DEEPWATER, CAPTAIN FANTASTIC : Ecologie, utopie et catastrophe

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deepwaterafficheAprès nous avoir offert un été décevant et avant de nous offrir un Président effroyable, les Etats-Unis nous auront offert un automne cinématographique plutôt réussi. Une nouvelle preuve avec deux films pour autant de moments forts de cette fin d’année sur grand écran. Le premier renoue avec un genre un peu oublié du 7ème art, le film catastrophe. Depuis Titanic, il est vrai que c’est calme plat à ce niveau-là. Deepwater fera donc le bonheur de ceux qui ont grandi, comme moi, en regardant régulièrement la Tour Infernale. Il réjouira aussi les écologistes qui y verront une dénonciation forte des pratiques des grandes compagnies pétrolières.

Deepwater allie donc un peu de fond avec des aspects avant tout spectaculaires. On ne sait pas bien à quel point les événements sont récréés de manière fidèle à la réalité, mais le spectateur en pour son argent. Le film renoue vraiment avec tous les codes du genre, aussi bien niveau personnages que dans la construction du récit. Mais il le fait avec beaucoup de talent et des moyens suffisants pour que l’on y croit, même dans les moments les plus dantesques. Le genre a été assez longtemps délaissés pour que l’on pardonne aisément ce manque d’innovation. Au contraire, on prend un vrai plaisir à revoir ce genre de film avec les moyens techniques et visuels actuels.

captainfantasticafficheLes écologistes pourront également apprécier Captain Fantastic… même si le film est beaucoup moins manichéen que pouvait le laisser penser la bande-annonce. J’avoue avoir été voir ce film à reculons, avant de me laisser convaincre par les critiques élogieuses. Et je ne le regrette pas ! Il est particulièrement équilibré, intelligent et pertinent dans son propos et pousse à une vraie réflexion. Tout cela en déroulant une histoire assez prenante pour ne jamais ennuyer le spectateur.

Captain Fantastic doit beaucoup à sa galerie de personnages. Et évidemment beaucoup aux comédiens qui les interprètent, au premier rang duquel le toujours formidable Viggo Mortensen. Son charisme fait beaucoup pour la crédibilité du film. Mais c’est tout le casting qui donne vie aux enfants de son personnage qui est à saluer. L’attachement est immédiat et permet à l’émotion de se transmettre. Le tout donne vie à une histoire assez bien construite pour ne jamais suivre exactement le chemin où on pensait qu’elle allait nous mener. Une histoire belle et profonde à côté de laquelle il serait dommage de passer.

LES NOTES :
DEEPWATER : 14/20
CAPTAIN FANTASTIC : 14/20

DEEPWATER :
Fiche technique :
Réalisation : Peter Berg
Scénario : Matthew Michael Carnahan et Matthew Sand, d’après une histoire de Matthew Sand et un article de David Rohde et Stephanie Saul paru dans The New York Times
Direction artistique : Chris Seagers
Décors : Victor J. Zolfo
Costumes : Kasia Walicka-Maimone
Photographie : Enrique Chediak
Montage : Colby Parker Jr.
Musique : Steve Jablonsky
Effets spéciaux : Industrial Light & Magic
Production : Lorenzo di Bonaventura, Mark Vahradian, et David Womark
Producteurs délégués : Jonathan King, Jeff Skoll et Mark Wahlberg
Durée : 107 minutes

Casting :

Mark Wahlberg : Mike Williams
Kurt Russell : Jimmy « Monsieur Jimmy » Harrell
Dylan O’Brien : Caleb Holloway
Gina Rodriguez : Andrea Fleytas
Kate Hudson : Felicia Williams, la femme de Mike
John Malkovich : Donald Vidrine
Ethan Suplee : Jason Anderson
J. D. Evermore : Dewey Revette
Peter Berg : M. Skip

CAPTAIN FANTASTIC :
Fiche technique :
Production : Electric City, ShivHans Pictures
Réalisation : Matt Ross
Scénario : Matt Ross
Montage : Joseph Krings
Photo : Stéphane Fontaine
Décors : Russell Barnes
Distribution : Mars distribution
Musique : Alex Sommers
Durée : 118 min

