Tout le monde l’affirme, le Festival de Cannes 2012 est un grand, un très grand cru. La preuve, Le Passé n’est pas Palme d’Or. Il faudra attendre l’automne pour savoir ce que vaut vraiment ce La Vie d’Adèle que tout le monde porte aux nues (sauf Christine Boutin, mais je ne crois que ça soit un critère vraiment pertinent). En attendant, on a bien la confirmation que Asghar Faradi est bien un très grand cinéaste, après Une Séparation qui avait ému le monde entier et lui avait valu un Ours d’Or et un Oscar du meilleur film étranger.
J’avais « reproché » à Une Séparation une légère longueur. Bon ok, c’est un reproche que je formule pour à peu-près les trois quarts des films. Le Passé fait lui aussi plus de deux heures et je maintiens qu’il aurait encore meilleur avec une bon quart d’heur de moins. Néanmoins, jamais on ne s’ennuie une seule seconde tant le scénario est remarquablement construit. Pourtant il ne paye pas de mine, mais à chaque fois qu’il semble épuisé, qu’on n’imagine pas qu’il puisse encore durer, un rebondissement vient ouvrir un nouveau pan à cette histoire. La construction est magistrale, un modèle du genre.
Le Passé est un donc un film riche. Certes, le thème de la séparation est une nouvelle fois central, mais on y trouve tellement plus… dont il ne faut rien dévoiler pour ne pas gâcher le plaisir. On soulignera tout de même la manière magistrale (oui, je me répète, mais le terme est tellement approprié qu’il serait dommage de s’en priver) dont les personnages prennent eux aussi un peu plus d’épaisseur à chaque minute. Leur équilibre démontre après Une Séparation l’incroyable capacité de Asghar Faradi à délivrer des messages sans prendre parti, sans repeindre ni les gens, ni les évènements en blanc ou en noir. C’est là que ses films prennent toute leur force, toute leur puissance.
La réalisation d’Asghar Faradi reste très sobre. Mais dans Le Passé, je lui ai trouvé plus de brillance que dans Une Séparation. Il arrive à mettre sa caméra au service de ses comédiens de manière…allez n’ayons pas peur des mots… magistrale. Son art du cadrage nous permet de ressentir pleinement toute les émotions véhiculées par des acteurs magistralement dirigés. Si le prix de Bérénice Béjo est méritée, on aurait envie, comme ce fut le cas à Berlin il y a deux ans, de récompenser l’ensemble d’un formidable casting.
Bref, un moment de cinéma…comment dire… magistral !
Autant mettre les choses tout de suite au clair, je n’ai pas fait partie des inconditionnels de Drive. Je lui avais trouvé des qualités artistiques hors du commun, mais ce bel objet n’avait pas vraiment réussi à m’émouvoir assez pour transformer l’admiration infinie en enthousiasme délirant. Je suis donc allé voir Only God Forgives, qui a profondément divisé la critique à Cannes, sans vraiment rien espérer. Heureusement car ce film se révèle être strictement sans intérêt.
Prenons le scénario déjà. Une histoire de vengeance assez classique, vaguement matinée d’exotisme. Pas vraiment de rebondissement, pas de surprise, simplement un léger suspense sur la nature de la conclusion. Mais bon, tout cela n’est ni épais, ni original, ni profond, rendant l’ultra-violence totalement gratuite. Les personnages souffrent terriblement de la direction d’acteur de Nicolas Winding Refn qui a visiblement interdit à ses comédiens d’afficher la moindre expression. Ryan Gosling en est donc réduit à essayer de changer de regard entre deux scènes, vu qu’il ne peut ni sourire, ni même beaucoup parler. Le jeune homme est charismatique, mais le préfère en train de jouer, plutôt qu’en train de poser.
