En ces jours où il y a de quoi désespérer sur l’état de notre société, un peu d’espoir est le bienvenu. A Voix Haute – la Force de la Parole est donc particulièrement bienvenu. Un film sans message politique, mais qui nous rappelle qu’il y a du talent et de l’intelligence partout, si on veut bien lui prêter attention et lui donner la chance de s’exprimer. Un concours d’éloquence en Seine-St-Denis ne semblait pas forcément un sujet qui puisse justifier un long métrage documentaire. Et pourtant, il nous offre un excellent film du genre.
J’ai vu ce film juste après La Jeune Fille et son Aigle et il est amusant de faire le parallèle entre les deux. Bon surtout parce que j’adore les comparaisons, mais passons. Ce dernier nous raconte une histoire extraordinaire au travers d’une réalisation indigente. Le sujet de A Voix Haute – la Force de la Parole est beaucoup plus proche de nous, beaucoup moins exotique, mais Stéphane de Freitas parvient à le rendre incroyablement passionnant par la manière dont il le traite. Le travail de montage est absolument remarquable et met incroyablement bien en valeur ces jeunes gens qui eux méritent bien le qualificatif d’extraordinaires.
Le destin de A Voix Haute – la Force de la Parole est à l’image de celui de ceux et celles qu’il nous fait découvrir. Rien n’était gagné d’avance, mais le talent est finalement récompensé. D’abord, diffusé sur Youtube, puis sur France 2, il a donc finalement été diffusé sur grand écran dans une version rallongé. Et c’est tant mieux tant on ressort de ce film enthousiasmé à la fois par le film et par les qualités remarquables de ses protagonistes. Bien sûr, tout le monde n’a pas le droit à un tel destin, aussi talentueux soit-il. Mais il est bon parfois de parler du positif ! Il fait tant de bien !
LA NOTE : 14/20
Réalisation : Stéphane de Freitas Co-réalisation: Ladj Ly Scénario : Stéphane de Freitas Producteurs : Anna Tordjman, Harry Tordjman Société de production : My Box Productions Société de distribution : Mars Films Musique : Superpoze Photographie : Ladj Ly, Timothée Hilst Son : Henri D’Armancourt Montage : Jessica Menéndez avec Pierre Herbourg
Je ne sais pas vraiment si Dieu existe, par contre ma vie est peuplée de quelques divinités auquel je voue un culte avec une foi absolue : George Lucas, Freddy Mercury, Stephen King et Masamune Shirow. Vous imaginez bien que c’est avec une impatience fébrile que j’ai attendu la sortie au cinéma de l’adaptation « live » de Ghost In The Shell, chef d’œuvre absolu de la culture manga. Et comme j’ai quand même un gros faible personnel pour Scarlett Johansson, l’attente fut d’autant plus emplie d’espoir et d’envie. Mais au final, je suis quand même resté un peu sur ma faim.
Ghost In The Shell réussit pourtant le plus difficile. Retranscrire un univers graphique aussi complexe et reconnaissable que celui de Masamune Shirow. Les décors, les costumes, les effets spéciaux sont superbes et totalement respectueux de l’œuvre originale. Les plans larges sur la ville notamment sont réellement sublimes. Le pari est donc pleinement réussi de ce côté là, alors que c’était loin d’être gagné d’avance. J’avoue en avoir pris plein les yeux et rien que pour cela, ne regrette pas une seule seconde de l’avoir vu.
Par contre, Ghost In The Shell pêche par la fadeur de son scénario. Non qu’il soit infidèle à l’histoire imaginée par Masamune Shirow, mais il l’édulcore tellement qu’on se demande bien comment elle peut être l’objet d’un tel culte. Toute la richesse mystique, la complexité, l’ésotérisme qui la caractérisaient ont disparu au profit d’une histoire linéaire et limpide. Cela reste un scénario de science-fiction solide, mais sans génie. Indigne en tout cas du génie de celui qui en est à l’origine. Mais passer par le filtre hollywoodien, ce dernier s’est dilué. Et on se dit au final qu’on ferait mieux avant tout de relire le manga.
