MARGIN CALL : Tout simplement passionnant !

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margincallafficheLe monde de la finance a été au cœur de l’actualité depuis bientôt 4 ans avec la crise financière qui n’en finit plus de terminer de s’achever. Il était logique que le cinéma s’en empare. On a eu droit à quelques documentaires excellents, Inside Job en tête. Mais les fictions n’étaient pour l’instant pas vraiment à la hauteur (Wall Street 2, Ma Part du Gâteau). Heureusement, Margin Call est arrivé. Un film remarquable à tout point de vue !

Les employés d’une grande entreprise de Wall Street voit débarquer dans leurs locaux une équipe chargée de faire le sale boulot, à savoir annoncer à plus de la moitié du personnel qu’il est licencié. Parmi les perdants, le responsable de la gestion des risques qu’ils interrompent en plein travail. Mais avant de partir, il demande à un de ses subordonnées, qui ne fait pas partie de la charrette, de poursuivre ce sur quoi il se penchait. Car cela s’annonce explosif pour la société, voire même pour l’économie entière.

La chose la plus remarquable dans Margin Call reste son scénario qui arrive à transformer le trading en support pour un vrai polar. Il rend concret cette activité si mystérieuse et abstraite et nous révèle comment ces apprentis-sorciers manipulent des outils dont ils ne maîtrisent guère les répercussions possibles. Le tout de manière très claire, pas besoin d’avoir un bac+5 en finance pour comprendre (même si avoir lu quelques journaux et savoir vaguement ce que sont les subprimes peut aider). C’est tout simplement passionnant autant par la mécanique de l’intrigue que par l’univers dont il nous révèle le fonctionnement.

Aller plus loin dans l’analyse du scénario pourrait conduire à gâcher les multiples surprises qu’il réserve. Non qu’il soit plein de rebondissements et de fausses pistes, comme c’est devenu l’habitude. Non, il y a un vrai suspense, mais il est bien plus subtil que cela. C’est surtout la richesse du propos qui fascine. La dimension humaine est centrale puisque beaucoup de choses reposent sur la manière dont les différents personnages vont gérer les dilemmes auxquels ils font face. Margin Call n’est pas un film contemplatif ou même réellement introspectif. Mais il en dit beaucoup sur l’âme humaine.

Le tout est réalisé avec un immense talent par J.C. Chandor qui signe là un premier film de haut niveau. Un sens de l’image, un sens de la narration, un sens du rythme, rien ne manque ! Un sujet qui aurait pu être plombant, technique ou au contraire tourner au ridicule irréaliste. C’est à la fois fascinant et convaincant, ce qui n’était vraiment pas gagné au départ. La tension monte progressivement avec une maîtrise vraiment impressionnante pour un petit bleu. Bref, Margin Call pourrait bien signer le début d’une très prometteuse carrière.

margincallLe moins que l’on puisse dire, c’est que pour un premier film, Margin Call bénéficie d’un casting très haut de gamme. En tête, deux vieux routiers du cinéma hollywoodien qui fait étalage de leur immense talent : Kevin Spacey et Jeremy Irons dans deux rôles taillés pour eux, mais dont ils s’acquièrent avec beaucoup de conviction. La jeune génération est elle aussi au niveau, avec un Zachary Quinto qui quitte définitivement son statut d’ex-acteur de série, un Paul Bettany égal à lui-même (ce qui est un beau compliment) et Simon The Mentalist Baker qui est aussi bon sur petit que grand écran. Entre les deux, la désormais rare Demi Moore qui nous rappelle qu’elle a encore de beau reste. Elle est sûrement celle qui apporte le plus de classe et d’humanité à cette distribution détonante.

Margin Call est au final un des meilleurs films de cette première moitié de 2012. Un des plus surprenants en tout cas ! Il lui manque peut-être l’élégance formelle absolue de la Taupe, mais nous sommes là à nouveau devant un grand film qui nous prouve que tension et suspense peuvent venir de bien d’autres choses que l’action ou la violence.

Fiche technique :
Production : Benaroya Pictures, Before The Door Pictures, Washington Square Films
Distribution : ARP Selection
Réalisation : J.C. Chandor
Scénario : J.C. Chandor
Montage : Pete Beaudreau
Photo : Frank G. DeMarco
Décors : John Paino
Musique : Nathan Larson
Durée : 107 mn

Casting :
Kevin Spacey : Sam Rogers
Paul Bettany : Will Emerson
Jeremy Irons : John Tuld
Zachary Quinto : Peter Sullivan
Simon Baker : Jared Cohen
Penn Badgley : Seth Bregman
Mary McDonnell : Mary Rogers
Demi Moore : Sarah Robertson
Stanley Tucci : Eric Dale

JUDY SUCKS A LEMON FOR BREAKFAST (Cornershop) : Le bon coin

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judysucksalemonforbreakfastcornershopCornershop est un groupe à la fois un peu spécial pour moi et que je connais en fait très mal. Spécial puisqu’ils sont l’auteur de Brimful of Asha, qui occupe une place particulière dans mes souvenirs. Bon, plus précisément le remix de cette chanson par Fatboy Slim. Pour le reste, c’est vrai que j’ignorais à peu près tout. C’est déjà moins le cas après l’écoute de ce Judy Sucks a Lemon for Breakfast.

