TROPIQUE DU GRAND CERF (Guillaume Chérel) : Trop court séjour

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tropiquedugrandcerfEt un nouveau Poulpe, un ! Et qui dit nouveau Poulpe, dit nouvel auteur. Cette fois-ci, il s’agit de Guillaume Chérel, un journaliste auteur de plusieurs romans par ailleurs. Nouveau Poulpe, nouvelle destination également. Cette fois, on reste en France mais on voyage tout de même, puisque le roman nous emmène à la Réunion. Enfin, nouveau Poulpe, nouveau jeu de mot dans le titre. Celui-ci est intitulé Tropique du Grand Cerf.

Les livres de la série le Poulpe sont généralement assez courts, mais Tropique du Grand Cerf l’est encore plus. 140 pages avec une police qui nous fera pas mal aux yeux. Personnellement, je l’ai lu le temps d’un aller et retour sur Paris pour une après-midi cinéma. Un vrai mélange de plaisirs culturels. Sa brièveté n’enlève rien à la qualité divertissante de ce roman, mais l’empêche de reposer sur une intrigue vraiment complexe et profonde. On croise bien une galerie de personnages sympathiques, mais on aurait aimé que l’auteur s’attarde un peu pour qu’on ait vraiment l’impression de le rencontrer plutôt que de les croiser.

Tropique du Grand Cerf n’est donc pas le Poulpe le plus marquant de la très longue série. La plume de Guillaume Chérel est bien celle d’un journaliste. Efficace, mais sans grand génie littéraire. Le récit est clair, fera plaisir à ceux qui comme moi ont eu la chance de visiter la Réunion, mais jamais vraiment dépaysant, car trop direct et factuel. Dommage car cette belle île vaut bien un long voyage, plutôt qu’un court passage.

LES ANARCHISTES : Un beau casting, mais pas de révolution

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lesanarchistesafficheUn beau casting peut déjà constituer une bonne raison d’aller voir un film. Personnellement, la présence conjointe d’Adèle Exarchopoulos et Tahar Rahim à l’affiche de Les Anarchistes figure parmi les principales motivations qui m’ont poussé à aller voir ce film. Mais évidemment, ce n’est pas non plus suffisant pour satisfaire pleinement le spectateur. Et malgré d’autres qualités, il est vrai qu’Eli Wajeman n’est pas parvenu à vraiment sublimer cette base prometteuse.

Les Anarchistes n’est pas dénué d’un intérêt historique, permettant de mieux découvrir un contexte et une époque méconnue, la période entre la chute de Napoléon et la 1ère guerre mondiale étant souvent celle que les fins d’années scolaires ne m’ont jamais permis d’étudier de près. Mais cela reste superficiel. Cet aspect représente plus un décor qu’un élément structurant de l’histoire. Le film demeure avant tout un film de personnages et c’est les relations qu’ils entretiennent et son évolution qui constitue le cœur du scénario.

lesanarchistesEt de ce point de vue-là, les Anarchistes ne réservent ni surprises, ni raisons d’être particulièrement enthousiastes. L’intrigue est assez dense pour ne pas s’ennuyer, mais pas suffisamment pour être vite oublié. Le film n’est définitivement pas marquant. Du coup, les performances respectives de Tahar Rahim et Adèle Exarchoupoulos manque quelque peu de souffle et il faut se contenter de leur charisme naturel, sans les voir puiser très profondément dans leur immense talent. Au final, un film pas déplaisant, mais certainement pas indispensable.

