ENCORE HEUREUX : Folie médiocre

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encoreheureuxafficheA travers mes critiques, je reproche souvent au cinéma français une certaine paresse. Une médiocrité face à laquelle subsiste une complaisance critique regrettable. Encore Heureux ne va certainement pas me faire changer d’avis. Le film a certes bien des qualités mais il se contente par beaucoup d’aspects du strict minimum. C’est dommage et il aurait été facile de faire beaucoup mieux pour le même prix. Un peu plus d’ambition et d’exigence et le film aurait pris une autre dimension.

Il est vrai que la présence d’Edouard Baer a la faculté de transformer le plomb en or. Mais son génie a quand même ses limites. Surtout que Benoît Graffin a réussi un exploit substantiel. Il l’a dirigé… En effet, pas de trace de cabotinage ici, jamais de « il en fait un peu beaucoup », mais de la justesse et de la maîtrise. On devrait s’en réjouir… mais du coup, sa performance rentre dans le rang et perd un peu de son incomparable fraîcheur. En fait, Encore Heureux oublie de lâcher les chevaux dans en temps. Les dialogues constituent un autre exemple. Le film aurait gagné à proposer de vraies répliques percutantes. A part une ou deux qui nous arrachent un vrai sourire, cela reste trop réaliste pour être vraiment drôle et par la même demeure assez plat.

encoreheureuxAu final, on ne s’ennuie pas vraiment devant Encore Heureux, on garde un sourire aux lèvres grâce à la folie douce qui parcourt le film. Mais il ne plonge jamais dans une émotion franche. Jamais un réel éclat de rire, jamais réellement touchant. Les personnages sont sympathiques, sans être pour autant terriblement attachants. Ce n’est jamais subversif alors que l’intrigue n’est pas dénuée d’une certaine immoralité. Rien n’est vraiment mauvais, mais rien n’est excellent non plus. Il y avait pourtant les ingrédients pour une recette savoureuse. Mais sans sel, ni piment, un plat ravit rarement les papilles.

LA NOTE : 09/20

Fiche technique :
Réalisation : Benoît Graffin
Scénario : Mika Tard, Déborah Saïag, Benoît Graffin, Nicolas Bedos
Production : Pauline Duhault
Photographie : Antoine Héberlé
Décors : Samantha Gordowski, Julien Tesseraud

Casting :
Sandrine Kiberlain : Marie
Edouard Baer : Sam
Bulle Ogier : Madeleine
Carla Besnaïnon : Alexia
Matthieu Torlotting : Clément
Benjamin Biolay : Le séducteur

45 ANS : L’éternité ne dure pas toujours

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45ansafficheL’amour dure trois ans paraît-il. Enfin, parfois, il dure quand même un peu plus longtemps. 45 ans par exemple ! 45 Ans est le titre d’un film qui vaut une nomination aux Oscars à Charlotte Rampling et nous dit beaucoup de choses passionnantes sur la non éternité des choses, y compris les sentiments que l’on croit gravés à jamais dans le marbre. Un film un peu contemplatif mais qui nous permet de découvrir avec une profondeur rare deux personnages interprétés par deux monstres sacrés du cinéma britanniques.

45 Ans a un point de départ plutôt inventif et permet d’introduire avec brio le sujet. Ce grain de sable qui après tant d’années de vie commune vient gripper une mécanique qui semblait immuable est une trouvaille scénaristique remarquable. Le dénouement constitue lui aussi un moment marquant qui vous laisse sur une impression forte. Entre les deux, il est vrai qu’Andrew Haigh prend son temps et développe son propos sans se presser et en l’explorant vraiment de bout en bout. On ne s’ennuie jamais, mais il est vrai que ce tempo donne une certaine froideur à l’ensemble et dilue peut-être légèrement l’émotion.

