Parmi les musiciens dont on se dit qu’ils sont super connus, mais sans les connaître vraiment, voici Tom Petty et son groupe The Heartbreakers. J’avoue que j’ignorais à peu près tout de son œuvre avant d’écouter Mojo, son dernier album en date, sorti en 2010. Certes, cela ne donne qu’un tout petit aperçu d’une carrière longue de 40 ans, mais il faut bien commencer quelque part.
Mojo commence plutôt doucement. Les premiers titres ont tendance à être lancinants, quand il ne sont pas carrément chiants, comme le deuxième morceau de l’album, First Flash of Freedom. La musique est un son blues rock rétro, tout en maîtrise, qui nous offre quelques belles ballades comme The Trip To Pirate’s Cove ou encore No Reason to Cry. Puis l’album monte peu à peu en puissance grâce à des morceaux toujours variés. Cependant, on reste un peu sur sa faim, car aucun n’arrive vraiment à ressortir du lot et à nous scotcher définitivement.
Il faut être patient puisqu’il faut attendre le 15ème et ultime morceau pour découvrir le petit trésor qu’abrite Mojo : Good Enough. Un titre qui résume tout le talent et la maîtrise de Tom Petty et qui conclut magistralement cet album.
Après nous avoir fait tant danser avec leur I Don’t Feel Like Dancing et leur album Ta-Dah en 2006, les Scissor Sisters, groupe new-yorkais décoiffant (ah ah ah, quel jeu de mots!), nous étaient revenus en 2010 avec un nouvel album, passé nettement plus inaperçu., intitulé Night Work. On y retrouve pourtant les mêmes qualités que dans leur opus précédent. Mais peut-être un peu trop justement.
Leur musique disco-électro est toujours aussi joyeuse et entraînante. On peut noter quelques sonorités plus pop dans Night Work, mais rien de vraiment révolutionnaire. On se situe vraiment dans la droite lignée de Ta-Dah, la surprise en moins. Quasiment tous les morceaux de cet album auraient pu figurer sur le précédent. Cependant, il reste d’une bonne densité en qualité, rien n’est à jeter, mais il lui manque tout de même un vrai grand tube pour faire la différence. Mais on ne peut pas non plus pondre du I Don’t Feel Like Dancing à la douzaine.
Changement de genre, avec Fever du groupe Sleepy Sun, dont je n’avais jamais entendu parlé. Il s’agit d’un groupe de rock américain, qualifié de psychédélique par Wikipédia. Cela correspond assez bien à ce qu’il nous propose : un beau duo de voix, en la personne de Bret Constantino et Rachel Fannan (qui a quitté le groupe depuis), posé sur des grosses guitares bien rock. Le décalage inhabituel entre les deux donne un résultat assez original et agréable et confère une vraie personnalité un peu décalée à leur musique. L’album est globalement de qualité, même si, d’une part, il manque d’un titre vraiment marquant et d’autre part, il finit tout de même par sombrer dans un certain train-train.
Par contre, pas plus d’une phrase sur Dark Night of the Soul du groupe Danger Mouse and Sparkelhorse, constitué de titres majoritairement instrumentaux, mais qui surtout ne présentent strictement aucun intérêt.
Bon ce coup-ci, je vais vous parler d’un album qui mérite qu’on s’y attarde un peu plus que ceux de mon dernier billet : Invicible Friends de Lilly Wood and The Prick. Un groupe à propos duquel j’avais entendu tant de bien et dont j’ai toujours aimé les singles. Il était donc temps d’écouter de plus près ce que vaut ce premier album, qui leur avait valu la Victoire de la Musique 2011 dans la catégorie « Révélation du public ». Et je n’ai pas été déçu ! Mais alors pas du tout !
Invicible Friends nous entraîne dans un univers musical qui marie avec beaucoup de bonheur des sonorités entre jazz, folk, rock et même parfois un peu d’électro. D’un côté, nous avons les instrumentations de Benjamin Cotto à la guitare, toujours pleines d’énergie, tout en gardant une grande maîtrise. De l’autre, la voix de Nili Hadida, qui colle toujours parfaitement à l’ambiance des morceaux. Elle mord dans ses textes avec à la fois beaucoup de douceur et de conviction. Un duo particulièrement complémentaire donc, en synergie devrait-on dire. Le tout donne un album très dense puisqu’il n’y a vraiment rien à jeter, tous les titres sont excellents. Lilly Wood and the Pricik nous livre une musique particulièrement tranquille et paisible, mais jamais paresseuse.
