BLUE JASMINE : Eblouissante Cate Blanchett !

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bluejasmineafficheLe problème quand vous lisez trop de critiques élogieuses concernant un film est que vous vous attendez forcément au petit chef d’œuvre, au risque d’être déçu si le résultat est seulement très bien. Ce fut mon cas avec Blue Jasmine, objectivement un excellent Woody Allen, mais peut-être pas aussi génial qu’annoncé de mon humble point de vue. Mais ce n’est que mon point de vue…

En tout cas, si une chose n’est pas du tout survendue, c’est bien la performance de Cate Blanchett. Elle est absolument extraordinaire, affichant une expressivité qu’on le lui connaissait pas en dehors de son charisme toujours aussi prégnant. Elle inonde Blue Jasmine de sa classe et insuffle au film une énergie qui constitue à elle seule une raison valable de s’enthousiasmer. Cela restera sûrement un de ses rôles les plus marquants, de ceux qui pourraient facilement valoir un Oscar si Woody Allen était soutenu par un grand studio hollywoodien.

bluejasminePar contre, à côté de ça, j’ai trouvé que Blue Jasmine ne racontait pas grand chose. L’intrigue est déjà en elle-même assez limitée, avec une évolution somme toute prévisible du personnage. Ca manque un tantinet de matière pour créer une vraie tension narrative. Quand au fond, il y a certes une critique de la haute société où seules les apparences règnent, mais cela ne va pas très loin dans la réflexion. Au moins, cela évite les poncifs et les raccourcis faciles qui auraient pu facilement accompagnés ces sujet, mais sans pour autant apporter une opinion originale ou intéressante.

Au final, Blue Jasmine reste un divertissement intelligent et une performance assez éblouissante d’une grande actrice. Mais je ne le qualifierai certainement pas de meilleur Woody Allen depuis 15 ans comme certains !

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Perdido productions
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Woody Allen
Scénario : Woody Allen
Montage : Alisa Lespselter
Photo : Javier Aguirresarobe
Décors : Santo Loquasto
Durée : 98 mn

Casting :
Cate Blanchett : Jasmine
Alec Baldwin : Hal
Sally Hawkins : Ginger
Louis C.K. : Al
Peter Sarsgaard : Dwight
Bobby Cannavale : Chili
Andrew Dice Clay : Augie
Michael Stuhlbarg : Dr Flicker

MA VIE AVEC LIBERACE : Amour antipathique

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mavieavecliberaceafficheMa Vie avec Liberace restera peut-être comme le dernier film de Steven Soderbergh. En tout cas, c’est ce qu’a annoncé le réalisateur américain, même si on peut douter de la solidité de telles promesses qui ne résistent souvent pas longtemps à l’appel de la passion. Ce film constitue donc un événement en soi. Reste à savoir s’il constitue une sortie digne du talent de ce cinéaste extrêmement prolifique, mais surtout extrêmement talentueux.

Vu de notre France, Ma Vie avec Liberace possède un intérêt quasi-historique puisqu’il nous fait découvrir un personnage jouissant d’une phénoménale notoriété outre-Atlantique (où il est plus connu qu’Elvis dit-on), même si elle n’a guère franchi les océans. C’est donc un pan de la culture américaine que ce film nous permet de découvrir. Un pan de son immense hypocrisie aussi puisque Liberace a toujours menti sur sa vie privée afin de préserver sa popularité et son succès.

mavieavecliberaceMa Vie avec Liberace présente aussi un intérêt cinématographique réel. Si la réalisation de Soderbergh est plus sobre qu’à son habitude, le cinéaste nous montre (une dernière fois?) qu’il a toujours su diriger merveilleusement bien les acteurs. Certes, il a toujours bénéficié de casting assez incroyables. Mais si les comédiens se sont toujours pressés pour tourner avec lui, ce n’est pas pour rien. Avec à l’affiche un duo aussi prestigieux que Michael Douglas – Matt Damon, il partait avec un sérieux atout dans sa manche. Mais la manière dont il est arrivé à pousser ces deux immenses stars dans des territoires inhabituels nous offre deux numéros d’acteurs valant à eux seuls le déplacement.

