RENTREE AMERICAINE

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infiltratorafficheSi l’été hollywoodien fut particulièrement décevant, la rentrée a montré qu’il restait tout de même un peu de talent de l’autre côté de l’Atlantique. Cela n’est pas venue des grosses productions qui se sont limitées aux remakes ratés, mais de films plus modestes mais très réussis. Le premier est Infiltrator qui nous a offert une nouvelle chance de voir Bryan « Breaking Bad » Cranston sur grand écran. Un polar classique, mais parfaitement exécuté. Scénario rythmé, réalisation soignée et casting au top, tous les ingrédients pour faire un bon film sont réunis. Un seul regret, le traitement un peu superficiel d’un des sujets principaux du film, à savoir l’attachement de l’infiltré pour ceux qu’il est chargé de faire tomber et l’ambiguïté provoquée par la fascination que le milieu exerce, même sur un agent d’expérience. Un traitement plus brillant aurait donné une toute autre dimension à ce film. Cependant, il serait bien dommage de bouder notre plaisir !

comancheriaafficheOn poursuit avec Comancheria. On est toujours sur le mode polar, mais cette fois le film nous entraîne dans l’Amérique la plus profonde qui soit. Un univers qui permet toujours de croiser des personnages que l’on qualifiera de hauts en couleur (mais qui font un peu peur quand même). Quand un d’entre eux est interprété par Jeff Bridges, cela donne un résultat convaincant. Surtout quand le scénario sait être à la fois sombre et non dénué d’un certain second degré. Le tout mis en image par une réalisation relativement brillante. Bref que du bon pour un film qui l’est tout autant.

wardogsafficheOn termine par War Dogs. Cette fois, on change de style puisqu’il s’agit d’une comédie. En fait, c’est un peu Lord of War version parodie. Le pitch est à peu près le même, même si ce film est visiblement inspiré d’une histoire vraie. Au final, ce dernier marche plutôt bien. On arrive à croire à cette histoire, même aux péripéties les plus improbables. Les deux personnages principaux sont attachants, même dans leurs pire aspects. On rit, même quand on ne devrait pas. Il y a dans ce film une réelle critique du système militaro-industriel américain. En effet, le spectateur suit le même chemin que nos deux protagonistes et finit pas trouver sympathique ce qui revient pourtant à vendre des armes pour tuer des êtres humains. En cela le film est aussi effrayant que drôle. Mais quelque part salutaire.

LES NOTES :
INFILTRATOR : 13/20
COMANCHERIA : 14/20
WAR DOGS : 12,5/20

L’OEUVRE DE DIEU, LA PART DU DIABLE (John Irving) : La plume et la machette

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loeuvrededieulapartdudiableOn entre dans certaines œuvres avec une facilité, une douceur, une fluidité, qui rappelle fort justement celle d’un couteau dans une motte de beurre ayant passé deux heures au soleil. Et puis, à l’inverse, il y a celles où l’on rentre à grands coups de machettes pour se frayer un chemin au milieu de pages dans lesquelles il n’est pas facile d’avancer. John Irving fait incontestablement partie des auteurs qui ne vous laisse pas glisser sur son écriture comme un pingouin sur la banquise. L’Oeuvre de Dieu, la Part du Diable en est une nouvelle preuve. Mais une bien jolie preuve.

L’Oeuvre de Dieu, la Part du Diable est un avant un roman de personnages. Ceux de romans ne sont pas de ceux qu’on a l’habitude de croiser. Les premiers chapitres s’efforcent de nous les présenter de manière assez précise et il est vrai que le lecteur est alors quelque peu décontenancé. Quel chemin va-t-on bien pouvoir faire avec ces protagonistes ? L’interrogation est certes quelque peu inquiète, mais aussi pleine de promesses, car il s’agit bien d’une vraie question. Nul ne peut deviner à l’avance où l’auteur à l’intention de nous emmener.