Cornershop est en fait un groupe de rock britannique (un de plus diront certains), dont les leaders sont les frères Tjinder et Avtar Singh, qui comme leur nom l’indique, sont d’origine indiennes, ce qui se ressent beaucoup dans leur musique. D’ailleurs, le nom du groupe est une référence au fait qu’en Angleterre, l’Arabe du coin est en fait un Indien du coin. Les deux autres membres sont David Chambers à la batterie et Ben Ayres à la guitare ou au clavier. Ils ont commencé leur carrière au début des années 90. Ils restent assez peu productifs puisqu’ils ne comptent que sept albums en vingt ans de carrière. Judy Sucks a Lemon for Breakfast est sorti en 2009.

Comme je l’ai évoqué plus haut, la musique de Cornershop est empreinte d’influences orientales, indiennes pour être plus exact. Judy Sucks a Lemon for Breakfast n’échappe pas à la règle et on y sent vraiment un mélange culturel. C’est sans doute là le plus grand intérêt de ce groupe à la musique fort sympathique et parfois assez originale. On est dans un son pop-rock plutôt calme, zen j’ai envie de dire. La variétés des instruments, avec beaucoup de cordes orientales ne se prêtent de toute façon pas vraiment à un son hyper énervé.

Judy Sucks a Lemon for Breakfast se laisse écouter avec beaucoup de plaisir. Il coule aux oreilles dégageant une certaine sérénité. La diversité des influences, des sonorités piquent notre curiosité. Même quand un titre est plus moyen, on attend la suite avec impatience. Après aucun titre n’est vraiment révolutionnaire, mais globalement l’album est d’une variété rare. On voyage constamment entre l’Inde et l’Angleterre, même si c’est quand même cette dernière qui domine.

Il manque sûrement à Judy Sucks a Lemon quelques titres sortent du lot. Il est vrai qu’il ne propose aucun moment qui nous fait sortir de cet intérêt intellectuel pour aller vers un enthousiasme plus spontané. Je citerai tout de même l’enchaînement The Roll of Characteristics (of History in the Making, Operation Push puis The Mighty Quinn. Peut-être les trois meilleurs titres et le fait qu’ils se succèdent nous offre un vrai bon moment de bonheur musical. Ca peut paraître peu, mais comme l’album est quand même pas si mal par ailleurs, ça peut largement justifier une écoute. Un achat, ça peut déjà plus se discuter.

Pour ceux qui ne connaissent que le remix de Brimful of Asha découvriront donc le vrai son de Cornershop avec ce Judy Sucks a Lemon. Un son nettement moins dansant, mais loin d’être désagréable.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur Judy Sucks a Lemon.

1-Who Fingered Rock’n’roll
Un rock aux sonorités orientales.

2-Soul School
Un son plus pop et plein d’entrain.

3-Half Brick
Un court intermède.

4-Judy Sucks a Lemon For Breakfast
Un rock tout en maîtrise avec des sonorités très variées.

5-Shut Southall Down
Nouvel intermède.

6-Free Love
Les voix y sont distordues et l’effet ne donne pas un résultat terrible.

7-The Roll of Characteristics (of History In the Making)
Un titre plus énergique, accompagné de cuivre, pour un très bon résultat.

8-Operation Push
Un titre à la fois énergique et serein.

9-The Mighty Quinn
Un rythme chaloupé pour un très bon titre.

10-The Constant Springs
Un son plus intimiste.

11-Chamchu
Un titre un peu brouillon, pas très intéressant.

12-The Turned On Truth
Un très long titre jazzy et chaloupé.

DARK SHADOWS : Quand Tim Burton paresse un tantinet

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darkshadowsafficheDe tous les réalisateurs ayant un univers bien à lui et reconnaissable entre mille, Tim Burton est peut-être le plus grand d’entre tous. Les rares fois où il est sorti de son univers gothique et sombre, avec Big Fish ou la Planète des Singes par exemple, le résultat fut plutôt décevant. Mais à tourner dans un univers étroit, on prend forcément le risque de se répéter quelque peu. Jusqu’à présent, il était totalement parvenu à y échapper. Mais on doit bien avouer que Dark Shadows, son dernier film, peut nous faire craindre qu’il commence quelque peu à tourner en rond.

Au 18ème siècle, Barnabas Collins est l’héritier d’une famille qui a vu toute une ville se bâtir tout autour de leur pêcherie. Cependant, il commet l’erreur de briser le cœur d’une servante, sorcière à ses heures perdues. Elle provoque la mort des parents de Barnabas, pousse sa fiancée au suicide et surtout le transforme en vampire avant de l’enfermer dans un cercueil, histoire de prolonger ses tourments. Mais 200 ans plus tard, des travaux routiers vont libérer le vampire assoiffée.

Pendant les deux tiers de Dark Shadows, on est quelque peu surpris par son aspect très pure comédie. Certes l’humour a toujours été très présent dans l’œuvre de Tim Burton. Mais il était souvent au 2ème, voire au 3ème degré, véhiculé essentiellement par une forme d’ironie. Là, il est beaucoup plus direct, proche de l’humour Scoobidoo si j’ai envie d’être un peu méchant. Parce qu’il faut bien avouer que ça fonctionne, mais assez mollement. Tout comme le scénario en fait.

