Il y avait bien longtemps que je n’avais pas lu un peu de « chick lit ». Moi qui aime beaucoup varier les plaisirs et les genres littéraires, il me fallait remédier à ce manque au plus vite. C’est fait avec la Petite Boulangerie du Bout du Monde de Jenny Colgan. Evidemment il n’est pas question ici de grande littérature, mais bien d’un moment de pure détente légère. Un roman particulièrement fleur bleue. Mais les bons sentiments sont parfois comment le bon pain. C’est bon quand c’est chaud, mais ça refroidit vite.
La Petite Boulangerie du Bout du Monde ne vous marquera pas comme peuvent le faire les grands romans. Vous l’oublierez aussi vite que vous l’aurez lu. Mais le long de sa lecture, vous oublierez aussi tout le reste. Evidemment, il vaut mieux avoir une âme de midinette, ou au moins une petite midinette qui sommeille en vous, pour apprécier pleinement ce roman. Mais Jenny Colgan arrive à créer un univers assez riche et séduisant et donner vie à des personnages assez attachants pour que l’on entre totalement dans cette histoire. Le roman est construit autour de différentes intrigues qui s’enroulent autour du destin de la personnage principale. Elles sont assez nombreuses et variées pour faire de ce roman autre chose qu’une simple romance, tendance collection Harlequin.
Le style de Jenny Colgan est vraiment léger et fait que l’on dévore la Petite Boulangerie du Bout du Monde comme un morceau de pain sorti du four. Avec gourmandise et célérité ! L’écriture est fluide, vivante et limpide. Cela caractérise souvent les romans de ce genre, mais ici cette qualité est encore plus prégnante. Bien sûr l’échelle de la chick lit n’est pas celle de la littérature, mais sur celle propre à ce genre, ce roman se situe assez haut. Alors avis aux midinettes en mal de lecture légère, n’hésitez pas et dévorer cette gourmandise littéraire.
La Région Sauvage est un OVNI cinématographique. La preuve, il a fallu faire appel à des forces extraterrestres pour le réaliser. Bon, j’exagère un tantinet. Mais il s’agit quand même d’une coproduction mobilisant des fonds venus du Mexique, du Danemark, de la France, de Norvège, d’Allemagne et de Suisse. Cela ne vient pas de l’Espace, mais d’un peu partout sur Terre. Il faut dire qu’il nous propose un scénario passablement « what the fuck !» (désolé, mais je n’ai pas trouvé de traduction appropriée) qui n’a pas du inciter les producteurs les plus fortunés à se lancer tête baissée dans le projet.
La Région Sauvage est totalement inclassable. Je pensais voir une sorte de film d’horreur à l’ambiance érotique, mais cela décrit au final assez mal ce long métrage. Parce que ce n’est pas du tout un film d’horreur. Par contre, oui, la charge érotique est là. Cependant, elle prend une forme qui laissera sûrement perplexe un grand nombre de spectateur. Les fans les plus acharnés de mangas pour adultes y verront sans doute un clin d’œil à des univers qu’ils connaissent bien, mais l’ambiance est quand même très différente ici.
Cependant, tout cela ne répond pas à la seule question vraiment importante ici… Est-ce que c’est bien ? J’aurais aimé répondre un oui enthousiaste, mais je devrait malheureusement me contenter d’un : ça a un côté fascinant, mais c’est assez chiant quand même. Il ne se passe finalement pas énormément de choses dans la Région Sauvage. Au-delà de l’élément vraiment original du scénario, le reste n’est pas spécialement passionnant. De plus, on est quand même assez curieux de savoir où tout cela va mener… et au final, cela mène un peu nul part. On reste donc un peu sur sa faim. On a connu des OVNI plus emballants.
