LE LENDEMAIN : Attention fragile !

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lelendemainafficheLes adolescents difficiles ont le vent en poupe au cinéma. Après Mommy venu du Québec, ou encore la Tête Haute, un des plus beaux films français de l’année dernière, voici le Lendemain qui nous vient de Suède. Un film riche qui nous parle plus largement de la difficulté à échapper à son passé quand il forge le regard des autres. Un film particulièrement convaincant par certains côtés… mais nettement moins par d’autres.

Le Lendemain nous offre une très belle rencontre avec un personnage qui sait nous toucher, malgré son infinie ambiguïté. On s’y attache malgré un mutisme prononcé, on finit par ressentir une très forte empathie. Du coup, on se laisse porter par cette histoire qui porte une vraie réflexion, sans avoir pour autant la prétention d’apporter des réponses définitives. C’est à chacun de s’approprier ce qui lui est présenté. Le spectateur est amené à se demander quelles auraient été ses réactions dans une telle situation.

lelendemainLe soucis est cependant que le Lendemain repose sur une base scénaristique fragile. En effet, l’histoire repose sur l’idée que le jeune homme, après avoir purgé sa peine, revienne dans son lycée. J’ai beau être particulièrement tolérant, il est vrai que je ne sais comment je réagirais si je voyais revenir le meurtrier d’une de mes amies. On peut facilement trouver ce choix absurde et qu’il provoque de manière assez artificielle beaucoup des problèmes auquel il se retrouve confronter. On peut facilement passé au-dessus, mais cela nuit tout de même à la solidité du propos.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Magnus von Horn
Scénario : Magnus von Horn
Costumes : Anna-Karin Cameron
Photographie : Łukasz Żal
Montage : Agnieszka Glińska
Production : Madeleine Ekman et Mariusz Wlodarski
Durée : 102 minutes

Casting :
Ulrik Munther : John
Mats Blomgren : Martin
Wieslaw Komasa : le grand-père
Alexander Nordgren : Filip
Loa Ek : Malin
Ellen Mattsson : Bea
Sven Ahlström : le père de Kim
Stefan Cronwall : Grannen
Felix Göransson : Korv-Hannes
Oliver Heilmann : Kim
Inger Nilsson
Cecilia Wilhelmsson : le professeur de gymnastique

JULIETA : A fond la forme

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julietaafficheLa forme et le fond forment les deux faces d’une même pièce qui fait la qualité des films. Les grands films sont ceux qui arrivent à lier les deux pour créer une synergie qui les conduit à la perfection. D’autres ne brillent que par une seule face. Du coup, on est toujours partagé entre l’envie de s’enthousiasmer pour ce qui est particulièrement réussi et la frustration que le reste ne soit pas au niveau. Julieta, le nouveau film de Pedro Almodovar, m’a laissé sur un tel jugement mitigé.

Jamais Pedro Almodovar ne nous avait raconté une histoire aussi peu intéressante. Il nous offre un nouveau portrait de femme, mais assez peu inspiré. Il ne suffit pas de nous présenter des personnages tourmentés pour que l’on soit ému par leurs tourments. On compatit certes, mais plus par pitié qu’à travers une souffrance partagée avec le spectateur. Bref, Julieta réalisé par un autre cinéaste n’aurait pas eu grand intérêt.

julietaA l’inverse, jamais Pedro Almodovar ne nous avait proposé un film aussi beau. La photographie de Julieta est tout simplement sublime. Le travail sur les couleurs est réellement fantastique, faisant de ce film un vrai plaisir pour les yeux. Certains trouveront ça peut-être insuffisant pour se rendre dans une salle obscure. Mais les amateurs du 7ème art apprécieront cette qualité visuelle à sa juste valeur. Dommage simplement qu’elle soit un peu seule.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : El Deseo, FilmNation
Réalisation : Pedro Almodóvar
Scénario : Pedro Almodóvar, d’après des nouvelles d’Alice Munro
Montage : José Salcedo
Photo : Jean-Claude Larrieu
Décors : Antxon Gomez
Distribution : Pathé distribution
Musique : Alberto Iglesias, Chavela Vargas
Effets spéciaux : El Ranchito
Durée : 96 min