LA NOTE : 11,5/20

Fiche technique :
Production : 24 Mai Production
Réalisation : Elie Wajeman
Scénario : Elie Wajeman, Gaëlle Macé
Montage : François Quiqueré
Photo : David Chizallet
Distribution : Mars Distribution
Musique : Gloria Jacobsen
Durée : 101 mn

Casting :
Tahar Rahim : Jean Albertini
Adèle Exarchopoulos : Judith Lorillard
Swann Arlaud : Elisée Mayer
Guillaume Gouix : Eugène Levèque
Sarah Le Picard : Marie-Louise Chevandier
Cédric Kahn : Gaspard

THE WALK : REVER PLUS HAUT : Sur un fil

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thewalkafficheBon, je suis tellement en retard dans mes critiques que j’en suis à en écrire sur des films qui ne sont plus du tout à l’affiche. Etant un tantinet psychorigide, je tiens à commenter chacune de mes sorties au cinéma dans ces pages. C’est pourquoi, je vais vous parler de The Walk : Rêver plus Haut de Robert Zemeckis, qui est passé largement inaperçu et n’a pas peuplé longtemps les salles obscures. Certes, ce n’est pas sans raison, mais un tel cinéaste méritait sans doute un peu plus d’attention.

Pour un spectateur français, The Walk : Rêver plus Haut souffre d’un défaut qui vient gâcher un tout petit peu le plaisir. En effet, il nous raconte l’histoire de Philippe Petit, un gars bien de chez nous, mais qui est interprété par Joseph Gordon-Levitt, un gars pas du tout de chez nous. Cela ne serait pas gênant dans l’absolu s’il ne s’évertuait à parler anglais avec un accent français très artificiel pour le coup. Et surtout, le scénario essaye de justifier le fait qu’il parle le plus souvent anglais, y compris avec ses complices français. Genre « il fait ça pour s’entraîner parce qu’il veut aller en Amérique »… Mais bien sûr… Bref, pour tout le reste de la planète, cela passe sûrement totalement inaperçu, mais pour nous, c’est vrai que cela vient un peu miner la crédibilité du film.

thewalkC’est dommage car The Walk : Rêver plus Haut propose un beau moment de cinéma dans sa dernière demi-heure. La séquence qui verra le funambule suspendu entre les deux Tours Jumelles a le mérite d’être parfaitement réalisée, dans un style hollywoodien tout en efficacité, mais surtout d’avoir un côté jamais vu qui se fait rare sur nos écrans. Mais il est vrai que pour arriver là, on a du traverser une heure et demi pas toujours convaincante. Pour les raisons que j’ai évoquées plus haut, mais aussi faute de personnages vraiment attachants. On est là pour le clou du spectacle et il se fait quelque peu attendre. Personnellement, je ne me suis jamais ennuyé, mais j’étais parfois amusé par des faiblesses jamais rédhibitoires, mais il est vrai indignes d’un cinéaste qui nous a livré tant de films culte.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Columbia TriStar, Sony Pictures Entertainment
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Robert Zemeckis
Scénario : Robert Zemeckis, Christopher Browne
Montage : Jeremiah O’Driscoll
Photo : Dariusz Wolski
Décors : Naomi Shohan
Musique : Alan Silvestri
Effets spéciaux : Lenora Acidera
Directeur artistique : Félix Larivière-Charron
Durée : 123 mn

Casting :
Joseph Gordon-Levitt : Philippe Petit
Ben Kingsley : Papa Rudy
Charlotte Le Bon : Annie Allix
Clément Sibony : Jean-Louis
Ben Schwartz : Albert

NOTRE PETITE SOEUR : Bienveillance dans un monde de brutes

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notrepetitesoeurafficheTel Père, Tel Fils avait constitué un moment fort de l’année cinématographique 2014, récompensé par le Grand Prix à Cannes. Les cinéphiles éclairés étaient donc impatient de le voir revenir Hirokazu Koreeda sur nos grands écrans avec Notre Petite Sœur. Un nouveau film sur la famille donc, mais qui prouve que l’on peut traiter deux fois du même sujet sans pour autant faire le même film. Un nouveau film qui prouve surtout que quand on possède un immense talent de cinéaste, même si on ne produit pas toujours son chef d’œuvre à chaque essai, on offre toujours du bonheur et de l’émotion.

