YOUR NAME : Se souvenir des belles choses

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yournameafficheAh l’amour ! Quoi de mieux pour une première critique en 2017 que de parler d’une belle histoire d’amour. Je suis donc heureux d’aborder ici Your Name, film d’animation japonais qui restera une des  belles romances de l’année écoulée. Si vous avez vu la bande-annonce, vous pensez d’ailleurs avoir déjà plus ou moins déjà vu le film. Et bien que nenni ! Le scénario propose bien des développements et des rebondissements inattendus. Mais pas que…

En effet, le seul petit défaut de Your Name est une fin qui s’étire quelque peu en longueur pour nous emmener vers une dénouement cousu de fil blanc. Cela ne gâche évidemment pas tout ce qui a précédé, mais cela donne une impression de relâchement dans l’écriture d’un scénario totalement maîtrisé jusqu’alors. Car il s’agit bien d’une très belle histoire, riche, originale et parfois surprenante qui nous ait proposée. Le film possède la naïveté d’une comédie romantique, mais avec une réelle poésie et un peu d’ésotérisme qui lui donnent une réelle personnalité.

yournameGraphiquement, Your Name est typique de l’animation japonaise pour « adulte », même si les personnages sont adolescents. Pas de surprise à ce niveau-là, pas de raison de s’enthousiasmer outre-mesure, mais c’est assez joli pour parcourir cette histoire en en profitant pleinement. Les personnages sont attachants, ce qui est totalement indispensable pour une histoire d’amour. C’est par eux que passe cette réelle pointe d’émotion qui fait de ce film une belle façon de finir l’année 2016 ou bien de commencer 2017.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Toho, CoMix Wave Films, Kadokawa, Amuse Inc
Distribution : Eurozoom
Réalisation : Makoto Shinkai
Scénario : Makoto Shinkai
Musique : Radwimps
Durée : 106 min

Casting :
Ryûnosuke Kamiki : Taki
Mone Kamishiraishi : Mitsuha
Ryô Narita : Katsuhiko
Aoi Yuki : Sayaka

PASSENGERS : Pitch de l’espace

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passengersafficheVous pouvez mettre devant la caméra les meilleurs acteurs, derrière le meilleur réalisateur, avoir sous la main les meilleurs dialogues, des décors grandioses et des costumes sublimes, tout cela ne vaudra pas grand chose si à la base de tout ça, vous n’avez pas eu un bon « pitch ». La petite idée autour de laquelle vous brodez un scénario et qui le rend intéressant et original. C’est même parfois totalement suffisant pour proposer un très bon film. La preuve avec Passengers.

J’avoue avoir été surpris par Passengers. La promotion essaye d’en faire un grand film de science-fiction, avec de grands enjeux cosmiques (on notera le « Ils ne se sont pas reveillés par hasard de l’affiche… qui n’a vraiment rien à faire là!). Il n’en est rien. Le film est en fait plutôt un huis-clos mêlant humour, romance et un peu d’aventures quand même. Il exploite une très bonne idée de base et il le fait bien, sans chercher à en rajouter, se concentrant sur son développement, sans s’encombrer de trop de réflexions ésotériques ou profondément philosophiques, comme la mauvaise science-fiction en propose parfois. Cela n’aboutit qu’à un pur divertissement, mais parfaitement mené, sans fioriture, ni vrai défaut.

passengersEvidemment, cette réussite est facilitée par des moyens techniques conséquents. Les décors sont parfois superbes et tous les effets spéciaux parfaitement réalisés. Cela donne de la crédibilité à cette histoire qui, au fond, aurait pu se dérouler ailleurs que dans l’espace. Le casting contribue lui aussi à tirer le film vers le haut. Passengers n’offre pas tout à fait un rôle à la hauteur du talent de Jennifer Lawrence, mais son charisme reste bien présent. Quant à Chris Pratt… il faut du Chris Pratt, se contentant en premier lieu d’être incroyablement beau et de le faire très bien. Tout est donc réuni pour passer un bon moment… et c’est exactement ce que fait le spectateur.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Columbia pictures, LStar Capital, Village Roadshow, Original Film, Company Film, Start Motion Pictures, Wanda Pictures
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Morten Tyldum
Scénario : Jon Spaihts
Montage : Maryann Brandon
Photo : Rodrigo Prieto
Format : couleur – 2.35:1
Décors : Guy Hendrix Dyas
Musique : Thomas Newman
Durée : 106 min