45ansCependant, 45 Ans reste un modèle de direction d’acteur. La réalisation d’Adrew Haigh est totalement au service de ces comédiens et arrive comme rarement à mettre en lumière leurs sentiments. Evidemment, l’immense talent de Charlotte Rampling et Tom Courtenay contribuent largement à ce succès. Mais ces trois éléments ne font pas que s’additionner, il y a une vraie synergie entre eux. Une synergie qui porte le film et en fait un très beau moment de cinéma.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : The Bureau, Film4, British Film Institute (BFI)
Distribution : Ad Vitam
Réalisation : Andrew Haigh
Scénario : Andrew Haigh, d’après une nouvelle de David Constantine
Montage : Jonathan Alberts
Photo : Lol Crawley
Décors : Sarah Finlay
Son : Joakim Sundstorm
Costumes : Suzie Harman
Durée : 95 min

Casting :
Charlotte Rampling : Kate Mercer
Tom Courtenay : Goeff Mercer
Geraldine James : Lena
Dolly Wells : Charlotte
David Sibley : George

A QUOI SERVENT LES PARTIS POLITIQUES ?

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partispolitiquesMilitant du Parti Socialiste, j’ai ces derniers jours assisté à plusieurs réunions où nous avons débattu de la déchéance de nationalité. Au milieu des discussions est apparue à plusieurs reprises cette question : à quoi sert le Parti Socialiste ? Ou, du point de vue du militant, à quoi servons-nous ? Une question fondamentale revenant de plus en plus souvent, indépendamment du contexte particulier que nous connaissons actuellement. Il est vrai que la question se pose avec plus de force pour le parti au pouvoir, mais elle dépasse largement le simple PS.

Le rôle et le fonctionnement des partis politiques n’ont guère évolué ces dernières décennies, en tout cas infiniment moins vite que la société. Leur image est brouillée et la défiance dont ils font tous l’objet est délétère pour notre démocratie. Mais alors que faire ? Quel nouveau modèle inventer ?

A mon sens, il faut partir de la réalité telle qu’elle est, pas telle qu’on souhaiterait qu’elle soit. Les responsables politiques ont désormais un rapport direct avec l’opinion. A la moindre annonce, au moindre événement, ils peuvent faire connaître leur opinion immédiatement via les réseaux sociaux. Du coup, cela a-t-il encore un sens de parler de position officielle d’un parti quand elle est forcément contredite par une partie de ses membres avant même qu’elle ne soit déterminée ? Ceux dont l’opinion est minoritaire ne vont pas soudainement changer d’avis, ni même se taire. On peut alors rechercher l’unanimité, mais il faut pour cela se rapprocher d’un plus petit dominateur commun, dont la médiocrité intellectuelle n’est plus à prouver. Un parti politique est un lieu où tout le monde n’est pas d’accord sur tout, ou face à un même problème plusieurs solutions sont proposées, acceptons-le.

Le vrai débat d’idée existe encore, bien plus que ne le croit l’opinion. Simplement, il n’a lieu que rarement dans les partis politiques à proprement parler, mais plutôt dans leurs satellites. Du think tank institutionnalisé comme Terra Nova ou la Fondation Jean Jaurès au collectif de simples militants, comme Inventons Demain ou Bouger les Lignes, ces lieux de réflexion, de travail, de recherche de solutions concrètes et innovantes sont nombreux et variés. Malheureusement, le fruit de leurs réflexions est trop peu diffusé, y compris auprès des militants des partis dont ils sont proches.

Ces entités présentent bien des avantages. Par leur diversité, ils peuvent impliquer de multiples façons ceux qui souhaitent participer à un travail de réflexion. Par leur éloignement des enjeux électoraux et de pouvoir, ils peuvent plus facilement associer des experts souhaitant apporter leur éclairage, sans forcément prendre parti. Ils constituent déjà une véritable richesse intellectuelle, mais qui ne demanderait qu’à croître encore s’ils étaient universellement reconnus comme les lieux de la réflexion politique. Ils sont en tout cas infiniment plus efficaces que tous les travaux collectifs à l’échelle du PS, où chaque section est appelée à amender un texte déjà limité par le subtil équilibre politique dont il est né et qui ne pourra plus être modifié qu’à le marge. Ils sont ainsi plus à même de proposer enfin des idées nouvelles, de libérer l’imagination dont la réflexion politique a cruellement besoin.

