LIVING THING (Peter Bjorn and John) : Suédois glacé

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livingthingpeterbjornandjohnLa Suède a offert musique le meilleur groupe de disco de l’histoire, Abba, et le meilleur groupe d’eurodance de l’histoire, Ace of Base. Pour plein d’autres raisons, je trouve que c’est un pays merveilleux et pas seulement parce qu’il est peuplé de charmantes créatures blondes et minces. Tout le monde sait que je suis plutôt branché brunes latines et pulpeuses… Mais on s’éloigne considérablement du sujet du coup. La perfection n’étant pas de ce monde, la Suède nous a également donné des groupes quelque peu moyens, malgré un potentiel intéressant, comme Peter Bjorn and John et leur album Living Thing.

Ils étaient trois musiciens : Peter Moren, Bjorn Yttling et John Eriksson. Lorsqu’ils se sont demandés comment ils allaient pouvoir bien appeler leur groupe, ils se sont dits qu’ils pourraient simplement accoler leurs prénoms… Le Suédois est très intelligent… Bon plus sérieusement, le groupe s’est formé en 1999 et Living Thing est leur 5ème album, sorti en 2009.

Living Thing est un mélange de bon et de moins bon. On peut déjà leur reconnaître un gros travail artistique. Leur musique est toujours très élaborée, avec des sonorités visiblement recherchées. D’ailleurs, le style est assez difficile à définir. On peut parler d’indie rock, mais leur musique flirte souvent avec l’électro, tout en absorbant des influences assez diverses. En tout cas, le résultat est le plus souvent particulièrement mélodieux et apaisant.

Le principal problème de Living Thing réside dans le fait qu’environ un titre sur deux ne décolle pas. La sonorité originale tourne un peu en boucle et devient vite lancinante. Et comme le rythme est rarement trépidant, on flirte rapidement avec l’ennui. Ca manque donc un peu de spontanéité et d’énergie. La musique de Peter Bjorn and John est en fait un peu trop cérébrale et réfléchie. C’est toujours objectivement bien, mais souvent subjectivement ennuyeux.

Heureusement, le groupe arrive parfois à exploiter pleinement leur idée de départ et arrive à faire monter un peu la mayonnaise. Ainsi, Living Thing recèle quelques titres vraiment bons. On peut notamment citer Nothing to Worry About et surtout Blue Period Picasso, de loin le meilleur titre de ce album. Le reste se laisse parfois écouter, mais cela ne suffit pas tout à fait à compenser les nombreux moments beaucoup plus faibles. L’attention de l’auditeur joue au yoyo, mais les hauts n’atteignent pas des sommets susceptibles de nous faire oublier les plongées en profondeur.

Living Thing procure donc au final plus de frustration que de plaisir. On sent bien chez Peter Bjorn and John beaucoup de maîtrise artistique et une vraie créativité. Dommage que tout cela ne soit pas emballé dans du dynamisme qui nous ferait vivre leur musique, alors que là, on ne peut que l’écouter avec un intérêt poli, mais guère enthousiaste. C’est sûr que les Suédois ne sont pas non plus les gens les plus exubérants que je connaisse, mais ce n’est pas avec ce groupe qu’ils vont se réchauffer les longs hivers qu’ils connaissent.

Au final Living Thing de Peter Bjorn and John reste un album trop froid, voire même parfois glacial, malgré quelques très beaux flocons.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur cet album.

1.: The Feeling
Une pop tirant sur l’électro, élégante et efficace.

2.: It Don’t Move Me
Un son plus grave et plus profond, mais un rien lancinant.

3.: Just The Past
Un rythme lent, envoûtant et lancinant à la fois.

4.: Nothing To Worry About
Un ton très différent de ce qui précède, plus dynamique et plus original. Pas mal du tout.

5.: I’m Losing My Mind
Un titre rock évaporé.

6.: Living Thing
Un rythme plus enjoué, presque tropical. Mais on garde l’impression que tout cela est interprété avec le frein à main serré.

7.: I Want You
Un retour à l’évaporé et au lancinant, avec cependant une certaine conviction dans l’interprétation.

8.: Lay It Down
Un titre multiplie les effets, comme les voix distordues, mais qui ne décolle jamais vraiment.

9.: Stay This Way
Titre épuré, un peu jazzy.

10.: Blue Period Picasso
Un son un rien chaloupé, presque sensuel. Très bon !

11.: 4 Out Of 5
Un titre qui retombe dans l’évaporé lancinant, de plus un peu sinistre pour le coup.

12.: Last Night
Un morceau lent et chiant pour finir.

VIVA RIVA ! Il était une fois au Congo

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vivarivaafficheViva Riva ! constitue un événement que l’on attendait depuis 20 ans. En effet, voilà deux décennies qu’aucun long métrage n’avait été tourné en République Démocratique du Congo. Bon, il faut dire que le pays a eu bien d’autres choses à penser, avec une terrible guerre civile. Si un film ne fait pas le printemps, on peut quand même se réjouir de voir la création artistique renaître dans un pays aussi durement marqué. Surtout que le résultat est plutôt bon.