Certes, la grande force de Nicolas Winding Refn reste le travail esthétique. Il est vrai qu’il fait preuve d’une maîtrise impressionnante en la matière. Mais le talent consiste aussi de savoir faire preuve de retenue quand cela est nécessaire. Le travail sur la lumière sur Only God Forgives a certes quelque chose d’impressionnant, mais aussi de terriblement artificiel tant il est poussé à l’extrême. On a parfois l’impression que le réalisateur cherche à aller encore plus loin que dans Drive, mais cela ne le conduit malheureusement qu’à une sortie de route tout en maîtrise, mais bien réelle.
LA NOTE : 7/20
Fiche technique :
Production : Space Rocket Nation, Motel Movies productions, Bold films, Wild Bunch, Gaumont, Wild Side, le Pacte
Un grand merci au Bayern de Munich et au Borussia Dortmund pour cette très belle finale d’hier soir. Merci beaucoup d’avoir simplement joué au football sans s’être englué dans des calculs tactiques mesquins. Il faut être deux pour bien jouer au football, c’est donc l’ensemble des acteurs qui sont à saluer. Ils ont proposé une formidable publicité pour la Bundesliga et pour leur sport tout simplement.
Il y avait pourtant là toutes les conditions habituelles pour une finale fermée et ennuyeuse. Deux équipes du même pays, qui se connaissent par cœur et surtout un favori et un outsider évidents. Dans bien d’autres circonstances, cela aurait donné un attaque-défense avec l’équipe supposée la plus faible recroquevillée sur son but avec comme seul objectif de détruire le jeu de son adversaire. Mais c’est n’est pas la mentalité qui règne outre-Rhin et le spectacle d’hier soir n’a rien eu à voir avec la purge qu’avait représenté la finale entre le Milan AC et la Juventus il y a tout juste dix ans.
Rien à voir donc entre ce Borussia Dortmund qui a joué crânement sa chance et le Chelsea de la saison dernière qui a été un des champions d’Europe les plus médiocres de l’histoire. Mais les cyniques souligneront que l’étroitesse d’esprit du club anglais s’est révélé payante puisqu’elle lui a permis de triompher de l’ogre bavarois. Certes, le monde n’est pas toujours juste et l’intérêt du spectateur, surtout quand il est complètement neutre, n’a souvent rien à voir avec celui des équipes qui savent qu’elles ne gagneront pas en ouvrant le jeu. Alors c’est pour ça, qu’une dernière fois, on peut dire : merci beaucoup messieurs les Allemands !
En ce moment, il y a deux choses qui restent désespérément sombres et inquiétantes : la météo et les chiffres économiques, chômage en tête. A l’occasion du premier anniversaire de l’élection de François Hollande, les multiples bilans réalisés à cette occasion n’ont pas manqué de souligner que les résultats ne sont pas là et qu’aucune lueur d’espoir ne semble poindre à l’horizon. La mode est à la sinistrose. Pourtant, je reste persuadé qu’il existe quand même des raisons d’espérer. Pourquoi ? Parce qu’il en existe toujours !
Déjà, si on a beaucoup insisté sur la faible croissance de notre pays, qui provoque inexorablement une montée du chômage, on a souvent oublié de dire que depuis un an, beaucoup de pays en Europe ont fait pire que nous, y compris de l’autre côté du Rhin, où la récession a également frappé. Evidemment, cela ne console guère ceux qui souffrent directement de cette situation et on pourrait même y voir, à raison, des raisons de s’inquiéter. Mais cela prouve que les fondamentaux de l’économie française sont loin d’être aussi mauvais que peut le laisser croire notre formidable faculté à nous dénigrer nous-mêmes.
S’il y a bien une erreur commise par François Hollande (je ne veux pas dire par là que c’est la seule), c’est d’avoir bâti son programme en misant sur une reprise généralisée en Europe, qui devait tirer notre économie vers le haut. Elle ne fut pas du tout au rendez-vous, bien au contraire, et l’élan s’est transformé en boulet, obligeant à remettre en question certains volets de la politique annoncée. On peut bien le lui reprocher, mais pour sa défense, il serait malhonnête de passer sous silence que toutes les prévisions, ou presque, allaient dans son sens, y compris de la part d’esprits brillants qui s’en donnent aujourd’hui à cœur-joie pour taper sur notre Président.