Notre Petit Sœur est plus léger que Tel Père, Tel Fils. Peut-être plus anecdotique du coup, mais assez touchant pour être regardé avec un vrai plaisir, beaucoup de sourires et quelques larmes fugaces. Le sujet se prêtait pourtant à un traitement beaucoup plus sombre. Hirokazu Koreeda se contente de suggérer les développement les plus dramatiques où il aurait pu nous entraîner. Il choisit au final de faire de ses personnages des êtres imparfaits certes, mais toujours bienveillants. La bienveillance est très certainement le terme qui résume le mieux le sentiment qui émerge le plus fortement de ce film. Et dans ce monde de brutes, cela fait du bien !

notrepetitesoeurNotre Petite Soeur repose sur quatre incroyables personnages interprétés par quatre non moins incroyables actrices. On avait déjà pu constater l’immense talent d’Hirokazu Koreeda pour la direction d’acteur, elle se confirme ici d’une manière assez éclatante pour effacer toutes les petites faiblesses de son film, notamment quelques longueurs. Mais Haruka Ayase, Masami Nagasawa, Kaho et la jeune Suzu Hirose nous font tomber de manière si brutale immédiate sous leur charme que notre seul regret sera de les quitter.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : GAGA films, Fuji Television Network, Shogakukan, Toho Company
Réalisation : Kore-eda Hirokazu
Scénario : Kore-eda Hirokazu, d’après le manga de Akimi Yoshida
Montage : Kore-eda Hirokazu
Photo : Mikiya Takimoto
Décors : Keiko Mitsumatsu
Distribution : Le Pacte
Son : Tsurumaki Yutaka
Musique : Kanno Yoko
Effets spéciaux : Sakamoto Sayuki
Durée : 123 min

Casting :
Haruka Ayase : Sachi
Masami Nagasawa : Yoshino
Ryo Kase : Sakashita
Kaho : Chika
Suzu Hirose : Suzu
Takafumi Ikeda : Hamada

SUNKEN CONDOS (Donald Fagen), PSYCHEDELIC PILL (Neil Young and Crazy Horse), DIFFERENT PULSES (Asaf Avidan) : Suivre les voix

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sunkencondosdonaldfagenOn commence cet avis avec un pilier de la musique jazz-rock, dont j’ignorais totalement l’existence, à savoir Donald Fagen. Il est un des membres du célèbre (dixit Wikipédia) duo Steely Dan, dont je n’avais jamais entendu parler non plus. Je me suis néanmoins attaqué à l’écoute de Sunken Condos, son 4ème album solo en 45 ans de carrière. Les airs y sont très jazzy, avec un swing très agréable. Mais la voix manque de profondeur et la musique de punch. Du coup, le résultat donne au mieux une musique de fond, mais certainement pas un album que l’on écoute avec la plus grande attention.

psychedelicpillneilyoungandcrazyhorseOn poursuit avec Neil Young, artiste légendaire qui revient souvent dans mes critiques. Aujourd’hui pour vous parler d’un double album, intitulé Psychedelic Pill. Un nouvel album en duo avec le groupe Crazy Horse, sorti tout juste six mois après leur album en commun précédent, Americana, dont je vous ai parlé par ici. On est tout de suite saisi par la voix du chanteur canadien, malgré une qualité d’enregistrement très moyenne. C’est très certainement volontaire, mais cela donne une impression de live pirate. L’album s’ouvre sur un titre de près de 30 minutes hyper répétitif qui en fait très représentatif de sa globalité. Très vite, on n’en peut plus. Quelques titres sont d’une longueur plus classique, mais assez ennuyeux néanmoins. Bref, une expérience à oublier.

differentpulsesasafpulsesOn termine avec le premier album d’Asaf Avidan, sorti en 2002 et intitulé Different Pulses. Un artiste dont la voix est immédiatement marquante, même sur un titre d’ouverture finalement assez plat. Mais globalement, l’album est loin d’être désagréable car il monte en puissance, même si on reste un peu frustré, avec l’impression que l’artiste israélien n’exploite pas tout son potentiel. Personnellement, je retiendrai avant tout le très beau titre Love it or Leave it.