LA NOTE : 12/20
Fiche technique : Production : Arad productions, DreamWorks, Grosvenor Park Productions, Paramount pictures, Reliance Entertainment, Seaside Distribution : Paramount Pictures France Réalisation : Rupert Sanders Scénario : Jamie Moss, William Wheeler, d’après les mangas de Masamune Shirow Montage : Billy Rich, Neil Smith Photo : Jess Hall Décors : Jan Roelfs Musique : Lorne Balfe, Clint Mansell Effets spéciaux : Weta Workshop, Atomic Fiction Costumes : Kurt and Bart Durée : 106 min
Casting : Scarlett Johansson : Major Pilou Asbæk : Batou Takeshi Kitano : Aramaki Juliette Binoche : Dr. Ouelet Michael Pitt : Kuze Chin Han : Han Danusia Samal : Ladriya Peter Ferdinando : Cutter Lasarus Ratuere : Ishikawa
Les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, mais beaucoup de gens de ma génération ont connu les longues soirées diapositives. Des paysages parfois très beaux mais photographiés sans talent. Et ce pendant des heures… Si jamais vous avez la moindre nostalgie de ces soirées chez Tata Jacqueline, vous pouvez aller voir la Jeune Fille et Son Aigle. Pour les autres, rassurez-vous, l’histoire racontée est infiniment plus passionnante que les vacances de votre Tata Jacqueline !
Lorsque que j’ai vu pour la première fois la bande-annonce de la Jeune Fille et Son Aigle, je n’ai pas immédiatement compris qu’il s’agissait réellement d’un long métrage voué à une exploitation sur grand écran. En effet, j’ai rarement vu une réalisation aussi indigente. Elle fait passer celle des documentaires du samedi après-midi du temps d’Animalia pour du Kubrick. Les paysages absolument sublimes sont à l’étroit dans ces images qui semblent venir d’un autre temps. Mais c’est surtout l’histoire qu’elles racontent qui méritaient infiniment plus d’espace.
L’histoire d’Aishol-pan fait partie de celles qui valent bien un film. Cette jeune Kazakh n’a rien à envier à bien des super-héros bodybuildés. Avec son sourire et ses yeux d’enfants, elle provoque surtout une sympathie et un attachement plus sincère et plus profond que bien d’entre eux. Et n’oublions pas son sublime oiseau, majestueux et captivant. La Jeune Fille et Son Aigle porte donc bien son nom. Il nous offre une rencontre rare et inoubliable. Mal filmé certes, mais rare et inoubliable quand même.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Production : 19340 productions, Sony Pictures Classics Distribution : ARP Selection Réalisation : Otto Bell Montage : Pierre Takal Photo : Simon Niblett Musique : Sia Durée : 84 min
Une bande-annonce, c’est un peu comme un profil de site de rencontre. Elle peut vraiment donner envie, comme elle peut, au contraire, ne pas provoquer la moindre once d’intérêt. La bande-annonce de The Young Lady m’avait donné une grande envie de voir ce film. Le problème lorsque l’on rentre dans une salle obscure plein d’espoir, c’est qu’il peut être facilement déçu. Il est parfois difficile d’être à la hauteur des espérances des spectateurs.
The Young Lady est un film formellement très abouti. L’ambiance fascinante entrevue dans la bande-annonce est bien au rendez-vous. La réalisation arrive à nous faire partager le sentiment d’ennui et d’oppression ressentie par le personnage principal. Mais au-delà de ça, le film sonne désespérément creux. Il ne nous emmène pas bien loin et l’attention du spectateur se délite peu à peu lorsqu’il s’agit d’avancer dans un vrai récit et de sortir d’une première partie très contemplative.
Le pari de The Young Lady est de creuser le portrait du personnage principal pour le faire passer de sympathique à franchement antipathique (OK j’ai légèrement spoiler le film, veuillez m’en excuser). Une démarche surprenante et inattendue mais terriblement casse-gueule. Et pour tout dire le film se prend un peu les pieds dans le son propre piège, car on perd son attachement à l’héroïne et par la même occasion l’intérêt que l’on portait à ce qui lui arrive. On peut saluer l’audace du scénario. Mais souvent l’audace demande un supplément de talent qui manque cruellement à ce film.
