BRAQUEURS : Gangsters d’aujourd’hui

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braqueursafficheEn France, on n’a pas forcément beaucoup de gangsters à l’accent italien qui assassinent et trafiquent dans des costards particulièrement élégants. Mais nous avons quand même une bonne tradition de truands qui en vaut bien d’autres. Une tradition qui a quelque peu évolué depuis le chapeau particulièrement seyant de Borsalino. Preuve en est avec Braqueurs, un vrai film de gangsters modernes et qui colle à une certaine réalité sociale de notre pays.

Je ne veux pas rentrer dans des polémiques un peu vaines, les débats autour de l’Euro 2016 nous en apporté plus que notre lot. Cependant, certains critiques ont vu dans ce film une sorte d’apologie de la violence et du gangsterisme. Je reste pourtant persuadé que le même films avec des personnages aux origines siciliennes ou irlandaises auraient pu trouver grâce à leurs yeux. Bref, Braqueurs est un film de gangsters efficace, nerveux, rythmé (moins d’une heure et demi!) comme notre pays en produit peu. Il ne recèle pas spécialement de profondeur, mais on est tout de suite pris par cette histoire et ses protagonistes pour lesquels on ressent forcément des sentiments quelque peu ambigus.

braqueursBraqueurs fait partie de ces films « parfaits » non parce que ce sont de purs chefs d’oeuvre, mais parce qu’ils nous offrent ce que l’on est venu chercher. Rien de plus, on peut le regretter, mais c’est un peu injuste. Rien de moins, car tous les éléments présents fonctionnent à la perfection. Julien Leclercq réussit donc ici ce qu’il avait totalement raté avec l’Assaut. Comme quoi, il faut savoir persévérer dans la vie !

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Julien Leclercq
Décors : Gwendal Bescond
Costumes : Muriel Legrand
Photographie : Philip Lozano
Son : Vincent Goujon
Montage : Mickael Dumontier
Scénario : Simon Moutaïrou, Jérôme Pierrat
Production : Julien Leclercq
Durée : 81 minutes

Casting :
Sami Bouajila : Yanis Zeri
Guillaume Gouix : Éric
Youssef Hajdi : Nasser
Kaaris : Salif
Redouane Behache : Amine Zeri
Kahina Carina : Nora Zeri
David Saracino : Franck
Alice de Lencquesaing : Audrey
Baya Belal : Khadidja Zeri
Jeanne Bournaud : Marion

THE NICE GUYS : Les compères

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theniceguysafficheLe détective privé a longtemps constitué une figure cinématographique majeure, symbole de virilité, d’intelligence et de bravoure, souvent prêt aider bénévolement la veuve et l’orphelin. Puis, il est quelque peu tombé en désuétude. Désormais, on ne le retrouve le plus souvent que pour des parodies. Une nouvelle preuve avec The Nice Guys. Armé d’un casting d’enfer, ce film représente un vrai bon moment de bonheur jouissif.

The Nice Guys conjugue un humour détonnant, une rythme soutenu et un scénario réservant de vrais rebondissements. On met de longues minutes à comprendre qu’il s’agit d’une parodie. Nos deux héros font preuves d’une infinie maladresse mais qui leur permet toujours d’avancer par des concours de circonstances rocambolesques. Le tout est filmé avec le plus grand sérieux. Ce genre de contraste constitue un ressort comique archi classique mais il est utilisé ici avec maestria.

theniceguysRéunir à l’écran Russel Crowe et Ryan Gosling était déjà une bonne idée. Mais leur offrir un rôle dans lesquels ils s’éclatent visiblement est une excellente idée. Leur enthousiasme est particulièrement communicatif. Certes, ils cabotinent un rien, mais ils le font avec un tel talent que cela apporte un supplément d’âme à The Nice Guys. On pardonne du coup les moments qui fonctionnent un peu moins bien, puisque leur succèdent rapidement des moments infiniment réjouissants. Du coup, on espère bien retrouver les deux compères rapidement sur nos écrans, car ils sont loin d’avoir épuisé tout leur potentiel. Mais ne doutons pas que les producteurs auront cette bonne idée.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Misty Mountains, Silver Pictures, Waypoint Entertainment
Réalisation : Shane Black
Scénario : Shane Black, Anthony Bagarozzi
Montage : Joel Negron
Photo : Philippe Rousselot
Décors : Richard Bridgland
Distribution : EuropaCorp
Musique : David Buckley
Directeur artistique : David Utley
Durée : 116 min

