Hasard du calendrier cinématographique, deux films du réalisateur chilien Pablo Larrain viennent de sortir successivement sur nos écrans. Après Neruda en décembre, voici Jackie en février. Deux biopics donc, mais deux films assez différents. Déjà parce que le dernier marque les débuts « hollywoodien » du cinéaste. Il garde cependant toute sa personnalité artistique pour nous offrir un film élégant et surprenant, même s’il est globalement inégal.
Pablo Larrain aime donc visiblement par dessus tout relater des moments d’histoire politiques. Ou plutôt des moments de la vie de ceux qui font l’histoire politique. Jackie est exactement ça. Le récit de trois jours de la vie de Jackie Kennedy, mais qui au travers lesquels il va réussir à traiter une multitude de sujets tournant autour de cette figure mythique. Mais il reste un film profondément humain, s’attachant bien plus aux acteurs qu’aux événements. Cela fait son originalité, mais aussi sa limite car cela affaiblit quelque peu la trame narrative. D’où quelques longueurs et notamment un vrai trou d’air au milieu du film. Heureusement, le dénouement donne finalement une grande force au récit.
Pablo Larrain garde avec Jackie une partie de son style. Une certaine lenteur, une caméra qui cherche à mettre avant tout en avant les acteurs. Les plans sont rarement larges, mais le plus souvent focalisés sur les visages et les émotions. Par contre, la photographie, brillante et lumineuse, a pris un tournant plus typique du cinéma américain… bien qu’elle soit signée par un directeur français. Mais Stéphane Fontaine n’en est pas à sa première incursion de ce côté de l’Atlantique, puisqu’il avait déjà œuvré sur le très beau Captain Fantastic. Un mot enfin sur la performance asse bluffante de Natalie Portman. La jeune adolescente de Léon est désormais très loin. Elle s’insère dans la grande lignée des acteurs qui ont su rentrer de manière troublante dans la peau d’un personnage historique. Ca leur a souvent valu un Oscar… Si elle en remporte un à la fin du mois, personne ne pourra dire qu’il est immérité.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Jackie Productions, Wild Bunch, Fabula, LD Entertainment, Protozoa Pictures, Bliss Medias, Why Not productions Distribution : Bac films Réalisation : Pablo Larrain Scénario : Noah Oppenheim Montage : Sebastian Sepulveda Photo : Stéphane Fontaine Décors : Jean Rabasse Musique : Mica Levi Costumes : Madeline Fontaine Durée : 100 min
Casting : Natalie Portman : Jackie Kennedy Peter Sarsgaard : Bobby Kennedy Greta Gerwig : Nancy Tuckerman Billy Crudup : le journaliste John Hurt : Le prêtre Richard E. Grant : Bill Walton Caspar Phillipson : John Fitzgerald Kennedy Beth Grant : Lady Bird Johnson
Apprendre de ses défaites constitue une des plus grandes preuves d’intelligence. Mais savoir apprendre de ses victoires est aussi un exercice difficile que peu de gens savent mener à bien. Visiblement, Benoît Hamon n’a pas su le réussir. Tout ce qu’il lui avait permis de l’emporter sans contestation face à Manuel Valls lors des primaires semble s’être évaporé, jusqu’à le faire ressembler par certains côtés à son ancien adversaire. Temporairement ?
Benoît Hamon a réussi un exploit depuis son intronisation. Celle de démultiplier l’intérêt médiatique porté à Yannick Jadot, qui n’en demandait pas tant. Il se situe ainsi dans la grand tradition socialiste de permettre à tout un tas de partis politiques sans base réelle de survivre. Tout militant PS sait que ces derniers savent très bien qu’ils doivent être prêts à s’effacer lors d’élections locales pour laisser place à des parfaits inconnus issues, au choix, des Verts, du PRG, du MRC, du MUP, des groupuscules écolos divers et variés. Je mettrai à part le Parti Communiste, avec qui la situation est parfois inverse dans certains de ses fiefs. Tous ces partis n’ont d’élus que par la bonne grâce du Parti Socialiste, sur qui il crache pourtant allégrement tout le reste du temps.