Casting :
Viggo Mortensen : Ben
George MacKay : Bodevan
Samantha Isler : Kielyr
Annalise Basso : Vespyr
Nicholas Hamilton : Rellian
Steve Zahn : Dave
Frank Langela : Jack
Kathryn Hahn : Harper

PLOUF PLOUF

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choufafficheUn avis rapide sur trois films français qui n’ont pas déchaîné mon enthousiasme. On commence pas Chouf qui il est vrai vient après un pur chef d’oeuvre comme Divines. Les deux films ne boxent pas du tout dans la même catégorie, mais traite quand même de sujets similaires, à savoir la violence inexorable liée à la situation dans les « quartiers ». Qu’on soit cette fois à Marseille et non en banlieue parisienne, ne change pas grand chose sur le fond. Par contre sur la forme, le film ne brille pas outre mesure. Le scénario ne choisit jamais vraiment entre la critique sociale et le film de gangsters et au lieu d’avoir deux sujets qui s’enrichissent, on a deux sujets trop superficiels pour être vraiment intéressant. La mise en scène est correcte mais sans imagination. Le casting sans sort mieux, mais sans pouvoir donner vraiment une épaisseur suffisante au film.

lodysseeafficheOn largue les amarres avec L’Odyssée, biopic consacré au Commandant Cousteau. Le film est factuellement intéressant pour ceux qui s’intéressent à la vie de cet homme qui a marqué plusieurs générations. On en apprend beaucoup. Mais le film aurait mérité plus que cela. Un supplément d’émotion, une plongée un peu plus profonde dans les ressorts psychologiques des personnages auraient pu donner une toute autre dimension à ce film. Par contre, les moyens ont été mis dans les décors, les costumes et les reconstitutions. Dommage que tout ça n’ait pas été accompagné pas une narration moins poussive. Lambert Wilson est par contre parfait.

brice3afficheOn termine par Brice 3. Evidemment, je n’espérais pas un chef d’œuvre. Mais tout de même, le premier volet avait constitué plutôt une bonne surprise. Cette suite manque terriblement de souffle. Passons sur les scénario qui ne constitue qu’un prétexte pour un enchaînement de gags et de répliques supposées drôles. Certes, on rit. On rit même quelques fois aux éclats. Mais trop peu fréquemment pour que cette comédie vaille vraiment le coup d’être vue. Il n’y a pas le matériel pour faire un long métrage, alors tout s’étire et pousse Jean Dujardin à un cabotinage parfois sympathique mais horripilant à la longue. Les rares bonnes idées sont donc noyés dans un océans de médiocrité, sur lequel on n’a pas envie de surfer bien longtemps.

LES NOTES :
CHOUF : 10/20
L’ODYSSEE : 11/20
BRICE 3 : 07/20

LES AVENTURIERS DE LA MER, TOME 2 : LE NAVIRE AUX ESCLAVES (Robin Hobb) : Le récit largue les amarres

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lenavireauxescalvesL’insupportable habitude des éditeurs français de découper les œuvres d’héroic fantasy en plusieurs tomes, quand l’œuvre anglo-saxonne originale est un pavé, donne des romans mal équilibrés. C’était le cas du premier volet de la saga les Aventuriers de la Mer, qui ne constitue qu’un premier tiers d’un roman sous sa vraie forme. Une simple introduction donc, qui a bien du mal du coup à enthousiasmer totalement. Heureusement, les choses s’améliorent avec le deuxième tome, le Navire aux Esclaves. Même s’il ne s’agit que d’une deuxième tiers donc sans réelle conclusion.

Depuis que j’ai lu un tome de Trône de Fer sous sa forme originale et que j’ai vu la différence, je pense que je vais finir par m’efforcer de faire la même chose avec toutes les sagas ainsi charcutées. Le Navire aux Esclaves nous permet de plonger enfin dans un peu d’action après une longue présentation des personnages et des enjeux lors de l’épisode précédent. Mais c’est vrai que le récit s’arrête un peu arbitrairement. Certes, cela crée une certaine frustration qui donne envie de connaître la suite. Mais cela donne aussi l’impression injuste que l’auteur de ne sait pas trop où aller.

