On commence par deux « vieux » CD qui figurait dans ma liste depuis bien longtemps et que j’ai enfin pu me procurer. On commence par Missing Note du chanteur suédois d’origine irakienne, Prince of Assyria. Un album sorti en 2010 qui nous offre un folk mélodieux. Sa voix claire et profonde se pose sur des sonorités variées, souvent chaloupées, mais surtout de qualité constante. Une musique apaisante qui s’écoute avec délice. On retiendra notamment le très joli Sail the Ship Away.
On enchaîne avec le Tierney Sutton Band et l’album American Road, sorti en 2011. Il s’ouvre sur un morceau très doux et enchanteur. Il est à l’image de la suite, un son jazzy particulièrement agréable. La voix a la même qualité, en version féminine, que pour l’artiste précédent, à la fois claire et chaude. Tout est maîtrisé, mais avec beaucoup de style. Il s’agit certes d’un album de reprises, mais chaque morceau reprend une personnalité nouvelle. Pas de revisite en profondeur, mais une mariage nouveau entre des airs connus et une voix que personnellement je ne connaissais pas. Mais que j’ai été vraiment heureux de découvrir.
On revient au présent… enfin en 2015 (j’ai toujours beaucoup de retard) avec Simple Songs de l’artiste américain Jim O’Rourke. Un artiste né en 1969 à la discographie pléthorique, mais dont la carrière est aussi marqué par des participations à de nombreux groupes (notamment Sonic Youth). Il nous offre ici une musique pop-rock mais aux accents très rétros. C’est agréable, mélodieux. Au final, ça n’a rien de transcendant, mais ça vaut bien d’autres artistes qui peuplent nos radios. Il manque cependant tout de même un titre un minimum marquant.

Par contre, il est vrai que la réflexion s’étire peut-être un peu trop en longueur. L’histoire tourne en rond pour avancer doucement. Très doucement. Trop doucement parfois. Le spectateur a eu le temps de se faire sa propre opinion quand le film continue encore et encore. On n’attend plus que la conclusion de Scorsese qui tarde. Cela nous laisse le temps d’admirer cette photographie impeccable, ces décors et costumes splendides et la performance inattendue d’Adrew Gardfield. Cela nous sauve de l’ennui, mais au final cela dilue un peu trop le propos pour que Silence soit un grand film. Mais ça reste un Scorsese. Et ça, ce n’est pas rien !

Il n’en reste pas moins que Loving est un film remarquable. Un quart d’heure de moins aurait pu le rendre meilleur, mais lui aurait fait sûrement perdre cette réelle personnalité insufflée par son réalisateur. Le propos reste remarquable par sa profondeur et son traitement, qui se focaliser avant tout sur les personnages. Le film reste éminemment politique, mais tout en plaçant le politique pur et dur dans un second plan relativement éloigné. Tout repose sur ce couple, magnifiquement interprété par Ruth Negga et Joel Edgerton. Ils parviennent parfaitement à transcender cette simple histoire d’amour en lui donnant une portée tout autre. Celle d’une histoire qui s’écrit pour le meilleur, même si des événements contemporains nous ont rappelé le chemin qui reste à parcourir.
On poursuit avec deux vieux de la vieilles venus de la tout aussi vieille Angleterre. On ne présente plus Paul McCartney. Son album New est d’un style très classique pour cet artiste éternel. Classique mais classe. C’est posé, maîtrisé, pour un résultat sympathique qui se laisse écouter avec plaisir. L’album est globalement bon, malgré quelques titres plus moyens. D’autres rattrapent largement le coup, notamment New dont le son rappelle fortement celui des Beatles. Mais est-ce vraiment étonnant ?
Autre monstre sacré, Elton John et son album The Diving Board. Je pourrais quasiment faire les mêmes remarques que pour l’album de Paul McCartney. Classique mais classe lui va très bien également. Il est par contre vraiment constant dans la qualité, il n’y a rien à jeter. Il est surtout doté d’un côté jazzy plus prononcé par rapport à ce que connaissais de l’artiste et cette petite surprise est vraiment agréable. Au final, on retiendra avant tout le titre Oscar Wilde Gets Out.
Tout ceci nous fait oublier quelques faiblesses. L’Ascension souffre de quelques baisses de rythme, de quelques seconds rôles plus caricaturaux et de dialogues pas toujours hyper convaincants. Mais tout ceci n’est pas suffisant pour gommer l’enthousiasme communicatif d’Ahmed Sylla qui signe là des débuts au cinéma très réussis. On finit par croire cette histoire improbable mais vraie, grâce à l’énergie qu’il déploie. En effet, il en faut un minimum pour arriver au sommet de l’Everest sans aucune expérience. Qu’il fasse ça par amour ressemble un peu à un cliché rose bonbon. Mais un peu de rose bonbon de nos jours, ça n’a pas de prix !

Moonlight se démarque cependant par une qualité artistique « oscarisable ». Barry Jenkins signe là une œuvre majeure, d’autant plus inattendu que sont précédent film n’a même pas été distribué en France. La photographie, la direction d’acteurs démontrent des qualités de réalisateur que l’on ne retrouve pas tous les quatre matins sur nos écrans. Quand la forme et le fond virent ainsi au sublime, le spectateur se régale, s’émeut et sort de la salle avec l’impression d’avoir été tiré vers le haut. N’est ce pas au fond le but ultime de l’art ?
Une compilation d’1h30 de films de 50 secondes tournées autour de 1897 aurait pu se révéler fastidieux à suivre. Il n’en est rien. Ces petits films ne constituent pas qu’une curiosité historique, mais bien autant de petits chefs d’œuvre artistiques. L’héritage légué des frères Lumière est immense. Nous en sommes les bénéficiaires dès que nous nous rendons dans une salle obscure. Mais Lumière ! L’Aventure Commence nous fait prendre conscience ce que nous leur devons. La passion d’une vie pour beaucoup. Pour moi par exemple…
On revient en France, avec Cascadeur et son album Ghost Surfer. Ce dernier est particulièrement inégal. Sa musique est souvent éthérée, lente, un peu dissonante… C’est globalement plus ennuyeux qu’envoûtant, même si cela peu constituer une musique d’ambiance pas totalement désagréable. On notera quand même quelques moments qui valent le coup d’y jeter un oreille. Kisses, une belle ballade et Collector, la seule chanson en français, en duo avec Christophe.
On termine par contre par une franche déception. Elvis Costello faisait partie de ses artistes que je connaissais de nom sans vraiment connaître leur musique. Je l’ai découverte à travers son album Wise Up Ghost. Certes, il serait dommage d’apporter un jugement définitif sur une œuvre aussi immense (38 albums quand même). Mais je n’ai pas été convaincu par ce son jazzy, un rien électro, qui n’a rien d’enthousiasmant. Cela reste toujours maîtrisé, mais sans étincelle. C’est même franchement lancinant parfois. De plus, la voix reste limitée et ne tire pas du tout la musique vers le haut.
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