Allez, si je devais tout de même faire un petit reproche, c’est que tous les morceaux sont toujours joués sur le même rythme. Je ne veux pas dire par là qu’ils se ressemblent, car c’est vraiment loin d’être le cas, tant les influences sont diverses et se traduisent par des résultats toujours différents. Par contre, on n’est jamais surpris par un titre avec plus de punch, ou au contraire particulièrement doux. Bon, je vais chercher la petite bête, mais il est possible d’entrer dans une certaine torpeur en écoutant Invicible Friends. Ce n’est pas qu’on s’ennuie, pas du tout, mais à force d’être bercé, on finit par ne plus vraiment faire attention à ce qu’on écoute.
En tout cas, Lilly Wood and The Prick est un des meilleurs duos que la scène française n’ait jamais vu naître. Pour un premier album, Invicible Friends n’est pas un coup d’essai, mais une pleine réussite !
Un rapide passage en revue de trois albums, dont deux ne méritent vraiment pas qu’on s’y attarde. On va commencer par le meilleur avec Eye On The Horizon du groupe Dreadzone. Il s’agit d’un groupe britannique actif depuis 1993 et qui signe là un sixième album studio, sorti en 2010. Cette formation est connue pour ses mélanges de styles détonants. C’est encore le cas ici car sur un fond généralement assez rock viennent se greffer des sonorités diverses allant du reggae au hip-hop, en passant même par l’eurodance. Ils mettent toujours beaucoup d’énergie dans leurs morceaux et font preuve d’une très grande maîtrise artistique. De toute façon, sans cela, leur mélange des genres ressemblerait vite à une infâme bouilli. Il n’en est rien sur cet album qui se laisse écouter, même s’il flotte quelque peu sur les derniers morceaux.
On n’en dira pas autant de Magic de Sean Rowe, un américain qui nous livre du bon gros rock qui tâche. Le problème est qu’il semble plus cracher que chanter. Ca pourrait ressembler à du Nirvana, mais le talent en moins. Bref, sans grand intérêt.
Rufus Rainwright est un musicien-chanteur canadien, qui a la particularité d’avoir écrit un opéra. Mais sur All Days are Nights : Songs for Lulu, il se contente de poser sa voix sur des airs de piano. Sa voix ressemble étrangement à celle d’Ewan McGregor dans Moulin Rouge. Le problème réside dans des envolés lyriques aussi soudaines que pénibles, qui rend irritant un album qui aurait pu se contenter d’être relativement transparent.
Aujourd’hui, avec une jolie découverte, en la personne de Karen Elson, une jeune (forcément jeune, elle a mon âge… bon ok pas si jeune que ça alors) anglaise, qui possède notamment la particularité d’avoir été l’épouse de Jack White pendant 6 ans et de lui avoir fait deux enfants. Mais elle a surtout sorti en 2010 un très bel album, The Ghost Who Walks, produit par celui qui était alors encore son mari.
Karen Elson navigue à la frontière entre Sheryl Crow, Norah Jones et the Corrs. Bref, un très beau mélange entre folk et jazz, avec des pointes de rock et quelques influences celtiques. Le tout porté par une jolie voix, à la fois profonde pour le folk, mais tout de même féminine pour le jazz. Un mélange de Sheryl Crow et Norah Jones, je vous dis !
The Ghost Who Walks se caractérise par une qualité vraiment constante. Les titres ne se ressemblent pas du tout et sont tous de grande qualité. Karen Elson interprète tous les morceaux avec beaucoup d’énergie et de conviction, y compris les ballades qui vont bien. Il faut dire qu’avec Jack White à ses côtés, elle était à bonne école et nous livre un très bel album qui aurait mérité un tout autre succès commercial.
Lorsque j’ai écrit une critique de Boxer, le précédent album de The National, je l’avais intitulé « une belle voix pour un album sans surprise ». Je serais malheureusement tenté de réutiliser le même titre pour vous parler de High Violet, leur album suivant, si je refusais de m’adonner à une telle paresse intellectuelle. En effet, les caractéristiques de ce nouvel album restent les mêmes pour une qualité globale même inférieure. Bref, une petite déception, il faut bien l’admettre, mais si tout n’est pas à jeter, loin de là.