Riva retourne à Kinshasa après de longues années d’exil en Angola. Il ne vient pas les mains vides, mais avec un camion rempli de bidon d’essence, alors que la pénurie de carburant fait montrer les prix très très hauts. Malheureusement, arrivent dans son sillage ceux à qui il l’a dérobé. Ils vont alors se mettre à sa recherche, tandis qu’il flambe et cherche à séduire la compagne d’un petit truand local.

La promotion de Viva Riva ! l’a présenté comme le Scarface congolais. Bon, la comparaison est peu-être un peu facile et trompeuse, mais nous sommes clairement dans un vrai film de gangsters où l’influence des grands films hollywoodiens du genre se fait sentir de manière évidente. Par contre, on se situe bien loin de l’Amérique puisque ce film nous offre aussi une vraie séance de dépaysement. Le film a été en partie produit par la France et la Belgique, mais il s’est vraiment tourné au Congo avec des acteurs locaux, souvent amateurs, à deux exceptions près (notamment Manie Malone que l’on a vu dans Braquo). Un film réalisé avec peu de moyens, mais Djo Tunda Wa Munga a su magnifiquement le cacher et on connaît des films français qui font beaucoup plus cheap que ça !

Sur le fond, l’intrigue est vraiment classique pour le genre. Un jeune ambitieux qui convoite notamment la femme d’un autre, tout en se heurtant au méchant en place qui veut se débarrasser de lui…. et réciproquement. Sans son aspect exotique, il est vrai que Viva Riva ! n’aurait vraiment rien d’original de ce point de vue là. Enfin, on peut surtout y voir un message universel qui démontre que les truands sont les mêmes partout dans le monde… Enfin même si elle est très classique, l’intrigue reste rythmée, pleine de rebondissements avec moult trahisons et retournements de situation. Bref, on ne s’ennuie pas.

J’ai déjà insisté sur la manière dont Djo Tunda Wa Munga réussit à nous faire oublier le manque de moyens. Cela passe par une mise en scène imaginative et soignée. Il cherche et parvient à nous livrer un long métrage artistiquement et techniquement élaboré. Il n’a pas du tout négligé cet aspect ou cherche d’excuse du genre « je suis un réalisateur du tiers monde alors caméra à l’épaule, ça ira bien ! ». Alors évidemment, il touche parfois ses limites et fait preuve quelque fois d’une certaine naïveté. Mais cela apporte aussi beaucoup de fraîcheur à ce film, qui ne constitue peut-être pas une leçon de cinéma, mais est incontestablement celui d’un élève brillant et appliqué.

vivarivaOn pourra aussi noter que Viva Riva ! est assez cru, en particulier sexuellement. Ce qui fait qu’il a été censuré et donc non distribué… au Congo… C’est quand même ballot que ce pays n’ait pas la chance de voir le premier qui y soit réalisé en vingt ans. Les âmes les plus sensibles devront donc s’abstenir même si, objectivement, il n’y a pas non plus de quoi fouetter un quart de chat. Il suffit d’avoir vu un seul épisode de Californication pour avoir vu bien pire.

Viva Riva ! nous permet donc de découvrir des acteurs vraiment nouveaux. Patsha Bay est vraiment excellent dans le rôle principal. Entre dilettantisme et confiance en soi tirant sur l’arrogance, il donne à son personnage beaucoup de personnalité et d’épaisseur. L’affection que cela engendre participe grandement à la réussite de ce film. On doit cependant admettre que Manie Malone reste l’interprète la plus charismatique du casting, par sa beauté mais aussi son professionnalisme.

Viva Riva ! nous permet donc de nous rappeler qu’il existe un cinéma africain. Ce film a raflé six récompenses aux derniers « Oscars africains » et c’est entièrement mérité.

Fiche technique :
Réalisation : Djo Tunda Wa Munga
Scénario : Djo Tunda Wa Munga
Photo : Antoine Roch
Pays : République démocratique du Congo
Durée : 100 minutes

Casting :
Patsha Bay : Riva
Manie Malone : Nora
Hoji Fortuna : Cesar
Marlene Longage : la Commandante

LECONS POUR UNE PREMIER TOUR

1ertour

1ertourLe premier tour vient de s’achever et les commentaires se multiplient. Et comme je suis quelqu’un de particulièrement conformiste, je vais m’y mettre à mon tour. Je ne sais pas si mon analyse est plus pertinente qu’une autre, mais l’écrit à au moins le mérite de mettre les idées au clair. Alors si ce billet ne sert peut-être pas à la marche du monde, au moins, il m’aura rendu service.

La première leçon reste bien sûr la première place de François Hollande. Elle était attendue, elle a bien eu lieu. L’écart avec Sarkozy reste modeste mais elle place dans une dynamique de vainqueur qu’il n’a en fait jamais quitter depuis le début de la campagne. La probabilité d’une défaite au second tour tend de plus en plus vers zéro et même à droite, quand la caméra n’est pas là, on parle déjà comme si tout était déjà fini.

