Certaines personnes rencontrent de très graves problèmes dans la vie et sont réellement à plaindre. D’autres le sont moins, mais ce n’est pas pour ça qu’ils ne sont pas confrontés également des problèmes un minimum conséquents. Et ce n’est pas pour ça que l’on ne peut pas faire de film sur eux. Beaucoup de reproches ont été formulés à l’encontre de Ce qui Nous Lie à propos du fait qu’il traite de « problèmes de riches ». Je trouve ce reproche un peu injuste, pour ne pas dire ridicule. Surtout qu’il y a bien d’autres reproches fondés que l’on peut formuler à son propos.
Ce qui Nous Lie souffre pour moi d’une faiblesse majeur dans le scénario. Peut-être est ce que cela m’a sauté aux yeux parce que je maîtrise un minimum les questions de foncier agricole, mais une grande partie de l’intrigue ne repose sur rien puisque la solution finale aurait pu être imaginée dès le début, voire d’autres encore plus efficaces. Cela ne permet pas de se passionner pour ce volet de l’histoire, qui prend quand même un place immense. Du coup, le film paraît démesurément long avec des allers et retours totalement inutiles.
Ce qui Nous Lie reste au final un film de personnages, auxquels on parvient malgré tout à s’attacher, et axé sur les rapports familiaux. Il ne naît pas de passion dévorante pour eux, mais assez de tendresse pour arriver à traverser le film sans trop s’ennuyer. Cela tient d’ailleurs plus aux charmes du trio de comédiens que de la profondeur de leurs personnages respectifs. Ils tiennent le film sur leurs épaules, avec tout de même un joli décor de fond qui donne envie d’aller faire le tour des caves en Bourgogne ! Au final, la carte postale est belle, mais le film est moins réussi.
LA NOTE : 11/20
Fiche technique : Production : Ce qui me meut, StudioCanal Distribution : StudioCanal Réalisation : Cédric Klapisch Scénario : Cédric Klapisch, Santiago Amigorena Montage : Anne-Sophie Bion Photo : Alexis Kavyrchine Décors : Marie Cheminal Musique : Camelia Jordana, Loïc Dury, Christophe Minck Durée : 113 min
Casting : Pio Marmaï : Jean Ana Girardot : Juliette François Civil : Jérémie Jean-Marc Roulot : Marcel Maria Valverde : Alicia Yamée Couture : Océane Karidja Touré : Lina Eric Caravaca : le p!re Jean-Marie Winling : Anselme
Les personnages de comédie romantique sont le plus souvent désespérément jeunes. D’ailleurs en écrivant cette phrase, je m’aperçois que je désespère quand je vois des jeunes, ce qui pourrait laisser penser que je suis désormais vieux… Mais ceci est un autre histoire. Bref, Marie-Francine prouve pourtant qu’on peut encore être romantique quand on a cinquante ans. Ce qui constitue plutôt une bonne nouvelle pour moi (surtout que je ne suis pas encore quarantenaire quand même). En attendant, Valérie Lemercier nous livre un film bien sympathique.
Marie-Francine n’est pas certainement pas le meilleur film de l’année. Ceci-dit, la carrière de réalisatrice de Valérie Lemercier ne m’avait encore jamais vraiment convaincu. Je n’attendais donc pas grand chose de ce film, si ce n’est éventuellement passer un bon moment. Ce fut le cas, je ne peux le nier. Certes, le spectacle est parfois inégal, mais parcouru d’une vraie fraîcheur et d’une réelle énergie, nées d’un complicité immédiate entre les personnages et les spectateurs. Si on sait pertinemment comment tout cela va se terminer, on suit avec plaisir le chemin quelque peu tortueux que les protagonistes vont emprunter.