Cependant, Ma Vie avec Liberace souffre d’une limite presque rédhibitoire. En effet, ce film est avant tout une histoire d’amour. Mais les deux protagonistes sont trop antipathiques pour faire naître une réelle émotion. On ne ressent ni réel attachement, ni empathie profonde. Cela nous laisse un peu trop spectateur de cette histoire et seules les paillettes des costumes de Liberace nous éblouissent vraiment.

Au final, Ma Vie avec Liberace n’est pas vraiment décevant, mais n’arrive qu’à provoquer un intérêt curieux, au lieu d’une émotion enthousiaste.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : HBO Films
Réalisation : Steven Soderbergh
Scénario : Richard LaGravenese, d’après le livre d’Alex Thorleifson et de Scott Thorson
Montage : Steven Soderbergh
Photo : Steven Soderbergh
Décors : Howard Cummings
Distribution : ARP Selection
Costumes: Ellen Mirojnick
Durée : 118 mn

Fiche technique :
Matt Damon : Scott Thorson
Michael Douglas : Liberace
Rob Lowe : Dr. Jack Startz
Dan Aykroyd : Seymour Heller
Scott Bakula : Bob Black
Debbie Reynolds : Frances

LES MILLER, UNE FAMILLE EN HERBE : Rire oui, subversion non

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Le cinéma hollywoodien aime célébrer les valeurs familiales, de manière souvent caricaturale, voire jusqu’à la nausée. Trop souvent, tout début de remise de cause, critique, ambiguïté ou de politiquement incorrect se voit balayé au moment du dénouement où tout le monde rentre dans le rang au pays des Bisounours. Cela semble réellement inscrit au plus profond de l’ADN d’Hollywood qui ne peut jamais trop s’éloigner de ces chemins pavés de trop bonnes intentions.

Nouvelle démonstration avec les Miller, une Famille en Herbe. Une comédie dont une des bases est justement de tourner en ridicule ces valeurs familiales. On se dit que cette fois, les scénaristes vont aller au bout de leur logique. Mais aux Etats-Unis, le cinéma n’est pas encore prêt pour ça, contrairement à des séries comme Weeds et Breaking Bad. Du coup, cela se termine sur un message bancal, qui nous explique quand même que malgré tout, rien ne rend plus heureux que d’être en couple avec deux enfants… Et ne pas aller au bout de son idée reste le meilleur moyen pour qu’elle ne soit pas si bonne que ça.

lesmillerIl n’en reste pas moins que les Miller, une Famille en Herbe reste quand même une comédie drôle et qui fonctionne. C’est relativement rythmé, les situations sont variées et si cela ne vole jamais très haut, cela ne sombre jamais dans une réelle vulgarité. On pousse de vrais éclats de rire, on s’attache aux personnages et on ne s’ennuie jamais. Bref, tout ce que l’on recherche dans une comédie… même si, encore une fois, tout cela provoque aussi une certaine frustration car cela aurait gagné à être encore plus méchant et plus réellement, plus profondément subversif.

Reste le vrai plaisir de voir les acteurs s’amuser et nous entraîner dans leur délire. Le quatuor partage une vraie complicité qui nous permet de croire à cette histoire. Leur enthousiasme a quelque chose de réellement communicatif et contribue largement à nous faire parler un bon moment. Au premier rang du casting, une Jennifer Anniston étonnante, qui donne de sa personne dans une scène mémorable qui vous prouvera que passée 40 ans, une femme peut être infiniment plus sexy que n’importe quelle minette de 20 ans !