The National est toujours un quintette américain, originaire de Cincinnati. Il est formé d’un chanteur et compositeur, Matt Berninger et de deux paires de frangins : Aaron et Bryce Dessner d’un côté, Bryan et Scott Devendorf de l’autre. Ils ont sorti leur premier album en 2001. High Violet est quant à lui leur sixième et est sorti en 2010.
Le principal défaut de High Violet reste une certaine hétérogénéité. L’album a notamment du mal à démarrer puisque les trois premiers morceaux sont relativement médiocres. Ensuite, la qualité se maintient et arriverait presque à nous faire oublier le début raté. Cependant, ça n’atteint jamais des sommets. Les titres sont ensuite tous tout à fait écoutables, mais on regrette cependant qu’après un Little Faith ou un Runaway, largement au-dessus du lot, l’album ne continue pas sur sa lancée pour nous proposer quelque chose de globalement plus marquant.
La musique de The National repose beaucoup sur la voix de Matt Berninger. Une voix qui rappelle celle de Nick Cave, pas son côté caverneuse. Quand il la pose et la maîtrise totalement, le résultat est toujours particulièrement convaincant. Mais dans High Violet, il la laisse souvent flotter, pour un résultat plus éthéré. Certes, cela assure une certaine variété au sein même de l’album, mais on peut regretter que le groupe ne s’appuie pas plus sur ce qui constitue tout de même leur point fort. Le résultat n’est pas forcément mauvais, mais arrive encore moins à se démarquer des autres productions du genre.
Globalement, High Violet se laisse donc tout de même écouter. Les amateurs de rock américain très tranquille, puisant beaucoup dans ses racines blues, apprécieront cet album malgré ses imperfections. Il aura sa place dans leur discothèque, même s’il n’occupera pas une place de choix. The National doit pourtant sûrement se voir sur scène avec grand plaisir, car la voix de Matt Berninger doit alors transmettre une réelle émotion. Dommage que sur cet album studio, il n’exploite tout son potentiel que sur Runaway et sur England. Le groupe confirme malheureusement après Boxer les limites de sa créativité, qui n’enlève rien à ses qualités, mais le condamne à jouer en deuxième division dans l’arène musicale. Je sais c’est cruel, mais c’est un monde impitoyable !
High Violet sort donc trop peu du lot pour être vraiment marquant. Il n’est pas dénué de qualités, mais ne possède pas cette étincelle de talent supplémentaire qui fait vraiment la différence.
Pour finir, regardons de plus près les titres que l’on trouve sur High Violet
1.: Terrible Love Une introduction assez sombre et un peu brouillonne.
2.: Sorrow La voix est magnifique, parfaitement posée, mais le titre ne semble jamais vraiment démarrer.
3.: Anyone’s Ghost Matt Berninger ne prend plus la peine d’articuler. Le titre est plus évaporé et c’est dommage.
4.: Little Faith Enfin tout est réuni : la voix est posée, la mélodie est assez jolie et l’instrumentation est parfaitement maîtrisée.
5.: Afraid of Everyone Retour à une musique plus éthérée, mais avec conviction et maîtrise.
6.: Bloodbuzz Ohio Un titre plus rock, mais un rien lancinant.
7.: Lemonworld Le ton est plus sombre. Cela manque d’un tantinet de conviction, mais le résultat n’est tout de même pas si mal.
8.: Runaway Une jolie ballade, avec beaucoup d’émotion à travers la voix.
9.: Conversation 16 Un morceau Presque pop et pas mal du tout.
10.: England Un titre un rien mélancolique. La voix est très profonde et très belle.
11.: Vanderlyle Crybaby Geeks Un morceau qui sonne comme un au revoir.
Il y a des éléments qui reviennent souvent qui font que l’on a parfois l’impression de se répéter. Les causes produisant généralement les mêmes effets, on a envie de réécrire encore et toujours les mêmes commentaires. Nos sentiments ne changeant pas, il n’est pas évident de trouver de nouveaux mots, images ou métaphores pour les exprimer. Et c’est à ce moment-là qu’on se rappelle que nos lecteurs n’apprennent pas nos avis par cœur et qu’il y a peu de chance qu’ils aient repéré la répétition. Je ferai donc simple et dirai simplement que je trouve l’effet « loin du micro » relativement insupportable. Encore plus quand il est utilisé sur tous les titres, comme sur ce Total Life Forever de Foals.
