LES SEPT CRIMES DE ROME (Guillaume Prévost) : Retour aux fondamentaux

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lesseptcrimesderomeL’avantage des romans historiques, c’est que l’on a à sa disposition des personnages tous près. Cela épargne un peu de travail d’imagination. Guillaume Prévost l’a bien compris, puisqu’il a notamment écrit un roman où c’est Jules Verne lui même qui mène l’enquête. Dans les 7 Crimes de Rome, ce n’est autre que Léonard de Vinci qui jouer les assistants enquêteur. Un roman policier qui nous emmène autour du Vatican à l’aube de la Renaissance.

Les 7 Crimes de Rome propose une intrigue très classique à base de tueur en série, qui envoie un message au travers d’une mise en scène spectaculaire des meurtres qu’il commet. L’enquête porte donc autant sur le décryptage du message que sur la collecte d’éléments permettant d’identifier le coupable. Rien de bien nouveau, mais c’est assez agréable de tomber sur un récit cherchant à revenir ainsi aux fondamentaux sans forcément chercher à en faire toujours plus par rapport à la concurrence.

Le contexte historique ravira les amateurs du genre. Surtout ceux qui ont regardé la série Borgia et qui ont envie d’avoir une vue de Rome et du Vatican dans les années qui ont suivi. Le style est vivant, léger. Le récit est clair, malgré un nombre relativement important de personnages. Une parfaite lecture d’été donc, qui ne vous laissera pas un souvenir impérissable, mais vous fera passer un bon moment.

ONE DAY I AM GOING TO SOAR (Dexys), ENDLESS FLOWERS (Crocodiles), NARROW (Soap and Skin) : Découverte, découverte

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onedayiamgoingtosoardexysOn commence cet avis avec une découverte… qui n’aurait pas du en être une. En effet, Dexys (ou plutôt Dexys Midnight Runner pour le nom complet) est un groupe britannique des années 80 qui ne m’a laissé aucun souvenir et qui s’est reformé en 2012 pour nous proposer One Day, I am going to Soar. Un album qui s’ouvre sur une musique douce qui se transforme soudainement en musique particulièrement énergique. Ce titre, Now, est assez représentatif du reste de l’album, qui nous propose des rythmes et des sonorités entre pop et rock, aux accents très jazzy. Malgré les variations de rythme brutales, le groupe garde toujours une parfaite maîtrise. C’est excellent au début, perd un peu d’intensité au milieu, mais se termine par de beaux duos, dont un excellent Incapable of Love. Une belle (re)découverte !

endlessflowerscrocodilesOn enchaîne avec un groupe de rock américain, Crocodiles, et leur album Endless Flowers. Du rock un peu basique, mais avec de l’énergie et de la conviction. Un effet « loin du micro » déforme quelque peu la voix du chanteur, mais donne une certaine personnalité à leur musique. Les morceaux s’enchaînent sans trop de transition, mais ce n’est jamais monotone. Les différents titres sont cependant un peu trop proches pour qu’un d’entre eux se démarque réellement. Cependant, le résultat est globalement très convaincant.

narrowsoapandskinOn termine avec Soap and Skin, pseudonyme de la auteur-compositeur-interprète autrichienne, Anja Franziska Plaschg (ce qui est plus difficile à prononcer), et son album Narrow. Il est vrai que ,quand on ne s’y attend pas, attaquer par une chanson douce en allemand peut surprendre. Mais quand on est pas bêtement allergique à la langue de Goethe, on s’y fait vite. Sa belle voix, travaillée avec un écho, vient se poser sur des mélodies au piano, pour un résultat le plus souvent mélodieux et harmonieux, même si on y trouve aussi des morceaux plus déstructurés. Cependant, la vraie surprise vient d’une reprise assez inattendue du Voyage Voyage de Desireless.

PIXELS : Plaisir de geek nostalgique

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pixelsafficheJ’ai récemment vécu une soirée cinématographique consacrée à la nostalgie avec While We Were Young et Nos Futurs. Pixels nous offre une troisième manifestation de ce sentiment. Avec l’âge, on peut se retrouver en capacité de réaliser certains des rêves qui ont pu peupler notre enfance. Ceux qui auront connu les heures héroïques des débuts des jeux vidéos à l’aube des années 80 ont tous rêvé de voir certains de leurs titres préférés prendre vie. Vous en rêviez… Chris Colombus l’a fait.