Casting :
Chris Pratt : Jim Preston
Jennifer Lawrence : Aurora Lane
Michael Sheen : Arthur
Andy Garcia : Morris
Laurence Fishburne : Gus Mancuso
Vince Foster : l’officier

PALMARES 2016 : France-Corée-USA 3 partout !

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divinesCe palmarès 2016 marque une confirmation et une surprise. La confirmation que je dois être vraiment de plus en plus difficile en vieillissant. Comme l’année dernière, ce classement ne comporte que 9 films, comme en 2015. Qu’il est loin le temps où j’en classais une trentaine. Il est vrai que j’aurais pu élargir la liste à Dalton Trumbo et Sully, deux films notés 14,5/20, mais je garde ma barrière de 15/20 pour intégrer le classement. Que voulez-vous, je suis un homme de principes.

Par contre, la composition de ce palmarès est plus inhabituel. 9 films dont 3 films coréens (mais tout le monde connaît mon admiration pour le cinéma du Pays du Matin Calme) et surtout 3 films français, ce qui n’était pas arrivé depuis 2011, où 5 films hexagonaux (sur 13) figuraient à mon palmarès. Et surtout une première place (et de loin), ce qui n’était arrivé qu’une fois auparavant, en 2013 avec la Vie d’Adèle. Certes, avec le recul, avec17/20 pour Divines, je me suis peut-être un peu lâché, mais l’enthousiasme ne se contrôle pas et je maintiens que cette première place est largement méritée.

Souvent critique du cinéma français, je ne me peux néanmoins que me réjouir de le voir en si bonne forme. Surtout que le palmarès mêle premier film pour Divines à confirmation d’un vieux routier avec André Téchiné pour Quand on a 17 ans. Entre les deux, Katell Quillervé se situe entre la révélation et la confirmation d’un talent déjà entraperçu. Espérons que 2017 soit du même acabit.

mademoiselleTrois films coréens également et trois films très différents. Si on peut éventuellement ranger The Strangers et Dernier Train pour Busan dans la même catégorie de film d’horreur au sens très large, le traitement a été très différent. Quant à Mademoiselle, il représente à lui seul la richesse de ce cinéma, film inclassable qui gravite entre plusieurs genres. Mais en tout cas, trois excellents films !

Trois films américains enfin et surtout seulement, ce qui est pour le coup vraiment exceptionnel. Cette année aura été marqué par la faillite totale des blockbusters d’été. On gardera le Captain America : Civil War et Rogue One, mais sans pour autant les faire figurer dans le classement. Restent les films ayant trusté les Oscars en début d’année : Spotlight et The Revenant et Premier Contact qui confirme l’immense talent des réalisateurs québecois.

Niveau interprétation, pour les hommes, je citerai l’Oscar mérité pour Leonardo Di Caprio dans The Revenant. Pour les femmes, les deux actrices de Mademoiselle, Kim Min-hee et Kim Tae-ri valent bien un satisfecit.

1-Divines
A la fois drôle, touchant et dur, le film de Houda Benyamina fait largement oublier la polémique autour de la personnalité de sa réalisatrice. Une œuvre majeur et forte qui peut difficilement laisser indifférent.

2-Mademoiselle
Un film troublant et un incroyable scénario pour une des œuvre majeures de cette année 2016. Et la confirmation que le cinéma coréen est décidément épatant.

3-The Revenant
Alejandro Gonzalez Inarritu n’était pas loin du doublé après Birdman l’année dernière. Quelques longueurs l’en empêchent, mais ce film d’aventures a offert à Leonardo Di Caprio l’Osacar du Meilleur Acteur tant attendu. Et tant mérité !