Les Miller, une Famille en Herbe aurait pu être une comédie décapante et subversive. Elle n’est au finale que drôle et réussie. C’est déjà pas mal, mais un rien frustrant.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :Production : New Line Cinema, Newman/Tooley Films, Slap Happy Production/Heyday Films, Bender-Spink
Distribution : Warner Bros France
Réalisation : Rawson Marshall Thurber
Scénario : Bob Fisher, Steve Faber, Sean Anders, John Morris
Montage : Mike Sale
Photo : Barry Peterson
Format : 35mm
Décors : Clayton Hartley
Musique : Theodore Shapiro, Ludwig Goransson
Directeur artistique : Elliot Glick
Durée : 110 mn

Casting :
Jennifer Aniston : Rose O Reilly
Jason Sudeikis : David Clark
Will Poutler : Kenny Rossmore
Emma Roberts : Casey Mathis
Ed Helms : Brad Gurdlinger
Nick Offerman : Don Fitzgerald
Kathryn Hahn : Edie Fitzgerald
Molly Quin : Melissa Fitzgerald
Tomer Sisley : Pablo Chacon

JIMMY P. (PSYCHOTHERAPIE D’UN INDIEN DES PLAINES) : L’enthousiasme avant l’ennui

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jimmypafficheFaire un film basé uniquement (ou presque) sur des discussions entre deux hommes est un exercice périlleux. Arnaud Despleschin s’y ai attaqué en adaptant à l’écran le livre de Georges Devereux, Jimmy P. (Psychothérapie d’un Indien des Plaines). Il a même traversé l’Atlantique pour cela. Pari doublement osé donc… et qu’à moitié réussi.

Pendant une première moitié, Jimmy P. (Psychothérapie d’un Indien des Plaines) fascine. On entre dans l’histoire avec une curiosité avide, portée par le charisme incroyable de Benicio Del Toro, parfaitement secondé par un Matthieu Almaric tout simplement génial. La complémentarité entre les deux acteurs et les deux personnages est parfaite et on attend beaucoup de leurs échanges, impatient de plonger au cœur de cette âme torturée. On ne sait pas ce que l’on va y trouver mais on est justement grisé par cette envie d’être surprise.

jimmypLe soucis qu’il ne ressort au final pas grand chose de Jimmy P (Psychothérapie d’un Indien des Plaines). Les dialogues finissent pas s’éterniser et tourner en rond. On ne saisit pas dans quelle mesure il s’agit d’un processus par lequel le malade avance. Du coup, on décroche pour finir par franchement s’ennuyer, puisque l’on est devenu totalement indifférent à des propos dont le sens nous échappe de plus en plus. Puis le film se termine sans que l’on sache trop pourquoi à ce moment-là et pas à un autre.

Jimmy P. (Psychothérapie d’un Indien des Plaines) est donc final décevant, sentiment renforcé par une première heure particulièrement prometteuse.

LA NOTE : 9/20

Fiche technique :
Production : Why Not Productions, Wild bunch, France 2 Cinéma, Hérodiade, Le Pacte
Réalisation : Arnaud Desplechin
Scénario : Arnaud Desplechin, Julie Peyr, Kent Jones, D’après l’oeuvre de Georges Devereux
Montage : Laurence Briaud
Photo : Stéphane Fontaine
Décors : Dina Goldman
Distribution : Le pacte
Musique : Howard Shore
Durée : 116 mn

Casting :
Benicio Del Toro : Jimmy Picard
Mathieu Amalric : Georges Devereux
Gina McKee : Madeleine
Gary Farmer : Jack
Michelle Trush : Gayle Picard
Joseph Cross : Dr Holt
Larry Pine : Dr. Karl Menninger

SI GRAND, SI HAUT, SI FORT

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tonyparkerLe titre de championne d’Europe de basket remporté hier soir par la France a été unanimement salué comme celui de la persévérance. Et notamment celle de Tony Parker qui a porté cette équipe pendant plus de dix ans, pas toujours aidé par des coéquipiers dont l’implication ne fut pas toujours aussi exemplaire que la sienne, loin s’en faut. Cette victoire sonne comme une juste récompense pour celui qui était déjà le meilleur basketteur français de l’histoire et qui prend désormais une place à part dans le paysage du sport français.

Né en Belgique, d’un père américain et d’une mère néerlandaise, rien ne destinait Tony Parker à devenir le phare du sport tricolore. Notre pays sous-estime encore beaucoup (mais un peu moins depuis hier) le talent et la valeur du palmarès du meneur de San Antonio. La faute au décalage horaire qui empêche le grand public d’assister à ses exploits à longueur d’année de l’autre côté de l’Atlantique. Il n’y avait pas de réelle proximité, de relation affective aussi forte qu’elle devrait l’être entre les Français et Tony Parker. Ce titre de champion d’Europe va, espérons-le, combler ce fossé injuste.