Pixels est donc avant tout un grand plaisir offert aux geeks nostalgiques. Pouvant aisément être rangé dans cette catégorie, j’ai apprécié cette gourmandise cinématographique. De l’aventure, de l’humour, le tout sans se prendre vraiment au sérieux, avec du rythme et un réalisateur qui n’a plus rien à prouver. Autant d’éléments qui donnent un résultat convaincant qui répond parfaitement à sa nature de pur divertissement. On passe un vrai bon moment, sans temps morts et sans perdre le moindre neurone. Que demander de plus ?

pixelsDe la profondeur ? Des personnages plus intéressants ? Un scénario plus élaboré ? Non mais tout ça n’est rien par rapport au plaisir infini d’une partie de Pac-Man grandeur nature dans les rues de New-York ! Plaisir infiniment futile certes, mais infini quand même. Et le duo Adam Sandler-Michelle Monaghan apporte une touche de sympathie et de charme qui finit de nous séduire. Bref, Pixels est un film qui trouve son public et le ravit. Tout le monde ne peut pas en dire autant.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Chris Columbus
Scénario : Timothy Dowling, Tim Herlihy, Adam Sandler et Patrick Jean, d’après le court métrage homonyme
Direction artistique : Peter Wenham
Décors : Ramsey Avery
Costumes : Christine Wada
Montage : Hughes Winborne
Musique : Henry Jackman
Photographie : Amir Mokri
Production : Michael Barnathan, Chris Columbus, Allen Covert, Mark Radcliffe et Adam Sandler
Durée : 106 minutes

Casting :
Adam Sandler : Sam Brenner
Josh Gad : Ludlow Lamonsoff
Michelle Monaghan : lieutenant-colonel Violet Van Patten
Kevin James : le président Will Cooper
Sean Bean : le Caporal Hill
Peter Dinklage : Eddie Plant 2
Brian Cox : l’amiral Porter
Jane Krakowski : la première dame des États-Unis
Denis Akiyama : Tōru Iwatani
Ashley Benson : Lady Lisa
Dan Aykroyd : le présentateur des championnats de jeu vidéo d’arcade 1982
Fiona Shaw : le Premier ministre britannique
Serena Williams : elle-même

Martha Stewart : elle-même

LE PETIT PRINCE : Saint-Exupéry version optimiste

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lepetitprinceafficheAvant de commencer cette critique, je dois préciser quelque chose. Je n’ai jamais aimé le Petit Prince. Pour moi, c’est un livre atroce que l’on fait lire aux enfants pour leur apprendre que la vie est dégueulasse, alors qu’ils ont toute leur existence pour s’en rendre compte. Petit, j’y ai juste vu un bouquin déprimant où un enfant se suicide à la fin… ce qu’on trouverait traumatisant dans n’importe quel film ou livre pour adultes. Du coup, je ne sais même pas trop pourquoi, je suis allé voir le Petit Prince au cinéma. Peut-être justement parce que certaines critiques dénonçaient une trahison.

Le Petit Prince est un film en deux parties. La première est vraiment liée au livre. Ce dernier nous est raconté de manière discontinue au gré des échanges entre l’aviateur devenu vieux et une petite fille qui vient d’emménager à côté. Bon, je trouve toujours la fin aussi atroce, mais il est vrai qu’il se dégage une vraie poésie de ce récit. Les amateurs du livre de Saint-Exupéry y trouveront sûrement leur compte. La deuxième partie constitue par contre une pure invention, qui pourrait s’apparenter à Le Petit Prince, la suite… Là les puristes tiqueront sûrement, même si de mon côté je n’y ai vu qu’un sympathique récit d’aventures, au message un peu lourdingue néanmoins. Au final, ce film rajoute tout l’optimisme qui manque au roman… ce qui constitue pour moi un point positif, mais je comprends aisément que ce point de vue puisse ne pas être du tout partagé.