Je mentirai si je disais que ce chemin littéraire est au final le plus inoubliable que j’ai eu l’occasion de parcourir. Mais L’Oeuvre de Dieu, la Part du Diable fait tout de même partie de ces romans assez uniques pour être inoubliables. Cela ne les exonère pas de faiblesses. Ce roman en possède quelques unes notamment un dénouement qui n’a pas la forcé que l’on aurait espérer. Mais reste la plume d’un grand auteur qui nous ne facilite pas toujours la tâche, mais récompense nos efforts pas un style unique et une histoire qui ne l’est pas moins.

DIVINES : Le meilleur de l’année ?

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divinesafficheLes « banlieues » sont entrées dans le cinéma français par la grande porte avec La Haine. Mais pendant de longues années qui ont suivi, il est vrai qu’elles ont aussi vite qu’elles étaient apparues. Progressivement, la situation est cependant en train de changer avec de plus en plus de films nous plongeant au cœur de cette réalité bien plus multiple que l’on veut bien le dire, loin des clichés. Il est vrai cependant que l’omniprésence de la violence et la dureté qu’elle implique dans les rapports humains se retrouvent souvent au cœur de ces films. Divines se situe dans cette lignée. Et nous offre peut-être le meilleur film de l’année.

La force de ce film et tout le talent qui transpire de chaque image doit nous faire oublier toutes les polémiques autour de la personnalité de sa réalisatrice et de ses prises de position. Elle nous offre une histoire forte avec des personnages particulièrement marquants. L’histoire se rapproche il est vrai de celle de Bande de Filles. Mais son impact se situe plusieurs crans au-dessus de celui du film, par ailleurs très réussi, de Céline Sciamma. Divines fait sourire parfois, nous fait trembler aussi, mais au final nous bouleverse. Le scénario nous fait passer d’une émotion à l’autre constamment, comme si chaque moment léger était forcément rattrapé par une réalité incroyablement lourde. Beaucoup d’intelligence dans l’écriture, mélangée à une émotion brute et forte, donne un mélange détonnant.

divinesDivines se démarque aussi dans la forme. Il se situe dans un cinéma du réel et de l’intime. Sans toutefois l’égaler, la manière de filmer de Uda Benyamina rappelle celle d’Abdelatif Kechiche. Une proximité avec les personnages, leurs émotions à travers la moindre expression de leur visage, chaque soubresaut de leur corps. Le film nous offre notamment, sans aucune vulgarité, une des scènes les plus érotiques que je n’ai jamais vu au cinéma. Cette façon de nous plonger au plus près des protagonistes décuple les émotions qu’ils nous transmettent, comme si nous les ressentions nous même. Tout cela donne un magnifique et bouleversant moment de cinéma.

LA NOTE : 17/20

Fiche technique :
Réalisation : Uda Benyamina
Scénario : Uda Benyamina, Romain Compingt, Malik Rumeau
Adaptation et dialogues : Romain Compingt et Uda Benyamina
Photographie : Julien Poupard
Décors : Marion Burger
Montage: Vincent Tricon et Loïc Lallemand
Mixage Son: Samuel Aichoun
Production : Marc-Benoît Créancier (Easy Tiger)
Musique originale : Demusmaker

Casting :
Oulaya Amamra : Dounia
Déborah Lukumuena : Maimouna
Jisca Kalvanda : Rebecca
Kevin Mischel : Djigui
Yasin Houicha : Samir
Madjouline Idrissi : Myriam
Mounir Margoum : Cassandra
Farid Larbi : Reda

DERNIER TRAIN POUR BUSAN : Le meilleur de l’été

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derniertrainpourbusanafficheAlors que le cinéma hollywoodien n’arrive plus à mettre un blockbuster devant l’autre depuis quelques mois, c’est vers la Corée que se tournent les cinéphiles avertis en cette année 2016. Après le fantastique The Strangers en juin dernier, cet été a été marqué par un autre petit bijou venu de Seoul. Dernier Train pour Busan a clairement surnagé dans l’océan de médiocrité estival. Encore un film de genre diront quelques esprits chagrins, mais un film doté de qualités assez marquantes pour en faire un excellent film tout court.

