DOWN THE WAY (Angus and Julia Stone) : La belle famille

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downthewayangusandjuliastonePour introduire ma critique de Down The Way de Angus and Julia Stone, j’aurais pu vous parler du fait qu’ils soient frères et sœurs. J’aurais pu étaler ma science d’ingénieur agronome sur le fait que la génétique devait bien jouer un rôle dans tout ça ou qu’au contraire, cela s’expliquait avant tout parce que leurs parents étaient eux-mêmes musiciens. Nature contre culture, inné contre acquis, voilà un beau sujet de débat. Mais voilà, je n’en ai pas envie, alors je ne dirai rien de tout ça.

Angus et Julia Stone sont nés respectivement en 1986 et 1984 en Australie. Ils n’eurent donc pas de mal à se trouver pour former leur groupe en 2006. Ils optent pour une musique folk, comme celle que jouait leurs parents, qui aboutira à un premier album studio, A Book Like This, en 2007. Mais ils deviendront définitivement des stars dans leur pays et ailleurs avec ce second opus, sorti en 2010.

Dès les premières notes de Down The Way, on tombe sous le charme de ce duo dont la complicité semble presque fraternelle… Ah bah non, elle l’est en fait, ceci explique peut-être cela. Certes, ils ne réinventent pas le genre, mais leurs mélodies et le timbre de leurs voix nous transportent pour un joli voyage musical tout en douceur. Que ce soit Angus ou Julia qui soient mis en avant, le charme reste intact de la première à la dernière plage de cet excellent album.

La conviction dans l’interprétation est une caractéristique à laquelle je suis très attaché, je pense que cela se voit à la lecture de mes critiques. Heureusement, Angus et Julia n’en manquent pas ! Ce n’est pas parce qu’on livre des chansons mélodieuses, douces et posées, qu’il ne faut pas avoir l’air d’être un minimum concerné parce que l’on chante. Le duo semble vivre sa musique, s’implique dans le chant et l’instrumentation et du coup nous transmet un maximum d’émotions.

On sent donc qu’Angus et Julia Stone ont une maîtrise artistique réelle. Mais la technique ne faisant pas tout, ils savent dans Down the Way l’agrémenter d’une touche de créativité. Cette dernière repose sur le jeu avec les deux voix, l’une grave et masculine, l’autre claire et féminine. Bien sûr, le procédé n’est pas nouveau et n’a rien de révolutionnaire, mais ils possèdent tous les deux un timbre assez particulier, ce qui donne une vraie personnalité à leur musique.

Down the Way est un album dense qui comporte beaucoup d’excellents morceaux. Il n’y a rien à jeter, tout juste un Big Jet Plane un peu moins intéressant. Le reste nous transporte de douceur en émotion, sans que les morceaux n’aient l’air de se ressembler. Bien sûr on reste dans le domaine de la ballade folk douce et mélodieuse, mais on échappe à l’impression de monotonie. On soulignera simplement un procédé qui ressemble à force à un tic musical. En effet, près d’un tiers des morceaux sont construit avec une première partie tout en douceur avant une montée en puissance lors de la seconde. On peut presque dire qu’ils en abusent, mais il faut bien que cet album ait des défauts.

Si je dois choisir quelques titres parmi tous ceux que l’on trouve sur Down the Way, je mettrai en avant For You, qui permet de vraiment découvrir le style de Angus et Julia Stone, Hush qui sonne vraiment folk et I’m not Yours qui constitue un joli moment de romantisme. Mais franchement, j’aurais très bien pu en choisir d’autres, tant cet album est dense en qualité.

Down the Way est pour moi un très bel album pour ceux qui aiment le folk mélodieux et en douceur. Vive la famille Stone !

Pour finir, un petit tour des titres que l’on trouve sur Down the Way

1.: Hold On
Une jolie ballade pleine de conviction.

2.: Black Crow
Un titre plus évaporé, un son pop rock dandy pas mal du tout.

3.: For You
Une très belle ballade, qui sonne comme une berceuse au début, puis plus dynamique.

4.: Big Jet Plane
Un son plus éthéré. Sympa mais sans plus.

5.: Santa Monica Dream
Un très beau duo, avec beaucoup d’émotion dans la voix.

6.: Yellow Brick Road
La voix d’Angus domine dans ce titre assez envoûtant.

7.: And The Boys
La voix de Julia est ici très claire, très belle et terriblement séduisante.

8.: On The Road
Un son plus pop, mais la qualité demeure.

9.: Walk It Off
Beaucoup d’intensité et de conviction dans ce titre qui monte en puissance.

10.: Hush
Un son très folk, mais surtout toujours aussi agréable.

11.: Draw Your Swords
Une ballade avec peut-être un peu moins d’émotion. Mais la maîtrise est toujours là, avec une belle montée en puissance.

12.: I’m Not Yours
Beaucoup de romantisme et de douceur.

13.: The Devil’s Tears
Une ballade douce pour un bel au revoir.

NERVE UP (Lonelady) : Talent freiné

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nerveuploneladyDans la vie, il faut savoir se lâcher… Voilà, une belle phrase toute faite pour commencer cet avis musical ! Si ce genre de maxime n’a que rarement un quelconque intérêt, elle pourrait pourtant aider Lonelady à donner une nouvelle dimension à sa carrière musicale. En effet, si son album Nerve Up se laisse quand même écouter, on aimerait à plus d’une occasion la voir desserrer le frein à main pour donner toute la mesure de son talent.

