment quelque chose. Le film est une vraie réussite esthétique. Les scènes d’action, toutes les créatures, les décors, tout aurait pu forcer l’admiration s’ils avaient bénéficié d’un minimum de talent artistique dans la réalisation. Celle de Jordan Vogt-Roberts se contente d’une certaine efficacité sans âme.

kongskullislandLe vrai défaut de Kong : Skull Island réside dans son scénario indigent. Si le mythe de King-Kong a traversé un siècle, c’est notamment par la relation de la belle et la bête et, avouons-le, sa charge érotique. Or cet aspect est totalement absente de ce film qui ne nous offre guère plus que des combats entre des grosses bébêtes. C’est assez pour ne pas s’ennuyer, mais pas assez pour éviter que ce film soit aussi vite oublié qu’il est vu. Autant de moyens techniques et un joli casting pour servir une histoire si pauvre, c’est de la confiture donnée aux grands singes.

LA NOTE : 10,5/20

Fiche technique :
Production : Legendary Entertainment, Warner Bros
Distribution : Warner Bros. Pictures France
Réalisation : Jordan Vogt-Roberts
Scénario : Dan Gilroy, Max Borenstein, Derek Connolly, d’après une histoire de John Gatins
Montage : Richard Pearson
Photo : Larry Fong
Décors : Stefan Dechant
Musique : Henry Jackman
Costumes : Mary E. Vogt
Durée : 118 min

Casting :
Tom Hiddleston : James Conrad
Samuel L. Jackson : Preston Packard
Brie Larson : Mason Weaver
John C. Reilly : Hank Marlow
John Goodman : Bill Randa
Corey Hawkins : Houston Brooks
John Ortiz : Victor Nieves
Tian Jing : San
Toby Kebbell : Kong

CITOYEN D’HONNEUR : L’Argentine à l’honneur

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citoyendhonneurafficheLe cinéma argentin fait désormais partie des cinémas qui ont le droit de cité sur les écrans français, grâce au succès de Dans tes Yeux il y a quelques années. Et vu la qualité de ces productions, les cinéphiles hexagonaux ne peuvent que s’en réjouir. Un nouvelle preuve avec Citoyen d’Honneur. Un film que j’ai été voir sans en savoir grand chose et qui a mis du temps à me convaincre. Mais une fois que toutes les pièces de puzzle sont bien en place, on découvre alors un spectacle étonnant.

Le cinéma argentin se caractérise souvent par des histoires inattendues. C’était déjà le cas avec El Chino, Citoyen d’Honneur se situe dans cette droite lignée. On se demande longtemps quel intérêt va pouvoir présenter ce récit de retour d’un prix Nobel de littérature dans son village natal. Mais peu à peu les événements se précipitent et rien ne se passe plus comme tout aurait du se passer. Cela donne un film drôle et corrosif sur la nature humaine, peut-être un peu vache avec l’Argentine profonde, mais terriblement savoureux vu d’ici.

citoyendhonneurCitoyen d’Honneur offre une galerie de personnages croquignolesques des plus réussie. Elle prend vie à travers autant de performances remarquables de la part d’un grand nombre de comédiens. Le cinéma argentin confirme qu’il possède un réservoir inépuisable en la matière. Certes, c’est un compliment que j’adresse à beaucoup de pays, mais ici il n’est clairement pas usurpé. Au premier rang d’entre eux, Oscar Martinez, que l’on avait découvert dans les Nouveaux Monstres. Il tient ici un rôle comme beaucoup d’acteurs aimeraient en compter dans leur carrière. Il le tient avec brio et tire le film vers le haut, pour le hisser à une hauteur remarquable.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Arco libre, Television Abierta, Magma Cine, A contracorriente films, INCAA, TVE, ICAA, Ibermedia, Aleph Media
Distribution : Memento films
Réalisation : Gastón Duprat, Mariano Cohn
Scénario : Andrés Duprat
Montage : Javier Braier
Photo : Mariano Cohn
Musique : Toni M. Mir
Directeur artistique : Maria Eugenia Sueiro
Durée : 118 min

Casting :
Oscar Martinez : Daniel
Dady Brieva : Antonio
Andrea Frigerio : Irene
Nora Navas : Nuria
Manuel Vicente : L intendant
Gustavo Garzon : Gerardo Palacios

DE L’AUTRE COTE DE L’ESPOIR : Aki, un ami qui nous fait du bien

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delautrecotedelespoiraffichePeu de réalisateurs parviennent à développer un style assez personnel pour être reconnaissable du premier coup d’œil. Aki Kaurismäki fait partie de ceux-là. Un style où se mêle humanisme, poésie avec toujours un léger sens de l’absurde qui crée un décalage savoureux. On avait pu le voir notamment dans l’Homme Sans Passé et Le Havre. On le retrouve tel qu’en lui même avec De l’Autre Côté de l’Espoir. Un film qui traite une nouvelle fois de la question des réfugiés (comme le Havre) et qui constitue un bel hommage à la générosité simple et spontanée.

