10 CLOVERFIELD LANE : Huis-clos surprise

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10cloverfieldlaneafficheJe m’efforce toujours dans mes critiques de dévoiler le moins possible d’éléments de l’intrigue des films que je commente. Personnellement, j’aime en savoir le moins possible sur ce que je vais voir quand je me rends dans une salle obscure. Je comprends cependant que des spectateurs plus occasionnels souhaitent être rassuré sur l’histoire pour lesquels ils ont payé parfois un prix exorbitant (vive les cartes d’abonnement!). Cependant, quand il s’agit d’un film comme 10 Cloverfield Lane, cela serait vraiment criminel, tant il repose sur l’incertitude permanente dans laquelle est plongée le spectateur à propos de ce qui va suivre. On va même au-delà du suspense car ne serait-ce qu’attribuer un genre à ce film revient déjà à en dire trop.

10 Cloverfield Lane repose aussi énormément sur le talent, le charisme et la présence inquiétante de John Goodman. Il n’a pas son pareil pour donner vie à des personnages paranoïaques, flirtant de manière ambiguë avec la folie. On retrouve ici quelque peu le rôle qu’il jouait dans The Big Lebowski, mais… Ah non, je dois rien dire sous peine de trahir quelque peu certains surprises que nous réserve ce film. En tout cas, ce dernier vaut le coup rien que pour ce numéro d’acteur assez époustouflant et qui ne doit pas non plus nous faire oublier Mary Elizabeth Winstead et John Gallagher Jr largement au niveau.

10cloverfieldlane10 Cloverfield Lane nous propose le deuxième excellent huis-clos de l’année 2016 après Room. Si les deux films sont très différents, ils ont en commune une réalisation sachant parfaitement nous faire partager le sentiment d’enfermement, tout en gardant une réalisation dynamique et jamais statique. Tous ces éléments viennent surtout au soutien d’un scénario parfaitement construit qui surprend jusqu’aux dernières minutes, qui resteront dans les annales des retournements de situation. Si aucun élément de ce film n’est vraiment original, la manière dont ils sont agencés lui offre un vrai intérêt et beaucoup de bonnes raisons d’aller le voir.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Réalisation : Dan Trachtenberg
Scénario : Josh Campbell, Matthew Stuecken et Damien Chazelle
Direction artistique : Ramsey Avery
Décors : Michelle Marchand II
Costumes : Meagan McLaughlin
Photographie : Jeff Cutter
Montage : Stefan Grube
Musique : Bear McCreary
Production : J. J. Abrams et Lindsey Weber
Producteurs délégués : Bryan Burk, Drew Goddard et Matt Reeves
Coproducteurs : Bob Dohrmann et Ben Rosenblatt
Sociétés de production : Bad Robot Productions et Paramount Pictures
Durée : 103 minutes

Casting :
Mary Elizabeth Winstead : Michelle
John Goodman : Howard Stambler
John Gallagher, Jr. : Emmett DeWitt
Maya Erskine : Darcy
Mat Vairo : Jeremy
Douglas M. Griffin : le chauffeur
Cindy Hogan : la voisine

A PERFECT DAY : L’arme du second degré

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aperfectdayafficheOn mesure bien l’évolution des conflits armés à la fin du 20ème siècle en pensant à l’évolution de la manière dont ils sont traités au cinéma. On est désormais loin d’être grandes scènes de bataille héroïques des films de guerre au sens classique du terme. Plus de batailles rangées face à deux armées qui se font face. Tout est plus complexe, plus insidieux, avec souvent des civils au milieu. Comme dans A Perfect Day, qui nous emmène sur les traces d’une équipe d’humanitaires aux dernières heures de la guerre en ex-Yougoslavie.