Casting :
Emma Suárez : Julieta
Adriana Ugarte : Julieta jeune
Daniel Grao : Xoan
Inma Cuesta : Ava
Rossy de Palma : Marian
Michelle Jenner : Beatriz
Darío Grandinetti : Lorenzo

BOULEVARD : Goodbye Mister Williams

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boulevardafficheC’est bien connu les cimetières sont plein de gens indispensables et formidables. On est forcément toujours enclin de dire beaucoup de bien des personnes décédées, mais certaines mérites ces éloges. Le suicide de Robin Williams a bouleversé tous les cinéphiles. Un acteur qui aura joué dans un certain nombre de navets, mais aura livré des rôles aussi différent que son talent était immense. Boulevard restera un de ces derniers films, distribué tardivement en France et dans une indifférence totale. Certes, l’histoire n’est pas la plus intéressante qui soit. Mais l’interprétation est magnifique.

Boulevard prend une résonance particulière quelques jours après le drame d’Orlando. Le film a malheureusement désormais quasiment déserté nos écrans. Cependant, toutes ces émotions ne doivent pas obscurcir notre jugement et nous faire oublier que si le sujet est digne d’intérêt, son traitement est ici relativement imparfait. On s’attache aux personnages, on est ému, touché, mais on s’ennuie quand même un peu parfois. Le tout manque de tension et d’intensité pour vraiment nous saisir. Il souffre sans doute d’un excès de pudeur.

boulevardPar contre, la performance de Robin Williams est tout point remarquable. Il fait preuve d’une sobriété et d’une justesse rares. Il prouve une nouvelle fois qu’il savait être bien plus qu’un comique cabotin. La liste des films qui le prouve est longue, mais Boulevard y occupe une place de choix. A ses côtés, le jeune Roberto Aguire est lui aussi très convaincant et Kathy Baker apporte à ce film un petit supplément d’âme. Pas assez malheureusement pour donner une autre dimension à ce film qui manque quelque peu d’épaisseur.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Réalisation : Dito Montiel
Scénario : Douglas Soesbe
Direction artistique : Angela Messina
Décors : Brit Doyle
Costumes : Carlos Rosario
Photographie : Chung Chung-hoon
Montage : Jake Pushinsky
Musique : Jimmy Haun et David Wittman
Production : Monica Aguirre Diez Barroso, Ryan Belenzon, Mia Chang et Jeffrey Gelber
Durée : 88 minutes

Casting :
Robin Williams : Nolan Mack
Bob Odenkirk : Winston
Kathy Baker : Joy
Giles Matthey : Eddie
Eleonore Hendricks : Patty
Roberto Aguire : Leo
J. Karen Thomas : Cat

LAZARETTO (Jack White), BLACK HOURS (Hamilton Leithauser), BURN YOUR FIRE FOR NO WITNESS (Angel Olsen) : Valeur sûre et découverte

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lazarettojackwhiteOn début cet avis musical par un de mes artistes contemporains préférés, à savoir Jack White. En duo ou en solo, il nous livre toujours d’excellents albums. Pour preuve, Lazaretto, sorti en 2014. On y retrouve immédiatement son énergie, sa folie et son ton toujours très rock. Il concilie une énergie folle et une maîtrise parfaite. L’album comprend bien quelques moments de flottement mais ça ne dure jamais très longtemps. Globalement, il est donc de très bonne qualité avec en première ligne les titres Temporary Ground, un joli duo, et Alone in my Home.

blackhourshamiltonleithauserOn enchaîne avec une première jolie découverte, à savoir Hamilton Leithauser, un artiste américain qui signe avec Black Hours un très bon premier album solo. Il met parfaitement en valeur sa voix posée et particulièrement prenante. Sa musique est maîtrisée, à la fois calme et entraînante, se caractérisant par des instrumentations assez sobres. La qualité est constante pour un album vraiment convaincant auquel il ne manque qu’un titre phare.

burnyoufirefornowitnessangeloslenOn termine par une seconde jolie découverte qui nous vient une nouvelle fois des Etats-Unis. Angel Olsen signe avec Burn You Fire for No Witness une jolie album. Le premier titre ressemble à du Joan Baez avant d’enchaîner sur des titres plus rock. Sa voix est profonde et chaude. Elle propose un album globalement de qualité, même si ce n’est jamais hyper percutant. On retiendra tout de même Lights Out, le meilleur titre de l’album.