lepetitprinceVisuellement, le Petit Prince a divisé les critiques. Certains trouvent ça, au moins par moment, particulièrement hideux. J’ai trouvé de mon côté le travail visuel plutôt intéressant, avec un contraste entre le récit dans « le présent » au graphisme moderne un peu lisse et les passages du livres animés de manière plus traditionnelle et chaleureuse. Il est vrai que ça manque peut-être quelque peu d’imagination, mais personnellement je trouve ça plutôt réussi. Tout comme le film globalement, même si cela ne m’a pas plus ému que ça.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Onyx Films, Orange Studios, On Entertainment
Réalisation : Mark Osborne
Scénario : Irena Brignull, d’après le roman d’Antoine de Saint-Exupéry
Montage : Carole Kravetz Aykanian, Matt Landon
Décors : Celine Desrumaux, Lou Romano
Distribution : Paramount Pictures France
Musique : Hans Zimmer, Richard Harvey, Camille
Durée : 108 mn

Casting :
Andrea Santamaria : le Petit Prince
Marion Cotillard : la rose
Clara Poincaré : la petite fille
Vincent Cassel : le renard
Guillaume Gallienne : le serpent
Florence Foresti : la mère
André Dussollier : l’aviateur
Laurent Lafitte : le vaniteux
Vincent Lindon : l’homme d’affaires
Guillaume Canet : m.prince

DES MIRACLES QUI VIENNENT DE LOIN

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relaisnatationJe philosophe (oui bon, c’est peut-être un bien grand mot) souvent ici sur la culture du « perdant magnifique » qui constitue la marque de fabrique du sport français. C’est sans doute un peu facile et très certainement injuste car elle a largement disparu depuis les années 90. Si nos tennismen nous rappellent qu’elle n’est pas totalement morte, certains sports ont fait le deuil du culte de Poulidor depuis longtemps. Deux sports en particulier, dont on n’attendait pourtant pas grand chose pendant de longues décennies.

A l’aube des années 90, qui aurait pu imaginer un jour voir s’exercer sur un terme relativement long une écrasante domination de la part de l’Equipe de France de handball et du 4*100m nage libre français ? Personne, parce que déjà les voyants n’existent pas, ensuite parce que rien ne pouvait laisser penser qu’un tel double miracle pourrait s’accomplir. Ces deux sports ont bâti leur succès à partir de rien et forgé une culture de la victoire qui n’a pas pu être léguée par leurs aînés.

Bien sûr le chemin fut long et tout ne s’est pas fait en un jour… Oui, oui, j’aime les phrases toutes faites. On peut d’ailleurs remarquer que dans les deux cas qui nous intéressent, les défaites et les déceptions ont nourri cette soif insatiable de victoires. Si les Barjots furent bien les premiers à être champions du monde, leur folie douce leur a sans doute coûté quelques médailles supplémentaires, notamment aux Jeux Olympiques. Ils ont montré la voie, mais c’est l’équipe actuelle qui a su tirer le maximum d’un potentiel pas forcément supérieur.

La 2ème place du relais 4*100m en finale des Jeux Olympiques de Pékin a constitué un des moments d’émotion les plus forts que je n’ai jamais ressentis devant du sport. Passer de l’enthousiasme, de la certitude de la victoire à une incompréhensible déception en quelques secondes, au milieu de la nuit, reste un souvenir à jamais gravé dans ma mémoire. Plus d’ailleurs que n’importe quelle des victoires qui ont suivies. Mais cette défaite (et quelques unes qui ont suivi avant le triomphe des Jeux de Londres) a été fondatrice et sans elle, qui sait, tout cela n’aurait été qu’un feu de paille.

Bien sûr, la défaite finira bien par être à nouveau au rendez-vous. Mais l’avenir s’annonce encore radieux pour un moment encore. Le titre de champion du monde junior acquis hier par l’Equipe de France montre à quel point le handball et sa culture de la victoire sont désormais ancrés culturellement dans notre pays. Pour la natation, les Etats-Unis et l’Australie ne laisseront pas indéfiniment la première place du podium à une nation où la natation est de plus en plus à la mode, mais où le réservoir de talents est plus limité. En attendant, dans un an auront lieux les Jeux Olympiques de Rio. Espérons que la défaite attendra encore un peu…

EN VACANCES, J’OUBLIE TOUT ! (Enfin j’espère…)

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vacancesDepuis que je suis un travailleur vivant de la sueur de son front, j’ai toujours bénéficié de quatre semaines de congé pendant le mois d’août. Un bon mois de vacances qui permettent une vraie coupure et où pendant au moins trois semaines, la rentrée vous semble tellement loin qu’il est inutile d’y penser dès maintenant. C’est toujours un moment que j’attends particulièrement surtout que ces quatre semaines, si elles sont prises ici, ne sont pas prises ailleurs et l’attente est donc souvent longue.