Mais on revient alors à la première question. S’il n’est plus le lieu de la réflexion, ce qu’il devrait être avant tout dans un monde idéal qui n’existe pas (ou plus), alors à quoi sert un parti politique ? Il doit rester celui de l’action ! Tout militant sait bien que les élections s’enchaînent à un rythme assez rapide pour que leur préparation accapare déjà une large part de l’énergie et du temps. On reproche souvent aux partis politiques de n’être plus que des machines électorales… et bien assumons-le ! Les campagnes électorales restent tout de même le moment le plus fort de la vie politique. Avoir des structures dédiées à cette seule tâche se justifie déjà amplement.

L’action politique ne se limite cependant pas aux seules campagnes électorales. En tant qu’élu municipal d’opposition, je m’efforce, avec tous ceux qui partagent mes convictions, de faire connaître nos positions sur les enjeux locaux. Mais nous avons également mené des campagnes de communication sur l’accessibilité. Dans le but de faire évoluer l’action de majorité municipale, mais aussi pour sensibiliser la population. Ce travail a fait collaborer des personnes qui ne partagent pas la même opinion sur la politique gouvernementale actuelle. Cela ne nous a pas empêché d’être, dans l’action militante, ensemble et unis. Et il existe bien d’autres sujets ou problématiques aptes à rassembler.

Séparer l’action de la réflexion présente aussi de mon point de vue un immense avantage. Les congrès du PS se focalisent uniquement sur les points de clivage, aussi minimes ou artificielles soient-ils. Du coup, les aspects organisationnels, la qualité des outils de mobilisation, de communication sont les parents pauvres de ces moments de débats et de démocratie internes. Ainsi, la vie militante au sein du PS, mais aussi ailleurs, se résume encore beaucoup au triptyque tractage, collage, réunions… Des modes d’expression largement obsolètes et cette obsolescence contribue au fossé qui se creuse entre les acteurs politiques, quel que soit leur niveau, et le reste de la population, en particulier les plus jeunes. Il est donc urgent de développer des outils de mobilisation innovants, des vecteurs de communication inédits qui ne peuvent se résumer à Facebook et à Twitter. Faire de ces questions l’enjeu principal des élections internes du parti, juger les candidats aux responsabilité sur leurs compétences en la matière, et non leur simple positionnement idéologique, permettraient de faire enfin rentrer l’action politique pleinement dans les XXIème siècle.

Reste la question de la ligne politique qui guidera l’action des futurs élus. Depuis mon adhésion, j’ai toujours toujours combattu l’idée encore très répandue au PS, qu’il fallait d’abord définir le programme puis choisir celui ou celle qui allait le porter. Cela me semble absurde et il m’apparaît infiniment plus logique de choisir en une fois le ou la candidat(e) sur le programme qu’il propose. D’ailleurs dans les faits, c’est exactement ce qui se passe déjà. Pour toutes les élections, des primaires au périmètre à définir, organisées par les militants du parti, doivent permettre de choisir aussi bien les personnes que les lignes politiques qu’elles porteront. En cas de renouvellement de mandat ou de candidat unique, le programme porté par le candidat devra être validé par référendum, non pas globalement, mais divisé en grandes orientations afin de permettre une vraie discussion et sortir du tout ou rien. Des outils numériques, comme ceux développés par le site Parlement & Citoyens, permettent facilement d’organiser une consultation très fine, avec droit d’amendement, sur chaque point d’un programme.

Il ne s’agit pas ici de minimiser la valeur du débat. Cependant, comme un débat se focalise naturellement vers les différences, aussi petites soient-elles, le voir occuper tout l’espace médiatique donne une image totalement déformée de la réflexion politique. De plus, les idées novatrices doivent avoir le temps de s’affiner, de se consolider avant de se confronter à des idées plus conservatrices déjà bien ancrées dans les esprits. Il leur faut donc des espaces où elles pourront naître et mûrir, ce que ne permet pas un parti politique supposé n’avoir qu’une seule ligne. Il faut donc passer d’un état de débat permanent à un état de réflexions (au pluriel) permanentes, réflexions qui se confronteront à l’occasion de moments forts de débat, comme des primaires. Par ailleurs, rien n’empêche des débats dans le cadre de l’action militante entre deux élections. Simplement, dans ce cas, il faut sortir de l’idée qu’il doit en ressortir une position commune ou majoritaire.