WARCRAFT : LE COMMENCEMENT : Voyage en sécurité

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warcraftafficheLes films adaptés de jeux vidéos ont souvent alternés le pire et le pas très bon. Du coup, l’annonce de l’arrivée de Warcraft : le Commencement sur les écrans n’avait pas réellement déchaîné d’attentes particulières. Puis les premières bandes-annonces sont arrivées et elles faisaient bien plus envie que ce que l’on pouvait imaginer. C’est donc avec confiance que je m’y suis rendu. Le résultat ne m’a pas déçu. Mais ne m’a pas enthousiasmé non plus il est vrai.

Warcraft : le Commencement est un film sans véritablement d’âme. Pas vraiment de défaut, mais aucune prise de risque. Tout reste superficiel, aussi bien l’histoire dénuée de vraies surprises que les personnages qui ressemblent parfois à un catalogue d’archétypes du genre. Le tout est cependant rythmé, alternant les phases de découverte de l’univers avec des scènes d’action plutôt bien menées. On ne s’ennuie donc jamais, sans pour autant tomber en amour faute d’une véritable magie qui dépasserait une efficacité toute commerciale.

warcraftWarcraft : le Commencement est visuellement plutôt réussi. Là aussi c’est d’une froide efficacité, mais on échappe au côté cheap qu’on eu beaucoup de films du genre. Les effets spéciaux donnent vraiment naissance à cet univers, mais ne le sublime pas. Bref, le film est globalement réussi, mais joue trop la sécurité pour être vraiment inoubliable. Il aura forcément une suite. On l’attend sans impatience, mais on prendra un certain plaisir à repartir dans ce monde.

LA NOTE:11,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Duncan Jones
Scénario : Duncan Jones et Charles Leavitt d’après le jeu vidéo Warcraft créé par Chris Metzen
Direction artistique : Gavin Bocquet
Décors : Dan Hermansen, Helen Jarvis, Margot Ready et Grant Van Der Slagt
Costumes : Mayes C. Rubeo
Montage : Paul Hirsch
Musique : Ramin Djawadi1
Photographie : Simon Duggan
Production : Alex Gartner, Jon Jashni, Charles Roven et Thomas Tull
Durée : 123 minutes

Casting :
Travis Fimmel : Sir Anduin Lothar, chevalier de Hurlevent
Paula Patton : Garona Miorque
Ben Foster : Medivh, le Gardien et Protecteur d’Azeroth
Dominic Cooper : le roi Llane Wrynn, souverain de Hurlevent
Toby Kebbell : Durotan, chef du clan orc des Loups-de-Givre
Ben Schnetzer : Khadgar, ancien apprenti de Medivh
Robert Kazinsky : Orgrim Marteau-du-Destin
Daniel Wu : Gul’dan
Ruth Negga : Lady Taria Wrynn, épouse du roi, sœur d’Anduin Lothar
Anna Galvin : Draka
Clancy Brown : Main-Noire, le Destructeur
Terry Notary : Grommash Hurlenfer
Dylan Schombing : le prince Varian Wrynn
Callum Keith Rennie : Moroes
Burkely Duffield : Callan
Dean Redman : Varis
Ryan Robbins : Karos
Michael Adamwhaite : le roi Magni Barbe-de-Bronze
Andre Tricoteux : le capitaine de guerre des Orcs

X-MEN : APOCALYPSE : Pas l’Apocalypse, mais…

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xmenapocalypseafficheLes films Marvel c’est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Quelques fois, c’est celui avec un cœur praliné trop fondant qui vous fait fondre par la même occasion. D’autres fois, c’est celui qui contient l’alcool immonde, trop mauvais pour être vendu en bouteille et que l’on refourgue par ce biais là. Malheureusement, X-Men : Apocalypse fait malheureusement partie des mauvaises surprises. Car même sans rien en attendre, il se révèle terriblement décevant.

