Les adolescentes ont d’abord envahi les rayons de nos librairies. Les voilà qui peu à peu s’installent sur les écrans de nos salles obscures. On a vu ainsi Tamara passer de la bande-dessinée au cinéma. Voici, Jamais Contente, adaptation d’une série de roman de Marie Depleschin (intitulée le Journal d’Aurore). Et force est de constater que tout cela donne plutôt de bons films, bien écrits, aux personnages attachants et à l’humour bien sympathique.
Enfin attachant, c’est vite dit. Car le personnage de Jamais Contente est parfois réellement insupportable. On compatit allégrement avec ses parents qui doivent gérer cette adolescente particulièrement contrariante. Rassurez-vous, on perçoit tout de suite le potentiel de cette jeune fille pas tout à fait comme les autres. Le côté quelque peu schizophrénique du personnage force un peu le trait par rapport à l’adolescence, mais au moins il permet au film de ne jamais devenir gnangnan.
De plus, ce schéma se retrouve chez les tous les protagonistes. Chacun joue son rôle, mais aucun n’est tout blanc ou tout noir. A part peut-être le professeur interprété par Alex Lutz mais qui est assez brillant pour apporter un vrai plus au film. On retiendra cependant avant tout la performance de Léna Magnien qui fait preuve d’une assurance dans son jeu qui n’attend pas le nombre de ses années. Elle porte vraiment le film sur ses épaules et ne semble jamais déstabilisé par ce poids. Si son personnage mérite parfois quelques paires de claques, l’actrice ne récolte elle que notre admiration.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Agat Films & Cie, Ad Vitam Distribution : Ad Vitam Réalisation : Emilie Deleuze Scénario : Emilie Deleuze, Marie Desplechin, Laurent Guyot d’après l’œuvre de Marie Desplechin Montage : Frédéric Baillehaiche Photo : Jeanne Lapoirie Décors : Pascal Le Guellec Musique : Olivier Mellano Durée : 89 min
Biopic de musicien, deuxième ! Et évidemment, encore une fois, un artiste n’étant pas tout à fait solide et équilibré dans sa vie, sinon ce n’est pas drôle. Born to Be Blue nous raconte la vie du jazzman Chet Baker, qui est connu pour deux caractéristiques principales : il était blanc, ce qui est assez rare dans le métier, et il était héroïnomane, ce qui est déjà nettement plus fréquent (oui, je sais, c’est la journée des clichés gratuits). Un destin qui n’a donc rien d’inattendu… mais qui n’a rien de banal non plus.
Born to Be Blue nous parle certes d’un homme. De sa vie, mais en fait simplement de quelques mois. Mais à travers cette tranche de vie, le film aborde plusieurs sujets. Le premier d’entre eux est la drogue, la dépendance, la lutte pour ne pas replonger quand on s’en sort. Il s’agit vraiment du thème principal de ce film. Il est traité de manière très vivante, sans morale, sans jugement. Nous sommes dans le témoignage, l’histoire racontée parce qu’elle mérite d’être racontée. Chaque spectateur en tire les conclusions qu’il souhaite mais appréciera une écrite d’une grande intelligence.
Born to Be Blue nous parle aussi naturellement de musique. Les vrais mélomanes regretteront peut-être qu’elle ne soit pas plus présente. Ceux qui, comme moi, ont une culture jazz limitée, découvriront cet artiste avec joie. Un de mes voisins au cinéma a fait part de sa volonté d’écouter sa musique une fois de retour chez lui. Voici une belle preuve que le film atteint son but et repose sur un deuxième pilier solide. Si on ajoute ça d’autres thématiques, comme le désir de reconnaissance, et une interprétation inspirée d’Ethan Hawke, cela donne un film réussi et convaincant.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Réalisation : Robert Budreau Scénario : Robert Budreau Musique : David Braid, Todor Kobakov et Steve London Montage : David Freeman Photographie : Steve Cosens Décors : Aidan Leroux Costumes : Anne Dixon Producteur : Robert Budreau, Leonard Farlinger, Jennifer Jonas et Jake Seal Production : New Real Films Distribution : Kinovista et Entertainment One Durée : 97 minutes
Casting : Ethan Hawke : Chet Baker Carmen Ejogo : Jane Callum Keith Rennie : Dick Bock Kedar Brown : Miles Davis Janet-Laine Green : la mère de Chet Kevin Hanchard : Dizzy Gillespie Stephen McHattie : le père de Chet Tony Nardi : Nicholas Katie Boland : Sarah Tony Nappo : Officier Reid Dan Lett : Danny Friedman Barbara Eve Harris : Elise Azuka Eugene Clark : Harry Azuka Nat Leone : Jenny
Dans la famille film d’espionnage, il y a d’un côté la branche anglo-saxonne, où les agents portent des smokings, sautent dans des avions en marche et sauvent le monde. Et puis de l’autre, il y a la branche française qui peut se contenter parfois comme arme fatale d’une simple machine à écrire. Ca paraît peu, mais ça suffit parfois, comme le prouve La Mécanique de l’Ombre. Il prouve surtout qu’il est inutile d’opposer les deux car ils procurent chacun leur plaisir.