4-Spotlight
Récompensé aux Oscars, le film de Tom McCarthy représente tout ce que Hollywood fait de mieux. Un sujet difficile parfaitement scénarisé porté par un incroyable sens de la narration. Et quel casting !

5-The Strangers
La Corée encore ! A la frontière du polar et du film d’horreur, The Strangers fait évoluer le spectateur d’une ambiance à l’autre avec toujours le même bonheur et la même tension. Ames sensibles s’abstenir !

6-Quand on a 17 ans
Les 17 ans d’André Téchiné sont loin, mais il signe là un des plus beaux films sur l’adolescence jamais tourné. On espère que la retraite est encore loin pour lui !

7-Premier Contact
Un film de science-fiction au scénario remarquable. Parfaitement mis en scène, porté par un casting de haut niveau, il place Denis Villeneuve parmi les réalisateurs qui comptent.

8-Dernier Train pour Busan
On pense toujours avoir fait enfin le tour des films de zombies. Mais il reste toujours des réalisateurs assez talentueux pour encore et toujours renouveler le genre. Et le dernier en date nous vient de Corée.

9- Réparer les Vivants
Une vague d’émotion pure pour un sujet difficile mais parfaitement traité.

LE TRONE DE FER, L’INTEGRALE TOME 4 (George RR Martin) : Vous avez dit addictif ?

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letronedeferintegrale4Sur Terre, tous les geeks ont vu au moins une saison de Game of Thrones (le Trône de Fer en VF et pour les romans). Tous ? Non, un d’entre eux résiste encore et toujours… Et c’est moi ! Par contre, je poursuis inlassablement ma lecture, ce qui me permet tout de même participer un minimum aux discussions sur le sujet. Je viens donc de terminer le 4ème tome de l’Intégrale, ce qui correspond au 4ème tout court de l’édition originale, mais aux tomes 10, 11 et 12 de l’édition française la plus classique. S’il paraît que la série est très hautement addictive, les romans le sont tout autant.

Le tome 4 de l’Intégrale du Trône de Fer ne constitue en fait qu’une première partie d’un 4ème volet. En effet, on y retrouve que la moitié des personnages habituels, les événements concomitants concernant les autres sont relatés dans le 5ème tome. C’est quelque peu frustrant puisque l’on ignore tout de ce que devient John Snow par exemple. Frustrant parce que l’on plonge totalement dans cet univers toujours plus complexe, toujours plus riche d’intrigues et de personnages. On aimerait tout savoir, toujours plus vite, impatient de voir ce qu’il va devenir de chacun des protagonistes.

Le tome 4 de l’Intégrale du Trône de Fer reste une œuvre toujours aussi dense. Il est ardu d’avancer dans cette multitude de nom de personnages et de lieux, que l’on a du mal à retenir. Les allers et retours vers la liste des personnages qui figure au début du roman sont fréquents. Mais cela fait l’unicité de cette saga. Qu’elle ait connu un tel succès commercial sans être facilement accessible prouve bien toute sa qualité. Ce tome est avant tout centré sur les intrigues de pouvoir au sein des palais. Pas de récit de grandes batailles ou d’affrontements spectaculaires. Mais cela n’enlève rien à la violence et la tension d’un récit qui nous tient toujours en haleine.

MANCHESTER BY THE SEA : Garder les amarres

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manchesterbytheseaafficheCette critique constitue un événement historique. Bon je m’emballe un peu. En tout cas, elle marque un événement que j’attendais depuis plusieurs mois déjà ! Avec ce billet, je suis enfin totalement à jour de mes critiques ciné ! Certes, je retourne au cinéma demain, donc c’est un éternel recommencement, mais tout de même ! C’est un petit soulagement. Ok, j’ai fini de raconter ma vie et je vais donc vous parler plutôt de Manchester by the Sea. Surtout qu’il serait dommage de passer à côté d’un des plus beaux films de cette fin d’année.