A Perfect Day constitue un excellent exemple de traitement d’un sujet assez grave et sérieux avec humour et second degré. Et si cela fonctionne, c’est que cela nous permet de partager l’état d’esprit des protagonistes qui possèdent sur les événements ce type de détachement sans lequel ils ne pourraient supporter ce à quoi ils assistent parfois. Cela est amené avec beaucoup d’intelligence et de subtilité, ne tombant jamais dans la lourdeur, ni le voyeurisme ou le misérabilisme. On prend plaisir à suivre ce film car ils nous parle à plusieurs niveaux, à plusieurs degrés, et toujours de manière assez remarquable.

aperfectdayA Perfect Day bénéficie d’un casting assez impressionnant. Tout en haut, Benicio Del Toro que l’on n’avait pas vu aussi à son aise depuis longtemps, lui a parfois un peu tendance à surjouer quelque peu parfois. Tim Robbins apporte une petite dose d’humour savoureuse. Le casting francophone, composé de Mélanie Thierry et Sergi Lopez, est parfaitement à la hauteur. Toutes ces performances, et d’autres, contribue à la belle galerie de personnages qui peuple ce film. Un film entre légèreté et gravité, qui du coup en déroutera plus d’un, mais qui mérite bien un peu d’attention.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Mediapro, Reposado Producciones, TVE
Réalisation : Fernando Leóon de Aranoa
Scénario : Fernando Leon de Aranoa, Diego Farias, d’après le roman inédit de Paulo Farias
Montage : Nacho Ruiz Capillas
Photo : Alex Catalan
Décors : César Macarron
Distribution : UGC Distribution
Musique : Arnau Bataller
Costumes: Fernando Garcia
Durée : 115 min

Casting :
Benicio Del Toro : Mambru
Tim Robbins : B
Olga Kurylenko : Katya
Mélanie Thierry : Sophie
Fedja Stukan : Damir
Sergi Lopez : Goyo
Eldar Residovic : Nikola

CHANGE BECOME US (Wire), READY TO DIE (Iggy and the Stooges), A BAD WIND BLOWS IN MY HEART (Bill Ryder-Jones) : Vieux routiers et jeune pousse

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changebecomeuswireOn commence cet avis musical avec des vieux routiers du rock anglais, le groupe Wire, dont l’album intitulé Change Become Us, sorti en 2013, est le 13ème depuis 1977. Par contre, à l’écoute, j’ai un peu de mal à comprendre comment ils ont pu durer à ce point. En effet, ils proposent un rock assez basique et pas toujours parfaitement maîtrisé. C’est assez plat et transparent, quand ce n’est même pas carrément médiocre. Rien ne vient jamais accrocher les oreilles pour ne serait-ce que sauver un morceau.

readytodieiggyandthestoogesOn enchaîne avec un autre vieux routier, mais surtout une valeur sûre. L’inoxydable Iggy Pop et son groupe les Stooges et leur album Ready To Die. A son écoute, on espère qu’il n’est pas prêt de mourir. C’est tout à la fois puissant et maîtrisé. C’est certes très classique, mais de qualité constante et surtout cela dégage une incroyable fraîcheur. C’est souvent dansant et entraînant, même si on mettra aussi en avant des titres comme Unfriendly World, une ballade tout ce qu’il y a de plus calme. Mais au final, c’est surtout un morceau comme Dirty Deal, un titre direct, pour ne pas dire basique, mais surtout très bon, qui symbolise vraiment cet album.

abadwindblowsinmyheartbillryderjonesOn termine avec un artiste beaucoup plus jeune, puisque né en 1983, un auteur-compositeur venu d’Angleterre dénommé Bill Ryder Jones. Plus précisément de son album A Bad Wind Blows in my Heart. Ce dernier est particulièrement homogène. Les titres sont portés par une voix éthéré, douce et surtout très belle, qui se pose sur des instrumentations maîtrisées. Globalement, ça n’atteint pas forcément des sommets mais au moins ça coule bien aux oreilles.

THE ASSASSIN : Tableau lent

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theassassinafficheJ’ai toujours apprécié le rythme de narration envoûtant des films asiatiques (enfin particulièrement chinois et japonais). Il faut dire que j’ai été élevé avec Olive et Tom, où chaque mi-temps d’un match de football semble devoir durer plusieurs heures. J’aime ces histoires qui prennent un temps déraisonnable aux yeux d’un occidental pour avancer. Cela donne des films très longs, mais au charme unique et dépaysant. Mais quand cette façon de mener un récit s’applique à un film d’une durée plus classique, cela peut laisser sur sa faim quant au contenu de l’intrigue. C’est sur cette impression que m’a laissé The Assassin.