Globalement, le Navire aux Esclaves m’a permis tout de même d’entrer définitivement dans cette saga. Elle n’a pas (pour l’instant ?) le même charme que l’Assassin Royal, dont elle constitue une sorte de spin-off. Cependant, les fans de Robin Hobb reconnaîtront le style de la romancière et auront toutes les chances d’être à nouveau séduits. Encore une fois, je ne pourrai pas me qualifier de totalement enthousiaste, mais tout de même assez happé par le récit pour vouloir le poursuivre avec un grand plaisir.

DON’T BREATHE – LA MAISON DES TENEBRES, LE CIEL ATTENDRA : La peur sous toutes ses formes

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dontbreatheafficheUn film peut faire peur pour deux raisons. Parce qu’il nous plonge dans un imaginaire effrayant, peuplé de monstres et de dangers. Ou bien il peut renvoyer à une réalité bien réelle qui dérange et renvoie à nous peurs du quotidien. Deux très bons exemples à travers deux films très différents nous ont été offerts sur nos grands écrans ces dernières semaines. Pour le premier cas évoqué plus haut, Don’t Breath, la Maison des Ténèbres, un film dont le titre comporte un jeu de mots qui peut induire le spectateur en erreur. Aucune forces sataniques dans ce film, simplement… un aveugle.

Don’t Breath, la Maison des Ténèbres est un parfait exemple de film qui fait peur dans le sens où il reprend des mécanismes archi-classiques. Ils sont mis en œuvre avec un réel talent et une grande efficacité, il est vrai. La présence de l’aveugle apporte un peu de nouveauté, mais on reste au stade de variations sur des thèmes connus. Les amateurs de groupes de jeunes poursuivis par un psychopathes apprécieront, les autres aussi mais avec peut-être un peu moins d’enthousiasme. Un film réussi, mais, cécité ou pas, avec un petit air de déjà-vu !

lecielattendraafficheLe Ciel Attendra se situe à un tout autre endroit dans le spectre cinématographique. Il nous plonge dans les mécanismes qui conduisent des jeunes filles de bonne famille à sombrer sous l’influence totale de radicaux islamistes qui les manipulent. Un sujet d’actualité donc, mais traité avec assez d’intelligence pour nous faire ouvrir les yeux sur une réalité passablement effrayante, tout en gardant une petite part d’optimisme néanmoins.

Le Ciel Attendra est un film avant tout profondément humain. Ils parlent avant tout de ces personnages, des jeunes filles et de leurs parents. Il n’y a ni manichéisme, ni misérabilisme. Le propos garde un certain recul sur le fond, mais nous fait partager pleinement les émotions ressenties par tous les protagonistes. L’équilibre n’était pas évident à trouver et Marie-Castille Mention Schaar est parvenu à trouver le bon pour nous livrer un film réussi en tout point. La profondeur du sujet est couplé avec un fil rouge narratif parfaitement construit. Le casting est dirigé avec beaucoup de justesse. Tout n’est peut-être pas totalement convaincant, mais le film a vraiment le mérite d’aborder de front un sujet épineux et évite la plupart des pièges dans lesquels il aurait pu facilement tomber.

LES NOTES :
DON’T BREATHE, LA MAISON DES TENEBRES : 12/20
LE CIEL ATTENDRA : 14/20

DON’T BREATHE, LA MAISON DES TENEBRES :
Fiche technique :
Réalisation : Fede Alvarez
Scénario : Fede Alvarez et Rodo Sayagues
Direction artistique : Naaman Marshall
Décors : Adrien Asztalos et Erick Donaldson
Costumes : Carlos Rosario
Photographie : Pedro Luque
Montage : Eric L. Beason, Louise Ford et Gardner Gould
Musique : Roque Baños
Production : Fede Alvarez, Sam Raimi et Robert Tapert
Genre : horreur
Durée : 88 minutes

Casting :
Stephen Lang : l’aveugle
Jane Levy : Rocky
Dylan Minnette : Alex
Daniel Zovatto : Money
Franciska Töröcsik : Cindy