LA NOTE : 11/20
Fiche technique : Cadre Films, Le Pacte, Matarraya Prod. Match Factory Prod., Mer film, Pimienta films, Snowglobe films Distribution : Le Pacte Réalisation : Amat Escalante Scénario : Amat Escalante, Gibran Portela Montage : Fernanda de la Peza, Jacob Secher Schulsinger Photo : Manuel Alberto Claro Décors : Daniela Schneider Musique : Igor Figueroa, Fernado Heftye Durée : 100 min
Casting : Ruth Jazmin Ramos : Alejandra Simone Bucio : Veronica Jesus Meza : Angel Eden Villavicencio : Fabian Andrea Pelaez : la mère d’Angel Oscar Escalante : M. Vega Bernarda Trueba : Marta
Filmer la guerre. Voilà quelque chose presque aussi vieux que le cinéma. C’est aussi un des sujets qui permet le mieux de mesurer l’évolution du 7ème art. Ce dernier aurait mis longtemps à nous montrer de manière crue et réaliste toute l’horreur véhiculée par ces conflits. Dunkerque se situe dans cette tradition. Christopher Nolan aura mis tout son génie au service d’un propos qui lui tenait visiblement à cœur. Il nous livre un grand film dans la forme. Dans le fond, il peut y avoir débat.
Christopher Nolan fait preuve de cette maestria visuelle, de cette maîtrise absolue de l’image et du son qui font les grands, les immenses réalisateurs. Dunkerque en est une nouvelle preuve, avec notamment une séquence d’un quart d’heure vers la fin du film qui font partie de celles qui écrivent l’histoire du cinéma. Certains auront noté l’absence de sang, artifice hollywoodien qui nuit sans doute au réalisme et prive le film d’un supplément de force. Mais il déploie déjà tellement plus que l’immense majorité des productions du genre, qu’il serait sévère de s’arrêter à ça. Le spectateur quand même scotché à son fauteuil du début à la fin, assailli d’images sublimes qui nous plongent au cœur de l’angoisse de tous les acteurs de ce moment d’histoire.
Si je devais formuler un reproche à Christopher Nolan, c’est sans doute d’avoir sacrifié le fond à la forme. Je ne parle pas ici des reproches idiots sur certains éléments qui seraient passés sous silence. Le propos de Dunkerque est clair et précis, il nous raconte une page de l’histoire de l’Angleterre du point de vue de ses acteurs, de ce qu’ils ont ressentis, de ce qu’ils ont vécu. Non, le sacrifice des soldats français pour permettre ce sauvetage n’est pas caché ou tu, il est tout simplement hors sujet. Rarement un film se sera concentré à ce point sur le cœur de son sujet, sans le moindre début de digression. De même, il est à noter que rarement un film de guerre n’aura été aussi peu manichéen puisque le soldat ennemi est tout simplement absent de l’image. Le méchant de l’histoire est l’angoisse et la peur.
Par contre, Dunkerque souffre peut-être d’un manque d’émotion. En se focalisant à ce point sur le cœur du propos, il prive les personnages d’un supplément d’épaisseur qui permettrait un supplément d’attachement. On ressort de ce film sans vraiment avoir l’impression de connaître les protagonistes. On connaît leur nom, mais à peine. Tout cela s’insère dans un choix artistique assumé et qui donne une grande part de sa force à ce film. Il fait de ce dernier un sublime exercice de style, qui apporte au spectateur d’incroyables sensations fortes, sans que le cœur ne soit vraiment touché. C’est sans doute un travers assez caractéristique de Christopher Nolan. Mais génie et perfection n’ont jamais été synonyme.
LA NOTE : 16/20
Fiche technique : Production : Warner Bros. Pictures, Syncopy Inc. Distribution : Warner Bros. France Réalisation : Christopher Nolan Scénario : Christopher Nolan Montage : Lee Smith Photo : Hoyte van Hoytema Décors : Nathan Crowley Musique : Hans Zimmer Durée : 107 min
Casting : Tom Hardy : pilote de l’Air Force Cillian Murphy : soldat en état de choc Mark Rylance : Mr Dawson Kenneth Branagh : Commandant Bolton Barry Keoghan : George Harry Styles : Alex Tom Glynn-Carney : Peter Fionn Whitehead : Tommy
Quand on tient un excellent personnage, il est forcément tentant de l’utiliser encore et encore à longueur de romans. Mais l’histoire de la littérature le montre. La trilogie reste le format au-delà duquel il est dangereux de s’aventurer. David Gemmell l’a bien compris en concluant son triptyque au centre du quel se situe Jon Shannow, qui reste une figure marquante de l’œuvre du romancier anglais. Comme il est décédé en 2006, on peut facilement imaginer que ce Pierre de Sang n’aura jamais de suite. Mais il vaut mieux parfois savoir s’arrêter sur une bonne impression.
