Une fois que l’on a mis les pieds dans l’univers du Trône de Fer, difficile d’en ressortir. C’est pourquoi je poursuis mon exploration avec le cinquième tome (ou plutôt la fin du deuxième tome de l’édition originale, puisque les éditeurs français aiment bien nous faire payer plus en découpant les livres en tranches) intitulé l’Invincible Forteresse. Un tome où la tension qui montait lors des deux épisodes précédents aboutit à la grande bataille épique que l’on attendait.
L’Invincible Forteresse est à l’image de la saga. Ardue à lire, mais fascinante. Il faut parfois s’accrocher pour suivre les différents fils d’intrigues croisés, mettant en scène un nombre incroyable de personnages. De plus, le style de George R.R. Martin ne facilite pas les choses et la moindre inattention peut vous faire perdre le fil ou vous faire passer à côté d’un événement très important, noyé dans une profusion de faits et de noms. Je trouve définitivement que ce n’est pas super bien écrit et qu’un peu de clarté ne nuirait en rien au récit.
Mais voilà, après avoir marcher longuement sur un chemin escarpé, vous n’avez pas vraiment envie de rebrousser chemin après tant d’efforts. Si j’ai trouve le récit de la grande bataille qui conclut ce roman trop confuse pour être totalement enthousiasmante, elle apporte un coup d’accélérateur à un récit qui nous plonge dans un univers que l’on a fini par s’approprier… même si on s’y sent parfois un peu perdu. Bref, des sentiments ambivalents, proches du masochisme… mais qui ne nous feront sûrement pas renoncer à notre voyage dans l’univers du Trône de Fer.
J’évoquais dans ma critique précédente le fait que le cinéma français semble totalement ignorer son plus grand auteur de théâtre, à savoir Molière. Mais cela ne signifie en rien que les scénaristes ne puisent pas dans les textes joués sur les planches pour proposer de nouvelles idées pour de nouveaux films. La preuve avec Ange et Gabrielle, adaptation d’une pièce de Murielle Magellan. Et accessoirement une comédie romantique qui se laisse regarder.
Ange et Gabrielle arrive presque à échapper à l’impression de théâtre filmé… mais pas totalement. Certes les personnages se déplacent constamment d’un lieu à l’autre, mais on se demande parfois si ce n’est pas justement pour casser l’uniformité du décor qu’impose une scène de théâtre. Ceci-dit, cela reste assez anecdotique même si cela enferme quelque peu le film dans ses limites artistiques. La réalisation de Anne Giafferi est sobre, euphémisme pour dire qu’elle tire parfois sur le téléfilm de France 3.
Le scénario est quant à lui assez sympathique et les personnages plutôt attachants. A la fois, c’est à peu près tout ce que l’on demande à une comédie romantique, alors ne boudons pas notre plaisir. Par contre, Ange et Gabrielle a confirmé que, pour moi, Patrick Bruel est un acteur très moyen. Son jeu sonne faux, en tout cas très loin de celui tellement plus convaincant d’Isabelle Carré ou même de celui des jeunes Alice de Lencquesaing et Thomas Soliveres. Heureusement qu’ils sont là pour porter le film et lui donner un supplément de charme à cette comédie qui ne casse pas trois pattes à un canard par ailleurs.
LA NOTE : 11/20
Fiche technique : Réalisation : Anne Giafferi Scénario : Anne Giafferi et Anne Le Ny, d’après la pièce de théâtre de Murielle Magellan Musique : Jean-Michel Bernard Montage : Christine Lucas Navarro Photographie : Stéphane Cami Décors : Michèle Abbé-Vannier Costumes : Nathalie Chesnais Producteur : Benoît Jaubert ; Marc Olla Production : Benji Films et Palazzo Films Distribution : UGC Distribution Durée : 91 minutes
Casting : Patrick Bruel : Ange Isabelle Carré : Gabrielle Laurent Stocker : Guillaume Alice de Lencquesaing : Claire Thomas Solivéres : Simon Carole Franck : Caroline
A part l’Avare avec Louis de Funès, le cinéma français n’a jamais osé piocher chez Molière des scénarios de films. Par contre, chez nos cousins anglo-saxons, William Shakespeare continue de constituer une source d’inspiration inépuisable. Pour preuve, l’adaptation de Macbeth par Justin Kurzel, un réalisateur australien qui signera bientôt l’adaptation du jeux vidéo Assassin Creed. Deux adaptations très différentes donc. Mais espérons que la seconde sera plus réussie que la première.