Séparer action et réflexion permettra également de surmonter quelque peu les dilemmes qui surviennent quand le parti participe à un gouvernement ou à tout autre exécutif. Cela permettra à des réflexions critiques ou des politiques alternatives d’être élaborées sans que cela n’interfère avec une action de terrain qui assurera la promotion des éléments les plus fédérateurs, comme l’aurait pu être la généralisation du tiers payant par exemple. Cette dernière n’a fait l’objet d’aucune mobilisation militante alors qu’elle était fortement attaquée par des lobbies, tandis que les membres du parti débattaient à l’infini sur l’efficacité d’un CICE qui n’avait même pas eu le temps d’être pleinement mis en place. Pour les élus en place, la diversité et la profondeur de réflexions plurielles doivent pouvoir inspirer des politiques plus innovantes que celles s’inspirant de positions issues d’improbables synthèses ou compromis au sein du parti.

Cette séparation entre action et réflexion permettra à tous ceux qui veulent s’engager politiquement de trouver leur place. Tout le monde n’a pas envie de distribuer des tracts sur les marchés, mais peut avoir envie de mettre ses compétences et son expérience pour trouver des solutions aux problèmes qui lui tiennent à cœur. Tout le monde n’a pas envie de discuter pendant des heures et des heures sur l’opportunité de fusionner l’impôt sur le revenu et la CSG, mais peut avoir envie d’aller au contact de ses concitoyens pour défendre des valeurs. Et ceux qui souhaitent faire les deux pourront s’investir dans les deux types de structure qui auront chacune gagné en efficacité puisque leurs rôles auront été clairement défini.

Toutes ces considérations ne constituent que l’ébauche d’une réflexion. Elle doit évidemment être poursuivie. Podemos constitue par exemple un autre modèle. Mais je connais beaucoup de gens déçus par les tentatives de faire de la politique autrement, au Modem ou à Nouvelle Donne. Les rivalités de personnes finissent toujours par ressortir, l’être humain étant ce qu’il est. Ce que je propose ne correspond pas à mon idéal mais de ce qui me semble le plus proche d’une réalité qui s’impose à nous et qu’il est nécessaire de positiver. Elle ne constitue pas une révolution. Mais la défiance envers les partis politiques ne vient pas tant de ce qu’ils sont, mais du décalage entre ce qu’ils sont et ce qu’ils prétendent être. Réduire ce décalage est indispensable à une confiance restaurée. Il y a urgence car les partis politiques sont des structures moribondes et dont on peut même prévoir la disparition. Mais sans eux, comment imaginer la démocratie ?

SWING LO MAGELLAN (Dirty Projectors), ABOUT FAREWELL (Alela Diane), M B V (My Bloody Valentine) : Decrescendo

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swinglomagellandirtyprojectorsOn commence avec une découverte que j’ai eu du mal à faire puisque j’aurais mis plusieurs années pour réussir à me procurer Swing Lo Magellan du groupe Dirty Projectors. Un groupe originaire de New York, né sous l’impulsion de Dave Longstreth et qui comporte de nombreux musiciens et choristes. Un groupe très prolifique depuis 2002 malgré son relatif anonymat. Il nous propose un rock puissant, qui va souvent crescendo avec un rythme très marqué (malgré son irrégularité parfois). C’est parfois un peu brouillon, un rien dissonant, presque arythmique, mais toujours entraînant. L’album comporte en plus beaucoup de très bons titres, comme Swing Lo Magellan, une très jolie ballade, Just For Chevron, un titre original et qui montre bien la forte personnalité du groupe, ou encore Impregnable Question qui est à l’inverse très classique mais néanmoins excellent.