Cette année, ce fut même interminable. Si les superlatifs ont peut-être tendance à fuser parfois sous ma plume (enfin techniquement sous mon clavier), je pense être simplement objectif en affirmant que je n’ai jamais attendu des vacances de cette façon de toute ma vie. Ce n’était plus une question d’envie, mais un besoin impérieux. Ce mois de juillet 2015 fut sans doute celui où j’aurais expérimenté le plus le sens du mot épuisement, suite à une conjugaison de facteurs : pas de vacances depuis décembre, une situation professionnelle particulièrement usante, pour ne pas dire de moins en moins supportable, des activités militantes qui ont été très prenantes (campagne des départementales et congrès) et enfin cette putain de canicule qui m’a privé de vraies nuits de sommeil pendant deux bonnes semaines.

Depuis jeudi, je suis frais et dispo, allumant ma tablette pour lire l’Equipe, souvent avant 8h, l’heure où je me lève d’habitude pour aller travailler. Mais ça n’a rien à voir ! Vraiment rien à voir ! Déjà je dors mieux, ce qui aide quand même pour la récupération. Et surtout, je suis heureux d’avoir une longue journée devant moi pour faire ce que j’ai envie, choisi de faire. On peut considérer que c’est aussi le cas tous les week-ends, mais avec 4 semaines de tranquillité devant soi, cela prend une autre saveur. Rien ne vient parasiter mon esprit, même si ça peut encore m’arriver de penser au boulot. Mais comme beaucoup de choses ont avancé positivement sur les derniers jours, ce sont moins des idées noires du coup.

Bref, demain je fais ma grosse valise (ok techniquement c’est un sac) et je quitte pour trois semaines cet appart que je supporte également de moins en moins. J’espère y laisser beaucoup de choses que je n’ai aucune envie d’emmener avec moi. Il sera bien assez tôt de les retrouver… dans longtemps, très longtemps !

LES MINIONS : Eux, mignons et drôles (mais pas tant que ça)

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lesminionsafficheLa qualité d’un long métrage d’animation tient bien sûr à la qualité graphique globale, du scénario et de la sympathie que peuvent inspirer les personnages principaux. Mais ce qui fait vraiment la différence, ce sont ces petits personnages secondaires, éléments comiques qui font le lien avec la culture « cartoon », comme Olaf dans la Reine des Neiges ou encore, le meilleur d’entre eux, Scrat dans l’Age de Glace. Passer d’un second rôle au premier n’a cependant rien d’évident et rien ne garantit que ce qui était un apport à une histoire principale puisse tenir la route en occupant seul le devant de la scène. C’est pourtant le pari tenté par les créateurs de Moi, Moche et Méchant en nous proposant le film les Minions.

Tous ceux qui ont apprécié les deux films originaux ont ressenti une certaine impatience à l’idée de voir ces créatures jaunes et improbables faire l’objet d’un long métrage à eux tous seuls. De plus, la bande-annonce des Minions donnait plutôt envie. Les cinq premières minutes du film sont d’ailleurs vraiment très drôles… même si les principaux éléments ont déjà été vus dans la bande-annonce justement. Le reste est nettement moins intenses car un long métrage ne peut pas être qu’un succession de gags visuels, il faut bien prendre le temps aussi de construire une histoire. Or si celle-ci est sympathique, elle manque de ce petit souffle qui habitait les deux épisodes de Moi, Moche et Méchant par exemple.