Ceux qui connaissent bien et surtout apprécient Aki Kaurismäki n’auront guère besoin de plus que cette introduction. Il n’ont aucune raison de ne pas aller voir De l’Autre Côté de l’Espoir. Ce qui ne veut pas dire que ceux qui n’ont jamais mis les pieds dans cet univers singulier n’en auront aucune, bien au contraire. Voici l’occasion idéale de découvrir cet univers touchant et drôle, porté par une imagination visuelle où la fantaisie arrive par petites touches à des moments inattendus. Un film de Kaurismäki est un peu comme une boîte de chocolat, à chaque plan, on ne sait jamais d’avance sur quoi on va tomber.

delautrecotedelespoirSi on doit faire un seul reproche à De l’Autre Côté de l’Espoir, c’est peut-être une fin qui laisse penser qu’Aki Kaurismäki ne savait pas trop comment terminer cette histoire. Mais cela reste un défaut mineur, car si le film nous offre un vrai propos doté d’une réelle profondeur, cela passe autant par l’ambiance générale et les personnages que par un fil narratif vraiment élaboré. Avec ce film, on entre dans un univers humain et visuel, autant que dans une histoire. Un univers dans lequel on se sent bien, qui nous tire vers le haut en nous incitant à la réflexion. Et un peu au rêve également.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Sputnik Oy, Oy Bufo Ab, Pandora film
Distribution : Diaphana
Réalisation : Aki Kaurismäki
Scénario : Aki Kaurismäki
Montage : Samu Heikkilä
Photo : Timo Salminen
Décors : Heikku Häkkinen, Markku Pätilä
Directeur artistique : Aki Kaurismäki
Durée : 98 min

Casting :
Sherwan Haji : Khaled
Sakari Kurosmanen : Wikström
Ilkka Koivula : Calamnius
Janne Hyytiainen : Nyrhinen
Nuppu Koivu : Mirja
Simon Al-Bazoon : Mazdak
Tommi Korpela : Melartin
Kati Outinen : la vendeuse de vêtements
Kaija Pakarinen : la femme de Wikström

PATIENTS : Talent protéiforme

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patientsafficheLe talent est clairement un des éléments les moins bien partagés sur terre avec les emplois d’assistants parlementaires surpayés. Certains en bénéficient et en abusent même, d’autres doivent se contenter de besogner besogneusement. Il y a un peu plus d’un an, Orelsan nous avait prouvé son talent protéiforme avec l’excellent Comme c’est Loin. C’est au tour de Grand Corps Malade de montrer qu’il est aussi à l’aise sur grand écran que sur scène. Son premier film, Patients, constitue une incontestable réussite, pleine d’intelligence et d’émotion.

Patients est un film autobiographique. Grand Corps Malade raconte sa propre expérience de la rééducation après avoir frôler la paraplégie. Un parcours forcément douloureux, physiquement et psychologiquement, quand on réalise à quel point les séquelles vont forcément modifier le future que l’on s’était imaginé. Tout cela est remarquablement retranscrit dans ce film, avec finesse, humour, mais sans éluder les aspects les plus sombres et la diversité des parcours. Celui de Grand Corps Malade constitue certes en lui même un message d’espoir, mais le film montre bien que tout le monde ne sera pas en mesure de le suivre dans une situation comparable.

patientsCinématographiquement, Patients n’est pas un film parfait. Mais on pardonne volontiers les quelques maladresses dont font preuves les deux co-réalisateurs débutants. Le film connaît quelques longueurs, certains dialogues sont un peu trop écrits, mais rien qui ne vienne diminuer l’impact du propos. Le projet était beau, mais assez casse-gueule, et l’immense majorité des pièges ont été évités. Pour finir, il ne faudrait pas passer la contribution de l’excellent casting qui est à saluer dans son ensemble.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Mandarin films, Kallouche cinéma, Gaumont
Distribution : Gaumont
Réalisation : Grand corps malade, Mehdi Idir
Scénario : Grand corps malade, Fadette Drouard, d’après l’autobiographie de Grand corps malade
Montage : Laure Gardette
Photo : Antoine Monod
Décors : Sylvie Olivé
Musique : Angelo Foley
Costumes : Claire Lacaze
Durée : 110 min

Casting :
Pablo Pauly : Ben
Soufiane Guerrab : Farid
Moussa Mansaly : Toussaint
Nailia Harzoune : Samia
Franck Falise : Steeve
Yannick Renier : François
Jason Divengele : Lamine
Dominique Blanc : Dr Challes