La vie est injuste. Alors qu’Alibi.com se joue encore sur un nombre important d’écrans, j’ai du repérer la seule séance du jour du MK2 Montparnasse où se jouait 20th Century Women, un samedi soir à 21h, pour avoir la chance de voir ce film. Qu’est ce qui m’a poussé à faire autant d’effort pour ne pas rater ce long métrage, dont je ne savais pas grand chose avant d’entrer dans la salle ? L’instinct du cinéphile, sûrement, le même qui m’avait poussé à des efforts similaires pour aller voir les Oubliés. L’instinct… ou la métacritique d’Allociné…
20th Century Women est un film féministe, ce qui n’étonnera personne à la lecture du titre. Cependant, il s’agit avant tout d’un film humaniste car les personnages masculins n’y ont rien de secondaires. Il s’agit d’un film portrait, centré sur ses personnages, au travers desquels il livre le portrait d’une époque. C’est par eux que naît l’attachement relativement immédiat du spectateur et c’est par eux que tous les sujets seront abordés. Mais il ne s’agit pas d’un film choral, encore moins d’un film à sketchs, car les liens qui tissent entre eux offre au film son unité.
20th Century Women brille par un délicieux casting. Le trio formé par Annette Bening, Greta Gerwig et Elle Fanning frôle la perfection. Il est merveilleusement mis en valeur par la caméra subtile et élégante de Mike Mills. Il se dégage de tout ça beaucoup de poésie, de tendresse et d’émotion. De la réflexion, même si le film ne perd jamais une très agréable légèreté. Au final, un très bel hymne à la liberté et surtout au libre arbitre. Tout simplement un très beau film.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Annapurna Pictures, Archer Gray, Modern People Distribution : Mars distribution Réalisation : Mike Mills Scénario : Mike Mills Montage : Leslie Jones Photo : Sean Porter Décors : Chris Jones Musique : Roger Neill Durée : 109 min
Casting : Annette Bening : Dorothea Greta Gerwig : Abbie Billy Crudup : William Elle Fanning : Julie Mucas Jade Zumann : Jamie Curran Walters : Matt John Billingsley : Le gynéco d Abbie Gareth Williams : Chef des pompiers Alison Elliott : la mère de Julie
Je n’ai jamais apprécié outre mesure Nicolas Bedos. Ce n’est pas qu’il me hérissait particulièrement le poil, il me laissait largement indifférent. Et je n’étais pas loin de penser que son talent s’arrêtait au fait d’être le fils de. Il m’est désormais impossible de tenir un tel discours après avoir vu Monsieur & Madame Adelman. Acteur, réalisateur, scénariste, la réussite de ce film reste avant tout la sienne. Et on réussit rarement sans un minimum de talent.
Monsieur & Madame Adelman n’est certes pas non plus le film du siècle. Il s’agit avant tout d’une histoire d’amour, à la fois terriblement ordinaire et passablement extraordinaire. Ordinaire par les hauts et les bas que connaît ce couple comme tous ceux qui vivent une relation au très long cours. Extraordinaire par les personnalités des deux protagonistes qui n’auraient pas justifié un film si jamais elles avaient été trop banales. D’ailleurs, si Nicolas Bedos est évidemment au cœur de la réussite de ce film, il doit aussi beaucoup à sa compagne à l’écran, Doria Tillier qui tient là son premier rôle au cinéma et qui prouve une nouvelle fois que miss météo sur Canal+ est une école étonnamment efficace pour nous offrir des comédiennes de grand talent.