LE CIEL ATTENDRA
Fiche technique :
Production : Willow Films, UGC Images, France 2 Cinéma
Distribution : UGC Distribution
Réalisation : Marie-Castille Mention-Schaar
Scénario : Marie-Castille Mention-Schaar, Émilie Frèche
Montage : Benoit Quinon
Photo : Myriam Vinocour
Décors : Valérie Faynot
Musique : Pascal Mayer
Durée : 100 min

Casting :
Clotilde Courau : Sylvie
Zinedine Soualem : Samir
Sandrine Bonnaire : Catherine
Naomi Amarger : Mélanie Thénot
Noémie Merlant : Sonia Bouzaria
Sofia Lesaffre : Jamila

A LETTER HOME (Neil Young), HOT WAVE (The Lanskies), CROZ (David Crosby) : C’est encore à StLô qu’on est le mieux

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aletterhomeneilyoungOn commence cet avis par un album de reprises signé Neil Young. Sorti en 2014, A Letter Home revisite un certain nombre de titres plus ou moins connus de Bob Dylan ou Willie Nelson. Beaucoup de ballades qui mettent en valeur la voix du chanteur canadien. Le son donne l’impression d’un enregistrement de qualité moyenne, même si cela donne du coup un petit côté intimiste. Mais globalement l’album ressemble quelque peu à un gadget et n’a rien d’indispensable. On retiendra cependant la belle reprise de Bruce Springsteen avec My Hometown.

hotwavethelanskiesOn poursuit avec Hot Wave, troisième album du groupe The Lanskies, originaire de… Saint-Lô, comme son nom ne l’indique pas. Un album qui propose un mélange de rock énergique et direct avec une pop plus sucré, aux accents parfois légèrement électro. En tout cas le résultat est solide, souvent entraînant. La qualité est constante, mais cela manque tout de même d’un vrai tube pour être définitivement marquant. On écoutera cependant avec une oreille plus attentive le titre Romeo, qui est vraiment représentatif de leur style.

crozdavidcrosbyOn termine avec un chanteur américain de 75 ans, David Crosby, mais dont j’ai découvert l’univers avec son album Croz. Une découverte qui ne me marquera pas plus que cela, car si sa musique est douce mélodieux, sa voix est assez plate. Certes, cela coule tout seul aux oreilles, mais cela ne retient guère l’attention. C’est propre, artistiquement maîtrisé, mais certainement pas d’un intérêt démesuré.

MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS, BRIDGET JONES BABY : Heureuses retrouvailles

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missperegrineetlesenfantsparticuliersafficheLe mois de septembre cinématographique nous a offert deux retrouvailles heureuses. Retrouvaille avec un immense réalisateur, à savoir Tim Burton. Non qu’il n’ait jamais disparu de nos grands écrans, mais il est vrai que sa filmographie est beaucoup plus inégale ces dernières années. C’est donc avec joie qu’on le retrouve au meilleur de sa forme avec Miss Peregrine et les Enfants Particuliers. Pourtant, personnellement, la bande-annonce ne m’avait pas forcément rempli d’enthousiasme. Cela sentait le sous-Narnia à plein nez. Au final, Tim Burton a su créer un avenir bien à lui.

On retrouve dans Miss Peregrine et les Enfants Particuliers beaucoup d’éléments classiques de l’univers burtonien… mais de manière peut-être plus discrète que d’habitude. C’est gothique, mais pas trop. Du coup, il enrichit son propre imaginaire pour un résultat esthétiquement très réussi. Tout cela est au service d’une histoire qui sait séduire le spectateur. C’est avant tout par la galerie de personnages que le charme opère. Ce sont certes des enfants, mais ils présentent tous une réelle épaisseur et on échappe à toute litanie de bons sentiments. Action et aventures sont aussi au rendez-vous. Sans forcément être réellement originaux, ces aspects permettent aux spectateurs de ne jamais s’ennuyer une seconde.

bridgetjonesbabyafficheRetrouvaille aussi avec un personnage particulièrement attachant. Bridget Jones Baby nous permet de passer un nouveau bon moment avec notre célibataire désespérée préférée. Pourtant, vu le caractère particulièrement décevant du deuxième volet, on pouvait craindre le pire pour le troisième. Heureusement pour nous, Sharon Maguire retrouve l’esprit du permier volet… peut-être tout simplement parce que c’était déjà elle qui l’avait réalisé. Un retour aux sources salutaire donc.