LOLO : Ménage à trois

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loloafficheDepuis Génial, Mes Parents Divorcent à la fin des années 80, la famille recomposée est plutôt devenue un sujet de comédie, loin du drame à la Kramer contre Kramer. Il faut dire que les ressorts comiques qu’offre ce genre de situation sont relativement inépuisables. La preuve avec Lolo, comédie classique à tout point de vue, mais assez bien menée pour être convaincante… et drôle ! Ce qui est quand même le minimum pour une comédie.

Lolo est une nouvelle version du triangle amoureux, avec une mère célibataire, son nouvel amoureux et un fils possessif qui n’a pas du tout envie de voir cet intrus s’incruster. Il multipliera alors les stratagèmes de plus en plus élaborés pour casser le couple. Bref, Julie Delpy n’a donc pas non plus été cherché très loin l’idée de départ de son scénario. Mais elle a su lui donner l’épaisseur nécessaire pour en faire un film digne d’intérêt. Déjà en imprimant un rythme soutenu pour que les situations comiques s’enchaînent sans jamais tourner en rond.

loloLolo brille aussi par la qualité de ses personnages. Non qu’ils soient réellement originaux ou vraiment surprenants, mais on s’y attache rapidement, rentrant ainsi facilement dans l’histoire. C’est surtout le rôle du fils, dont le film tire son nom qui apporte un petit quelque chose en plus. Il confirme également que je peux arrêter de détester Vincent Lacoste, que j’ai une nouvelle fois trouvé remarquable, après son magnifique rôle dans Hippocrate. Le duo Dany Boon – Julie Delpy fonctionne lui assez bien pour que tout le film tienne debout. Ils sont tous les deux bien dans leur rôle, dépensant l’énergie et faisant preuve de la conviction nécessaires pour nous faire passer un bon moment.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : The Film, France 2 Cinéma, Mars films, Wild Bunch, Tempête sous le crâne
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Julie Delpy
Scénario : Julie Delpy, Eugénie Grandval
Montage : Virginie Bruant
Photo : Thierry Arbogast
Décors : Emmanuelle Duplay
Costumes : Pierre-Yves Gayraud
Durée : 99 min

Casting :
Dany Boon : Jean-René
Julie Delpy : Violette
Vincent Lacoste : Lolo
Karin Viard : Ariane
Antoine Lounguine : Lulu
Christophe Vadevelde : Gérard
Elise Larnicol : Elisabeth
Nicolas Wanczycki : le médecin de l’hôpital

AVRIL ET LE MONDE TRUQUE : A bonnes écoles

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avriletlemondetruqueafficheL’école de l’animation française a toujours été particulièrement brillante et productive. Cela pouvait être mis en parallèle avec une école de bande-dessinée qui, en association avec nos amis belges, possède encore une renommée mondiale. Mais pendant plusieurs décennies, les deux n’étaient plus vraiment en relation. C’est visiblement en train de changer. Après un très bon et très moderne Asterix et le Domaine des Dieux, voici Avril et le Monde Truqué, adaptation sur grand écran de l’univers graphique de Tardi. Mais surtout une belle réussite.

Avril et le Monde Truqué repose premièrement sur une excellente histoire. Il est avant tout un vrai roman d’aventures, empli d’humour, de poésie et de fantastique. Une uchronie qui permet de donner sa pleine mesure à l’imagination des deux scénaristes. Ils arrivent à nous surprendre tout en offrant une vraie cohérence au monde qu’ils ont crée. Un monde peuplé de personnages remarquables et qui prennent vie grâce à un casting voix de très haut niveau.

avriletlemondetruqueAvril et le Monde Truqué est une réussite aussi parce que le film respecte totalement l’univers graphique de Tardi. Ce dernier assure la direction artistique pour ce film, mais ce sont évidemment toute l’équipe qui est à saluer car elle a su se mettre au niveau d’un des auteurs les plus brillants de l’école franco-belge actuelle. L’animation est fluide et conserve le charme unique du « vrai » dessin. L’ensemble de ses qualités fait d’ailleurs que l’on oublie vite que l’on est face à un film d’animation pour apprécier pleinement cet excellent film tout court.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Je suis bien content, Studiocanal, Kaibou production, Need productions, Arte France Cinéma, Jouror, Tchack
Distribution : StudioCanal
Réalisation : Christian Desmares, Franck Ekinci
Scénario : Frank Ekinci, Benjamin Legrand
Montage : Nazim Meslem
Son : Yann Lacan
Musique : Valentin Hadjadj
Directeur artistique : Jacques Tardi
Durée : 105 min