Valérie Lemercier se contente de l’essentiel avec Marie-Francine. Elle laisse les comédiens gentiment cabotiner dans l’enthousiasme et la bonne humeur. Ca manque de maîtrise parfois, c’est dénué de toute ambition artistique, mais cela a l’immense mérite de ne pas se prendre une seule seconde au sérieux. Elle livre le film qu’elle avait envie de faire, pas plus, pas moins. Qu’on s’identifie ou non aux personnages, il n’est pas besoin de beaucoup d’effort pour leur trouver le charme nécessaire à croire à cette jolie histoire.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Production : Rectangle productions, TF1 Films production, Gaumont, De l’huile, Scope pictures Distribution : Gaumont distribution Réalisation : Valérie Lemercier Scénario : Valérie lemercier, Sabine Haudepin Montage : Jean-François Elie Photo : Laurent Dailland Décors : Emmanuelle Duplay Durée : 95 min
Casting : Valérie Lemercier : Marie-Francine Doublet Patrick Timsit : Miguel Hélène Vincent : Annick Legay Philippe Laudenbach : Pierre Legay Denis Podalydès : Emmanuel Doublet Nadège Beausson-Diagne : Nadège Marie Petiot : Clémence
Parfois un film nous touche plus que ce que devrait l’y autoriser ses qualités intrinsèques. Cela peut survenir lorsque l’histoire entre en résonance avec sa propre expérience, renforçant d’autant plus notre empathie envers le ou les personnages. Bref, notre côté narcissique nous pousse à apprécier le spectacle quand il ressemble de près ou de loin à sa propre histoire. C’est à peu près ce que j’ai ressenti devant Suntan. Mais gare à la chute lorsque le propos vous sort peu à peu du processus d’identification.
Qu’ils se l’avouent ou non, Suntan parlera à tous les hommes autour de la quarantaine. L’âge où vouloir séduire une jeune femme de vingt ans a plus de chance de vous rendre pathétique qu’arriver à démontrer que le processus de vieillissement n’est pas irréversible. Du coup, le personnage a quelque chose d’infiniment touchant, même quand il en fait un peu trop, quand il semble chercher l’humiliation. Pour que le film ait une consistance, on se dit que c’est normal et qu’il faut bien un peu forcer le trait. Puis peu à peu, le personnage devient de plus en plus irrationnel, pour virer au franchement inquiétant. Et là, à moins d’être un psychopathe qui s’ignore, on ne sent plus vraiment de point commun avec lui.
Au final, on prend donc Suntan pour ce qu’il est. Un film plutôt bien réalisé, avec un vrai travail de mise en scène imaginative et maîtrisée. Certains plans et angles de caméra ajoute une petite touche artistique discrète mais qui apporte un vrai plus. Au-delà de ça, l’histoire est donc inégale et ne convainc au final qu’à moitié, malgré des comédiens excellents. On en ressort tout de même satisfait d’avoir vu un film qui sort un peu de l’ordinaire et change des produits formatés qui peuplent nos grands écrans.
Scud Moutain Boys est un groupe américain de country alternative, si j’en crois Wikipedia. Ne me demandez pas ce que cela signifie précisément, mais en tout cas je peux vous dire que leur album Do You Love the Sun nous offre une musique agréable qui se laisse écouter. Une musique marquée par la douceur. La douceur dans les instrumentations relativement minimalistes où quelques instruments à cordes viennent se glisser. Dans la voix de Joe Pernice aussi, qui est pourtant un peu cassée. Au final, l’album reste globalement toujours sur même ton, mais un ton qui plaît aux oreilles.
Father John Misty est lui aussi américain. Il est connu pour avoir participé à de très nombreux groupes de rocks indépendants (dont je n’ai pour la plupart jamais entendu parlé), mais aussi par une carrière solo assez prolifique. Il nous offre avec son album I Love You, Honeybear une musique pop quelque peu évaporée, mais surtout douce et agréable. Le résultat n’est pas transcendant, mais se caractérise par une belle maîtrise. Ce n’est jamais monotone et la qualité est constante. Rien d’inoubliable, mais un bon album.
On termine cet avis avec un dernier Américain, Bill Callahan. Une légende de la musique country, qui tourne depuis plus de trente ans. Dream River nous permet de découvrir une nouvelle fois sa voix grave et profonde. Elle séduit immédiatement, bien qu’il parle parfois plus qu’il ne chante. Les instrumentations sont vraiment minimalistes, mais arrivent à créer une ambiance prenante. On l’a connu plus percutant, mais le résultat reste tout de même particulièrement plaisant.