Foals est un groupe tout ce qu’il y a de plus anglais puisque ces cinq garçons pas tout à fait dans la vent sont originaires d’Oxford. Il y a un chanteur (Yannis Philippakis), un guitariste (Jimmy Smith), un bassiste (Walter Gervers), un batteur (Jack Bevan) et un claviériste (Edwin Congreave). Une formation tout ce qu’il y a de plus classique, pour un groupe sans grande inspiration… Sinon, ils ont sorti un premier album en 2008, intitulés Antidotes, ce Total Life Forever en 2010 et un dernier, Holy Fire, cette année.
Il est vrai que sans cet effet loin du micro omniprésent, il est vrai que Total Life Forever ressemblerait tellement au reste de la musique que la perfide Albion nous envoie par containers entiers, qu’on imagine que leurs créations auraient eu alors quelques difficultés à traverser la Manche. Il est vrai que ce procédé leur confère leur personnalité et constitue une manière de se démarquer de la concurrence. Mais c’est un peu court et ne confère pas pour autant un réel intérêt à cet album, qui repose donc sur pas grand chose.
Je suis peut-être un peu sévère, aveuglé par le fait que je trouve l’effet horripilant. Mais en tout objectivité, il n’y a pas grand choses derrière. Ni réelle énergie, ni beaucoup de conviction dans les interprétation. Leur musique est souvent calme et éthérée, mais cela ressemble plus à un manque d’implication qu’à une réelle démarche artistique. Beaucoup de morceaux ressemblent à une longue introduction qui n’en finit pas. Les sonorités sont parfois riches, avec un vrai apport du clavier qui n’est pas là que pour faire joli. Mais Total Life Forever tout manque trop de punch pour avoir un réel impact sur l’attention de l’auditeur.
J’ai trouvé le temps d’autant plus long à l’écoute de Total Life Forever que j’avais sous la main la version 2CD. Les disques bonus s’apparentent souvent à des gadgets, ce coup-ci, c’est encore plus vrai qu’ailleurs. Il s’agit d’une addition de démo, de variations qui font sûrement très « artistes » si elles avaient le moindre intérêt. Les brouillons des grands artistes finissent parfois dans les musées, mais le plus souvent, ils sont très bien au fond d’une poubelle. Bon ok, je me lâche un peu contre ce groupe pas tellement plus mauvais qu’un autre, mais sûrement pas meilleur en tout cas.
Total Life Forever ne m’a donc pas du tout convaincu, au-delà de l’abus d’effet loin du micro. Je n’en sors même pas vraiment frustré, mais en ayant juste l’envie de passer rapidement à autre chose.
Pour finir, regardons de plus près les titres que l’on trouve sur cet album.
CD 1 1.: Blue Blood Un titre qui commence lentement et reste longtemps épuré, avant une fin plus dynamique.
2.: Miami Rythme un peu chaloupé, mais l’effet trop loin du micro gâche tout.
3.: Total Life Forever Un titre un peu martelé.
4.: Black Gold Un morceau assez évaporé, aussitôt écouté, aussitôt oublié.
5.: Spanish Sahara Comme une longue introduction qui ne décolle jamais vraiment.
6.: This Orient Un titre plus pop, plus entraînant.
7.: Fugue Un court intermède.
8.: After Glow La voix aurait pu être mise en valeur, sans cet effet loin du micro.
9.: Alabaster Un manque d’énergie, malgré une instrumentation qui cherche à prendre de l’ampleur.
10.: 2 Trees Transparent et mou.
11.: What Remains Assez lancinant et toujours pas transcendant.
CD 2 1.: Bloo Blood 2.: Bloo Blood 2 3.: TLF 4.: TLF 2 5.: TLF 3 6.: TLF 4 7.: TLF 5 8.: Black Gold 9.: Black Gold 2 10.: Spanish Sahara (sonar) 11.: Untitled 12.: Alabastr 13.: Two Trees 14.: Two Trees 2 15.: Remains
Dans la série des gens que l’on pense ne pas connaître, mais en fait oui, voici Tracey Thorn. Mais qui est-ce donc ?, vous entends-je (pas facile à prononcer) murmurer, saisi par l’intensité du terrible suspense que je viens d’instaurer soudainement, sans crier gare. Et bien, il va falloir patienter un peu avant d’avoir la réponse, sinon cela serait trop facile. Sachez simplement que je suis là pour vous parler de son album Love and Its Opposite. Une œuvre que l’on qualifiera de gentillette.