Il est vrai qu’il serait injuste de juger simpliste l’intrigue de The Assassin, tant on en ressort sans avoir forcément tout compris. Mais ce n’est pas tant par sa richesse que par ses ellipses et par l’absence de présentation des personnages, pourtant fort nombreux. Du coup, on n’entre vraiment jamais dans cette histoire où on ne saisit jamais vraiment les motivations profondes des personnages. C’est plus obscur que mystérieux, plus frustrant que fascinant. Bref, je n’ai pas vraiment été emballé.

theassassinA côté de ça, The Assassin dégage une élégance visuelle qui a un certain charme, pour ne pas dire un charme certain. De ce côté là, il est clair que la magie opère. Les costumes, les décors, les chorégraphies des combats, tout cela concoure à ce que le film constitue un spectacle agréable pour les yeux, même si je ne comprends pas bien pourquoi on lui a attribué le prix de la mise en scène à Cannes. Mais un spectacle qui manque parfois d’émotion et de capacité à susciter l’enthousiasme du fait du manque de sens, puisque l’on ne comprend pas toujours à quoi tout cela rime. Un film à conseiller aux amateurs de peinture, plutôt que de littérature.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : Central Motion Pictures, China Dream Film Culture Industry, Media Asia Films, Sil-Metropole Organisation, Spot Films
Réalisation : Hou Hsiao Hsien
Scénario : Chu T’ien-wen, Hou Hsiao Hsien
Montage : Liao Ching-Sung, Pauline Huang Chih-Chia
Photo : Mark Lee Ping-Bing
Décors : Wen-Ying Huang
Distribution : Ad Vitam
Son : Tu Duu-Chin
Musique : Lim Giong
Effets spéciaux : Ardi Lee
Durée : 120 min

Casting :
Shu Qi : Nie Yin-niang
Zhou Yen : Lady Tian
Juan Ching-Tian : Xia Jing, l aide de camp
Hsieh Hsin-Ying : Huji, la concubine
Sheu Fang-Yi : La princesse Jia Cheng et la princesse nonne Jia Xin
Chang Chen : Tian Ji an
Tsumabuki Satoshi : Le polisseur de miroirs

TRIPLE 9 : Aux voleurs !

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triple9afficheLe polar revient souvent à une version plus adulte des gendarmes et des voleurs de la cour d’école. Sauf que parfois, les gendarmes sont eux-mêmes les voleurs, ce qui complique un petit peu l’affaire ! C’est le cas dans Triple 9, un film qui ne révolutionnera le genre mais assez bien foutu pour faire passer un bon moment à ceux qui aiment ce genre inusable du 7ème art. Surtout que le casting ravira les fans du petit et du grand écran.

Triple 9 s’ouvre sur une scène de braquage qui démontre qu’il bénéficie d’une réalisation dont la qualité est supérieure à la simple efficacité. Pas du Kubrick, mais l’assurance d’assister à du grand spectacle. Restait au scénario à être à la hauteur. A ce niveau, le film s’en sort bien avec de nombreux rebondissements qui viennent émailler un déroulé tout de même relativement classique. Du coup, on entre dans l’histoire assez vite pour ne jamais en sortir.

triple9Triple 9 rassemble un casting cinématographique de haut niveau : Woody Harrelson, Chiwetel Eljiofor Casey Affleck et surtout une Kate Winslet étonnante. Elle s’éclate vraiment dans son rôle de chef mafieuse, manipulatrice et un rien sadique. Elle donne une touche de personnalité dans cette foule de personnages plus convenus. A leurs côtés, un nombre d’acteurs venus du monde des séries : Clifton Collins Jr, Norman Reedus et Aaron Paul. Ils sont largement au niveau et contribuent à la réussite globale de ce film bien troussé.