Dark Shadows est en fait un film relativement paresseux. Tim Burton fait ce qu’il fait le mieux, frôle presque l’auto-parodie, mais sans forcément se fouler ! C’est sympa, mais très très loin des grands chef d’œuvres du réalisateur. L’histoire n’est pas non plus d’un intérêt fabuleux, les personnages sympathiques, mais guère enthousiasmants. Le tout manque quelque peu de rythme et si on ne s’ennuie pas, on ne trépigne pas non plus sur son siège.

Heureusement, le dernier tiers du film relève nettement le niveau. On retrouver le souffle épique que Tim Burton arrive si bien à insuffler dans ses films. On n’est pas tout à fait au niveau de Sleepy Hollow, mais au moins, on entre enfin totalement dans Dark Shadows. Ca s’anime nettement plus et emmène l’intrigue à un point qu’on aurait du atteindre beaucoup plus tôt. En effet, le film est quand même largement ralenti par des scènes ou péripéties inutiles, comme ce bal qui n’a d’autre intérêt que de voir le vrai Alice Cooper chanter en live.

Visuellement, Dark Shadows nous propose un univers connu de tous les fans de Tim Burton. Là encore, le réalisateur n’a pas vraiment cherché à innover ou à surprendre. Ce n’est pas forcément un problème en soi, mais cet aspect n’apporte du coup pas vraiment un plus, susceptible d’effacer totalement les défauts cités précédemment. Enfin tout cela reste très relatif, car dans l’absolu, ce film reste quand même très abouti visuellement.

darkshadowsSi Tim Burton a fait preuve de paresse dans Dark Shadows, il n’est pas le seul. Johnny Depp est lui aussi dans un registre très connu et guère surprenant. Il y a très certainement un lien de cause à effet, car on connaît la relation symbiotique entre les deux. A tel point qu’on peut se demander si la relation entre les deux n’était pas arrivé à son terme. Mais on peut faire confiance à ces deux purs génies pour savoir se renouveler très prochainement. La vraie star de ce film reste Michele Pfeiffer qui nous rappelle que même si on la voit moins et si l’âge fait son œuvre, elle reste toujours aussi charismatique et pour tout dire sublime. Enfin Chloe Moretz confirme encore et toujours tout le bien que je pense d’elle. Pour moi, une future géante !

Dark Shadows reste incontestablement un bon film sympathique et divertissant. Mais le problème avec le génie, c’est qu’il rend les fans exigeants. Et Tim Burton n’a pas tout à fait répondu à toutes nos exigences avec ce film.

Fiche technique :
Production : Warner Bros., Village Roadshow Pictures, San Curtis prod., The Zanuck Cy, GK Films, Infinitum Nihil, Tim Burton
Distribution : Warner Bros Entertainment France
Réalisation : Tim Burton
Scénario : Seth Grahame-Smith, d’après la série TV de Dan Curtis
Montage : Chris Lebenzon
Photo : Bruno Delbonnel
Décors : Rick Heinrichs
Musique : Danny Elfman
Durée : 113 mn

Casting :
Johnny Depp : Barnabas Collins
Michelle Pfeiffer : Elizabeth Collins Stoddard
Helena Bonham-Carter : Dr Julia Hoffman
Eva Green : Angelique Bouchard
Jackie Earle Haley : Willie Loomis
Jonny Lee Miller : Roger Collins
Chloë Grace Moretz : Carolyn Stoddard
Bella Heathcote : Victoria Winters, Josette DuPres
Christopher Lee : Clarney

ET POUR QUELQUES SECONDES DE PLUS

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manchestercityLes moments les plus légendaires du sport sont souvent ceux où tout bascule à la dernière seconde. Alors que vous avez totalement perdu espoir, le destin bascule pour le plus grand des bonheurs. Au contraire, alors qu’il ne restait plus que quelques secondes avant le bonheur absolu, vous en êtes soudain privé et tout semble s’écrouler autour de vous. France-Bulgarie de 1993 et France-Italie de 2000 ont sont les deux parfais exemples opposés. Ce dimanche, les supporters de football ont eu à nouveau l’occasion de vivre de telles émotions.

Le final du championnat d’Angleterre a constitué un de ces moments de pure folie, où deux buts dans les arrêts de jeu ont permis à Manchester City de remporter le titre au détriment de Manchester United. Quand on connaît la rivalité, loin d’être amicale, entre les deux clubs et leurs supporters, je ne veux même pas imaginer dans quelle hystérie ont pu être plongés ces derniers. J’avoue, j’en ai même eu les larmes aux yeux. Pourtant, je me fichais bien de savoir lequel des deux allait être sacré. Simplement, le scénario fut si incroyable, si inattendu, si renversant, si intense qu’il nous transmettait un enthousiasme allant bien au-delà de l’attachement à un club. Il nous rappelait tout simplement pourquoi le football procure cette incroyable passion.

Quelques heures plus tard, pendant de longues secondes, j’ai tenu ma tête dans mes mains, abattu par une vraie déception. Montpellier venait de marquer le but de la victoire à la dernière seconde contre Lille. Au final, cela ne changera peut-être rien, mais les chances de voir le PSG devenir champion en ont été considérablement diminuées. Si le club de l’Hérault bat largement Auxerre, il n’y aura rien à regretter. Mais le scénario de dimanche soir a été cruel pour les supporters parisiens dont je fais partie. Là encore, c’est parce que tout a basculé à la dernière seconde que le résultat final est dur à accepter.