Je ne vais pas discourir longuement sur tous les problèmes de cohérences que pose X-Men : Apocalypse par rapport à la trilogie X-Men originale. Cela ne gênera que les fans comme moi, cependant c’est assez révélateur de la grande médiocrité du scénario. Un scénario qui met un temps fou à vraiment démarrer avant un combat final sans grand intérêt. Au final le seul intérêt de ce film est de savoir comment le Professeur Xavier est devenu chauve. Certes, c’est un détail d’importance, mais déployer tant de moyens et près de deux heures et demi de film.

xmenapocalypseLes scénaristes ont fait preuve d’une telle paresse pour cet épisode qu’ils en viennent à recycler des scènes déjà vue précédemment, en particulier l’intervention de Vif-Argent. Recycler, mais en moins bien, donc sans offrir grand plaisir au spectateur. Bref, on est souvent au bord de l’ennui, les scènes d’action nous sortent de notre torpeur mais sans nous enthousiasmer. Donc pas grand chose à retenir de X-Men : Apocalypse qui ne fait pas honneur à un méchant majeur de l’univers Marvel mais dont la carrière cinématographique sera insignifiante.

LA NOTE : 07/20

Fiche technique :
Production : 20th Century Fox, Marvel Entertainment, Bad Hat Harry Productions, Donners’ Company, Kinberg Genre, TSG Entertainment
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Bryan Singer
Scénario : Simon Kinberg
Montage : Michael Louis Hill, John Ottman
Photo : Newton Thomas Sigel
Décors : Grant Major
Musique : John Ottman
Maquillage : Diala Aleid, Nicole Sortillon Amos
Durée : 147 min

Casting :
Oscar Isaac : En Sabah Nur / Apocalypse
Nicholas Hoult : Hank McCoy / Beast
Jennifer Lawrence : Raven / Mystique
Michael Fassbender : Erik Lehnsherr / Magneto
James McAvoy : Professor Charles Xavier
Rose Byrne : Moira Mactaggert
Evan Peters : Peter Maximoff / Quicksilver
Sophie Turner : Jean Grey

LE TRONE DE FER, L’INTEGRALE, TOME 3 (George R.R. Martin) : Plaisir complet

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letronedeferintegrale3Les éditeurs français d’heroic fantasy sont des petits malins. Histoire de gagner un peu plus d’argent, ils ont la fâcheuse habitude de découper les romans étrangers en plusieurs tomes au moment de la traduction. Du coup, au lieu d’acheter un seul livre, vous pouvez être amené à en acheter jusqu’à quatre. C’est le cas notamment pour le Trône de Fer. Ainsi le tome 3 de l’édition originale correspond aux tomes 6, 7, 8 et 9 de l’édition française… rien que ça ! Heureusement, lorsqu’on le lit sous la forme « d’intégrale », on retrouve l’organisation du récit d’origine. Et c’est fort appréciable.

J’avais souvent reproché aux tomes précédents de faire un peu le yoyo entre certains plus intenses et d’autres plus faibles. Je comprends mieux pourquoi désormais. En effet, le Trône de Fer l’Intégrale, tome 3, forme bien une œuvre cohérente avec un début et une fin et une logique dans la progression. Un découpage en 4 supprimerait cette logique. Il s’agit donc de ma plongée la plus enthousiasmante dans cet univers, la plongée la plus totale en tout cas. Evidemment, cet enthousiasme est également soutenu par la présence de passages mémorables, notamment ces fameuses Noces Pourpres que tous les amateurs de cette saga connaissent. J’avoue avoir rarement refermé un livre dans un tel état de stupéfaction, combien même j’avais été largement spoilé.