Pierre de Sang se situe bien sûr dans la continuité des deux premiers épisodes, mais en laissant vingt ans s’écouler depuis l’Ultime Sentinelle, David Gemmel a l’occasion de nous livrer une vision quelque peu différente de son personnage. Pas une réinvention non plus, mais un dernier petit élan pour donner à ce dernier épisode un supplément d’intérêt. Car pour le reste, il reste très fidèle à l’univers de cette saga qui rappelle encore plus ici la Tour Sombre de Stephen King. Sans atteindre le même génie que cette dernière, on est là face à une œuvre foisonnante et imaginative, mais parfois difficile à suivre.
Pierre de Sang ne renonce en rien à l’aspect très ésotérique de son œuvre. Du coup, la clarté de la narration rappelle parfois David Lynch au meilleur de sa forme. Mais quelque part, cela fait partie du charme de cette œuvre. Elle mériterait sans doute une deuxième lecture pour l’apprécier pleinement. En attendant, on peut se laisser bercer par le charme singulier de cette saga à la frontière entre science-fiction et fantasy, qui tient là une conclusion réussie.
Le biopic étant à la mode depuis un moment déjà, les figures les plus connues des arts et de l’histoire ont déjà eu droit à leur film. Du coup, il faut désormais compter sur des figures plus méconnues, du moins d’un public pas particulièrement pointu. Mais cela ne signifie en rien que leur destin ne vaille pas un long métrage. La preuve avec Tom of Finland. Une biographie qui de plus nous parle d’une lutte pour l’égalité et la fierté qui dépasse largement le destin d’un seul homme.
Tom of Finland aurait pu s’appeler militant malgré lui. En effet, il nous raconte comment ce vétéran de l’armée finlandaise durant la seconde guerre mondiale a réussi à devenir une icône de la communauté gay mondiale, juste parce qu’il a cherché à publier ses dessins, d’un genre un peu particulier certes, mais qui ne restent que des dessins. Le film arrive parfaitement à nous montrer comment ce petit rien est devenu au final un immense message d’espoir et de liberté pour des milliers de personnes. La narration est assez brillante pour que tout paraisse naturel, sans être même de trop romancé.
Tom of Finland, l’homme, est devenu une symbole assez puissant pour permettre à un film finlandais qui ne soit pas d’Akiu Kaurismäki, d’être distribué en France, qui est assez rare pour être souligné. Mais Tom of Finland, le film, possède les qualités pour le mériter. La réalisation est sobre, mais arrive à créer de vraies ambiances qui en disent aussi long que les dialogues. De l’oppression à la libération, il nous montre toutes les étapes du dur chemin qui mène à l’émancipation. Enfin, la prestation de Pekka Strang permet au film de porter ce supplément d’émotion qui fait une vraie différence. Car au fond, ce film reste avant tout un film sur l’amour.
LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique : Production : Helsinki Filmi Oy, Anagram, Fridthjof Film, Neutrinos productions, Film i Väst, Film and Music Entertainment Distribution : Rezo films Réalisation : Dome Karukoski Scénario : Aleksi Bardy Montage : Harri Ylönen Photo : Lass Frank Johannessen Décors : Christian Olander Musique : Lasse Enersen, Hildur Gudndottir Durée : 116 min
Casting : Pekka Strang : Touko, Tom of Finland Lauri Tilkanen : Veli, Nipa Jessica Grabowsky : Kaija Taito Oksanen : Alijoki Seumas Sargent : Doug Niklas Hogner : Kake Jakob Oftebro : Jack
Le 9 mars 2008 au soir, je suis donc devenu officiellement un élu de la République. Titre plus pompeux et prestigieux que Conseiller Municipal d’opposition. Mais quelques soient les mots choisis, si je dois retirer quelque chose de ces dix ans de militantisme, c’est bien d’avoir eu l’honneur d’exercer cette fonction. Parce qu’on pourra regarder les choses dans tous les sens, l’exercice d’un mandat est bien le moment où le militantisme politique arrive à sa fin. C’est un peu plus vrai quand on est élu majoritaire bien sûr, mais j’aurais l’occasion de revenir sur le fait que je ne me suis jamais senti inutile dans l’exercice de mon mandat.
