A la base, je n’aurais du vous parler ici que de Grinderman 2, deuxième album du groupe Grinderman. Mais un petit malin a caché un autre album dans un fichier portant ce nom. Je vais donc commencer par vous parler de Sea of Cowards, du groupe The Dead Weather. J’avoue que cela m’avait complètement échappé mais ce dernier est la troisième formation de Jack White, après The White Stripes et The Raconteurs. Mais quels que soit ceux qui l’accompagne, le talent reste intact.
On reconnaît évidemment la voix de Jack White entre mille. Sea of the Cowards n’échappe pas à la règle et tient là toute sa personnalité. A côté de ça, les instrumentations sont assez originales, on peut même très créatives, mélangeant allégrement rock et électro. Cependant, le résultat est parfois un rien contemplatif, manquant parfois d’énergie et d’impact. Si ce troisième groupe a moins marqué que les deux précédents, il y a sans doute une raison et je crois bien qu’elle est là.
Bon revenons à ce que je devais écouter à la base, c’est à dire Grinderman 2. Il s’agit là aussi d’un groupe formé par un grand du rock, à savoir Nick Cave. Il nous propose un rock plutôt sombre et puissant, ce qui n’est pas surprenant quand on sait ce qu’il fait par ailleurs. Il y a une vraie conviction dans les interprétations et là encore la voix donne une vraie personnalité à la musique. Cependant, contrairement à The Dead Weather, Grinderman propose un rock finalement assez peu original, même si parfaitement maîtrisé.
Bref deux albums qui ne seront pas les plus marquants de l’immense carrière de Jack White et Nick Cave. Mais même quand ils nous proposent des œuvres plus « routinières », ils arrivent quand même à être largement au-dessus du lot du commun des mortels.
On dit souvent que l’imitation est la plus haute forme d’admiration. On peut donc imaginer que Park Chan-wook est un grand admirateur d’Alfred Hitchcock. En effet, Stoker est un hommage évident au maître du suspense. Mais la grande force de ce film est d’avoir su moderniser sans jamais trahir l’esprit original. Bref un film que n’aurait pas pu réaliser l’auteur de Psychose à son époque, mais qu’il aurait pu tout à fait réaliser aujourd’hui.
Stoker est donc un mélange de vrai suspense et une plongée dans les aspects les plus malsains des pulsions humaines. On est traversé par un certain malaise pendant tout le film, sentant dès les premières secondes que de terribles choses se cachent sous le vernis de cette famille à première vue bien policée. Le scénario a le mérite de ne pas entretenir un faux suspense de ce point de vue là. Par contre, on ne devinera pas facilement où tout cela va nous mener, même si certains rebondissements en chemin sont un peu plus prévisibles.
Park Chan-wook apporte une élégance visuelle tout asiatique, tout en conservant une sobriété que n’aurait pas renier Alfred Hitchcock. Comme lui, il arrive à transformer les lieux, les objets, des gestes a priori anodins en vecteur d’une vraie inquiétude, voire une véritable menace. Bref, un suspense subtil et parfois dérangeant, qui nous change des grosses ficelles habituelles du genre. Ceci est parfaitement incarné dans le jeu de Matthew Goode, aussi séducteur qu’inquiétant. Par contre, Nicole Kidman devrait penser à arrêter de maigrir parce que là pour le coup, ça devient également mais involontairement inquiétant.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique :
Production : Fox Searchlight Pictures, Scott Free Productions, Indian Paintbrush
J’ai une relation un peu particulière avec L’Ecume des Jours dans sa version littéraire. En effet, c’est bien le seul roman que je n’ai jamais lu, mais que j’ai l’impression de bien connaître et d’aimer. Ceci grâce à un certain Nuno qui avait fait un exposé à son sujet en 4ème et nous avait parfaitement transmis sa passion pour cette œuvre si atypique. Je ne sais pas pourquoi, je n’ai du coup jamais osé le lire alors qu’il figurait dans la bibliothèque chez moi. Cependant, je n’ai pas raté son adaptation par Michel Gondry sur grand écran.