LA NOTE : 13,5/20

Casting :
Réalisation : John Hillcoat
Scénario : Matt Cook
Direction artistique : Tim Grimes
Décors : Jacqueline Jacobson Scarfo
Costumes : Margot Wilson
Photographie : Nicolas Karakatsanis
Montage : Dylan Tichenor
Musique : Bobby Krlic, Atticus Ross, Leopold Ross et Claudia Sarne
Production : Marc Butan, Bard Dorros, John Hillcoat, Anthony Katagas, Keith Redmon et Christopher Woodrow
Sociétés de production : Worldview Entertainment, Sierra Pictures, Anonymous Content, MadRiver Pictures et SureFire Capital
Sociétés de distribution : Open Road Films (États-Unis), Mars Distribution (France)
Durée : 115 minutes

Fiche technique :
Casey Affleck : Chris Allen
Chiwetel Ejiofor : Michael Belmont
Anthony Mackie : Marcus Atwood
Aaron Paul : Gabe Welch
Clifton Collins Jr.: Jorge Rodriguez
Norman Reedus : Russel Welch
Gal Gadot : Elena
Woody Harrelson : l’inspecteur Jeffrey Allen
Kate Winslet : Irina Vlaslov
Teresa Palmer : Michelle Allen
Michelle Ang : Trina Ling
Luis Da Silva : Pinto
Michael K. Williams : Sweet Pea
E. Roger Mitchell : Smith

LES NEIGES DU KILLERMAN MANCHOT (Jacky Pop) : Exotisme de proximité

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lesneigesdukillermanmanchotLe Poulpe repose sur un principe assez original dans le monde du polar : à chaque épisode, un nouvel auteur. Généralement, ce changement de plume s’accompagne aussi d’un changement de pays, puisque ses enquêtes nous font voyager dans des contrées aussi variées qu’exotiques. Les Neiges du Killerman Manchot ne déroge pas à la règle. A la plume, Jacky Pop, un auteur français qui a navigué entre le polar et le théâtre. Et comme destination lointaine, une terre hostile et sauvage… la Picardie !

Les Neiges du Killerman Manchot emmène donc le personnage nettement moins loin que d’habitude. Mais en dehors de ça, l’esprit du Poulpe reste bien préservé. Un roman court pour une enquête qui vaut surtout par la galerie de personnages qu’elle met en scène que par l’épaisseur de l’intrigue proprement dite. Le récit est toujours parcouru de cet humour un peu désabusé qui prend naissance par les commentaires qui naissent dans l’esprit du principal protagoniste et que l’auteur nous fait partager. Un résultat sans grand surprise, mais qui ravira les amateurs de la série.

SAINT-AMOUR : Amour contrarié

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saintamouraffichePour un aimer un film de personnages, il est relativement indispensable d’aimer les personnages sur lesquels il porte. Or les rencontres entre être humains donnent lieu à une alchimie subtile où le résultat n’est jamais garantie. Parfois, c’est le coup de foudre, parfois, il ne se passe rien, sans que l’on puisse l’expliquer. Saint-Amour est un film qui nous parle des relations humaines et repose fortement sur ses protagonistes. Les aimer, c’est aimer le film. Mais quand la connexion ne se fait pas, il est beaucoup plus difficile de l’apprécier, malgré les qualités indéniables de ce long métrage.

Personnellement, je n’ai donc pas du tout accroché avec cette histoire. Le personnage interpréta par Benoît Poelvoorde m’a horripilé du début à un peu moins à la fin, mais un peu quand même. Peut-être parce qu’il véhicule tout un tas de clichés ineptes sur le monde agricole (c’est l’ingénieur agronome qui parle), mais au fond qu’importe les raisons. Je n’ai pas aimé ce personnage, j’ai donc eu beaucoup de mal à aimer Saint-Amour. Quant à Vincent Lacoste, j’ai vraiment une allergie prononcée pour cet acteur (en dehors d’Hippocrate) auquel je ne peux rien. Reste Gérard Depardieu, forcément énorme… dans tous les sens du terme !

saintamourSaint-Amour dégage par ailleurs une vraie poésie, une folie douce qui a toujours marqué l’univers de Gustave Kervern et Benoît Délépine. L’histoire est sans doute la plus aboutie qu’ils aient raconté, que l’on peut rapprocher d’une plus grande maîtrise artistique. Nos deux cinéastes ont donc atteint une certaine maturité dans leur art, quittant l’image de deux bricoleurs géniaux, mais bricoleurs quand même. Il y a donc bien des raisons d’aimer ce film. Elles ne m’ont pas touché assez pour que je m’enthousiasme, mais je serai injuste si je déconseillais à quiconque de tenter sa chance de tomber amoureux de ces personnages et de cette histoire.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : JPG Films, No Money Productions, Nexus Factory, Umedia, DD Productions
Distribution : Le Pacte
Réalisation : Benoît Delépine, Gustave Kervern
Scénario : Benoît Delépine, Gustave Kervern
Montage : Stéphane Elmadjian
Photo : Hugues Poulain
Décors : Madphil
Musique : Sébastien Tellier
Costumes : Florence Laforge
Durée : 101 min

