
L’intrigue de la Dernière Tribu repose sur un parallèle osé entre le judaïsme et le shintoïsme. Je ne dévoilerai pas ce qu’est la thèse finalement développée au final, mais je doute qu’elle ait la moindre crédibilité historique. Mais qu’importe au fond, il s’agit juste d’une fiction. Cependant, cet aspect des choses est extrêmement présent et ne pas vraiment y croire nuit quand même fortement à l’enthousiasme que l’on peut ressentir en lisant ce livre. A côté de cela, les mécanismes d’enquête sont cependant assez bien huilés pour happer la curiosité du lecteur quel est le fin mot de l’histoire. Le côté « osé » de l’intrigue permet en tout cas à cette dernière de ne pas être trop prévisible.
Le style d’Eliette Abécassis est très léger et vivant. Le roman n’est pas excessivement long et se lit facilement. Malgré ses grandes imperfections, on peut prendre la Dernière Tribu comme une curiosité littéraire qui ne prendra pas trop de place dans vos lectures d’été (ou d’hiver d’ailleurs). Ce roman s’inscrit dans un cycle autour de personnages récurrents. La qualité de ce roman n’est pas suffisante pour donner réellement envie de se plonger dans la totalité de l’œuvre de cette auteur, mais suffisante pour ne pas donner de regrets de l’avoir lu.
Le Poulpe est un personnage qui n’appartient à aucun auteur en particulier puisque chaque épisode de cette série en possède un différent. Mais le Cyber Poulpe va encore plus loin, puisque chaque chapitre de ce roman a été écrit par une personne différente dans le cadre d’un atelier d’écriture, organisé sur le site internet de Mano Solo (l’info n’a aucun intérêt en soi, si ce n’est que j’ai trouvé ça amusant). L’écriture collective bénéficie de l’intelligence du même nom puisque ce volume est à mon sens le meilleur de la série (parmi ceux que j’ai lus bien sûr).
Ayant tout juste dépassé l’âge canonique de 40 ans, il est normal que les histoires portant sur la fameuse « mid-life crisis » me parle un minimum. Effectivement, c’est un moment dans son existence où on est amené à se poser bien des questions. Bon, quand le récit tourne autour de la vie de couple après de nombreuses années de mariage, je me sens un tantinet moins concerné. C’est peut-être pour cela que je n’ai guère apprécié la Vie Secrète d’une Mère Indigne de Fiona Neill. Il était assez évident qu’il ne s’agissait pas de grande littérature. Mais je ne m’attendais pas forcément à une morale aussi convenue.
Quand vient l’été, vient le temps de passer quelques jours à la campagne et de piocher dans la bibliothèque, relativement bien fournie, qui s’y trouve. Et celle-ci s’avère particulièrement riche en ouvrages signés par Georges Simenon. Il est donc habituel que l’un d’entre eux fasse partie de mes lectures estivales. Cette fois-ci, mon choix (et un peu le hasard puisque j’ai pris le premier qui venait) s’est porté sur Les Gens d’En Face. Un livre écrit suite au voyage de l’auteur belge en Union Soviétique en 1933.
Stephen King est connu pour avoir écrit beaucoup d’excellents romans dont ont été tiré de très mauvais films. Les quelques chefs d’œuvre cinématographiques issus de son œuvre, au premier rang duquel Shining, s’avèrent souvent assez peu fidèles au texte dont ils sont nés. Cela peut paraître totalement paradoxal. Ou peut-être est-ce simplement la preuve que la narration littéraire et cinématographique sont deux exercices très différents. Il existe un moyen de s’en rendre compte en lisant Peur Bleue, au moins dans son édition J’ai Lu, qui nous permet de découvrir une excellente nouvelle… et l’exécrable scénario qui en est tiré.
Il y a des livres qui traînent dans la bibliothèque familiale depuis longtemps, que l’on a jamais lus mais qui nous semblent du coup à force familiers. Parfois, il nous semble qu’on en connaît le sujet, voire même l’histoire. Un peu comme ces habitants de son quartier que l’on croise régulièrement sans leur avoir parlé, mais dont à l’impression qu’on pourrait raconter leur vie. Mais le jour où on se décide enfin à vraiment faire connaissance… bref à lire le livre en question, on s’aperçoit que c’était uniquement notre imagination qui avait travaillé et que son contenu n’a rien à voir avec ce que l’on pensait. Ce fut mon cas avec Nuits de Princes de Joseph Kessel.
Suite et fin (provisoire) des aventures d’Alvin le Faiseur, avec le sixième tome des Chroniques portant son nom, intitulé la Cité de Cristal. Fin provisoire car l’auteur, Orson Scott Card a annoncé qu’il écrivait (ou écrirait) un septième tome. En attendant, ce volet apporte tout de même une vraie conclusion à cette saga quelque peu inégale, mais qui tient là un solide dénouement. L’approche de ce dernier force l’auteur à faire avancer les différents fils de l’intrigue, redonnant un rythme à la narration qui avait manqué lors des deux épisodes précédents.
On associe rarement le roman noir avec l’humour. Cela semble relativement antinomique. Pourtant, il existe bien un humour noir, il semble donc possible que les deux cohabitent. Il existe quelques exemples d’œuvres qui parviennent à concilier les deux. C’est le cas de 1275 Ames, un roman de Jim Thompson de 1964, qui flirte gentiment avec la parodie. Il nous fait découvrir un personnage principal relativement inoubliable et surtout totalement décalé. Pour notre plus grand bonheur.
On dit souvent que les films restent toujours moins bons que les livres dont ils sont tirés. Comme toute idée toute faite, elle souffre de nombreuses exceptions, mais il est vrai qu’elle se vérifie tout de même dans un grand nombre de cas. C’est donc avec beaucoup d’envie que j’ai attaqué la lecture de Au Revoir La-haut de Pierre Lemaître, vu tout le bien que je pense de son adaptation par Albert Dupontel. Si le livre était encore meilleur, cela devait être forcément un petit chef d’œuvre. Et comme la vie est parfois bien faite (mais parfois non), c’est bien le cas. Il s’agit d’un grand, d’un très grand roman qui a bien mérité son Prix Goncourt.
De temps en temps, il faut savoir combler les trous qu’on a laissé dans sa culture. J’en ai encore beaucoup, mais ne jamais avoir lu Jean-Paul Sartre n’en fait désormais plus partie, puisque je viens de lire la Nausée. Une œuvre légère et joyeuse… Euh non pas vraiment. Un œuvre profonde en tout cas, mais dont on ne ressort pas vraiment le cœur en fête, nageant dans l’allégresse et l’optimisme. Bien au contraire. J’avoue ne pas avoir été loin de passer à côté de cette morceau majeur de la littérature française. Mais les dernières pages, explicitant le sens global du propos, m’ont permis d’embrasser pleinement la pensée sartrienne. Et d’y trouver le profond intérêt qui explique se place dans l’histoire de la philosophie.
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