Tony Parker a rejoint Michel Platini dans la légende. Si les deux sports sont différents, les deux hommes ont allié l’immensité du talent, l’épaisseur du palmarès avec une faculté à être le leader, l’âme d’une équipe, à la porter plus haut, parfois seul quand les autres n’étaient pas au niveau. Les deux étaient des meneurs de jeu sur et en dehors du terrain, altruiste quand il le fallait, scoreur lorsque c’était nécessaire, sans jamais fuir leurs responsabilités. C’est ce qui pour moi fera toujours la petite différence avec un Zinédine Zidane, parfois trop effacé et surtout qui n’aura jamais autant de but que ce que lui permettait son talent.

Le basket français n’a jamais su profiter de ses succès pour enfin grandir et se développer. Ce titre de champion d’Europe représente une chance historique, surtout que l’équipe féminine a elle aussi conquit les cœurs. Cela passera notamment par la reconnaissance pleine et entière par le grand public de ce que représente Tony Parker pour le sport français. Une reconnaissance qui serait surtout plus que méritée !

GENERATION WARRIORS (Anne McCaffrey et Elizabeth Moon) : Aurais-je raté un épisode ?

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generationwarriorsBon il est vrai que le titre faisait peur. Generation Warriors, ça ne donne pas très envie. Bon en fait, il faut savoir qu’il s’agit du titre original en anglais, non traduit donc, qu’il faut comprendre dans le sens « les Guerriers des générations », ce qui effectivement sonne très mal, mais qui se rapporte effectivement à des éléments de l’intrigue. Mais les plus érudits auront surtout noté que parmi les deux auteurs de ce roman figure Anne McCaffrey, star de la fantasy avec son cycle des Dragons de Pern dont les nombreux romans se sont venus à des millions d’exemplaires.

En préparant cette critique, je viens de m’apercevoir que Generation Warriors est en fait le troisième volet d’une trilogie. Ceci explique peut-être la principale critique que je formulerais, mais qui est assez rédhibitoire : je n’ai pas compris… ou plutôt je n’ai pas compris l’intérêt du peu d’évènements que relate ce roman. Pour moi, il ne s’y passe pas grand chose et les différents fils rouges ne semblent pas former un tout cohérent. Certes, tous les personnages se retrouvent physiquement au même endroit à la fin, mais sans qu’on sache trop en quoi cela est important.

Bref, j’ai eu l’impression que Generation Warriors était particulièrement mal écrit. Peut-être n’avais-je pas accès à des éléments qui m’auraient donné les clés pour saisir toute sa subtilité. Mais franchement, je doute que même ainsi, j’aurais été enthousiasmé par cette œuvre assez pauvre.

NO PAIN NO GAIN : Salut les musclés !

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nopainnogainafficheMichael Bay a rangé ses Transformers et nous revient avec No Pain No Gain, qui nous rappelle qu’il reste un réalisateur efficace et doté d’un certain talent. Alors certes, ses qualités artistiques sont maigres, mais il sait parfois donner un supplément d’âme à ses films pour faire la différence. C’est pour ça qu’on a aimé The Rock, The Island et le premier Transformers qui ont tous pour point commun d’être baigné par un certain humour et un réel sens du second degré.

No Pain No Gain nous raconte l’histoire vraie de trois bodybuilders, un rien limités, qui décident de devenir riches en arnaquant un de leur riche client. Le problème est que rien ne se passera comme prévu dans leur plan foireux et tout tournera à la catastrophe. On est donc plus proche de la comédie que du réel film d’action et on peut saluer le trio Mark Wahlberg, Dwayne Johnson et Anthony Mackie qui se moque, avec un certain brio, des personnages qu’ils interprète d’habitude. Le tout nous arrache plusieurs vrais fous rires, nous faisant passer un vrai bon moment, même si le film aurait gagné à compter vingt bonnes minutes de moins.

nopainnogainIl est cependant vrai que No Pain No Gain nous laisse sur une impression un peu bizarre. Parce que mine de rien, on finit par aimer ces trois crétins, anti-héros absolus. Mais quand on nous apprend à la fin que deux d’entre eux ont finalement été condamnés à mort, on se rappelle d’un coup que leur bêtise les ont transformés en meurtriers. Ca gâche un peu la légèreté que dégage ce film vraiment drôle par ailleurs.