Bridget Jones Baby a la bonne idée d’être drôle et rythmée. Cela n’échappe pas totalement à la sensation de recyclage, mais l’apport Patric Dempsey est assez significatif pour avoir tout de même la sensation de ne pas revivre encore et toujours la même histoire. L’humour est parfois assez premier degré, mais il fonctionne. Et le charme opère, malgré une Renée Zellweiger qui a décidé de ressembler à Carrie Fisher dans le dernier Star Wars. Elle est quasiment défigurée, mais son regard et son sourire restent les mêmes. Alors on passe outre et on se laisse bercer par cette histoire de bébé… et surtout d’amour ! Pour les romantiques… et les autres !

LES NOTES :
MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS : 13,5/20
BRIDGET JONES BABY : 13/20

MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS
Fiche technique :
Production : Chernin Entertainment, Scope Pictures, Tim Burton productions, St. Petersburg Clearwater Film Commission
Distribution : 20th Century Fox
Réalisation : Tim Burton
Scénario : Jane Goldman, d’après Miss Peregrine et les Enfants particuliers de Ransom Riggs
Montage : Chris Lebenzon
Photo : Bruno Delbonnel
Format : couleur – 1.85:1
Décors : Gavin Bocquet
Musique : Mike Higham, Matthew Margeson
Directeur artistique : Rod McLean, Mark Scruton
Durée : 127 min

Casting :
Eva Green : Miss Peregrine
Asa Butterfield : Jacob « Jake » Portman
Judi Dench : Miss Avocet
Terence Stamp : Abraham « Abe » Portman
Allison Janney : Dr Golan
Samuel L. Jackson : M. Barron
Ella Purnell : Emma Bloom
Chris O’Dowd : Franklin Portman
Rupert Everett : Un ornithologue

BRIDGET JONES BABY
Fiche technique :
Production : Miramax, StuidoCanal, Working Title Films, Universal Pictures
Distribution : StudioCanal
Réalisation : Sharon Maguire
Scénario : Helen Fielding, Dan Mazer, Emma Tompson
Montage : Melanie Ann Oliver
Photo : Andrew Dunn
Décors : Roya Fraser, Sara Wan, John Paul Kelly
Musique : Craig Amstrong
Directeur artistique : David Hindle, Jonathan Houlding
Durée : 125 min

Casting :
Renee Zellweger : Bridget Jones
Colin Firth : Mark Darcy
Patrick Dempsey : Jack Qwant
Emma Thompson : Dr Rawling
Shirley Henderson : Jude
Jim Broadbent : le père de Bridget
Celia Imrie : Una Alconbury
James Callis : Tom
Mark Arnold : Anthony Mathis

FILMS D’AUTOMNE

justelafindumondeaffiche

justelafindumondeafficheTrois films au programme de cet avis. Trois films qui n’ont a peu près rien en commun, si ce n’est d’être sorti au premier jour de l’automne sur nos écrans. On commence par Juste la Fin du Monde, le dernier film de Xavier Nolan. C’est certain qu’après avoir signé un chef d’œuvre comme Mummy, il était difficile de le voir rebondir à des hauteurs comparables. Son nouveau film représente à la fois une confirmation et une petite déception. La confirmation d’un talent de réalisateur absolument fabuleux. Les images sont sublimes, la direction d’acteurs incroyable. C’est beau, c’est maîtrisé, chaque plan est un bijou. Mais voilà, cela ressemble au final plus à un exercice de style qu’autre chose. La beauté artistique ne suffit pas à donner un vraie souffle à une histoire qui aurait du nous émouvoir profondément. Elle ne suffit pas à rendre attachant des personnages qui ne le sont pas. Du coup, on admire, on est parfois bluffé par tant de talent. Mais seul la raison vibre, pas le cœur. Or, c’est bien à lui que ce film aurait du être adressé.