Une première raison d’espérer repose donc sur le fait que les prévisions pessimistes sont aussi peu fiables que celles qui annonçaient une reprise généralisée en Europe il y a peu. Certes, cela tient un peu de la méthode coué, mais l’économie est malheureusement sujette aux prophéties auto-réalisatrices. Il n’empêche qu’on a eu là une nouvelle illustration du côté totalement moutonnier des économistes de tout poil le plus souvent payés pour se tromper constamment. Ils rêvent tous de voir leur discipline devenir une science prédictive, mais c’est quelque chose qu’elle ne sera jamais. Donc inutile à se fatiguer à jouer les Cassandre… même si cela peut signifier que l’avenir sera encore pire que prévu.
Une deuxième repose sur le mouvement mondial qui s’annonce dirigé contre l’optimisation, la fraude et l’évasion fiscales. Certes, il ne faut pas être naïf, il y a là une sorte d’opportunisme politique généralisé et tout ne va pas changer du jour au lendemain. Mais cette fois-ci, les choses semblent différentes des discours creux de 2008 contre les paradis fiscaux. Déjà parce que l’impulsion semble venir de pays, Etats-Unis et Grande-Bretagne notamment, qui étaient jusqu’à présent ceux qui mettaient des bâtons dans les roues à chaque initiative. Et surtout parce que les Etats n’ont guère d’autre choix que d’agir. On ne peut pas continuer à voir les sociétés les plus riches de notre planète, Apple et Google en tête, ne payer tout simplement aucun impôt et ce, le plus légalement du monde. A l’inverse, on ne peut pas continuer à voir la fraude fiscale atteindre des montants supérieurs au déficit des Etats. Si les actes suivent, cela constituerait un tournant historique face à une tendance dérégulatrice qui remonte aux années 70. Mais la résistance d’Etats comme le Luxembourg ou l’Autriche pour le secret bancaire ou l’Irlande pour des taux d’imposition sur les sociétés paradisiaques montrent bien que la partie est loin d’être gagnée. Au mois, semble-t-elle vraiment engagée.
D’un point de vue domestique, beaucoup ont critiqué la fameuse boîte à outils de François Hollande, sans même trop savoir ce qu’il y avait dedans. Personnellement, en tant que gestionnaire d’une entreprise, c’est bien pourtant de mesures concrètes qui peuvent m’aider à court terme. Et de ce point de vue, je pense que beaucoup n’ont pas encore mesuré l’impact du crédit d’impôt compétitivité-emploi. Certes, certains assimilent ce genre de mesure à un cadeau aux patrons, mais mon entreprise, avec son seul salarié, alors qu’elle évolue dans le champ de l’économie sociale et solidaire va pleinement en profiter. Certes, ces quelques milliers d’euros ne vont pas changer la face de mon monde et surtout ne seront touchés que dans un an. Mais ce coup de pouce généralisé à toute l’économie va quand même représenter une belle bouffée d’oxygène pour toutes les entreprises en manque de trésorerie. Or c’est bien quand cette dernière se tend que les entreprises limitent au maximum leurs achats et payent leurs fournisseurs avec un maximum de retard (notre prestataire pour les espaces verts ne dira sûrement pas le contraire…), faisant rentrer tout l’économie dans un cercle vicieux dont il est toujours dur de sortir.
Après, j’ai déjà souligné que ce gouvernement avait enfin le courage de s’attaquer à plusieurs problèmes structuraux, notamment au niveau des finances publiques. Les bénéfices ne se concrétiseront qu’à long terme et faire le lien avec des mesures précises sera alors difficile. Il suffit de voir les débats sur les raisons profondes de la réussite allemande. Ce genre de mesure n’est donc que rarement politiquement payantes et personne n’a crevé les plafonds de popularité en les mettant en œuvre. Mais elles sont nécessaires, plus que jamais nécessaires, et donnent de vraies raisons, peut-être un peu lointaines, d’espérer.