Macbeth part plutôt bien. Le spectateur est très vite plongé dans un délire de violence et de sang, dans une esthétique qui rappelle celle de la série Vikings. On se dit alors que l’on ne va pas du tout subir l’impression de théâtre filmé, caractéristique qui constitue souvent la limite de ce genre d’adaptation. Puis, peu à peu les dialogues remplacent les combats et on déchante alors très vite. Non pas du fait de la piètre qualité des répliques, il s’agit de Shakespeare tout de même, mais de la façon uniforme dont les acteurs les déclament. Ces derniers ne jouent pas, ils murmurent. Quelque soit le contexte, le sujet du dialogue, ils ne varient jamais l’intensité, la force avec lesquelles ils prononcent leurs paroles.
Pourtant, Macbeth a bénéficié d’un casting de premier plan avec en vedette Michael Fassbender et Marion Cotillard. On retrouvera les deux acteurs à l’affiche d’Assassin Creed d’ailleurs, pour un résultat espérons-le plus convaincant. Ils font très bien ce qui leur est demandé, mais comme on leur demande toujours la même chose pendant près de deux heures, c’est vite particulièrement lassant. Il y a un vrai problème de direction d’acteurs. Un problème qui fait inexorablement plonger le spectateur dans un ennui de plus en plus profond.
LA NOTE : 8,5/20
Fiche technique : Production : See-Saw Films, DMC Films, The Weinstein Company Réalisation : Justin Kurzel Scénario : Todd Louiso, Jacob Koskoff, Michael Lesslie, d’après la pièce de William Shakespeare Montage : Chris Dickens Photo : Adam Arkapaw Décors : Fiona Crombie Distribution : StudioCanal Musique : Jed Kurzel Durée : 113 mn
Casting : Marion Cotillard : Lady Macbeth Michael Fassbender : Macbeth Paddy Considine : Banquo David Hayman : Lennox David Thewlis : Duncan Sean Harris : Macduff Elizabeth Debicki : Lady Macduff Jack Reynor : Malcom
Un article musique qui n’atteint pas toujours les sommets, mais qui montre que quand le talent est là, il apporte toujours quelque chose. On commence avec The Danger of Light, album de l’artiste suisse Sophie Hunger, sorti en 2012. J’avais déjà apprécié son opus précédent, 1983, et celui-ci confirme le bien que je pense de cette chanteuse. Les titres sont toujours doux et mélodieux, mais toujours interprétés avec une vraie conviction. Les styles sont variés (et les langues des chansons aussi), passant du jazz à la pop ou à une ballade. Ce sont d’ailleurs les titres jazzy, Like Like Like et Perpetrator qui sont les plus marquants. Certes, le reste manque parfois un peu d’impact, mais l’album est globalement très agréable.
On poursuit avec Jake Bugg, premier album de… Jake Bugg. Sorti alors qu’il n’avait que 18 ans, le chanteur originaire de Nottingham nous plonge immédiatement dans une ambiance rétro, mais d’une énergie fulgurante. La voix est étonnante, originale et parfaite de maîtrise. La qualité est très élevée, toujours constante. Si les titres rock constituent la marque de fabrique du jeune homme, les ballades aussi se distinguent. Même quand la musique se fait plus douce, il garde sa personnalité et ne tombe jamais dans le gnangnan. Un vrai petit bijou.
On termine par Le Calme et la Tempête de la belle Olivia Ruiz, une artiste que j’apprécie tout particulièrement. Cet album est une nouvelle fois tout à la fois sympathique, varié et maîtrisé. Un résultat solide donc, mais qui manque peut-être un peu de relief, faute d’un titre percutant. On regrettera notamment un humour et un second degré moins présents. Mais ça se laisse écouter avec un réel plaisir néanmoins.
