






Silence a un grand mérite. S’il y a certainement dans ce film une empreinte du rapport à la foi de Martin Scorsese, élément éminemment intime, il laisse le spectateur totalement libre d’adopter son propre point de vue. Les personnages ne sont jamais manichéens et on peut tout aussi bien trouver leur attitude sublime de courage, comme monstrueusement égoïstes. Héros ou meurtriers illuminés, il y a autant de vision des protagonistes qu’il y a de spectateurs. Cela fait la puissance de cette réflexion qui ne peut laisser indifférent et totalement insensible.

LA NOTE : 13/20
Fiche technique :
Production : YLK, Sikelia, Fabrica de Cine, AI Film, SharpSword films, Catchplay, IM Global
Distribution : Metropolitan Film Export
Réalisation : Martin Scorsese
Scénario : Martin Scorsese, Jay Cocks, d’après le roman de Shusaku Endo
Montage : Thelma Schoonmaker
Photo : Rodrigo Prieto
Décors : Dante Ferretti
Musique : Kim Allen Klige, Kathryn Kluge
Durée : 161 min
Casting :
Andrew Garfield : Père Rodrigues
Adam Driver : Père Garupe
Liam Neeson : Père Ferreira
Yosuke Kubozuka : Kichijiro
Yoshi Oida : Ichizo
Issey Ogata : Inoue, le gouverneur
Shinya Tsukamoto : Mokichi
Ryo Kase : Juan
Ciaran Hinds : Valignano

Il reste deux mois dans cette campagne électorale. Et j’aimerais avoir envie d’avoir envie à nouveau. Je suis clairement une voix à prendre, qui n’a pas envie de s’adonner au cruel vote utile, même si je n’hésiterai pas une seule seconde s’il s’avère nécessaire. Mais au-delà même de ce scrutin, c’est un engagement politique qui reste à prendre chez moi. Je n’imagine pas rester dans un parti dont je n’aurais pas soutenu le candidat, ce qui ne signifie d’ailleurs pas forcément que je rejoindrai le mouvement de celui pour qui j’aurai voté. Mais je n’ai aucune envie de quitter le champ du militantisme politique. Quand quelque chose ne nous plaît pas, il faut s’efforcer de les changer de l’intérieur, cela a toujours été ma philosophie et je m’y tiendrai.
Je cherche donc désespérément la lueur d’une dynamique intellectuelle dans cette campagne. Il est clair que mon choix se fera forcément entre Emmanuel Macron et Benoît Hamon. Aucun ne me donne envie pour l’instant de m’engager à ses côtés. Ils ont pourtant devant eux des boulevards idéologiques grands ouverts, un terrain d’idées à occuper et à façonner de leur talent. Mais ils semblent tétanisés, l’un se refusant à livrer une pensée claire et forte, l’autre englué dans une négociation politique sans fin et surtout sans intérêt politique et encore moins intellectuel.
Je pourrais compter les points. Dire ce qui me plaît et me déplaît chez chacun d’eux. Chaque colonne est fournie et j’ai toujours mis en avant le fait qu’on ne peut jamais être d’accord avec tout et surtout, et cela n’empêche en rien un engagement total et sans faille. Je ne cherche donc pas un programme qui serait en adéquation totale avec mes propres convictions. Je suis du genre à lire les programme jusqu’au plus petites lignes et à les juger d’une manière froide et rationnelle. Peut-être que finalement l’un d’entre eux m’emballera, mais j’en doute fort.
Alors je cherche une vision qui ne soit pas forcément totalement la mienne, mais qui ait du corps. Un chemin tracé, qui ne me mène pas mon idéal, mais qui nous mène quelque part avec conviction. Je n’en vois pas aujourd’hui le début. Mais je ne désespère pas et je n’hésiterai pas demain, à me lever de mon canapé pour l’emprunter si il se décide à se dessiner.

Loving voit le réalisateur Jeff Nichols s’aventurer sur un terrain où on ne l’attendait pas forcément. Il nous avait habitué à enrober ses histoires d’un peu de mystère, flirtant avec l’ésotérique. Là on est dans les deux pieds dans une réalité assez brute, avec la ferme volonté de recréer une époque, une ambiance sociétale et aussi quelques faits historiques. Il garde pourtant son style, basé sur une narration au rythme régulier, mais relativement lent et une réalisation qui elle aussi prend le temps de nous montrer les personnages et les décors. Si sur son terrain habituel, ses histoires et son style entraient en synergie, cela est moins évident ici.