Il serait sans doute présomptueux de ma part d’affirmer que le film est fidèle au roman. Pourtant, j’ai vraiment eu la sensation d’y retrouver tous les éléments qui m’avaient marqué lors du fameux exposé. Mais c’est peut-être là la grande limite de l’Ecume des Jours. L’écriture de Boris Vian fait appel à l’imagination du lecteur. Au cinéma, c’est évidemment beaucoup plus difficile puisqu’il faut traduire visuellement les éléments mystérieux qui peuplent le roman. Cela perd forcément un peu de son charme et de sa poésie.
L’Ecume des Jours est un film agréable et plaisant. Mais il est parfois un peu chargé, tourne un peu à l’exercice de style. La rêverie vagabonde au fil des pages laisse place à une invention à l’écran toutes les cinq secondes, jusqu’à l’ivresse. On peut dire que c’est enivrant, mais le mot saoulant n’est pas loin non plus. Heureusement, le talent de Michel Gondry est assez manifeste pour nous éviter l’écœurement. On arrive donc tout de même à apprécier cette belle histoire romantique et émouvante.
L’Ecume des Jours fait partie des œuvres à traiter avec un infini respect. Mais adapter n’est pas toujours respecter à la lettre. Le film de Michel Gondry est une nouvelle preuve de la difficulté de l’exercice. Mais on peut cependant penser que peu de réalisateur aurait pu faire mieux que lui.
LA NOTE : 12/20
Fiche technique : Production : Brio Films, StudioCanal, France 2 Cinéma, Herodiade, Scope
Distribution : StudioCanal
Réalisation : Michel Gondry
Scénario : Michel Gondry, Luc Bossi, d’après le roman de Boris Vian
Deux époques pour deux polars un poil décevants. Le premier, Enquête Dans le Brouillard de Elizabeth George, publié en 1988, est typique de ces premiers tomes d’une série qui se concentre avant tout à nous présenter les personnages que l’on suivra tout au long des épisodes suivants. Du coup, l’enquête de fond apparaît plus comme un décor et n’arrive pas vraiment à passionner. Surtout que cette dernière met en scène beaucoup de protagonistes. Cela fait beaucoup d’informations à assimiler d’un coup et on s’y perd parfois un peu. Cependant, je laisserai une seconde chance à cette série dont les « héros » présentent déjà une certaine épaisseur que l’on a envie de voir développée.
Le second nous ramène en 1953, avec Maigret Se Trompe de George Simenon. On retrouve bien les qualités immuables de cette série, à savoir une qualité d’écriture hors du commun et un portrait sous-jacent de la société toujours passionnant. D’ailleurs, on reste assez captivé tout du long, se demandant avec impatience quel peut être la clé du mystère. Malheureusement, le dénouement survient en deux lignes et laisse perplexe. Une déception assez brutale et rédhibitoire pour réellement apprécier cette œuvre mineure du célèbre romancier belge.
Faire un film centré sur l’Holocauste n’est jamais facile. Alors faire un film centré sur une polémique autour de l’Holocauste semble encore plus compliqué. C’est pourtant le pari réussi de Hannah Arendt, qui nous plonge au cœur de la controverse violente provoquée par les articles écrits par la philosophe à propos du procès d’Adolf Eichman en 1961 et sa théorie sur « la Banalité du Mal ».
Il est conseillé de se renseigner un minimum sur les éléments historiques qui sous-tendent ce film avant d’aller le voir. Personnellement, si je ne connaissais Hannah Arendt que de nom, je connaissais bien les circonstances du procès d’Adolf Eichman pour avoir vu deux documentaires à ce propos (où on avait du parler de la controverse en question, mais cela ne m’avait pas plus marqué que ça). Le propos reste clair, mais il porte tout de même sur un point très précis, il est donc bon d’en savoir un peu plus sur le contexte général.