Il est vrai que la Mécanique de l’Ombre peut être rangé aussi dans la case « polar psychologique ». Le monde du renseignement n’es qu’un décor servant à illustrer la thématique de quidam emporté dans une logique qui le dépasse et dont il ne peut sortir. Il s’agit d’un vrai film de personnage, centré sur les réactions et l’évolution de la personnalité de son protagoniste principal. Mais le tout est filmé avec assez de talent pour créer une vraie tension narrative faisant naître un vrai suspense jusqu’à la dernière minute. Rien de révolutionnaire, ni de fondamentalement original, mais c’est parfaitement construit.
La Mécanique de l’Ombre nous offre aussi une belle confrontation d’acteurs. D’un côté, la figure aussi sympathique qu’inquiétante interprétée par Denis Podalydès. Un acteur qui ne sait pas faire autre chose qu’être génial, quel que soit la rôle. Soit la définition d’un grand acteur. En face de lui, François Cluzet est dans un registre très classique pour lui. Mais quand un tel comédien est à l’aise, il ne peut qu’être formidable. Le film repose beaucoup sur leur talent. Et vous aurez compris qu’ils n’en manquent pas et font de ce film une vraie réussite.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : 24 25 Films, Scope Pictures Distribution : Océan films Réalisation : Thomas Kruithof Scénario : Thomas Kruithof, Yann Gozlan Montage : Jean-Baptiste Beaudoin Photo : Alexandre Lamarque Décors : Thierry François Musique : Grégoire Auger Durée : 93 min
Casting : François Cluzet : Duval Denis Podalydès : Clément Sami Bouajila : Labarthe Simon Abkarian : Gerfaut Alba Rohrwacher : Sara Philippe Resimont : De Grugy
Le revenu universel aura donc été la grande idée de cette primaire. Une idée à étudier… mais à étudier vraiment.
Si je ne suis pas franchement convaincu, c’est que je ne crois vraiment pas qu’elle atteindra son but. L’argument notamment comme quoi elle permettra de rééquilibrer le rapport employé/employeur au moment de négocier un salaire me laisse circonspect. J’y vois même une grave erreur. En effet, ce rapport de force est avant tout déterminé par le taux de chômage et la difficulté à trouver un emploi satisfaisant. Dans un contexte de chômage de masse, le revenu universel risque fort d’être utilisé comme argument du type « on vous donne déjà X euros par mois, je n’ai pas besoin de vous payer plus ».
Et si jamais les salaires ne baissaient pas, l’effet sur l’immobilier sera catastrophique pour les classes populaires. En effet, on va solvabiliser de manière totalement artificielle les emprunteurs à hauteur de X euros par mois. Ceci va entraîner une hausse forte et rapide de prix de l’immobilier qui se répercuteront fatalement sur les loyers, encadrement ou pas. Après on peut toujours dire que le revenu universel permettra de faire face à ces hausses de loyer, mais si c’est pour que tous les effets inflationnistes qu’il va engendrer éteigne totalement le bénéfice, cela ne va rien changer.
Evidemment, on peut très certainement imaginer des moyens de contourner ces difficultés. En le limitant d’abord aux plus modestes et aux jeunes comme Benoît Hamon le préconise dans un premier temps. Dans ce cas là, ça s’appelle le RSA et la garantie jeune, que le gouvernement actuel a revalorisé pour le premier et créer pour la deuxième. Il n’y a donc pas de révolution, mais juste quelques mots pour vendre un peu de rêve avec des idées anciennes… et pas spécialement de gauche puisque le revenu universel a été défendu par de nombreux économistes ultra-libéraux.