Sarkozy ne semble pourtant ne pas avoir encore renoncé. Alors il continue sur sa lancée… c’est à dire dans un grand n’importe quoi. L’idée du deux, puis trois débats prête à sourire par exemple. Non qu’elle soit si idiote en soi, mais elle sonne tellement comme une tentative désespérée, comme le caprice d’un enfant auquel on s’apprête à voler le jouet. L’offensive immédiate sur les voix du FN, avec le discours du candidat qui parle immédiatement de « frontières » et un Copé qui attaque bille en tête sur le vote des immigrés sur le plateau de France 2 ressemblent à « on ne change pas une tactique qui perd ». Rien ne semble pouvoir inverser la tendance et Sarkozy et ses proches ressemblent de plus en plus à des marins essayant d’éviter le naufrage du Titanic en écopant avec des petites cuillères.

La grande leçon restera tout de même que le Front National est toujours bien présent dans le paysage politique français. On pourra d’ailleurs regretter que les estimations de 20h aient été largement surévaluées permettant à Marine Le Pen de triompher en apparaissant à plus de 20%. Cela ne change pas grand chose dans le fond, mais cette barre était symbolique. Or elle est au final encore loin de l’avoir franchi. Cependant, la progression reste constante et inquiétante : 16% en 1995, 17% en 2002, 18% en 2012. Pas de vague, mais une insidieuse normalisation de ce vote extrême.

Cependant, il faut tout de même garder la tête froide et regarder les choses avec un minimum de recul. De nombreuses analyses ont montré que le vote FN de ce premier tour a été très différent des élections précédentes. Plus rural, plus présent dans la fonction public. Ceci prouve que ce vote n’est pas forcément un vote d’adhésion sur le long terme, mais un vote fortement protestataire, exprimant la peur de l’avenir. Le besoin de boucs émissaires, d’un ennemi sur lequel projeter ses angoisses est tout simplement humain et n’est ni de droite, ni de gauche. En tout cas, si ce scrutin nous a appris quelque chose, c’est bien que c’est ni par l’insulte, ni par l’invective que l’on combat le Front National. Ni même en en parlant constamment d’ailleurs. Jean-Luc Mélenchon a échoué de ce point de vue et il aurait été bon qu’il le comprenne au-lieu de chercher des coupables ailleurs quand dans ses propres insuffisances.

Enfin, la grande leçon de ce premier tour est que, qu’on le veuille ou non, les sondages ont désormais presque toujours raison. Cela ne signifie pas qu’une surprise ne sera jamais plus possible, mais il est clair que les institut ont énormément travaillé depuis 2002 et peuvent être difficilement pris en défaut. Même le score final de Marine Le Pen, un peu moins de 18% est conforme aux derniers sondages qui la donnaient à 17% mais sur une dynamique positive.

Vu ce qu’annoncent les institut quant au score du deuxième tour, c’est peut-être au fond la meilleures nouvelle qui soit pour François Hollande.

SUR UN AIR DE DEJA-VU (Les Cowboys Fringants) : Une maturité qui n’enlève rien au charme québecois

surunairdedejavulescomboysfringants

surunairdedejavulescomboysfringantsJ’ai découvert Les Cowboys Fringants un peu par hasard à Solidays, il y a maintenant une dizaine d’années. Je n’avais alors absolument jamais entendu parlé d’eux. Très vite le public fut partagé en deux. D’un côté, les enthousiastes, très nombreux à mon grand étonnement, qui connaissaient déjà, et les curieux comme moi. Mais très vite, tout le monde s’est rejoint ! Depuis, je peux le dire, l’affirmer, j’adore ! Et ce n’est pas ce Sur un Air de Déjà-vu qui va me faire changer d’avis !

Les Cowboys Fringants est un groupe qui s’est vraiment fait tout seul. Le premier album, 12 Grandes Chansons, est sorti en 1997 sous forme de…K7 audio, dont ils ont vendu 500 exemplaires aux proches et amis. Cela leur a permis d’auto-produire et d’enregistrer en studio Sur Mon Canapé l’année suivante. Auto-distribué, il s’écoule à un millier d’exemplaires. Commenceront alors les concerts et un bouche à oreille de plus en plus efficace, qui aboutira à Hotel Capri, en 2000, leur premier album réalisé dans le circuit classique. Ils sont depuis très populaires au Québec, dont il milite farouchement pour l’indépendance et possèdent un groupe d’irréductibles fans dans tout le monde francophone. Sur un Air de Déjà-vu constitue leur 10ème album, sorti en 2009.

Il y a deux choses que j’apprécie chez les Cowboys Fringants : la musique et les textes. Ca tombe bien, c’est quand même l’essentiel dans une chanson ! Leur univers musical tourne autour du rock, de la country (forcément vu le nom du groupe) et le folk. Ils mettent toujours beaucoup d’énergie dans leurs interprétations et les airs sont généralement plutôt guillerets. C’est encore le cas dans Sur un Air de Déjà-vu, même si on sent bien que le groupe a évolué. Une certaine maturité se fait sentir. Les accompagnements sont moins fous-fous et plus travaillés, mais gardent tout leur entrain et tout leur attrait.

Ensuite, on aime aussi les Cowboys Fringants pour leur humour. Leurs textes sont souvent plein d’un second degré savoureux. La plupart de leur chansons a pour but de dénoncer un travers de la société de consommation. Ca a parfois été brut de décoffrage à leurs débuts, là encore, dans Sur un Air de Déjà-vu, ils gagnent en maturité et du coup, en subtilité. Le charme reste cependant intact ! Surtout que le chanteur, Karl Tremblay, arrive vraiment à chanter tout en jouant ses textes. L’humour passe au moins autant par la manière dont il interprète les textes que par ces derniers à proprement dits.