Cependant, Le Trône de Fer l’Intégrale, tome 3 n’échappe pas au reproche que je formule depuis le début. Si l’imagination de George R.R. Martin est foisonnante, si l’univers qu’il a crée est fascinant, si la richesse des intrigues et des personnages est stupéfiante, sa plume est quand même assez confuse. C’est même pour tout dire assez souvent mal écrit et il faut parfois s’accrocher pour comprendre ce qui se passe réellement. Déjà parce que c’est complexe, mais aussi du fait d’une certaine lourdeur de l’écriture qui manque franchement de simplicité parfois. L’emprise sur le lecteur reste néanmoins incroyablement forte. Qu’est ce que cela aurait été avec un style d’un autre acabit ?

MA LOUTE : Douleur cinématographique

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malouteafficheCertains films sont inintéressants, voire carrément ennuyeux. Il nous plonge dans une torpeur plus ou moins profonde et rende le temps un peu long. On peut laisser librement son esprit divaguer sans trop de scrupule. Au final, on aura perdu un peu plus d’une heure et demi et le prix d’une place de cinéma. Mais certains vont beaucoup plus loin. Ils vous infligent une véritable torture. Ils vous agressent, vous font saigner des yeux et des oreilles en vous donnant l’envie de hurler votre douleur. J’ai déjà vécu ça avec Les Parapluies de Cherbourg ou Mama Mia. Ma Loute est venu s’ajouter à la liste.

Il y a une frontière entre être original et faire n’importe quoi. Ma Loute la franchit allégrement. C’est d’une bêtise sans nom, jamais drôle, absolument pas intéressant. Les personnages sont risibles dans le très mauvais sens du terme. Etre fantasque ne signifie pas que l’on doit aligner les idées sans se soucier de savoir si elles sont bonnes ou mauvaises… surtout quand elles sont à peu près toutes déplorables. On aurait presque pitié, si le tout ne vous mettait pas mal à l’aise tellement c’est affligeant.

malouteLe pire dans Ma Loute reste de loin la direction d’acteurs. L’exploit réussit par Bruno Dumont est tout de même assez exceptionnel. Transformer Fabrice Luchini et Juliette Binoche en clowns pitoyables n’est pas donné à tout le monde. On est gêné pour eux et on souffre profondément de voir ces deux immenses comédiens humiliés ainsi publiquement. Le reste du casting ne vaut guère mieux, à l’exception de la jeune Raph, la seule à qui on demande d’être un minimum naturelle. Le malaise dure tout de même un peu plus de deux heures. Et deux heures de souffrance cinématographique aussi intense restent une épreuve que je ne souhaite à personne.

LA NOTE : -1

Fiche technique :
Production : 3B Productions, Arte France cinéma, Pallas Film, TwentyTwenty Vision
Réalisation : Bruno Dumont
Scénario : Bruno Dumont
Montage : Bruno Dumont, Basile Belkhiri
Photo : Guillaume Deffontaines
Décors : Riton Dupire-Clément
Distribution : Memento Films Distribution
Son : Philippe Lecoeur
Durée : 122 min

Casting :
Fabrice Luchini : André Van Peteghem
Juliette Binoche : Aude Van Peteghem
Valeria Bruni Tedeschi : Isabelle Van Peteghem
Jean-Luc Vincent : Christian Van Peteghem
Brandon Lavieville : Ma Loute
Raph : Billie, Billy

HANA ET ALICE MENENT L’ENQUETE : Doublé superflu

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hanaetalicemenentlenqueteafficheIl est loin le temps où l’animation japonaise se résumait dans nos esprits hexagonaux au dessins-animés atrocement doublés, parfois massacrés au montage, qui peuplait le Club Dorothée. Hayao Miyazaki est passé par là, mais pas que lui. Nos écrans accueillent désormais régulièrement des œuvres diverses et variées, généralement de grande qualité. Les distributeurs ayant le choix, il est logique de les voir ne choisir que le meilleur d’une production nipponne très importante et surtout très variée. Mais parfois, leur choix laisse plus circonspect comme pour Hana et Alice Mènent l’Enquête.