Lonelady a un vrai nom dans la vie, Julie Campbell. Elle est née à Manchester en… bah je ne sais pas, ça page Wikipedia ne le dit pas. Enfin, elle n’a pas l’air excessivement âgée, donc je dirais entre 25 et 35 ans… Elle a sorti son premier album, le seul à ce jour, Nerve Up en 2010. Elle a depuis également collaboré à un groupe appelé Psychic Life, qui a sorti en 2011 un album du même nom.

Si j’en crois sa page Wikipedia toujours (et oui, je n’ai malheureusement pas la science infuse…), le genre musical dans lequel évolue Lonelady est le post-punk… Je ne sais pas trop qui a décrété que sa musique constituait ce qu’il y avait après le punk, mais personnellement, je parlerais plutôt de rock mâtiné de pop et d’électro, sans voir vraiment le rapport avec la musique des Sex Pistols, ses instrumentations étant notamment beaucoup plus élaborées…

Et puis, s’il y a quelque chose qui caractérise bien le punk, c’est la capacité à lâcher les chevaux pour un débauche d’énergie sauvage et pure. Or, Nerve Up nous offre que trop rarement ce genre de moment. Les trois premiers titres nous frustrent par des morceaux qui ne décollent jamais vraiment totalement. La suite sera meilleure, quoi qu’inégale. Mais il reste incontestable que les meilleurs titres de cet album sont ceux où Lonelady se lâche. On peut vraiment regretter qu’elle ne le fasse pas systématiquement.

Heureusement, la deuxième moitié de Nerve Up nous laisse quand même sur une impression bien meilleure. Cela permet de garder un souvenir presque positif de cet album. Cependant, il est quand même difficile d’oublier totalement son aspect inégal qui l’empêche de se démarquer de la concurrence. Lonelady a du talent, mais à l’utiliser de manière trop réfrénée, elle donne surtout envie de réécouter les meilleurs albums de Gossip.

Pourtant, le talent est là. Les instrumentations sont plutôt élaborées et parfaitement maîtrisées. La voix est toujours pleine de conviction, jamais hésitante. Mais trop souvent, on a l’impression d’écouter une longue introduction qui finit par tourner en rond, alors que l’on attend simplement que le titre commence vraiment. C’est vrai pour au moins 4 titres sur 10. Les 6 autres sont meilleurs, mais sans non plus atteindre des sommets.

On retiendra surtout Immaterial, peut-être pas le plus symptomatique de la musique de Lonelady, mais au final une belle ballade assez énergique. En fait, c’est souvent quand elle sort un peu de son schéma habituel qu’elle brille le plus comme avec Cattletears, où la parenté avec le punk peut être éventuellement perceptible, ou encore Have No Past, au ton au contraire plus pop. Ou bien, on se contentera de Early the Haste Comes, moins original, mais assez réussi.

Nerve Up est donc un album trop inégal pour être inoubliable. Mais Lonelady a le potentiel, si elle se décide à desserrer définitivement le frein à main, de nous proposer beaucoup mieux.

Pour finir, regardons de plus près les titres que l’on trouve sur cet album.

1.: If Not Now
Un rock un rien électro, avec de la conviction, mais le titre ne décolle jamais vraiment totalement.

2.: Intuition
Un rien lancinant et sur le même ton que le titre précédent.

3.: Nerve Up
Un titre plus lent, plus groovy, mais avec toujours la même impression de retenu.

4.: Early the Haste Comes
Beaucoup plus énergique et c’est tout de suite mieux.

5.: Marble
Un peu évaporé, plus électro, mais avec le retour du frein à main.

6.: Immaterial
La voix de Lonelady est mieux mise en avant pour une jolie ballade énergique.

7.: Cattletears
Plus rock, plus direct, plus énergique et c’est pas mal !

8.: Have No Past
Une pop assez bonne, puisque l’énergie est là…

9.: Army
Un titre assez électro, étheré, mais avec conviction et énergie.

10.: Fear No More
Une ballade sombre et mélancolique un rien torturée.

HEARTLAND (Owen Pallett) : L’artiste que je n’ai pas rencontré

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heartlandowenpallettQuelques fois, on écoute pour la première fois un artiste et on a l’impression de vivre une vraie rencontre. On tombe sous le charme, avec la sensation d’enrichir son existence, presque de se faire un nouvel ami. On sait que sa musique nous accompagnera sur les chemins de l’existence et qu’elle nous transportera… Et puis parfois, il ne se passe rien, mais alors rien du tout… Comme avec Heartland de Owen Pallett.

Owen Pallett est un artiste canadien, né en 1979. C’est un musicien complet : auteur, compositeur, il joue du violon et du clavier. Il s’est d’abord fait connaître sous le nom d’artiste de Final Fantasy, en hommage au célèbre jeu vidéo. Trop célèbre peut-être, car afin de cesser toute confusion, notamment au Japon, il a définitivement abandonné ce pseudonyme pour son troisième album, Heartland, sorti en 2010. Il en avait sorti précédemment deux : Has a Good Home en 2005 et He Poos Clouds en 2006.

Je ne sais pas trop quels qualificatifs employer pour décrire précisément Heartland : mou, sinistre, transparent, sans intérêt, plat, ennuyeux, chiant… Bref, vous avez compris, je n’ai pas aimé du tout. Reste à vous expliquer un peu plus clairement pourquoi. Tout d’abord, la voix de Owen Pallett est doublement horripilante. Déjà parce qu’elle est assez aigrelette à la base, mais en plus, elle est constamment déformée par un effet éthéré qui renforce ses défauts. Au moins, l’artiste assume son organe, mais ce n’est pas forcément au plus grand bonheur des auditeurs.