Casting :
Gérard Depardieu : Jean
Benoit Poelvoorde : Bruno
Vincent Lacoste : Mike
Céline Sallette : Vénus
Ana Girardot : la jumelle
Chiara Mastroianni : : la patronne de la baraque à frites
Andréa Ferréol : la femme du petit déjeuner
Michel Houellebecq : le propriétaire de la maison d’hôte
Ovidie : l’agent immobilier
Izïa Higelin : l’ex de Bruno

MIDNIGHT SPECIAL : Science-fiction d’auteur

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midnightspecialafficheLe cinéma est rempli de couples célèbres. Bien sûr, lorsque l’on dit ça, on pense immédiatement à des couples formés par une actrice et un acteur, unis seulement à l’écran, mais aussi parfois à la ville. Il existe cependant un autre type de couple dans le 7ème art : celui formé par un réalisateur et son comédien ou sa comédienne fétiche. Jeff Nichols et Michael Shannon sont à nouveau réuni à l’affiche de Midnight Special. Un film qui nous plonge une nouvelle fois dans un univers quelque peu onirique du réalisateur de Take Shelter et Mud, qui sied parfaitement à son acteur favori.

Avec Midnight Special, Jeff Nichols s’attaque à la science-fiction. Mais à sa manière, avec l’ambiance bien particulière qui caractérise ses films. Car même s’il reprend un certain nombre de codes, de sujets, presque de clichés du genre, il le fait avec un ésotérisme poétique qui donne une réelle originalité à ce film. Du coup, on se laisse porter par cette histoire, qui aurait peut-être mérité d’être plus étoffée, avec un vrai plaisir et un certain abandon. On est face à un vrai film d’auteur et on l’apprécie comme tel. Une œuvre personnelle, à l’opposé des films formatés qui peuplent nos écrans de manière bien trop prégnante.

midnightspecialMidnight Special nous permet de revoir Kirsten Dunst dans un rôle intéressant et qui la sort un peu de ses routines habituelles. On sent une maturité affirmée chez cette actrice peut-être trop sous-estimée. Michael Shannon est quant à lui dans son élément. La complicité avec le réalisateur est palpable. Enfin, on prend plaisir à mieux découvrir Adam Driver sans un masque noir… Il démontre là qu’il serait dommage de voir sa carrière se résumer à son incarnation de Kylo Ren dans le dernier Star Wars. En tout cas, le casting est parfaitement dirigé par Jeff Nichols, qui confirme ici qu’il est un des très grands réalisateurs d’aujourd’hui.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Warner Bros., Tri-State Pictures
Distribution : Warner Bros. France
Réalisation : Jeff Nichols
Scénario : Jeff Nichols
Montage : Julie Monroe
Photo : Adam Stone
Décors : Chad Keith
Musique : David Wingo
Directeur artistique : Austin Gorg
Durée : 111 min

Casting :
Michael Shannon : Roy
Jaeden Lieberher : Alton
Joel Edgerton : Lucas
Adam Driver : Agent Sevier
Kirsten Dunst : Sarah
Sam Shepard : Calvin Meyer

ZOOTOPIE : Lapin pas crétin

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zootopieafficheDepuis que le cinéma a inventé le dessin-animé, il a pris l’habitude de faire preuve d’anthropomorphisme avec les animaux… C’est quand même la classe d’arriver à caser le terme anthropomorphisme dans une critique ciné, non ? Enfin tout ça pour dire que Zootopie pousse le principe au paroxysme en imaginant un monde où les animaux décideraient de se civiliser, tout en gardant leurs caractéristiques propres. Ainsi les lapins restent surtout destinés à faire pousser les carottes et se reproduire… Jusqu’au jour où l’une d’entre eux décide de tout faire pour entrer dans la police.