Très souvent les acteurs classés dans la catégorie comique connaissent une consécration critique, et accessoirement souvent un César, le jour où un réalisateur a l’idée saugrenue de leur proposer un rôle beaucoup plus tragique. Depuis Coluche dans Tchao Pantin, cela s’est répété assez souvent pour que cela tienne désormais quelque peu du cliché. En fait, on constate tout simplement que les bons acteurs sont bons un point c’est tout… Et qui doute encore de l’immense talent de François Damiens ? Certainement pas ceux qui ont vu toutes les comédies qu’il a illuminé de sa présence. Et certainement pas ceux qui ont vu les Cowboys, film qui n’a lui rien d’une comédie.
Tout d’abord , je voudrais chaudement félicité les auteurs de la bande-annonce de les Cowboys. En effet, tout en donnant une bonne idée du ton et du sujet abordé par le film, il n’en dévoile que le point de départ et cache totalement les chemins inattendus qu’il va finalement emprunter et la plupart des rebondissements. C’est tellement rare qu’il était nécessaire d’être souligné. Tous ceux qui avaient déjà envie de le voir à la base auront donc été particulièrement surpris par la richesse du propos. Ce dernier surprend agréablement également par son intelligence quand le sujet appelait tellement de clichés.
Les Cowboys ne représente donc pas une révélation pour François Damiens. Le talent était là, on le savait. Par contre, on découvre avec bonheur l’étendue du talent de Finnegan Olfield qui tient là pour la première fois une rôle aussi consistant. Il y est pour beaucoup dans la réussite représentée par un film émouvant, à l’intrigue solide et avec de vrais rebondissements, traitant avec un minimum de subtilité d’un sujet casse-gueule, surtout en ce moment… et à l’interprétation impecable donc.
LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique : Production : Les productions du Trésor, Pathé, Les films du fleuve, France 2 Cinéma, Lunanime Réalisation : Thomas Bidegain Scénario : Thomas Bidegain, Noé Debré Montage : Géraldine Mangenot Photo : Arnaud Potier Décors : François Emmanuelli Distribution : Pathé distribution Musique : Raphaël Durée : 114 min
Casting : François Damiens : Alain Finnegan Oldfield : Kid Iliana Zabeth : Kelly Mounir Margoum : Ahmed Agathe Dronne : Nicole Ellora Torchia : Shahazana Antoine Chappey : Charles Maxi Driesen : Kid à 13 ans John C. Reilly : L américain
Je n’ai pour l’instant pas une vie qui justifierait que mon fils en fasse un film. Bon, déjà parce que je n’ai pas de fils, mais surtout parce que mon destin n’a rien de particulièrement mémorable. Cela constituerait pourtant un cadeau assez extraordinaire. C’est celui que Kheiron a décidé de faire à son père avec Nous Trois ou Rien. Le cadeau est déjà magnifique. Il est encore plus vu les qualités extraordinaires que ce film possède. Un vrai bijou cinématographique.
De l’Iran à la banlieue parisienne, Nous Trois ou Rien nous livre une vision formidablement réjouissante d’événements géopolitiques tragiques ou de situations sociales difficiles. Le parallèle avec Persepolis est relativement inévitable, confirmant la vitalité intellectuelle du peuple iranien. C’est drôle, tendre, positif, tout en nous présentant des réalités qui auraient pu facilement conduire au misérabilisme ou au à la noirceur. Une preuve éclatante que l’ironie et le second degré sont des armes incroyablement puissantes quand elles sont entre de bonnes mains. Celles de Kheiron ont quelque chose de magique.
On peut imaginer l’émotion de Kheiron au moment d’écrire ce scénario et encore plus le jour où, pour la première fois, il a du interpréter le rôle de son propre père. Ce témoignage d’amour pour un homme certes remarquable ajoute une émotion profonde à ce qui est du coup plus qu’un film, mais un véritable témoignage. Certains épisodes sont sûrement romancés, mais qu’importe. On est emporter par ce film qui transmet une énergie folle à tous ceux qui ont la chance de le voir. Nous Trois ou Rien est un des films les plus intelligents de cette année, aussi bien de part le fond du propos que de la manière originale et drôle dont il nous est rapporté. Un vrai bijou !