Llesminionses Minions reste quand même très drôle, même si certaines séquences sont un peu plus faibles. On pouvait quand même espérer un peu plus de frénésie comique et un peu plus de vraies surprises par rapport à ce à quoi on pouvait légitimement s’attendre. Ca ressemble quelque peu à du recyclage et à l’exploitation d’idées déjà exploitées par ailleurs. Cependant, on aime trop ces petits personnages pour ne pas quand même s’attacher à ce film qui fera passer un bon moment à toute la famille à une période de l’année où on a envie de mettre son cerveau sur pause plutôt que le faire bouillonner. Dans ce sens, le film remplit totalement sa mission.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Illumination Entertainment
Distribution : Universal Pictures International (UPI)
Réalisation : Pierre Coffin, Kyle Balda
Scénario : Brian Lynch
Montage : Claire Dodgson
Musique : Heitor Pereira
Effets spéciaux : Mac Guffin
Directeur artistique : Olivier Adam
Durée : 91 mn

Casting :
Sandra Bullock : Scarlet Overkill
Jon Hamm : Herb Overkill
Michael Keaton : Walter Nelson
Geoffrey Rush : le narrateur
Steeve Coogan : Pr Flux et Le gardien de la tour
Jennifer Saunders : la reine
Pierre Coffin : les Minions

TOUR DE CARTES

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tourdefrance2015Je réalise à quel point j’ai négligé les chapitres non cinématographiques de mon blog lorsque je m’aperçois que je n’ai rien écrit sur le Tour de France qui vient de s’achever. Vaut mieux tard que jamais, me direz-vous. Le manque de temps, la canicule, la flemme sont autant d’explications à cette relative indifférence. Ou peut-être simplement qu’il n’y avait pas grand chose à dire sur cette édition qui est loin d’avoir tenue toutes ses promesses.

« 15 km et déjà plus de suspense » a été mon statut Facebook à l’issue de la première étape de montagne. Est-il vraiment nécessaire d’en dire plus ? En fait oui, car cela traduit un fatalisme qui n’avait peut-être pas lieu d’être. Cela me rajeunit, me ramenant au temps de la domination sans partage de Miguel Indurain qui, après avoir mis 5 minutes à tout le monde à l’issue du premier contre-la-montre, se contentait de gérer des adversaires qui le considéraient désormais comme invincibles. Or, il l’a avoué du bout des lèvres depuis, il a été souvent au bord de la rupture, mais personne n’était là pour l’y pousser, même ceux qui en avaient très certainement les moyens, comme Tony Rominger.

Nairo Quintana va-t-il prendre le même chemin que l’ancien coureur suisse ? Pas si sûr ! Déjà parce que si les deux dernières étapes de montagne peuvent lui (et nous) laisser bien des regrets, on oublie parfois qu’il n’a que 25 ans (il finit d’ailleurs pour la deuxième fois sur le podium avec le maillot blanc de meilleur jeune) et on imagine difficilement qu’il n’ait rien appris de ce Tour. Certes, il n’est pas sûr de retrouver de si tôt un parcours à ce point taillé à sa mesure, mais on ignore aujourd’hui quelles sont ses limites. Rien ne laisse à penser qu’il les a déjà atteintes. Voir un jour le coureur colombien sur la première marche du podium plusieurs fois dans les dix années qui viennent ne constituerait en rien une surprise.

Chris Froome a prouvé les deux derniers jours qu’il n’était pas si invincible que ça. Le personnage intrigue et beaucoup d’éléments poussent à la suspicion. Comme beaucoup de champions hors norme, à la technique ou au physique unique, il est victime du syndrome « si personne n’a réussi avant de cette façon, c’est que ça ne peut pas marcher, donc il triche ». Pourtant, on peut tout à fait imaginer que, d’ici quelques années, beaucoup de coureurs opteront pour les tous petits développements alliés à une fréquence de pédalage élevée, l’exceptionnel devenant la norme.

En fait, Chris Froome est peut-être victime aussi tout simplement du découragement des autres. Son équipe Sky en créant le mythe d’une équipe mystérieuse et infiniment supérieure aux autres produit sans doute une prophétie en partie auto-réalisatrice. La supériorité de leurs moyens est incontestable, mais il y a là peut-être aussi une part de bluff. Nairo Quintana sur les pentes de l’Alpe d’Huez a montré que quand on les force à dévoiler leur jeu, ce dernier n’est pas si bon que ça. Certes, Chris Froome n’a pas gagné le Tour avec une paire de deux. Mais pas sûr qu’il avait non une quinte royale…

LOVE : Amour et excès

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loveafficheSavoir aller au bout de ses idées est une grande qualité, trop souvent partagée. Mais il faut aussi savoir ne pas aller au-delà. C’est malheureusement ce que ne sais pas faire Gaspar Noé qui nous propose toujours des films très aboutis, originaux, presque conceptuels, mais qui souvent trop long et qui finissent par tourner en rond. C’est à nouveau le cas avec Love, avec lequel il a peut-être raté l’occasion de nous proposer le chef d’œuvre de sa carrière. La prochaine fois peut-être ?