Mais le pire du pire reste quand même l’idée de le financer entre autres une taxe sur les robots ? Sérieusement ? Que ça donne un début d’érection à tous ceux à gauche qui ont la bave aux lèvres dès qu’on parle des entreprises (travers fréquent chez beaucoup de militants et sympathisants socialistes, surtout quand ils n’ont jamais mis les pieds dans une entreprise, ce qui n’est pas une tare en soi, mais devrait inciter à un peu de retenu) est effectivement très efficace pour gagner une primaire qui rassemble si peu de monde. Mais c’est un fait largement établi qu’il y a une corrélation positive entre le nombre de robots du tissu productif d’un pays et sa capacité à créer des emplois. Parce que la robotisation signifie compétitivité et tout simplement modernité… Bref, Hamon propose une taxe sur la modernité !!! Tellement révélateur !
Mais tellement révélateur aussi l’argument utilisé par ses adversaires (y compris ceux qui du jour au lendemain sont devenus ses meilleurs potes) qu’ils utilisent en boucle. Ce n’est pas finançable ! Cet argument est d’une faiblesse crasse. On ne parle pas d’une telle mesure en ne considérant que son coût brut, mais il faut évidemment analyser les choses globalement. C’est d’ailleurs le même reproche que l’on peut faire aux « frondeurs » quand ils parlent du CICE.
Manuel Valls a fait preuve d’une rare vacuité programmatique dans cette campagne. Se situer dans une continuité n’est pas incompatible avec la recherche de nouvelles idées. Surtout que si on ne le fait pas au moment d’une campagne électorale, on le fait quand ?
Benoît Hamon peut chaudement remercier ses adversaires pour leur beau moment de « tous contre lui » du troisième débat ! Ce genre de situation profite toujours à celui qui est cerné, François Hollande peut en témoigner aux primaires 2011. Il n’y a pas de mauvaise publicité en politique, même une modeste expérience de conseiller municipal d’opposition et un seul média-training permet d’en être convaincu. Alors quand j’entends que la stratégie de Valls sera de taper fort sur Hamon demain soir, je me dis qu’il aura bien mérité sa défaite.
Le militant socialiste que je suis est donc arrivé au bout d’une certaine forme de fatigue. Jamais je ne voterai blanc à une élection, même si, là, la tentation est grande. Je dois choisir entre deux personnages pour lesquels je n’ai aucune appétence. Deux personnes qui symbolisent tout ce qui me désole au sein de mon parti et plus largement de l’ensemble du monde politique. Je ferai donc un choix. Je n’ai guère de doute sur ce qu’il sera, mais je me réserve encore un peu de temps et le débat de demain pour l’affermir définitivement. Mais tout ceci me plonge dans un flou total pour la suite. La suite de la campagne, mais surtout pour la suite de mon engagement politique. Non, je n’ai pas l’intention de me mettre en marche. Je me pose simplement une infinité de questions. Le temps apportera peut-être les réponses. Mais j’ignore ce qu’elles seront.
Et pour ceux qui verraient dans ce texte une nouvelle couche du « tous pourris » ou du « tous nuls », je terminerai par cette pensée inspirée par mon expérience d’élu local, de militant de terrain et de lecteur des commentaires sur les réseaux sociaux : le « peuple » a la médiocrité politique qu’il mérite !
J’aime beaucoup Edouard Baer. Rarement un homme aura eu la capacité à inspirer une aussi forte sympathie rien qu’avec son sourire. Un homme qui très certainement ressemble aux rôles qu’il interprète. Lunaire, doté d’une folie douce et d’une infinie gentillesse. Ouvert la Nuit, où il est devant et derrière la caméra, nous fait suivre les pas d’un personnage qui ressemble sûrement beaucoup à celui qui l’a fait naître. Un film qui nous rapproche donc de son auteur. Mais un bon copain n’est pas forcément un artiste de génie.