Que serait le cinéma sans les espions ? Remarquez, cela marche aussi avec les détectives privés et les cow-boys. C’est à dire toutes ces catégories socioprofessionnelles que l’on croise assez peu souvent dans la vie réelle, mais qui peuple allégrement nos écrans de cinéma. Ils constituent une source assez inépuisable d’inspiration depuis des décennies. Et cela ne semble pas vouloir se tarir. La preuve avec Conspiracy, un film avec des terroristes, des agents de la CIA et des traîtres dans tous les sens. Bref, tout ce que l’on s’attend à voir dans ce genre de film.
Conspiracy ne brille vraiment pas par son originalité. Cela n’enlève rien à son côté distrayant et il serait passablement injuste de dire qu’on s’y ennuie. Mais tout de même, on ne peut pas dire non plus que l’on se retrouve captivé par cette histoire qui ressemble à beaucoup d’autres. Ni la nature des rebondissements, ni la personnalité des personnages ne vient apporter un petit supplément d’âme qui n’aurait pas fait de mal. Au final, ça a le mérite d’être efficace, mais cela reste quand même terriblement formaté et attendu.
C’est d’autant plus dommage que le casting de Conspiracy est de tout premier ordre. Si j’ai une tendresse particulière pour Noomi Rapace, force est d’admettre qu’elle ne tient pas ici son rôle le plus marquant. Pourtant, être accompagné à l’écran par deux monstres sacrés, tels que Michael Douglas et John Malkovich aurait laissé espérer un rôle plus intéressant. Quant à Orlando Bloom… il reste Orlando Bloom, c’est à dire ni bon, ni mauvais. Un peu comme ce film en fait, qui fera peut-être plaisir au aficionados de ce genre d’histoire, mais qui n’a franchement rien d’indispensable.
LA NOTE:10/20
Fiche technique : Réalisation : Michael Apted Scénario : Peter O’Brien Musique : Stephen Barton Production : Lorenzo di Bonaventura, Georgina Townsley, Erik Howsam et Claudia Bluemhuber Durée : 98 minutes
Casting Noomi Rapace : Alice Racine Orlando Bloom : Jack Alcott John Malkovich : Bob Hunter Michael Douglas : Eric Lasch Toni Collette : Emily Knowles Akshay Kumar : Salim Tosin Cole : Amjad Adelayo Adedayo : Noma Philip Brodie : Wilson Brian Caspe : Ed Romley Jessica Boone : l’assistante de Romley Raffaello Degruttola : Payne Makram Khoury : Yazid Khaleel
La Suède, ses lacs, ses forêts, ses blondes… et ses polars ! Bon, je vais m’arrêter là parce que je pense que j’ai fait à peu près la même introduction la dernière fois que j’ai écrit la critique d’un polar nordique. Il s’agissait d’ailleurs peut-être bien de la Princesse des Glaces de Camilla Läckberg. Mais aujourd’hui, je suis là pour vous parler de la suite, intitulé le Prédicateur. Un roman qui confirme qu’il n’y a pas que Ikea, Ibrahimovic et des rennes de remarquable de l’autre côté de la mer du Nord.
Le Prédicateur est un polar extrêmement classique. Un serial killer, des suspects, des rebondissements et des policiers dont on découvre la vie privée en parallèle de leur enquête. Rien de révolutionnaire. Mais les amateurs le savent, quand c’est bon, c’est bon, originalité ou non. Et Camilla Läckberg a assez de talent pour nous livrer un nouveau romans solide, parcouru par un vrai suspense et porté par une plume agréable. Bref, tout ce que l’on recherche dans un bon polar.
La plus grande force de Le Prédicateur est d’arrivé à créer très vite une ambiance prenante. En faisant témoigner les victimes sous forme de courts flash-backs entre deux chapitres, elle renforce l’empathie du lecteur et son souhait de voir l’enquête aboutir et le criminel arrêter. Ce n’est pas grand chose, mais c’est aussi beaucoup car cela fait au final une vrai différence pour placer cette œuvre parmi celles qui comptent dans ce genre particulièrement pléthorique.
La passion, l’amour et la passion sont autant d’éléments qui marquent souvent les grands destins. Et comme le cinéma aime porter à l’écran les grands destins, ils occupent également une place importante dans le 7ème art. Auguste Rodin a vu son destin marqué par ces émotions dévorantes. Au travers de son histoire avec Camille Claudel, mais pas que. Rodin nous raconte ce destin de feu. Mais il aurait fallu qu’il y ait le feu à l’écran !
