Les films de super-héros ont envahi nos écrans ces dernières années, créant une nouvelle mythologie cinématographique riche et fascinante. Il est étonnant de constater que le sujet n’ait pas été une plus grande source d’inspiration en dehors des œuvres « officielles ». On peut tout de même citer Kick-Ass et on pourra désormais aussi parler de On l’Appelle Jeeg Robot. Un film italien qui parle de super pouvoirs mais qui ne reprend aucun des codes du genre.
En effet, dans la monde des super-héros, il y a les bons d’un côté, les méchants de l’autre. Mais qu’arriverait-il si des super pouvoirs étaient acquis pas un faux méchant pas vraiment gentil ? Un petit délinquant sans ambition, qui ne cherchera ni à sauver le monde, ni à le dominer. Et bien, vous le saurez en allant voir On l’Appelle Jeeg Robot. Une histoire inclassable, entre parodie, polar, avec un rien de science-fiction. Un peu de poésie aussi. Un mélange détonnant, étonnant et surtout réellement savoureux.
On l’Appelle Jeeg Robot ne brille ni visuellement, ni artistiquement. Gabriele Mainetti fait ce qu’il peut avec les moyens dont il dispose et avouons-le avec ses propres limites. Mais il le fait avec une intelligence remarquable, en donnant vie à ce scénario improbable, remarquablement bien écrit. Une bonne histoire reste quand même la seule qualité vraiment indispensable pour faire un bon film. Si on ajoute à ça, des acteurs impliqués et talentueux, on obtient une très bonne surprise originale et distrayante. Bref, que demander de plus !
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Goon Films, RAI cinema Distribution : Nour films Réalisation : Gabriele Mainetti Scénario : Nicola Guaglianone, Menotti Montage : Andrea Maguolo Photo : Michele D’Attanasio Format : Couleurs – 35 mm – 2,35:1 Décors : Massimiliano Sturiale Musique : Gabriele Mainetti, Michele Braga Durée : 118 min
Et si finalement les Japonais étaient des êtres humains comme les autres ? Il est vrai que le cinéma nippon donne une image sûrement assez déformée de cette société aux nombreuses particularités. Si la culture et la tradition éloignent parfois les habitants de notre planète les uns des autres, la nature humaine est au fond tout ce qu’il y a de plus universelle. La preuve avec Après la Tempête, un film sur les rapports familiaux qui pourraient se dérouler partout dans le monde.
Après la Tempête possède tout de même un décor. Il n’est pas totalement déconnecté de certaines spécificités de la société japonaise. Certains comportements, certains détails n’auraient pas lieu d’être dans un autre pays. Mais l’essentiel de l’histoire relève d’un humaniste qui parlera à tous les spectateurs. Les sujets abordés sont nombreux. La paternité, l’évanouissement des rêves de jeunesse, l’importance d’un certain paraître social… Un film riche donc, mais peut-être un peu trop au final.
Après la Tempête apporte beaucoup d’eau au moulin de la réflexion du spectateur. Chaque sujet est abordé avec de l’intelligence et de la sensibilité, mais sans finalement prendre le temps de l’explorer totalement. On ressort de la salle sans trop savoir quoi penser, sans arriver à la moindre conclusion. Je ne suis pas convaincu que Hirokazu Kore-eda ait voulu en apporter une. Cela donne à son film à son côté contemplatif que certains sauront sans doute apprécier mais qui m’a personnellement frustré. Peut-être qu’inconsciemment, je suis déçu de découvrir que certains Japonais sont juste normaux…
La vengeance est un moteur puissant du comportement humain. Il peut amener un individu à commettre des actes dont nul ne l’aurait imaginé capable dans d’autres circonstances. Qu’elle soit au centre de beaucoup de scénarios n’a donc rien d’étonnant. Il est également connu qu’il s’agit d’un plat qui se mange froid. Il n’y a donc rien d’étonnant non plus de voir arriver sur nos écrans un film intitulé la Colère d’un Homme Patient… bon ok, ça parle de colère, non de vengeance, mais ceux qui auront vu le film savent qu’ils sont ici synonymes. Mais à force de ne pas être étonnant, ce film manque singulièrement de surprise.