Edouard Baer est pétri de talent. Il en éclabousse la pellicule du début à la fin de Ouvert la Nuit. Il en use et en abuse pour notre plus grand bonheur. C’est drôle, très bien écrit, plein de surprises, parsemé de quelques moments de bravoure délicieux. Au milieu de ça, Edouard Baer papillonne, virevolte, tout est taillé par lui par sa propre plume. Il livre quelques fêlures aussi et on le remercie de nous considérer visiblement comme des confidents de confiance. Tout cela est parfait… Trop parfait peut-être. Car on le connaît trop bien pour être vraiment surpris par un film qui lui ressemble autant.
Ouvert la Nuit marque ce qui différencie le talent du génie. Bien sûr, il serait idiot de comparer Edouard Baer à Stanley Kubrick. Mais ce dernier a eu le mérite d’explorer, de repousser ses propres limites pour repousser ainsi celle du 7ème art tout entier. Edouard Bear reste au contraire dans sa zone de confort. Il y est brillant, son film est brillant. On peut s’en contenter. On peut aussi regretter qu’il ne se mette pas plus en danger pour ne pas donner simplement au spectateur exactement ce qu’il est venu chercher. Ce petit plus qui fait les œuvres vraiment marquantes. Ce film n’est pas de celle-là, mais il est déjà excellent et c’est déjà très bien.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Réalisation : Édouard Baer Scénario : Édouard Baer et Benoit Graffin Pphotographie : Yves Angelo Montage : Hervé de Luze Décors : Emmanuel de Chauvigny Casting : Stéphane Foenkinos Production : Barka Hjij
Casting : Édouard Baer : Luigi Audrey Tautou : Nawel Grégory Gadebois : Marcel Sabrina Ouazani : Faeza Atmen Kélif : Kamel Michel Galabru : Michel Galabru Lionel Abelanski : Lolo Marie-Ange Casta : Clara Jean-Michel Lahmi : Théo Christine Murillo : Madame Pelissier Michel Fau : le directeur du bar branché
Les auteurs ont parfois des idées farfelues, mais c’est aussi parce qu’ils ont souvent de l’imagination pour deux qu’ils sont auteurs. Et quand ils écrivent en duo, cela donne de l’imagination pour quatre, ce qui est largement suffisant pour proposer des récits originaux. C’est le cas de Sylvie Miller et Philippe Ward qui Lasser, Un Privé sur le Nil nous livre un polar basé sur une idée réellement inattendue. Et si les Dieux égyptiens vivaient toujours parmi nous au XXème siècle ?
Il semblait difficile de mêler un hommage au personnage de Philip Marlowe et la mythologie. C’est pourtant possible, Lasser, Un Privé sur le Nil le prouve. Cette idée de base assez improbable fait tout le charme de ce roman, qui est d’ailleurs techniquement plutôt un recueil de nouvelles. On se laisse vraiment surprendre, surtout quand, comme moi, on se lance dans la lecture sans avoir lu le 4ème de couverture. L’idée est vraiment exploitée avec intelligence, avec beaucoup d’humour et de second degré et on passe un très bon moment en lisant ce livre.
On pourrait simplement reprocher à Lasser, Un Privé sur le Nil de s’être contenté de cette idée de base, aussi bonne soit-elle. En effet, les petites intrigues policières sont là pour mettre en avant le côté passablement décalé des situations. Elles présentent un intérêt souvent assez limitées en elle-même, alors que cela aurait pu donner au roman une dimension supplémentaire. Cependant, il serait dommage de bouder son plaisir et de ne pas apprécier ce plaisir littéraire léger et vraiment unique en son genre.
La musique a toujours eu la faculté de créer une synergie avec la cinéma. Et le biopic est devenu un genre tout à fait commun du 7ème art. Du coup, les biopics de musiciens ou chanteurs sont nombreux. Nouvel exemple avec Dalida, dont le titre expose clairement le sujet. Une histoire dramatique et mouvementée que je connaissais peu et qui valait bien un film. Après, la difficulté d’un tel projet est de trouver la bonne distance par rapport à un personnage que l’on aime forcément assez pour avoir envie de raconter son histoire. Lisa Azuelos n’y parvient pas malheureusement pas.