Pourtant, le film de zombies apparaît un genre plus éculé que jamais. The Walking Dead semble avoir fini de banaliser cette thématique. Dernier Train pour Busan montre qu’il y a encore bien des situations à imaginer pour ravir un spectateur finalement pas encore blasé. Après, l’idée n’est pas non plus totalement révolutionnaire, des zombies dans un train, mais elle n’en restait pas moins inédite. Mais c’est surtout la réalisation qui permet à ce film d’être vraiment marquant.

derniertrainpourbusanDernier Train pour Busan ne réinvente pas les codes du genre, mais les manie avec une maestria qui nous fait entrer tout entier dans le film avec une déconcertante facilité. L’équilibre entre les différentes scènes est parfait. On a le temps de connaître et de s’attacher aux personnages, avant d’enchaîner des passages aussi bien d’angoisse que d’action et qui arrivent à se renouveler en permanence. La galerie de protagonistes est particulièrement réussie et joue un grand rôle dans la réussite de ce film. Mais c’est surtout la direction artistique qui fait la différence pour nous plonger au cœur du suspense, Les âmes les plus sensibles seront peut-être perturbées par le flot d’hémoglobine. Cependant, le film sait garder une certaine mesure. Ne souffrant d’aucune sorte de médiocrité, il n’a pas besoin de chercher à faire dans le spectaculaire et le gore à tout prix. Bref, tout cela donne un vrai moment de cinéma qui nous fait dire que le 7ème art n’est pas prêt de mourir.

LA NOTE : 15/20

Fiche technique :
Production : Red Peter Films
Réalisation : Sang-ho Yeon
Scénario : Sang-ho Yeon
Photo : Lee Hyung-deok
Décors : Lee Mok-won
Distribution : ARP Sélection
Effets spéciaux : Demolition
Durée : 118 min

Casting :
Gong Yoo : Seok-woo
Kim Su-an : Su-an
Jung Yu-mi : Sung-kyung
Ma Dong-seok : Sang-Hwa
Choi Woo-sik : Young-guk
An So-hee : Jin Hee

POUSSIERES D’ETE

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elvisandnixonafficheOn commence par un petit mot sur un film sorti bien avant les autres. Simplement, je me suis aperçu que j’avais oublié d’écrire une critique en temps en en heure. Elvis & Nixon est un film plaisant et surprenant. Plaisant car réalisé avec un certain talent et une vraie intelligence. Surprenant car elle nous raconte une histoire inattendue, à la fois réelle et imaginaire, celle de l’entrevue ayant vraiment eu lieu entre Elvis et le Président Nixon, dont les scénaristes imaginent la teneur. Mais il nous permet surtout d’assister à deux jolis numéros d’acteurs de la part de Michael Shannon et de Kevin Spacey.

On enchaîne avec Toni Ederman un film allemand de près de trois heures, dont certains affirment qu’il aurait du recevoir la Palme d’Or. Je ne pense pas avoir vu le même film qu’eux tant il s’assimile à un long moment de solitude. Solitude face à des personnages vis-à-vis desquels on a bien du mal à ressentir la moindre empathie, tant ils sont antipathiques. Entre la fille dépressive parce qu’elle travaille dans un cabinet de conseil qui l’envoie vivre en Roumanie et à qui on a envie de dire « c’est ton choix, vu ton diplôme, tu peux a priori faire autre chose » et son père qui est tout simplement insupportable et qui nous fait dire « avec un père comme ça, moi aussi je serai dépressif », il n’y a pas grand chose à sauver ce long désastre sans grand intérêt.

lefilsdejeanafficheVient ensuite, trois films français à ranger dans la série des « bien mais pas top ». Tout d’abord, le Fils de Jean. Le film est beau, l’histoire est bien racontée, même si on sent arriver le rebondissement d’un peu loin. L’émotion est là, on verse même une petite larme car cette fois on a pu s’attacher aux personnages. Enfin, rien ne vient non plus marquer profondément les esprits. Le sujet est moins fort que celui de Welcome, mais ça n’enlève rien au talent de Philippe Lioret dont le sens de la narration et de la direction d’acteurs restent remarquables. Et vu le quasi désert cinématographique qu’a représenté cet été, il est au final un des meilleurs films sortis à cette période.