Doria Tillier a également cosigné le scénario. Or, Monsieur & Madame Adelman bénéficie avant tout d’un script remarquablement écrit. Les dialogues arrivent à être particulièrement percutants, tout en échappant à l’impression d’être trop littéraires. Du coup, on croit à cette histoire, reposant sur deux personnages auxquels on s’attache aussi bien pour leurs forces que leurs faiblesses. La réalisation est sobre, mais parfaitement maîtrisée. Tout ceci nous emmène vers un dénouement qui s’impose de lui-même tout en réservant quand même une dose de surprise.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Les films du Kiosque, France 2 cinéma, Orange studio, UMedia, Le Pacte, Chaocorp Distribution : Le Pacte Réalisation : Nicolas Bedos Scénario : Nicolas Bedos, Doria Tillier Montage : Anny Danché, Marie Silvi Photo : Nicolas Bolduc Décors : Stéphane Rozenbaum Son : Marc-Antoine Beldent, Séverin Favriau, Jean-Paul Hurier Musique : Philippe Kelly, Nicolas Bedos Durée : 120 min
Casting : Nicolas Bedos : Victor Adelman Doria Tillier : Sarah Adelman Christiane Millet : Mme De Richemont Antoine Gouy : Le journaliste Julien Boisselier : Antoine De Richemont Denis Podalyès : Le Psy Zabou Breitman : La directrice d’école Jean-Pierre Lorit : Marc
Quand un film fait sa promotion en insistant lourdement sur un parallèle avec un autre film, on se dit généralement que c’est mal parti. On se dit qu’il n’est visiblement pas capable de trouver assez d’argument pour séduire par lui-même. Et le plus souvent, on a raison d’être méfiant. Une nouvelle preuve avec Lion qui s’est présenté lui-même comme le nouveau Slumdog Millionaire. Malheureusement pour lui, Garth Davis est loin d’avoir le talent de Dany Boyd. Le résultat n’est pas dénué d’efficacité, mais totalement formaté et sans imagination.
Lion sombre tout du long dans la facilité et ne prend aucun risque qu’il soit narratif ou artistique. Certes, l’histoire vrai dont il est tiré valait bien un film, mais il se contente ici d’exploiter a minima un pitch qui aurait pu donner une œuvre d’une toute autre ampleur. Il nous propose une sorte d’émotion obligatoire totalement insupportable, comme si nous parler d’un enfant pauvre devait forcément nous tirer des larmes. Cependant, on peut posséder un cœur et garder un minimum de sens critique pour ne rien trouver de bouleversant à cette histoire que la narration rend ici totalement cousue de fil blanc.
Tout n’est pas forcément à jeter dans Lion. La première partie reste quand même assez réussie, sans être pour autant géniale. Garth Davis n’est pas totalement maladroit caméra en main, même s’il semble incapable de la moindre audace. Ce film souffre en fait d’une ambition démesurée par rapport à la somme de talent qui lui donne vie. Les producteurs espéraient sans doute nous offrir (et à leur compte en banque) un film à Oscars. Mais la ficelle est trop grosse. Le film laisse froid, ou du moins ne dépasse jamais une légère tiédeur. Bien loin en tout cas des températures nécessaires pour fondre une statuette dorée.
LA NOTE : 10,5/20
Fiche technique : Production : The Weinstein Company, Screen Australia, See-Saw Films, Aquarius films, Sunstar Entertainment, Narrative Capital Distribution : SND Réalisation : Garth Davis Scénario : Luke Davies, d’après le livre de Saroo Brierley Montage : Alexandre de Franceschi Photo : Greig Fraser Décors : Chris Kennedy Musique : Volker Bertelmann, Dustin O’Halloran Costumes : Cappi Ireland Durée : 118 min
Casting : Sunny Pawar : Saroo enfant Dev Patel : Saroo adulte Nicole Kidman : Sue Brierley David Wenham : John Brierley Rooney Mara : Lucy Divian Ladwa : Mantosh Brierley Priyanka Bose : Kamla, la mère Abhishek Bharate : Guddu, le grand frère Tannishtha Chatterjee : Noor Nawazuddin Siddiqui : Rawa
Même motif, même punition. J’avais été voir Les Derniers Parisiens pour la seule présence de Reda Kateb à l’écran. De même, je suis allé voir A Ceux qui Nous Ont Offensés parce que Michael Fassbender occupe le rôle principal. Mais dans les deux cas, je n’ai pu que constater qu’un seul homme ne fait pas un film. Encore une fois, le film n’est pas franchement mauvais, mais manque de trop d’intérêt pour être vraiment enthousiasmant.
