
Je ne veux pas rentrer dans des polémiques un peu vaines, les débats autour de l’Euro 2016 nous en apporté plus que notre lot. Cependant, certains critiques ont vu dans ce film une sorte d’apologie de la violence et du gangsterisme. Je reste pourtant persuadé que le même films avec des personnages aux origines siciliennes ou irlandaises auraient pu trouver grâce à leurs yeux. Bref, Braqueurs est un film de gangsters efficace, nerveux, rythmé (moins d’une heure et demi!) comme notre pays en produit peu. Il ne recèle pas spécialement de profondeur, mais on est tout de suite pris par cette histoire et ses protagonistes pour lesquels on ressent forcément des sentiments quelque peu ambigus.

LA NOTE : 13/20
Fiche technique :
Réalisation : Julien Leclercq
Décors : Gwendal Bescond
Costumes : Muriel Legrand
Photographie : Philip Lozano
Son : Vincent Goujon
Montage : Mickael Dumontier
Scénario : Simon Moutaïrou, Jérôme Pierrat
Production : Julien Leclercq
Durée : 81 minutes
Casting :
Sami Bouajila : Yanis Zeri
Guillaume Gouix : Éric
Youssef Hajdi : Nasser
Kaaris : Salif
Redouane Behache : Amine Zeri
Kahina Carina : Nora Zeri
David Saracino : Franck
Alice de Lencquesaing : Audrey
Baya Belal : Khadidja Zeri
Jeanne Bournaud : Marion

Réunir à l’écran Russel Crowe et Ryan Gosling était déjà une bonne idée. Mais leur offrir un rôle dans lesquels ils s’éclatent visiblement est une excellente idée. Leur enthousiasme est particulièrement communicatif. Certes, ils cabotinent un rien, mais ils le font avec un tel talent que cela apporte un supplément d’âme à The Nice Guys. On pardonne du coup les moments qui fonctionnent un peu moins bien, puisque leur succèdent rapidement des moments infiniment réjouissants. Du coup, on espère bien retrouver les deux compères rapidement sur nos écrans, car ils sont loin d’avoir épuisé tout leur potentiel. Mais ne doutons pas que les producteurs auront cette bonne idée.
Le casting brillant contribue à l’indulgence dont faire preuve le spectateur. Money Monster repose d’une part sur un George Clooney qui dans la première partie du film n’est guère convaincant avant d’entrer totalement dans son personnage. Par contre, à ses côtés, Julia Roberts éclabousse l’écran de sa classe du début à la fin. Ils éclipsent quelque peu Jack O’Connell qui fait preuve d’une certaine sobriété. Le film reste tout de même un petit plaisir cinématographique qui se déguste sans risquer d’indigestion.
On poursuit dans la douceur avec Paolo Nutini et son album Caustic Love. Dès l’ouverture, on est plongé dans une ambiance funky et suave, le tout porté par beaucoup de fantaisie couplée avec une maîtrise artistique. La voix intense du chanteur écossais (comme son nom ne l’indique pas) nous charme pour un résultat toujours agréable. Bref, du miel aux oreilles de la première à la dernière note.
On termine aussi en douceur…Enfin uniquement sur le premier morceau de True de The Legendary Tigerman, un artiste portugais dont j’avais dit assez de bien de l’album précédent. Par contre là, à part ce premier titre assez enchanteur, on tombe vite dans une musique plus rock, mais surtout beaucoup plus dissonante. L’ambiance est sombre et surtout vraiment pas emballante. Sa musique est éteinte et souvent un rien lancinante.
Vendeur est aussi l’occasion de voir Pio Marmaï dans un rôle qui le sort (un peu, mais pas trop) de ses éternels rôles de grand gamin séducteur. Le naturel n’est pas loin de revenir au galop, mais il élargit tout de même quelque peu sa palette ici et de manière réellement convaincante. A ses côtés, le trop rare mais toujours excellent Gilbert Melki qui donne vraiment son âme au film. Un petit mot sur le passage à l’écran une nouvelle fois remarqué de Sara Giraudeau que l’on attend avec impatience dans des rôles plus conséquents.
Heureusement, d’autres moments sont nettement plus enthousiasmants, notamment le dénouement. Mine de rien, la « magie » hollywoodienne finit par fonctionner, malgré ses très gros sabots. On ressort de Eddie the Eagle donc avec un petit sourire aux coins des lèvres. Il restera également le souvenir de la belle performance de Hugh Jackman, plus que celle de Taron Egerton qui en fait un peu trop dans son numéro d’imitation.
Mr Holmes permet de mesure une nouvelle fois tout le talent de Ian McKellen qui peut donc être à l’aise dans des rôles qui n’impliquent pas de porter de costume bariolé. Il incarne avec grâce son personnage. Le tout filmé avec un certain sens de l’élégance par Bill Condon, que l’on avait pourtant jusqu’à plutôt connu sur des productions à gros budget. Il signe là une œuvre beaucoup plus intimiste, mais aussi beaucoup plus réussi. Comme quoi, les producteurs devraient laisser plus souvent libre court à la sensibilité des cinéastes.
Heureusement Maggie a un Plan bénéfice d’un casting de très grande qualité. Ethan Hawke et Julianne Moore, on a fait pire comme duo de seconds rôles. Ils ne forcent pas leur talent mais il est suffisant pour ne pas vraiment en avoir besoin. La grande star de ce film reste tout de même Greta Gerwing. Elle arrive à rendre son personnage attachant, à défaut d’être totalement convaincante. A l’image de tout le film en fait.
D’un point de vue Green Room bénéficie d’une réalisation beaucoup plus soignée que l’immense majorité des films du genre. Mais là encore, Jeremy Saulnier n’arrive pas à s’appuyer sur cette qualité pour créer une synergie avec les autres éléments du film. Du coup, on regarde ça avec un peu d’admiration, mais aussi un détachement qui ne sied pas du tout pour un film qui devrait au contraire nous faire trembler tout du long. Le suspense est assez fort pour ne pas s’ennuyer, mais les amateurs de grand frisson seront peut-être quelque peu déçus.
Dalton Trumbo constitue surtout la confirmation que Bryan Cranston ait un formidable acteur. Ce rôle lui a valu une nomination aux derniers Oscars largement mérité. Quel dommage qu’il ait fallu la série Breaking Bad pour qu’on lui offre enfin des rôles beaucoup plus consistant sur grand écran. Il incarne parfaitement son personnage sans pour autant tomber dans l’imitation à tout prix. Plus globalement, le film bénéficie d’une réalisation élégante de la part de Jay Roach, pourtant spécialiste des grosses comédies qui tâchent, tels Austin Powers. Un changement radical de style parfaitement réussi. Pour notre culture ! Et pour notre plus grand bonheur !
Commentaires récents