aboutfarewellaleladianeOn enchaîne avec Alela Diane, une chanteuse californienne, et son album About Farewell, sorti en 2013. On est plongé tout de suite dans une ambiance très folk-country, avec une voix parfaite pour cette musique. C’est doux et mélodieux, mais cela manque néanmoins quelque peu d’épaisseur. Cela coule tout seul, on se laisse bercer, mais cela ne capte pas totalement l’attention. Mais pour une ambiance de fond paisible, cela peut être parfait.

mbvmybloodyvalentineOn termine avec une déception venant de My Bloody Valentine, groupe irlandais, et leur album m b v. J’avoue que je ne connaissais ce groupe que de nom et j’avais hâte de les découvrir. Malheureusement, le résultat est totalement transparent, parfois même vraiment chiant, pardonnez-moi l’expression. C’est lancinant, porté par une voix faiblarde. La ligne mélodique est très basique, les rifs de guitare artificiellement présents, comme pour masquer un vide. Les titres s’enchaînent toujours sur le même registre, avant même de devenir carrément pénibles sur la fin.

LES CHEVALIERS BLANCS : L’enfer est pavé…

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leschevaliersblancsafficheLes pires intentions peuvent se cacher sous les meilleurs qui soient. Ceci n’est pas qu’un peu de philosophie de bas étage, mais aussi une bonne façon d’introduire Les Chevaliers Blancs, un film inspiré de l’histoire rocambolesque de l’Arche de Zoé, une fausse ONG qui avait tenté de ramener des soit-disant orphelins tchadiens pour les confier à des familles françaises dans la plus totale illégalité. Un sujet qu’il n’était pas évident d’aborder avec la bonne distance. Joachim Lafosse y est plutôt bien parvenu.

Les Chevaliers Blancs nous rapportent des faits, nous présentent des personnages, mais sans les juger. Chaque spectateur pourra se faire sa propre opinion sur le caractère machiavélique ou non de chaque personnage. On peut les voir comme des idéalistes dépassés par leurs propres ambitions ou des faussaires sans aucun scrupule, manipulateur du début à la fin. La vérité se situe sûrement entre les deux, si tant est qu’une vérité existe dans ce genre d’histoire. Il s’agit là du grand mérite de ce film, mais aussi sa limite, car à être trop objectif, le film ne nous entraîne pas dans son point de vue. Beaucoup d’intérêt donc, mais pas d’enthousiasme.

leschevaliersblancsLes Chevaliers Blancs est également parfaitement réalisé. Les moyens ont été mis, la narration est efficace, même si elle a tendance à tourner un peu en rond à un moment donné, cela ne dure pas bien longtemps. Les acteurs sont parfaitement dirigés et le casting de très haut niveau est remarquablement valorisé. Je trouve par exemple que Vincent Lindon est ici réellement plus convaincant que dans La Loi du Marché, rôle pour lequel il a été pourtant considérablement encensé. En tout cas, le résultat final est un film solide, totalement maîtrisé et éclairant sur le sujet qu’il traite.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Les films du Worso, Versus Production
Distribution : Le Pacte
Réalisation : Joachim Lafosse
Scénario : Joachim Lafosse, Bulle Decapentries, Thomas van Zuylen, d’après l’oeuvre de François-Xavier Pinte et Geoffroy d’Ursel
Montage : Sophie Vercruysse
Photo : Jean-François Hensgens
Son : Christophe Giovannoni
Musique : Sascha Ring
Directeur artistique : Jean-François Hensgens
Durée : 112 min

Casting :
Vincent Lindon : Jacques Arnault
Louise Bourgoin : Laura Turine, sa compagne
Valérie Donzelli : Françoise Dubois
Reda Kateb : Xavier Libert
Philippe Rebbot : Luc Debroux
Bintou Rimtobaye : l’interprète
Jean-Henri Compère : Roland Duchateau
Yannick Renier : Chris Laurent

CREED : L’HERITAGE DE ROCKY BALBOA : Uppercut nostalgique

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creedafficheLes suites à rallonge ne présagent généralement rien de bon. Fast and Furious 7 ? Sérieusement ? Mais certains personnages légendaires sont assez attachants pour que l’on ait jamais vraiment envie de les quitter. Rocky Balboa nous aura offert un premier volet il y a 40 ans récompensé par un Oscar puis des suites assez inégales. Il est cependant devenu un mythe cinématographique majeur. C’est avec une pointe de nostalgie que l’on va voir Creed, l’Héritage de Rocky Balboa. De la nostalgie et un peu indulgence.