Si dimanche prochain, le PSG finissait champion par un but à la dernière seconde, l’émotion serait incommensurable. Mais si c’est l’inverse… Non, je ne veux même pas l’imaginer…

L’ENTRE DEUX-GUERRES, TOME 2 : LE BOUCANIER DU ROI (Raymond E. Feist) : L’aventure continue

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leboucanierduroiNouvelle ballade à Midkemia, avec L’Entre-deux Guerres, tome 2 : le Boucanier du Roi. Un nouveau récit d’aventures indépendant, mais qui nous permet de retrouver les personnages que l’on apprécie et cet univers qui devient de plus en plus familier. Même si pour le coup, le roman va nous emmener vers des rivages encore inconnus.

7 ans ont passé depuis les évènements de Prince de Sang. Le plus jeune fils du Prince Arutha, Nicholas est désormais un jeune homme. Mais il reste quelque peu timide et réservé, bien que son écuyer, Harry, l’entraîne sur quelques mauvais coups. La faute à un léger handicap, un pied déformé, qu’il a appris à compenser mais qui fait qu’on a toujours cherché à le ménager. Son père décide alors de l’envoyer passer quelques temps à Crydee, loin de la cour princière. Mais ce voyage va l’entraîner beaucoup plus loin que prévu lorsque la cité est attaqué par une force aux motivations mystérieuses.

A première vue, ceux qui ont lu l’ensemble des romans qui ont précédé cet l’Entre-deux Guerres, tome 2 : le Boucanier du Roi pourront se dire que celui-ci est un retour aux sources puisqu’il nous ramène à Crydee, le royaume où tout a démarré dans Pug, l’Apprenti. Il n’en est rien puisque nos héros n’y resteront pas longtemps et embarqueront rapidement pour une destination encore inconnue. Cela prouve la volonté de Raymond E. Feist de se renouveler dans ces deux récits qui marquent une transition entre deux époques beaucoup plus dramatiques.

L’Entre-deux Guerres, tome 2 : le Boucanier du Roi nous propose une autre nouveauté, en la personne de Nicholas qui n’était précédemment qu’un enfant dont l’existence n’était que signalée. Cela permet de nous proposer des thèmes nouveaux quant à la psychologie des personnages, même si l’attirance de Raymond E. Feist pour le « roman d’apprentissage » demeure évidente. Mais que ceux ayant peur de l’inconnu se rassure, le récit laisse également une large place à Amos Trask, l’ancien pirate, devenu capitaine de la flotte royale qui a déjà joué un rôle très important dans les premières Chroniques de Krondor.

Comme pour le tome précédent de l’Entre-deux Guerres, le Boucanier du Roi est de l’heroic fantasy que l’on pourrait qualifier de soft. En effet, si la magie est présente, elle joue quand même un rôle très mineur. On est plus dans des éléments de fantastiques qui viennent enrichir un récit d’aventures très classique, un peu comme un Indiana Jones (même si la comparaison est un peu osée, je l’admets). Les allergiques aux dragons et aux elfes pourront donc se laisser tout de même tenter, bien qu’il risque quand même d’en croiser un ou deux aux détours du récit.

L’Entre-deux Guerres, tome 2 : le Boucanier du Roi reste globalement très agréable à suivre. Riche en rebondissements, il n’est peut-être pas le plus passionnant de la saga, mais reste tout de même d’un très bon niveau. Les nouveautés apportées, la richesse des péripéties procurent beaucoup de plaisir au lecteur qui ne s’ennuie pas une seule seconde. La manière dont Raymond E. Feist arrive à cacher le plus longtemps possible les réels intentions des ennemis créent une tension permanente dans le roman.

Le style de Raymon E. Feist reste toujours plaisant. On pourra cependant reprocher à l’Entre-deux Guerres, tome 2 : le Boucanier du Roi certains passages un peu confus. En effet, en nous emmenant dans des royaumes totalement nouveaux, le lecteur a besoin de retrouver ses repaires pour bien comprendre qui sont les forces en présence. Il est vrai que le récit ne prend pas toujours le temps au lecteur de s’en imprégner et ce dernier a parfois du mal à se rappeler qui est qui. Cependant, cela ne lui que très peu au plaisir de la lecture.

L’Entre-deux Guerres, tome 2 : le Boucanier du Roi se situe donc la lignée de cette grande saga d’heroïc fantasy, particulièrement plaisante à suivre.

MON COMBAT, MA VICTOIRE !

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bastilleLe lundi 7 mai 2007, j’adhérais au Parti Socialiste. La veille au soir, Nicolas Sarkozy venait d’être élu Président de la République. Notre pays allait donc être dirigé pendant cinq ans par le fils spirituel de Patrick Balkany et Charles Pasqua, un homme croyant à la prédisposition génétique à la délinquance, un homme dont le programme économique était basé sur l’idée fausse que donner plus aux riches profite aux plus modestes. Autant d’éléments qui auraient du le disqualifier. Pourtant, il fut élu, plongeant l’autre moitié du peuple français dans l’abattement et la colère. Chez moi, ces sentiments se traduire par une volonté de m’engager pour que plus jamais un tel scénario puisse se répéter.