Les mélodies auraient presque pu être intéressantes. Il y a une certaine créativité dans la musique de Owen Pallett, c’est indéniable. Les instrumentations sont très recherchées, avec des sonorités parfois surprenantes ou étranges. Il y a un vrai travail musical dernière tout ça. Mais du coup, Owen Pallett a quelque peu tendance à se contenter de s’écouter… Quel manque d’énergie et de convictions dans ces interprétations qui finissent par apparaître pompeuses et surfaites. Le côté harmonieux est complètement effacé par un côté éthéré qui donne certes sa personnalité à cette musique, mais qui est utilisé avec trop peu de modération pour être vraiment supportable. Aucune émotion ne passe, ne reste qu’une grande impression de vide.

On s’ennuie donc ferme tout au long de Heartland. En étant vraiment gentil, je signalerai tout de même un petit pic dans l’encéphalogramme de cet album au moment de Oh Heartland, Up Yours ! Bon, ça ne casse pas des briques non plus, mais dans cet océan de tristesse musicale, on dresse l’oreille pour se dire que ça se laisserait presque écouter. Pour le reste, c’est le grand calme plat, à part la folle envie que l’on a de venir prendre Owen Pallett par le col pour le secouer un grand coup. Mais bon, je ne suis pas persuadé que cela soit particulièrement efficace. On voit mal comment le garçon pourrait se muer en chanteur énergique.

Heartland est donc tout simplement un album passablement ennuyeux. Y a t’il vraiment besoin d’en rajouter ?

Pour finir faisons le tour des titres de cet album.

1.: Midnight Directives
Un titre éthéré et dissonant qui donne le ton de l’album.

2.: Keep the Dog Quiet
Assez chiant, malgré quelques modestes envolées sur la fin.

3.: Mount Alpentine
Un intermède bizarre.

4.: Red Sun No. 5
Plus posé, plus harmonieux, mais pas forcément plus intéressant.

5.: Lewis Takes Action
Une instrumentation assez jolie, mais la voix reste tristounette.

6.: The Great Elsewhere
Sonorités électro-chiantes…

7.: Oh Heartland, Up Yours!
Une titre assez mélodieux. En tout cas, le meilleur de l’album.

8.: Lewis Takes off His Shirt
Transparent et sans énergie sur une mélodie horripilante.

9.: Flare Gun
Une mélodie dynamique, presque enjouée… mais la voix ne suit pas du tout.

10.: E Is for Estranged
Titre doux, mais qui manque désespérément de conviction.

11.: Tryst with Mephistopheles
Aurait pu être sympathique s’il daignait pousser un minimum sa voix.

12.: What Do You Think Will Happen Now ?
Sinistre et chiant.

GINGER (Gaëtan Roussel) : Créativité mal maîtrisée

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gingergaetanrousselLouise Attaque est pour moi un groupe important, car lié à beaucoup de souvenirs, avant même qu’ils fassent partie des formations les plus en vue de l’Hexagone. Je continue d’écouter leurs albums avec le même plaisir, qui tient peut-être de la nostalgie, mais aussi de l’énergie qu’ils ont su insuffler dans leur musique. Certes, les textes ne veulent rien dire, mais on ne se s’empêcher des fredonner. C’est donc un peu avec les yeux de l’amour que j’ai commencé à suivre la carrière solo du chanteur, Gaëtan Roussel, et son premier album, Ginger. Mais si l’amour rend aveugle, il n’empêche pas parfois d’être quelque peu mitigé.

Gaëtan Roussel est né en 1972 à Rodez, dans l’Aveyron. Il fonde le groupe Louise Attaque en 1994, dont la discographie compte quatre albums. Il a aussi sorti un album avec le groupe Tarmac, formé avec Arnaud Samuel, le violoniste de Louise Attaque. En 2009, il sort donc cet album solo Ginger. Il lui rapportera 3 Victoires de la Musique en 2011, dont celles du meilleur interprète et du meilleur album de l’année.

Dans Ginger de Gaëtan Roussel, on retrouve une des caractéristiques principales de Louise Attaque, à savoir les textes n’ayant pas forcément beaucoup de sens. C’est assez logique vu qu’il a écrit toutes ces chansons. Cela ne pose pas forcément de problème, mais cela constitue incontestablement une limite lorsque d’autres qualités faiblissent. C’est un peu ce qui se passe dans cet album, faisant preuve parfois d’une créativité mal maîtrisée.

Louise Attaque nous a toujours proposé une musique pas forcément hyper élaborée, mais à l’énergie incroyablement communicative, notamment grâce à une utilisation particulièrement réussie du violon. Dans Ginger, Gaëtan Roussel explore d’autres univers musicaux, d’autres sonorités pour des résultats parfois surprenants. Les instrumentations sont nettement plus élaborées, plus recherchées, frisant même parfois l’expérimental. Démarche tout à fait respectable, mais qui donne ici un résultat mitigé.

En effet, Ginger alterne des morceaux très sympas, avec d’autres qui ressemblent un peu à du n’importe quoi. Au moins, on n’a jamais l’impression de tourner en rond, mais on s’interroge parfois sur l’intérêt profond de ce qui nous ait proposé. Et comme sur tout ça se posent des textes toujours aussi obscurs, on reste parfois perplexe et dubitatif. Malheureusement, cela concerne quasiment un titre sur deux, ce qui commence à faire vraiment beaucoup.