Le moins que l’on puisse dire est que Manchester by the Sea a reçu un succès critique considérable. Pas question ici de dire qu’il est immérité, mais je me montrerai simplement un tout petit moins enthousiaste. En effet, le film souffre de quelques longueurs, d’un excès de musique classique aux moments les plus dramatiques (une fois, ça va, deux fois, ça passe encore, trois fois, ça tient du tic). Et surtout, si le pessimisme est un point de vue, au fond le film nous parle d’un personnage qui est à la fin à peu près au même point qu’au début. Certes, nous sommes tous heureux que le 7ème art compte assez de diversité pour ne pas avoir l’impression de voir éternellement un remake de Happiness Therapy. Mais tout de même, je suis ressorti de ce film en ayant (très) légèrement l’impression d’avoir vu un film formellement magnifique, mais un film pour rien ou pas grand chose.

manchesterbytheseaManchester by the Sea reste cependant à montrer dans toutes les écoles de cinéma. Il est étonnant de voir Kenneth Lonergan nous proposer un tel film, alors qu’il est surtout connu pour ses talent de scénaristes de comédie. On peut vraiment regretter qu’il ne soit pas passé plus tôt derrière la caméra. Car si j’ai raillé un petit excès dans la bande-original, le film n’en reste pas moins sublime dans tous les domaines. Photographie, montage, direction d’acteurs, tout est marqué par une maîtrise absolue et un sens esthétique profond. Le scénario ne m’a certes pas totalement convaincu dans sa finalité, mais je ne peux que reconnaître son intelligence, la qualité des dialogues et l’émotion réelle qu’il fait naître du début à la fin. Le film est donc académiquement parfait, à défaut, à mon sens, de l’être tout court. Mais c’est déjà beaucoup.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : The Affleck/Middleton Project, B Story, Big Indie Pictures, CMP, K Period Media, Pearl Street Films
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Kenneth Lonergan
Scénario : Kenneth Lonergan
Montage : Jennifer Lame
Photo : Jody Lee Lipes
Décors : Ruth De Jong
Musique : Lesley Barber
Durée : 137 min

Casting :
Casey Affleck : Lee Chandler
Kyle Chandler : Joe Chandler
Lucas Hedges : Patrick Chandler
Michelle Williams : Randi Chandler
C.J. Wilson : George
Gretchen Mol : Elise
Matthew Broderick : Jeffrey
Kara Hayward : Silvie

HIGH HOPES (Bruce Springsteen), BEYONCE (Beyoncé), THE FAMILY TREE – THE BRANCHES (Radical Face) : Stars en petite forme

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highhopesbrucespringsteenUn avis marqué par la présence de deux méga stars de la scène musicale mondiale. On commence par le Boss, Bruce Springsteen, et son album High Hopes sorti en 2014. Ce dernier s’ouvre sur un titre quelque peu inattendu, avec une forte présence des cuivres et des rythmes presque latinos. Le reste sera beaucoup plus classique. Cependant, cela manque parfois un peu de force et d’impact… pour du Bruce. Certes la maîtrise est là, la production est impeccable, mais sans parler de déception, on ne peut que constater qu’il s’agit d’un album très anodin dans cette immense carrière. On retiendra tout de même deux titres : Heaven’s Hall (du pur Bruce) et le très joli The Ghost of Tom Joad.

beyoncebeyonceOn change de registre avec Beyoncé et son album intitulé… Beyoncé. Tout le monde connaît mon amour immodéré pour la musique, dite par certains, de pouffe. Mais là, la déception est réelle et forte. L’album s’ouvre par un morceau qui ressemble à l’ouverture d’un film prétentieux. La suite est parfois sinistre, en tout cas jamais convaincant. Quand ça groove, ce n’est ni sensuel, ni entraînant. Bref, on passe l’album à attendre un sursaut d’énergie, mais il ne vient jamais.

thefamilytreethebranchesradicalfaceOn termine avec le second volet du triptyque consacré à la famille du chanteur américain Radical Face. Après The Roots, on passe à The Family Tree – The Branches (le dernier volet est sorti récemment et se nomme The Leaves). Il nous propose une musique souvent douce, que l’on a envie d’écouter au coin du feu, même si certains passages sont plus énergiques. On passe d’airs guillerets à des morceaux plus mélancoliques, où le violon est très présent. Mais c’est toujours parfaitement maîtrisé, souvent assez épuré. En tout cas le résultat est globalement très joli et d’une qualité constante.

