Voir une franchise franchir le cinquième volet est un gage de réussite, tout du moins financière. Parce que niveau qualité cinématographique, il est rare que l’intérêt survive aussi longtemps. Pourtant, une d’entre elle semblait suivre le chemin inverse de toutes les autres. Il y a près de 20 ans, le premier Mission : Impossible confirmait l’inexorable déclin de Brian de Palma. Il y a 4 ans, Mission : Impossible – Protocole Fantôme nous ravissait par ses très moments de bravoure. La courbe ascendante allait-elle se poursuivre avec Mission : Impossible – Rogue Nation ? Malheureusement non…
Mission : Impossible – Rogue Nation n’a pas vraiment plus de défauts que n’importe quel autre film de la saga. Simplement, il ressemble plus à un copier-coller des quatre précédents qu’à une nouveauté. C’est plus ou moins inévitable au cinquième épisode, mais on pouvait s’attendre à au moins un ou deux éléments, situations, scènes ou n’importe quoi d’autre qui nous surprenne et dont on ne se dit pas « tiens, j’ai déjà vu ça dans un des épisodes précédents ». Du coup, le film manque passablement de moments forts vraiment marquants qui puisse nous faire dire « je suis au moins venu pour ça ! ».
Après, toutes ces considérations ne font pas pour autant de Mission : Impossible – Rogue Nation un mauvais film. Car s’il ressemble beaucoup à ses prédécesseurs, c’est aussi parce qu’il en garde les qualités. C’est solide, spectaculaire, rythmé et terriblement distrayant. L’intrigue ne casse pas trois pattes à un canard, mais on a vu nettement pire dans le genre. Les cascades s’affranchissent souvent du respect de certaines lois de la physique liée à la gravité et les méchants tirent comme les plus maladroits des Stormtroopers de Star Wars. Mais on s’en fout, c’est bon et on aime ça ! Enfin, quand même un peu moins quand ça sent à ce point le réchauffé…
LA NOTE : 12/20
Fiche technique :
Production : Skydance Productions, Bad Robot, TC Productions
On commence cet avis avec un artiste que je découvre peu à peu depuis peu, à savoir Neil Young. A la base, je devais écouter Americana, un live de 2012, enregistré avec le groupe Crazy Horse. Un album plutôt décevant car la qualité d’enregistrement n’est pas terrible. Cela ne permet pas d’apprécier pleinement la voix exceptionnel du Canadien. Sa musique ressemble alors à un rock US classique, au style rétro mais assez basique. Même si les titres plus country sont plus convaincants, le résultat final n’est pas à la hauteur. Heureusement pour moi, je me suis procuré en même temps et sans le vouloir Live Rust, un live qui date lui de 1979 (très bonne année!). Cette fois-ci, la qualité du son nous permet vraiment d’apprécier pleinement le génie de Neil Young. La musique et la voix sont immédiatement prenantes, le résultat est superbe et magnifique. Du pur bonheur !
On enchaîne avec un artiste nettement moins connu, Nick Waterhouse et son album Time’s All Gone. Un artiste américain qui navigue entre soul et jazz. Un musique maîtrisée, interprétée avec conviction, mais qui manque parfois un peu d’épaisseur. Les titres sont globalement variés, convaincants, mais jamais totalement transcendants. On notera quand même deux d’entre eux qui se démarquent quelque peu : Raina et Teardrop Will Follow.
On termine avec une vraie déception. Personnellement, j’avais toujours adoré les albums de Norah Jones que j’avais eu l’occasion de découvrir (même si aucun n’égale sont premier opus qui reste un sublime chef d’œuvre). Mais ce Little Broken Hearts est certes gentillet, mais manque passablement de relief. Elle explore pourtant d’autres univers musicaux, avec un son plus pop, moins jazzy, avec même un peu d’électro parfois. Au final, à part un très joli She’s 22, rien de bien intéressant à se mettre sous l’oreille.
A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Voici un proverbe qui aurait pu illustrer la carrière d’Usain Bolt. Bien sûr, les records phénoménaux et la pluie de médailles l’avaient déjà porté au panthéon des plus grands athlètes de l’histoire et beaucoup le considéraient déjà comme le plus grand sprinteur de l’histoire. Mais il est vrai qu’il lui manquait un adversaire à la hauteur de son talent. Le duel qu’il vient de remporter face à Justin Gatlin en finale des championnats du Monde vient de parfaire une carrière déjà légendaire.
Attaquer une course dans la peau de l’outsider constituait une situation que le Jamaïcain n’avait jamais eu à affronter. Un champion est évidemment un athlète qui sait être à son niveau le Jour J à l’heure H. Mais c’est aussi celui qui dans l’adversité va chercher au fond de lui-même des ressources insoupçonnées. Hier, peu importait qu’il reste loin de ses records, seul importait la première place. Il a du mobiliser tout son talent pour produire la course parfaite avec les moyens physiques dont il dispose cette année. Un départ parfait a poussé son adversaire à la faute et assuré un nouveau triomphe.