Casting :
Ryan Gosling : Holland March
Russell Crowe : Jackson Healy
Matt Bomer : John Boy
Angourie Rice : Holly
Kim Basinger : Judith Kutner

MONEY MONSTER : La finance pour les naïfs

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moneymonsterafficheVoir Jodie Foster réaliser un film politique n’a rien d’étonnant, tant cette artiste s’est engagée à de nombreuses reprises pour des causes multiples. Qu’elle livre un film qui égratigne la puissance et les dérives de la finance ne constitue pas une surprise. Qu’elle puisse rassembler dans un même casting deux des plus grandes stars d’Hollywood n’est pas franchement inattendu. Elle nous livre donc avec Money Monster un film qui lui ressemble. Enfin pas tout à fait. Car si elle est une immense artiste, ce film ne réussit pas à tout à fait à être un grand film !

Money Monstrer bénéficie d’un scénario particulièrement contrasté. En effet, il est d’un côté remarquablement bien écrit. Rarement un film n’aura proposé trois vraies surprises aussi bien amenées. Des retournements de situation qui ont à chaque fois réagir la salle d’une manière assez forte, ce qui n’est pas si fréquent. Du coup, le spectateur rentre dans cette histoire et prend un vrai plaisir à la suivre. Il en oublierait presque du coup le gros défaut qui frappe ce film : sa crédibilité proche de zéro. En effet, à de nombreuses reprises quand un personnage est amené à réaliser un choix crucial pour l’intrigue, il se tourne vers la solution la moins probable. Du coup, on a quand même une petite voix qui nous murmure qu’on est bien naïf de croire à cette histoire.

moneymonsterLe casting brillant contribue à l’indulgence dont faire preuve le spectateur. Money Monster repose d’une part sur un George Clooney qui dans la première partie du film n’est guère convaincant avant d’entrer totalement dans son personnage. Par contre, à ses côtés, Julia Roberts éclabousse l’écran de sa classe du début à la fin. Ils éclipsent quelque peu Jack O’Connell qui fait preuve d’une certaine sobriété. Le film reste tout de même un petit plaisir cinématographique qui se déguste sans risquer d’indigestion.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Smokehouse, Allegiance Theater, LStar Capital, TriStar Pictures
Réalisation : Jodie Foster
Scénario : Jamie Linden, Alan DiFiore, Jim Kouf
Montage : Matt Chessé
Photo : Matthew Libatique
Décors : Kevin Thompson
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Musique : Dominic Lewis
Costumes: Susan Lyall
Durée : 100 min

Casting :
George Clooney : Lee Gates
Julia Roberts : Patty Fenn
Jack O’Connell : Kyle Budwell
Dominic West : Walt Camby
Caitriona Balfe : Diane Lester
Giancarlo Esposito : Cap. Powell
Christopher Denham : Ron
Emily Meade : Molly

BRIGHTLY PAINTED ONE (Tiny Ruins), CAUSTIC LOVE (Paolo Nutini), TRUE (The Legendary Tigerman) : Que de la douceur… ou presque

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brightlypaintedonetinyruinsOn commence par une jolie découverte venue de Nouvelle-Zélande. Une auteur-compositeur qui se produit sous le nom de Tiny Ruins et nous a offert entre 2014 un très joli Brightly Painted One. Très joli, mais surtout très doux, avec une musique folk aux mélodies épurées. Certes, cela manque parfois de profondeur, on reste toujours sur le même rythme et le même style, mais sans être pour autant monotone. Rien d’inoubliable donc, mais du plaisir musical néanmoins.