Dalida est factuellement très intéressant. Le destin de la chanteuse fut assez hors du commun, et souvent dans des dimensions particulièrement dramatiques, pour forger une histoire passionnante par elle-même. On a parfois envie de dire que certains faits sont trop incroyables pour êtres vrais, mais on sait malheureusement qu’ils ont bien eu lieu. L’autre force du film est d’avoir su parfaitement insérer la musique de la chanteuse au sein du film. Elle particulièrement présente, mais sans alourdir la narration. La synergie est ici bien réelle et semble se faire le plus naturellement du monde.
Le gros problème de Dalida est de faire de son personnage principal une spectatrice de sa propre vie et non l’actrice centrale. Qu’elle ait été victime de circonstances dramatiques, personne ne le niera. Mais le film ne l’a fait apparaître que comme une victime un peu naïve ballottée par un destin qu’elle n’aurait pas vraiment choisie et dominée par ses rencontres avec les hommes qui apparaissent comme les seuls coupables. Il y a sûrement un fond de vrai, mais du coup, la figure de Dalida est ici presque fantomatique, sans réelle épaisseur. On termine le film sans vraiment savoir qui elle était réellement. On ressent certes une infinie compassion, mais elle méritait certainement mieux.
LA NOTE : 10/20
Fiche technique : Production : Bethsabée Mucho, Pathé, TF1 Films production, UMedia, Universal Distribution : Pathé Distribution Réalisation : Lisa Azuelos Scénario : Lisa Azuelos, avec la collaboration d’Orlando Montage : Baptiste Druot Photo : Antoine Sanier Décors : Emile Ghigo Son : Vincent Goujon Musique : Jeanne Trellu, Jaco Zijlstra Directeur artistique : Émile Ghigo Durée : 124 min
Casting : Sveva Alviti : Dalida Riccardo Scamarcio : Orlando Jean-Paul Rouve : Lucien Morisse Alessandro Borghi : Luigi Tenco Patrick Timsit : Bruno Coquatrix Vincent Perez : Eddie Barclay Nicolas Duvauchelle : Richard Chanfray Niels Schneider : Jean Sobieski Michael Cohen : Arnaud Desjardins
Il y a des films qui font envie. Par son réalisateur, comme Zhang Yimou, sa star hollywoodienne, comme Matt Damon, et une bande-annoce qui fait envie. Alors on attend sa sortie avec un peu d’impatience. Mais quand les critiques sont particulièrement mauvaises, on grince des dents et on hésite. Mais l’envie est trop forte et on s’y rend quand même. Ainsi j’ai été voir la Grande Muraille. Je n’aurais pas du…
Au bout de 10 secondes, on est fixé. Une vue plongeante de l’espace vers la Grande Muraille qui aurait pu être spectaculaire et lancer parfaitement le film. Mais voilà… c’est moche, mal fait et bas de gamme. C’est bien ça qui cloche avec la Grande Muraille. Les ambitions sont là, mais les moyens ne sont clairement pas la hauteur. Au lieu de nous en mettre plein les yeux, le film nous offre un spectacle médiocre auquel on ne croit pas du tout.
Matt Damon assure le minimum. Heureusement pour lui, la Grande Muraille est relativement court pour un film de ce genre. Preuve que le manque de moyens est aussi accompagné d’un léger manque d’idées. Certaines sont intéressantes mais bien seules. Au final, ce film ne présente guère d’intérêt. En tout cas loin de l’ambition de départ.
LA NOTE : 07/20
Fiche technique : Production : Legendary East, Atlas Entertainment, Kava Productions, Le Vision Pictures avec la participation de China Film Group Corp Distribution : Universal Pictures International France Réalisation : Zhang Yimou Scénario : Tony Gilroy, Carlo Bernard, Doug Miro, d’après une histoire de Max Brooks, Marshall Herskovitz, Edward Zwick Montage : Mary Jo Markey, Craig Wood Photo : Stuart Dryburgh Décors : John Myhre Musique : Ramin Djawadi Directeur artistique : Helen Jarvis Durée : 104 min
Casting : Matt Damon : William Garrin Willem Dafoe : Ballard Jing Tian : Commandant Lin Meï Pedro Pascal : Pero Tovar Numan Acar : Najid Zhang Hanyu : le général Shao Andy Lau : le stratège Wang
On commence une fois n’est pas coutume par un peu de soul music et Janelle Monae, une artiste américaine, qui signait en 2013 son 3ème album, intitulé The Electric Lady. Malheureusement, le résultat est globalement plus lancinant qu’électrisant. Ca manque quand même cruellement de punch. Ce n’est ni dansant, ni vraiment mélodieux, ni même sexy. Je reconnais cependant un vrai travail artistique sur les instrumentations et quelques titres qui s’en sortent pas trop mal, notamment Dorothy Dandridge Eyes.