Dès le 15 mars a lieu le premier Conseil Municipal. Moment surtout formel, mais évidemment quelque peu émouvant pour un jeune élu, devenu militant que 9 mois auparavant. Les 33 élus prennent place autour d’une grande table en U, où l’opposition occupe le bout de chaque branche. C’est pratique, cela permet de les faire disparaître en recadrant un peu les photos. Cela permet surtout de vite comprendre que le mode de scrutin des municipales réduit les oppositions à portion congrue. Avec 25,04% des voix, nous n’avons que 4 élus sur 33.
Malgré cela, j’aurais évidemment attaqué mon mandat en mode bisounours enthousiaste. Rassurez-vous c’est bien le dernier épisode où je me compare avec un bisounours. Nous nous sommes répartis les sujets entre nous. Je m’occuperais avant tous des questions d’urbanisme et d’environnement, domaines où mon expérience professionnelle m’apporte quelques connaissance. Lors des premières séances, j’ai évidemment envie d’intervenir à toutes les délibérations qui concernent de près ou de loin mon champ de compétences. Je finirai assez vite par me calmer, surtout que finalement on est d’accord avec un certain nombre de mesures prises. La majorité est assez hégémonique comme ça, ils n’ont pas besoin de nous pour souligner quand ils font des choses bien.
Lors du premier Conseil Municipal, le leader historique de l’autre opposition préside la séance avant l’élection du Maire. Il en profite donc pour faire un discours. Un discours qu’il aura écrit de manière littérale et qu’il se contente de lire. Je trouve que cela lui supprime tout impact et éloquence. Alors je commence ma carrière d’élu avec une ferme résolution : je ferai mes intervention sans note. Cela exige de moi une préparation bien en amont et un long travail de répétition. J’ai notamment fait une longue intervention à l’occasion du lancement de la révision du Plan Local d’Urbanisme. Un propos de dix bonnes minutes de mémoire. Je me rappelle avoir oublié un point, mais rien d’important. Je suis content de moi, surtout que j’ai passé beaucoup de temps à la préparer.
Malheureusement, n’est pas Christiane Taubira qui veut. Quelques temps plus tard, je me retrouve lors d’une intervention face à un blanc… Me voilà totalement bloqué pendant de longues secondes qui m’ont paru interminables. La salle du Conseil est plongée dans un silence assourdissant. Je suis seul face à mon micro allumé. Le Maire qui s’applique toujours à bien montrer qu’il ne vous écoute pas, finit même par lever le nez et à me regarder en se demandant qu’est ce qui se passe. Heureusement, je finis par retrouver le fil de mon discours. Mais ce moment un peu pénible me fait abandonner mes ambitions de tribun. Je finira ma carrière d’élu en préparant parfois mes interventions le jour même un peu à l’arrache et je ne pense pas que ça ait changé grand chose. Parce qu’entre temps, j’aurais réalisé que le Conseil Municipal se déroule devant à peu près personne, à part quelques rares habitués, et y faire preuve d’éloquence ne sert pas à grand chose. Mais je reviendrai sur le sujet.
Je ne sais pas si je redeviendrai élu un jour. En tout cas, je ne serai jamais plus cet élu enthousiaste et naïf que j’étais le 15 mars 2008. Est-ce un mal ou un bien ? La question reste encore posée. Peut-être qu’écrire tout ça m’aidera à y répondre.
Les bagnoles ont ceci de commun avec la boxe, que je les trouve terriblement vulgaires, voire abominables dans la vraie vie, mais je dois admettre qu’elle sont terriblement cinégéniques. Quoi de mieux qu’une bonne poursuite en voiture pour faire un bon film d’action. La preuve à nouveau avec Baby Driver, une des très bonnes surprises de l’été. Rien de très original dans l’absolu, mais une somme de petits décalages qui donne au final à ce film une vraie personnalité.
