Une bande-annonce, c’est un peu comme un profil de site de rencontre. Elle peut vraiment donner envie, comme elle peut, au contraire, ne pas provoquer la moindre once d’intérêt. La bande-annonce de The Young Lady m’avait donné une grande envie de voir ce film. Le problème lorsque l’on rentre dans une salle obscure plein d’espoir, c’est qu’il peut être facilement déçu. Il est parfois difficile d’être à la hauteur des espérances des spectateurs.
The Young Lady est un film formellement très abouti. L’ambiance fascinante entrevue dans la bande-annonce est bien au rendez-vous. La réalisation arrive à nous faire partager le sentiment d’ennui et d’oppression ressentie par le personnage principal. Mais au-delà de ça, le film sonne désespérément creux. Il ne nous emmène pas bien loin et l’attention du spectateur se délite peu à peu lorsqu’il s’agit d’avancer dans un vrai récit et de sortir d’une première partie très contemplative.
Le pari de The Young Lady est de creuser le portrait du personnage principal pour le faire passer de sympathique à franchement antipathique (OK j’ai légèrement spoiler le film, veuillez m’en excuser). Une démarche surprenante et inattendue mais terriblement casse-gueule. Et pour tout dire le film se prend un peu les pieds dans le son propre piège, car on perd son attachement à l’héroïne et par la même occasion l’intérêt que l’on portait à ce qui lui arrive. On peut saluer l’audace du scénario. Mais souvent l’audace demande un supplément de talent qui manque cruellement à ce film.
LA NOTE : 11/20
Fiche technique : Production : Sixty Six Pictures, iFeatures Distribution : KMBO Réalisation : William Oldroyd Scénario : Alice Birch, d’après le roman de Nikolai Leskov Montage : Nick Emerson Photo : Ari Xegner Décors : Jacqueline Abrahams Musique : Dan Jones Durée : 89 min
Casting : Florence Pugh : Katherine Cosmo Jarvis : Sebastian Christopher Fairbank : Boris Bill Fellows : Dr Bourdon Paul Hilton : Alexander Noami Ackie : Anna Golda Rosheuvel : Agnes Ian Conningham : Detective Logan Rebecca Manley : Mary
Tous les comédiens ne connaissent pas une carrière à la hauteur de son talent. Certains sont surcotés grâce à un physique avantageux ou une carrière parallèle qui conduisent leurs fans dans les salles obscures. Plus nombreux sont ceux qui n’ont jamais eu le rôle qui aurait montré à la face du monde la profondeur de leur talent. Pierre Richard est certes un monstre sacré du cinéma français. Mais un monstre sacré qui aura été cantonné toute sa vie à des rôles dans des comédies. Il n’aura jamais connu son « Tchao Pantin » comme Coluche. Mais quand on voit Un Profil pour Deux, une nouvelle comédie certes, on se dit qu’il n’est pas trop tard.
Pierre Richard est désormais extrêmement rare sur nos écrans, il faut donc profiter de toutes ses apparitions. C’est pour cela notamment que je suis allé voir Un Profil pour Deux, sans guère plus de motivation que ça. J’ai donc été très agréablement surpris par cette histoire bien écrite et qui réserve de vraies surprises. Il recycle beaucoup de thèmes habituels des comédies romantiques d’aujourd’hui (les rencontres sur internet, l’amour intergénérationnel…) mais arrive à en tirer quelque chose d’assez inattendu et de grande qualité. Une qualité qui a valu à ce film des applaudissements, ce qui n’est pas si fréquent dans une salle de cinéma.
