
Joseph boit. Joseph a tendance à perdre ses nerfs et à se servir de ses poings un peu trop facilement. En fait, Joseph vit très mal le décès de son épouse. Un jour, après une bagarre, il se réfugie dans la boutique tenue par Hannah. Cette dernière se propose de prier pour lui, mais ne récolte que de l’hostilité. Cependant, Joseph reviendra le lendemain pour s’excuser. Il se rendra vite compte que chacun d’eux portent en lui une grande souffrance. Mais peut-on encore soulager la peine de l’autre quand on ne peut plus supporter la sienne ?
Autant le dire tout de suite, Tyrannosaur n’est pas le film le plus gai de l’année. Mais il est également néanmoins loin d’être le plus sinistre. Les personnages sont certes au plus bas, le film est parfois dur. Mais il s’en dégage finalement un grand optimisme, même si, rassurez-vous, il est loin de s’achever sur un happy-end hollywoodien. Un film noir donc, où l’on aperçoit cependant la lumière qui pointe à l’horizon. Un horizon lointain, mais un horizons visible quand même.
Tyrannosaur tient avant tout sur les deux personnages principaux et leur relation. La grande force de ce film est d’arriver finalement à nous attacher à eux. En effet, c’est loin d’être gagné à la base puisqu’ils se caractérisent justement dans leur incapacité à nouer des relations avec les autres. Ils finiront pas s’apprivoiser mutuellement (enfin le plus sauvage reste quand même de loin Joseph), nous entraînant par la même avec eux. Paddy Considine a pris le parti de nous montrer d’abord les conséquences des blessures subies par les deux personnages, puis de nous faire découvrir peu à peu d’où elles viennent. On apprend donc à les comprendre et à les connaître et par la même de les aimer.
Tyrannosaur est typique d’un cinéma britannique qui sait si bien donner un fond social à des films de genres très différents. Souvent des comédies (The Full Monty, Fish and Chips), mais ce film se situe évidemment plutôt dans lignée du cinéma de Ken Loach. Un cinéma profondément humain, qui nous plonge également au cœur de la misère sociale. On aurait pu imaginer une même histoire dans un milieu plus aisé, mais le décor aurait été si différent que les deux films ne se seraient que peu ressemblés.

Tyrannosaur met en avant un très beau duo d’acteurs. Peter Mullan tient là un de ses rares premiers rôles. Il faut dire qu’il semble être né pour interpréter ce personnage. Il fait preuve de beaucoup de justesse dans un rôle où on pouvait aisément en faire trop. A ses côtés, Olivia Colman nous livre elle-aussi un performance proche de la perfection. Elle contribue fortement à l’émotion qui se dégage de ce film et, sans elle, il n’aurait constitué une telle réussite.
Tyrannosaur est donc un très beau film, dont la noirceur n’arrive pas à éclipser un certain optimisme qui donne tout son sens à cette histoire.
Fiche technique :
Production : Warp X, Inflammable films, Optimum Releasing, Film4
Distribution : DistriB Films
Réalisation : Paddy Considine
Scénario : Paddy Considine
Montage : Pia Di Ciaula
Photo : Erik Alexander Wilson
Décors : Simon Rogers
Musique : Chris Baldwin, Dan Baker
Durée : 91 mn
Casting :
Peter Mullan : Joseph
Olivia Colman : Hannah
Eddie Marsan : James




On rit donc devant le Prénom de manière un peu intermittente, mais croissante. On ressort donc plutôt sur une bonne impression. Mais le film reste globalement sympathique et drôle, mais il lui manque un petit quelque chose pour devenir vraiment culte. Pourtant, certaines répliques sont vraiment excellentes et constituent le principal vecteur d’humour. Sans doute manque-t-il aux personnages un peu plus d’humanité et de tendresse pour faire de ce film l’égal du meilleur Jaoui-Bacri.



Visuellement, notamment au niveau de sa photographie, Fish and Chips est assez daté. Mais cela n’enlève rien à l’intelligence de la mise en scène qui donne à ce film son rythme et son caractère percutant. On peut vraiment regretter que Damien O’Donell n’ait rien fait d’autre de marquant. C’est même relativement incompréhensible. Mais bon, beaucoup de réalisateurs aimeraient réaliser ne serait-ce qu’un seul film de cette qualité. 
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