Du coup, les Cowboys Fringants se démarquent par le fait que ce sont les rares à vraiment gagner leur accent québecois quand ils chantent. On est fan ou pas, mais cela leur donne une vraie personnalité. Ils sont eux-mêmes et c’est parfait comme ça. Sur un Air de Déjà-vu n’est peut-être pas leur meilleur album, du fait de l’absence d’un vrai grand tube, mais il n’y a vraiment rien à jeter. Une telle densité est rare et montre la qualité du groupe. De plus, on passe d’un univers à l’autre, du rock à la country, du folk à la ballade, si bien qu’on a jamais l’impression d’entendre toujours la même chanson. Le tout sans jamais se prendre au sérieux, ne serait-ce qu’une seule seconde !

Du coup, j’ai un peu de mal à ressortir un titre plutôt qu’un autre sur Sur un Air de Déjà-vu. Mais s’il le faut, je dirais que j’ai un petit coup de cœur pour Chanteur Pop, Pittoresque ! et Vacances 31. Mais honnêtement, tous les morceaux ont leur intérêt et sont vraiment différents des uns des autres, que ce soit par leur style musical ou le sujet abordé.

Sur un Air de Déjà-vu confirme donc tout le bien que je pensais des Cowboys Fringants. La maturité est en train de pointer, mais ils ne perdent rien de leur fraîcheur ! Vive le Québec !

Pour finir, faisons le tour des morceaux que l’on trouve sur cet album.

1.Chanteur Pop
Un retour nostalgique et ironique sur une carrière de chanteur, le tout sur un petit air de guitare.

2. Beau-Frère
Un son plus country, qui fait particulièrement ressortir l’accent québecois du chanteur.

3. La Ballade De Jipi Labrosse
Ballade parodique sur un amour malheureux.

4. Sur Un Air De Déjà Vu
Une chanson assez triste à caractère social.

5. Par Chez Nous
Petite chanson sur un ton enfantin.

6. Sans Tambour Ni Trompette
Comme un chant de marins pour un résultat particulièrement entraînant.

7. Normal Tremblay
Petite chanson sur un jeune homme un peu paumé.

8. 1994
Court intermède parlé.

9. Pittoresque!
Une chanson très ironique sur le Québec.

10. Vacances 31
Une belle chanson dont le texte est prononcée très rapidement.

11. Le Blues D’La Vie
Un texte prononcé de manière très dilettante. Presque autant une chanson qu’un sketch.

12. Titi Tancrède/Le Réel D’La Fesse
Un texte repris par des cœurs. Effet sympa.

13. Rentre A Pied
Ballade un peu triste.

14. Quand Tu Pars
Voix féminine pour un titre qui sonne comme une berceuse.

15. Au Pays Des Sapins Géants
Une très jolie ballade simple à guitare.

16. Döner Au Suivant
Un rock rétro parodique pour finir.

LE BIEN ET LE MAL

barcareal

barcarealVoici deux ans que la planète football se passionne pour les chocs entre le FC Barcelone et le Real Madrid. Il faut dire que se sont sûrement les deux meilleures équipes actuellement en Europe. Mais c’était surtout l’occasion de voir le bien triompher du mal. Le romantisme l’emporter sur le cynisme. Le gars simple et sympa sur la star gominée et antipathique. L’entraîneur élégant sur le mauvais perdant. Mais ce soir, la victoire a changé de camp. Le Real Madrid a triomphé et va être sacré champion d’Espagne.

D’habitude, on se réjouit quand une équipe arrive enfin à ses fins après tant d’échecs. Mais le désamour dont souffre le Real Madrid est profond. Il est injuste, car cette équipe est composée de grands joueurs et Mourinho est incontestablement un des plus grands entraîneurs de l’histoire. Il est aussi justifié par le chemin que cette équipe a longtemps choisi pour contrer le Barca. La destruction contre la création pure, un choix qu’aucun amoureux du football ne pouvait approuver.

Mais ce soir, le Real Madrid a joué tout simplement. Bien sûr, Pepe a encore réalisé quelques interventions un peu limite, mais rien de bien choquant et rien d’anormal pour un match d’un tel enjeu. En pensant uniquement au jeu, le Real l’a enfin emporté. Alors si ce soir, on peut avoir l’impression que le mal a triomphé du bien, en y regardant de plus près, c’est en fait l’inverse. Ce soir, le football sort grandi et prouve que ce n’est pas en le trahissant que l’on peut l’emporter. Madrid est revenu dans le droit chemin et il en a été récompensé. Ah si seulement, cela pouvait être comme ça aussi dans la vie…

En tout cas, après ce match, on n’a qu’une envie. Que les deux clubs se retrouvent en finale de Ligue des Champions !