On enchaîne avec Gaëtan Roussel, le chanteur de Louise Attaque, et son album solo Orpailleur. J’ai beau être un fan inconditionnel de Louise Attaque, j’ai beaucoup plus de mal avec le sorties en solitaires de son leader. Certes, le single, la Simplicité, qui ouvre l’album est sympa. Mais si les textes restent aussi absurdes et sans sens profond que ceux de son groupe, on n’y retrouve pas la folie et l’énergie. C’est beaucoup plus maîtrisé, mais infiniment moins enthousiasmant. Surtout que l’album ne tient pas la longueur et se termine par des titres assez moyens.
On termine par Arcade Fire et leur album Reflektor, 4ème album des Américano-canadiens. Il s’ouvre sur un joli single éponyme. Leur musique éthéré est particulièrement mélodique et parfois réellement envoûtante. Mais elle manque aussi d’étincelle parfois. Du coup, on perd le fil et l’attention à l’écoute se relâche. En fait, les meilleurs titres, dont le single d’ouverture, sont ceux qui font intervenir une voix féminine de Régine Chassagne, qui vient compenser l’organe un peu faiblard de Win Butler.
L’histoire est jalonnée de figures controversées, pouvant aussi bien être considérées comme des figures héroïques que comme de totales abominations. La mort de Fidel Castro nous a rappelé qu’une même destinée peut paraître bien différente selon les yeux qui la contemplent. The Birth of a Nation nous relate la destinée de Nate Turner, à l’origine en 1831 d’une révolte d’esclaves noirs du Sud des Etats-Unis. Une figure qui aurait pu être uniquement positive, si tout ceci n’avait pas provoqué un immense bain de sang n’ayant épargné ni femmes, ni enfants.
Nate Parker s’est considérablement investi dans ce projet. Acteur principal, réalisateur, scénariste, l’histoire adopte évidemment son propre point de vue. Chacun est libre d’avoir le sien, mais celui qu’il nous livre est sans nuance. Faire de Nate Turner le symbole de la violence sans limite qu’a constituée l’esclavage est évidemment légitime. En faire une victime ne peut engendrer aucun reproche. Mais glorifier tout ce qu’il a fait, comme le fait clairement The Birth of a Nation jette quand même un trouble, crée un malaise, qui nuit au final au message très fort qu’il cherchait à transmettre. A faire de son film, un acte militant, Nate Parker oublie que la nuance sert aussi à la pertinence et l’impact d’un propos.
The Birth of a Nation est parfaitement maîtrisé d’un point de vue purement cinématographique. Une réalisation très hollywoodienne, au bon sens du terme. C’est soigné, efficace, rythmé. Les moyens sont mis pour que costumes et décors nous plongent vraiment dans l’histoire et les acteurs sont impeccables. Mais c’est du coup très lisse pour un propose aussi controversé. Cela renforce encore le malaise face à un film qui part peut-être d’un bon sentiment, mais qui pêche par une maladresse malvenue. Cependant, il reflète bien le poids de la violence raciale sur laquelle est bâtie une partie de l’Amérique. Un poids qui pèse encore, l’actualité continue de le démontrer trop souvent. Un poids qui a pesé sur les épaules de Nate Parker qui n’a pas su tout à fait y faire face.
LA NOTE : 9/20
Fiche technique : Production : Bron Studios, Mandalay Pictures, Phantom Four et Tiny Giant Entertainment Distribution : 20th Century Fox France Réalisation : Nate Parker Scénario : Nate Parker, Jean McGianni Celestin Montage : Steven Rosenblum Photo : Elliot Davis Décors : Geoffrey Kirkland Durée : 120 min
Casting : Nate Parker : Nat Turner Esther Scott : Bridget Turner Aja Naomi King : Cherry Aunjanue Ellis : Nancy Turner Mark Boone Junior : le révérend Walthall Armie Hammer : Samuel Turner
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