Tracey Thorn est donc née en Angleterre en 1962… Et oui, tous ceux qui espéraient découvrir une jeune et jolie minette en seront pour leurs frais. Elle a surtout été connue pendant 20 ans pour avoir été… attention, je vais tout vous dire… la chanteuse d’Everything But the Girl ! Voilà, vous savez tout désormais… Bon si les plus jeunes ne voient pas du tout de quoi je veux parler, je les invite à aller écouter la chanson Missing, qui a été le plus gros tube de l’année 1995. Le groupe s’est séparé en 2000. Elle a depuis sorti trois albums solos (en plus d’un premier paru en 1982), dont ce Love and Its Opposite en 2010.
Bon j’avoue que je vais avoir un peu de mal à vous parler très longuement de ce Love and Its Opposite. En effet, il ne m’a pas inspiré grand chose, que ça soit en mal ou bien d’ailleurs. C’est propret, gentillet, plein de belles ballades et de jolies mélodies, mais j’ai bien eu du mal à m’enthousiasmer pour ce que j’entendais, même si je n’avais pas non plus grand chose à lui reprocher. Peut-être étais-je simplement de mauvaise humeur quand je l’ai écouté, mais je crois tout simplement qu’il manque une réelle étincelle à cet album.
Même si les titres de Love and Its Opposite ne se ressemblent pas trop entre eux, il n’y en a pas non plus qui brille par une réelle originalité. On reste toujours sur un rythme assez lent et mélodieux, même assez sombre par moment, tout en navigant de la pop au folk. Le problème réside dans le fait que dans chacun de ces genres, on connaît toujours beaucoup mieux et surtout beaucoup plus charismatiques. Ce n’est pas désagréable aux oreilles, mais cela a bien du mal à vraiment capter l’attention.
Les instrumentations restent toujours quelque peu en retrait, à part éventuellement sur Swimming. Et comme Tracey Thorn n’est toujours pas une grande cantatrice, cela donne toujours plus ou moins l’impression d’une musique jouée avec le frein à main quelque peu serré. Cela offre des titres sympathiques comme Hormones, You Are a Lover ou Come on Home to Me, mais le tout manque de liant pour faire de Love and Its Opposite un album vraiment intéressant en tant que tel.
Si je devais résumer Love and Its Opposite, j’en resterai sur le mot gentillet. J’aurais pu être tenté d’utiliser le qualificatif de médiocre, mais cela serait vraiment injuste. Tracey Thorn met beaucoup d’application dans ce qu’elle nous propose. C’est juste un peu lisse et ne semble pas non plus posséder une dimension personnelle ultra développée. Le tout est interprété avec une certaine maîtrise, voire même une certaine dextérité, mais sans que cela ne remplace le talent pur et la créativité débridée.
Love and Its Opposite permet donc de prendre des nouvelles de Tracey Thorn. Mais personnellement, si je n’ai pas passé un mauvais moment en l’écoutant, j’ai surtout envie d’aller réécouter Missing !
Pour finir, faisons le tour de ce que l’on trouve dans Love and Its Opposite.
1.Oh, the Divorces! Une ballade très épurée au piano
2,Long White Dress Ballade classique et guère plus élaborée.
3.Hormones Plus pop et dynamique.
4.Kentish Town Une chanson plus mélancolique, plus sombre et au final un peu chiante…
5.Why Does the Wind? De la pop gentillette.
6.You Are a Lover Une très jolie ballade, très douce.
7.Singles Bar Une ballade assez sucrée.
8.Come on Home to Me Duo de voix pour un titre plutôt sympa, assez lent et sombre.
9.Late in the Afternoon Une ambiance plus folk pour cette nouvelle ballade épurée.
10.Swimming Une instrumentation plus symphonique pour finir, même si le titre reste globalement dans la lignée du reste de l’album.
Non, je ne vais pas vous emmener dans les rues de Copenhague, malgré le titre, Queen of Denmak, de l’album dont je vais vous parler aujourd’hui. En effet, John Grant est bien américain, même s’il nous propose une musique assez européenne. En tout cas, le voyage est tout de même très agréable, porté par de belles ballades, toutes différentes.