causticlovepaolonutiniOn poursuit dans la douceur avec Paolo Nutini et son album Caustic Love. Dès l’ouverture, on est plongé dans une ambiance funky et suave, le tout porté par beaucoup de fantaisie couplée avec une maîtrise artistique. La voix intense du chanteur écossais (comme son nom ne l’indique pas) nous charme pour un résultat toujours agréable. Bref, du miel aux oreilles de la première à la dernière note.

truethelegendarytigermanOn termine aussi en douceur…Enfin uniquement sur le premier morceau de True de The Legendary Tigerman, un artiste portugais dont j’avais dit assez de bien de l’album précédent. Par contre là, à part ce premier titre assez enchanteur, on tombe vite dans une musique plus rock, mais surtout beaucoup plus dissonante. L’ambiance est sombre et surtout vraiment pas emballante. Sa musique est éteinte et souvent un rien lancinante.

VENDEUR : A consommer sans modération

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vendeurafficheIl est important de savoir ce que l’on veut faire dans la vie. Il est important aussi de savoir ce que l’on ne veut pas faire. Personnellement, je sais que je veux pas vendre, n’ayant aucun sens commercial et surtout aucun goût pour cette activité. Et ce n’est pas après avoir vu Vendeur que je vais changer d’avis. Si le film n’échappe pas à la caricature, il est assez convaincant pour être salué, malgré son passage discret sur nos écrans.

Vendeur est un film riche. Il constitue un réquisitoire contre les techniques commerciales, mais nous parle aussi de sujets plus vastes : la société de consommation, les rapports père-fils, la solitude… La grande qualité de ce film est de réussir à ne pas traiter ces sujets en parallèle, mais d’en faire un tout qui donne un sens assez fort au film et une vraie profondeur. Bien sûr, les vendeurs de cuisine n’apprécieront peut-être pas de passer pour des arnaqueurs manipulateurs invétérés. J’espère cependant qu’ils sauront pardonner à Sylvain Desclous de les avoir utilisés comme support à son propos.

vendeurVendeur est aussi l’occasion de voir Pio Marmaï dans un rôle qui le sort (un peu, mais pas trop) de ses éternels rôles de grand gamin séducteur. Le naturel n’est pas loin de revenir au galop, mais il élargit tout de même quelque peu sa palette ici et de manière réellement convaincante. A ses côtés, le trop rare mais toujours excellent Gilbert Melki qui donne vraiment son âme au film. Un petit mot sur le passage à l’écran une nouvelle fois remarqué de Sara Giraudeau que l’on attend avec impatience dans des rôles plus conséquents.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Sylvain Desclous
Scénario : Sylvain Desclous, avec la collaboration d’Olivier Lorelle, Salvatore Lista et Agnès Feuvre
Photographie : Emmanuel Soyer
Montage : Isabelle Poudevigne
Musique : Amaury Chabauty
Production : Florence Borelly

Casting :
Gilbert Melki : Serge
Pio Marmaï : Gérald
Pascal Elso : Daniel
Clémentine Poidatz : Karole
Sara Giraudeau : Chloé
Christian Hecq : Georges
Serge Livrozet : le père de Serge
Damien Bonnard : Lilian
Romain Bouteille : l’ami du père de Serge
Norbert Ferrer : Dove

EDDIE THE EAGLE : Le grand saut

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eddietheeagleafficheLe sport et le cinéma constituent certainement les deux spectacles les plus parfaitement adaptés à nos écrans, petits ou grands. Mais paradoxalement, ils ont bien du mal à s’associer. A l’exception notable de ceux consacrés à la boxe, les films sur le sport sont rarement des réussites. Mais peut-être parce qu’ils n’ont pas encore tous été explorés par le 7ème art. Le saut à ski par exemple n’avait jamais fait l’objet d’un passage sur grand écran. C’est désormais chose faite avec Eddie the Eagle.