LA NOTE : 15,5/20
Fiche technique :
Réalisation : Kheiron Tabib
Scénario : Kheiron Tabib
Décors : Stanislas Reydellet
Costumes : Karen Muller Serreau
Photographie : Jean-François Hensgens
Son : Frédéric de Ravignan
Montage : Anny Danché
Production : Simon Istolainen et Benjamin Drouin
Production exécutive : Frantz Richard et Nabil Ayouch
Durée : 102 minutes
Casting :
Kheiron Tabib : Hibat Tabib
Leïla Bekhti : Fereshteh Tabib
Gérard Darmon : le père
Zabou Breitman : la mère
Khereddine Ennasri : Aziz, le « voleur de vêtements »
Alexandre Astier : le shah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi
Arsène Mosca : le gardien en chef
Kyan Khojandi : Barbe
Michel Vuillermoz : Daniel Bioton, le maire de Pierrefitte
Il y a trois ans, George Lucas vendait les droits de Star Wars à Disney. La stupéfaction et la peur frappèrent alors les fans. La perspective de voir de nouveaux films, assortis de multiples spin-offs, sous l’égide de cette multinationale du divertissement formaté, constituait une source de crainte, mais faisait naître aussi, malgré tout, une pointe d’excitation . Puis un nom a surgi, remplaçant d’un coup l’appréhension par l’espoir : JJ Abrams. S’il existait un réalisateur capable de combler cette attente forcément démesurée, c’était bien lui. Puis virent les premiers teasers, puis les bande-annonces. L’attente se transforma alors en une impatience sans commune mesure. Hier, le verdict est tombé. Star Wars VII : le Réveil de la Force est bien le grand film que l’on espérait. Même si…
Star Wars VII : le Réveil de la Force est tout simplement mieux réalisé, mieux écrit, mieux interprété que n’importe quel autre épisode de la série. Et souvent de très loin. Sans parler des effets spéciaux, des décors, des costumes qui frôlent la perfection et font passer l’Episode IV pour un film préhistorique. L’humour est plus fin, les personnages beaucoup plus intéressants et épais, même ceux que l’on connaît déjà. Bref, c’est Star Wars mieux que Star Wars. Certains plans sont tout simplement magnifiques, JJ Abrams faisant preuve d’une maîtrise artistique dont est totalement incapable George Lucas (tout comme Irvin Kershner ou Richard Marquand, même si c’est à un degré moindre). Sans même parler des dialogues… Ici pas de tirades risibles comme dans les Episodes I, II ou III…
Ces derniers font l’objet d’un dénigrement assez systématique et pas toujours immérité. Cependant, ils possèdent une qualité que ne possède pas Star Wars VII : le Réveil de la Force. Ils nous racontent une histoire radicalement différente de la trilogie initiale, une histoire quasiment jamais racontée, celle du triomphe du mal sur le bien. Cela représentait une vraie prise de risque chez George Lucas et on peut juste regretter que ses propres limites aient à ce point marqué ces trois films. JJ Abrams est un réalisateur d’une autre trempe, c’est évident, mais au moment d’écrire le scénario, il a tourné le dos à toute prise de risque. Ce nouvel épisode respecte tellement l’esprit de la trilogie initiale qu’il finit par ressembler à un remake. Il recycle une quantité incroyable d’idées déjà vues dans les Episodes IV, V et VI, à tel point que l’on ne peut plus parler de simples clins d’œil. La peur de décevoir les fans les plus exigeants qui soient l’a sûrement conduit à s’appuyer sur tout ce qui avait fait de cette saga un tel mythe. Ce point est celui qui revient le plus souvent dans les commentaires « négatifs » à propos de ce film et la critique est indéniablement fondée. Mais elle est noyée dans un concert de louanges tout aussi méritées.
Star Wars VII : le Réveil de la Force introduit en effet tout de même bien des nouveautés prometteuses pour la suite. Notamment tous ces nouveaux personnages incroyablement réussis, aussi du côté du bien que du côté du mal. Mention spéciale à l’héroïne, Rey, merveilleusement interprétée par Daisy Ridley. Elle est le nouveau visage de Star Wars et il est magnifique. De bons acteurs parfaitement dirigés font incontestablement la différence. Le film constitue la porte d’entrée vers une nouvelle aventure, une nouvelle vision du monde imaginé il y a 40 ans par George Lucas. Espérons que les prochains réalisateurs et les prochains scénaristes sauront se détacher totalement et définitivement de son ombre tutélaire, sans jamais la trahir. Le point où nous laisse ce premier acte les forcera forcément à nous proposer cette fois un récit réellement nouveau et on est déjà fébrile d’impatience à l’idée de le découvrir.