Réunir à nouveau le réalisateur Pascal Chaumeil et Romain Duris à l’écran, après l’immense réussite de l’Arnacoeur, était particulièrement prometteur. Surtout avec un scénario signé Michel Blanc. Un Petit Boulot est effectivement convaincant, éminemment distrayant, sans pour autant atteindre des sommets. Une comédie sympathique, sans grande prétention, où tout le monde cabotine gentiment. Ca permet de passer un bon moment un soir de pluie, mais n’a pas l’épaisseur suffisante pour prétendre au titre de film culte.

frantzafficheEnfin, on termine avec Frantz de François Ozon. Un film qui a les mêmes qualités et les même défauts qui caractérisent sa filmographie. C’est esthétiquement très réussi, chaque plan est parfaitement cadré, les acteurs sont impeccablement dirigés, le récit est déroulé avec rythme et fluidité. C’est presque parfait… et comme d’habitude presque trop. A force de frôler une sorte de perfection académique, François Ozon oublie encore une fois de donner le petit supplément d’âme qui ferait toute la différente. Comme d’habitude, on admire plus son film qu’on ne le vit avec le cœur et les tripes. Et c’est toujours aussi dommage !

LES NOTES :
ELVIS & NIXON : 13/20
TONI EDERMAN : 06/20
LE FILS DE JEAN : 13/20
UN PETIT BOULOT : 12,5/20
FRANTZ : 12/20

BLOCKBUSTERS D’ETE : Morne saison

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jasonbourneafficheMaintenant que cette histoire de déménagement est passée, les cartons déballés, les livres rangés et les tableaux aux murs, il est temps de m’attaquer à la bonne trentaine de critiques en retard… Tâche assez herculéenne et qui va nécessiter quelques expédients comme l’écriture de critiques collectives. Nous allons donc commencer par la série de blockbusters très médiocres qui ont peuplé notre été. Une saison cinématographique vraiment décevante dont il n’y a pas grand chose à sauver.

Commençons par les films pas vraiment bons, mais même pas assez mauvais pour être vraiment remarquables. Bref les productions les plus inutiles à savoir Jason Bourne et Star Trek : Sans Limites. Deux films qui nous proposent quelques moments d’action certes distrayants, mais noyés au milieu d’un grand vide. Aucune imagination, aucun renouveau, aucun nouvel élément ou personnage marquant. Bref, deux archétypes de l’exploitation éhontée de franchise à succès. Certes, le spectateur est toujours heureux de retrouver les protagonistes, mais les scénaristes n’ont tellement rien à apporter de marquant qu’on aurait largement préféré qu’ils s’abstiennent.

commedesbetesJ’aurais pu ranger Insaisissables 2 dans la même catégorie. Cependant, il est nettement plus décevant car bien meilleur… dans sa première partie, avant de s’épuiser totalement après quelques bonnes idées. Le scénario ne tient clairement pas la route et sans l’effet de surprise du premier, on n’est plus du tout ébloui par la virtuosité de nos prestidigitateurs. Il y a une volonté de faire plus fort et plus spectaculaire, mais cela provoque exactement l’effet inverse. Ca sent le réchauffé et le plat en perd beaucoup de sa saveur.

On enchaîne avec deux blockbusters qui tiennent au final plus de la série B. Elles souffrent toutes les deux du même mal que le film précédent, mais à des degrés précédents. Nerve commence de manière sympathique et on entre volontiers dans cette histoire. Mais le propos s’essouffle très vite, enchaînant les idées convenues avant un grand final qui tourne au grand n’importe quoi. Instinct de Survie – The Shallows ne déçoit que par l’ultime dénouement. Malheureusement, tout le film est fait pour nous amener à ce moment et on est forcément du coup globalement un peu déçu.

suicidesquadaffichePetite déception aussi avec Comme des Bêtes, film d’animation sympathique au demeurant, mais loin des promesses que laissait entrevoir la bande-annonce. C’est au final gentillet, mais sans vraiment moment de bravoure qui aurait pu laisser une vraie trace. Le film souffre globalement d’un grand manque d’audace. Il y avait pourtant matière.