LA NOTE : 11/20
Fiche technique : Production : Sixty Six Pictures, iFeatures Distribution : KMBO Réalisation : William Oldroyd Scénario : Alice Birch, d’après le roman de Nikolai Leskov Montage : Nick Emerson Photo : Ari Xegner Décors : Jacqueline Abrahams Musique : Dan Jones Durée : 89 min
Casting : Florence Pugh : Katherine Cosmo Jarvis : Sebastian Christopher Fairbank : Boris Bill Fellows : Dr Bourdon Paul Hilton : Alexander Noami Ackie : Anna Golda Rosheuvel : Agnes Ian Conningham : Detective Logan Rebecca Manley : Mary
Tous les comédiens ne connaissent pas une carrière à la hauteur de son talent. Certains sont surcotés grâce à un physique avantageux ou une carrière parallèle qui conduisent leurs fans dans les salles obscures. Plus nombreux sont ceux qui n’ont jamais eu le rôle qui aurait montré à la face du monde la profondeur de leur talent. Pierre Richard est certes un monstre sacré du cinéma français. Mais un monstre sacré qui aura été cantonné toute sa vie à des rôles dans des comédies. Il n’aura jamais connu son « Tchao Pantin » comme Coluche. Mais quand on voit Un Profil pour Deux, une nouvelle comédie certes, on se dit qu’il n’est pas trop tard.
Pierre Richard est désormais extrêmement rare sur nos écrans, il faut donc profiter de toutes ses apparitions. C’est pour cela notamment que je suis allé voir Un Profil pour Deux, sans guère plus de motivation que ça. J’ai donc été très agréablement surpris par cette histoire bien écrite et qui réserve de vraies surprises. Il recycle beaucoup de thèmes habituels des comédies romantiques d’aujourd’hui (les rencontres sur internet, l’amour intergénérationnel…) mais arrive à en tirer quelque chose d’assez inattendu et de grande qualité. Une qualité qui a valu à ce film des applaudissements, ce qui n’est pas si fréquent dans une salle de cinéma.
La présence et le charisme à l’écran de Pierre Richard est déterminant dans la réussite de Un Profil pour Deux. Mais il ne faut pas oublier le reste du casting avec Yaniss Lespert qui prouve ici qu’il n’est pas que le frère de son frère, malgré une ressemblance physique assez frappante. Et surtout la très belle Fanny Valette qui n’aurait pas permis au film de fonctionner sans une jolie aura pleine de délicatesse et de douceur. Si on ajoute que tous ces comédiens interprètent leur rôle sur une musique de Vladimir Cosma, on ravira les nostalgiques du cinéma des années 70. Mais ce film a assez de qualité pour rencontrer un succès bien d’aujourd’hui.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Réalisation : Stéphane Robelin Scénario : Stéphane Robelin Musique : Vladimir Cosma Montage : Patrick Wilfert Photographie : Priscila Guedes Décors : Alain-Pascal Housiaux et Patrick Dechesne Costumes : Petra Fassbender Producteur : Christophe Bruncher et Fabian Gasmia Coproducteur : Gaetan David et André Logie Durée : 100 minutes
Casting : Pierre Richard : Pierre Yaniss Lespert : Alex Fanny Valette : Flora Stéphane Bissot : Sylvie Stéphanie Crayencour : Juliette Gustave Kervern : Bernard Macha Méril : Marie Pierre Kiwitt : David Loulou Tintin : Marcel Philippe Chaine : le producteur
Comme j’ai décidé de l’épouser, vous imaginez bien que j’étais ravi de retrouver Yael Naïm pour son album Older, sorti en 2015. Cependant, les sentiments s’effritent parfois avec le temps et j’avoue qu’il m’a laissé comme un petit goût de déception. En effet, il est globalement assez transparent et décevant. La voix est trop souvent poussée dans les aiguës, ce qui ne lui va pas du tout. Les titres manquent de peps, même si tout reste toujours maîtrisé et interprété le plus proprement du monde. C’est pour ça que je maintiens malgré tout de même ma demande en mariage.
Autre vieille connaissance, le groupe anglais Blur, qui signait son grand retour avec The Magic Whip. On plonge tout de suite dans une ambiance musicale typique de leur style habituel. Cela reste terriblement créatif, malheureusement assez inégal et parfois carrément chiant. Cependant, on ne peut que saluer le travail artistique, la maîtrise et la diversité des titres où on sent bien que chaque sonorité a été ciselée avec une infinie précision. Mais globalement, c’est assez loin de la qualité des albums sortis dans les années 90.