Puisque la compétition s’annonce serrée, il est facile de se dire que Benoît Hamon aura besoin des 2% que pèserait le candidat d’EELV. Mais la manière dont il s’est englué depuis 15 jours dans des discussions avec un groupuscule sans militant, ni même ligne politique claire, l’a renvoyé à son image d’homme d’appareil dont il était parvenu à se défaire brillamment pendant les primaires. Au final, l’élan issu de la primaire semble s’être tassé et il a sûrement perdu ainsi bien plus des 2% qu’il espère conquérir.
L’union de la gauche… Voilà un mythe qui a la vie dure. On répète à l’envi que la gauche ne l’a emporté que quand elle était unie au niveau national. Déjà c’est faux (1988 ou 2012) et surtout il y a derrière cette une idée une dramatique erreur de diagnostic. Si l’union de la gauche a une vertu, ce n’est pas dans par elle-même, que parce qu’elle permet au PS de faire ce qu’il devrait toujours faire et qu’il ne fait que trop rarement : parler à l’immense majorité des électeurs qui se tamponnent totalement le coquillard de ces histoires d’alliance de parti (et au fond, ils ont bien raison).
Le PS a toujours cette affreuse habitude de penser que le monde n’est composé que des personnes hautement politisées. Or c’est faux ! Aux élections locales, vu le taux d’abstention et puisque ces dernières votent bel et bien, cela peut porter ses fruits. Mais à l’élection présidentielle qui rassemble la quasi totalité du corps électoral, cela constitue une erreur funeste qui lui a valu bien des déconvenues. Benoît Hamon est devenu totalement inaudible pour cette majorité silencieuse, celle qui lui fera éventuellement gagner cette élection. Il aurait mille fois mieux valu qu’il laisse EELV dans le grand néant où il se situait.
Quant à l’alliance éventuelle avec Jean-Luc Mélenchon, c’est juste une farce à laquelle personne n’a jamais cru, d’un côté ou de l’autre.
Benoît Hamon est également très mal parti dans son attitude vis-à-vis d’Emmanuel Macron. Il serait bon qu’il se rappelle comment il est apparu comme le grand vainqueur du débat face à Manuel Valls. Hamon exposait ces idées, Valls les commentait. La victoire d’Hamon fut nette et par K.O. Aujourd’hui, force est de constater que la place de celui dont tout le monde parle est bien Emmanuel Macron. Si Benoît Hamon pense une seule seconde qu’il va refaire son retard en mettant en lumière toutes les faiblesses, réelles, du leader de En Marche, il commettra la même erreur grossière de jugement que Manuel Valls quand il pensait inverser la tendance en « pilonnant son adversaire ».
Benoît Hamon a remporté les primaires en étant l’homme qui défendait une idée forte et tous ses adversaires se sont évertués à en faire le centre du débat et lui offrir la victoire sur un plateau. Qu’il continue sur cette voie s’il compte l’emporter. La principale question est de savoir s’il possède encore des munitions pour reprendre la main. S’il compte s’asseoir à l’Elysée avec le seul revenu universel comme étendard, il va au devant d’une grande désillusion.
J’ignore s’il a encore des idées fortes sous le coude. Mais sa victoire sera à ce prix. Et uniquement à ce prix !
Les coïncidences étant inévitables comme le savent tous ceux qui ont un minimum de connaissance en probabilités, il arrive fréquemment que deux films traitant du même sujet sortent à quelques semaines d’écart. C’est encore une fois le cas avec Hedi, sorti fin décembre et Tempête de Sable, dont je vais vous livrer ici la critique. Mais cette fois-ci le parallèle entre les deux films s’apparente à une lecture en miroir. Un même thème, les mariages arrangés, mais pas tout à fait le même point de vue.