La Colère d’un Homme Patient est un film cependant parfaitement maîtrisé. Dans sa narration d’abord, avec les éléments de l’histoire qui se mettent peu à peu en place, comme un puzzle, où chaque pièce se dévoile habilement une à une. La réalisation est elle-aussi impeccable. Elle sait souligner les ambiances très différents d’une scène à l’autre, tout en gardant une grande unité. Elle sait surtout mettre parfaitement en valeur l’interprétation des acteurs, en particulier Antonio de la Torre qui incarne réellement son personnage avec force et conviction.
Si sur la forme la Colère d’un Homme Patient mérite sans doute son Goya du meilleur film, ce qui est tout de même remarquable pour un premier film, l’histoire qu’il raconte ressemble trop à beaucoup d’autres pour être vraiment bouleversé ou enthousiasmé. Le film traite un sujet classique parmi les classiques depuis les premières tragédies grecques. Il échoue à trouver le petit élément qui amènera un regard nouveau ou surprenant. Du coup, cela donne à ce film un caractère très académique et attendu, qui laisse le spectateur assez froid. Si c’est à cette température que se consomme la vengeance, pour un long métrage, on aurait aimé un peu plus de chaleur.
LA NOTE : 12/20
Fiche technique : Réalisation : Raúl Arévalo Scénario : Raúl Arévalo, David Pulido Direction artistique : Serafín González Décors : Antón Laguna Costumes : Cristina Rodriguez, Alberto Valcárcel Son : Tamara Arévalo3 Photographie : Arnau Valls Colomer Montage : Ángel Hernández Zoido Musique : Lucio Godoy, Vanessa Garde2 Production : Beatriz Bodegas (productrice, productrice déléguée), Sergio Díaz (producteur exécutif) Durée : 92 minutes
Casting : Antonio de la Torre : José Luis Callejo : Curro Ruth Díaz : Ana Raúl Jiménez : Juanjo Pilar Gómez : Pili Berta Hernández : la fiancée de José Manolo Solo : Triana Font García : Julio Alicia Rubio : Carmen
Si la vie nous offre pas mal de choses sympathiques, comme les côtes de bœuf, les bons films et les orgasmes, elles nous réservent aussi bien des raisons de se renfrogner. Vieillir en fait incontestablement partie, combien même on essaye de positiver en parlant d’expérience et de maturité. Visiblement, cela touche plus particulièrement les cadres féminins du cinéma français. En attendant le film de Valérie Lemercier sur le même sujet, voici Aurore où Agnès Jaoui incarne un personnage en pleine crise de la cinquantaine. Un résultat agréable, mais pas indispensable.
Aurore navigue entre humour et un ton un peu plus grave, voire même assez pessimiste. En effet, pendant une bonne partie du film, on se dit vraiment qu’avoir cinquante ans est proche de l’apocalypse, une sorte de mort avant l’heure. Heureusement, la fin du film tente de rééquilibrer un peu le propos, mais sans tout effacer. Du coup, on est loin du feel good movie auquel on pouvait s’attendre. Certes, Blandine Lenoir est tout à fait en droit de nous livrer un point de vue nuancé, mais cela crée un décalage entre le propos et la forme, qui cherche quand même clairement à faire rire. Cela crée comme un flottement, un décalage, qui amène le spectateur à se demander si l’histoire sait vraiment où elle veut nous emmener.