Rodin est un film qui nous en apprend beaucoup sur la vie et surtout la personnalité du sculpteur. D’un point de vue factuel, le film est réellement intéressant. Mais jamais, par la forme, il n’arrive à transmettre la passion qui anime les protagonistes. Du coup, le cœur du spectateur ne bat pas plus fort que ça et il frôle souvent l’ennui. Il y a trop de maîtrise dans la réalisation de Jacques Doillon, pas assez de prise de risque et encore moins d’audace.
Cette platitude se retrouve dans le jeu de Vincent Lindon, quelque peu apathique derrière sa grosse barbe. Il livre le strict minimum de son talent, ce qui n’est pas rien, mais tout de même insuffisant. Mais Higelin met beaucoup plus de cœur mais elle se heurte à ses propres limites. Je veux bien l’épouser néanmoins, qu’elle soit rassurée à ce sujet ! Au final, le plus grand mérite de Rodin est de nous donner envie de visiter le musée du même nom.
LA NOTE : 09/20
Fiche technique : Production : Les films du lendemain, Artémis production Réalisation : Jacques Doillon Scénario : Jacques Doillon Montage : Frederic Fichefet Photo : Christophe Beaucarne Distribution : Wild bunch Musique : Philippe Sarde Durée : 119 min
Casting : Vincent Lindon : Rodin Izïa Higelin : Camille Claudel Séverine Caneele : Rose
François Ozon… voilà un réalisateur au talent immense. Un merveilleux sens de l’image, de la mise en scène, du cadrage, de la lumière… Bref ne maîtrise artistique totale pour de très beaux films. Pour le reste… Le talent, aussi immense soit-il ne fait pas tout. Du cœur, des tripes, des c… apportent un supplément d’âme qui rend les films marquants et permettent de gommer bien des imperfections. En la matière, François Ozon est nettement plus en retrait et sa filmographie ressemble à une longue liste d’exercices de style. Nouvel exemple avec l’Amant Double… qui de plus souffre d’un scénario parfois passablement ridicule.
L’Amant Double est une leçon de cinéma et une contre-leçon d’écriture. François Ozon nous livre un film toujours aussi visuellement parfait. Il arrive à merveille à créer une ambiance à partir de petites choses. Le film comporte beaucoup de scène sexuellement explicite et il parvient à trouver l’équilibre subtil qui crée l’érotisme en évitant la vulgarité. Dommage que cet érotisme ne soit au final que visuel, car très vite l’histoire prête plutôt à rire qu’à soupirer. De plus, si elle titille la curiosité du spectateur, elle le conduit vers un dernier twist qui enlève tout intérêt à l’ensemble, ce qui est quand même particulièrement regrettable.
Tout cela est d’autant plus regrettable que l’Amant Double offre une double performance d’acteur remarquable. Marine Vacth est définitivement installée dans le paysage du cinéma français. Le rôle était difficile et exigeant, comme tous ceux aussi sexuellement chargés, mais elle s’en sort avec brio. Et que dire de Jérémie Renier et sa double performance. Il confirme son étonnant talent qui arrive à incarner des personnages si différents, à les rendre aussi convaincant, avec un physique pourtant plutôt passe-partout. Mais malgré tout cela, même si on aimerait y croire pour apprécier tout ce déluge de talent à sa juste valeur, ce film n’en demeure pas moins un vrai raté.
LA NOTE : 7/20
Fiche technique : Production : Mandarin productions, FOZ, Mars films, Films distribution, France 2 cinéma, Scope pictures Réalisation : François Ozon Scénario : François Ozon Montage : Laure Gardette Photo : Manu Dacosse Décors : Sylvie Olivé Distribution : Mars films Musique : Philippe Rombi Durée : 107 min
Casting : Marine Vacth : Chloé Jérémie Renier : Paul, Louis Jacqueline Bisset : Mme Schenker Myriam Boyer : Rose Dominique Reymond : la gynécologie
C’est toujours un peu frustrant de ne pas réussir à aimer un réalisateur que beaucoup considère comme un grand réalisateur. C’est le cas pour moi avec Arnaud Desplechin. Pourtant, après avoir aimé Trois Souvenirs de ma Jeunesse, je m’étais dit que je n’étais peut-être pas non plus foncièrement allergique à son style. C’est donc avec beaucoup d’espoir que j’ai été voir les Fantômes d’Ismaël. D’autant plus que la bande-annonce donnait plutôt envie. Mais comme trop souvent, les plus fols espoirs se trouvent amèrement déçus.