S’il est aussi beau, épique, passionnant et enthousiasmant que ce Star Wars VII : le Réveil de la Force, le mythe au lieu de se diluer, comme on pouvait le craindre, continuera au contraire à émerveiller bien des générations avec cette puissance si spécifique à cette saga. La Force est avec nous… et pour longtemps !
LA NOTE : 15/20
Fiche technique : Production : Lucasfilm, Bad Robot, Walt Disney Pitctures Distribution : The Walt Disney Company France Réalisation : J. J. Abrams Scénario : J. J. Abrams, Lawrence Kasdan, Michael Arndt Montage : Maryann Brandon, Mary Jo Markey Photo : Daniel Mindel Décors : Rick Carter, Darren Gilford Musique : John Williams Durée : 135 min
Casting : Harrison Ford : Han Solo Carrie Fisher : Gouverneur Leia Adam Driver : Kylo Ren Oscar Isaac : Poe Dameron John Boyega : Finn Daisy Ridley : Rey Mark Hamill : Luke Skywalker
La France profonde, ses paysages, ses habitants, ses meurtres mystérieux. C’est ce que nous propose de découvrir L’Armée Furieuse, roman de Fred Vargas, où l’inspecteur Adamsberg va être amené à quitter Paris pour enquêter dans un petit village près de Lisieux. Un village au folklore quelque peu particulier. En tout cas, changer son héros de décor est aussi le moyen d’apporter un souffle nouveau à une série. De ce point de vue là, l’opération est une réussite, même si le roman n’est pas dénué des défauts.
J’ai beaucoup aimé les romans précédents de Fred Vargas que j’ai eu l’occasion de lire. J’ai toujours apprécié la qualité de style et d’écriture, qui donne une vraie clarté au récit. Par contre, j’ai trouvé l’Armée Furieuse beaucoup plus difficile à suivre. Je n’irai pas jusqu’à dire confus, mais on y avance avec moins de fluidité que d’habitude. Je n’ai donc pas dévoré ce roman comme j’ai pu le faire avec Debout les Morts ou Pars Vite et Reviens Tard. Cependant, rassurez-vous, Fred Vargas n’a pas perdu toutes ses qualités soudainement.
L’Armée Furieuse nous propose un récit solide, bien construit, où les tiroirs sont tirés un à un pour l’enrichir peu à peu. Les personnages, qu’ils soient nouveaux ou récurrents, forment une galerie haute en couleur. On tient donc en main un polar de premier rang, mais certainement pas le plus grand chef d’œuvre de son auteur. Mais la amateurs du genre y trouveront leur compte. Et même les plus parisiens d’entre eux apprécieront cette petite balade en province.
Lorsque j’attaque la critique d’un dernier épisode d’une saga, j’introduis souvent mon propos en rappelant la difficulté d’apporter une conclusion convaincante et satisfaisante pour tous ceux qui ont suivi l’ensemble des épisodes avec délectation. Ce n’est donc sans originalité que je vais tenir les mêmes propos à propos de Hunger Games : la Révolte, partie 2. Surtout que la première partie de ce troisième et dernier volet avait brillamment relancé la saga qui s’était un peu perdue avec Hunger Games, l’Embrasement. L’exercice était difficile… mais a été réussi avec mention !
Allez, ne soyons pas trop enthousiaste non plus, on parle d’une mention bien, pas d’une mention très bien et encore des félicitations du jury. Mais Hunger Games : la Révolte, partie 2 constitue un spectacle plaisant et surtout jamais cousu de fil blanc. Bien malin est celui qui peut deviner à l’avance quelles seront les péripéties qui s’enchaînent pour conduire à la conclusion. Si rien n’est totalement surprenant, rien n’est non plus prévisible. Et la morale de l’histoire n’est pas totalement inintéressante et loin d’être manichéenne. Certes, la réflexion reste quand même un tantinet superficielle, mais la richesse des thèmes abordées constitue une vraie valeur ajoutée pour cette saga dont l’adaptation cinématographique a été quand même globalement très réussie.