En effet, si Hedi racontant l’histoire d’un fils, Tempête de Sable raconte l’histoire du fille. A chaque fois, la relation aux parents jouent un rôle central dans le propos. Evidemment, elle diffère dans les deux cas, la pression, les attentes ne sont pas les mêmes. Si ce n’est la soumission à une tradition qui doit prévaloir sur l’aspiration au bonheur. Le film rend compte à merveille de ces mécaniques absurdes qui broient les individus, qu’ils soient d’ailleurs les victimes, comme les bourreaux. Personne ne sait pourquoi il doit obéir, mais il le doit. Tout ceci est remarquablement exposé dans ce film au scénario particulièrement brillant.
Tempête de Sable n’est pas qu’un témoignage. Il repose sur un vrai sens de la narration, où des rebondissements amènent des changements de perspective inattendus. Si on ajoute à ça une réalisation maîtrisée et un casting formidable, cela donne un film d’une grande force. Cela confirme également l’incroyable vigueur d’un cinéma israélien protéiforme et qui sait affronter les sujets les plus difficiles de front. Ce film n’est pas que féministe, il est avant tout humaniste et nous rappelle qu’il y a encore bien des combats à mener sur cette planète.
LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique : Réalisation : Elite Zexer Scénario : Elite Zexer Photographie : Shai Peleg Montage : Ronit Porat Musique : Ran Bagno Pays d’origine : Israël Langue originale : arabe Genre : drame Durée : 87 minutes
Voici un peu plus d’un an que je n’avais pas parlé de sport sur mon site. Et mon dernier billet s’intitulait « Guy Noves n’est pas le messie ». Il avait été écrit après une première mais très difficile victoire face à une très faible Italie. Je mettais en avant que le chemin serait long et qu’on ne mettrait pas fin à tant d’années d’indigence rugbystique. Force est de constater que j’avais raison (attendez je me relis… j’aime tant écrire ça!)… Car à deux jours de France-Ecosse, on ne voit guère plus clair.
Certes, dans sa manière, la défaite du week-end dernier a fait entrevoir quelques promesses. Mais se convaincre que les grandes équipes naissent de certaines défaites est un vœu pieux formulé par ceux qui veulent se rassurer. Les grandes équipes peuvent naître après une défaite, ce qui n’est pas la même chose. Et rien ne permet d’assurer à coup sûr que cela surviendra. L’équipe de Guy Novès se situe donc entre deux eaux. Comme on sait d’où elle vient, on lui pardonne un bilan comptable très moyen, mais l’impatience commence à se faire sentir.
Si l’élection de Bernard Laporte à la tête de la FFR n’a pas autant fragilisé l’ancien entraîneur du Stade Toulousain que ce à quoi beaucoup d’observateurs s’attendaient, elle ne lui donne pas non plus un crédit illimité sur le long terme. Un sans faute dans le reste du Tournoi serait très certainement apprécié. Car s’il y a une leçon à tirer du désastre Saint-André est que l’idée qu’une équipe peut naître quasi spontanément pour une Coupe du Monde est une illusion. Une illusion dont la France est d’autant plus encline à se bercer qu’elle a été en 2011 l’exception qui confirme la règle.
J’imagine mal Guy Novès ne pas continuer à la tête des Bleus au moins jusqu’à la prochaine Coupe du Monde. Mais si son mandat est synonyme d’échec, c’est bien tout le rugby français qui devra se remettre en cause. Depuis trop longtemps le XV de France est à un niveau insatisfaisant. Ce ne peut être la faute d’un, de deux ou de trois seuls hommes. Cependant, rien ne permet à l’inverse de ne pas penser que de demains qui chantent nous attendent. A commencer par dimanche ?