La présence et le charisme à l’écran de Pierre Richard est déterminant dans la réussite de Un Profil pour Deux. Mais il ne faut pas oublier le reste du casting avec Yaniss Lespert qui prouve ici qu’il n’est pas que le frère de son frère, malgré une ressemblance physique assez frappante. Et surtout la très belle Fanny Valette qui n’aurait pas permis au film de fonctionner sans une jolie aura pleine de délicatesse et de douceur. Si on ajoute que tous ces comédiens interprètent leur rôle sur une musique de Vladimir Cosma, on ravira les nostalgiques du cinéma des années 70. Mais ce film a assez de qualité pour rencontrer un succès bien d’aujourd’hui.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Réalisation : Stéphane Robelin Scénario : Stéphane Robelin Musique : Vladimir Cosma Montage : Patrick Wilfert Photographie : Priscila Guedes Décors : Alain-Pascal Housiaux et Patrick Dechesne Costumes : Petra Fassbender Producteur : Christophe Bruncher et Fabian Gasmia Coproducteur : Gaetan David et André Logie Durée : 100 minutes
Casting : Pierre Richard : Pierre Yaniss Lespert : Alex Fanny Valette : Flora Stéphane Bissot : Sylvie Stéphanie Crayencour : Juliette Gustave Kervern : Bernard Macha Méril : Marie Pierre Kiwitt : David Loulou Tintin : Marcel Philippe Chaine : le producteur
L’émancipation de la jeunesse, et en particulier des femmes, dans le monde au Maghreb et au Moyen-Orient a été un thème très présent sur nos écrans ces derniers mois. Le poids de la famille et de la tradition forment le point commun entre tous ces films. Si Mustang notamment laissait entrevoir un espoir d’y échapper, les sorties de ces derniers mois (Hedi, Tempête de Sable et Noces) livraient une vision totalement pessimiste. Qu’en est-il de Je Danserai si je Veux ? Je ne dévoilerai évidemment pas le dénouement. Je préciserai simplement qu’il n’est pas aussi sombre que les trois précédents films. Et ça fait du bien !
Je Danserai si je Veux se déroule en Israël, à Tel-Aviv plus précisément. Une ville cohabite une modernité occidentale libertaire et des communautés enfermées dans leurs traditions. Des communautés au pluriel car le film évoque ce carcan aussi bien chez les musulmans, que les chrétiens ou les juifs. Un film qui permet donc de casser quelques clichés, tout en nous montrant la situation sans fard et sans détour. Si j’ai parlé d’optimisme en introduction, le film est aussi parfois très dur, notamment une scène qui vous sert le cœur et les tripes très fort.
Je Danserai si je Veux assez direct dans sa démonstration. Si la manière n’est pas particulièrement subtile, le fond l’est pour les raisons évoquées plus haut. On se prend d’affection pour les personnages de manière immédiate et on est du coup totalement happé par le récit. On est surtout sous le charme de trois merveilleuses actrices, bien soutenu il est vrai par des seconds rôles eux aussi parfaits. Ce film n’est donc pas simplement un énième sur le sujet, mais une œuvre salutaire et qui nous laisse avec un peu d’espoir. Un espoir qui n’a pas de prix.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Deux beaux garçons, En compagnie des lamas Distribution : Paname distribution Réalisation : Maysaloun Hamoud Scénario : Maysaloun Hamoud Montage : Lev Goltser, Nili Feller Photo : Itay Gross Décors : Hagar Brotman Musique : M.G. Saad Durée : 102 min
Casting : Mouna Hawa : Laila Sana Jammalieh : Salma Shaden Kanboura : Nour Mahmood Shalabi : Ziad Henry Andrawes : Wissam Ahlam Canaan : Dounia Aiman Daw : Saleh Riyad Sliman : Quais
On peut facilement qu’un film d’animation sera trop enfantin pour nos cerveaux vieillissants d’adultes. Surtout quand ce film met en scène des bébés. C’est la réflexion que je me suis faite la première fois que j’ai vu la bande-annonce de Baby Boss. Mais comme tout le monde sait qu’au fond (et même un peu sur le dessus), je suis un grand enfant, vous imaginez bien que j’y suis quand même allé. Et au final, j’ai trouvé dans ce film une grande part d’humour que seuls les tempes un peu grises comme les miennes peuvent saisir.