N’ayant commencé à vraiment m’intéresser au sport qu’en 1990, je ne suis pas capable de dire à quel point le scénario colle à la réalité des faits. Mais Eddie the Eagle a des aspects très hollywoodiens, qui laissent à penser que les événements sont très certainement quelque peu romancés. A certains moments, cela va un peu trop loin, on n’a un peu de mal à y croire et l’on regarde ça avec un certain détachement. Cela reste toujours divertissant, mais sans réelle émotion, préparant à un happy-end convenu et sans surprise.

eddietheeagleHeureusement, d’autres moments sont nettement plus enthousiasmants, notamment le dénouement. Mine de rien, la « magie » hollywoodienne finit par fonctionner, malgré ses très gros sabots. On ressort de Eddie the Eagle donc avec un petit sourire aux coins des lèvres. Il restera également le souvenir de la belle performance de Hugh Jackman, plus que celle de Taron Egerton qui en fait un peu trop dans son numéro d’imitation.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Adam Bohling, Rupert Maconick, David Reid, Valerie Van Galder, Matthew Vaughn
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Dexter Fletcher
Scénario : Sean Macaulay, Simon Kelton
Montage : Martin Walsh
Photo : George Richmond
Format : Couleur – 2.35:1
Décors : Naomi Moore
Musique : Matthew Margeson
Directeur artistique : Tim Blake, Astrid Poeschke
Durée : 105 min

Casting :
Taron Egerton : Eddie Edwards
Christopher Walken : Warren Sharp
Hugh Jackman : Bronson Peary
Edvin Endre : Matti Nykänen
Daniel Ings : Zach
Tim McInnerny : Dusti Target

MR HOLMES : Une légende en hiver

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mrholmesafficheIl est des films dont on n’attend pas grand chose et qui vous surprenne et vous apporte beaucoup plus qu’attendu. Parfois, il faut même attendre que le film soit bien entamé pour en saisir la richesse et la profondeur. Parfois même pour saisir le vrai sujet même du propos. C’est le cas de Mr Holmes, dont la conclusion donne un vrai supplément de sens à tout le reste de ce film. Un film surprenant et touchant, dont il va être difficile de parler, tant il est dommage d’en révéler sa vraie nature. Il ne représente peut-être pas le chef d’œuvre du siècle, mais ressortir d’une séance en étant aussi agréablement surpris reste un plaisir trop rare pour ne pas être souligné. Je vais donc m’appliquer à le faire.

Mr Holmes bénéficie donc d’un scénario de premier ordre. Certes, on peut se dire dans un premier temps qu’il manque un peu de souffle. Mais c’est parce qu’on ne sait pas encore où il souhaite nous mener. On est tenté de se dire qu’il s’agit d’un recyclage un peu capillotracté d’une figure légendaire. Au final, il n’en est rien. La figure de Sherlock Holmes est vraiment utilisée pour soutenir le propos du film. Sans lui, cette histoire n’aurait pas été aussi forte, ni aussi convaincante. Sa présence ouvre les portes de notre imaginaire collectif et l’histoire s’appuie sur les éléments déjà connus pour avancer vers la direction souhaité sans s’alourdir par des présentations devenues ainsi inutiles.

mrholmesMr Holmes permet de mesure une nouvelle fois tout le talent de Ian McKellen qui peut donc être à l’aise dans des rôles qui n’impliquent pas de porter de costume bariolé. Il incarne avec grâce son personnage. Le tout filmé avec un certain sens de l’élégance par Bill Condon, que l’on avait pourtant jusqu’à plutôt connu sur des productions à gros budget. Il signe là une œuvre beaucoup plus intimiste, mais aussi beaucoup plus réussi. Comme quoi, les producteurs devraient laisser plus souvent libre court à la sensibilité des cinéastes.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Miramax, Roadside Attractions, BBC Films, FilmNation Entertainment, Archer Gray, See Saw Films, Twenty First City
Distribution : ARP Sélections
Réalisation : Bill Condon
Scénario : Jeffrey Hatcher, d’après le roman de Mitch Cullin
Montage : Virginia Katz
Photo : Tobias Schliessler
Décors : Martin Childs
Musique : Carter Burwell
Costumes : Keith Madden
Durée : 104 min

Casting :
Ian McKellen : Sherlock Holmes
Laura Linney : Mrs Munro
Milo Parker : Roger Munro
Hiroyuki Sanada : Tamiki Umezaki
Hattie Morahan : Ann Kelmot
Patrick Kennedy : Thomas Kelmot
Roger Allam : Dr Barrie
Philip Davis : Inspecteur Gilbert
Frances de la Tour : Madame Schirmer