Ainsi sur Ginger, se côtoient un très bon single comme Dis-moi Encore Que Tu M’Aimes, un Tokyo assez enjoué et un Les Belles Choses joliment mélancolique avec un Clap Hands avec un effet voix loin du micro pas très heureux, un Mon Nom étrangement éthéré et un Trouble qui tourne carrément au n’importe quoi. On passe un peu constamment du chaud au froid, avec quand même pas mal de glaçons. Le fait que le principal single, Help Myself, ait tourné autant en boucle à la radio montre bien qu’il n’y avait pas beaucoup d’autres tubes potentiels sur cet album.

Ginger a au moins le mérite de nous proposer quelque chose d’assez différent de Louise Attaque. Malheureusement, Gaëtan Roussel a gardé ce qui fait la limite de ce groupe, sans trouver autre chose pour vraiment compenser.

Pour finir, regardons de plus près les titres que l’on trouve sur Ginger.

1.: Clap Hands
Un son rock, mais avec la voix loin du micro.

2.: Help Myself (Nous Ne Faisons Que Passer)
Un single sympa, même s’il est un peu trop passé à la radio.

3.: Si L’on Comptait Les Etoiles
Un titre gai et un rien enfantin.

4.: Inside Outside
Un style heurté pour un texte qui n’a pas beaucoup de sens, ce qui nous renvoie aux limites de cet artiste.

5.: Mon Nom
Un morceau un peu éthéré et un peu transparent.

6.: Tokyo
Un titre assez enjoué et sympathique.

7.: Dis-Moi Encore Que Tu M’aimes
Un très bon single, avec un texte assez réussi sur un rythme entraînant.

8.: Dywd
Un titre en anglais un peu lancinant.

9.: Des Questions Me Reviennent
Un peu répétitif.

10.: Trouble
Un titre qui s’apparente un peu à du n’importe quoi.

11.: Les Belles Choses
Un petite chanson mélancolique pour finir.

THE SOFT PACK (The Soft Pack) : Rock énergique

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thesoftpackthesoftpackCes derniers temps, j’ai surtout exploré un univers musical fait de douceur, de belles ballades et de mélodies harmonieuses. Je n’ai évidemment rien contre. Quand la musique est bonne, elle est bonne, quelque soit son rythme. Mais bon, j’aime aussi varier les plaisirs, c’est donc avec bonheur que j’ai découvert The Soft Pack et leur album sobrement intitulé The Soft Pack, premier opus d’un groupe qui manie l’énergie avec un certain talent.

The Soft Pack est un groupe de rock typiquement américain, originaire de San Diego. The Soft Pack est sorti en 2010 et a été suivi depuis par Strapped en 2012. Côté formation, aucune surprise ou originalité, puisque qu’on retrouve un chanteur (Matt Lamkin), un guitariste (Matty MacLoughlin), un bassiste (David Lantzman) et un batteur (Brian Hill).

The Soft Pack aime le rock et cela s’entend. Leur musique est enthousiaste, sentiment relativement communicatif. Il ne s’écoute pas jouer mais mette beaucoup d’énergie et de conviction dans leurs titres. C’est parfois un peu foufou, un peu brouillon, mais cela s’écoute le plus souvent avec grand plaisir. En musique, et en rock en particulier, le dynamisme arrive à masquer parfois certaines faiblesses, beaucoup plus criantes dans une musique plus posée.

Ne croyez cependant pas que The Soft Pack ne sait pas faire preuve de maîtrise. Les titres plus posés More or Less ou Mexico ne sont pas les moins intéressants, bien au contraire. Enfin, même si ce dernier tire presque sur la ballade, il y a toujours quand même un bon degré d’énergie dans leurs morceaux. Leurs qualités de musiciens ont leurs limites, cela se sent, mais on sent surtout qu’ils les exploitent au maximum pour faire de The Soft Pack globalement un bon album.

The Soft Pack n’est pas l’album le plus original qui soit. Les titres ne sont pas monotones, mais aucun titre ne saute aux oreilles comme un son vraiment inédit. La seule touche de personnalité sortant un peu de l’ordinaire reste le débit vocal de Matt La mkin qui atteint des sommets sur certains titres, en particulier Down of Loving ou Flammable. Sa voix est à l’image de la musique du groupe en fait. Capable de mettre une énergie folle, mais sans jamais perdre tout à fait tout contrôle.

The Soft Pack se révèle un album agréable enfin parce qu’il est relativement homogène. 10 titres, ce n’est pas très long, mais la qualité est là sur tous les morceaux. De mon point de vue, seul le dernier, Parasites, a un intérêt vraiment limité. Mais 9/10, cela reste tout de même une très bonne note. Je mettrai en avant en particulier C’mon qui ouvre parfaitement l’album et More or Less que j’ai déjà évoqué plus haut.

The Soft Pack n’a pas révolutionné la musique, c’est clair. Ce n’est certainement pas un grand groupe de rock, mais ils s’écoutent avec grand plaisir néanmoins. En plus, vu l’énergie qu’ils mettent en studio, je suis prêt à parier qu’ils doivent particulièrement bien assurer sur scène.

Pour finir faisons le tour des titres que l’on trouve sur The Soft Pack.

1.: C’mon
Un rock énergique et entraînant.

2.: Down On Loving
Sur le même ton, mais avec un grand débit vocal.

3.: Answer To Yourself
Un son un peu plus pop, plus sucré, mais l’énergie est toujours là.

4.: Move Along
Un peu brouillon et foufou.

5.: Pull Out
Un son plus punk.