Le point de vue adopté par Michael Bay pour nous raconter cette histoire est donc discutable… mais fonctionne tout de même et fait de No Pain No Gain une très bonne surprise.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Paramount Pictures, De Line Pictures
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Michael Bay
Scénario : Christopher Markus, Stephen McFeely
Montage : Tom Muldoon
Photo : Ben Seresin
Format : 35mm
Décors : Jeffrey Beecroft
Musique : Steve Jablonsky
Directeur artistique : Sebastian Schroder
Durée : 130 mn

Casting :
Mark Wahlberg : Daniel Lugo
Dwayne Johnson : Paul Doyle
Anthony Mackie : Adrian Doorbal
Ed Harris : Ed Du Bois
Tony Shalhoub : Victor Kershaw
Ken Jeaong : Johnny Wu
Bar Paly : Sorina Luminata

TIP TOP : Tout sauf top !

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tiptiopafficheLe prix du film le plus crétin de 2013 est décerné en avance à Tip Top, une comédie policière sans queue, ni tête, qui confond fantaisie et grand n’importe quoi. Dialogues abscons et ridicules, personnages beaucoup plus idiots qu’originaux, des seconds rôles mauvais au possible, une direction d’acteurs défaillante, des effets spéciaux sortis des années 50 (Isabelle Huppert qui conduit sans jamais tourner ne serait-ce que d’un centimètre le volant), intrigue sans intérêt et sans dénouement… Bref pas grand chose à retenir de ce film qui pousse le mauvais goût jusqu’à faire jouer à Samy Naceri une scène d’amour vache, à base d’échanges de coups de poing avec Isabelle Huppert. On peut trouver ce film décalé ou ampli de folie douce. Personnellement, j’y ai juste vu un grand foutage de gueule !

LA NOTE : 03/20

Fiche technique :
Production : Les Films Pélléas, Herodiade Films, Iris films, Canal +
Réalisation : Serge Bozon
Scénario : Serge Bozon, Axelle Ropert, Odile Barski, d’après l’oeuvre de Bill James
Montage : François Quiquere
Photo : Céline Bozon
Décors : Régine Constant
Distribution : Rezo Films
Musique : Roland Wiltgen
Durée : 106 mn

Casting :
Isabelle Huppert : Esther Lafarge
Sandrine Kiberlain : Sally Marinelli
François Damiens : Robert Mendes
Karole Rocher : Virginie Bénamar
Aymen Saïdi : Younès
Saida Bekkouche : Rachida Belkacem
Alain Naron : Bontemps
Samy Naceri : le mari d’Esther

GRAND CENTRAL : Amour radioactif

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grandcentralafficheAmour, écologie et politique au programme de Grand Central, un film français qui nous fait découvrir le quotidien des ouvriers des entreprises auxquelles EDF sous-traitent l’entretien des centrales nucléaires. Le cœur de l’intrigue est un triangle amoureux assez classique, avec une jeune fille qui tombe amoureuse d’un autre à quelques semaines de son mariage. Mais l’intérêt et l’originalité de ce film sont ailleurs, dans le décor dans lequel les protagonistes évoluent.

Il y a évidemment une volonté de dénoncer chez Rebecca Zlotowski. Après, on peut s’interroger sur la démarche de faire passer ce message à travers une histoire beaucoup plus anodine. Il y a certes une volonté de montrer comment les conditions de travail vient s’immiscer dans le quotidien et arrive à broyer les individus et leur volonté d’être heureux « comme tout le monde ». Car évidemment, risquer sa vie tous les jours, encaisser chaque jour une dose de radiation qui peut vous condamner ne fait pas tout à fait de vous quelqu’un « comme tout le monde ».

grandcentralMalheureusement, la démarche n’est pas toujours totalement convaincante. Par contre, le casting de très grande qualité tient Grand Central à bout de bras et donne assez de vie aux personnages pour qu’on se laisse prendre par l’histoire, malgré quelques longueurs. Tahar Rahim et Olivier Gourmet, dans des registres très différents, font étalage de tout leur talent. Mais la vraie star de ce film est l’époustouflante Léa Seydoux, plus belle, charismatique et troublante que jamais. Elle prend une dimension supplémentaire à chacune de ses performances et on se demande où elle s’arrêtera.