PATERSON :Poésie douce et cinématographique

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patersonafficheProvoquer l’ennui du spectateur est évidemment assez rédhibitoire pour un film s’il veut être apprécié à sa juste valeur. Le rire, l’action, le grand spectacle peuvent constituer autant de barrages à l’ennui, mais ne sont pas les seuls éléments qui peuvent donner naissance à un bon film. Un cinéma plus intimiste peut donner des œuvres tout aussi passionnante, mais la marge est étroite pour éviter de plonger l’audience dans une profonde torpeur. Certains réalisateurs savent jouer avec cette ligne rouge en restant toujours du bon côté, même si c’est de peu. C’est le cas de Jim Jarmusch et il le démontre encore une fois avec Paterson.

Expliquer de quoi parle exactement Paterson est un exercice complexe. Une histoire de chauffeur de bus poète, dont la vie ressemble parfois à celui de Un Jour Sans Fin, malgré la diversité des projets toujours enthousiastes de sa petite amie. Cela semble au mieux constituer un point de départ, mais pas pouvoir résumer un film tout entier. La limite de ce film repose sur l’absence d’une trame narrative donnant un réel enjeu au déroulement de l’histoire. Le film n’est pourtant pas purement contemplatif (mais un peu quand même). Il s’en dégage une poésie douce et subtile qui nous pousse inlassablement à nous demander ce qui va survenir le jour suivant dans cette vie pourtant bien réglée.

patersonPaterson bénéficie de tout le talent de Jim Jarmusch. Sa réalisation n’a pourtant rien de spectaculaire ou d’audacieuse, mais le film n’en demeure pas bien particulièrement beau, d’un point de vue purement artistique. Mais comme il l’est aussi sur le fond du propos, cela donne un résultat envoûtant, un rien contemplatif certes, mais que l’on contemple avec bonheur. Si je ne partage pas l’enthousiasme délirant de certaines critiques, j’ai pleinement apprécié cette œuvre qui ne pourra que ravir les amateurs du cinéma assez unique de Jim Jarmusch et tous les amoureux de la poésie cinématographique.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : K5 film, Inkjet productions, Animal Kingdom, Amazon Studios
Réalisation : Jim Jarmusch
Scénario : Jim Jarmusch
Montage : Alfonso Gonçalves
Photo : Frederick Elmes
Décors : Mark Friedberg
Distribution : Le Pacte
Musique : Sqürl, Jim Jarmusch, Carter Logan
Durée : 115 min

Casting :
Golshifteh Farahani : Laura
Adam Driver : Paterson
Trevor Parham : Sam
Nellie : Marvin (le chien)
Barry Shabaka Henley : Doc
Rizwan Manji : Donny
Masatoshi Nagase : le poète japonais

CIGARETTES ET CHOCOLAT CHAUD, UNE SEMAINE ET UN JOUR : Ceux qui restent

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cigarettesetchocolatchaudafficheSi j’ai décidé de regrouper ces deux films en une seule critique, ce n’est parce qu’ils ne valent pas une critique pour eux-seuls bien au contraire. Pas simplement non plus parce que je les ai vus le même soir à la suite. Plutôt parce que dans un jour un peu particulier, ils ont été les deux films les plus parfaits qui soient. Deux films qui parlent de deuil et de ce qui restent. Des sujets communs, mais des films assez différents. Mais deux films qui savent parler de sujets lourds tout en vous rendant le cœur plus léger.

Cigarettes et Chocolat Chaud est tout ce que Demain Tout Commence n’a pas réussi à être. Une histoire de père célibataire sur fond de réflexions plus existentielles et profondes, mais qui cette fois, sonnent justes. C’est drôle, touchant, avec la petite pointe d’émotion qui va bien. Certes, on peut très certainement trouver des failles dans la crédibilité de certains éléments, mais globalement le film fonctionne, on y plonge avec grand plaisir, porté par la sympathie infinie que l’on porte à ces personnages quelque peu décalés.