KRONDOR : L’ENTRE-DEUX-GUERRES, TOME 1 : PRINCE DE SANG (Raymond E. Feist) : 20 ans plus tard, retour réussi

princedesang

princedesangQuand un univers devient familier, vous avez souvent plaisir à le retrouver. C’est le principe même de la série. Après évidemment, le plus difficile reste de savoir se renouveler. Après quatre premiers tomes vraiment convaincants, nous voilà de retour dans le monde de Midkemia avec Krondor : L’Entre-Deux-guerres, tome 1 : Prince de Sang. Un retour très réussi pour un récit très agréable et remplis de nouveautés.

20 ans ont passé depuis la Guerre de la Faille. La paix règne au Royaume de Krondor, même si les tensions sont toujours présentes avec le puissant voisin keshian. Pour les apaiser et pour rendre les deux jeunes gens responsables et dignes de leur rang, le Prince Arutha envoie ses deux aînés, les jumeaux Borric et Erland, au jubilé de l’impératrice. Mais le voyage va vite se révéler semé d’embûches qui pourraient bien replonger les deux puissances dans un conflit sanglant.

Krondor : L’Entre-Deux-Guerres, tome 1 : Prince de Sang évite la routine par deux caractéristiques. Avoir laissé passer deux décennies a permis à Raymond E. Feist de nous proposer de nombreux nouveaux personnages. Certains déjà connus ont simplement vieilli, d’autres sont morts et surtout de nouveaux apparaissent, notamment les deux personnages principaux. On se situe donc dans un univers familier, mais qui a bien changé. Le lecteur est donc très curieux de voir comment les éléments mis en place lors des épisodes précédents ont évolué.

Krondor : L’Entre-Deux-Guerres, tome 1 : Prince de Sang nous emmène également dans des décors nouveaux. Lors des premiers épisodes, le royaume de Kesh-la-Grande est très souvent cité, mais comme un élément extérieur, ne jouant pas un rôle très important dans l’intrigue. Du coup, on ne sait pas grand chose à son sujet. Ce roman nous permet de découvrir ses paysages et sa culture. Raymond E. Feist n’a pas été puisé son inspiration bien loin puisque schématiquement Krondor est un monde médiéval occidental, tandis que Kesh nous plonge en Orient. Mais bon, le fait de se situer dans un univers imaginaire permet évidemment à l’auteur de donner tout de même libre court à sa créativité.

Cependant, Krondor : L’Entre-Deux-Guerres, tome 1 : Prince de Sang peut tout à fait se lire même sans avoir parcouru les épisodes précédents. Bien sûr, un certain nombre de références vous échappera alors, mais rien qui ne gêne vraiment la compréhension de l’intrigue. On peut aussi noter que l’Entre-Deux-Guerres compte un deuxième tome, Le Boucanier du Roi, mais chacun forme un récit indépendant. Ce livre peut donc servir de porte d’entrée au monde de Midkemia, même si évidemment il est toujours préférable de commencer par le début.

Krondor : l’Entre-Deux-Guerres, tome 1 : Prince de Sang est un roman double. En effet, très vite l’intrigue va se séparer en deux lignes narratives qui vont progresser en parallèle. L’un nous plonge dans un récit d’aventures très classiques au décor très oriental. On peut facilement le rapprocher d’autres œuvres qui se situent pourtant sur notre bonne vieille Terre. L’autre nous plonge au cœur des complots et des trahisons qui peuvent changer le cours du destin de ce monde. Là encore, c’est au final assez classique et pas forcément typique de l’heroic fantasy. D’ailleurs globalement, même si la magie est encore présente, on plus proche du roman faussement historique que d’un énième roman inspiré du Seigneur des Anneaux.

En tout cas, les deux aspects sont très réussis, très divertissants, rythmés et parfaitement menés. On dévore vraiment Krondor : l’Entre-Deux-Guerres, tome 1 : Prince de Sang. Cela est du notamment au style très agréable de Raymond E. Feist. Un style qui semble s’être affirmé depuis les premiers épisodes. On sent une grande maîtrise, tout en gardant une légèreté qui permet de parcourir un récit jamais alourdi par les descriptions inutiles. Il nous fait pourtant découvrir un univers inconnu, mais le fait de manière extrêmement vivante et agréable.

Krondor : l’Entre-Deux-Guerres, tome 1 : Prince de Sang pourra donc séduire bien au-delà des amateurs de d’heroic fantasy. En tout cas, tous ceux qui ont apprécié les premiers épisodes ne pourront qu’apprécier ce nouveau voyage.

L’ENFANT D’EN-HAUT : Un film d’en bas

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lenfantdenhautafficheUrsula Meier est une réalisatrice relativement originale. Déjà parce que les femmes restent encore assez peu nombreuses dans ce métier, même si les choses évoluent doucement. Ensuite, elle est suisse, nationalité plus fréquente chez les banquiers, les vendeurs de montres et les chocolatiers (vive les clichés!). Enfin, son premier film, Home, s’était fait remarqué par son scénario inattendu et surprenant. Mais personnellement, je n’avais pas aimé. Son second, L’Enfant d’En-Haut, a été une nouvelle fois salué par la critique. Mais de mon côté, la déception est encore au rendez-vous.

Simon a une dizaine d’années et vit seul avec sa sœur, en bas d’une grande station de ski suisse. Tous les jours, il monte en haut des pistes pour dérober matériel et vêtements qu’il revend pour leur permettre de survivre. Mais combien de temps avant qu’il ne se fasse prendre ?