La déception est d’autant plus grande que le film est très prenant pendant une bonne moitié. Il s’agit de celle auquel la bande-annonce se réfère justement. Ensuite, Les Fantômes d’Ismaël sombre dans un grand n’importe quoi scénaristique, qui donne l’impression qu’Arnaud Desplechin se fout totalement de l’histoire qu’il raconte, meublant avec un succession de scènes sans grand intérêt. Le fil conducteur narratif se délite totalement au profit d’un cabotinage absolument insupportable d’un Mathieu Almaric en roue libre.
Amèrement déçu aussi parce que je reconnais à Arnaud Desplechin un vrai talent de cinéaste dans la manière dont il filme ses acteurs. Ses plans serrés nous plonge dans l’intimité des personnages, la profondeur de leurs sentiments et souvent de leurs tourments. Mais si cela fonctionne pendant une moitié du film, grâce à un duo formé par Charlotte Gainsbourg et Marion Cotillard absolument magnifique, cela devient ensuite pénible, comme une proximité imposée avec des protagonistes pour lesquels on a perdu tout attachement. Bref, les Fantômes d’Ismaël est un film qui explose littéralement en vol et qui ne va pas me réconcilier avec Arnaud Desplechin.
LA NOTE : 8/20
Fiche technique : Production : Why Not Productions Réalisation : Arnaud Desplechin Scénario : Arnaud Desplechin, Léa Mysius, Julia Peyr Montage : Laurence Briaud Photo : Irina Lubtchansky Distribution : Le Pacte Durée : 114 min
Casting : Mathieu Amalric : Ismaël Charlotte Gainsbourg : Sylvia Marion Cotillard : Carlotta Louis Garrel : Ivan Alba Rohrwacher : Arielle et Faunia Hippolyte Girardot : Zwy Laszlo Szabo (I) : Bloom
La vie de famille est une source inépuisable d’inspiration pour les scénaristes de tous les pays et de tous les continents. Même en Géorgie visiblement, puisque ce cinéma tout de même assez rare sur nos écrans les occupe avec Une Famille Heureuse. Un film sur la quête du bonheur face à la tradition, et un rien féministe. Un film riche en sujets divers et variés, mais qui ne semble pas savoir où il veut emmener le spectateur. Bref, un film où l’ennui n’est jamais très loin.
Une Famille Heureuse aurait pu être nettement plus convaincant s’il débouchait sur une réelle conclusion. Il fait partie de ces films qui s’achève au détour d’un plan de manière totalement arbitraire, sans qu’on est l’impression une seule seconde qu’on se situe à la fin de quoi que soit. Ceci est d’autant plus frustrant que l’on a eu largement le temps et l’occasion de s’attacher réellement aux personnages, après une longue phase de découverte et d’apprivoisement. En gros, le film met deux heures à vraiment finir de démarrer avant de s’achever brutalement. Pas le meilleur schéma pour soulever l’enthousiasme.
Une Famille Heureuse bénéficie de plus d’une réalisation qui peut rebuter également. Beaucoup de plans fixes, une caméra très immobile, tout cela donne un certain style à ce film. Mais on peut dire qu’il s’assimile à celui d’un vieux téléfilm de FR3 si on est mauvaise langue, ou y voir une sorte de génie épuré si on est nettement plus conciliant. En tout cas, la forme ne corrige pas les défauts du fond et ne permet pas au spectateur de sortir de la torpeur dans lequel le film l’a plongé.
LA NOTE : 09/20
Fiche technique : Réalisation : Nana Ekvtimishvili et Simon Gross Scénario : N. Ekvtimishvili Décors : Kate Japaridze Costumes : Medea Bakradze Photographie : Tudor Vladimir Panduru Son : Andreas Hildebrandt, Paata Godziashvili Montage : Stefan Stabentow Production : Jonas Katzenstein, Maxim Ilian Leo, Simon Gross Durée : 119 minutes
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