A Ceux qui Nous Ont Offensés est un film pour rien. Certes, une histoire se suffit parfois à elle-même, même quand elle ne porte pas de message, de réflexion profonde, qu’elle ne témoigne de rien. Juste un début, un milieu et une fin, une intrigue, des personnages. Cela donne parfois un résultat qui procure le seul plaisir de la narration et il peut être grand quand elle est est menée avec talent. Mais ici, même en se laissant porté par le récit, on arrive finalement à une destination sans grand relief après un voyage qui n’aura jamais vraiment stimulé outre mesure la curiosité du spectateur.
Reste évidemment le plaisir d’admirer Michael Fassbender. Cependant, il ne tient pas ici son rôle le plus marquant, loin de là. D’ailleurs, il est relativement éclipsé par Brendan Gleeson dont le personnage est nettement plus intéressant. Bref, niveau performance d’acteurs, rien de délirant non plus, mais encore une fois rien de mauvais non plus. Globalement, A Ceux qui Nous Ont Offensé est réalisé avec un minimum de talent, mais sans souffle et sans imagination. On ne s’ennuie au final jamais vraiment, mais le film ne laisse quasiment aucune trace dans l’esprit du spectateur.
LA NOTE : 10/20
Fiche technique : Production : Potboiler Productions, Film4, Albert Granville, Animal Kingdom, Head Gear films, DMC Film Distribution : The Jokers Réalisation : Adam Smith Scénario : Alastair Siddons Montage : Kristina Hetherington, Jake Roberts Photo : Eduard Grau Format : couleur – 35 mm – 2.35:1 – Dolby numérique Musique : The Chemical Brothers Directeur artistique : Andrea Matheson Durée : 99 min
Casting : Michael Fassbender : Chad Butler Brendan Gleeson : Colby Cutler Killian Scott : Kenny Rory Kinnear : Lovage Lyndsey Marshal : Kelly Cutler Sean Harris : Gordon Bennett Tony Way : Norman Gerard Kearns : Lesterr Barry Keoghan : Windows Alan Williams : Noah
A force de proposer plusieurs films par an, on commence à douter de la capacité de Marvel à se renouveler et à proposer quelque chose de vraiment différent. Pourtant, force est de constater que nos craintes sont infondées. Certes, pas une année sans un ou deux productions médiocres. Mais aussi la capacité de nous proposer encore de grands films. Logan est un grand film qui se démarque à la fois par des qualités purement artistiques et un scénario qui ne ressemble, de près ou de loin, à aucune autre histoire de super-héros.
La grande force de Marcel est d’avoir créé ce qui s’apparente à une mythologie. Avec ses mythes et ses dieux hauts en couleurs, mais qui, au fond, ne font que raconter l’histoire des simples mortels. Cela définit parfaitement Logan. Un film sur la nostalgie au moment de contempler sa propre existence que l’on sait être avant tout derrière soi. Contempler ses erreurs et savoir qu’il est trop tard pour les corriger. Il ne reste alors que la possibilité de transmettre aux plus jeunes pour qu’ils ne connaissent pas les mêmes travers. Voilà le coeur du film. Les péripéties, les combats qui rythment l’histoire ne sont que le support d’un propos profond sans être lourd, qui donne vraiment l’impression en tout cas d’être infiniment plus qu’un simple film de super-héros. Des héros qui ont d’ailleurs passé l’âge d’être super !
Logan est aussi peut-être le film Marvel le mieux réalisé jusqu’alors. La mise en scène épouse parfaitement le sujet et donne une âme supplémentaire au film. Crépusculaire, ce dernier porte le spectateur en lui offrant un superbe et imprenable point de vue sur un monde qui prend fin. La direction d’acteurs est elle aussi au niveau. Enfin, on se rappelle que le rôle de Wolverine est interprété par un grand acteur en la personne de Hugh Jackman. Enfin le comédien et le personnage entrent en synergie pour lui donner une épaisseur inégalée jusqu’alors dans cet univers. Pour terminer, il faut saluer la lumineuse révélation de ce film. Dafne Keen, par sa présence et son talent, nous fait définitivement aimer ce beau et grand film.