Au cours des quelques jours suivant, rien ne passa. Pourtant la campagne des législatives avaient commencé. J’ai alors eu l’occasion de croiser, en train de distribuer des tracts sur le marché, une des personnes les plus extraordinaires qu’il m’ait été donné de rencontrer. Cet homme s’appelait François Lemaire. 85 ans, militant socialiste depuis l’âge de 16 ans, qui gardait une énergie et un enthousiaste qui forçaient l’admiration. Il nous a depuis quitté, mais si ma vie de militant doit ressembler à celle de quelqu’un, c’est sûrement à la sienne.

Puis vint ma première réunion de section. Il est vrai que ce jour là, je me suis dit que décidément ce n’était pas la jeunesse au pouvoir au PS de Viroflay. Mais si la valeur n’attend pas le nombre des années, l’inverse est vrai. Ce fut ensuite la première distribution de tracts sur le marché, avant laquelle j’avais un vrai trac. Aujourd’hui, c’est devenu un acte presque anodin, mais j’apprécie toujours ces moments, où les mots d’encouragements valent cent fois mieux que les remarques désagréables que l’on peut entendre.

Ensuite, dès l’automne 2007, la préparation des municipales a commencé. J’étais encore un militant tout neuf, mais j’ai forcément été très impliqué lorsque l’on m’a proposé d’être troisième sur la liste et donc quasiment certain d’être élu. Le militantisme politique ne passe évidemment pas forcément par une fonction élective, mais il faut bien admettre que les exercer reste quand même le but ultime, car cela reste le seul moyen de voir ses idées réellement appliquées. Dans ma situation, membre de l’opposition, il est vrai que je suis dans une position un peu intermédiaire.

Le temps que me prend ma fonction de conseiller municipal peut paraître comme du temps perdu, tant la sociologie de Viroflay offre à la majorité actuelle toute latitude pour mener la politique qu’elle souhaite. Notre fonction de vigilance, d’aiguillon n’est sans doute pas la plus cruciale pour la marche du monde, mais elle me semble indispensable pour que la démocratie fonctionne pleinement. Car le maigre public qui assiste aux séances du Conseil Municipal montre bien à quel point l’action des élus locaux se déroule dans une certaine indifférence et on comprend aisément comme certaines équipes dans d’autres villes ont pu sombrer dans des pratiques inacceptables. La présence d’une opposition attentive et constructive se justifie donc pleinement.

La vie de militant politique est évidemment rythmée par les différences échéances électorales. Elles sont parfois internes au Parti Socialiste, mais ce ne sont certainement pas les plus intéressantes. Je considère surtout que ce sont des processus internes qui n’ont pas à être outre mesure médiatisés. Le tractage, le collage d’affiches font partie de l’action militante. Il est vrai que j’ai perdu un peu toute illusion quant à leur impact réel lorsque la liste socialiste a fait 12% aux dernières élections européennes à Viroflay, malgré notre mobilisation, alors qu’Europe Ecologie avait fait le double sans aucune distribution. On sait bien que tout ou presque se joue dans les médias à un niveau national. Cependant, montrer notre présence, discuter avec des Viroflaysiens sur les marchés nous permet de garder un contact avec nos électeurs et nos sympathisants, sans lequel certains pourraient être tentés d’apporter leur soutien à des formations politiques plus présentes.

Si la campagne des régionales nous avaient apporté beaucoup de satisfactions, avec un score historique de 48% pour la gauche à Viroflay, il vrai que c’est cette dernière campagne présidentielle qui restera le grand et beau moment de militantisme de mes cinq années au Parti Socialiste. Déjà parce que la mobilisation fut forte, avec quelques nouvelles recrues, mais surtout évidemment parce que la victoire fut au rendez-vous. Mais même sans cela, l’enjeu de cette élection poussait beaucoup de Viroflaysiens à venir nous témoigner encore plus que d’habitude leur soutien, leurs espoirs, leurs craintes aussi, nous exhortant à être plus combatif que jamais pour que notre pays change d’ère. Tous ces petits mots qui nous font dire que nous ne sommes pas seulement une petite quarantaine à croire naïvement que notre action à de l’importance. Pour tous ces gens, elle en a, pour tous ces gens, il faudra continuer aux législatives et encore au-delà.

Le 6 mai 2012 restera donc un moment historique pour notre pays, mais aussi un moment particulier dans mon existence. Pas forcément parce que j’avais l’impression d’avoir joué un rôle crucial dans ce qui s’est passé ce jour-là, mais parce que cette victoire donnait un sens à toutes ses heures passées à mener un combat qui peut sembler parfois un peu vain. La traversée de Paris entre Solférino et la Bastille, où notre cortège des militants était salué par des dizaines de Parisiens à leur fenêtre, partageant leur joie et leur enthousiaste. Cette foule d’anonymes partageant les mêmes aspirations rendait la démocratie bien vivante et démontrait qu’il n’est pas beaucoup de plus beau combat que celui qui consister à la faire vivre.

Evidemment, ma vie de militant ne va pas s’arrêter au bout de cinq ans, à 32 ans, après cette belle victoire. J’espère bien en connaître bien d’autres encore, même si je sais qu’elles seront aussi accompagnés de déceptions, de moments de tristesses ou d’indignations. Mais ces moments-là font également partie de ceux qui poussent à avancer et à redoubler d’ardeur dans le combat.