Cigarettes et Chocolat Chaud offre deux beaux rôles à des acteurs que l’on connaît surtout pour leurs pitreries à la télévision. Si Gustav Kerven a déjà eu de très beaux rôles au cinéma, notamment dans Dans la Cour, Camille Cottin démontre là qu’elle n’est pas qu’une grosse connasse, mais aussi une comédienne remarquable. Un mot aussi sur les deux jeunes filles, Héloïse Dugas et Fanie Zanini, absolument épatantes. Au final un feel good movie réjouissant et réussi.

unesemaineetunjourafficheUne Semaine et un Jour est un film au ton beaucoup plus grave, puisqu’il nous raconte la fin des 8 jours de deuil pour un couple qui vient de perdre leur fils de 20 ans, mort d’un cancer (ou du moins d’une maladie qui l’a emmené à l’hôpital). Voilà un sujet qui ne prête pas à rire. Pourtant, ce film est une jolie réflexion sur la perte d’un être cher, la façon dont chacun intériorise la tristesse et la détresse engendrées par une telle peine. Mais c’est surtout une ode à la vie qui continue, au lien entre les morts et les vivants, qui n’a pas forcément besoin de n’être que dans la tristesse.

Une Semaine et un Jour est un film remarquablement écrit. Pendant une bonne partie du film, on a vraiment l’impression qu’il ne nous emmène nul part. La dernière partie amènera plusieurs mises en perspective qui donnent un sens supplémentaire à tout ce qui a précédé. Le film est également remarquablement interprété par un casting formidable dans sa totalité. En Israël comme ailleurs dans le monde, de merveilleux comédiens nous permettent de partager d’aussi belles émotions que celles véhiculées par ce film. Et pour cela, on peut leur en être profondément reconnaissant.

LES NOTES :
CIGARETTES ET CHOCOLAT CHAUD : 13/20
UNE SEMAINE ET UN JOUR : 14/20

CIGARETTES ET CHOCOLAT CHAUD :
Fiche technique :
Réalisation : Sophie Reine
Scénario : Sophie Reine
Musique : Sébastien Souchois
Montage : Claire Fieschi et Nassim Gordji Tehrani
Photographie : Renaud Chassaing
Décors : Thomas Grézaud
Costumes : Julie Miel
Producteur : Isabelle Grellat Doublet, Éric Altmayer et Nicolas Altmayer
Production : Mandarin Cinéma
Durée : 98 minutes

Casting :
Gustave Kervern : Denis
Camille Cottin : Séverine
Héloïse Dugas : Janine
Fanie Zanini : Mercredi
Thomas Guy : Robert
Franck Gastambide
Mathieu Métral : le chef du service de la DASS
François Bureloup : le directeur du supermarché

UNE SEMAINE ET UN JOUR
Fiche technique :
Réalisation :Asaph Polonsky
Scénario : Asaph Polonsky
Musique : Tamar Aphek, Ran Bagno
Production : Saar Yogev, Naomi Levari
Production délégué : Boaz Veksler
Photographie : Moshe Mishali
Montage : Tali Helter-Shenkar
Décors : Yoav Sinai

Casting :
Shai Avivi : Eyal Spivak
Evgenia Dodina : Vicky Spivak
Tomer Kapon : Zooler
Alona Shauloff : Bar
Uri Gvariel : Raphael
Sharon Alexander : Shmulik Zooler
Carmit Mesilati-Kaplan : Keren Zooler

PERSONAL SHOPPER : Fantôme inabouti

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personalshopperafficheC’est bien d’avoir du talent, mais l’important c’est de tenir la distance. C’est ce qu’on peut dire souvent d’un marathonien, mais aussi quelque fois d’un cinéaste. Par exemple, cela résume assez bien ce que m’inspire la filmographie d’Olivier Assayas. Un réalisateur incroyablement doué, mais qui a du mal à proposer une œuvre entièrement réussie. C’était le cas déjà avec Sils Maria, ça l’est encore plus avec Personal Shopper, malgré une nouvelle fois la présence électrisante de Kristen Stewart.