Creed, l’Héritage de Rocky Balboa est un film sans aucune surprise. On est même plus proche du remake que de la suite. Mais le premier volet ayant été de loin le meilleur de la série, en se rapprochant de lui, le film se concentre sur l’essentiel et nous offre tout ce que l’on peut en attendre. Le plat sans le réchauffé mais garde une certaine saveur. On peut regretter cette absence totale de prise de risque scénaristique. Mais si elle nous empêche d’être réellement enthousiaste, elle nous préserve aussi de la déception.

creedCreed, l’Héritage de Rocky Balboa bénéficie enfin du caractère magique, pour ne pas dire miraculeux, de la boxe au cinéma. Le combat qui conclut le film est lui aussi sans surprise, aussi bien dans son déroulement que dans la forme. Mais il frappe tout de même le spectateur comme un uppercut. On ressort donc finalement avec cette petite pointe d’enthousiasme qui nous fait oublier que le reste du film n’avait pas du nous l’apporter. Et on garde une pensée émue pour ce Sylvester Stallone qui assume pleinement le poids des ans qui le frappe. Et avec cette vieillesse qui vient, c’est un peu de notre jeunesse qui s’en va.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : MGM, New Line Cinema, Chartoff-Winkler prodictions
Distribution : Warner Bros France
Réalisation : Ryan Coogler
Scénario : Ryan Coogler, Aaron Covington, d’après les personnages créés par Sylvester Stallone
Montage : Claudia Castello, Michael P. Sawver
Photo : Maryse Alberti
Décors : Hannah Beachler
Musique : Ludwig Göransson, Gabe Hilfer
Durée : 134 mn

Casting :
Michael B. Jordan : Adonis Johnson
Sylvester Stallone : Rocky Balboa
Tessa Thompson : Bianca
Phylicia Rashad : Mary Anne Creed
Andre Ward : Danny Stuntman Wheeler
Ritchie Coster : Pete Sporino

LE GARCON ET LA BETE : Bonheur condensé

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legarconetlabeteafficheL’animation japonaise au cinéma ne se limite pas à Hayao Miyazaki et au studio Ghibli. Bien d’autres artistes nippons méritent de venir honorer nos grands écrans. Mamoru Hosoda fait partie de ceux-là. Il nous avait déjà livré Summer Wars et la Traversé du Temps entre autres que j’avais grandement appréciés. Le revoici avec le Garçon et la Bête. Un nouvel excellent film, encore meilleurs que les précédents.

Le Garçon et la Bête est un condensé des thèmes chers à l’animation japonaise. L’histoire est donc composé de beaucoup d’éléments déjà vus, mais sa richesse et le tout cohérent que forme ces inspirations variées offrent une réelle originalité au film. Un peu comme Star Wars en fait. Comme quoi l’art du recyclage constitue un art à part entière pouvant donner des œuvres singulières. L’intrigue se déroule sans que l’on puisse deviner où elle va nous conduire ensuite. On est donc happé par le récit, par son univers et les personnages. On pardonne donc aisément les bons sentiments un peu sirupeux qui viennent ça et là alourdir quelque peu l’histoire.

