
Les employés d’une grande entreprise de Wall Street voit débarquer dans leurs locaux une équipe chargée de faire le sale boulot, à savoir annoncer à plus de la moitié du personnel qu’il est licencié. Parmi les perdants, le responsable de la gestion des risques qu’ils interrompent en plein travail. Mais avant de partir, il demande à un de ses subordonnées, qui ne fait pas partie de la charrette, de poursuivre ce sur quoi il se penchait. Car cela s’annonce explosif pour la société, voire même pour l’économie entière.
La chose la plus remarquable dans Margin Call reste son scénario qui arrive à transformer le trading en support pour un vrai polar. Il rend concret cette activité si mystérieuse et abstraite et nous révèle comment ces apprentis-sorciers manipulent des outils dont ils ne maîtrisent guère les répercussions possibles. Le tout de manière très claire, pas besoin d’avoir un bac+5 en finance pour comprendre (même si avoir lu quelques journaux et savoir vaguement ce que sont les subprimes peut aider). C’est tout simplement passionnant autant par la mécanique de l’intrigue que par l’univers dont il nous révèle le fonctionnement.
Aller plus loin dans l’analyse du scénario pourrait conduire à gâcher les multiples surprises qu’il réserve. Non qu’il soit plein de rebondissements et de fausses pistes, comme c’est devenu l’habitude. Non, il y a un vrai suspense, mais il est bien plus subtil que cela. C’est surtout la richesse du propos qui fascine. La dimension humaine est centrale puisque beaucoup de choses reposent sur la manière dont les différents personnages vont gérer les dilemmes auxquels ils font face. Margin Call n’est pas un film contemplatif ou même réellement introspectif. Mais il en dit beaucoup sur l’âme humaine.
Le tout est réalisé avec un immense talent par J.C. Chandor qui signe là un premier film de haut niveau. Un sens de l’image, un sens de la narration, un sens du rythme, rien ne manque ! Un sujet qui aurait pu être plombant, technique ou au contraire tourner au ridicule irréaliste. C’est à la fois fascinant et convaincant, ce qui n’était vraiment pas gagné au départ. La tension monte progressivement avec une maîtrise vraiment impressionnante pour un petit bleu. Bref, Margin Call pourrait bien signer le début d’une très prometteuse carrière.

Margin Call est au final un des meilleurs films de cette première moitié de 2012. Un des plus surprenants en tout cas ! Il lui manque peut-être l’élégance formelle absolue de la Taupe, mais nous sommes là à nouveau devant un grand film qui nous prouve que tension et suspense peuvent venir de bien d’autres choses que l’action ou la violence.
Fiche technique :
Production : Benaroya Pictures, Before The Door Pictures, Washington Square Films
Distribution : ARP Selection
Réalisation : J.C. Chandor
Scénario : J.C. Chandor
Montage : Pete Beaudreau
Photo : Frank G. DeMarco
Décors : John Paino
Musique : Nathan Larson
Durée : 107 mn
Casting :
Kevin Spacey : Sam Rogers
Paul Bettany : Will Emerson
Jeremy Irons : John Tuld
Zachary Quinto : Peter Sullivan
Simon Baker : Jared Cohen
Penn Badgley : Seth Bregman
Mary McDonnell : Mary Rogers
Demi Moore : Sarah Robertson
Stanley Tucci : Eric Dale


Si Tim Burton a fait preuve de paresse dans Dark Shadows, il n’est pas le seul. Johnny Depp est lui aussi dans un registre très connu et guère surprenant. Il y a très certainement un lien de cause à effet, car on connaît la relation symbiotique entre les deux. A tel point qu’on peut se demander si la relation entre les deux n’était pas arrivé à son terme. Mais on peut faire confiance à ces deux purs génies pour savoir se renouveler très prochainement. La vraie star de ce film reste Michele Pfeiffer qui nous rappelle que même si on la voit moins et si l’âge fait son œuvre, elle reste toujours aussi charismatique et pour tout dire sublime. Enfin Chloe Moretz confirme encore et toujours tout le bien que je pense d’elle. Pour moi, une future géante !



Le casting est largement dominé par Robert Downey Jr. Son charme, son humour est un de pilier sur lequel repose Avengers. Ses coéquipiers sont nettement moins expressifs. Même Scarlett Johansson, Samuel L. Jackson et Mark Ruffalo au pedigree plutôt prestigieux se contentent d’une performance avant tout professionnelle. Par contre, du côté du méchant, Tom Hiddelson confirme le talent entrevu dans Thor.


La musique est particulièrement omniprésente dans Phantom of the Paradise. Il ne s’agit pas d’une comédie musicale à proprement parler, mais un film sur la musique. Quand les protagonistes ni ne chantent, ni ne composent, la musique de fond continue de jouer un rôle primordial. Elle est caractéristique du début des années 70 où le rock explorait un multitude de voies, du psychédélique à ce qui allait devenir le metal. On retrouve toute cette diversité dans ce film qui ne pourra qu’enchanter les mélomanes.
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