John Grant est l’ancien chanteur de The Czars, un groupe qui n’a pas marqué profondément les mémoires, en tout cas pas la mienne. Il est originaire de Denver et a commencé une carrière solo avec ce Queen of Denmark, sorti en 2010. Il y est accompagné du groupe Midlake, dont je vous ai parlé récemment à travers leur album The Courage of Others.
Il y a une qualité de Queen of Denmark dont je ne parlerai pas ici, alors qu’elle semble être importante si j’en crois ce que j’ai pu lire. En effet, si je comprends relativement bien l’anglais, ce n’est pas au point de saisir le sens précis d’une chanson que j’écoute pour la première fois. Or, sur cet album, John Grant manierait l’ironie l’humour avec beaucoup de talent, notamment pour parler de son homosexualité (d’où le Queen j’imagine…). Visiblement, c’est vraiment un de ses points forts et peut-être que d’autres qui liront ces lignes maîtrisent assez la langue de Shakespeare pour pouvoir l’apprécier pleinement.
Tout cela n’empêche en rien d’être en mesure d’apprécier pleinement Queen of Denmark. Certes, il vaut mieux aimer les chanteurs pas trop énervés, car John Grant donne plutôt dans le mélodieux et le tranquille. Mais il arrive tout de même à apporter une certaine diversité à ses compositions. On passe du sucré au mélancolique, de la ballade rock aux sonorités électro. Le résultat est inégal, mais le positif domine largement. Seuls Chicken Bones et JC Hates Faggots ne m’ont pas vraiment plu, le reste se laisse écouter avec plaisir.
Queen of Denmark n’a clairement rien de révolutionnaire. John Grant est un artiste talentueux, un musicien qui maîtrise parfaitement son sujet, mais qui ne fait pas non plus preuve d’une créativité débordante. Sauf peut-être dans les textes… Bref, l’album manque quand même d’un titre phare qui sortirait vraiment du lot. Personnellement, mon préféré reste Silver Platter Club, peut-être qu’il est le plus dynamique et donc se démarque quelque peu des autres. Mais j’aime aussi beaucoup I Wanna Go to Marz ou encore Leopard and Lamb, qui sont plus représentatifs du reste de l’album.
J’ai donc globalement apprécié ce Queen of Denmark, qui reste tout de même un album solide et très agréable. John Grant reste un artiste à suivre, car je reste persuadé qu’il peut proposer encore mieux que ça. Il est à l’aise dans assez d’ambiances différentes pour pouvoir pousser plus loin sa créativité. Après, il est fort possible qu’il cherche avant tout un habillage à ses textes… Il faudra donc que je me remette rapidement à l’anglais pour pouvoir enfin appréhender toutes les qualités dont il fait preuve.
Queen of Denmark n’est donc pas l’album à posséder à tout prix. Mais il ne fera tâche dans aucune bonne discothèque.
Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur cet album.
1.: TC and the Honeybear Une entrée en matière douce et un rien éthérée.
2.: I Wanna Go to Marz Un slow assez harmonieux.
3.: Where the Dreams Go to Die Une belle ballade un rien sucrée, avec un accompagnement aux violons.
4.: Sigourney Weaver Une ballade un peu plus rock.
5.: Chicken Bones Un titre assez lancinant.
6.: Silver Platter Club Un titre plus guilleret et surtout très sympa.
7.: It’s Easier Une ambiance plus sombre et mélancolique, mais cela reste toujours harmonieux.
8.: Outer Space Un son pop assez 80’s.
9.: JC Hates Faggots Des sonorités assez électro… Mouais…
10.: Caramel La voix de John Grant poussée dans les aigües se pose sur un air au piano encore une fois très harmonieux.
11.: Leopard and Lamb Un morceau assez épuré mais tout de même assez convaincant.
12.: Queen of Denmark Une ballade au piano qui sonne vraiment comme un aurevoir.
Après quelques chanteuses à la voix claire et douce et des groupes britanniques assez pop, retour à quelque chose de plus viril avec The Black Keys et leur album Brothers. Enfin, viril sans être trop énervé non plus quand même, mais qui permet de mesurer la différence de son entre les deux côtés de l’Atlantique. Comme j’aime varier les plaisirs, je ne les départagerai pas et me contenterai d’apprécier à sa juste valeur ce très bon album.