Casting :
Marion Cotillard : Avril
Philippe Katerine : Darwin
Jean Rochefort : Pops
Marc-André Grondin : Julius
Olivier Gourmet : Paul
Bouli Lanners : Pizoni
Macha Grenon : Annette
Benoît Brière : Rodrigue
Anne Coesens : Chimène

L’INDE DE DEMAIN (Akash Kapur) : L’Inde comme un roman

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lindededemainSi je suis heureux de vous parler de L’Inde de Demain d’Akash Kapur, ce n’est pas seulement parce que ce livre parle de l’Inde et pas seulement parce que je suis moi même à moitié un Kapur. C’est aussi et avant tout parce que ce livre est réellement passionnant. Et à plus d’un titre ! Il se lit vraiment comme un roman car il n’est pas loin d’être un roman. Bref, beaucoup de bonnes raisons pour se plonger dans ce livre qui nous en apprend beaucoup sur ce qui sera bientôt le pays le plus peuplé de la planète.

L’Inde de Demain prend la forme d’un récit. Celui de l’auteur retournant vivre en Inde après de longues années passées aux Etats-Unis. Il se rend alors compte de combien son pays a changé rapidement, pour le meilleur… mais aussi pour le pire. Son séjour à l’étranger lui a donné le recul pour regarder la société de son pays avec une certaine objectivité. Il nous fait part de ses différentes rencontres, nous raconte l’histoire des personnes qu’il croise et qui illustre les réussites et les travers de son pays. Cela donne un livre vraiment très vivant, qui n’a rien d’un cours de sociologie ou de géopolitique.

L’Inde de Demain ne vise pas l’exhaustivité. Mais il témoigne de tellement d’aspects de la société indienne, qu’on en ressort en ayant vraiment l’impression d’avoir appris énormément sur ce pays à nul autre pareil. On laisse de côté beaucoup de clichés, même si on approfondit aussi des éléments qui transparaissent de ce que l’on sait de ce pays. Cependant, là, tout devient concret, tangible et c’est terriblement enrichissant. Bien sûr, cela l’est particulièrement pour quelqu’un qui comme moi à des liens affectifs profonds avec ce pays, mais cela passionnera aussi tous ceux qui sont curieux de comprendre le monde (entier) d’aujourd’hui.

SEUL SUR MARS : Abba on Mars

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seulsurmarsafficheRidley Scott est un immense réalisateur. Un de ceux qui comptent vraiment dans l’histoire du 7ème art. Mais aussi un génie intermittent qui entrecoupe ces chefs d’œuvre de quelques navets. Les plus mauvaises langues diront que ces derniers prennent de plus en plus de place à mesure que l’artiste prend de l’âge. Je reste quant à moi plus mesuré, ayant été un des rares à vraiment adorer Prometeus. Cependant, je crois que le débat pourra s’éteindre au moins le temps d’un film. Seul Sur Mars est en effet un des films marquants de cette fin d’année cinématographique.

Seul Sur Mars n’est certainement pas le meilleur film qu’ait jamais réalisé Ridley Scott. Il reste un produit hollywoodien de pur divertissement. Il lui manque le supplément d’âme qui fait les très grands films. Il n’empêche qu’il s’agit d’un film parfaitement maîtrisé à tout point de vue, avec quelques moments de vraie grâce cinématographique. Si vous pensiez que le disco n’avait pas sa place dans le vide spatial, vous vous trompiez. Le temps d’une scène avec Abba en fond musical et vous compreniez à quel point un grand réalisateur peut vraiment faire la différence à partir de pas grand chose.