Aurore repose énormément sur les épaules d’Agnès Jaoui. Des épaules larges et solides certes, mais le film souffre du coup de seconds rôles au final assez transparents. Les fans de l’actrice seront ravis, les autres n’auront pas non plus à se plaindre. Elle incarne son personnage avec son talent habituel, ce qui n’est pas peu dire. C’est grâce à elle que le spectacle reste assez plaisant pour ne pas donner trop de regret au spectateur. Cependant, on est quand même typiquement devant un film qui supportera très bien d’être vu à la télé, un soir de pluie, sans avoir à se saigner les veines pour se payer une place de cinéma. Quant aux boulimiques porteur de carte d’abonnement comme moi, ils n’ont de toute façon jamais de regret quand ils se rendent dans une salle obscure !
LA NOTE : 11,5/20
Fiche technique : Production : Karé productions, France 3 cinéma Distribution : Diaphana Réalisation : Blandine Lenoir Scénario : Blandine Lenoir, Jean-Luc Gaget, Océane Rose Marie Montage : Stéphanie Araud Photo : Pierre Milon Décors : Eric Bourges Musique : Bertrand Belin Durée : 89 min
Casting : Agnès Jaoui : Aurore Thibault de Montalembert : Totoche Pascale Arbillot : Mano Sarah Suco : Marina Lou Roy Lecollinet : Lucie Philippe Rebbot : l ex mari Laure Calamy : l agente de Pole emploi
On le sait depuis l’école, ce n’est pas bien de copier sur son voisin. En termes d’art, la copie s’appelle aussi l’inspiration ou l’influence. Au final, on utilise le terme que l’on voudra, mais il est évidemment que Life – Origine Inconnue est intimement lié à Alien. Un huit-clos spatial avec une créature extraterrestre particulièrement coriace qui essaye de tuer tous les occupants pour survivre. Avouez qu’il est difficile de ne pas voir la parenté entre les deux. Ce film prouve encore une fois que l’original est souvent bien meilleur que la copie.
Il est presque injuste de comparer Alien et Life – Origine Inconnue, tant les deux films ne jouent pas dans la même catégorie. Celui qui nous intéresse aujourd’hui est un film relativement mineur, pas une série B, mais pas loin. Les moyens visuels sont là, le casting est plutôt brillant, mais rien qui permette de surmonter le manque d’originalité du scénario pour rendre ce film inoubliable. La réalisation est efficace mais sans relief, n’est pas Ridley Scott qui veut. Bref, rien pour vraiment s’enthousiasmer et trouver un intérêt profond à ce film.
Aucun intérêt, si ce n’est tout de même le pur divertissement. C’est ce qu’est au fond Life – Origine Inconnue. Un spectacle déjà vu, mais qui fonctionne encore assez pour nous préserver de l’ennui. Il ne réserve pas de réelles surprises. Le spectateur est tout de même curieux du comment le film va nous emmener vers ce à quoi on s’attend. Et si le film essaye de nous réserve maladroitement un rebondissement final (que l’on voit venir assez facilement), on lui pardonne, on le remercie pour le bon moment et on l’oublie assez en sortant de la salle. Parfois, ce n’est pas plus mal.
LA NOTE : 11/20
Fiche technique : Production : Columbia Pictures, Skydance Media, Sony Pictures Entertainment Distribution : Sony Pictures Releasing France Réalisation : Daniel Espinosa Scénario : Rhett Reese, Paul Wernick Montage : Mary Jo Markey, Frances Parker Photo : Seamus McGarvey Décors : Nigel Phelps Musique : Jon Ekstrand Directeur artistique : Steven Lawrence Durée : 104 min
Casting : Jake Gyllenhaal : David Jordan Rebecca Ferguson : Miranda North Ryan Reynolds : Rory Adams Hiroyuki Sanada : Sho Murakami Olga Dihovichnaya : Ekaterina Golovkina Ariyon Bakare : Hugh Derry
Entre Trump, Poutine, Assad et Kim, notre époque nous donne envie de parler avant tout de paix. Un Français de ma génération ignore ce qu’est la guerre et n’a jamais craint d’en vivre une. Et c’est une chance que peu d’hommes ont eu dans l’histoire de l’humanité. Il suffit d’aller voir Cessez-le-Feu pour s’en rendre compte. Un film qui nous emmène dans les années 20 et nous raconte l’impossible retour à la réalité quand on a connu l’horreur absolue des tranchées.