Les genres qui ont fait l’âge d’or du cinéma hollywoodien, comédies musicales, péplums, westerns, semblent parfois avoir totalement disparu de nos écrans. Mais il y a toujours un réalisateur pour les faire renaître. Damien Chazelle fait revivre avec La La Land la flamme qui brûlait dans Chantons Sous la Pluie, West Side Story ou My Fair Lady. Il le fait avec le même talent, immense, dont il avait fait preuve pour nous offrir le petit bijou qu’est Whiplash. Il nous offre surtout une nouvelle preuve que le 7ème art, dans son immense diversité, est bien éternel.
Je vais éviter de débat sur le fait de savoir si ce film méritait d’égaler le nombre de nominations aux Oscars. J’aime bien ce genre de débat futile, mais il sera beaucoup plus intéressant quand on saura combien il en gagné au final. La La Land est un film formellement sublime. Confirme qu’il un extraordinaire réalisateur, sans que ce superlatif ne soit en aucun cas dévoyé. Il raconte surtout sur une histoire dont il serait criminel de dévoiler quoi que ce soit, tant elle prend finalement un chemin inattendu qui donne une toute autre portée. Le dénouement est de ceux qui marquent à jamais et font les films légendaires.
Si La La Land joue bien dans la cour des grandes comédies musicales, c’est aussi parce que le duo formé par Emma Stone et Ryan Gosling est bien l’égal de tous ceux qui, avant eux, ont fait la légende du cinéma hollywoodien. Deux immenses stars, mais avant tout deux immenses comédiens qui font revivre une magie matinée de glamour, qui ne pourra jamais être crée par le moindre effet numérique.
Il reste malheureusement un point sur lequel le film n’a pas réussi à m’enthousiasmer… la musique. Cela n’a rien d’anecdotique pour une comédie musicale. Si les chansons sont agréables, sympathiques et en parfaite osmose avec l’image et l’histoire, aucune d’entre elles ne m’a irrésistiblement donné envie de me précipiter à la FNAC en sortant du cinéma pour acheter la BO. En cela, il ne sera pas l’égal, au moins dans mon MP3, des chefs d’œuvre cités plus haut. C’est un petit grain de sable, mais un vrai grain de sable. Mais reste bien des raisons de se dire qu’avec La La Land, 2017 ne sera de toute façon pas une année cinématographique de perdu.
LA NOTE : 15,5/20
Fiche technique : Production : Black label Media, Gilbert Films, Impostor Pictures, Marc Platt Productions Distribution : SND Films Réalisation : Damien Chazelle Scénario : Damien Chazelle Montage : Tom Cross Photo : Linus Sandgren Décors : David Wasco Musique : Justin Hurwitz Directeur artistique : Austin Gorg Durée : 128 min
Casting : Emma Stone : Mia Ryan Gosling : Sebastian J.K. Simmons : Bill Rosemarie DeWitt : Laura Jason Fuchs : Carlo Finn Wittrock : Greg John Legend : Keith Callie Hernandez : Lisa Tom Everett Scott : David
L’expression space opera est née dans les années 40 et se voulait à l’origine péjorative. Pas de chance pour son créateur, elle a été reprise a leur compte par les fans de science-fiction pour désigner les histoires qui nous emmènent loin dans l’espace. Jack Vance est une figure mythique de ce genre littéraire. A tel point qu’il a décidé de prendre l’expression aux mots et de nous proposer un roman nous racontant les pérégrinations de planètes en planète d’une troupe d’opéra. C’est donc logiquement qu’il a appelé son livre simplement Space Opera.
Space Opera flirte délicieusement tout du long avec l’auto-dérision. L’histoire nous fait découvrir de multiples mondes qui comportent chacun une caractéristique bien particulière. On sent souvent une petite pointe d’ironie dans celle-ci par rapport aux clichés du genre… mais aussi à notre bonne vieille Terre. Ce roman c’est un peu Astérix dans l’espace. Quand Goscinny utilisait le passé pour se moquer du présent, Jack Vance utilise l’univers lointain pour se moquer de nos sociétés d’ici. L’exercice est savoureux, même s’il induit ses propres limites.