Mais que dire du grand raté de cet été cinématographique ! Suicide Squad aurait du être le blockbuster de l’été, que dis-je de l’année ! Il y avait tout pour nous livrer une œuvre subversive à l’humour noir. Là aussi, la bande-annonce laissait entrevoir le meilleur. Le résultat final est terriblement édulcoré, avec un dénouement qui sentirait presque la guimauve. On a du mal à croire à un tel gâchis, tant il y avait matière à faire infiniment mieux. La peur du politiquement trop incorrect laisse le film même pas au milieu du gué, mais à quelques centimètres du bord. Et du mauvais bord !

sosfantomesafficheOn termine par la seule petite éclaircie dans cet orage de médiocrité avec SOS Fantômes. Il y aurait pourtant beaucoup à reprocher à ce film où, encore une fois, beaucoup de bonnes idées ne sont pas exploitées jusqu’au bout. Mais le film bénéficie d’un avantage sur tous ceux qui ont précédé dans ce billet… Il ne se prend pas au sérieux !!! Il y a un côté potache très sympathique dans ce film. Les fans de l’original (dont fait partie votre serviteur) retrouveront avec joie une foule de clins d’œil à l’œuvre original, notamment quelques caméos du casting original. Le film a la bonne idée de ne pas être vraiment un remake mais revisite simplement une même idée de départ. Et cerise sur le gâteau, le film prouve que Chris Hemsworth est capable de jouer la comédie ! Et ceci n’est pas un mince exploit !

LES NOTES :
JASON BOURNE : 08/20
STAR TREK : SANS LIMITES : 09,5/20
INSAISISSABLES 2 : 09/20
NERVE : 06/20
INSTINCT DE SURVIE – THE SHALLOWS : 11,5/20
COMME DES BETES : 11,5/20
SUICIDE SQUAD : 07/20
SOS FANTOMES : 13/20

INDEPENDENCE DAY 2 : Navet de l’espace

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independenceday2afficheavons tous nos têtes de Turc, des personnes à qui l’on ne pardonne rien et dont on prend un malin plaisir à dire du mal aussi souvent que possible. En tant que critique cinématographique amateur, j’en possède quelques unes. Mais je pense que la plus grande d’entre elles se nomme Roland Emmerich, En effet, ce cinéaste…enfin cet homme derrière une caméra symbolise pour moi toute l’injustice du monde ! Etre à ce point dénué de talent et de personnalité artistique et se voir confier des moyens colossaux que de vrais metteurs en scène pourraient mettre à profit pour nous offrir des chefs d’oeuvres est quelque chose d’insupportable à mes yeux. Il est la figure faustienne du cinéma, ayant vendu son âme à des producteurs américains, nous livrant des films d’un patriotisme US totalement insupportable, lui qui est Allemand. Je suis donc aller voir Independence Day 2 pour avoir l’immense plaisir d’offrir une critique acide au cour de laquelle je pourrais me lâcher, ce qui fait quand même du bien parfois. Et de ce point de vue là, en toute objectivité, promis, je n’ai pas été déçu du voyage !

Et pourtant, j’ai cru pendant une bonne heure que j’allais être pris totalement à défaut et agréablement surpris. Non que le début de Independence Day 2 soit celle d’un chef d’oeuvre potentiel, mais ça se tient et ça évite pas mal de travers auquel Roland Emmerich nous a habitué. On se dit alors qu’on va juste assisté à un divertissement quelque peu médiocre, mais pas désagréable. Mais ceci n’est qu’illusion, puisque mon grand ami avait réservé le meilleur (ou le pire) de lui même pour la fin. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’y est pas allé de main morte. Car ce n’est pas un, ce n’est pas deux, mais bien trois Présidents (ou ex-Présidents ne chipotons pas) des Etats-Unis qui mettent la main à la pâte pour combattre en première ligne les méchants vilains aliens et ainsi sauver l’humanité, si ce n’est, cette fois, l’univers tout entier. A ce niveau, on pourrait y voir presque de l’audace, mais cela rend juste le film totalement insupportable, surtout que rien par ailleurs ne donne envie de s’enthousiasmer.