L’humour de Baby Boss passe beaucoup par des référence au monde des grandes entreprises. C’est d’ailleurs amusant de l’avoir vu dans la foulée de Corporate, pour voir à quel point un même sujet peut donner des traitement radicalement différents. Pas sûr que les plus jeunes saisissent bien l’ironie autour de l’utilisation outrancière des mémos ou des réunions. Evidemment le film comporte aussi une bonne dose d’humour premier degré. Au final, tout le monde est content, petits et grands, face à un divertissement familial de bonne qualité.
En effet, Baby Boss parvient à faire passer un très bon moment. Rythmé, drôle, avec quelques rebondissements inattendus, il remplit parfaitement son rôle avec efficacité et légèreté. Les personnages en particulier sont assez réussis, même pour ceux qui, comme moi, ont parfois du mal avec les enfants héros. Chez Miyazaki, ça passe, dans les productions américaine, cela donne souvent un résultat assez gnagnan. Le film évite largement ce travers. On peut juste au final regretter une animation assez froide et sans grande imagination artistique. Cela donne un aspect un peu formaté à ce film, qui manque quand même globalement d’audace pour être l’égal d’un Monstres et Compagnie ou d’un les Indestructibles.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : DreamWorks Animation Distribution : 20th Century Fox France Réalisation : Tom McGrath Scénario : Michael McCullers Montage : James Ryan Format : couleur – 2,35:1 – 35 mm – son Dolby Digital / DTS / SDDS / Auro 11.1 Musique : Steve Mazzaro, Hans Zimmer Durée : 97 min
Casting : Miles Christopher Bakshi : Tim Alec Baldwin : Baby Boss Conrad Vernon : Eugène, Eugènie Lisa Kudrow : la mère de Baby Boss Jimmy Kimmel : le père de Baby Boss Steve Buscemi : Francis E. Francis Tobey Maguire : Tim, adult, le narrateur
Le monde de l’entreprise, ton univers impitoyable !!! Il sert régulièrement de décor à de nombreux films français, souvent sur le mode polar, mais aussi parfois avec un propos plus social et militant. Il y a quelques années Violence des Échanges en Milieu Tempéré nous avait déjà offert une plongée brutale dans le monde du management moderne. On y retourne avec Corporate qui adopte un point de vue légèrement différent.
Pendant une petite moitié, Corporate m’a laissé assez froid. En effet, il s’assimile à une exploration des états d’âme du méchant alors qu’on n’a pas vraiment envie de la plaindre. Puis heureusement, le propos se tourne vers son évolution et devient alors nettement plus intéressant. L’intérêt devient même double puis les ressorts de l’entreprise et les ressorts psychologiques des personnages se retrouvent en même temps décryptés. Cela donne au final un film que l’on suit avec attention, même s’il n’est pas aussi passionnant que son prédécesseur cité en introduction.
Corporate doit beaucoup à la jolie prestation de Céline Sallette, bien épaulé il est vrai un Lambert Wilson toujours aussi impécable. Ils sont parfaitement mis en valeur par une réalisation discrète mais suffisamment élégante pour créer une ambiance qui colle au propos. Le film n’est peut-être pas le meilleur jamais produit sur le sujet. Mais il délivre une piqûre de rappel salutaire en nous rappelant une réalité qui est loin d’avoir disparu.