6.: More or Less
Un titre plus maîtrisé et c’est pas mal !

7.: Tides of Time
Un peu dans la même veine que More or Less, mais un peu plus en retrait.

8.: Flammable
Retour à une grande énergie à un grand débit vocal.

9.: Mexico
Plus lent et calme, presque une ballade.

10.: Parasites
Un titre quelque peu transparent pour finir.

FALLING DOWN A MOUTAIN (Tindersticks) : Retour de bâton

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fallingdownamoutaintindersticksA force d’écrire des avis sur des groupes relativement peu connus, forcément on finit par les connaître. Je sais, cette introduction est très profonde et ne sert pas à grand chose, sinon à vous parler pour la deuxième fois d’un groupe ne passant pas en boucle à la radio, c’est le moins que l’on puisse dire. Il s’agit du groupe anglais Tindersticks et plus précisément de leur album Falling Down a Moutain, sorti en 2010. Lors de la précédente critique (à propos de l’album Hungry Saw), j’avais comparé la voix du chanteur, Stuart Staples, à celle de Bashung. J’avoue que cette fois, cela ne m’a pas sauté aux oreilles.

Pour ceux qui l’auraient oublié et bien que je sais pertinemment que vous vous efforcez d’apprendre par cœur tout ce que j’écris, je vous rappelle tout de même que ce groupe s’est formé au début des années 90 à Nottingham, dont les membres sont originaires. Je vous livre également à nouveau cette anecdote qui vous permettra de briller en société : au milieu des années 2000 le groupe s’est séparé après l’exil du chanteur… en Creuse ou il a crée son propre studio, dénommé le Chien Chanceux. Bon, cette fois, c’est la dernière fois, je ne vous le dirai pas trois fois !

J’ai reproché à Hungry Saw un excès d’épurement. Je ne renouvellerai pas cette critique pour Falling Down a Moutain. Certes la musique de Tindersticks reste quand même assez simple et beaucoup de titres peuvent encore être qualifiés d’épurés. Cependant, j’ai trouvé l’équilibre de cet album meilleur, car il compte aussi des morceaux plus dynamiques, presque festifs, à côté des ballades assez lentes et contemplatives.

Le style de Tindersticks peut être qualifié de folk, même si le son est plus rock que celui de Bob Dylan. Mais on retrouve quand même l’importance de la voix dans l’émotion dégagée par cette musique. Stuart Staples n’a pas tout à fait celle du maître du genre, mais la sienne possède tout de même une vraie personnalité et une véritable profondeur. Il sait en jouer pour compléter des instrumentations qui constituent plutôt un soutien qu’un élément mis en avant. Les seules exceptions à cette règle sont les passages un peu psychédéliques et largement instrumentaux, comme dans les morceaux qui ouvre et conclue cet album.

Je trouve Falling Down a Moutain globalement très bon. C’est agréable à écouter, mélodieux, calme sans être ennuyeux. Certes, certains titres sont quand même assez lents, notamment Keep You Beautiful, mais comme ceux qui l’entourent sont sur un rythme différent, l’album ne sombre pas dans la monotonie. De mon point de vue, le meilleur titre reste Factory Girls, car il résume assez bien tout ce que sait faire Tindersticks : une chanson qui commence doucement, pour ensuite monter en puissance, porté par la très belle voix de Stuart Staples.

Falling Down a Moutain confirme donc le bien que je pensais de Tindersticks. Ce n’est toujours pas le groupe du siècle, mais satisfera aisément vos envies de mélodies douces, de musique calme et apaisante et de belles voix.

Pour finir, faisons le tour des titres de cet album.

1.: Falling Down a Mountain
Un long morceau d’introduction jazzy et un rien psychédélique.

2.: Keep You Beautiful
Une ballade murmurée sur un rythme très lent.

3.: Harmony Around My Table
Un ton assez festif pour titre bien sympa.

4.: Peanuts
Une ballade chantée en duo, avec une belle voix féminine.

5.: She Rode Me Down
Un rythme qui rappelle la musique d’Enio Morricone pour un titre qui permet de profiter pleinement de la voix de Stuart Staples.

6.: Hubbards Hills
Un instrumental apaisant.

7.: Black Smoke
Un titre dynamique, presque entraînant.

8.: No Place So Alone
Une ballade folk traditionnelle mais parfaitement interprétée.

9.: Factory Girls
Une chanson douce et épurée qui monte en puissance pour un résultat vraiment bon.

10.: Piano Music
Un instrumental assez étrange pour finir.

I SPEAK BECAUSE I CAN (Laura Marling) : Folk jeune

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ispeakbecauseicanlauramarlingAlors là, je n’en reviens pas. En préparant cet avis, je me suis renseigné sur Laura Marling, l’artiste dont je vais vous parler aujourd’hui par l’intermédiaire de son album I Speak Because I Can. Et là, j’ai eu la surprise de voir sa date de naissance, 1990. Jamais je n’aurais imaginé que cette musique pouvait sortir de la bouche et la guitare d’une jeune fille de 20 ans. Comme quoi la valeur n’attend pas le nombre des années, même si cet album n’est pas non plus le chef d’œuvre du siècle.

Laura Marling est née en Angleterre, dans le Hampshire pour être plus précis. Elle est la dernière d’une famille de trois enfants, nées d’une mère professeur de musique. Elle a donc toujours vécu dans cet univers artistique et a fait partie intégrante de la scène folk anglaise dès l’âge de seize ans. Elle a sorti son premier album, Alas, I Cannot Swim, en 2008. En 2010, paraît donc ce I Speak Because I Can, suivi un an plus tard de A Creature I Don’t Know.