kuboafficheOn enchaîne avec une petite pépite. Kubo et l’Armure Magique restera peut-être le meilleur film d’animation de cette année 2016. Une grande aventure enfantine, mais pas que. Il y a de l’action, des sentiments, de l’humour, des personnages très réussis et attachants. Que de bonne choses qui prennent vie grâce à une animation sublime, qui mêle différentes techniques. Principalement filmé en stop-motion, il s’en dégage un sens de l’esthétisme et une chaleur inaccessible au pur numérique. Le tout est soutenu par un casting voix assez incroyable : Charlize Theron, Ralph Fiennes, Rooney Mara et Matthew McConaughey, rien que ça ! Bref, pour petits et grands et à consommer sans modération.

brooklynvillageafficheOn termine par Brooklyn Village, film aux sujets multiples, mais dont aucun ne m’a vraiment passionné. Que ce soit l’adolescence ou les conséquences de la gentrification de certains quartiers, les thèmes sont abordés avec intelligence, mais ne provoque qu’un intérêt poli. Les moments d’émotion émeuvent, mais pas plus que ça. Bref, ce n’est ni mauvais, ni raté, mais guère emballant. Cela fait beaucoup de mais pour une seule critique. Un peu trop pour être celle d’un grand film.

LES NOTES :
JUSTE LA FIN DU MONDE : 12/20
KUBO ET L’ARMURE MAGIQUE : 14/20
BROOKLYN VILLAGE : 10,5/20

ARSENE LUPIN, GENTLEMAN CAMBRIOLEUR : Naissance d’une légende

arsenelupingentlemancambrioleur

arsenelupingentlemancambrioleurDans la série « et si je lisais enfin le premier livre de la série », je voudrais Arsène Lupin ! Un autre du même style suivra bientôt, mais je garde un peu de suspense. Arsène Lupin, Gentleman-Cambrioleur est un recueil de 9 nouvelles, constituant les premières aventures du célèbre héros. Elles sont parues initialement entre 1905 et 1907 dans le journal Je Sais Tout, avant sa sortie sous forme de recueil cette même dernière année. Vu la postérité qui suivit, on imagine bien que ce fut un grand succès.

Arsène Lupin, Gentleman-Cambrioleur constitue un des derniers avatars d’une littérature qui marchait main dans la main avec la presse. Le divorce est depuis longtemps consommé et cela a tué ce genre littéraire particulier qu’est la nouvelle (qui ne survit que dans quelques niches, comme la science-fiction et plus largement le fantastique). Cela donne un côté un peu vieillot à ces histoires courtes, un peu naïve car il faut aller droit au but. Mais cela leur offre surtout un charme particulier, surtout que la plume de Maurice Leblanc n’est pas la plus désagréable qui soit.

Arsène Lupin, Gentleman-Cambrioleur nous permet de revivre les grands débuts d’un personnage historique de la littérature. Un des premiers anti-héros, criminel attachant. Il brouille la frontière entre le bien et le mal, car entre deux vol à son propre profit, il joue aussi les redresseurs de tort. Cette ambiguïté fait tout l’intérêt le charme du personnage et on imagine l’audace que cela représentait au début du XXème siècle. Comme tout recueil, celui-ci est inégal mais on le parcourt avec plaisir, surtout si on est capable de le replacer dans son contexte. Et puis quoi de plus beau qu’une naissance. Surtout quand il s’agit de celle d’une légende.

VICTORIA : Sans étiquette

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victoriaafficheMême si mon retard reste toujours stratosphérique (surtout après un week-end prolongé à six films…), il y a quand même quelques longs métrages sur lesquels j’ai envie de prendre le temps de m’arrêter. Victoria est de ceux-là. Non qu’il soit forcément parmi les meilleurs objectivement que j’ai vu ces dernières semaines, mais il représente un petit coup de cœur. Sûrement parce que dans de nombreuses critiques, j’affirmais adorer Virginie Efira, mais j’ajoutais toujours qu’elle était loin d’être la meilleure actrice du monde. Bon, la meilleure, ce n’est peut-être toujours pas le cas, mais en tout cas elle démontre un talent de comédienne qu’aucun de ses rôles précédents ne lui avait permis de démontrer.