L’Enfant d’En-Haut souffre pour moi d’un manque flagrant de contenu. La séquence d’exposition dure en fait plus de la moitié du film, avant le rebondissement qui va changer totalement la perspective. Mais une fois qu’il est survenu, le propos reste avant tout contemplatif et rien n’évolue, ni ne se passe. Bref, on s’ennuie ferme. Il n’y avait pas là de quoi faire un long métrage et ça se sent. Toutes les qualités constatées par ailleurs ne peuvent compenser ce vide.

Le propos évite pourtant beaucoup de pièges. Déjà, il n’est pas un énième « les pauvres sont des gens formidables ». Le film ne cherche pas à expliquer, encore moins à excuser. Il constate, il raconte et c’est tout. Mais c’est peut-être trop peu car du coup, on cherche un peu le sens de tout ceci. A ne pas vouloir prendre parti, Ursula Meier a bien du mal à donner de l’épaisseur à cette histoire, qui par ailleurs manque de péripéties.

En fait, la seule chose qui peut sauver L’Enfant d’En-Haut et qui peut expliquer son succès critique reste l’émotion que cette histoire peut susciter. Pour cela, il faut évidemment s’attacher profondément à ce gamin forcé de faire face aux ambiguïtés logiquement réservées aux adultes. Cela n’a pas fonctionné chez moi, c’est clair. De mon point de vue, le personnage est plus intéressant que touchant. Certes, on ne peut ressentir que de l’empathie, mais pas suffisamment pour vraiment vibrer et se projeter dans l’histoire.

lenfantdenhautLe tout est porté par une réalisation très sobre. On ne retrouve pas le petit grain de folie qui habitait Home. Ici, cela reste lisse. Pourtant la majesté des paysages du haut et la tristesse de celui du bas aurait mérité un traitement artistique plus ambitieux. Ce propos social sur la séparation de deux mondes pourtant très proches constitue le cœur de ce film aurait pu transparaître beaucoup plus dans la mise en image. Cela aurait pu donner une autre dimension à l’Enfant d’En-Haut, à défaut de le rendre réellement passionnant.

L’Enfant d’En-Haut nous offre au moins l’occasion de voir Gilian Anderson à l’écran et c’est toujours un plaisir. Quel dommage que l’ex-Dana Scully n’ait pas connu une carrière d’actrice sur grand écran d’un autre calibre. Son talent le méritait. Léa Seydoux par contre est bien partie pour devenir une future immense star. Sa personnalité s’affirme un peu plus à chaque rôle. Son interprétation est ici encore une fois impeccable. La vraie star de ce film reste tout de même Kacey Mottet Klein, que l’on avait déjà vu dans Home. Une belle performance d’acteur malgré son jeune âge, même si son charme n’a pas tout à fait agi sur moi.

Visiblement, je dois être relativement hermétique à l’univers d’Ursula Meier. L’Enfant d’En-Haut restera donc pour moi un film avant tout vide et ennuyeux.

Fiche technique :
Production : Vega Film, Archipel 35
Distribution : Diaphana Distribution
Réalisation : Ursula Meier
Scénario : Ursula Meier, Antoine Jaccoud
Montage : Nelly Quettier
Photo : Agnès Godard
Décors : Ivan Niclass
Musique : John Parish
Costumes : Anne Van Brée
Durée : 100 mn

Casting :
Léa Seydoux : Louise
Kacey Mottet Klein : Simon
Jean-François Stévenin : Le chef cuisinier
Martin Compston : Mike
Gillian Anderson : Kristin Jansen

LA VICTOIRE EST EN LUI… LA VICTOIRE EST EN NOUS

francoishollande3

francoishollande3Je profite des dernières minutes où j’ai le droit de le faire pour livrer un dernier article avant le premier tour de l’Election Présidentielle. Un article que je ne devrais peut-être pas écrire puisque « non, rien n’est joué ! », « il ne faut surtout pas relâcher la mobilisation », « en ayant l’air de crier victoire trop vite on fait le jeu de la droite… ». Mais malgré ma grande imagination et sans avoir l’impression de succomber à mon optimisme légendaire, je ne pense pas prendre beaucoup de risques en affirmant que, oui, François Hollande va remporter l’élection présidentielle.

Il y a cinq ans, je n’étais pas encore militant au parti socialiste et encore moins élu. Il y a cinq ans, je suivais quotidiennement les sondages, je guettais le moindre signe de redressement, le moindre frémissement, combien n’était il que 0,5%. Mais au fond, je le savais, je savais que c’était déjà perdu et même si ce n’est devenu une certitude qu’au soir du débat de l’entre-deux-tours, une part de moi-même savait déjà ce qui nous attendait. Il en est de même cette fois-ci, mais je sais que c’est la victoire qui nous attend.

Je sais que la modestie est censée être une vertu socialiste, mais je n’ai pas peur de dire que François Hollande va remporter l’élection présidentielle parce qu’il l’a mérité, parce que nous l’avons mérité. Cette victoire sera évidemment avant tout la sienne. Je ne faisais pas partie des gens qui imaginaient cela envisageable. Je ne dis pas possible, je dis bien envisageable. De mon point de vue, cela ne faisait même pas partie de l’univers des possibles. J’étais le premier à me moquer de la certitude qu’il affichait, la trouvant ridicule, risible. Il avait raison, j’avais tort.