LA NOTE : 15/20
Fiche technique : Production : Donners’ Company, Kinberg genre, Marvel Entertainment, TSG Entertainment, 20th Century Fox Distribution : 20th Century Fox France Réalisation : James Mangold Scénario : James Mangold, Scott Frank, Michael Green Montage : Michael McCusker, Dirk Westervelt Photo : John Mathieson Décors : François Audouy Musique : Marco Beltrami Costumes : Daniel Orlandi Durée : 137 min
Casting : Hugh Jackman : Logan Patrick Stewart : Professeur X, Charles Xavier Dafne Keen : Laura Boyd Holbrook : Pierce Stephen Merchant : Caliban Elizabeth Rodriguez : Gabriela Richard E. Grant : Dr Rice Eriq La Salle : Will Munson
Beaucoup de films portent sur des histoires, petites ou grandes, qui ne justifient guère en elle-même d’être portée sur grand écran. Parfois cependant, elles finissent par nous ravir par la grâce d’un réalisateur créateur d’images enchanteurs ou des comédiens qui savent donner une âme inespérée à un personnage au-delà du texte brut couché sur le papier où est imprimé le scénario. D’autres au contraire, valent d’être racontées pour ce qu’elles sont, juste ce qu’elles sont. C’est le cas de Les Oubliés. Je ne sais pas vraiment pourquoi j’aurais consenti autant d’effort pour aller le voir alors qu’il ne se jouait plus qu’à un seul horaire dans un seul UGC, alors que la bande-annonce ne me disait trop rien. Poussé par mon instinct peut-être. Mais pour le coup, mon instinct avait vu juste.
Les Oubliés nous plonge donc dans un épisode méconnu de l’histoire. Un épisode terriblement dramatique, mais qui concerne les vaincus. Or, on sait bien que ce ne sont pas eux qui écrivent l’histoire et que les vainqueurs ne veulent voir en eux-même que des héros. Justice est donc rendue à ces jeunes garçons, morts de l’absurdité des guerres alors que l’Armistice avait été signée. C’est le moins que puisse faire l’humanité. Tout ceux qui sont sensibles à l’Histoire, celle avec un grand H, apprécieront donc ce film pour ce qu’il apporte à notre mémoire collective.
Evidemment, tout cela serait un peu juste si la réalisation et l’écriture n’avaient pas été à la hauteur. Les Oubliés bénéficient d’un scénario particulièrement intelligent qui laisse le spectateur entrer dans l’histoire en mesurant peu à peu tous les enjeux en même temps qu’il apprend à connaître les personnages. Le film évite avec brio l’émotion facile en jetant le drame à la face d’une salle obscure qui n’aurait pas eu temps de vraiment savoir quoi en faire. Il s’attache avant cela à créer une émotion profonde, ancrée au cœur du spectateur. Ce dernier pourra donc difficilement ne pas être bouleversé par cette histoire qui méritait bien plus qu’un film.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Réalisation : Martin Zandvliet Scénario : Martin Zandvliet
Casting : Roland Møller : Sgt. Carl Rasmussen Mikkel Boe Følsgaard : Lt. Ebbe Jensen Laura Bro : Karin Louis Hofmann : Sebastian Schumann Joel Basman : Helmut Morbach Oskar Bökelmann : Ludwig Haffke Emil Belton : Ernst Lessner (comme Emil Buschow) Oskar Belton : Werner Lessner (comme Oskar Buschow) Leon Seidel : Wilhelm Hahn Karl Alexander Seidel : Manfred Maximilian Beck : August Kluger August Carter : Rudolf Selke Tim Bülow : Hermann Marklein Alexander Rasch : Friedrich Schnurr Julius Kochinke : Johann Wolff
Tout le monde est beau, il suffit juste à chacun de savoir qu’il l’est. Voilà une belle idée inventée par les gens beaux. Les gens qui ne le sont pas savent bien que ce n’est pas vrai. Mais bon, on va essayer d’y croire le temps d’un film. Sinon, on se retrouve incapable d’apprécier pleinement De Plus Belle. Et cela serait fort dommage et injuste. Surtout qu’il se révèle bien plus riche que nous pouvait le laisser penser la bande-annonce.
J’avoue que je n’étais vraiment pas tenté par De Plus Belle, en ayant l’impression de pouvoir le raconter avant même de l’avoir vu. Or, il n’en est rien car des éléments importants du scénario (notamment un) n’était pas révélé par la bande-annonce. Au final, au-delà du message positif, peut-être un peu simpliste, délivré, d’autres sujets sont abordés (je ne les citerai évidemment pas du coup) avec beaucoup d’intelligence et de tendresse. Cela donne au final un joli film humaniste, avec des côtés gnangnans certes, mais d’autres qui ne le sont heureux pas du tout.