LA NOTE : 12/20
Fiche technique : Production : Kazak productions, Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma, Canal + Distribution : Diaphana Réalisation : Nicolas Silhol Scénario : Nicolas Silhol, Nicolas Fleureau Montage : Florence Bresson Photo : Nicolas Gaurin Décors : Sidney Dubois Musique : Mike et Fabien Kourtzer, Alexandre Saada Durée : 95 min
Casting : Céline Sallette : Emilie Tesson-Hansen Lambert Wilson : Stéphane Froncart Violaine Fumeau : Marie Borrel Stéphane de Groodt : Vincent Alice de Lencquesaing : Sophie Hyam Zaytoun : Patricia
Imaginer une histoire, c’est généralement partir d’une simple idée. Puis on brode le contexte, les personnages, des rebondissements et un dénouement. Aussi bonne soit l’idée de départ, le travail qui suit reste essentiel pour donner un réel intérêt à un film. Emmanuelle Cuau a eu ce genre d’idée au moment de se lancer dans l’écriture puis la réalisation de Pris de Court. Le seul soucis c’est qu’elle a largement trop négligé le reste du travail. Un film quelque peu incomplet.
Moins d’une heure trente, voici un format assez rare pour un « long » métrage. Ceci est parfois le signe d’un vrai sens du rythme et d’un refus du superflu. Pour Pris de Court, cela montre plutôt un manque sérieux de matière, alors qu’il y avait vraiment matière la créer. Le scénario se contente de suivre un court logique, exactement celui que laissait présager la bande-annonce. Et quand il s’agit de passer au dénouement, tout est amené sans aucune subtilité, avec une sorte de faux suspense, puisque tout ce qui va se passer est exposé de manière assez claire.
Pris de Court est par contre l’occasion de constater que le jeu de Virginie Efira prend de plus en plus d’épaisseur à chaque nouveau rôle. Son passage devant la caméra de Paul Verhoven pour Elle semble vraiment avoir débloqué le zeste de talent qui lui manquait. Elle porte vraiment le film sur ses épaules et sans elle ce dernier aurait vraiment sombré. Au final, il reste conseillé uniquement à ceux à qui la linéarité ne fait pas peur. Les amateurs de surprises pourront par contre passer leur chemin.
La grossesse est un sujet extrêmement classique chez les comédies françaises. Le cinéma hexagonal a même réussi à nous livrer un film intitulé 9 Mois. Alors si les ventres qui s’arrondissent font rire, pourquoi ne pas en proposer non pas un seul, mais deux à la fois. C’est le point de départ de Telle Mère, Telle Fille. Un film qui, vous l’aurez facilement compris, nous raconte l’histoire d’une mère et d’une fille enceintes en même temps. Un point de départ que l’on peut considérer comme un peu léger et qui donne au final un film qui l’est tout autant. Mais la légèreté est souvent loin d’être un défaut.
En fait, Telle Mère, Telle Fille est avant tout un film bordélique. On sent parfois que Noémie Saglio et Agathe Pastorino, les deux scénaristes, ne savent pas trop quoi nous raconter au-delà du fait que la situation est marrante sur le principe. Alors elles meublent comme elles peuvent, sans trop savoir où aller, dans un grand n’importe quoi joyeux. Heureusement, elles ont crée une galerie de personnages assez fournie pour pouvoir multiplier les idées et les situations pour meubler une heure et demi. Mais c’est clair qu’elle pouvait difficilement aller au-delà.
Mais bon, parfois le joyeux bordel est avant tout joyeux. C’est bien le cas de Telle Mère, Telle Fille qui finit tout de même par entraîner le spectateur avec lui. Tout cela grâce à la remarquable énergie et l’enthousiasme entraînant d’un casting qui a l’air de vraiment s’éclater à l’écran. Du coup, il se dégage du film une réelle énergie qui permet de facilement passer outre toutes les faiblesses et tous ces petits défauts qui, au final, contribuerait presque au charme de ce film. Certainement pas la comédie de l’année donc, mais l’occasion de passer un bon moment.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Production : Flamme Film, Gaumont, France 2 Cinéma Distribution : Gaumont Distribution Réalisation : Noémie Saglio Scénario : Noémie Saglio, Agathe Pastorino Montage : Sandro Lavezzi Photo : Pierre Aïm Décors : Samantha Gordowski Musique : Matthieu Chedid, Pierre-Marie Dru Durée : 94 min
Casting : Camille Cottin : Avril Juliette Binoche : Mado Lambert Wilson : Marc Olivia Côte : Cécile Jean-Luc Bideau : Debulac Stéfi Celma : Charlotte Catherine Jacob : Irène Charlie Dupont : Romain Michaël Dichter : Louis
Aussi étonnant que cela puisse paraître, les deux plus grandes Catherine du cinéma français n’avaient jamais été réunies à l’écran. C’est chose faite désormais ! Catherine Deneuve et Catherine Frot sont en effet à l’affiche de Sage Femme. Un titre au jeu de mot subtil, puisqu’il désigne à la fois la profession d’un des deux personnages, mais aussi sa nature profonde. Un titre surtout assez révélateur de la nature profonde du film. Ce dernier est l’archétype du film portrait, même s’il s’agit ici d’un portrait croisé. Un genre très dépendant de la qualité du casting.