Je mentirai si je prétendais que ce film de fantôme ne m’a jamais fait flipper une seule seconde. Le talent d’Olivier Assayas nous offre de vrais moments d’angoisse pure. Mais il est évident qu’il voulait faire de Personal Shopper bien plus que ça. Or tout le reste marche beaucoup moins bien et surtout ne débouche sur rien de très convaincant. Il réussi brillamment à poser un certain nombre de bases sans jamais trop savoir ce qu’il compte construire dessus au final. Cela laisse une impression de film inabouti vraiment dommageable.

personalshopperTout cela n’enlève rien aux immenses qualités formelles de Personal Shopper. La réalisation, la photographie, la direction d’acteurs est vraiment remarquable. Le film est beau, l’ambiance souvent réellement envoûtante. Mais un bel objet cinématographique trop vide de sens ne peut faire naître un réel enthousiasme. Le charisme de Kristen Stewart est pourtant bien présent à chaque plan, sublimé par cette caméra élégante. Mais cela reste aussi insuffisant que le reste pour un film finalement quelque peu fantomatique, dans le mauvais sens du terme.

LA NOTE : 10/20

Fiche technique :
Production : CG Cinéma, Les Films du Losange
Réalisation : Olivier Assayas
Scénario : Olivier Assayas
Montage : Marion Monnier
Photo : Yorick Le Saux
Décors : Francois-Renaud Labarthe
Distribution : Les Films du Losange
Son : Olivier Goinard
Costumes: Jürgen Doering
Maquillage : Thi Thanh Tu Nguyen
Durée : 100 min

Casting :
Kristen Stewart : Maureen1
Sigrid Bouaziz : Lara
Lars Eidinger : Ingo
Nora Von Waldstätten : Kyra
Ty Olwin : Gary
Anders Danielsen Lie : Erwin
Audrey Bonnet : Cassandre
Pascal Rambert : Jérôme
Hammou Graïa : policier
Benoît Peverelli : photographe
Benjamin Biolay : Victor Hugo

L’HOMME DE DE JERUSALEM (David Gemmell) : Heureux mélange des genres

lhommedejerusalem

lhommedejerusalemCertaines œuvres connaissent un succès mondial immédiat qui les voit publiées simultanément dans les toutes les langues au quatre coins de la planète. D’autres doivent faire preuve de patience. Ainsi l’Homme de Jérusalem a été publié dans sa langue d’origine (l’anglais) en 1987 et n’a connu son édition française que 15 ans plus tard. Editions multiples d’ailleurs, puisque depuis il a changé de titre francophone et est intitulé désormais Le Loup dans l’Ombre (pourquoi ?… bonne question…). Comme c’est sous le premier que je l’ai lu, c’est celui-ci que je vais conserver pour la suite de cet avis. Un avis globalement positif.

L’Homme de Jérusalem rappelle par bien des points la Tour Sombre de Stephen King. La figure du héros est proche, le mélange entre science-fiction, heroic fantasy et western. Mais du coup, les deux univers partage une grande richesse très plaisante. Surtout que tous les éléments s’imbriquent avec beaucoup de cohérence, formant un univers singulier dans lequel il est très agréable de pénétrer. Cela tombe bien car ce roman marque le début d’une trilogie qui se situe dans un cycle plus grand. Cependant, il forme une œuvre totalement autonome qui peut être lue indépendamment de tout autre et qui propose un vrai dénouement, n’appelant pas de suite de manière obligatoire.

On peut néanmoins regretter que le récit perd de sa clarté dans les derniers instants. Les événements se bousculent, les renversements de situation se multiplient et il faut s’accrocher quelque peu pour suivre et comprendre ce qui se passe exactement à la fin. C’est quelque peu étonnant que tout au long de la grand majorité de l’Homme de Jérusalem, on a pu apprécier la qualité de la plume de David Gemmel qui sait introduire chaque élément de l’univers où il nous invite en prenant le temps au lecteur de prendre ses repères. Mais globalement, il s’agit d’un excellent à la frontière entre plusieurs genres, dont il se démarque de part la qualité de l’écriture.