La victoire d’Usain Bolt possède une saveur supplémentaire car il s’apparente à une victoire du bien contre le mal. Justin Galtin est certes un ancien champion olympique, mais surtout un ancien dopé, pas vraiment repenti, entraîné par un athlète dopé lui également, dont la résurrection est aussi inattendue que sujette à suspicion. Cette dernière domine largement l’admiration qu’un tel retour devrait faire naître. Du coup, tout le monde rêvait de le voir battu par celui dont la décontraction et le sourire ont toujours fait naître une immense sympathie et un profond respect. Le monde de l’athlétisme a donc poussé un grand ouf de soulagement car voir l’Américain triompher aurait gravement nui à l’image de ce sport.
Le duel n’est évidemment pas fini. Il reste un 200m et 4*100m qui s’annoncent tout aussi disputés. Si Usain Bolt venait à réaliser un nouveau triplé, malgré un corps qui semble sur le point de le trahir à chaque instant, il franchirait définitivement la frontière qui sépare l’athlète du héros.
Après un premier Poulpe plutôt sympathique qui m’avait emmené en Extrême-Orient, voici un second qui m’a conduit jusqu’en Chine. Nouveau titre bien sûr, Sans Foie Ni Loi, mais aussi nouvel auteur, puisque chaque épisode en possède un différent. Fabienne Tsaï est avant tout connue pour être productrice de cinéma, mais elle a signé là un premier roman plutôt réussi.
Le Poulpe est cette fois chargé d’enquêter sur un trafic d’organes… d’où le jeux de mots très subtil du titre ! C’est aussi l’occasion de nous faire découvrir plus profondément la société chinoise. Entre intrigue et description sociologique, Sans Foie Ni Loi est intéressant à bien des égards. L’équilibre entre les deux est plutôt bon, porté par un style léger et agréable. Ce n’est donc pas de la grande littérature, mais ça se laisse lire avec un plaisir non feint.
Le seul petit reproche que l’on pourra faire à Sans Foie Ni Loi est peut-être un léger manque d’humour. Sans être non plus totalement au premier degré, le roman n’exploite pas totalement les réflexions que peut porter le héros sur cette société à laquelle il est étranger. Le décalage culturel est un ressort comique très classique, Fabienne Tsaï s’en prive largement. Peut-être parce qu’elle est elle même issue de ces deux cultures. Mais pour le petit lecteur français, cela produit une légère frustration.
On ouvre cet avis musical avec un peu de rock psychédélique par le groupe californien Anywhere et leur album éponyme. Un musique presque uniquement instrumentale, aux sonorités variées, aussi bien orientales que beaucoup plus rock, comme sur le titre Khasmin. Cela forme une musique d’ambiance par forcément désagréable, mais qui ne casse pas non plus trois pattes à un canard.
On poursuit avec une nouvelle étoile du rock dont je découvre enfin un album entier. Il s’agit cette fois de Patti Smith et son album Banga (rien à voir avec la boisson aux fruits…), sorti en 2012, près de 40 ans après le premier. On est immédiatement saisi par sa voix magnifique, aussi bien quand elle chante que quand elle se contente de parler. Elle nous propose un rock, aux accents parfois très pop. On y trouve aussi un slow (désolé, j’ai oublié de noter le titre dans mes notes) qui permet vraiment d’admirer la profondeur de sa voix. Par contre, les deux titres entièrement parlés sont quand même un peu chiant. Mais globalement, l’album est de très bonne qualité.
Gossip avait marqué la scène musicale en 2009 avec l’album Music for Men et le titre phare Heavy Cross. Il s’agissait pourtant déjà du 4ème album du groupe. Ils nous sont revenus trois ans plus tard avec A Joyful Noise, qui est lui passé nettement plus inaperçu. Et pour cause, il manque quand même globalement de relief, d’une vraie originalité par rapport au précédent et même parfois d’énergie. En effet, les titres sont un tantinet plus rock, plus durs et moins joyeux. Cela ressemble à un album un peu paresseux, comme une compilation de faces B. Cependant, le résultat reste tout de même sympathique.
Avant-dernière étape au sein des Livres de Corum de Michael Moorcock, avec Le Chêne et le Bélier. Un cinquième tome, le deuxième d’un second cycle, typique des trilogies d’heroic fantasy. Le mal semble prendre le dessus sur des représentants du bien qu’il cherche à diviser. Un roman qui nous emmène tout droit vers un combat final que l’on attend avec une réelle impatience.