Les seules choses qui n’ont aucune chance d’arriver sont celles auxquelles on renonce, celles que l’on ne tente même pas. François Hollande vient de le démontrer. Il l’a démontré surtout en suivant toujours le même cap, en proposant encore et toujours les mêmes priorités, les mêmes idées. Jeunesse, justice fiscale, cela semblait léger et bien naïf face à tous ceux qui sont persuadés que les élections ne se gagnent que par une mise en scène de soi spectaculaire et constante. Le personnage était supposé trop lisse, trop mou, trop incompétent et les esprits qui se croyaient brillants qui lui ont été opposés ont pensé ne faire qu’une bouchée de cet homme à qui ils auraient du pourtant envier l’humour et l’esprit. Le parcours de François Hollande n’est pas une nouvelle version du lièvre et de la tortue, mais la simple preuve que marcher toujours en ligne droite avec détermination et obstination reste encore le meilleur moyen d’aller loin.

Alors oui, François Hollande mérite la confiance que s’apprête à lui faire les Français. J’avais envie de dire pleinement, mais elle pourra être totalement pleine que lorsque les résultats seront là. N’oublions jamais qu’une élection n’est jamais une fin en soi, même si, sans elle, vous ne changerez jamais quoique ce soit.

La victoire de François Hollande sera aussi la nôtre. La nôtre, élus locaux de gauche. Bon, je sais, je ne suis qu’un modeste conseiller municipal d’opposition dans une vie très à droite et je sais bien que je n’ai que peu d’impact sur le quotidien de mes concitoyens. Mais dans les Régions, les Départements, les Intercommunalités et les Communes, ils sont nombreux à se battre pour maintenir ce lien social collectif que la droite au pouvoir fait tout pour détruire au niveau national. Leur rôle est souvent ingrat, ils récoltent plus de récriminations que de mercis, du « tous pourris » de ceux qui ignorent tout de leur action quotidienne. Mais ils continuent, ils tiennent bon et ils espèrent que demain le retour de la gauche au pouvoir leur redonnera enfin toutes les armes pour accomplir leur mission.

La victoire de François Hollande sera aussi la nôtre. La nôtre, militants du Parti Socialiste. Je sais que la distribution de tracts par grand froid ne donne pas droit à une médaille et n’apporte souvent que peu de voix au final. Mais ne je pouvais pas ne pas rendre hommage à tous ceux que je côtoie depuis que j’ai adhéré au Parti Socialiste. Ces hommes et ces femmes habités d’un même idéal, prêts à donner leur énergie, leur temps, leur argent pour le faire vivre. Bref, ces gens bien, dont je suis fier de partager le combat, qui m’apportent tant, qui m’enrichissent , qui forcent mon admiration par les engagements associatifs et syndicaux qu’ils exercent par ailleurs et qui eux aussi auront bien mérité cette victoire.

François Hollande doit gagner, va gagner. Parce que la France le vaut bien.

TOGETHER THROUGH LIFE (Bob Dylan) : Le mythe est bien vivant !

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togetherthroughlifebobdylanJe vais peut-être en traumatiser quelques uns, mais non, Knockin’on Haeven’s Door n’est pas une chanson des Gun’s and Roses. C’est bien une chanson de Bob Dylan. On mesure là le caractère assez mythique de ce dernier. Mythe au sens premier du terme puisque tout le monde sait qui il est, mais nombreux sont ceux qui ne connaissent en fait quasiment rien de son œuvre. Il est vrai que seuls Like a Rolling Stone et Blowin’ in the Wind restent des chansons universellement célèbres. Pourtant, c’est bien dommage car la carrière de ce génie regorge de titres sublimes. Pour preuve, ce magnifique Together Through Life.

Bon, comment présenter Bod Dylan en quelques mots. Une carrière commencée dans les années 60 et qui n’a jamais faibli depuis. 34 albums studio pour autant de moments de bonheur musical. Il est sans doute le compositeur qui, au-delà de sa propre carrière, a le eu le plus d’influence sur d’autres artistes. Bref, un monument de la musique ! Together Through Life est sorti en 2009.

Un monument certes, mais qui ne se fait plus tout jeune. C’est évident en écoutant Together Trhough Life. Mais ce n’est pas forcément un mal… En effet, un élément qui rend la musique de Bob Dylan reste sa voix si particulière. Une voix tout sauf harmonieuse et claire, mais qui porte une incroyable personnalité et une formidable émotion. Le poids des ans (et peut-être quelques abus de substances licites ou illicites) ont encore renforcé ces caractéristiques. Sa voix continue de nous raconter une histoire simplement par son timbre.

Together Through Life nous propose du folk-blues-country tout ce qu’il y a de plus classique chez Bob Dylan. Il explore les racines de la musique américaine dans tout ce qu’elle a de plus traditionnel. Et c’est qu’il y a de magique avec ce genre d’immense artiste, c’est que ça reste génial et jamais on n’a l’impression d’entendre quelque chose de déjà étendu. Il y a une telle personnalité, un tel caractère dans chacun de ses titres que c’est un bonheur toujours recommencé. Il n’a jamais été l’artiste le plus innovant, mais il reste la référence à partir de laquelle beaucoup tirent leur inspiration.