Le traumatisme lié à la guerre est un sujet classique du cinéma. Mais avant tout une cinéma hollywoodien qui a souvent traité la question à propos de la guerre du Vietnam et plus récemment à propos de la guerre en Irak. En France, il a rarement été au cœur des scénarios pourtant nombreux ayant trait à la Première ou la Deuxième Guerre Mondiale. Du coup, le propos de Cessez-le-Feu a au moins le mérite d’explorer de sortir le cinéma français de sa zone de confort, ce qui est suffisamment pour être signalé. Cela restera le grand mérite de ce film qui est loin d’être parfait par ailleurs.
Cessez-le-Feu souffre de quelques longueurs et surtout d’une fin que j’ai trouvé un peu trop mélodramatique, quand le reste de film avait brillé plutôt par sa subtilité. On le suit avec un intérêt certain, mais un intérêt raisonnable et pas aussi émotionnel que ce qu’aurait pu faire espérer le sujet. Au final, on est plus intéressé qu’ému. Ce n’est pas une raison pour ne pas saluer la triple performance de Romain Duris, de Céline Salette et Grégory Gadebois. Ils incarnent leurs personnage respectif avec force et conviction. En tout cas, ils auront eu l’immense mérite à travers ce film de nous rappeler la valeur de la paix.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Réalisation : Emmanuel Courcol Scénario : Emmanuel Courcol Direction artistique : Mathieu Menut Costumes : Stephan Rollot et Édith Vesperini Photographie : Tom Stern et Yann Maritaud Son : Pascal Armant et Sébastien Marquilly Montage : Guerric Catala et Géraldine Rétif Musique : Jérôme Lemonnier Production : Christophe Mazodier ; Céline Chapdaniel Durée : 103 minutes
L’arnaque constitue un bon sujet de film, au point de donner son nom à un des films les plus mythiques de l’histoire du 7ème art. Les ressorts sont connus, à la limite de l’usure, mais bien huilé ils peuvent encore permettre à un scénariste de rebondir pour nous offrir un scénario qui tient vraiment la route. D’autant plus quand celui-ci est basé sur des faits réels qui nous font découvrir une incroyable histoire, révélatrice du fonctionnement parfois étrange du monde de l’espionnage, qui ne ressemble guère en réalité à l’image qu’en donnent les James Bond. L’Homme aux Mille Visages nous plonge dans un des plus incroyables scandales politico-financiers de l’histoire de l’Espagne.
L’Homme aux Mille Visages a certainement eu un retentissement bien plus important de l’autre côté des Pyrénées. En effet, on imagine bien que connaître les ressorts d’une affaire ayant fait grand bruit et ayant fait tomber un gouvernement a du aiguiser la curiosité des Espagnols. Vu d’ici, il est vrai que l’on retient surtout le plaisir de l’intrigue pour l’intrigue. Le film aurait pu être une pure fiction, on aurait pu l’apprécier tout autant, même si on aurait peut-être été tenté de dire que tout cela était trop gros pour être crédible. Mais qui a dit que jamais la réalité ne dépassait la fiction ?
L’Homme aux Mille Visages est un film parfaitement maîtrisé, qui déroule une narration portée par une réalisation sobre et des acteurs talentueux et impliqués. Cependant, sans cette dimension affective, il ne déchaîne pas d’enthousiasme outre mesure. On a déjà eu l’occasion de voir des histoires assez proches sur grand écran, avec parfois plus d’audace et de rebondissements prenant au dépourvu le spectateur. Sans doute pour vraiment coller à la réalité des faits, le récit est au final assez linéaire et les quelques révélations de fin sur le « comment » ne n’en sont pas vraiment. Enfin, pas de quoi crier à l’arnaque cependant.