independenceday2Les scènes d’action, les effets spéciaux, tout tombe dans le toujours plus, encore plus gros, encore plus fort. Cette course à la surenchère fait perdre toute velléité de donner ne serait-ce qu’un début d’âme aux personnages et à l’histoire en général. Tout est totalement prévisible. Le film nous propose même l’immuable scène où le chien est sauvé, clin d’oeil de Roland Emmerich à sa propre oeuvre, dont il souligne en fait par là son indigne faiblesse. Independence Day 2 est d’une médiocrité confondante. On ne s’y ennuie jamais vraiment peut-on répondre, mais c’est aussi que la prise de risque est inexistante. Tout est formaté, sans imagination et parfois, avouons-le, totalement idiot. Mais le pire dans tout ça, c’est que la porte est grande ouverte pour un troisième volet. Les producteurs hollywoodiens ont donc encore beaucoup d’argent à consacrer à ce niveau zéro du cinéma. Mais il faut croire que ça marche…. La preuve, j’y suis allé et j’irai très certainement voir le troisième volet pour dire évidemment tout le mal que j’en penserai.

LA NOTE : 5/20

Fiche technique :
Production : Centropolis Entertainment, TSG Entertainment, Electric Entertainment, Stereo D
Distribution : 20th Century Fox
Réalisation : Roland Emmerich
Scénario : Roland Emmerich, Carter Blanchard, Dean Devlin
Montage : Adam Wolfe
Photo : Markus Förderer
Décors : Barry Chusid
Musique : Harald Kloser, Thomas Wanker
Durée : 121 min

Casting :
Judd Hirsch : Julius Levinson
Sela Ward : la Présidente des États-Unis Elizabeth Lanford
Vivica A. Fox : Jasmine Dubrow
Charlotte Gainsbourg : Dr. Catherine Marceaux
Maika Monroe : Patricia Whitmore
Jessie Usher : Dylan Dubrow
Liam Hemsworth : Jake Morrison
Travis Tope : Charlie

LA DESIRADE (René Exbrayat) : Tétralogie bien conclue

ladesirade

ladesiradeAvec La Désirade s’achève la tétralogie les Bonheurs Courts de René Exbrayat. Une tétralogie qui avait démarré sur les chapeaux de roue avant deux tomes beaucoup plus moyens. Mais c’est la marque des grands auteurs de savoir conclure en beauté. Bon après, reste à savoir si René Exbrayat est un grand auteur. En tout cas, avec ce roman, il conclut son long récit avec talent, à défaut de génie.

Si on commence par le négatif, on peut regretter que la Désirade tourne le dos défintivement à ce qui avait fait tout le charme de la Lumière du Matin, le premier volet de la tétralogie. En effet, ce dernier mêlait de manière très dynamique la destinée des personnages avec les grands événements du 19ème siècle. Ce mélange a peu à peu disparu pour laisser place à un récit beaucoup plus classique, pas forcément inintéressant mais qui perdait là sa réelle plus-value. Dans ce dernier volet, l’aspect historique est devenu totalement anecdotique et c’est bien dommage.

Mais en apportant du sang neuf et nous présentant une nouvelle génération de cette longue saga familiale, la Désirade parvient à relancer le récit avant de le conclure. Cela provoque un vrai regain d’intérêt car les nouveaux arrivants sont beaucoup plus réussis que la génération qui a précédé. Certes, le dénouement est un poil décevant, nous emmenant dans des bons sentiments quelque peu prévisibles, mais on reste quand même globalement sur une note positive pour achever cette tétralogie.