Le problèmes des suites, c’est qu’elles exploitent trop souvent la même bonne idée que le premier épisode. Du coup, cela sent le réchauffé et cela perd grandement de son intérêt. Avec Les Lames du Roi, tome 2 : Le Seigneur des Terres de Feu, c’est plutôt le phénomène inverse. On regrette fortement que l’idée un peu originale du départ soit passée totalement au second plan. Si le premier volume nous proposait un mélange assez plaisant (mais pas inoubliable non plus) des Trois Mousquetaires et de l’héroic fantasy, on se retrouve ici avec un récit beaucoup plus classique de ce genre littéraire.
Malheureusement, on aurait envie d’employer également le qualificatif de médiocre. Bon, cela serait objectivement sévère, car la lecture de Les Lames du Roi, tome 2 : le Seigneur des Terres de Feu reste agréable et distrayante. Cependant, on ne peut qu’admettre qu’on a lu mille fois mieux, même si on a aussi lu bien pire. Un roman au milieu du gué donc, dont l’originalité ne peut plus masquer totalement les limites de son auteur, dont l’écriture manque parfois de fluidité et de clarté. Bref, si, comme moi, vous le trouvez sur un trottoir, vous pourrez lire ce roman sans trop regret. Si vous sortez quelques euros de votre bourse, la déception peut être alors au rendez-vous.
Il n’y a pas que l’Amour (avec un grand A) dans la vie. Il y a des relations tout aussi profondes, tout aussi fortes, vecteurs d’autant d’émotions, mais dont on ne tire pas très souvent de films. Donc, si vous voulez voir autre chose qu’une énième comédie romantique, allez voir Une Vie Simple, un film venu de Hong-Kong qui nous relate les dernières années de la vie d’une domestique et sa relation avec un homme qu’elle a vu naître et dont elle s’est occupé depuis sa naissance.
Une Vie Simple nous démontre la pauvreté de notre vocabulaire quant il s’agit de parler des sentiments. Ce film nous parle d’amour, d’un amour infini et puissant. Pourtant, ce terme est porteur de tout un tas de choses qui n’ont pas du tout leur place ici. Il n’y pas d’ambiguïté dans les rapports entre les deux personnages, seulement une affection et un respect sans borne, malgré la distance que crée le statut employeur-employé, qui perdure même à la retraite.
Une Vie Simple manque un peu d’attaques de diligence comme on dit dans la famille. Pourtant, on ne s’ennuie jamais, touché par cette belle histoire dont la simplicité est peut-être une caractéristique, mais qui n’enlève rien à sa richesse et à l’émotion qu’elle véhicule. Il s’agit d’une histoire sans but, sans réel message, mais qui se contente d’être belle et émouvante. C’est parfois largement suffisant pour en faire un beau film, surtout quand il est porté par une si remarquable interpréstation.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique :
Production : Bona International Film Group, Focus Films, Sil-Metropole organisation
Le foot est beau même quand il est cruel. On aurait même envie de dire qu’il est encore plus beau quand il est cruel. Les filles de l’Olympique Lyonnais ont pu en faire la douloureuse expérience hier soir. C’est dans la défaite que cette équipe, qui semblait tellement écraser la concurrence qu’elle privait les compétitions de tout intérêt, a trouvé un supplément d’humanité permettant de passer l’admiration à l’affection. Surtout que cette défaite est marquée par le sceau de l’injustice. Lyon n’a pas su marquer certes, mais la vainqueur aura été choisie par l’arbitre roumaine, sifflant pour les Allemandes le pénalty qu’elle avait refusé aux Françaises moins d’un quart d’heure plus tôt.