Hannah Arendt n’est donc pas un biopic, mais un moment bien précis de la vie de la philosophe. Le scénario a donc un début et une fin et arrive à créer une certaine tension narrative. Il ne s’agit pas d’un documentaire, mais d’un récit qui dresse le portrait d’un personnage historique mais à travers ses actions, non de manière purement descriptive. Tous ceux qui s’intéressent aux débats d’idée quels qu’ils soient seront passionnés par ce film qui nous en apprend beaucoup, sans jamais nous ennuyer.
On soulignera la qualité de l’interprétation de Barbara Sukova qui incarne littéralement son personnage. On sait bien que les rôles de personnages célèbres donnent toujours lieu à un déluge de superlatifs (et souvent un Oscar), mais ne sachant pas bien à quoi ressemble l’Hannah Arendt historique, je me suis contenté d’admirer le travail de l’actrice.
La NOTE : 13/20
Fiche technique :
Production : Heimatfilm, Les productions de l’amour fou, MACT Productions, Sophie Dulac Productions, ARD
Je vais une nouvelle fois vous parler de films que je n’avais pas l’intention d’aller voir dans un premier temps avant de me faire influencer par les échos positifs. Et comme souvent, j’en sors plutôt satisfait d’être aussi faible. Tout d’abord, Les Gamins, comédie sympathique avec Max Boubil et Alain Chabat, qui traite de la crise de la cinquantaine quand on a cinquante ans et de la difficulté de s’engager quand on en a 25 de moins.
Le duo fonctionne plutôt bien, les acteurs s’éclatent et ça se voit. Les Gamins provoque à de nombreuses reprises de vrais éclats de rire francs et massifs. Bon, le soucis est qu’entre deux, le film souffre parfois de longs moments de faiblesses. Le propos n’est pas non plus hyper novateur, ni vraiment surprenant, il sert juste de prétexte à de multiples situations plus ou moins attendues. On passe tout de même un bon moment, les zygomatiques détendus, mais le film fera le même effet lors d’un passage à la télévision, un soir de pluie.
Par contre, j’aurais été très malheureux d’avoir raté La Cage Dorée. Certes, si je n’avais pas été le voir, je ne saurais pas ce que j’aurais raté, donc je ne serais pas si malheureux que ça, mais ceci est un autre problème. J’avais plus qu’adoré les Femmes du Sixième Etage, le précédent film de Philippe Le Guay et la bande-annonce m’avait vraiment donné l’impression d’une sorte de remake, histoire de surfer sur son succès précédent. Il n’en est rien, les deux films sont assez différents, tout en partageant bien des qualités.
Bien sûr, la Cage Doré nous parle encore de la manière dont sont traités les employés issus de l’immigration du sud de l’Europe, ici les concierges et maçons portugais. Une nouvelle comédie sociale et humaniste, mais qui fonctionne une nouvelle fois à merveille. Il y a quelque chose d’incroyablement enthousiasmant et euphorisant dans le cinéma de Philippe le Guay. Le film s’est conclu sous les applaudissements de la salle et beaucoup sont restés pour suivre le générique, qui ne propose pourtant que quelques images des personnages, jusqu’au bout. On sort de ce film le cœur léger et plein d’optimisme.
La grande différence avec Les Femmes Sixième Etage repose peut-être sur l’absence d’un Fabrice Lucchini. Il lui manque du coup peut-être la présence d’un pur génie à l’écran. Mais d’un autre côté, l’attention ne se focalise plus autour d’un seul acteur emblématique et nous permet d’apprécier pleinement l’ensemble du casting et cette galerie de personnages remarquable. Cela constitue incontestablement la grande force de la Cage Dorée.
Avec la Cage Dorée, Philippe le Guay arrive une nouvelle fois à nous divertir et même rire aux éclats parfois, tout en nous livrant un message humaniste dont la profondeur n’a rien à envier avec celle d’œuvres se prenant bien plus au sérieux.
