
Un + Une est la preuve qu’il ne faut pas rester bloqué sur ses préjugés. Quand j’ai vu pour la première fois la bande-annonce de ce film, j’ai d’abord été tenté avant de voir qu’il s’agissait d’un film de Claude Lelouch. Mais comme les critiques étaient plutôt bonnes, j’ai décidé de privilégier ma première impression. Elle était la bonne car le film est bien l’histoire romantique (pas tout à fait une comédie) sympathique qu’on pouvait imaginer, portée par un Jean Dujardin qui cabotine délicieusement (mais c’est le rôle qui veut ça) et une Elsa Zylberstein, parfaite de sensibilité.

LA NOTE : 13/20
Fiche technique :
Production : Les Films 13, Davis Films, JD Prod, France 2 Cinéma
Distribution : Metropolitan FilmExport
Réalisation : Claude Lelouch
Scénario : Claude Lelouch, Valérie Perrin
Montage : Stéphane Mazalaigue
Photo : Robert Alazraki
Musique : Francis Lai
Durée : 113 min
Casting :
Jean Dujardin : Antoine Abeilard
Elsa Zylberstein : Anna Hamon
Christopher Lambert : Samuel Hamon
Alice Pol : Alice Hanel
Rahul Vohra : Rahul Abhi
Shriya Pilgaonkar : Ayanna
Abhishek Krishnan : Sanjay

D’un point de vue formel, on retrouve bien le style de Stefano Sollima. Un style très réaliste qui crée une ambiance assez sombre et particulière. Mais après Gomorra, le film et la série, on ne s’enthousiasme plus pour si peu. Les acteurs sont bien dans leur rôle. L’histoire est rythmée, c’est propre, c’est net. Mais au fond, à part « tous pourris, le film n’a pas grand chose à dire et la violence omniprésente semble un peu gratuite parfois. Elle correspond très certainement à une réalité mais le réalisateur apparaît quelque peu prisonnier de ses propres archétypes.
Heureusement, le reste de la bande est terriblement attachante. Les jeunes acteurs s’en sortent comme des chefs et Max Boubil ne cabotine pas trop. Le Nouveau propose de vrais éclairs, de vrais traits d’esprit vraiment bien sentis et qui nous offrent quelques beaux éclats de rire. Globalement, l’histoire rappellera quelques souvenirs à tous ceux qui n’ont pas toujours été le plus populaire dans leur classe. Alors oui, effectivement, le film grossit un peu les traits, mais sans jamais tomber dans la caricature et toujours pour le besoin de l’histoire. Le propos n’a pas une profondeur abyssale, mais ce n’est pas vraiment ce qu’on lui demande. Au final, le film donne le sourire et c’est déjà pas mal par les temps qui courent.
Au-delà Des Montagnes bénéficie d’une réalisation très classique, pour ne pas dire académique. Tout est plus lisse et lumineux que dans A Touch of Sin. C’est le propos qui veut ça, mais du coup cela accroche moins le regard du spectateur. Rien qui vienne le plonger dans une ambiance particulière et dépaysante. Les acteurs sont parfaits, mais là aussi avec une perfection qui rend les sentiments un peu mécaniques. Le film est beau et il est loin d’être dénué d’émotion. Mais il n’est jamais bouleversant. Reste un grand intérêt, sans l’étincelle qui provoque l’enthousiasme.
Mais voilà, après avoir passé une bonne heure en dehors du film, il est assez difficile d’y rentrer à nouveau totalement. Il y a beaucoup de choses admirables dans Mia Madre, notamment par les performances d’acteurs, quelques scènes vraiment mémorables. Mais j’avoue que personnellement, je n’ai jamais pu vraiment basculer de l’intérêt purement intellectuel à un ressenti profond. J’ai toujours vu ce film avec mon cerveau, assez peu avec le cœur. C’est assez pour l’apprécier, trop peu pour l’aimer follement.

Mais voilà, une fois que tout se termine, qu’est ce qui nous reste ? Pas grand chose. Le satisfaction d’avoir appris beaucoup sur l’envers du décor d’une musique qui a bercé notre adolescence (enfin pour les gens de mon âge) ? Pas vraiment, car pour les besoins de l’histoire, les traits sont forcés et on est incapable de distinguer vraiment la caricature des éléments plus réalistes. Les personnages sont quand même trop immoraux pour qu’on leur conserve une réelle tendresse. Le plaisir coupable d’avoir vu d’avoir assisté à ce concours de coups bas ? Comme tout plaisir coupable, il est assez éphémère. Bref, un film bien foutu par certains côtés, mais qui ne restera pas dans les mémoires.
Le Pont des Espions est aussi parfaitement réalisé. Parce que si Steven Spielberg n’était qu’un formidable conteur, ça se saurait. C’est aussi une merveilleux cinéaste. Son sens de l’image, de la photographie et du montage est une nouvelle fois frappant dans un style très sobre, mais impressionnant de maîtrise. Tout ceci est au service des comédiens, au premier rang desquels un Tom Hanks juste parfait. Et c’est un non-fan qui le dit ! Au final, pas le film le plus bouleversant, ni le plus enthousiasmant de l’année, mais un modèle de cinéma.
On poursuit avec deux jolies découvertes. A commencer par Gary Clarck Jr, un musicien venu du Texas. Il nous propose avec Blak and Blu, sorti en 2012, une musique aux multiples influences. L’album s’ouvre d’ailleurs avec un titre assez rock rétro, mais où des cuivres accrochent tout de suite l’oreille. Il y a de la conviction, de la maîtrise. Que les titres soient plus funky, ou carrément plus rock, c’est toujours aussi propre et sympa. La qualité reste vraiment constante pendant les deux tiers de l’album avant une fin un peu moins intéressante.
On poursuit avec Foxygen, un groupe rock venu de Californie. Là aussi le côté un peu rétro domine immédiatement dans ce We Are the 21st Century Ambassadors of Peace & Magic. C’est frais et lumineux. Le chanteur a un côté dandy dilettante, mais on sent que tout est calculé. Cela donne à leur musique un côté un peu brouillon, mais ça se laisse écouter avec plaisir. Il est juste dommage que la voix du chanteur ne soit du coup pas vraiment mise en valeur.
Ixcanul bénéficie de plus d’une réalisation soignée. Jayro Bustamante ne dispose pas de moyens illimités, cela se sent, mais il en tire le meilleur grâce à un vrai sens de l’image. Il met merveilleusement bien en valeur ses acteurs pourtant tous amateurs qui n’ont rien à envier à personne. Une mention spéciale à l’actrice principale, Maria Mercedes Coroy, qui porte une bonne partie du film sur ses frêles épaules. C’est incroyable comme le talent est équitablement réparti sur cette planète. Ce film en est la preuve…
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