seulsurmarsSeul Sur Mars se distingue par un scénario parfaitement construit, une course poursuite contre le temps, contre les problèmes, contre la distance, contre la mort. Le spectateur se prend immédiatement au jeu, attendant la prochaine difficulté et la prochaine réponse ingénieuse qui y sera apportée. Le ressort est classique, sans surprise il est vrai, mais assez jouissif. On est venu exprès pour cela, alors on oubliera vite qu’à côté de ça tout le reste manque quelque peu d’épaisseur. Heureusement, une touche d’humour est la bienvenue et les plus cinéphiles souriront quand ils verront Sean « Boromir » Bean faire référence au Seigneur des Anneaux. Du coup, je pardonne quelques approximations agronomiques.

Les personnages sont eux aussi assez superficiels. Mais le casting brillant et la direction d’acteur nous permettent de s’y attacher malgré tout. Matt Damon fait preuve de son charisme habituel, sans pour autant forcer son talent. Mais quand on en a autant, c’est largement suffisant. C’est du côté des rôles féminins que la petite différence ce fait, avec une Jessica Chastain qui s’affirme vraiment comme une formidable actrice et une Kristen Wiig tellement mieux mise en valeur que dans les 4 Fantastiques. Bon faut dire qu’il n’y avait pas de mal… En tout cas, tous les comédiens rendent ce voyage sur Mars vraiment plaisant et si on est heureux quand le personnage quitte enfin la planète rouge, on est un peu triste de partir avec lui.

LA NOTE : 15/20

Fiche technique :
Production : 20th Century Fox, TSG Entertainment, Genre Films, Scott Free Productions
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Ridley Scott
Scénario : Drew Goddard, d’après le roman d’Andy Weir
Montage : Pietro Scalia
Photo : Dariusz Wolski
Décors : Arthur Max
Musique : Harry Gregson-Williams
Costumes : Janty Yates
Durée : 144 mn

Casting :
Matt Damon : Mark Watney
Jessica Chastain : Melissa Lewis
Kristen Wiig : Annie Montrose
Jeff Daniels : Teddy Sanders
Michael Peña : Rick Martinez
Sean Bean : Mitch Henderson
Chiwetel Ejiofor : Vincent Kapoor

LA LUMIERE DU MATIN (Exbrayat) : Les pilliers de l’Auvergne

lalumieredumatin

lalumieredumatinBeaucoup d’auteurs sont connus pour avoir excellé dans un genre littéraire bien particulier. Charles Exbrayat est par exemple doit sa célébrité à la centaine de romans policiers ou d’espionnage qu’il aura laissé derrière lui. Cependant, son œuvre ne se limite pas à cette seule catégorie. Il aura aussi livré quelques romans historiques, comme ce La Lumière du Matin, premier volet d’une tétralogie intitulée Les Bonheurs Simples.

La Lumière du Matin nous emmène en Auvergne en 1774. Il s’agit d’une chronique des événements qui émailleront le demi-siècle qui suivra au travers du destin d’un homme dont le parcours en fera un acteur de certains épisodes historiques. On visite donc la petite et la grande histoire, découvrant le quotidien de la campagne reculée de l’époque, en revivant les grandes dates que l’on a tous appris à l’école. Cela rappelle fortement Ken Follet (enfin c’est plutôt l’inverse, vu les dates réciproques de publication), y compris dans le côté un peu naïf et gentillet… mais surtout dans le plaisir que l’on a à le lire.

La Lumière du Matin est largement tombé dans l’oubli puisque vous ne pouvez plus trouver ce roman que d’occasion. C’est dommage ! Non qu’il s’agisse là d’un chef d’œuvre absolu de la littérature française, mais de bien meilleure qualité que bien des romans de ce type publiés à la chaîne. Le style est particulièrement léger et vivant. Les événements et les années s’égrainent très vite, l’intrigue étant toujours dans l’avancée et l’action, jamais dans la description. Personnellement, j’aurais parfois aimé que le récit prenne un peu plus sont temps, mais c’était avant tout pour prolonger un réel plaisir.