LE BGG – LE BON GROS GEANT : Le beau mais pas si géant

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lebggafficheIl n’y a pas d’âge pour être un grand enfant. Et tout le génie du monde ne vous préserve pas de ce travers qui n’en est pas un. Steven Spielberg en est la preuve, lui qui a presque livré un film autobiographique en consacrant une de ses œuvres au mythe de Peter Pan. Il en est la preuve au travers de le BGG – Le Bon Gros Géant, un conte tiré de Roald Dhal. Ne connaissant pas l’œuvre originale, je ne peux dire s’il s’agit d’une adaptation fidèle, mais le film souffre d’une histoire assez faiblarde que ne peut compenser une réalisation toujours aussi parfaite !

Le BGG – Le Bon Gros Géant ne parvient jamais vraiment à nous entraîner dans un récit qui incite pourtant au rêve et parle à notre imaginaire. Faute de rythme, d’épaisseur du propos ou de vrai souffle épique. Si la première moitié pourrait presque apparaître comme prometteuse, le film rate totalement un tournant crucial du scénario. Le début de dynamique est totalement cassé par une beaucoup trop longue séquence lourdingue et interminable. Cela nous amène vers un dénouement qui ne nous fait pas vibrer, faute de plus d’avoir ressenti un attachement fort envers les personnages.

lebggPar contre, visuellement le BGG – Le Bon Gros Géant est simplement sublime. Je ne parle même pas des effets spéciaux. Ceux-ci sont parfaitement réalisés, avec une petite touche vintage qui donne un certain charme à l’univers graphique du film. A côté de ça, on sent partout la patte d’un très grand cinéaste. La photographie, les cadrages, la manière dont la caméra navigue dans cet univers imaginaire, tout est parfait, pensé et précis. Le film est donc globalement beau, mais globalement loin d’être emballant.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : Amblin Entertainment, Walt Disney Pictures, Walden Media, Reliance Entertainment, The Kennedy/Marshall Company
Réalisation : Steven Spielberg
Scénario : Melissa Mathison, d’après le roman de Roald Dahl
Montage : Michael Kahn
Photo : Janusz Kaminski
Décors : Rick Carter
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures France
Musique : John Williams
Costumes: Joanna Johnston
Durée : 115 min

Casting :
Mark Rylance : Le bon gros géant
Ruby Barnhill : Sophie
Rebecca Hall : Mary
Penelope Wilton : La Reine
Bill Hader : Bloodbottler
Rafe Spall : L’intendant de la Reine

NICE BAIE D’AISANCE (Serge Livrozet) : Poulpe humain

nicebaiedaisance

nicebaiedaisanceLes Jeux Olympiques ayant touché à leur fin, il est temps de reprendre le cours de mes activités normales. Et parmi elles, nourrir un peu ce blog que j’ai délaissé depuis deux semaines. Surtout que cela fait quelque temps déjà que j’ai fini Nice Baie d’Aisance, un nouvel épisode des aventures du Poulpe. L’auteur est cette fois Serge Livrozet, un écrivain engagé ayant participé au lancement du journal Libération. Il apporte une vision assez personnelle sur ce personnage qui n’appartient à personne.

Nice Baie d’Aisance met l’accent sur les émotions du détective aux longs bras (d’où son surnom). Il est moins cynique, moins drôle peut-être du coup, mais plus touchant, plus attachant, plus humain. L’intrigue policière constitue plus un prétexte qu’autre chose pour mettre en lumière les pensées et les sentiments du Poulpe. Cela ne donne pas un récit passionnant, mais un récit que l’on a beaucoup de plaisir à lire quand on apprécie déjà par ailleurs cet univers.

De plus, Nice Baie d’Aisance est plutôt bien écrit. Les Poulpe sont souvent écrits par des auteurs venus du journalisme. Ici, on sent un style plus littéraire et, pour tout dire, nettement plus agréable que d’habitude. Cela renforce la singularité de cet épisode plaisant et réussi. Moins axé sur l’humour, moins exotique, mais plus subtil et qui laisse plus de place à l’humain.