Du coup, avec un tel duo, on peut facilement penser que Sage Femme ne peut être que très réussi. Malheureusement, le film est loin d’être dénué de défauts. Déjà, il est nettement trop long. Près de deux heures, alors qu’une heure et demi aurait suffi vu le contenu du récit. Cela tourne légèrement en rond et n’avance jamais en ligne droite. De plus, tout cela même à un dénouement qui laisse un peu le spectateur sur sa faim car il ne permet pas d’aboutir à véritable conclusion, pour ne pas dire une morale, à cette histoire.
Sage Femme compte évidemment également bien des qualités. La première d’entre elle reste son casting. Catherine Deneuve et Catherine Frot se complètent parfaitement et incarnent avec le même immense talent leur personnage. Mais il ne faut pas non plus oublier Olivier Gourmet qui lui aussi tire le film vers le haut. Au final, le film arrive à séduire par l’attachement que l’on ressent pour les protagonistes, aussi différents qu’ils soient. Le spectateur est ému car il partage les émotions des personnages. Ce sont des derniers qui restent à l’esprit à la fin du film et qui permettent surtout de rester sur une bonne impression.
LA NOTE : 12/20
Fiche technique : Production : Curiosa films, France 3 Cinéma, Versus production Distribution : Memento films Réalisation : Martin Provost Scénario : Martin Provost Montage : Albertine Lastera Photo : Yves Cape Décors : Thierry François Musique : Grégoire Hetzel Costumes : Bethsabée Dreyfus Durée : 117 min
Casting : Catherine Frot : Claire Catherine Deneuve : Béatrice Olivier Gourmet : Paul Quentin Folmaire : Simon Mylène Demongeot : Rolande Pauline Etienne : Cécile Audrey Dana : la chef de service
Pour jouer un même personnage à plusieurs âges, il existe plusieurs options. Avec les progrès de la technique, il est de plus en plus facile de grimer un même acteur jusqu’à le faire ressembler à un vieillard. On peut aussi choisir différents comédiens d’âges variés, si possible ayant quelques traits en commun. Mais on peut aussi choisir des acteurs n’ayant pas spécialement de ressemblance. Cela peut aussi tout à fait fonctionner. La preuve avec Orpheline qui rassemble joli casting féminin pour interpréter un seul et même personnage aux différentes étapes de sa vie.
Certes, j’ai mis la moitié du film à comprendre qu’il ne s’agissait pas d’un film choral, mais bien l’histoire d’un seul et même personnage. C’est l’âge, je pense. Certes, j’ai aussi comme excuse que le film est raconté à l’envers, c’est à dire que les différentes étapes du récit de la plus récente pour remonter jusqu’à l’enfance. Un procédé de narration pas si original que ça, mais qui a le mérite d’attiser la curiosité du spectateur. On ne s’ennuie pas devant Orpheline car il propose toujours des questions ouvertes qui ne trouveront réponse qu’en remontant dans la passé.