Cependant, la vraie valeur ajoutée de la saga Hunger Games, et la Révolte, partie 2 n’échappe pas à la règle, reste le charisme étonnant de Jennifer Lawrence. Elle aura porté tous les épisodes sur ses épaules qui n’ont décidément rien de frêles. On la quitte à regret, ou plutôt on quitte Katniss Everdeen à regret, car elle aura vraiment su donner vie à son héroïne au milieu d’un casting beaucoup plus anodin. Dommage que les regrets soient un tantinet ternis par une fin à rallonge qui semble vouloir concurrencer celle du Seigneur des Anneaux. Sauf que les deux sagas ne boxent pas tout à fait dans la même catégorie. Mais Hunger Games restera tout de même une des plus réussies de ces dernières années.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Réalisation : Francis Lawrence Scénario : Danny Strong, d’après Hunger Games : La Révolte de Suzanne Collins Direction artistique : Philip Messina Décors : Philip Messina Costumes : Kurt and Bart Photographie : Jo Willems Montage : Alan Edward Bell et Mark Yoshikawa Musique : James Newton Howard Production : Nina Jacobson et Jon Kilik Sociétés de production : Color Force et Lions Gate Film Sociétés de distribution : Lions Gate Film (États-Unis), Metropolitan Filmexport (France), Entertainment One (Canada) Durée : 137 minutes (2h17)
Casting : Jennifer Lawrence : Katniss Everdeen Josh Hutcherson : Peeta Mellark Liam Hemsworth : Gale Hawthorne Elizabeth Banks : Effie Trinket Woody Harrelson : Haymitch Abernathy Stanley Tucci : Ceasar Flickerman Philip Seymour Hoffman : Plutarch Heavensbee Julianne Moore : Présidente Alma Coin Donald Sutherland : Président Coriolanus Snow Willow Shields : Primrose Everdeen Paula Malcomson : Mme Everdeen Sam Claflin : Finnick Odair Stef Dawson : Annie Cresta Jeffrey Wright : Beetee Latier Jena Malone : Johanna Mason Meta Golding : Enobaria Natalie Dormer : Cressida Evan Ross : Messalla Patina Miller : Commandante Paylor Mahershala Ali : Boggs Wes Chatham : Castor Elden Henson : Pollux Robert Knepper : Antonius David Hallyday : un des gardes postés devant la roseraie de Snow
Ecrire une pure fiction ayant pour décor un camp de concentration constitue évidemment un pari risqué. Le Fils de Saul n’a d’ailleurs pas manqué de provoquer une petite polémique à ce sujet. Mais petite car ce film a su éviter tout les pièges qui aurait pu donner lieu à des discussions sans fin. Cependant, le film soulève quand même bien des questions sur le sujet qu’il traite, ce qui est quand même le but, mais aussi sur lui-même.
Le Fils de Saul montre avec une incroyable pudeur des choses que l’on avait jamais vu avant. Nous faire découvrir le fonctionnement d’un camp de concentration, sa mécanique de mort quasi industrielle de l’arrivée des victimes jusqu’à la destruction des corps. Cet aspect pédagogique, ce témoignage historique est d’une immense valeur. L’intérêt intellectuel du film est incontestable, rare et précieux.
Laszlo Nemes a fait un choix radical dans sa réalisation. Tout l’histoire est racontée au travers de son personnage principal filmé constamment en gros plan. En n’élargissant jamais son cadre, le réalisateur fait preuve de cette immense pudeur que j’évoquais plus haut. Mais du coup, le Fils de Saul ressemble à un exercice de style. La gravité du sujet nous donnerait au contraire envie de nous détacher totalement de la forme pour être submergé par le fond. Surtout, tout cela retire au film l’émotion qui aurait du nous serrer la gorge et les tripes. On regarde ce film avec un intérêt purement intellectuel, avec le cerveau, trop peu avec le cœur. Un intérêt intellectuel immense, certes, mais qui laisse un peu trop froid.
LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique : Production : Laokoon Filmgroup Réalisation : László Nemes Scénario : László Nemes, Clara Royer Montage : Matthieu Taponier Photo : Mátyás Erdély Décors : Rajk László Distribution : AD Vitam Son : Támás Zányi Musique : Melis László Durée : 107 min
Casting : Sándor Zsótér : le médecin Marcin Czarnik : Feigenbaum Todd Charmont : l homme barbu Urs Rechn : Biedermann Röhrig Géza : Saul Ausländer Molnar Levente : Abraham
Commentaires récents