On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même. C’est sûrement ce qu’a du se dire Shunji Iwai au moment de choisir le scénario de son premier film d’animation. En effet, Hana et Alice Mènent l’Enquête est une version animée d’un film « classique » de… Shunji Iwai. Au moins n’a-t-il pas eu trop de mal à s’approprier l’histoire. En fait, c’est à peu près la seule chose de vraiment remarquable que l’on peut dire sur ce film pas totalement désagréable à suivre… mais dont on se demande parfois ce qu’il fait sur grand écran.

hanaetalicemenentlenqueteEn effet, Hana et Alice Mènent l’Enquête nous raconte une histoire pas vraiment passionnante. C’est d’ailleurs assez étonnant de se dire qu’elle a donné naissance à deux films. Comme quoi la valeur ne se mesure pas au nombre de ses enfants. A côté de ça, visuellement, le film n’est pas très beau. Il est évident que cela provient bien de choix artistiques volontaires pour donner un style visuel au film, mais on a connu des choix plus inspiré. Bref, un film oubliable et pas très intéressant.

LA NOTE : 09/20

Fiche technique :
Scénariste : Shunji Iwai
Compositeur : Shunji Iwai
Producteurs : Naoki Iwasa, Aki Mizuno
Directeur de la photographie : Chigi Kanbe
Directeur artistique : Hiroshi Takiguchi
Directeur artistique effets visuels : Yuhei Sakuragi
Directeur de l’animation : Yoko Kuno

Casting :
Yû Aoi : Hana
Anne Suzuki : Alice
Shôko Aida
Sei Hiraizumi
Ryo Katsuji
Midoriko Kimura
Tae Kimura
Haru Kuroki : Satomi Hagino

ELLE : Dérapage incontrôlé

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elleafficheLes films sont comme des trains. Quand tous les boulons sont bien serrés, quand tout est bien en ligne, quand il y a ce qu’il faut d’huile dans les rouages, le tout file à grande vitesse et sans heurt vers une destination ensoleillée. Mais voilà parfois les trains déraillent. Les films aussi. Elle ressemble tout d’abord à un TGV glissant sur des rails parfaitement ajustés. Puis à un moment donné, le voyage devient nettement plus chaotique.

On retrouve dans Elle la patte d’un immense réalisateur. Paul Verhoeven prouve qu’il reste un cinéaste majeur. Sa direction d’acteurs est magistrale. Si Isabelle Huppert n’est certainement pas la comédienne la plus difficile à diriger, tant son talent est immense, il lui offre ici un des rôles les plus marquants de sa très longue carrière. Mais c’est bien tout le casting qui est tiré vers le haut, à l’image de Virginie Efira qui offre plus de profondeur dans son jeu dans ce second rôle que dans tout le reste de sa filmographie cumulée. La mise en scène, la photographie sont elles aussi celle d’un grand artiste du 7ème art.

elleLe scénario est pendant longtemps absolument passionnant. Troublant pour ne pas dire dérangeant, il nous emmène sur des chemins sombres dont on ne peut deviner une seule seconde où ils nous mèneront. Une descente à l’aveugle dans les recoins de l’âme humaine. Mais une fois que les lumières s’allument quelque peu, que le brouillard du mystère se dissipe, le scénario devient… excusez-moi l’expression… un peu con… Je suis désolé, mais je n’ai pas trouvé d’expression plus soutenue pour décrire mon sentiment. Cela m’a fait sortir du film. Elle est alors devenu un bel objet mais par certains côtés un peu ridicule. Loin de l’enthousiasme provoqué par une première moitié totalement convaincante. Dommage qu’il n’ait pas atteint la gare vers laquelle il semblait se diriger.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : SBS Productions, France 2 Cinéma, Twenty Twenty Vision Filmproduktion GmbH
Réalisation : Paul Verhoeven
Scénario : David Birke, d’après le roman
Montage : Job ter Burg
Photo : Stéphane Fontaine
Décors : Laurent Ott
Distribution : SBS Distribution
Son : Jean-Paul Mugel, Alexis Place, Katia Boutin
Musique : Anne Dudley
Maquillage : Sophie Farsat

Casting :
Isabelle Huppert : Michèle
Laurent Lafitte : Patrick
Virginie Efira : Rebecca
Anne Consigny : Anna
Charles Berling : Richard
Alice Isaaz : Josie
Judith Magre : Irène