Le Chêne et le Bélier est beaucoup moins marqué par l’ésotérisme habituel chez Michael Moorcock. Les péripéties, les combats, les batailles sont décrits dans un style plus direct et les passages consacrés à la mythologie liée à son univers sont moins présents. On peut le regretter car cela fait perdre à ce roman une partie de l’originalité qui marque toute l’œuvre de son auteur, mais replacé dans le contexte global des six volets de cette histoire (même si évidemment, je n’ai pas encore lu le dernier), cela s’apparente à une respiration pas forcément désagréable.
Surtout que le Chêne et le Bélier est pour le reste dans la droite lignée du reste des Livres de Corum. Le roman fait une nouvelle fois moins de 200 pages, découpé en chapitres très courts. Le rythme du récit est très rapide et Michael Moorcock ne s’embarrasse pas de fioritures ou de descriptions interminables. Les actions des personnages s’enchaînent sans être forcément décrites dans leurs moindres détails. Du coup, encore une fois, on est devant un livre qui se lit incroyablement vite vu sa richesse.
C’est l’été (même si aujourd’hui, on ne dirait pas vraiment) et qui dit été, dit lecture d’un ou plusieurs romans de Simenon, pris dans la large collection de ma mère. Cette année, mon choix (et le hasard puisque j’ai pris bêtement le premier de la rangée) s’est porté sur Le Train de Venise, écrit en 1965. Une histoire mille fois racontée mais à laquelle on peut facilement s’identifier en se demandant ce que l’on ferait à la place du personnage principal.
Comme tous les romans de Simenon, le Train de Venise est particulièrement court (moins de 200 pages, écrit gros). Il serait donc presque criminel d’en dire trop sur l’intrigue, sous peine de résumer la moitié du roman. En gros, il confronte son personnage, et par la même son lecteur, à un dilemme du genre « bien mal acquis par hasard peut-il profiter ? ». George Simenon explore ainsi les méandres de la pensée, de la conscience et de la culpabilité d’un homme qui s’est toujours défini comme quelqu’un de bien, mais qui se retrouve soumis à la tentation de sortir quelque peu de ce droit de chemin.
Cet aspect étude des mœurs est comme toujours chez l’auteur belge réellement passionnante. Surtout qu’elle est soutenue par une des plus belles plumes qu’ai jamais connues la littérature francophone. De plus, il arrive réellement à créer une tension narrative du début à la fin et le lecteur se demande réellement où tout cela va mener. Là où le bât blesse, c’est justement le point d’arrivée. Le dernier chapitre nous propose un dénouement pas réellement convaincant et qui n’apporte pas une conclusion à la hauteur de la réflexion. Ce n’est que 5 pages sur 200, mais les 5 pages les plus importantes. Cela ne vient pas tout gâcher, mais on sort de le Train de Venise quelque peu frustré et chagriné par une pointe de déception.
Marcelo Bielsa est parti. Rarement la démission d’un entraîneur aura fait couler autant d’encre, suscité autant la surprise, la colère ou l’indignation. Décidément, El Loco, le fou, mérite bien son surnom. Cette décision a quelque chose de totalement irrationnelle à bien des points de vue. Dans son timing, ses raisons réelles, même si elles restent encore bien floues, et sa mise en scène, tout est singulier dans cet énième épisode grand-guignolesque de la vie de l’Olympique de Marseille.
Au-delà de cette fin inattendue, reste la question de la trace que laissera vraiment Marcelo Bielsa à l’Olympique de Marseille et plus largement dans le football français. En tant que personnage médiatique, il est évident que le vide sera immense. Notre championnat manque cruellement de personnages nous sortant du concours de langue de bois et de conformisme dans lesquels baigne allégrement le football professionnel. En dehors de Zlatan Ibrahimovic et de Jean-Michel Aulas, personne ne pouvait rivaliser avec l’entraîneur argentin. Autant d’acteurs de notre championnat que l’on peut facilement haïr, dont on a parfois bien envie de se débarrasser, mais dont l’absence se ferait cruellement sentir. De ce point de vue là, Marcelo Bielsa nous manquera.
Mais évidemment, c’est avant tout par ses performances sur le terrain qu’on juge un acteur du monde sportif. Et de ce point de vue là, Marcelo Bielsa prête nettement plus au débat. Si une partie du public marseillais l’adule au-delà du raisonnable, une analyse objective de son année passée sur le banc olympien ne permet pas de déborder d’enthousiasme. Certes, le départ canon de l’OM en début de saison dernière porte bien sa marque… mais tout comme son écroulement dans la dernière ligne droite. Le style de son équipe était peut-être efficace quand tous ses joueurs débordaient encore de fraîcheur, mais il s’est révélé tout simplement suicidaire à long terme tant il use les organismes. Or, c’est à la fin du bal qu’on paye les musiciens et le chef d’orchestre olympien n’a pas réussi à mener son orchestre jusqu’au bout du concert de manière satisfaisante. Les succès engrangés par Hubert Fournier avec sa très jeune équipe lyonnaise ou les prouesses de Jocelyn Gourvennec sur le banc guingampais valent mille fois plus de louanges.