Space Opera est donc un roman sympathique, mais ne va guère plus loin. Une petite gourmandise littéraire, pas un festin de roi. L’oeuvre de Jack Vance comporte assez de moments de bravoure pour ne pas lui reprocher d’avoir juste broder autour d’une très bonne idée, sans chercher forcément à la sublimer. En avoir une aussi bonne est hors de portée de la plupart des auteurs du genre. Donc rendons lui hommage comme il se doit en appréciant pleinement ce roman.
Le racisme est un sujet grave et sérieux. Et comme tous les sujets graves et sérieux, il constitue un excellent sujet de comédie. Ce qui ne veut pas dire que toutes les comédies sur le sujet sont excellentes, Qu’est-ce qu’on a Fait au Bon Dieu ? en est la preuve. Mais cela donne tout de même parfois des films fort sympathiques comme Il a Déjà tes Yeux. Sympathique car écrit avec une réelle intelligence.
Le grand mérite de Il a Déjà tes Yeux est de traiter réellement son sujet en gardant toujours une réelle légèreté. Cet équilibre n’était pas évident à trouver et Lucien Jean-Baptiste s’en tire très bien à ce niveau-là. Les personnages sont attachants et jamais manichéens. Ce n’est pas toujours d’une subtilité folle, mais ça fonctionne et cela délivre un message sans lourdeur grâce à l’humour.
Il a Déjà tes Yeux est donc une comédie drôle, ce qui permet déjà de la considérer comme réussie. On peut cependant lui reprocher une fin qui part un peu en vrille. Un côté grand guignol mal maîtrisé, qui constitue la seule pesanteur du film. Heureusement le joli casting est assez investi dans son interprétation pour que l’on pardonne cette fausse note finale. Le positif domine largement et le film aura atteint son but : divertir intelligemment.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Production : Nolita Cinema, Nexus Factory, TF1 DA, UGC Images, UMedia Distribution : UGC Distribution Réalisation : Lucien Jean-Baptiste Scénario : Marie-Françoise Colombani, Marie-Françoise Colombani, Lucien Jean-Baptiste, Sébastien Mounier Montage : Sahra Mekki Photo : Colin Wandersman Musique : Alexis Rault Directeur artistique : Eleonore Chaspoul, Georges Kafian Durée : 95 min
Casting : Aïssa Maïga : Salimata Aloka Lucien Jean-Baptiste : Paul Aloka Marie-Philomène Nga : Mamita Naidra Ayadi : Anna Michel Jonasz : Monsieur Vidal Vincent Elbaz : Manu Zabou Breitman : Claire Mallet Bass Dhem : Ousmane Delphine Théodore : Prune
Tout le monde connaît mon goût immodéré pour les comédies musicales. Bon OK, c’est juste une expression puisqu’il est vrai qu’il existe sur Terre des personnes ignorant ce fait pourtant bien établi. Bref, tout ça pour dire qu’il n’est pas surprenant que je sois allé voir Tous en Scène, nouvelle production d’Illumination, le studio à qui l’on doit Moi, Moche et Méchant. Force est de constater que ce dernier a plus d’une bonne idée dans son sac.
Ceux qui ont vu des dizaines de fois la bande-annoce de Tous en Scène pourraient craindre d’en avoir déjà vu l’essentiel. Qu’ils se rassurent, il n’en est rien car le film recèle bien des idées. Et des bonnes ! En effet, elle ne disait rien, ou vraiment pas grand chose, de la belle galerie de personnages qui donnent vie à cette histoire. Ce sont bien les protagonistes de cette histoire, portés par un casting voix de haut niveau, qui apportent ce petit supplément d’âme qui fait de ce film une jolie réussite.