LA NOTE : 11,5/20

Fiche technique :
Production : Les Films Velvet
Réalisation : Rebecca Zlotowski
Scénario : Rebecca Zlotowski, Gaëlle Macé
Montage : Julien Lacheray
Photo : George Lechaptois
Distribution : Ad VItam
Durée : 94 mn

Casting :
Tahar Rahim : Gary
Léa Seydoux : Karole
Olivier Gourmet : Gilles
Denis Ménochet : Toni
Johan Libereau : Tcherno
Nahuel Perez Biscayart : Isaac

LE MAJORDOME : L’histoire bien écrite

lemajordomeaffiche

lemajordomeafficheOn apprécie d’autant plus un film qu’on ne s’attendait pas à ce qu’il soit d’une telle qualité. C’est le cas pour le Majordome qui m’a très agréablement surpris, bien plus que je ne l’imaginais. Une œuvre qui confirme l’incroyable faculté d’Hollywood a raconté la grande Histoire par l’intermédiaire de vrais intrigues, certes romancées, mais qui captivent le spectateur au delà de l’intérêt historique qu’elles présentent. On peut rapprocher ce film de Lincoln, le chef d’oeuvre de l’année 2013 à mon sens, même si Lee Daniels n’est quand même pas Steven Spielberg.

Bien sûr raconter la grande Histoire en la faisant passer pour un scénario hollywoodien se terminant par le happy end qui va bien peut faire grincer quelques dents. Mais le Majordome n’est pas un documentaire, c’est un film, du simple cinéma. Et du cinéma qui fonctionne à merveille, qui fait rire, qui fait pleurer, qui émeut, qui indigne aussi parfois. Certes, la vision du présent est peut-être un peu idéalisée, mais il nous rappelle tout de même de manière assez forte combien un passé beaucoup plus sombre n’est pas si éloigné. Certes, l’élection d’Obama ne signe pas la fin des inégalités et du racisme aux Etats-Unis, mais force est de constater que ce pays sait raconter les heures sombres de son histoire de manière beaucoup plus franche et naturelle que par chez nous.

lemajordomeAu final, on oublie totalement la réalisation sans grande imagination et l’émotion parfois un peu facile. On se laisse facilement convaincre par cette histoire qui doit beaucoup à l’immense Forest Whitaker, qui confirme là son incroyable charisme. Après un Oscar pour le Dernier Roi d’Ecosse, il est incontestablement en lice pour une seconde statuette avec le Majordome. Le film en lui même ne devrait pas connaître un tel bonheur, mais il serait dommage de bouder notre plaisir face au meilleur film de cette rentrée cinématographique.

LA NOTE : 15/20

Fiche technique :
Production : Follow Through Pictures, Salamander Pictures, Laura Ziskin Prod., Lee Daniels Entertainment, Pam Williams, Windy Hill
Distribution : Metropolitan Filmexport
Réalisation : Lee Daniels
Scénario : Danny Strong, d’après l’article de Wil Haygood
Montage : Joe Klotz
Photo : Andrew Dunn
Décors : Tim Galvin
Musique : Rodrigi Leao
Costumes : Ruth E. Carter
Durée : 132 mn

Casting :
Forest Whitaker : Cecil Gaines
David Banner : Earl Gaines
Oprah Winfrey : Gloria Gaines
Terrence Howard : Howard
Lenny Kravitz : James Holloway
Cuba Gooding Jr. : Carter Wilson
Robin Williams : Dwight D. Eisenhower
John Cusack : Richard Nixon
James Marsden : John F. Kennedy
Jane Fonda : Nancy Reagan