On termine cet avis, spécial vieille connaissance, avec Laura Marling et son album Short Movie. Révélée à 16 ans par une musique fraîche et très pop, elle signe ici un album plus mature, où elle semble vouloir explorer de nouveaux champs musicaux. Mais elle ne le fait malheureusement pas toujours avec bonheur. Elle enchaîne des titres où elle parle plus qu’elle ne chante, du rock sans envergure, de la pop zen mais sans souffle. Bref, l’album ne parvient jamais à vraiment décoller, comme si elle cherchait sa voie, sans jamais la trouver.
L’émancipation de la jeunesse, et en particulier des femmes, dans le monde au Maghreb et au Moyen-Orient a été un thème très présent sur nos écrans ces derniers mois. Le poids de la famille et de la tradition forment le point commun entre tous ces films. Si Mustang notamment laissait entrevoir un espoir d’y échapper, les sorties de ces derniers mois (Hedi, Tempête de Sable et Noces) livraient une vision totalement pessimiste. Qu’en est-il de Je Danserai si je Veux ? Je ne dévoilerai évidemment pas le dénouement. Je préciserai simplement qu’il n’est pas aussi sombre que les trois précédents films. Et ça fait du bien !
Je Danserai si je Veux se déroule en Israël, à Tel-Aviv plus précisément. Une ville cohabite une modernité occidentale libertaire et des communautés enfermées dans leurs traditions. Des communautés au pluriel car le film évoque ce carcan aussi bien chez les musulmans, que les chrétiens ou les juifs. Un film qui permet donc de casser quelques clichés, tout en nous montrant la situation sans fard et sans détour. Si j’ai parlé d’optimisme en introduction, le film est aussi parfois très dur, notamment une scène qui vous sert le cœur et les tripes très fort.
Je Danserai si je Veux assez direct dans sa démonstration. Si la manière n’est pas particulièrement subtile, le fond l’est pour les raisons évoquées plus haut. On se prend d’affection pour les personnages de manière immédiate et on est du coup totalement happé par le récit. On est surtout sous le charme de trois merveilleuses actrices, bien soutenu il est vrai par des seconds rôles eux aussi parfaits. Ce film n’est donc pas simplement un énième sur le sujet, mais une œuvre salutaire et qui nous laisse avec un peu d’espoir. Un espoir qui n’a pas de prix.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Deux beaux garçons, En compagnie des lamas Distribution : Paname distribution Réalisation : Maysaloun Hamoud Scénario : Maysaloun Hamoud Montage : Lev Goltser, Nili Feller Photo : Itay Gross Décors : Hagar Brotman Musique : M.G. Saad Durée : 102 min
Casting : Mouna Hawa : Laila Sana Jammalieh : Salma Shaden Kanboura : Nour Mahmood Shalabi : Ziad Henry Andrawes : Wissam Ahlam Canaan : Dounia Aiman Daw : Saleh Riyad Sliman : Quais
On peut facilement qu’un film d’animation sera trop enfantin pour nos cerveaux vieillissants d’adultes. Surtout quand ce film met en scène des bébés. C’est la réflexion que je me suis faite la première fois que j’ai vu la bande-annonce de Baby Boss. Mais comme tout le monde sait qu’au fond (et même un peu sur le dessus), je suis un grand enfant, vous imaginez bien que j’y suis quand même allé. Et au final, j’ai trouvé dans ce film une grande part d’humour que seuls les tempes un peu grises comme les miennes peuvent saisir.
L’humour de Baby Boss passe beaucoup par des référence au monde des grandes entreprises. C’est d’ailleurs amusant de l’avoir vu dans la foulée de Corporate, pour voir à quel point un même sujet peut donner des traitement radicalement différents. Pas sûr que les plus jeunes saisissent bien l’ironie autour de l’utilisation outrancière des mémos ou des réunions. Evidemment le film comporte aussi une bonne dose d’humour premier degré. Au final, tout le monde est content, petits et grands, face à un divertissement familial de bonne qualité.