LA NOTE : 14/20
Fiche technique :
Production : Big Beach Films, Raindog Films
Réalisation : Jeff Nichols
Scénario : Jeff Nichols
Montage : Julie Monroe
Photo : Adam Stone
Décors : Chad Keith
Distribution : Mars Film
Musique : David Wingo
Durée : 123 min
Casting :
Joel Edgerton : Richard Loving
Ruth Negga : Mildred Loving
Michael Shannon : Grey Villet
Nick Kroll : Bernie Cohen




Si le scénario n’a rien de surprenant, L’Ascension recèle quelques bonnes surprises. La réalisation tout d’abord. Certes, ce n’est pas du Kubrick, mais c’est plutôt bien filmé, alors que la montagne n’est pas toujours facile à mettre en image. Dans les moments les plus difficiles de cette ascension, le film prend furtivement des airs de grands films d’aventure. Il nous propose aussi des seconds rôles globalement réussis, notamment le sherpa qui accompagne le héros. Il est au final le personnage le plus intéressant du film et lui offre un petit supplément d’âme.

LA NOTE : 13/20
Fiche technique :
Réalisation : Ludovic Bernard, assisté de Mathieu Thouvenot et Catherine Gambier
Scénario : Nadire Dendoune, Olivier Ducray, Ludovic Bernard
Décors : Sébastien Inizan
Costumes : Claire Lacaze
Photographie : Yannick Ressigeac
Son : Amaury de Nexon, Jean-Paul Hurier
Montage : Romain Rioult
Musique : Lucien Papalu, Laurent Sauvagnac
Production : Philippe Roux
Casting :
Ahmed Sylla : Samy Diakhaté
Alice Belaïdi : Nadia
Nicolas Wanczycki : Jeff
Denis Mpunga : Célestin Diakhaté
Maïmouna Gueye : Évelyne Diakhaté
Amir El Kacem : Kévin
Rabah Nait Oufella : Said
Waly Dia : Alex
Fadila Belkebla : Houria (la mère de Nadia)
Umesh Tamang : « Johnny » (le Sherpa)
Rabah Naït Oufella : Saïd
Oscar Copp : Nadir

Le gros défaut de l’Ultime Sentinelle est d’être particulièrement lent à démarrer. Pendant une bonne moitié du roman, il ne se passe pas grand chose. Heureusement, la seconde partie sera plus animée, mais on parfois l’impression que David Gemmell a mis du temps à savoir où il voulait exactement nous emmener. Du coup, le cœur du récit n’est pas si long que ça et manque un peu d’épaisseur. Mais la plume du romancier britannique est assez agréable pour nous faire passer un bon moment.
J’insiste peut-être beaucoup sur cette comparaison, mais l’Ultime Sentinelle rappelle toujours autant la Tour Sombre de Stephen King. Une œuvre assez inclassable entre science-fiction et fantasy, avec même un peu de western dedans. Mais si ce mélange n’est donc pas si original que ça, il reste assez dépaysant pour faire sortir cet univers du lot. En s’affranchissant des frontières entre genre, David Gemmell peut donner libre cours à son imagination. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’en manque pas !

Moonlight aborde des sujets difficiles et décrit une réalité sociale sans fards. Loin de tout cliché et d’un quelconque manichéisme, il offre un propos d’une rare intelligence. Il offre une réflexion profonde sur le déchirement entre aspiration individuelle et pression sociale. S’il est question ici d’homosexualité dans les quartiers pauvres aux Etats-Unis, on pourrait le relier à d’autres films sur les mariages forcés au Moyen-Orient par exemple. A chaque fois, on retrouve le dilemme d’êtres humains obligés de choisir entre la tentation de renoncer au bonheur pour gagner une certaine tranquillité et la volonté d’être soi-même et de s’affirmer.

LA NOTE : 15/20
Fiche technique :
Production : A24, Plan B Entertainment, Pastel Productions
Distribution : Mars Films
Réalisation : Barry Jenkins
Scénario : Barry Jenkins d’après la pièce de Tarell Alvin McCraney
Montage : Joi McMillon
Photo : James Laxton
Décors : Hannah Beachler
Musique : Nicholas Britell
Directeur artistique : Caroline Eselin-Schaefer
Durée : 111 min
Casting :
Trevante Rhodes : Chiron « Black »
Ashton Sanders : Teen Chiron
Alex Hibbert : Chiron « Little »
André Holland : Kevin
Jharrel Jerome : Teen Kevin
Jaden Piner : Kevin (jeune)
Janelle Monáe : Teresa
Naomie Harris : Paula
Mahershala Ali : Juan

Assister à une naissance constitue toujours un moment émouvant. Tous les amoureux du cinéma seront émus par Lumière ! L’Aventure Commence. Car ils y assistent à la naissance de leur art préféré. De tout leur art. Car ce film démontre avec brio que dès les premières minutes couchées sur pellicule, tout était là. Les frères Lumière n’étaient pas que des techniciens de génie, mais d’incroyables artistes ayant saisi immédiatement comme sublimer artistiquement ces images animées.

LA NOTE : 14/20



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