legarconetlabeteLe Garçon et la Bête démontre qu’une animation tout ce qu’il y a de plus classique a encore droit de cité sur nos grands écrans. Cela donne un côté vintage assez sympathique et rafraîchissant. Il n’y a pas le foisonnement visuel d’un Miyazaki, mais cela nous permet de nous concentrer plus fortement sur l’intrigue. Pas d’esbroufe donc, mais des dessins au service de l’histoire, chargés de lui donner vie. Mission accomplie avec beaucoup de talent pour le plus grand bonheur de ceux qui aiment les belles histoires qui parlent à l’imaginaire des petits (enfin pas trop non plus) et des grands.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : CTV, DN Dream Partners, Dentsu, HTV, Kadokawa, NTV, Studio Chizu, Toho Company, YTV
Distribution : Gaumont
Réalisation : Mamoru Hosoda
Scénario : The Boy and the Beast
Son : Yuji Akazawa, Yoshio Obara
Musique : Masakatsu Takagi
Effets spéciaux : Ryo Horibe
Costumes : Daisuke Iga
Directeur artistique : Yôichi Nishikawa, Takashi Omori, Yohei Takamatsu
Durée : 119 min

Casting :
Koji Yakusho : Kumatetsu
Aoi Miyazaki : Kyuta enfant
Shota Sometani : Kyuta adulte
Suzu Hirose : Tatara
Lily Franky : Hyakushubo

REGIONS OF LIGHT AND SOUND OF GOD (Jim James), BIG INNER (Matthew E White), THE NEXT DAY (David Bowie) : Bowie forever

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regionsoflightandsoundofgodjimjamesOn passe vite les deux premiers avis avant celui qui compte vraiment. On commence par Regions of Light and Sound of God, premier album solo de Jim James, leader du groupe américain My Morning Jacket. Si j’aime beaucoup ce dernier, cette aventure solitaire est nettement moins convaincante. Sa voix est toujours intéressante, le reste ne l’est pas trop et c’est passablement ennuyeux au final. Sa musique est souvent molle et lancinante et ne décolle jamais vraiment.

biginnermatthewewhiteOn poursuit avec Big Inner du compositeur américain Matthew E White. Là aussi c’est mou. La voix semble être à trois kilomètres du micro. Les titres sont plus murmurés que chantés. L’intérêt est assez limité et cette fois-ci pas de belle voix pour monter un peu le niveau. Certains morceaux sont même carrément pénibles comme celui de 10 minutes qui conclut l’album.

thenextdaydavidbowieOn termine avec David Bowie et son album The Next Day. C’est le hasard et ma liste d’écoutes programmées qui m’a conduit à découvrir ce disque sorti en 2013 si peu de temps après sa mort. Cela constituera donc pour moi l’occasion de lui rendre hommage, même si je dois avouer que je n’ai pas une connaissance exhaustive de son œuvre. Dès les premières secondes de l’album, on est tout de suite plongé dans son univers si caractéristique. C’est maîtrisé, puissant, mais avec toujours une vraie ligne mélodique bien présente. On regrettera simplement que sur cet album la voix de Bowie soit quelque peu en retrait. Cela est largement compensé par le bouillonnement imaginatif et créatif, qui fait parfois un peu brouillon, mais qui ravit tout de même les oreilles. On retiendra avant tout l’excellent single Valentine’s Day.

CAROL : Le yeux et le coeur

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carolafficheLa perfection et la maîtrise sont a priori des qualités qui caractérisent les grands films. Mais il ne faut jamais abuser des bonnes choses, comme dit le proverbe. Parfois, certains sujets, certaines histoires demandent non pas des imperfections, mais au moins des aspérités pour passer de l’admiration à l’émotion. C’est le cas pour Carol, un film artistiquement parfait et maîtrisé, qui ravit les yeux et la raisons… Nettement moins les tripes et le cœur.

Carol nous raconte un amour interdit, un amour pouvant être vu comme sulfureux ou immoral dans le contexte de l’époque. Il parle donc de sentiments violents et irrépressibles, nés au plus profond de ses deux êtres qui ont beaucoup à perdre en y succombant. Tout cela prend vie à travers une réalisation extrêmement académique. La photographie est superbe, chaque plan est calculé au millimètre. Mais du coup, c’est aussi un peu lisse, un peu froid, alors que l’histoire a des caractéristiques diamétralement opposée.