MAGGIE A UN PLAN : Le plan imparfait

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maggieaunplanafficheLa comédie romantique constitue sûrement le genre cinématographique le plus balisé qui soit. Le schéma est presque toujours identique mais cela ne l’empêche pas de se répéter inlassablement au travers de multiples productions qui viennent régulièrement peupler nos écrans. Cependant, de temps en temps, on y trouve aussi des comédies romantiques qui changent des comédies romantiques. C’est le cas de Maggie a un Plan. Un film sur une femme qui veut… se séparer de son mari pour le refourguer à son ex-femme. Une idée sympathique, mais loin d’être totalement exploitée.

Maggie a un Plan n’est donc pas tout à fait une comédie romantique. Un film relativement inclassable, entre comédie des mœurs, film portrait et réflexion sur la nature humaine. Mais à force d’être tout ça, il reste superficiel sur tous les aspects qu’il aborde. Le résultat n’est pas désagréable, mais jamais passionnant. On aurait aimé que le scénario creuse de manière bien plus conséquente certains de ses aspects les plus prometteurs pour devenir vraiment intéressant et non pas simplement gentiment divertissant.

maggieaunplanHeureusement Maggie a un Plan bénéfice d’un casting de très grande qualité. Ethan Hawke et Julianne Moore, on a fait pire comme duo de seconds rôles. Ils ne forcent pas leur talent mais il est suffisant pour ne pas vraiment en avoir besoin. La grande star de ce film reste tout de même Greta Gerwing. Elle arrive à rendre son personnage attachant, à défaut d’être totalement convaincante. A l’image de tout le film en fait.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : Freedom Media, Hall Monitor, Hyperion Media Group, Locomotive, Rachael Horovitz Productions, Round Films
Distribution : Diaphana Films
Réalisation : Rebecca Miller
Scénario : Rebecca Miller, Karen Rinaldi
Montage : Sabine Hoffman
Photo : Sam Levy
Décors : Alexandra Schaller
Musique : Michael Rohatyn
Durée : 98 min

Casting :
Greta Gerwig : Maggie
Ethan Hawke : John
Julianne Moore : Georgette
Travis Fimmel : Guy
Bill Hader : Tony
Maya Rudolph : Felicia
Wallace Shawn : Kliegler
Mina Sundwall : Justine

GREEN ROOM : Admiration n’est pas frisson

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greenroomafficheAlors ce pitch, ça donne quoi ? Et bien, c’est un groupe de jeunes gens enfermés dans un espace clos avec autour d’eux des gens qui veulent les tuer… Non sérieusement ? Mais c’est déjà vu mille fois ! Voilà peut-être ce qu’a entendu Jeremy Saulnier quand il a parlé de son nouveau film, Green Room, autour de lui. Il est vrai qu’on a vu plus original. Mais on a été tellement séduit par son précédent film, Blue Ruin, que l’on avait hâte de le voir s’attaquer à ce genre très classique, mais qui arrive mine de rien à se renouveler. Enfin, pas toujours non plus…

Green Room est un film qui n’arrive jamais à faire des choix clairs et du coup qui reste le cul entre deux chaises. Entre premier et second degré, entre froideur et émotion, le réalisateur n’arrive pas à trancher. Cela aurait pu donner un film riche, mais cela donne malheureusement plutôt un film bancal. Certaines séquences sont séduisantes sans arriver à faire monter la tension assez haut pour que l’on soit totalement happé et que l’on tremble pour les personnages. Au final, seul un chien vient apporter un petit moment de grâce juste avant le dénouement, mais c’est un peu léger.

greenroomD’un point de vue Green Room bénéficie d’une réalisation beaucoup plus soignée que l’immense majorité des films du genre. Mais là encore, Jeremy Saulnier n’arrive pas à s’appuyer sur cette qualité pour créer une synergie avec les autres éléments du film. Du coup, on regarde ça avec un peu d’admiration, mais aussi un détachement qui ne sied pas du tout pour un film qui devrait au contraire nous faire trembler tout du long. Le suspense est assez fort pour ne pas s’ennuyer, mais les amateurs de grand frisson seront peut-être quelque peu déçus.