Chaque élément de Baby Driver pris individuellement reste du déjà-vu. Si le personnage principal n’est pas le plus commun qui soit, on lui a quand même connu des parents proches. La force de ce film est d’avoir réussi à rassembler non des idées nouvelles, mais des idées rares. Il évite donc tous les poncifs du genre pour donner un cocktail très réussi, entre action, romance et thriller. Le film passe aussi vite que son personnage principal conduit vite. Et ce n’est pas peu dire !
De plus, Baby Driver bénéficie d’une réalisation vraiment soignée. Edgar Wright nous avait déjà régalé avec Hot Fuzz ou le Dernier Pub avant la Fin du Monde, mais on avait retenu surtout l’humour lui aussi décalé. Il prouve qu’il peut être aussi à l’aise dans un registre un peu moins délirant. En tout cas, tous ses films ont en commun une réelle énergie particulièrement communicative. Il nous livre aussi une des meilleurs bande-originales de l’année, qui fait concurrence à celle des Gardiens de la Galaxie 2. Et là aussi, ce n’est pas peu dire !
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Working Title Films, Big Talk Productions, Media Rights Capital Distribution : Sony Pictures Releasing France Réalisation : Edgar Wright Scénario : Edgar Wright Montage : Paul Machliss, Jonathan Amos Photo : Bill Pope Musique : Steven Price Durée : 117 min
Casting : Ansel Elgort : Baby Lily James : Debora Kevin Spacey : Doc Jamie Foxx : Bats Jon Hamm : Buddy Eiza González : Darling
Comme son nom ne l’indique pas, ni la langue dans lequel il chante, mais H-Burns est un auteur-compositeur-interprète français. Avec Night Moves, il nous offre une musique pop-rock tranquille. Mais une musique un peu plate, pas désagréable non plus, mais sans grande originalité. Il offre cependant des sonorités assez diverses pour ne pas être monotone. Dommage qu’il traverse tout l’album en donnant l’impression d’être en-dedans.
On traverse la Manche pour Flashlight Sessions de Gravenhurst, une réédition d’un album sorti en 2001, après que son leader, Nick Talbot, soit décédé en 2014. Mais quand on l’écoute, on se demande bien pourquoi l’avoir réédité. En effet, il est parcouru par une ambiance éthérée et mélancolique, qui donne globalement un résultat assez chiant. C’est d’une platitude complète, aussi dans la voix que dans les instrumentations. C’est au final hyper monotone, même si l’album se termine par deux titres, The Ice Tree et Hopechapel Hill qui surnagent quelque peu.
On termine en traversant carrément l’Atlantique pour découvrir Black Messiah, album de D’Angelo and the Vanguard. Mais quelle que soit la destination, la déception est là. Il nous offre une musique soul, aux sonorités électro, relativement déstructurée. C’est groovy, mais pas mélodieux, ni réellement entraînant. C’est assez inintéressant, voire même parfois désagréable. Ca ressemble un peu à du Prince… mais du sous-Prince !
Spider-man restera la franchise ayant connu pas moins de deux reboots en à peine 5 ans. On peut y voir un manque de créativité et d’imagination. Mais on peut aussi y voir une forme d’intelligence. Celle qui pousse à renoncer quand on a visiblement pris le mauvais chemin. Les deux films avec Andrew Garfield ont été des désastres complets et de vraies trahisons difficiles à pardonner pour un vrai fan. Une renaissance était donc bienvenue. Et quelle renaissance ! Spider-man : Homecoming est un petit bijou comme sait nous en offrir Marvel. Une modernisation du personnage tout en conservant à la lettre l’esprit du comics. Des reboots comme ça, on en redemande !
Marvel ne semble plus vouloir renoncer à sa formule magique. Ce mix jouissif de second degré et d’action. Spider-man : Homecoming est un nouvel modèle du genre. Sa nouvelle incarnation, entrevue avec beaucoup de plaisir dans Captain America : Civil War, tient tout ses promesses. Terriblement attachant, ce nouveau Peter Parker n’a rien à envier à celui incarné par Tobey McGuire. Le vrai tour de force est d’avoir réussi à nous livrer une vision vraiment différente de celle de Sam Raimi, tout en étant lui aussi fidèle à l’œuvre de Stan Lee et Jack Kirby. Comme quoi la fidélité peut prendre des chemins différents. Tom Holland est déjà dans le cœur des fans et on espère qu’il revêtira encore bien des fois le costume de l’homme araignée.