Les mémoires retiendront sûrement plus profondément ce match que les deux finales victorieuses. Mais cela ne doit pas nous faire oublier que cette équipe aura sans doute été la plus dominatrice au niveau européen de l’histoire pour un club français de sport collectif. Encore plus que le Bourges de la fin des années 90 en basket ou Cannes en volley-ball il y a une petite dizaine d’années. Et ce n’est peut-être pas fini car cette défaite s’apparente plus à un aléa du destin qu’à un signe de déclin. Certes, on peut s’interroger sur le niveau général du football féminin, mais ce qu’a accompli l’Olympique Lyonnais n’en demeure pas moins remarquable et surtout exceptionnel pour un club tricolore. Bien trop exceptionnel malheureusement !
La chance de l’Olympique Lyonnais s’appelle peut-être paradoxalement le Paris-Saint-Germain. La montée en puissance du club parisien version féminine va lui offrir un rival à sa hauteur dans le championnat de France. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. En donnant enfin un peu d’intérêt au championnat de France et en donnant naissance à un nouveau prétendant au sacre européen, cette rivalité annoncée va permettre de mettre mieux en valeur le football féminin. Et surtout de donner le relief qu’il mérite aux triomphes et aux exploits de ces deux équipes.
Bravo mesdames pour tout ce que vous avez accompli. Et à très vite pour de nouvelles aventures !
Quand le réalisateur d’un de mes trois films préférés revient sur les écrans, j’ai évidemment particulièrement hâte de le retrouver. Quand en plus, il s’agit du remake d’un de plus grands classiques hollywoodiens (que je n’ai pas vu, j’avoue…) et qu’il propose Leonardo Di Caprio comme vedette principale, la hâte se transforme vite en impatience. C’est donc le cœur fébrile que je me suis rendu voir Gatsby le Magnifique de Baz Luhrman.
Gatsby le Magnifique commence un peu comme Moulin Rouge. Les premières minutes sont frénétiques, portées par une voix-off qui permet d’avancer rapidement dans la description du point de départ. C’est bruyant, agressif, un rien confus. Et puis, la grâce descend sur le film d’un seul coup. Cette fois-ci non pas par l’intermédiaire des jambes de Nicole Kidman, mais par celui du sourire de Leonardo Di Caprio. Le film prend alors une autre dimension, l’histoire prenant un rythme qui nous permet enfin d’y rentrer et de porter un regard posé sur les personnages.
Baz Luhrman est un cinéaste de grand talent, mais les similitudes extrêmement nombreuses dans la réalisation avec Moulin Rouge révèlent plus des tics qu’une maîtrise totale de son sujet. On a un peu l’impression que quelque soit son sujet, il le traitera de la même façon. Insérer une musique extrêmement moderne dans un contexte historique était certes une idée de génie dans le contexte de Moulin Rouge. Ici, elle nous fait simplement dire « tiens, c’est comme dans Moulin Rouge… »
Gatsby le Magnifique est donc un film doté d’une réelle personnalité, celle de son réalisateur. Mais pas vraiment d’une personnalité propre. Du coup, on assiste à un spectacle agréable et plaisant, mais pas à un grand moment de cinéma. Le scénario mélange histoire d’amour et réflexion sur une époque où l’argent semblait pouvoir couler à flot sans jamais s’arrêter. Mais l’une et l’autre ne possèdent pas la profondeur, le petit supplément d’émotion pour nous captiver définitivement, nous emporter totalement. Il n’y a finalement pas cette synergie totale entre l’intrigue et sa mise en image comme pour Moulin Rouge.
Allez, sur un point, Gatsby le Magnifique l’emporte sur Moulin Rouge. Leonardo Di Caprio, c’est quand même autre chose que Ewan McGregor. Mais j’en ai assez de devoir trouver encore et toujours de nouveaux superlatifs pour décrire son talent. C’est un grand, un très grand, tout à fait digne de Robert Redford auquel il succède dans ce rôle. Et ça, c’est un des plus beaux compliments que je lui ai fait !