LES NOTES
Les Gamins : 11,5/20
La Cage Dorée : 15/20
LES GAMINS
Fiche technique :
Réalisation : Anthony Marciano
Scénario : Max Boublil et Anthony Marciano
Décors : Marie Cheminal
Photographie : Jean-Paul Agostini
Son : Frédéric De Ravignan, Stéphane Brunclair, Cyril Holtz
Production : Simon Istolainen et Alain Goldman
Directeur de production : Nicolas Royer
Casting :
Alain Chabat : Gilbert
Max Boublil : Thomas
Sandrine Kiberlain : Suzanne
Mélanie Bernier : Lola
Alban Lenoir : Romain
Elisa Sednaoui : Irène
Arié Elmaleh : Carl
François Dunoyer : Claude
Nicolas Briançon : Bruno
Kheiron : Reza Sadeki
Mélusine Mayance : Mimi Zozo
LA CAGE DOREE
Fiche technique :
Réalisation : Ruben Alves
Scénario : Ruben Alves, Jean-André Yerles et Hugo Gélin
Producteur : Laetitia Galitzine et Hugo Gélin
Musique : Rémi Barbot, Raphael Hamburger, Rodrigo Leão
Directeur de la photographie : André Szankowski
Montage : Nassim Gordji Tehrani
Distribution : Pathé
Décors : Jimena Esteve
Création des costumes :
Format : Couleur 35mm
Pays : France et Portugal
Durée : 90 minutes
Casting :
Rita Blanco : Maria Ribeiro, concierge
Joaquim de Almeida : José Ribeiro, le mari de Maria, chef de chantier
Roland Giraud : Francis Caillaux, le patron de José
Chantal Lauby : Solange Caillaux, la femme de Francis
Barbara Cabrita : Paula Ribeiro, la fille de Maria et de José
Lannick Gautry : Charles Caillaux, le fils de Francis et de Solange
Nicole Croisille : Mme Reichert
Maria Vieira : Rosa, la domestique des Caillaux et amie de Maria
Jacqueline Corado : Lourdes, la sœur de Maria
Jean-Pierre Martins : Carlos, le mari de Lourdes
Alex Alves Pereira : Pedro Ribeiro, le fils de Maria et de José
Alice Isaaz : Cassiopée, l’ado dont Pedro est amoureux
Je dois bien avouer que je ne suis pas vraiment fan de la franchise Iron Man. J’avais trouvé le premier relativement moyen et le second franchement décevant. Ce n’est donc sans attente particulière que je suis allé voir le troisième volet, aux critiques plutôt élogieuses pour un film de super-héros. Je n’en suis pas ressorti débordant d’enthousiasme, mais au moins je ne peux qu’admettre que j’ai passé un assez bon moment.
Si Iron Man 3 m’a nettement plus séduit que les deux précédents, c’est qu’il laisse une plus grande place au personnage principal par rapport aux scènes d’action. Ces dernières sont d’ailleurs assez moyennes et manquent franchement d’imagination. Heureusement, on peut apprécier à loisir le charme dévastateur de Robert Downey Jr. Il est sans doute moins cabotin que dans les épisodes précédents et arrive à donner un tout petit peu d’épaisseur à son personnage. Du coup, on s’y attache beaucoup plus, quand il avait tendance précédemment à être plutôt horripilant.
Par contre, Iron Man 3 souffre comme les deux précédents de l’absence d’un méchant d’envergure. Du coup, le scénario n’est pas aussi épique qu’il aurait pu l’être. Heureusement, tout cela ne se prend pas trop au sérieux et le second degré fait passer ces quelques faiblesses (contrairement à un Thor par exemple). Mais on reste très loin de la qualité d’un Captain America, sans même parler des Spider-man de Sam Raimi.