En effet, Baby Boss parvient à faire passer un très bon moment. Rythmé, drôle, avec quelques rebondissements inattendus, il remplit parfaitement son rôle avec efficacité et légèreté. Les personnages en particulier sont assez réussis, même pour ceux qui, comme moi, ont parfois du mal avec les enfants héros. Chez Miyazaki, ça passe, dans les productions américaine, cela donne souvent un résultat assez gnagnan. Le film évite largement ce travers. On peut juste au final regretter une animation assez froide et sans grande imagination artistique. Cela donne un aspect un peu formaté à ce film, qui manque quand même globalement d’audace pour être l’égal d’un Monstres et Compagnie ou d’un les Indestructibles.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : DreamWorks Animation Distribution : 20th Century Fox France Réalisation : Tom McGrath Scénario : Michael McCullers Montage : James Ryan Format : couleur – 2,35:1 – 35 mm – son Dolby Digital / DTS / SDDS / Auro 11.1 Musique : Steve Mazzaro, Hans Zimmer Durée : 97 min
Casting : Miles Christopher Bakshi : Tim Alec Baldwin : Baby Boss Conrad Vernon : Eugène, Eugènie Lisa Kudrow : la mère de Baby Boss Jimmy Kimmel : le père de Baby Boss Steve Buscemi : Francis E. Francis Tobey Maguire : Tim, adult, le narrateur
Le monde de l’entreprise, ton univers impitoyable !!! Il sert régulièrement de décor à de nombreux films français, souvent sur le mode polar, mais aussi parfois avec un propos plus social et militant. Il y a quelques années Violence des Échanges en Milieu Tempéré nous avait déjà offert une plongée brutale dans le monde du management moderne. On y retourne avec Corporate qui adopte un point de vue légèrement différent.
Pendant une petite moitié, Corporate m’a laissé assez froid. En effet, il s’assimile à une exploration des états d’âme du méchant alors qu’on n’a pas vraiment envie de la plaindre. Puis heureusement, le propos se tourne vers son évolution et devient alors nettement plus intéressant. L’intérêt devient même double puis les ressorts de l’entreprise et les ressorts psychologiques des personnages se retrouvent en même temps décryptés. Cela donne au final un film que l’on suit avec attention, même s’il n’est pas aussi passionnant que son prédécesseur cité en introduction.
Corporate doit beaucoup à la jolie prestation de Céline Sallette, bien épaulé il est vrai un Lambert Wilson toujours aussi impécable. Ils sont parfaitement mis en valeur par une réalisation discrète mais suffisamment élégante pour créer une ambiance qui colle au propos. Le film n’est peut-être pas le meilleur jamais produit sur le sujet. Mais il délivre une piqûre de rappel salutaire en nous rappelant une réalité qui est loin d’avoir disparu.
LA NOTE : 12/20
Fiche technique : Production : Kazak productions, Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma, Canal + Distribution : Diaphana Réalisation : Nicolas Silhol Scénario : Nicolas Silhol, Nicolas Fleureau Montage : Florence Bresson Photo : Nicolas Gaurin Décors : Sidney Dubois Musique : Mike et Fabien Kourtzer, Alexandre Saada Durée : 95 min
Casting : Céline Sallette : Emilie Tesson-Hansen Lambert Wilson : Stéphane Froncart Violaine Fumeau : Marie Borrel Stéphane de Groodt : Vincent Alice de Lencquesaing : Sophie Hyam Zaytoun : Patricia
Imaginer une histoire, c’est généralement partir d’une simple idée. Puis on brode le contexte, les personnages, des rebondissements et un dénouement. Aussi bonne soit l’idée de départ, le travail qui suit reste essentiel pour donner un réel intérêt à un film. Emmanuelle Cuau a eu ce genre d’idée au moment de se lancer dans l’écriture puis la réalisation de Pris de Court. Le seul soucis c’est qu’elle a largement trop négligé le reste du travail. Un film quelque peu incomplet.
Moins d’une heure trente, voici un format assez rare pour un « long » métrage. Ceci est parfois le signe d’un vrai sens du rythme et d’un refus du superflu. Pour Pris de Court, cela montre plutôt un manque sérieux de matière, alors qu’il y avait vraiment matière la créer. Le scénario se contente de suivre un court logique, exactement celui que laissait présager la bande-annonce. Et quand il s’agit de passer au dénouement, tout est amené sans aucune subtilité, avec une sorte de faux suspense, puisque tout ce qui va se passer est exposé de manière assez claire.
Pris de Court est par contre l’occasion de constater que le jeu de Virginie Efira prend de plus en plus d’épaisseur à chaque nouveau rôle. Son passage devant la caméra de Paul Verhoven pour Elle semble vraiment avoir débloqué le zeste de talent qui lui manquait. Elle porte vraiment le film sur ses épaules et sans elle ce dernier aurait vraiment sombré. Au final, il reste conseillé uniquement à ceux à qui la linéarité ne fait pas peur. Les amateurs de surprises pourront par contre passer leur chemin.
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