LA NOTE : 13/20
Fiche technique :
Production : Bazmark Films, Village Roadshow Pictures
Réalisation : Baz Luhrmann
Scénario : Baz Luhrmann, Craig Pearce , d’après le roman de F. Scott Fitzgerald
Montage : Jason Ballantine, Jonathan Redmond, Matt Villa
Trois films, trois scénarios imparfaits. Certes, la perfection n’est de toute façon pas de ce monde et on peut pardonner les invraisemblances du moment qu’elles sont au service de l’histoire. Mais pour le coup, elles auront à chaque fois desservi ces films dans leur globalité. Commençons par l’Hypnotiseur, un film suédois adapté d’un roman à succès. Il y a évidemment une volonté de surfer sur la vague du polar nordique lancée par le succès mondial du Millenium de Stieg Larsson. Mais n’est pas Stieg Larsson qui veut justement.
L’Hypnotiseur est au final un polar solide, mais qui manque un peu trop d’imagination. L’intrigue est classique, les personnages sont classiques, les rebondissements sont classiques et le dénouement est classique. Si on ajoute à ça quelques faiblesses, notamment lors de la dernière scène, on obtient un film qui se laisse regarder mais qui ne marque pas vraiment. De plus, la réalisation tient plus du très bon téléfilm que du chef d’œuvre du 7ème art. On peut vraiment regretter que l’hypnose ne tienne au final qu’une place aussi mince, car elle aurait pu constituer le point d’originalité de cette histoire.
Sous Surveillance était quant à lui très attendu. En effet, le grand, que dis-je l’immense Robert Redford ne nous livre plus son talent qu’avec parcimonie. Le revoici derrière et devant la caméra avec un film assez politique, mettant en scène d’anciens activistes des années 70, accusés de meurtre, qui ont réussi à échapper au FBI pendant plusieurs décennies. Il fait donc écho à une époque où l’action violente chez les jeunes les plus radicaux était beaucoup plus fréquentes. Cela pose la question de la justification des moyens, même quand la fin est un combat aussi honorable que salutaire.
Le problème est que Sous Surveillance n’apporte pas vraiment de réponse. Robert Redford se contente de nous livrer un film de personnages. La réflexion reste à un stade très individuel et n’arrive pas à élargir le propos à toute la société. Le soucis est qu’à côté de ça, l’intrigue est ponctuée d’invraisemblances trop criantes pour ne pas tiquer. Qu’un petit journaliste de province se montre plus efficace en quelques jours que le FBI en quarante ans a du mal à passer. Le personnage incarné par Richard Jenkins manque lui aussi bien trop de crédibilité. On peut passer outre et apprécier la réalisation sobre mais élégante de Robert Redford, mais on a du mal à ne pas considérer qu’il est loin d’avoir exploité pleinement son sujet.
Enfin Trance est le nouveau film de Danny Boyle. Ce film ne constituera définitivement pas un des sommets de sa carrière, comme ont pu l’être Trainspotting ou Slumdog Millionaire. Là aussi le soucis vient du scénario. En effet, devant cette histoire d’amnésie et d’hypnose, le spectateur sait immédiatement qu’une large partie de ce qu’on lui raconte n’est qu’illusion et que les personnages ne sont certainement pas ce qu’ils semblent être. Certes, c’est là que réside tout l’intérêt du scénario me direz-vous, mais comme on sait qu’on commence par nous raconter des craques, on a bien du mal à se passionner d’emblée pour les évènements qui nous sont contés et surtout à se prendre d’affection pour des personnages qui nous cachent manifestement leur vrai visage. Et lorsque la vérité éclate, il est un peu tard pour raccrocher les wagons, on porte définitivement un regard trop extérieur à ce film pour être réellement entraîné par lui. Pourtant, le dénouement est particulièrement réussi et parvient à donner une grande bouffée finale d’intérêt à ce film.
Reste que Danny Boyle reste un des réalisateurs les plus talentueux de sa génération. Trance est une nouvelle fois parfaitement maîtrisé visuellement, avec une réelle originalité et une incontestable créativité. Mais son style ne surprend plus et on exige désormais plus que ça d’un artiste aussi accompli. C’est la rançon des succès passés !