Laura Marling est une artiste folk pure jus. Alors forcément, si on associe sa musique à celle de Bob Dylan ou Joan Baez, on a du mal à croire qu’elle puisse être aussi jeune. J’aurais aussi pu m’étonner de sa nationalité car j’imaginais vraiment en écoutant I Speak Because I Can, une artiste américaine d’une quarantaine d’années, même si le titre qui ouvre l’album a des sonorités irlandaises. Décidément, je crois bien qu’il ne faut pas que j’envisage une reconversion en tant que voyant, parce que je risque d’être aussi incompétent que les vrais.

I Speak Because I Can nous propose donc une musique plutôt douce, aux instrumentations assez épurées à la guitare sèche. Le tout est soutenu par une belle voix. Celle de Laura Marling n’a peut-être pas la personnalité de celle des légendes du genre, mais n’a pas non plus à rougir de la comparaison. Elle sait en jouer pour transmettre une réelle émotion et rendre l’écoute de cet album très agréable.

Ce qui manque en fait à I Speak Because I Can, c’est au moins un ou deux titres vraiment marquants. Il est assez homogène dans la qualité, mais c’est vrai qu’il ronronne plus qu’il ne bouleverse l’auditeur. Il coule tout seul, mais au final, on n’en retient pas grand chose. Les titres ne se ressemblent pas forcément. On passe d’un ton mélancolique à des airs plus festifs, mais sans jamais vraiment s’enthousiasmer ou être vraiment surpris. Il faut admettre que Laura Marling est une excellente interprète, mais ne brille pas non plus par une originalité et une créativité débridées.

On retiendra tout de même de ce I Speak Because I Can un Blackberry Stone plein d’émotion et Rambling Man plus énergique. Le tout est conclu par un I Speak Because I Can qui constitue une très jolie conclusion et justifie que l’album en tire son nom. Mais encore une fois, c’est assez difficile de ressortir un titre plutôt qu’un autre, tant ils sont proches dans la qualité. Et heureusement dans la bonne qualité !

I Speak Because I Can est donc objectivement un bon album folk, dont la maturité est assez surprenante pour une artiste aussi jeune. Mais il lui manque tout de même une toute petite étincelle pour réellement marquer les esprits.

Pour finir, regardons de plus près les titres que l’on trouve sur cet album.

1.: Devil’s Spoke
Un titre folk aux sonorités irlandaises qui monte en puissance.

2.: Made by Maid
Une petite ballade épurée.

3.: Rambling Man
La voix est d’abord douce, plus emplie de plus d’énergie, pour au final un des meilleurs titres de l’album.

4.: Blackberry Stone
Beaucoup d’émotions dans la voix, qui est un peu cassée pour le coup.

5.: Alpha Shallows
Un titre presque parlé, presque dissonant, avant qu’il ne devienne plus mélodieux.

6.: Goodbye England
Un morceau très simple encore une fois.

7.: Hope in the Air
Beaucoup de force et de conviction dans ce morceau.

8.: What He Wrote
Un titre mélancolique et triste, mais au final très beau.

9.: Darkness Descends
Un peu plus transparent, mais festif.

10.: I Speak Because I Can
Un joli au revoir, avec cette ballade folk pleine de conviction.

HOLD THIS GHOST (Musée Mécanique) : Mécanique agréable

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holdthisghostmuseemecaniqueDécidemment, mes découvertes musicales ne me pousse pas vers des groupes énervés et bruyants ces derniers temps. Après les très calmes Midlake, voici les très paisibles Musée Mécanique. J’aurais d’ailleurs pu faire un copier-coller entre mes deux avis, car les points communs sont nombreux. Notamment une certaine monotonie, mais qui ne retire rien au fait que cet album, intitulé Hold This Ghost, reste très agréable à écouter.

Musée Mécanique est un groupe américain, comme son nom ne l’indique pas. Ils sont originaires de Portland si on veut être vraiment précis. Hold This Ghost constitue leur premier album, sorti en 2008 aux Etats-Unis, un peu plus tard en Europe. Un second album est prévu pour 2013 et devrait s’intituler From Shores of Sleep. Le groupe a été crée à l’initiative de son chanteur et auteur des textes, Micah Rabwin.

Si je dois vraiment faire une distinction entre The Courage of Others de Midlake et ce Hold this Ghost de Musée Mécanique, je parlerais de la voix du chanteur. Et la comparaison est clairement à l’avantage des artistes qui nous intéressent aujourd’hui. Si les deux formations nous offrent essentiellement des ballades, Micah Rabwin fait la différence par la personnalité que son chant apporte. Elle n’est pas qu’un support au texte, mais constitue réellement un instrument supplémentaire avec lequel il sait parfaitement jouer. Rien d’inoubliable, mais ce petit supplémentent de chaleur et de profondeur qui fait la différence, surtout dans ce style musical.

Ensuite, on peut mener l’éternel débat, vaut-il mieux un album varié dans la médiocrité ou monotone dans la qualité ? Evidemment, on a envie de choisir la seconde option et ainsi défendre ce Hold This Ghost. Certes, il existe une troisième possibilité, varié dans la qualité, mais ce n’est pas le sujet ici. Il est vrai que tous les morceaux pris individuellement de cet album, à part peut-être The Things That I Know, s’écoutent avec grand plaisir. Mais à la suite, à la septième ou la huitième plage, on commence à trouver que Musée Mécanique a quelque peu fait le tour de son sujet. Heureusement, les trois derniers morceaux sont parmi les meilleurs et on reste quand même globalement sur une note plutôt positive.