Le point de départ peut paraître très enfantin, mais Zootopie est plus subtil qu’il n’y paraît. Les plus petits pourront l’apprécier dans une lecture au premier degré. Les adultes y verront une parodie sociétale qui rappelle, dans un autre registre, un peu la manière dont Goscinny se servait des anachronismes pour se moquer de ses contemporains avec Astérix. Le résultat n’est pas bouleversant, beaucoup plus divertissant que profond, mais le rythme de l’intrigue, l’humour qui fait mouche et donc ce petit zeste de subtilité rendent le spectacle vraiment agréable.

zootopieZootopie est aussi agréable par un style graphique qui renoue un peu avec le style cartoon le plus traditionnel. Il constitue une bonne synthèse entre ce dernier et les apports de l’animation totalement numérique. On est donc là devant un vrai divertissement familial apte à réunir dans le même bonheur toutes les générations. Les plus jeunes seront certainement les plus enthousiastes, mais personne ne boudera son plaisir devant ce beau moment d’animation.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : Walt Disney Animation Studios
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures France
Réalisation : Byron Howard, Rich Moore, Jared Bush
Scénario : Jared Bush, Phil Johnston
Montage : Jeremy Milton, Fabienne Rawley
Décors : David Goetz, Dan Cooper
Musique : Michael Giacchino
Directeur artistique : Matthias Lechner
Durée : 108 min

Casting :
Ginnifer Goodwin : Judy Hopps
Jason Bateman : Nick Wilde
Idris Elba : Chef Bogo
Alan Tudyk : Duke Weaselton
J.K. Simmons : le maire Lionheart
Jenny Slate : l’adjointe au maire Bellwether
Shakira : Gazelle
Octavia Spencer : Mrs Otterton

ROOM : Enfermés en hauteur

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roomafficheLe huis-clos représente toujours un défi pour un cinéaste. En effet, la caméra et le grand écran appelle plutôt les grands espaces que les espaces confinés. Filmer l’enferment sans enfermer le spectateur dans une vision étroite n’a rien d’évident. Il est cependant possible d’y arriver. La preuve avec Room, qui, dans sa première partie, nous invite à partager le quotidien d’une jeune femme et de son fils séquestrés dans une pièce de quelques mètres carrés. Inspiré d’une histoire vraie qui avait fait la une de l’actualité il y a quelques années, ce film constitue une vraie réussite.

Room nous raconte deux histoire en une. J’ai déjà évoqué la première. Elle reste le moment le plus fort et marquant de ce film. C’est dur sans être plombant, filmé avec beaucoup d’intelligence et même un rien de poésie. Cette poésie que les personnages s’invente pour échapper à ce qui constituerait sans cela un enfer invivable et que Lenny Abrahamson arrive à nous faire partager. Ensuite, dans sa deuxième partie, le film devient plus mélodramatique et surtout moins original. Certes, l’histoire reste globalement forte, mais le tout perd un peu en intensité. Surtout que la transition est assurée par une scène assez extraordinaire, un des plus beaux moments de ce début d’année cinématographique. Mais comme le film part de très haut, on finit tout de même à une altitude où seuls les excellents films peuvent voler.

roomRoom a valu un Oscar à Brie Larson qui tenait pourtant son premier vrai grand rôle. Il est pleinement mérité et très prometteur pour le reste d’une carrière qu’on espère très longue. Cependant, la vraie star du film reste Jacob Tremblay qui joue son jeune fils est qui arrive à faire passer de manière assez phénoménale des émotion aussi extrêmes que différentes. On a tendance à toujours sous-considérer les performances d’acteurs des jeunes enfants et c’est souvent injuste. Ici ça l’est particulièrement. En tout cas le duo porte le film sur les épaules. Et le porte haut !

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : A24, Element Pictures, No Trace Camping, TG4
Distribution : Universal Pictures Intrenational France
Réalisation : Lenny Abrahamson
Scénario : Emma Donoghue, d’après son propre roman
Montage : Nathan Nugent
Photo : Danny Cohen
Décors : Ethan Tobman
Musique : Stephen Rennicks
Costumes : Lea Carlson
Durée : 118 min

Casting :
Brie Larson : Ma
Jacob Tremblay : Jack
Sean Bridhers : le vieux Nick
Joan Allen : Nancy, la mère de Ma
William H. Macy : Robert, le père de Ma
Amanda Brugel : Officier Parker
Wendy Crewson : l’animatrice TV
Cas Anvar : Dr Mittal