LES NOTES : L’HYPNOTISEUR : 11/20 SOUS SURVEILLANCE : 12/20 TRANCE : 12,5/20
L’HYPNOTISEUR Fiche technique : Production : Sonet Film, Svensk Filmindustri, Filmpool Nord Distribution : UGC distribution Réalisation : Lasse Hallström Scénario : Paolo Vacirca, d’après le roman d’Alexander Ahndoril (Lars Kepler) Montage : Sebastian Amundsen, Thomas Täng Photo : Mattias Montero Décors : Petr Kunc Musique : Oscar Fogerlström Effets spéciaux : Panorama film & teatereffekter Directeur artistique : Lasse Westfelt Durée : 122 mn
Casting : Tobias Zilliacus : Joona Linna Mikael Persbrandt : Erik Maria Bark Lena Olin : Simone Bark Helena af Sandeberg : Daniella Oscar Pettersson : Benjamin Anna Azcarate : Lydia
SOUS-SURVEILLANCE : Fiche technique : Production : Voltage pictures, Wildwood enterprises, Brightlight pictures, Kingsgate Films, TCYK North Distribution : SND Réalisation : Robert Redford Scénario : Lem Dobbs, d’après le livre de Neil Gordon Montage : Mark Day Photo : Adriano Goldman Décors : Laurence Bennett Musique : Cliff Martinez Effets spéciaux : Artifex Studios Directeur artistique : Jeremy Stanbridge Durée : 212 mn
Casting : Robert Redford : Jim Grant, Nick Sloan Shia LaBeouf : Ben hepard Julie Christie : Mimi Lurie Susan Sarandon : Sharon Solarz Nick Nolte : Donal Fitzgerald Chris Cooper : Daniel Sloan Terrence Howard : Agent Cornelius Stanley Tucci : Ray Fuller Richard Jenkins : Jed Lewis Brendran Gleeson : Henry Osborne
TRANCE : Fiche technique : Production : Cloud Eight Films, Film4 Distribution : Pathé Distribution Réalisation : Danny Boyle Scénario : Joe Ahearne, John Hodge Montage : Jon Harris Photo : Anthony Dod Mantle Décors : Mark Tildesley Musique : Rick Smith Directeur artistique : Katrina Dunn, Denis Schnegg, Su Whitaker Durée : 95 mn
Casting : Rosario Dawson : Elisabeth Vincent Cassel : Franck James McAvoy : Simon Danny Saprani : Nate Matt Cross : Dominic Wahab Sheikh : Riz Mark Poltimore : Francis Lemaître
Jeff Nichols avait signé avec Take Shelter un film qui dévoilait un immense talent particulièrement prometteur. Le revoici avec Mud, qui confirme tout le bien que l’on pensait de lui. Une œuvre qui nous plonge au cœur de l’Amérique profonde, qui tient à la fois du roman d’apprentissage, du polar, de l’histoire d’amour, du film de gangsters… Bref une grande richesse mise en image par une caméra d’une finesse étonnante.
Jeff Nichols, c’est un peu Terence Malick qui aurait appris à écrire des scénarios structurés. Les images sont belles, mais les qualités de Mud ne s’arrêtent pas là. L’intrigue est solide, enrichie par moult détails qui créent une ambiance de film noir et poisseux. L’Amérique qu’il décrit fascine autant qu’elle fait peur. Le film n’essaye pas nous la décrire ni comme quelque chose d’uniquement effrayant, ni comme au contraire le lieu d’une authenticité salvatrice. Il nous la montre telle qu’elle est avec ses faces sombre et lumineuse.
Mud est enfin la confirmation que Matthew McConaughey fait partie de ses acteurs qui sont soudainement touchés par la grâce à un moment donné, parfois tardif, de leur carrière. Il éclabousse littéralement le film de sa classe. Mais c’est tout le casting qui est au diapason, avec notamment une Reese Whiterspoon qui semble être passée au stade adulte.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique :
Production : Brace cove productions, Filmnation entertainment, everest entertainment
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