Car ce supplément vient s’ajouter à une base solide. Graphiquement, Tous en Scène conjugue modernité et un esprit cartoon des plus réjouissants. L’humour est drôle et tendre. L’histoire est rythmé avec de vrais rebondissements. Et enfin surtout, la musique est omniprésente. Le film est le plus bel hommage cinématographique à la musique pop (au sens hyper large) depuis Moulin Rouge. De Sinatra aux Gypsy Kings, de Beyoncé à Jeff Buckley, tous ces artistes sont les complices de ce divertissement parfois réellement enthousiasmant.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Illumination Entertainment, Universal pictures, Fuji Television Network, Dentsu Distribution : Universal International Pictures Réalisation : Christophe Lourdelet, Garth Jennings Scénario : Garth Jennings Montage : Gregory Perler Décors : Eric Guillon Musique : Joby Talbot Effets spéciaux : Illumination Mac Guff Directeur artistique : François Moret Durée : 108 min
Casting : Matthew McConaughey : Buster Moon Reese Witherspoon : Rosita Scarlett Johansson : Ash Seth MacFarlane : Mike John C. Reilly : Eddie Jennifer Saunders : Nana Taron Egerton : Johnny Tori Kelly : Meena
Aujourd’hui un obscur auteur appelait à la dissolution du Parti Socialiste par Benoît Hamon. Ne croyez pas que je lui en veuille d’être obscur. Je ne suis moi-même qu’un obscur militant, ancien obscur Conseiller Municipal et obscur scribouillard du Net. Et je crois au droit des obscurs de s’exprimer.
L’idée que Benoît Hamon puisse dissoudre le PS se révèle déjà assez saugrenue. Le PS n’appartient pas à Benoît Hamon, comme il n’a pas appartenu précédemment à Ségolène Royal ou à François Hollande. C’est ce qui fait sa force. L’appartenance à un seul homme a au contraire toujours fait la faiblesse criante du Modem et demain celle de En Marche.
Cette tribune était révélatrice de la faiblesse des intellectuels de gauche qui ne se gênent pourtant pas pour rejeter la faute sur le monde politique. C’est oublier que ce sont les idées issues du monde intellectuel qui ont toujours irrigué le monde politique et non l’inverse. Les philosophes des Lumières, Marx, Keynes n’ont jamais exercé le pouvoir, mais continuent d’influencer ceux qui l’exercent ou cherchent à l’exercer.
Cette production d’idées est aujourd’hui au point mort. Le livre de Thomas Piketty, le Capital au XXème Siècle, est absolument passionnant. Le militant politique que je suis l’a dévoré. Mais quelle déception de voir qu’il s’achève que sur quelques misérables pages consacrées aux solutions concrètes à tirer de ces constats. Surtout quand son auteur conclut qu’il n’a rien à proposer, à part un impôt mondial sur le patrimoine qu’il juge lui-même totalement irréaliste. Cela devrait le pousser à un peu de modestie, non à donner des leçons faciles à tour de pages du Monde.
Tout ceci n’enlève rien aux travers du PS. Mais il n’enlève rien, bien au contraire, au respect qu’il mérite. Car même le pire de ses apparatchiks a souvent été, même pour un temps seulement, un militant qui a fait le choix de l’action face à la passivité et s’est un jour gelé les doigts à distribuer des tracts de bon matin en plein hiver. Qui a été là, pour la gauche, sur un marché, pour ne pas laisser la place à la seule droite et surtout à l’extrême-droite qui ne se cache plus. Qui a été là, quand bien des donneurs de leçon étaient au chaud derrière leur ordinateur et où leur smartphone à vomir sur des combats qu’ils ont depuis longtemps désertés.
Je suis social-démocrate et fier de l’être. Je suis fier de l’action de François Hollande pendant 5 ans, même sans être d’accord sur tout. Je suis fier du Mariage pour tous, de la généralisation du tiers-payant et de la garantie jeune. Je suis fier en tant qu’élu de m’être battu au sein du Conseil Municipal de mon ancienne commune pour que les problématiques de d’accessibilité soient enfin prises en compte. Je suis fier d’être militant au Parti Socialiste !