carolCarol est aussi à l’origine d’une grande injustice de mon point de vue. En effet, Cate Blanchett a reçu un prix d’interprétation à Cannes, alors que Rooney Mara l’aurait encore plus mérité qu’elle. Il y a une prime à la carrière, ce qui peut arriver avec ce genre de prix. Cependant, les deux actrices sont vraiment formidables, donc ce n’est pas totalement immérité non plus. Heureusement que leur jeu donne vraiment vie à cette très belle intrigue. C’est pour elle qu’il faut aller voir ce film qui ressemblent un peu trop à un bel objet que l’on n’ose pas toucher, quand on aurait aimé embrasser cette histoire avec enthousiasme.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : The Weinstein Company, Number 9 Films, Film4, Killer Films
Réalisation : Todd Haynes
Scénario : Phyllis Nagy, d’après le roman de Patricia Highsmith
Montage : Laura Rosenthal
Photo : Edward Lachman
Décors : Judy Becker
Distribution : UGC Distribution
Musique : Carter Burwell
Directeur artistique : Jesse Rosenthal
Durée : 118 mn

Casting :
Cate Blanchett : Carol Aird
Rooney Mara : Therese Belivet
Sarah Paulson : Abby Gerhard
Kyle Chandler : Harge Aird
John Magaro : Dannie
Jake Lacy : Richard

LES 8 SALOPARDS : Le crépuscule d’un Dieu ?

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les8salopardsafficheIl paraît que Quentin Tarantino ne sait compter que jusqu’à dix. Enfin, tout du moins ne compte-t-il réaliser que dix films avant de se retirer dans une retraite bien méritée. Pour ceux qui comme moi le considère comme un des plus grands réalisateurs de tous les temps (très certainement dans mon top 5 perso… même si je n’y ai jamais vraiment réfléchi), ce compte-à-rebours n’a rien de réjouissant. Surtout que la fin est proche, les 8 Salopards étant son huitième film. Mais finalement, en le regardant, on se demande si s’arrêter bientôt ne serait pas une si mauvaise idée que ça.

Entendons-nous bien, les 8 Salopards est absolument génial… par moments. Les près de trois heures que dure le film lui laisse même le temps de caser beaucoup de ces moments géniaux. Il nous offre une nouvelle fois des situations jubilatoires dans son style unique et reconnaissable entre tous. Certains passages, certains dialogues sont voués à un futur culte de la part des cinéphiles les plus exigeants. Mais entre deux bouffées de bonheur absolu, il y a tout de même des longueurs. Et les près de trois heures de que dure le film lui laisse aussi le temps de caser beaucoup de ces longueurs.

les8salopardsQuentin Tarantino fait preuve dans les 8 Salopards une nouvelle fois d’une maîtrise artistique absolue. Seule petite entorse à ses habitudes, une bande originale largement… originale justement. Mais quand on sait qu’elle est signée Ennio Morricone lui-même, on comprend mieux pourquoi il n’a pas trouvé utile de nous trouver de vieux tubes oubliés mais géniaux. Le casting est parfait, les acteurs sont dirigés à la perfection et sont totalement dans leur rôle. Bref, sur la forme, on frise encore une fois le 20/20. Mais globalement, on sent quand même un réalisateur sur le point de tourner en rond…Enfin, je joue peut-être les oiseaux de mauvaise augure et son 9ème film viendra me contredire magistralement. Et avec son génie, il faut s’attendre à tout.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : The Weinstein Company
Distribution : SND Films
Réalisation : Quentin Tarantino
Scénario : Quentin Tarantino
Montage : Fred Raskin
Photo : Robert Richardson
Décors : Yohei Taneda
Musique : Ennio Morricone
Directeur artistique : Richard L. Johnson
Durée : 167 min

Casting :
Samuel L. Jackson : Major Marquis Warren
Kurt Russell : John Ruth
Jennifer Jason Leigh : Daisy Domergue
Walton Goggins : Sheriff Chris Mannix
Demian Bichir : Bob
Tim Roth : Oswaldo Mobray
Michael Madsen : Joe Gage
Bruce Dern : General Sandy Smithers
James Parks : O.B. Jackson