LA NOTE : 12/20
Fiche technique : Production : Atresmedia Cine, Atipica dilms, Canal sur Television, El Espia de las mil caras, Sacromonte films, Zeta Audiovisual Distribution : Ad Vitam distribution Réalisation : Alberto Rodriguez Scénario : Rafael Cobos Lopez, Alberto Rodriguez, d’après le livre de Manuel Cerdan Alenda Montage : José M.G. Moyano Photo : Alex Catalan Musique : Julio de la Rosa Directeur artistique : Pepe Dominguez Del Olmo Durée : 122 min
Casting : Eduard Fernandez : Francisco Paesa Jose Coronado : Jesus Camoes Marta Etura Luis : Nieves Carlos Santos : Roldan Enric Benavent : Casturelli Alba Galocha : Beatriz Philippe Rebbot : Pinaud Pedro Casablanc : Abogado
En ces jours où il y a de quoi désespérer sur l’état de notre société, un peu d’espoir est le bienvenu. A Voix Haute – la Force de la Parole est donc particulièrement bienvenu. Un film sans message politique, mais qui nous rappelle qu’il y a du talent et de l’intelligence partout, si on veut bien lui prêter attention et lui donner la chance de s’exprimer. Un concours d’éloquence en Seine-St-Denis ne semblait pas forcément un sujet qui puisse justifier un long métrage documentaire. Et pourtant, il nous offre un excellent film du genre.
J’ai vu ce film juste après La Jeune Fille et son Aigle et il est amusant de faire le parallèle entre les deux. Bon surtout parce que j’adore les comparaisons, mais passons. Ce dernier nous raconte une histoire extraordinaire au travers d’une réalisation indigente. Le sujet de A Voix Haute – la Force de la Parole est beaucoup plus proche de nous, beaucoup moins exotique, mais Stéphane de Freitas parvient à le rendre incroyablement passionnant par la manière dont il le traite. Le travail de montage est absolument remarquable et met incroyablement bien en valeur ces jeunes gens qui eux méritent bien le qualificatif d’extraordinaires.
Le destin de A Voix Haute – la Force de la Parole est à l’image de celui de ceux et celles qu’il nous fait découvrir. Rien n’était gagné d’avance, mais le talent est finalement récompensé. D’abord, diffusé sur Youtube, puis sur France 2, il a donc finalement été diffusé sur grand écran dans une version rallongé. Et c’est tant mieux tant on ressort de ce film enthousiasmé à la fois par le film et par les qualités remarquables de ses protagonistes. Bien sûr, tout le monde n’a pas le droit à un tel destin, aussi talentueux soit-il. Mais il est bon parfois de parler du positif ! Il fait tant de bien !
LA NOTE : 14/20
Réalisation : Stéphane de Freitas Co-réalisation: Ladj Ly Scénario : Stéphane de Freitas Producteurs : Anna Tordjman, Harry Tordjman Société de production : My Box Productions Société de distribution : Mars Films Musique : Superpoze Photographie : Ladj Ly, Timothée Hilst Son : Henri D’Armancourt Montage : Jessica Menéndez avec Pierre Herbourg
Je ne sais pas vraiment si Dieu existe, par contre ma vie est peuplée de quelques divinités auquel je voue un culte avec une foi absolue : George Lucas, Freddy Mercury, Stephen King et Masamune Shirow. Vous imaginez bien que c’est avec une impatience fébrile que j’ai attendu la sortie au cinéma de l’adaptation « live » de Ghost In The Shell, chef d’œuvre absolu de la culture manga. Et comme j’ai quand même un gros faible personnel pour Scarlett Johansson, l’attente fut d’autant plus emplie d’espoir et d’envie. Mais au final, je suis quand même resté un peu sur ma faim.