LA NOTE : 11,5/20
Fiche technique :
Production : Marvel Films, DMG Entertainment, Noble Media
Distribution : The Walt Disney Compagny France
Réalisation : Shane Black
Scénario : Hane Black, Drew Pearce
Montage : Peter S. Elliot
Photo : John Toll
Format : 35mm
Décors : Bill Brzeski
Musique : Brian Tyler
Effets spéciaux : Alec Muradian
Costumes : Louise Frogley
Maquillage : Allan A. Apone
Directeur artistique : Desma Murphy, Jay Pelissier
Le fléau du hooliganisme s’est douloureusement rappelé au bon souvenir du Paris Saint-Germain hier soir, apportant une nouvelle preuve que ne plus voir un problème ne signifie pas forcément qu’il ait disparu. Le spectacle des incidents d’hier soir avait quelque chose de surréaliste, mais apparaît presque inévitable avec le recul.
Comment avait-on pu imaginer une seule seconde que les anciens ultras les plus violents ne seraient pas là pour en découdre avec une autorité qui les persécute d’après leurs délires ? Il suffit de voir combien d’autocollants ou d’affiches signés par eux continuent d’être apposés régulièrement partout en Ile de France pour voir qu’ils sont encore très organisés. Et comment pouvait-on ne pas se douter que viendraient se joindre à eux un nombre important de fouteurs de merde professionnels ? Les organisateurs et la préfecture ont fait preuve d’une légèreté coupable. Malheureusement, ce n’est pas la première fois qu’une telle attitude est à déplorer dans ce dossier et ce depuis trente ans.
Pendant un peu plus de vingt ans, on a laissé certaines tribunes du Parc des Princes être contrôlées par des groupes violents et souvent néonazis. Malheureusement, les groupes rivaux, même antiracistes, ont souvent largement contribué à l’affrontement et l’escalade dans la violence. Comment a-t-on pu accepter cela ? Qui n’a pas su prendre ses responsabilités le moment venu ?
On peut déjà accuser le club. Si Francis Borelli et Michel Denisot ont réussi à juguler la violence, c’est parce qu’ils avaient acheté une forme de paix sociale, mais n’ont jamais vraiment cherché à chasser les indésirables du Parc des Princes. Du moment qu’ils restaient un minimum discrets, ils étaient tolérés. Cela a duré près de 15 ans et a créé dans l’esprit des plus radicaux un sentiment d’impunité. Tout s’est dégradé ensuite, sous la Présidence de Laurent Perpère notamment, jusqu’à la mort tragique d’un supporter qui a amené Robin Leproux à prendre les mesures radicales qui ont chassé les ultras du Parc des Princes. Une punition collective, alors que les indésirables ne formaient qu’une minorité particulièrement visible et active, mais qui s’est révélée particulièrement efficace. Le prix fut lourd à payer pour le club, avec une affluence qui a brutalement chuté, avant que l’arrivée des Qatari et les résultats qui ont suivi remplissent à nouveau le Parc.
Le club peut donc être considéré comme coupable et victime. Jusqu’à preuve du contraire, c’est lui seul qui a fait le nécessaire pour pacifier son stade. Le législateur aura mis des décennies à créer les outils juridiques (interdiction de stade) adéquates pour l’y aider, alors que l’exemple anglais permettait de savoir facilement ce qui se révélait efficace. La puissance publique a donc elle aussi largement failli et n’aurait jamais dû accepter de voir pendant de si longues années des symboles nazis dans les tribunes du Parc.
Il faudra plusieurs années, voire des décennies pour que le PSG ne traîne plus derrière lui ce boulet qui peut lui revenir dans la figure à tout moment. La violence, la haine et la bêtise trouvent toujours des moyens de s’exprimer. Pendant près de 20 ans, certains ont pu s’y adonner à travers le club. Aujourd’hui, privés de cette possibilité, ils accumulent une frustration qui a éclaté au grand jour de manière dramatique hier soir, relayée il est vrai par d’autres qui trouveront toujours une bonne excuse pour faire dégénérer ce genre de rassemblement.
Le PSG a toujours souffert d’un problème d’image. On sait qu’il ne pourra l’améliorer que par des résultats. Mais à Paris, rien n’est jamais simple et on a eu la preuve hier soir que cela ne sera même pas suffisant.