Spider-man : Homecoming est aussi un vrai film d’action, qui bénéficie de ce petit supplément de talent de réalisation qui font la différence. Ce ne sont souvent que de petits détails, mais ils traduisent un minimum de soin artistique apporté à ce film, au-delà de son succès marketing annoncé. Quelques petites notes du générique de la série des années 60 en ouverture jusqu’à un magnifique générique de fin (et oui, le générique fait aussi partie du film!), tout cela fait de ce film un gros gâteau avec beaucoup de cerises sur le dessus. Bref, Jon Watts n’est peut-être pas Sam Raimi, mais il n’est pas maladroit derrière sa caméra, beaucoup moins en tout cas que beaucoup de tâcherons à qui on confie parfois la réalisation de blockbusters. Mais Marvel Studios ne mange pas de ce pain là. Qu’il continue pour notre plus grand plaisir.
LA NOTE : 15/20
Fiche technique : Production : Columbia Pictures, Marvel Studios, Pascal Pictures Distribution : Sony Pictures Releasing France Réalisation : Jon Watts Scénario : Jonathan Goldstein, John Francis Daley, Jon Watts, Erik Sommers, Chris McKenna Montage : Debbie Berman, Dan Lebental Photo : Salvatore Totino Décors : Olivier Scholl Musique : Michael Giacchino Durée : 133 min
Casting : Tom Holland : Peter Parker, Spider-Man Michael Keaton : Adrian Toomes, Vulture Robert Downey Jr : Tony Stark, Iron Man Marisa Tomei : May Parker Jon Favreau : Happy Hogan Gwyneth Paltrow : Pepper Potts Zendaya Coleman : Michelle Jones, M.J. Laura Harrier : Liz Allen Toomes Donald Glover : Aaron Davis
En rédigeant cette critique, je suis fasse à un dilemme. En effet, j’ai eu la chance d’aller voir Une Femme Fantastique sans rien savoir de l’histoire. J’ai donc pleinement bénéficié de la grande surprise que le scénario nous offre dans les premières minutes et qui constitue au final le cœur de l’intrigue. Je ne pense pas que mes collègues prennent tous le soin de ménager ainsi l’effet cherché par le réalisateur. En effet, il devient tout de suite plus difficile de commenter ce film en passant son élément principal en silence. Mais ne reculant pas devant la difficulté, je vais m’y efforcer. On saluera cependant l’excellent résumé du dossier de presse, que vous retrouvez sur la plupart des sites qui décrivent le synopsis des films qui ne dévoile rien.
Cela n’étonnera personne si je dis qu’avec un titre pareil, Une Femme Fantastique reste avant tout un film portrait. Le portrait d’une femme dont ne peut pas parler, mais qui vaut bien un film, je peux vous l’assurer. De par elle-même d’abord, mais aussi par les épreuves qu’elle va traverser et l’amener à affronter le regard et le jugement des autres. Ce genre de schéma est assez classique, mais ce film le suit avec une intelligence, une subtilité et une humanité remarquables. Emouvant et parfois drôle, ce film pousse aussi le spectateur à la réflexion sans être une seule seconde contemplatif. Il est assez rare de voir tout cela dans un seul film pour le signaler.
Une Femme Fantastique bénéficie de plus de la réalisation élégante de Sebastian Lelio. Quelques vraies touches de créativités viennent ponctuer une mise en scène toujours au service de l’histoire et surtout des comédiens. Au premier rang desquels figure Daniela Vega qui occupera une bonne place dans les palmarès de l’année pour cette performance aussi fantastique que la femme qu’elle incarne. Sans cela, le film n’aurait jamais pu être convaincant, touchant et attachant. En un mot, réussi !
LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique : Production : Fabula Productions, Setembro Cine, ZDF Distribution : Ad vitam Réalisation : Sebastián Lelio Scénario : Sebastián Lelio, Gonzalo Maza Montage : Soledad Salfate Photo : Benjamin Echazarreta Musique : Matthew Herbert Durée : 104 min
Casting : Daniela Vega : Marina Vidal Francisco Reyes : Orlando Luis Gnecco : Gabo Aline Küppenheim : Sonia
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