Ghost In The Shell réussit pourtant le plus difficile. Retranscrire un univers graphique aussi complexe et reconnaissable que celui de Masamune Shirow. Les décors, les costumes, les effets spéciaux sont superbes et totalement respectueux de l’œuvre originale. Les plans larges sur la ville notamment sont réellement sublimes. Le pari est donc pleinement réussi de ce côté là, alors que c’était loin d’être gagné d’avance. J’avoue en avoir pris plein les yeux et rien que pour cela, ne regrette pas une seule seconde de l’avoir vu.
Par contre, Ghost In The Shell pêche par la fadeur de son scénario. Non qu’il soit infidèle à l’histoire imaginée par Masamune Shirow, mais il l’édulcore tellement qu’on se demande bien comment elle peut être l’objet d’un tel culte. Toute la richesse mystique, la complexité, l’ésotérisme qui la caractérisaient ont disparu au profit d’une histoire linéaire et limpide. Cela reste un scénario de science-fiction solide, mais sans génie. Indigne en tout cas du génie de celui qui en est à l’origine. Mais passer par le filtre hollywoodien, ce dernier s’est dilué. Et on se dit au final qu’on ferait mieux avant tout de relire le manga.
LA NOTE : 12/20
Fiche technique : Production : Arad productions, DreamWorks, Grosvenor Park Productions, Paramount pictures, Reliance Entertainment, Seaside Distribution : Paramount Pictures France Réalisation : Rupert Sanders Scénario : Jamie Moss, William Wheeler, d’après les mangas de Masamune Shirow Montage : Billy Rich, Neil Smith Photo : Jess Hall Décors : Jan Roelfs Musique : Lorne Balfe, Clint Mansell Effets spéciaux : Weta Workshop, Atomic Fiction Costumes : Kurt and Bart Durée : 106 min
Casting : Scarlett Johansson : Major Pilou Asbæk : Batou Takeshi Kitano : Aramaki Juliette Binoche : Dr. Ouelet Michael Pitt : Kuze Chin Han : Han Danusia Samal : Ladriya Peter Ferdinando : Cutter Lasarus Ratuere : Ishikawa
Les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, mais beaucoup de gens de ma génération ont connu les longues soirées diapositives. Des paysages parfois très beaux mais photographiés sans talent. Et ce pendant des heures… Si jamais vous avez la moindre nostalgie de ces soirées chez Tata Jacqueline, vous pouvez aller voir la Jeune Fille et Son Aigle. Pour les autres, rassurez-vous, l’histoire racontée est infiniment plus passionnante que les vacances de votre Tata Jacqueline !
Lorsque que j’ai vu pour la première fois la bande-annonce de la Jeune Fille et Son Aigle, je n’ai pas immédiatement compris qu’il s’agissait réellement d’un long métrage voué à une exploitation sur grand écran. En effet, j’ai rarement vu une réalisation aussi indigente. Elle fait passer celle des documentaires du samedi après-midi du temps d’Animalia pour du Kubrick. Les paysages absolument sublimes sont à l’étroit dans ces images qui semblent venir d’un autre temps. Mais c’est surtout l’histoire qu’elles racontent qui méritaient infiniment plus d’espace.
L’histoire d’Aishol-pan fait partie de celles qui valent bien un film. Cette jeune Kazakh n’a rien à envier à bien des super-héros bodybuildés. Avec son sourire et ses yeux d’enfants, elle provoque surtout une sympathie et un attachement plus sincère et plus profond que bien d’entre eux. Et n’oublions pas son sublime oiseau, majestueux et captivant. La Jeune Fille et Son Aigle porte donc bien son nom. Il nous offre une rencontre rare et inoubliable. Mal filmé certes, mais rare et inoubliable quand même.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Production : 19340 productions, Sony Pictures Classics Distribution : ARP Selection Réalisation : Otto Bell Montage : Pierre Takal Photo : Simon Niblett Musique : Sia Durée : 84 min
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