On peut tout de même avoir quelques regrets puisque le titre le plus énergique de Hold This Ghost, Sleeping in Our Clothes, est vraiment sympathique et réussi. On se dit donc qu’ils auraient pu nous en proposer quelques uns sur le même tons. Surtout qu’avec seulement dix morceaux, il y avait encore de la place sur cet album. Cela peut cependant se révéler prometteur pour le reste de leur carrière. En attendant, on retiendra aussi Somehow Bound et Nothing Glourious qui constituent pour moi les deux meilleures ballades de cet album.

Hold This Ghost de Musée Mécanique peut donc être conseillé à tous les amateurs de musique douce. Certes, on a déjà fait bien mieux dans le genre, mais encore une fois, la voix de Micah Rabwin est suffisamment intéressante pour valoir une écoute qui ne cantonne pas cet album au rôle de musique de fond ou d’ambiance.

Pour finir, regardons de plus près les morceaux qui composent ce album

1.: Like Home
Une voix murmurée sur une musique très douce.

2.: Two Friends Like Us
Une voix plus en avant. Une ballade douce qui coule agréablement.

3.: The Propellers
Un ton plus sombre, accompagné d’une instrumentation plus appuyée.

4.: The Things That I Know
Un titre assez transparent.

5.: Fits and Starts
Plus dynamique, mais tourne un peu en rond.

6.: Somehow Bound
Une belle ballade qui dégage une vraie émotion.

7.: Under Glass
Un joli morceau, pas bon toujours pas de renouvellement à l’horizon.

8.: Sleeping in Our Clothes
Plus de dynamisme et c’est tout de suite pas mal.

9.: Nothing Glorious
Une ballade douce, où la voix nous murmure à nouveau à l’oreille.

10.: Our Changing Skins
Très doux, très épuré, un rien évaporé pour un assez beau au revoir.

TOURIST HISTORY (Two Door Cinema Club) : Made in GB !

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touristhistorytwodoorcinemaclubLa Grande-Bretagne et la pop musique sont deux faces d’une même médaille. A tel point que l’on a inventé la notion de brit’pop pour désigner ce son qui sent bon le thé et le fish and chips. Les groupes qui font vivre ce courant musical sont innombrables et il serait difficile de les citer tous, tant il en nait toujours de nouveau. Parmi eux, Two Door Cinema Club et leur album Tourist History.

Two Door Cinéma Club ne vient pas d’Angleterre, mais d’Irlande du Nord. C’est bien le seul élément un tant soit peu original dans ce groupe de pop, composé de Alex Trimble au chant, de Kevin Baird à la basse, de Sam Halliday à la guitare et de Benjamin Thompson à la batterie, même si ce dernier n’intervient que lors des concerts. Pour être totalement exhaustif dans les détails qui ne servent pas à grand chose mais qui peuvent éventuellement vous permettre de briller en société, tout ce beau monde s’est connu chez les scouts. Comme quoi porter un uniforme dès son plus jeune âge mène à tout ! Tourist History constitue leur premier album, sorti en 2010, qui a été suivi par Beacon en 2012.

Bon, les plus pointus trouveront que mon introduction a constitué un raccourci puisque Two Door Cinéma Club ne fait pas vraiment de la pop, mais de l’indie pop… Pour parler plus clairement, le groupe n’hésite pas à utiliser largement des claviers et à donner un léger fond de son électro à Tourist History. Mais on aura beau me dire tout ce que l’on voudra, dès les premières secondes de cet album, leur musique fleure bon la Grande-Bretagne de manière parfaitement reconnaissable.

Mais cela ne signifie en rien que ce Tourist History ne possède pas le moindre intérêt. En effet, s’il s’agit bien de pure brit’pop, c’est de la très bonne brit’pop. Déjà parce qu’elle déborde d’énergie. J’ai bien conscience que c’est pour moi un critère capital, qui nuit parfois à mon objectivité, mais il est incontestable que l’on tient là un point fort de Two Door Cinema Club. La musique est souvent festive et entraînante. Le groupe mord dans ses titres et communique aux auditeurs une envie de taper du pied !

De plus, à côté de ça, le groupe fait preuve d’une grande maîtrise. Les lignes mélodiques n’ont rien d’extraordinaire, mais au moins, elles sont tenues et ne partent pas dans tous les sens. L’énergie n’est pas là pour compenser des insuffisances artistiques. Les deux éléments font que Tourist History est très agréable à écouter, avec notamment un single, What You Know, qui est de très bonne facture et qui a largement expliqué sa diffusion à la radio. Personnellement, j’apprécie également tout particulièrement Do You Want It All ? et You’re Not Stubborn.

Après, il ne faut pas nier les limites de Tourist History. Avec 10 titres seulement, Two Door Cinema Club se contente du minimum. Et malgré cela, on a quelque peu l’impression d’avoir fait un peu le tour de la question arrivé au bout de l’album. Du coup, on peut se dire qu’avoir fait court est plutôt une bonne idée. Mais cela signifie surtout que leur musique ne brille pas par une réelle originalité, ni un intérêt artistique réellement transcendant.

Tourist History est donc un bon album de brit’pop, mais qui n’a peut-être pas les qualités requises pour séduire tellement au-delà des fans du genre.

Pour finir, un petit tour des titres que l’on trouve sur cet album.

1.: Cigarettes In The Theatre
Un titre pop-rock énergique.