J’en suis la preuve.

AVENGERS : Marvel Greatest Hits !

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Sous l’autorité du Shield, l’équipe du Professeur Erik Selvig essaye de maîtriser l’énergie du Cube Cosmique. Mais d’autres forces souhaitent s’en emparer. Elles parviennent à leur fin par l’intermédiaire de Loki. Notre monde est alors menacé de destruction. Nick Fury n’a alors d’autres choix que de faire appel à l’élite des super-héros : Captain America, Iron Man, Thor, Hulk. Mais pourront-ils travailler en équipe assez efficacement pour assurer notre survie ?

La première très bonne surprise de Avengers réside dans son scénario. Evidemment, comme tous les films de super-héros et j’ai presque envie de dire la plupart des films d’action, il ne brille pas par une complexité particulière. N’est pas Inception qui veut. Cependant, il reste riche en rebondissements et en petits à côté qui lui donnent beaucoup d’intérêt. De plus, il se tient, tout en étant rythmé à souhait ! On ne s’ennuie donc pas une seule seconde, sans se prendre la tête, mais sans non plus assister à un spectacle crétin et abrutissant.

Le charme d’Avengers tient avant tout dans ses personnages. Des personnages que l’on connaît déjà, par l’intermédiaire des films qui leur ont déjà été consacrés. Du coup, le film creuse leur personnalité, leurs motivation, leurs défauts, qui ressortent grâce à la confrontation avec ceux de leurs coéquipiers. Cela donne une vraie âme à cette histoire qui n’est pas qu’une suite de péripéties. On s’attache vraiment à cette fine équipe de manière plus affective que dans les productions où ils brillent en individuel.

S’il a toujours été assez présent dans les productions Marvel, l’humour est nettement plus mordant dans Avengers. En effet, il peut exploiter le ressort qui consiste à mettre en avant la rivalité un peu puérile qui naît entre ces super-héros. Cela les rend plus humains et apporte une bonne dose de second degré. Le film ne se prend pas totalement au sérieux et c’est salutaire. Il n’est cependant pas une parodie, mais une belle aventure parcouru d’un vrai souffle épique.

Evidemment, le cœur du film reste tout de même les scènes d’action. Avengers en propose deux réellement mémorables. Le final notamment est vraiment jouissif, nous démontrant une nouvelle fois que New York constitue encore et encore un des plus beaux décors de cinéma qui soit. Et quel plaisir de voir cette ville malmenée et ses immeubles subir les pires outrages ! La complémentarité entre les caractéristiques des différents héros est parfaitement exploitée, justifiant pleinement ce film qui est bien plus qu’une simple addition de personnages déjà exploités.

avengersLe casting est largement dominé par Robert Downey Jr. Son charme, son humour est un de pilier sur lequel repose Avengers. Ses coéquipiers sont nettement moins expressifs. Même Scarlett Johansson, Samuel L. Jackson et Mark Ruffalo au pedigree plutôt prestigieux se contentent d’une performance avant tout professionnelle. Par contre, du côté du méchant, Tom Hiddelson confirme le talent entrevu dans Thor.

Avengers est donc vraiment à la hauteur de l’attente engendrée. Un vrai grand film d’action et d’aventures qui séduira bien au-delà des fans purs et durs des super-héros.

P.S : comme d’habitude dans les films Marvel, une scène figure pendant le générique (et plus à la fin, ce que je trouve regrettable). Les fans de cet univers en ressortiront impatients et enthousiastes. Ne la ratez pas !

Fiche technique :
Production : Marvel Studios
Distribution : The Walt Disney Company France
Réalisation : Joss Whedon
Scénario : Joss Whedon, sur une histoire de Zak Penn et Joss Whedon d’après les comics Marvel The Avengers
Montage : Jeffrey Ford, Lisa Lassek
Photo : Seamus McGarvey
Décors : James Chinlund
Musique : Alan Silvestri
Effets spéciaux : Dan Sudick
Durée : 142 mn

Casting :
Robert Downey Jr : Tony Stark
Samuel L. Jackson : Nick Fury
Chris Evans : Steve Robers
Jeremy Renner : Barton
Scarlett Johansson : Natasha Romanoff
Chris Hemsworth : Thor
Mark Ruffalo : Bruce Banner
Stellan Skarsgard : Dr Erik Selvig
Tom Hiddleston : Loki

LOVETUNE FOR VACUUM (Soap and Skin) : Simplement inaudible

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lovetuneforvaccumsoapandskinBon décidément, je n’ai pas vraiment de chance ces derniers temps avec mes découvertes musicales. Entre les artistes juste moyens et ceux franchement inaudibles, je n’ai pas eu beaucoup d’occasion de m’enthousiasmer, si ce n’est en comptant sur des valeurs sûres comme les Cowboys Fringants. Après le tristounet Veckatimest de Grizzly Bear, voici le carrément déprimant Lovetune for Vacuum de Soap and Skin.

Soap and Skin n’est ni une marque de détergeant ou de savon, ni un groupe. C’est le nom de scène d’une artiste autrichienne, qui est aussi actrice, Anja Franziska Plaschg. Un projet vraiment individuel puisqu’elle joue sur scène accompagnée uniquement de son piano et de son ordinateur portable. Tout un programme… Lovetune for Vacuum est sorti en 2009. Il s’agit de son premier album, suivi un an plus tard d’un second, intitulé Narrow.