Putain 19 ans… C’est avec une immense joie que j’écris pour la dernière fois cette maxime que j’ai déjà employée à de nombreuses reprises dans différents billets consacrés au PSG. L’attente fut longue, mais elle se voit enfin récompensée par un titre de champion certes promis, mais qui vient après tant de frustrations que l’émotion est réelle. Comment le club parisien a-t-il pu attendre aussi longtemps avant d’être à nouveau récompensé ? Cela paraît incroyable, même si on sait que ce club pas comme les autres, qu’une large partie du pays aime tant détester, devra toujours en faire un peu plus que les autres pour triompher.
Au cours des années et souvent cette saison, le club et les joueurs auront semblé faire exprès de donner le bâton pour se faire battre. Mais que n’a-t-on pas entendu sur cette équipe soit disant décevante et sans fond de jeu. Elle choisit ses matchs paraît-il, elle n’est brillante que par intermittence. Pourtant, elle peut encore être sacrée avec le deuxième meilleur total de points depuis l’instauration de la victoire à trois points (1994). On n’a jamais dit ça de Lyon dont on vantait à l’infini l’écrasante domination alors qu’elle faisait moins bien que l’équipe parisienne cette saison… ou même la saison dernière, où elle a été un dauphin aux statistiques de champion dominateur.
Il faudra encore parcourir bien du chemin avant de retrouver un respect que le club parisien avait su gagner au cours des années 90. L’avenir reste donc à écrire. Et cet avenir passera par l’Europe. Le PSG devra confirmer son excellent parcours en Ligue des Champions de cette année. Un nouveau titre de champion de France ne sera plus vécu que comme une normalité et il restera toujours des jaloux et des aigris pour faire la fine bouche. Par contre, les victoires à l’échelon supérieure font taire toutes les critiques. Elles permettront surtout d’attirer plus facilement de grands noms qui traînent des pieds pour évoluer dans un championnat et un club encore largement sous-côtés à l’échelle du continent.
L’heure est à la fête et aux réjouissances pour le club et ses supporters. Mais le football est à l’image de son ballon, toujours en train de rouler. De grosses incertitudes planent sur l’effectif parisien de l’année prochaine et surtout sur le nom de l’entraîneur. Ces questions vont vite faire la une de l’actualité, reléguant le titre de champion au rang de souvenir. Mais il restera longtemps dans le cœur des supporters comme un des plus beaux qui soit.
Il y a des scénarios qui commencent très mal. Quand un film de science-fiction s’ouvre sur une longue explication en voix-off, on se dit déjà que le spectacle ne s’annonce pas très subtil, mais on se dit que cela va nous permettre d’aller directement au but. Malheureusement, quand ce monologue du personnage principal s’achève par un « on a du nous effacer la mémoire avant le début de la mission par mesure de sécurité », on est définitivement persuadé que les scénaristes, au nombre de trois, ce qui est quand même assez sidérant, ont vraiment décidé de ne pas se fouler de trop et de se faciliter grandement la tâche. Bref Oblivion, au bout de cinq minutes, sent le film raté.
La suite nous donne raison. Si on est magnanime, on dira qu’Oblivion constitue quand même un spectacle divertissant, qui réserve même quelques rebondissements et surprises, pas tous cousus de fil blanc (mais certains quand même un peu beaucoup…). Mais force est d’admettre que rien ne vient vraiment contrebalancer cette entame catastrophique. Dès le début, on sait que les personnages sont manipulés et il ne faut pas être devin pour avoir largement compris le pourquoi du comment alors que l’intrigue n’en est même pas à sa moitié.
La déception est d’autant plus grande que la bande-annonce faisait plutôt envie et laisser croire à un scénario plutôt complexe. Elle restera au final la meilleure partie d’Oblivion qui traîne sa pauvreté scénaristique jusqu’à un dénouement convenu et d’une platitude désolante.
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