De Plus Belle offre à Florence Foresti un très joli rôle. Elle rejoint la longue liste des acteurs « comiques » à qui on offre un rôle dramatique pour feindre de découvrir tout à coup l’étendu de leur talent. Cela est arrivé déjà trop de fois pour être vraiment surpris, mais comme rien n’est jamais gagné d’avance, on est heureux de le constater. Elle se hisse largement à la hauteur d’un Matthieu Kassovitz que ce rôle de pousse pas dans ses retranchements, mais qui apporte un supplément de charisme qui tire le tout vers le haut. Voici un film, dont on ressort une petite larme à l’œil, mais aussi avec un beau sourire qui fait du bien.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : StudioCanal, France 2 Cinéma, Auvergne Rhône-Alpes Cinéma, Nolita cinéma Distribution : Studiocanal Réalisation : Anne-Gaëlle Daval Scénario : Anne-Gaëlle Daval Montage : Frédéric Baillehaiche Photo : Antoine Roch Décors : Nicolas Migot Musique : Alexis Rault Durée : 98 min
Si applaudir est un acte usuel, pour ne pas dire obligatoire, quand on parle de spectacle vivant, c’est une chose beaucoup plus rare au cinéma. Des applaudissements à la fin du film sont souvent le signe d’un public réellement conquis et enthousiaste. Alors entendre le public taper dans ses mains à plusieurs reprises, au cœur même du film, constitue un événement réellement exceptionnel. Les Figures de l’Ombre serait donc un film exceptionnel ? Je n’irai pas jusque là. Mais un film remarquablement réussi, c’est certain.
Les Figures de l’Ombre (dommage que le titre français ne reprenne pas le jeu de mots en anglais sur le double sens du mot « figures ») reste une grosse machine hollywodienne. C’est là sa plus grande limite. C’est largement cousu de fil blanc, certainement particulièrement romancé par rapport au déroulé réel des évènements. Le racisme, le féminisme peuvent donner des films durs et puissants. Ici, le résultat reste quand même assez gentillet, plein de bonnes intentions et de bons sentiments. La réalisation est sans réelle imagination, mais d’une froide efficacité.
Cependant, cette efficacité toute hollywodienne constitue aussi la plus grande force du film. Les Figures de l’Ombre est une machine. Mais une machine incroyablement bien huilée qui nous fait entrer avec enthousiasme dans cette histoire et nous attacher immédiatement aux personnages. Le film est ponctué de quelques répliques particulièrement mordantes (celles qui ont provoqué des applaudissements en plein film). Et puis, il y a Kevin Costner… Il n’est pas une telle légende pour rien et son charisme ébloui l’écran sans qu’on sache même vraiment pourquoi. Mais il serait évidemment injuste, surtout pour un tel film, de passer sous silence la brillante performance de Taraji P. Henson, Octavia Spencer et Janelle Monae. Ce film leur doit beaucoup. Assez pour mérite un tonnerre d’applaudissements.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Levantine films, Chernin Entertainment, Fox 200 Pictures Distribution : 20th Century Fox France Réalisation : Theodore Melfi Scénario : Allison Schroeder, Theodore Melfi, d’après le livre de Margot Lee Shetterly Montage : Peter Teschner Photo : Mandy Walker Décors : Wynn Thomas Musique : Hans Zimmer, Pharrell Williams Effets spéciaux : Crafty Apes Durée : 126 mn
Taraji P. Henson : Katherine Johnson Octavia Spencer : Dorothy Vaughn Janelle Monáe : Mary Jackson Kevin Costner : Al Harrison Kirsten Dunst : Vivian Michael Aldis Hodge : Levi Jackson
Quand on va voir la suite 20 après d’un film culte de son adolescence, on s’attend à deux choses. D’une part, un peu de nouveauté quand même, histoire de se dire qu’on ne s’est pas non plus déplacé pour rien. Mais d’autre part, beaucoup de liens avec le premier volet pour pouvoir s’adonner au doux plaisir de la nostalgie. Voici très certainement l’état d’esprit qui habitait les gens de ma génération au moment d’aller voir T2 Trainspotting. Pour un des deux aspects, ils en ont eu pour leur argent. Pour l’autre c’est moins sûr.