2.: Come Back Home
Une voix claire sur une musique enjouée, pour un résultat plutôt bon.

3.: Do You Want It All ?
Un son très très pop… Mais de la bonne pop !

4.: This Is The Life
Un peu plus transparent, même si le refrain est un peu plus percutant.

5.: Something Good Can Work
Un pop un peu sucrée et sympa.

6.: I Can Talk
Un musique pop avec des petites sonorités électro. Toujours aussi énergique, mais rien de transcendant.

7.: Under Cover Martyn
Alternance de moments très énergiques et de moments plus calmes, pour un résultat convaincant.

8.: What You Know
Un single qui allie maîtrise et énergie. Vraiment top !

9.: Eat That Up, It’s Good For You
Pop… Bref, rien de nouveau…

10.: You’re Not Stubborn
Un rien plus rock, mais conserve énergie et maîtrise.

GORILLA MANOR (Local Natives) : Voix au loin

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gorillamanorlocalnativesLa voix d’un chanteur ou d’une chanteuse fait beaucoup dans la personnalité d’un groupe. C’est sans doute ce qui le rend la musique plus humaine et donc crée le lien entre elle et le public. Une belle voix pure et claire n’a pas de prix et peut parfois se suffire à elle-même. Bien sûr, comme tout « instrument », on peu travailler dessus et certains effets apportent originalité et créativité. Mais pour le groupe Local Natives et leur album Gorilla Manor, cela s’apparente plutôt un choix malheureux.

Local Natives est un groupe de rock californien. Je ne peux résister à l’envie de citer cette description remarquable trouvée sur le site Wikipedia : « afropop influencé par des guitares hyperactives et un tambour écolier comportant des harmonies à trois volets ». Au-delà de la faute d’orthographe (afropop c’est féminin non ?), cette description me laisse perplexe… Enfin si quelqu’un peut expliquer en moins de 4 pages ce que cela veut dire exactement qu’il me fasse signe. En attendant, le groupe n’a sorti qu’un seul album pour l’instant, sorti en 2009 et il est composé de Taylor Rice au chant et à la guitare, Kelcey Ayer au chant, au clavier ainsi qu’aux percussions, Ryan Hahn au chant, à la guitare ainsi qu’à d’autres instruments à cordes plus atypiques tels que le banjo, Andy Hamm à la guitare basse et parfois au chant, et enfin Matt Frazier à la batterie.

Vous l’aurez donc constaté, ils sont quatre à chanter chez Local Natives. Mais pourquoi alors donc s’évertuent-ils tous à le faire si loin du micro ? En effet, pour moi ce qui caractérise vraiment Gorilla Manor, plutôt que les mots compliqués de Wikipedia, c’est le mauvais équilibre entre chant et instrumentation. Certes, il s’agit sûrement d’un effet volontaire, donnant un caractère un peu évaporé à leur musique. Mais s’il aurait pu apporter une certaine originalité à certains titres, là ça devient une marque de fabrique un peu lassante.

En effet, lorsque Local Navites met un peu plus la partie vocale en avant, comme sur le titre World News, Who Knows Who Cares ou encore Cubism Dream, leur musique est tout de suite plus intéressante. Certes, cela n’aurait de toute façon pas révolutionné l’histoire de la pop, mais au moins proposé un album sympa. Gorilla Manor demeure au final très inégal et du coup un peu frustrant. Du coup, on n’arrive pas à apprécier à sa juste valeur la maîtrise artistique incontestable dont font preuve ces jeunes gens.

Bien sûr, tout cela reste un avis très personnel. Toute personne ne trouvant cet effet « loin du micro » absolument pas gênant pourra trouver d’énormes qualités à Gorilla Manor. Des titres comme Cards & Quarters et Warning Sign sont pour moi gâchés par ce choix artistique. Certains trouveront peut-être qu’au contraire, ils affichent du coup une vraie personnalité et sonnent différemment du mainstream radiophonique. Voici un excellent débat qui en vaut bien d’autres qui occupent des pages et des pages dans les journaux.

Subjectivement, je trouve donc Gorilla Manor assez moyen, sans être foncièrement désagréable. Objectivement, il possède des qualités qui peuvent en faire pour certain un vrai moment de musique plaisante et plutôt paisible. Ensuite, à chacun d’apprécier.

Pour finir, regardons de plus près les titres que l’on trouve sur cet album.

1.: Wide Eyes
Un titre un peu évaporé, mais solide et maîtrisé.

2.: Airplanes
Un peu plus de conviction dans ce morceau.

3.: Sun Hands
Ca manque quand même un tantinet d’énergie.

4.: World News
Guitare plus affirmée, avec également un meilleur équilibre chant-instrumentation.

5.: Shape Shifter
Un ton plus doux et mélodieux. Mais la voix un rien cassée n’a rien d’extraordinaire.

6.: Camera Talk
Plus dynamique, plus pop. Sympa !

7.: Cards & Quarters
Un ton lent et envoûtant. Dommage que la voix soit si en retrait.

8.: Warning Sign
De la conviction, presque de l’énergie, mais la voix reste une nouvelle fois trop effacée.

9.: Who Knows Who Cares
Une belle ballade-rock, entre guitares et violon et un meilleur équilibre entre voix et instrumentation.

10.: Cubism Dream
La voix poussée dans les aigües est bien présente et on s’en réjouit.

11.: Stranger Things
Retour au son évaporé. Dommage…

12.: Sticky Thread
Une fin douce et mélodieuse. Mais toujours cette distance…