Deux des principales influences de Soap and Skin sont Björk et Rachmaninov… Il est évident qu’avec des sources d’inspiration aussi éclectiques, sa musique avait toutes les chances de posséder un caractère expérimental. Mais franchement, elle aurait pu se dispenser de faire un disque de ses brouillons. Ah pardon ? Ce sont les titres définitifs et travaillés. Au temps pour moi, je dois simplement ne pas avoir la même définition qu’elle de ce qui est harmonieux.

Allez, je me laisse aller à une certaine méchanceté gratuite pour le coup. Mais que dire d’autre sur Lovetune for Vacuum à part qu’il est juste particulièrement inaudible ? Je sais bien que je ne suis pas un grand fan de la musique électro à la base, mais tout de même. En fait, c’est même méchant pour la musique électro ce que j’insinue. Car la musique de Soap and Skin ressemble en fait à une grosse bouillie indigeste.

La plupart des titres sont lancinants et pour autant dire particulièrement ennuyeux. Ca se veut original et créatif, mais c’est avant tout sans grand intérêt. Mélanger à ce point sonorités électroniques et piano classique constitue une démarche osée, mais si les deux sont rarement associés, c’est qu’il y a sans doute une raison. Si vous en doutez, l’écoute de Lovetune for Vacuum vous ôtera vos derniers doutes. Soap and Skin est en plus affublée d’une voix qu’elle ne maîtrise pas vraiment et qu’elle envoie dans les aigus à tout bout de champs pour un résultat particulièrement désastreux.

Comme j’aime quand même voir le bon côté des choses, je citerai tout de même les trois titres qui se laissent un minimum écouter. Il s’agit de Extinguish Me et Mr Gaunt PT 1000, deux ballades sans grand génie mais qui seraient presque jolies. Enfin, Spiracle est le seul titre où Soap and Skin daigne insuffler un minimum d’énergie. J’insiste bien sur le minimum car ça ne casse pas non plus trois pattes à un canard. Mais à coté des dix titres encore plus pénibles que médiocres, on se raccroche à ce que l’on peut et on apprécie malgré tous ces trois titres simplement audibles.

Bon, vous l’aurez compris, je ne suis pas vraiment tombé amoureux de Soap and Skin, bien au contraire. Lovetune for Vacuum est tout simplement inaudible.

Faisons malgré tout le tour des titres que l’on trouve sur cet album.

1.: Sleep
La voix aiguë se pose sur un air de piano, pour un résultat dissonant.

2.: Cry Wolf
Très aiguë à nouveau, rythme lent, résultat pénible.

3.: Thanatos
La voix est enfin plus grave, pour une ambiance mystique.

4.: Extinguish Me
Ballade mélodieuse.

5.: Turbine Womb
Un titre instrumental au piano.

6.: Cynthia
Un titre lancinant.

7.: Fall Foliage
La voix est artificialisée par un effet vraiment pas top.

8.: Spiracle
Enfin plus énergique !

9.: Mr Gaunt PT 1000
Une petite ballade presque jolie.

10.: Marche Funebre
Un son électro, pour une ambiance religieuse. Sans intérêt !

11.: The Sun
Lancinant et sinistre

12.: DDMMYYYY
Un titre instrumental électro insupportable.

13.: Brother Of Sleep
Une ballade évaporée, mais surtout moche.

LE PLUS DUR COMMENCE

hollandebastille

hollandebastilleLe temps de la fête est désormais terminé. Le Champagne est bu, l’euphorie est retombée. La musique de la Bastille est désormais un lointain souvenir. Un beau souvenir, historique même, mais qui ne constitue en rien l’assurance de lendemains qui chantent. En effet, la tâche qui attend François Hollande est colossale. Passer du papier à la réalité, de l’idée au résultat représente toujours le plus difficile dans tous projets. Mais peut-être encore plus pour celui qui deviendra définitivement le Président de la République dans cinq jours.

La plus grande difficulté auquel il va faire face reste bien sûr que tout ne dépend pas de lui. Tous les yeux sont déjà tournés vers ce premier rendez-vous avec Angela Merkel, qui peut vraiment donner le ton du futur quinquennat. Cependant, les deux ont trop intérêt politiquement à trouver un accord pour que cela ne débouche sur rien, ou pire sur une réelle hostilité entre les deux chefs d’Etat. On l’oublie trop souvent, mais les jours de la chancelière allemande semble être comptés et elle pourrait connaître le même sort que Sarkozy l’année prochaine. Un gouvernement de gauche devrait succéder au sien, de manière quasi certaine si elle enlise l’Europe dans la crise. Il suffira alors à François Hollande de faire le dos rond en attendant un interlocuteur SPD bien plus conciliant.

Mais les difficultés sont aussi internes. Je ne parle pas là des législatives qui ne devraient pas poser de problème. Le plus cyniquement du monde, le bon score du Front National qui s’annonce peut entraîner une Assemblée Nationale rose comme jamais, avec une vraie majorité absolue pour les seuls socialistes. Mais le score plus serré que prévu aux présidentielles a montré combien le rapport de force pouvait varier en quelques jours des quelques pour-cents qui peuvent tout changer au final. Mais il n’y a pas de raison que la très bonne campagne présidentielle du PS ne soit pas suivie d’une tout aussi efficace pour les législatives.