Ne gardons pas le suspense plus longtemps, T2 Trainspotting est avant tout un film nostalgique. Nostalgique par les souvenirs qu’il réveille chez le spectateur. Mais aussi parce que c’est un des sujets principaux du film. Un film sur le temps qui passe et la jeunesse depuis longtemps envolée, jusqu’au moment où on s’aperçoit qu’on a peu foiré sa vie et qu’il est trop tard pour tout recommencer. Cette synergie entre l’état d’esprit du public et le fil rouge du film fait la force de ce dernier et explique qu’au final on passe tout de même un excellent moment.
Après, sans cet œil nostalgique, il n’est pas évident de trouver à T2 Trainspotting un intérêt délirant. L’intrigue offre quelques rebondissements, mais tout sonne comme un prétexte à ce que j’ai développé précédemment. La seule nouveauté est le personnage réussi interprété par Anjela Nedyalkova. Elle apporte un peu de fraîcheur, alors que tout le reste s’apparente quand même à un grand recyclage. C’est certes écologique, mais un peu frustrant, surtout venant d’un réalisateur comme Dany Boyle qui ne force vraiment pas son talent. Mais au final, pour un spectateur comme moi, le bilan reste positif.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Cloud eight films, DNA films, Decibel Films, Tristar pictures Distribution : Sony Pictures Réalisation : Danny Boyle Scénario : John Hodge, D’après Porno de Irvine Welsh Montage : Jon Harris Photo : Anthony Dod Mantle Décors : Patrick Rolfe, Mark Tildesley Musique : Rick Smith Durée : 117 min
Casting : Irvine Welsh : Mikey Forrester Kelly Macdonald : Diane Anjela Nedyalkova : Veronika Robert Carlyle : Begbie Ewen Bremner : Spud Jonny Lee Miller : Sick Boy Ewan McGregor : Renton Shirley Henderson : Gail
Il y a des acteurs qui peuvent vous amener à eux seuls à aller voir un film que vous auriez sûrement boudé sinon. Reda Kateb est de ceux-là. Sans sa présence à l’affiche, je ne serais sûrement pas allé voir les Derniers Parisiens. Mais un seul homme fait-il un film ? Peut-il compenser un scénario un peu faiblard ? Pas sûr que la réponse soit positive.
Les Derniers Parisiens est avant tout un hommage à Pigalle. Pas celui des sex-shops géant, mais celui des petits bistrots. Et surtout à ceux qui les tiennent. Ça rappelle parfois la série Pigalle, la Nuit. Mais pour une fois on préférera le petit au grand écran. En effet, cette histoire de relations fraternelles et tumultueuses n’a pas de quoi bouleverser le spectateur.
Heureusement, il reste Reda Kateb. A la fois, on est venu voir les Derniers Parisiens pour lui. Il fait preuve de son charisme habituel et empli l’écran de sa présence. Cela reste un régal, même si on sent qu’il a bien du mal à donner le meilleur de lui-même dans ce rôle qui manque d’envergure. Reste pour apprécier ce film la nostalgie d’un Paris qui disparaît que le film tente de nous faire partager. De ce Paris, on peut bien être nostalgique. De ce film, c’est déjà plus difficile.
LA NOTE : 11/20
Fiche technique : Réalisation : Hamé et Ekoué Scénario : Hamé et Ekoué Musique : Demon Pepper Island Montage : Karine Prido Photographie : Lubomír Bakechev Cadre : Yoan Cart Décors : Samuel Teisseire Costumes : Khadija Zeggaï Producteur : Benoît Danou, Hamé et Ekoué Durée : 105 minutes
Casting : Reda Kateb : Nas Slimane Dazi : Arezki Mélanie Laurent : Margot Constantine Attia : Constantine Bakary Keita : Bak Willy L’Barge : Lucrèce Yassine Azzouz : Diomède Lola Dewaere : la serveuse du bar
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