Un football français en quête de compétitivité peut difficilement se passer d’un Olympique de Marseille tirant le meilleur de son effectif. En ce sens, il n’y a aucune raison de pleurer Marcelo Bielsa. Le cirque aura duré une saison, il nous aura bien diverti. Espérons que maintenant l’OM en revienne au football et rien qu’au football.
Dans la série des grands auteurs dont aucune œuvre ne figurait à ma culture pourtant pas totalement indigente figurait encore il y a quelques jours Joseph Conrad. Ce trou scandaleux est désormais bouché grâce à Typhon. Une œuvre typique de son œuvre très liée à la mer. Comme on peut se douter à lecture du titre, le récit nous emmène au cœur d’une tempête que va affronter un équipage et son bateau.
Typhon est avant tout un roman d’hommes, encore plus qu’un roman d’aventure. Il s’attache avant tout à décrire la relation entre les membres de l’équipage, les tensions qui naissent à l’approche du danger et la gestion des désaccords quant aux décisions à prendre pour y faire face. Le roman est court et va vite droit à l’essentiel. Pas de fioritures, de descriptions exotiques ou de paysages enchanteurs. On entre vite au cœur de la tempête et on en sort presque aussi rapidement.
Je suis toujours un peu chagriné de ne pas être particulièrement être enthousiaste lors de la découverte d’un auteur de ce calibre. Mais j’ai trouvé le récit parfois assez confus. Les passages décrivant le bateau face aux vagues permettent difficilement de visualiser ce qui se passe. Les intentions des personnages ne sont pas toujours claires et du coup, on a un peu de mal à être passionné. Bon, je me doute que l’œuvre de Joseph Conrad mérite bien une autre chance, mais cette première rencontre n’a pas été totalement concluante.
Il y a 70 ans à Hiroshima et Nagasaki, l’humanité est entrée dans une nouvelle erre. Celle où notre espèce est en mesure de détruire totalement le monde dans lequel il vit. A l’époque, beaucoup craignait que la guerre froide nous conduise inexorablement vers cette apocalypse. Il n’en a rien été et si d’autres menaces sont nées depuis, la perspective d’une telle annihilation semble s’être éloignée. Comme si le fameux principe de l’équilibre de la terreur fonctionnait réellement. Du coup, est-on plus en sécurité dans un monde où l’arme atomique est largement partagée ?
Cette question se pose d’autant plus dans notre pays. La France fait partie du club fermé des puissances nucléaires. Doit-on s’en réjouir ? Personnellement, je n’ai jamais été vraiment rassuré de voir des militaires armés de mitraillettes arpenter les gares parisiennes. J’ai beau me dire qu’ils sont là pour me protéger, je ne peux m’empêcher de penser que s’ils devaient un jour avoir à se servir de leur arme, je ne donnerai pas cher de ma peau si je suis dans les parages. Evidemment, la raison nous rappelle que l’intérêt est avant tout dissuasif, mais les croiser est plus stressant que rassurant.
Pour l’arme atomique, c’est exactement la même chose. Dans un monde où de nombreux pays en sont pourvus, un raisonnement purement intellectuel me conduit à préférer être du côté de ceux qui la possèdent. Mais franchement, si notre pays en était dépourvu, que cela changerait-il ? Quel est l’ennemi que nous décourageons par notre arsenal nucléaire ? J’ai bien du mal à apporter des réponses à ces questions qui me conduisent à conclure à une utilité réellement fondée. Alors si on osait y renoncer ?
Ce qui serait réellement rassurant, ce serait un monde totalement débarrassé des armes nucléaires. Ceci est évidemment un vœux pieux, bien difficile à mettre en œuvre. Il suffit d’un seul participant refusant de jouer le jeu pour que tous les autres n’aient aucun intérêt à respecter leur parole, à moins d’offrir un pouvoir démesuré à une nation indigne de confiance. Mais la défiance généralisée reste le meilleur moyen de ne jamais arriver à rien, fournissant à chacun une excuse un peu facile. Si personne ne fait le premier pas, personne n’avancera jamais.
Alors évidemment, le souhait de voir la France abandonner l’arme nucléaire peut être considéré comme un souhait naïf et irresponsable. Pourtant, il est quasi certain que rien ne changerait au destin de notre nation. Ca ne coûterait donc pas grand chose de donner l’exemple. Et mériter à nouveau quelque peu le titre très surfait de patrie des droits de l’homme ne serait-il pas une belle façon justement de renouer avec notre destin ?
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