LA NOTE:11/20

Fiche technique :
Production : Broad Green Pictures, Film Science
Réalisation : Jeremy Saulnier
Scénario : Jeremy Saulnier
Montage : Julia Bloch
Photo : Sean Porter
Décors : Ryan Warren Smith
Distribution : The Jokers
Musique : Brooke Blair, Will Blair
Durée : 95 min

Casting :
Joe Cole : Reece
Alia Shawkat : Sam
Mark Webber : Daniel
Imogen Poots : Amber
Patrick Stewart : Darcy Banker
Anton Yelchin : Pat
Callum Turner : Tiger

DALTON TRUMBO : Destin légendaire

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daltontrumboafficheIl y a des destins extraordinaires qui deviennent légendaires et que l’histoire ancre dans la mémoire collective. Mais il y en aussi beaucoup connus de seuls quelques initiés ou érudits. Je trouve incroyable qu’un cinéphile amateur d’histoire comme moi n’est jamais saisi l’important du parcours de Dalton Trumbo, ni même retenu son nom, avant de voir le film biographique qui lui est consacré. J’avais vaguement connaissance de la polémique autour du choix du scénariste de Spartacus, sans que cela m’ait marqué plus que ça. Je ne prétends pas n’avoir aucune lacune en la matière, mais tout de même. On ne peut donc que se réjouir de voir son destin porté à l’écran. Surtout que le résultat est en tout point remarquable.

Ecrire la biographie d’un scénariste nécessite évidemment un excellent scénario. Il est vrai que la vie de Dalton Trumbo est en elle-même fascinante. Mais même la plus extraordinaire des histoires nécessite un minimum de talent de narrateur pour être vraiment passionnante. Le film l’est réellement, même si on peut reprocher quelques longueurs et chute d’intensité. L’intrigue est riche. On y découvre un destin individuel certes, mais aussi un portrait détaillé de la manière dont Hollywood a vécu le maccarthysme. Ces deux aspects se complètent parfaitement et rendent le film prenant du début à la fin.

daltontrumboDalton Trumbo constitue surtout la confirmation que Bryan Cranston ait un formidable acteur. Ce rôle lui a valu une nomination aux derniers Oscars largement mérité. Quel dommage qu’il ait fallu la série Breaking Bad pour qu’on lui offre enfin des rôles beaucoup plus consistant sur grand écran. Il incarne parfaitement son personnage sans pour autant tomber dans l’imitation à tout prix. Plus globalement, le film bénéficie d’une réalisation élégante de la part de Jay Roach, pourtant spécialiste des grosses comédies qui tâchent, tels Austin Powers. Un changement radical de style parfaitement réussi. Pour notre culture ! Et pour notre plus grand bonheur !

LA NOTE : 14,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Jay Roach
Scénario : John McNamara, d’après le livre Dalton Trumbo de Bruce Cook
Direction artistique : Mark Ricker
Décors : Cindy Carr
Costumes : Daniel Orlandi
Photographie : Jim Denault
Montage : Alan Baumgarten
Musique : Theodore Shapiro
Production : Monica Levinson, Michael London (en), Nimitt Mankad, John McNamara, Shivani Rawat, Jay Roach et Janice Williams
Langue : anglais
Durée : 124 minutes

Casting :
Bryan Cranston : Dalton Trumbo
Diane Lane : Cleo Trumbo
Helen Mirren : Hedda Hopper
Louis C.K. : Arlen Hird
Elle Fanning : Nikola Trumbo
John Goodman : Frank King
Michael Stuhlbarg : Edward G. Robinson
Adewale Akinnuoye-Agbaje : Virgil Brooks
David James Elliott : John Wayne
Dean O’Gorman : Kirk Douglas
Stephen Root : Hymie King
Alan Tudyk : Ian McLellan Hunter
Roger Bart : Buddy Ross
John Getz : Sam Wood
Christian Berkel : Otto Preminger
Richard Portnow : Louis B. Mayer
Sean Bridgers : Jeff Krandall