En fait, François Hollande va se heurter à la même difficulté que connaissent tous les élus. Les seules promesses que l’on peut tenir avec certitude sont celles des actions, non celles des résultats. Nicolas Sarkozy peut en témoigner, lui qui a peut-être été le Président qui a appliqué son programme avec la plus grande fidélité. Mais les électeurs ne jugent pas sur l’application scrupuleuse d’un programme, mais sur ses effets, qui restent forcément incertains. Mais avec tous les étages du pouvoir, des communes à la Présidence, dominés par une seule et même formation politique, situation que notre pays n’a pas connue depuis plus de trente ans, François Hollande ne pourra guère se trouver d’excuse…

Le voilà condamné à réussir. C’est sans doute là une très bonne nouvelle pour notre pays !

PHANTOM OF THE PARADISE : LE chef d’oeuvre de Brian de Palma

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phantomoftheparadiseafficheIl était une fois un réalisateur de génie. Il était considéré par tous comme l’égal des plus grands. Il formait avec trois compagnons, nommés Spielberg, Scorcese et Coppola, un quatuor qui devait dominer le cinéma mondial pour longtemps. Puis un jour, un de ces films, auquel il était pourtant très attaché, connu un succès plus que mitigé. Et notre génie ne s’en est jamais remis et semble courir depuis après un talent perdu. Cet homme s’appelle Brian De Palma. Et son chef d’oeuvre, Phantom of the Paradise.

Swan est une icône parmi les producteur de disques, faisant et défaisant les modes. Il s’apprête à ouvrir un club qui doit devenir le temple de la musique. Mais il cherche celle qui doit accompagner son inauguration. Il la trouve sous la forme d’une cantate reprenant l’histoire de Faust, composée par le jeune Winslow Leach. Ce dernier refuse que son œuvre soit interprétée par un autre que lui-même. Alors le producteur se débrouille pour lui voler son œuvre et l’envoyer en prison. Mais il reviendra se venger…

Comme le laisse penser le titre, Phantom of the Paradise est une version rock’n’roll de Fantôme de l’Opéra, mélangée avec le mythe de Faust. Une œuvre riche et passionnante, à la fois unique et originale et regorgeant de références diverses et variées. Une histoire d’amour et de vengeance qui renvoie aux plus grands classiques, mais empreint d’une grande modernité… Enfin d’une grande modernité, version années 70, car le film est extrêmement marqué par son époque. Mais le talent de Brian De Palma est immense, alors on n’employera pas le terme de « daté ». On peut éventuellement parlé de kitch, mais sans connotations négatives.

Phantom of the Paradise est vraiment LE chef d’œuvre de Brian de Palma. Pardon, aux fans des Incorruptibles, de Blow Out ou de Carrie. Ce film est celui où sa créativité visuelle a été la plus sublime. On y retrouve certaines techniques si caractéristiques, comme l’écran coupé en plusieurs images (mais pas de scène au ralenti, qui reste pourtant une habitude récurrente chez lui). Quasiment chaque plan nous propose une nouvelle trouvaille, une nouvelle façon de mettre en image l’histoire. Une imagination qui a fait exploser tous les concepts académiques d’Hollywood. C’est sans doute là le plus grand apport de ce réalisateur à l’histoire du 7ème art que ne doit pas nous faire oublier une deuxième moitié de carrière si décevante.

phantomoftheparadiseLa musique est particulièrement omniprésente dans Phantom of the Paradise. Il ne s’agit pas d’une comédie musicale à proprement parler, mais un film sur la musique. Quand les protagonistes ni ne chantent, ni ne composent, la musique de fond continue de jouer un rôle primordial. Elle est caractéristique du début des années 70 où le rock explorait un multitude de voies, du psychédélique à ce qui allait devenir le metal. On retrouve toute cette diversité dans ce film qui ne pourra qu’enchanter les mélomanes.

Face à tout ce talent, il est vrai que Phantom of the Paradise écrase un peu les comédiens qui ne semblent plus n’être qu’une pièce dans un formidable puzzle. Surtout que Paul Williams, qui interprète le rôle de Swan n’est autre que l’auteur de la bande originale, qui lui vaudra d’ailleurs un Oscar. Le couple William Finley-Jessica Harper ne connaîtra là son unique apparition notable (à part Guerre et Amour de Woody Allen pour la seconde). Brian de Palma a donc signé un de ces incroyables films culte, dont le casting n’est composé que d’acteurs qui auront connu ici leur unique heure de gloire. Mais quelle heure de gloire !

Phantom of the Paradise fait partie du patrimoine le plus précieux du 7ème art. Un moment de pur génie qui à lui seul permet à Brian De Palma d’être considéré comme un artiste légendaire.

Fiche technique :
Réalisation : Brian De Palma
Scénario : Brian De Palma
Musique : Paul Williams
Photographie : Larry Pizer
Cadreur : Ronnie Taylor
Montage : Paul Hirsch
Maquillage : John Chambers
Production : Edward R. Pressman Pays d’origine : États-Unis
Durée : 92 minutes

Casting :
Paul Williams : Swan
William Finley : Winslow Leach
Jessica Harper : Phoenix
George Memmoli : Arnold Philbin
Gerrit Graham : Beef