Victoria a été vendu comme une pure comédie. Il s’agit bien d’une comédie,… mais bien plus que ça. Les sujets abordés sont nombreux et certaines ne prêtent pas forcément à rire. Cela donne un ton tragi-comique au film qui lui donne une vraie originalité. Il y a un peu d’audace dans chez Justine Triet à casser comme ça les barrières entre les genres, ce qui implique toujours le risque de ne pas trouver son public. Le succès du film montre qu’elle a bien fait et c’est mérité. L’histoire est intéressante et les personnages complexes. Il manque peut-être une vraie conclusion au propos, mais à la fois cela permet à chaque spectateur de tirer celle qui lui convient le mieux, et ce n’est pas plus mal.

victoriaVictoria reste donc à ce jour le grand rôle de la carrière de Virginie Efira. Elle garde naturellement son charme particulier de « girl next door mais pas tout à fait ». Mais cette fois, elle joue vraiment la comédie et offre une palette de registres qu’on le lui connaissait pas forcément. Ceci prouve encore une fois qu’il y a au fond peu de mauvais acteurs, plutôt beaucoup de réalisateurs incapables de les diriger correctement. Tout le casting est brillant. Je dois encore une fois dire du bien de Vincent Lacoste. Il continue de m’horripiler toujours un petit peu, mais j’avoue que son immense talent de comédien commence à avoir raison de mes réticences totalement subjectives. Une jolie histoire donc. Pas que jolie d’ailleurs, mais au moins qui méritait d’être racontée.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Ecce Films
Réalisation : Justine Triet
Scénario : Justine Triet
Montage : Laurent Sénéchal
Photo : Simon Beaufils
Décors : Olivier Meidinger
Distribution : Le Pacte
Durée : 97 min

Casting :
Virginie Efira : Victoria
Melvil Poupaud : Vincent
Vincent Lacoste : Sam
Laurent Poitrenaux : David
Laura Calamy : Christelle

WHO NEEDS WHO (Dark, Dark, Dark), SING TO THE MOON (Laura Mvula), MORNING PHASE (Beck) : Déceptions

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whoneedswhodarkdarkdarkIl est grand temps de me remettre aux avis musical. On commence par le troisième album d’un groupe de folk américain, Dark Dark Dark. L’album en question s’intitule Who Needs Who, sorti en 2012, et s’ouvre sur un air de piano très vite accompagné d’un voix assez fascinante. On est vite plongé dans un univers doux et mélodieux, où le groupe fait preuve de maîtrise et de conviction. L’album est globalement d’une qualité très homogène mais manque d’un titre phare. C’est au final très plaisant, même si ça finit par tourner un peu rond

singtothemoonlauramvulaOn enchaîne avec Laura Mvula, une artiste britannique et son album Sing to the Moon. Un album dont j’attendais beaucoup car j’ai eu un grand mal à me le procurer. Mais très vite la déception a dominé avec une ouverture quelque peu lancinante. Le reste n’est pas inintéressant, mais jamais vraiment emballant. On lui reconnaît une réelle maîtrise, un vrai travail sur les sonorités mais sa voix n’en demeure pas moins pas particulièrement intéressante. De plus, on se situe toujours sur le même registre.

morningphasebeckOn termine avec Beck, un artiste dont j’aurais vraiment adoré le premier single, Loser, un titre culte de mon adolescence. Mais aussi un artiste dont les albums complets m’ont toujours amèrement déçu. Malheureusement, Morning Phase n’échappera pas la règle. Il débute par un titre doux, un peu éthéré, avec un léger écho… mais qui sonne un peu comme de la soupe. La maîtrise artistique est incontestable, la voix posée. Cependant, le résultat est un peu chiant et pas original du tout. Tout l’album reste sur un registre constant, sans réelle créativité. Bref, c’est très plat, à l’exception de Country Down, une jolie ballade.