Parce qu’en tant que militant, je suis dans le faire. Et faire est un infiniment plus difficile que commenter. Infiniment respectable surtout. J’assume d’avoir infiniment plus de respect pour un militant ou un élu de la droite Républicaine que pour ceux, inconnus ou amis, qui se contentent de donner des leçons de gauche depuis leur canapé.
Peut-être que tout cela fait que je ne suis pas vraiment de gauche. Peut-être que tout cela fait de moi un suppôt de l’ordre néolibéral. Pourtant mes idéaux sont bien la justice, l’égalité, la liberté, la fraternité.
Alors peut-être que je suis dans le faire, mais que je le fais mal. Peut-être que tous ceux, militants, ministres ou Président de la République, encartés au PS le font mal. Mais une question me taraude alors : qu’attendent tous ceux qui voudraient voir votre notre parti disparaître pour faire à notre place ? En quoi notre existence les empêche de passer à l’action et de mettre en œuvre les idées qui prétendent avoir ?
Je les y invite ! Mais je les préviens également. Pour cela, il leur faudra quitter leur écran pour aller à la rencontre des autres, y compris ceux qui les accueilleront avec des insultes plus que des bravos. Il faudra faire des choix, trancher entre des aspirations contradictoires mais légitimes. Il faudra parfois se lever tôt quand il fait froid, se coucher tard après des réunions studieuses. Accepter de ne pas forcément changer le monde tout de suite, mais s’intéresser à des dossiers désespérément concrets de la vie communale.
Bref il faudra qu’ils soient prêts à faire tout ce que font les militants du Parti Socialiste. S’ils sont persuadés qu’ils peuvent faire mieux, qu’il faut faire autrement, qu’ils ne s’en privent pas ! Mais qu’ils ne nous demandent pas de disparaître, de renoncer à notre histoire, celle que nous écrivons nous-mêmes, pas celle qu’ils aimeraient nous voir écrire sans avoir le courage eux-mêmes de prendre la plume.
Nous partons en Australie pour commencer cet avis musical pour découvrir le groupe Jagwar Ma et leur album Howlin’, sorti en 2013. Un groupe électro-pop alternant le lancinant, le répétitif, quand ce n’est pas insupportable ou pénible. Vous l’aurez compris, je n’ai pas du tout aimé. Le petit goût sucré de leur musique est gâché par une voix beaucoup trop aiguë au chant, qui est franchement horripilante. Allez, s’il faut sauver quelque chose, je dirais quand même que le titre That Loneliness se laisse écouter. C’est déjà mieux que rien.
On enchaîne avec une artiste que j’aime beaucoup. KT Tunstall connue pour la pub Alice, mais aussi pour son immense talent. Invisible Empire // Crescent Moon est peut-être passé inaperçu. Il ne manque pourtant pas de qualité cependant. Il s’ouvre sur un titre doux et mélodieux qui donne le ton de l’album tout entier. Sa musique est parsemé de petits éclairs jazzy, mais elle est globalement paisible et surtout très agréable. Du miel pour les oreilles ! On regrettera simplement l’absence d’un ou deux titres vraiment remarquables, mais la qualité est réellement constante.
On termine notre voyage musical au Canada avec le groupe The Weeknd et leur album Kiss Land. Une musique électro éthérée, sans aucun intérêt. Ce n’est pas dansant, ce n’est pas harmonieux, ce n’est pas mélodique. Ce n’est donc pas grand chose. Allez, pour ne pas être totalement injuste et faire comme pour leurs collègues australiens plus haut, je signalerai tout de même le titre Live For, en duo avec Drake, qui n’est pas non plus totalement désagréable.
Commentaires récents