Orpheline brille avant tout par sa distribution. Si on met de côté le rôle enfantin forcément un peu à part, les trois actrices sont vraiment formidables. Et que dire du casting de seconds rôles qui ferait bien des envieux en tête d’affiche. Ils sont parfaitement mis en valeur par une réalisation d’Arnaud Des Paillères élégante et qui nous plonge vraiment dans l’intimité des personnages. Le film est également très sensuel, avec de nombreuses scènes que l’on qualifiera de légèrement crues. Ce n’est évidemment pas moi que ça dérangera outre mesure, mais le côté récurent de la chose finit par l’assimiler par un tic qui n’apporte plus grand chose à l’histoire. Mais heureusement pas assez pour gâcher ce film imparfait mais qui peut valoir un petit coup d’œil.
LA NOTE : 12/20
Fiche technique : Production : Arte, Les Films d’ici, Les Films Hatari Distribution : Le Pacte Réalisation : Arnaud des Pallières Scénario : Christelle Berthevas, Arnaud des Pallières Montage : Emilie Orsini, Arnaud des Pallières, Guillaume Lauras Photo : Yves Cape Format : couleur HD – 35 mm – 2,35:1 – son Dolby numérique Décors : Guillaume Deviercy Durée : 111 min
Casting : Adèle Haenel : Renée, Karine adulte Adèle Exarchopolous : Sandra, Karine jeune Sergi Lopez : Lev Gemma Arterton : Tara Nicolas Duvauchelle : le père de Karine Solène Rigot : Karine à 13 ans Jalil Lespert : Darius Véga Cuzytek : Kiki, Karine enfant Sergi Lopez : Maurice
Quand on est un artiste, on possède forcément des sources d’inspiration. D’illustres prédécesseurs que l’on admire et que l’on cherche forcément à imiter d’une manière ou d’une autre. Il apparaît assez évident que Rosmary Myers compte Wes Anderson dans ses modèles. Mais à trop copier ses illustres prédécesseurs, on risque de ne pas se montrer à la hauteur de la comparaison. Fantastic Birthday n’a pourtant pas à rougir. Même si l’élève est loin d’avoir égalé le maître.
Fantastic Birthday pêche avant tout par une certaine inégalité. Certains passages fonctionnent parfaitement, d’autres moins. Le film, pourtant très court, comporte du coup quelques longueurs. Pour le reste, on retrouve cette poésie décalée et absurde, cette imagination visuelle et le thème du passage à l’âge adulte que l’on attendrait d’un film de Wes Anderson. Et dans une majorité de passages, Rosmary Myers arrive à créer la même magie pour le plus grand bonheur de nos petites mirettes. S’il manque encore un peu de consistance, le même talent pointe chez cette réalisatrice australienne qui signe là un premier film remarqué.
La réussite de Fantastic Birthday tient aussi à la prestation remarquable et remarquée de la jeune Bethany Whitmore qui de son côté fait preuve d’un talent constant. Elle apporte vraiment un réjouissant supplément d’âme et de charme au film. Là aussi beaucoup de promesses pour l’avenir. Au final, s’il est trop tôt pour savoir si Rosmary Myers sera la nouvelle Wes Anderson, on est déjà heureux de savoir qu’elle peut être Rosmary Myers. Ce qui constitue déjà une bonne raison d’aller voir ce film.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Soft Tread Enterprises, Windmill theatre Distribution : UFO Distribution Réalisation : Rosemary Myers Scénario : Matthew Whittet, d’après sa pièce de théâtre Montage : Karryn de Cinque Photo : Andrew Commis Décors : Jonathon Oxlade Son : Luke Smiles Musique : Jemma Burns, Harry Covill Directeur artistique : Jonathon Oxlade Durée : 80 min
Casting : Bethany Whitmore : Greta Harrison Feldman : Elliott Tilda Cobham-Hervey : Huldra Imogen Archer : Genevieve Eamon Farren : Adam, Benoit Tremet Amber McMahon : Janet, La femme de glace Matthew Whittet : Conrad, l’homme abject
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