The Black Keys est en fait un duo, composé de Dan Auerbach à la guitare et au chant et Patrick Carney à la batterie. Ils sont originaires de Akron dans l’Ohio. Leur musique est qualifiée de blues rock, ce qui correspond effectivement assez bien à leur style. A noter que le nom du groupe se traduit par « les notes noires », pas les « les clés noires », ce qui aurait nettement moins de sens. Ils sortent leur premier album, The Big Come Up. Mais c’est le suivant, Thickfreakerness, sorti un an plus tard, qui leur fera connaître un succès mondial. Brothers est sorti en 2010. Il s’agit de leur 6ème album (un autre est sorti depuis) et a notamment été récompensé par un Grammy Awards.
Brothers commence pourtant moyennement. Everalsting Light est un titre rock assez tranquille, mais Dan Auerbach y pousse une voix aiguë qui laisse circonspect. La voix est immédiatement plus posée avec Next Girl, mais on n’est toujours pas totalement convaincu. Heureusement, Tighten Up vient définitivement nous rassurer avec des sonorités entre jazz et funk nettement plus enthousiasmantes. Howlin’ for You est à nouveau assez moyen, mais l’album est définitivement lancé avec She’s Long Gone.
Brothers est donc un album qui monte en puissance. Cela change de ceux où on sent bien que les titres les moins marquants sont relégués en queue de playlist pour servir de remplissage. Il n’en est rien ici, car la suite de l’album nous propose des titres très variés, aux influences diverses (même si on sent qu’elles sont avant tout américaines) dont la qualité ne faiblira plus. On en ressort donc largement satisfait, ayant depuis longtemps oublié le démarrage un peu poussif.
La musique de The Black Keys se démarque par deux éléments. Déjà la voix de Dan Auerbach possède une réelle personnalité et il sait jouer avec, même si, on l’a vu, le résultat est parfois surprenant. Mais heureusement, il y a aussi des titres comme Too Afraid to Love You où l’on peut l’admirer à loisir. Ensuite, en plus de posséder un bel organe, Dan Auerbach est un excellent guitariste qui met souvent en avant sa dextérité. Forcément puisqu’ils ne sont que deux, The Blakc Keys propose des instrumentations assez épurées, sans guitare basse, qui met du coup beaucoup plus en avant la guitare électrique. Et le jeune homme sait se servir de son instrument de manière remarquable… Que tous ceux qui ont pensé à autre chose que la musique à la lecture de cette phrase aille au coin immédiatement !
The Black Keys font donc preuve d’une vraie créativité dans le sens, où même si aucun de leur morceau n’est vraiment révolutionnaire, ils naviguent d’un univers à l’autre toujours avec le même bonheur. Cela démontre surtout une vrai maîtrise artistique derrière une simplicité qui n’est que de façade. En tout cas, ce groupe reste une valeur sûre de la scène américaine, ce que Brothers confirme avec un certain brio.
Si Brothers commence doucement, il constitue globalement un bel album pour découvrir ce groupe qui saura séduire un large public.
1.: Everlasting Light Un rock tranquille pour commencer, où la voix se fait étonnamment aiguë.
2.: Next Girl La voix se fait plus grave pour un titre posé et un rien sombre.
3.: Tighten Up Un très bon titre aux sonorités jazz et funk.
4.: Howlin’ for You Un titre avec de beaux rifs de guitare, mais pour un résultat un rien lancinant.
5.: She’s Long Gone Un rock plus classique avec encore une guitare très présente.
6.: Black Mud Un instrumental à la guitare.
7.: The Only One La voix est à nouveau aigüe pour un titre tendance pop sucrée, qui a le mérite de sonner différemment du reste.
8.: Too Afraid to Love You Un titre lent qui met parfaitement en valeur la personnalité de la voix.
9.: Ten Cent Pistol Un morceau quasi acoustique, tendance crooner, pas mal du tout.
10.: Sinister Kid Un rock assez épuré et qui sonne très américain.
11.: Go Getter Un titre un peu transparent.
12.: I’m Not the One Un morceau qui sonne un peu black music des 70’s.
13.: Unknown Brother Un rock assez classique et parfaitement maîtrisé.
14.: Never Gonna Give You Up Un son presque 50’s.
15.: These Days Une ballade douce et mélodieuse qui constitue un bel au revoir.
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