L’idée de base de Love est expliqué par un de ses personnages. Le cinéma parle constamment d’amour mais en éludant le plus souvent les relations sexuelles qui sont pourtant un des fondement de ce sentiment. Pendant près d’une heure et demi, le pari est totalement réussi. Le film nous plonge dans le souvenir d’un amour qui s’est mal terminé. Rien de bien nouveau donc, mais cette fois, on nous raconte toute l’histoire, même la partie la plus intime. Gaspar Noé nous propose même une des plus belles scènes d’amour de l’histoire de cinéma. C’est crue, mais beau, jamais vulgaire et surtout parfois terriblement émouvant.

Ploveuis, à force de voir ce couple faire l’amour encore et encore, on finit tout de même par se lasser. Surtout que peu à peu ces scènes prennent toute la place et il n’y a plus rien à côté. Certes, ce n’est pas non plus gratuit par rapport au déroulé de l’histoire, mais il y a un moment que le spectateur attend autre chose que fellation ou une éjaculation en gros plan. Gaspar Noé cherche visiblement à faire monter son filme en puissance, en même temps que la tension au sein du couple, mais cela produit l’effet inverse sur le spectateur. Il sort du film et l’émotion disparaît.

Gaspar Noé est incontestablement un réalisateur extraordinairement talentueux, avec un sens de l’image et une imagination hors du commun. Ses qualités de conteur ne sont malheureusement pas tout à fait à la hauteur et encore une fois, il laisse la forme prendre totalement le pas sur le fond. Love s’apparente au final plus à un trop long exercice de style, quand il aurait pu être une formidable histoire d’amour. Heureusement, il nous reste le souvenir des quelques moments de grâce que nous propose la première partie.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Les Cinémas de la Zone, RT Features, Rectangle Productions, Wild Bunch
Réalisation : Gaspar Noé
Scénario : Gaspar Noé
Montage : Gaspar Noé
Photo : Benoît Debie
Distribution : Wild Bunch Distribution
Durée : 130 mn

Casting :
Karl Glusman : Murphy
Aomi Muyock : Elektra
Klara Kristin : Omi

ROVER (Rover), THE SOMETHING RAIN (Tindersticks), AN AWESOME WAVE (Alt-J) : Ambiance anecdotique

roverrover

roverroverTrois albums qui se laissent écouter, mais relativement anecdotiques au programme. On commence avec Rover, premier album de… Rover, pseudonyme de Thimothée Régnier, un français ayant grandi à New York. Il nous propose une musique rock, mais pas trop, sans être pop… La musique est posée, maîtrisée, avec de la conviction et de l’énergie. Malheureusement l’album est quelque peu inégal. S’il commence par une série de titres de grande qualité, cette dernière se dilue peu à peu et il perd une partie de son intérêt sur la fin.

thesomethingraintindersticksOn enchaîne avec The Something Rain, du groupe britannique Tindersticks, dont j’ai déjà parlé à deux reprises ici, plutôt en bien, sans être pour autant bouleversé par leur musique. Cela sera encore une fois le cas. L’album s’ouvre sur un long morceau parlé de 9 minutes, enchaîné avec des titres à l’ambiance évaporée et mystérieuse, parfois assez lancinants à vrai dire. Cela ressemble alors plutôt à une musique de film. La deuxième partie de l’album est plus convaincante. On en reste à une musique d’ambiance, qui n’attire pas forcément l’oreille, mais demeure tout de même assez agréable à écouter.

anawesomewavealtjOn termine avec Alt-J, un autre groupe anglais, originaire de Leeds, et leur premier album An Awesome Wave. Il nous propose une musique rock à l’ambiance est assez ésotérique, dès l’introduction. Le résultat est quelque peu déstructuré, mais cela aiguise la curiosité de l’auditeur qui jette une oreille attentive à cette musique pas toujours harmonieuse. Mais au-delà de ça, le résultat reste quand même largement anecdotique.