Bon si je cherche vraiment la petite bête, je signalerais simplement que This Dream of You et I Feel a Change Comin’ On sont juste un tout petit peu moyens. Mais tout reste relatif. A côté de ça, Together Through Life nous propose surtout de purs joyaux comme My Wife’s Home Town, Forgetful Heart, Jolene Shake Shake Mama ou encore It’s All Good. Bref, on a presque envie de toutes les citer.

Bon, j’avoue que je ne suis pas assez expert de la carrière de Bob Dylan pour vraiment vous dire si Together Through Life est plus sombre, guilleret, folk, blues, country, mélodique ou sombre que le reste de son œuvre. Tout ce que je sais c’est que j’y ai retrouvé tout ce que j’aime chez cet artiste que je connais au fond trop peu comparé à son talent et ce qu’il a apporté à la musique.

Bob Dylan n’est pas tout à fait comme le bon vin, car il est difficile de devenir encore meilleur que ce qu’il est. Mais Together Through Life prouve que son immense talent n’est pas près de s’altérer.

Pour finir, faisons le tour des titres de cet très bel album.

1.: Beyond Here Lies Nothin’
Un blues aux accents rock très classique, mais évidemment parfaitement maîtrisé. La voix a vieilli, est un peu cassée, mais continue de donner tout son charme à cette musique.

2.: Life Is Hard
L’accompagnement à la guitare se livre à une petite séance de « yodel » pour une ballade épurée, où la voix fait une nouvelle fois la différence.

3.: My Wife’s Home Town
La voix se fait plus profonde pour un son très américain et surtout un très bon titre.

4.: If You Ever Go to Houston
Un titre plus enjoué, mais cela reste du pur Bob Dylan.

5.: Forgetful Heart
Une instrumentation épurée sur laquelle la voix dégage beaucoup d’émotion. Un titre simple mais qui porte la marque d’un grand.

6.: Jolene
Un rock rétro. Toujours beaucoup de personnalité avec la voix cassée.

7.: This Dream of You
Une ballade un peu plus transparente.

8.: Shake Shake Mama
Un blues-rock dynamique. La voix part un peu en vrille, mais c’est bon !

9.: I Feel a Change Comin’ On
Le rythme est plus lent, tire sur la ballade. Bien mais sans plus.

10.: It’s All Good
Un son country très profond. Une parfaite conclusion.

LA MENTEUSE EST SANS PITIE (Loren D. Estleman) : Complexité de gare

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lamenteuseestsanspitieJe l’ai déjà évoqué dans ces critiques, mais j’ai un faible pour la littérature du gare. Attention, au sens noble du terme, c’est à dire des récits courts, souvent policiers ou d’espionnage, imprimés sur du papier de qualité médiocre et destinés à être lu pendant les voyages ferroviaires. On peut prendre ça pour de la sous-littérature, mais c’est aussi un univers riche et foisonnant. La crème de la crème du genre se retrouvait sûrement dans la collection Série Noire des éditions Gallimard. Vous y trouverez notamment La Menteuse est Sans Pitié, de Loren D. Estleman.

Amos Walker, détective privée, est embauchée par une star de cinéma. Sa mission : retrouver le parrain de la mafia avec lequel elle sortait avant qu’il ne disparaisse et avec lequel elle voudrait solder les comptes pour reprendre sa liberté. Mais il va vite s’avérer que ceci n’est qu’un test et qu’une toute autre mission l’attende. Et un tout autre employeur.

La Menteuse est Sans Pitié possède une caractéristique assez fréquence dans ce genre de littérature. Au final, on ne voit pas très bien pourquoi ce titre a été choisi. Peut-être que c’est juste une mauvaise traduction du titre orignal, « Sweet Women Lie ». Ce n’est pas très important mais c’est amusant de le noter. Bon, il est vrai qu’il ait beaucoup question de femmes et de mensonges dans ce roman.

La Menteuse est Sans Pitié est en fait beaucoup plus complexe que la plupart des romans de ce type. C’est à la fois sa plus grande originalité, mais aussi sa plus grande faiblesse. Car du coup, il se retrouver un peu les pages entre deux chaises. Le résultat est donc un peu bancal avec par exemple les personnages un rien caricaturaux et dont la psychologie est assez peu fouillée, mais qui se retrouvent à entretenir des relations à tiroir. Du coup, on ne sait pas trop si Loren D. Estleman a eu trop ou au contraire pas assez d’ambition.

La conséquence la plus fâcheuse de tout ça est que La Menteuse est Sans Pitié n’est pas hyper clair dans son dénouement. Il y a beaucoup de rebondissements, de double-jeu, de trahisons diverses et variées. Mais quand toute la vérité se fait, on n’est pas sûr d’avoir bien saisi les motivations de chacun. Bref, ce n’est pas hyper convaincant et amène une petite déception, puisque ce qui avait précédé avait plutôt piqué notre curiosité.

Cette légère confusion est donc due en partie à la complexité de l’intrigue, mais aussi au style de Loren D. Estleman qui n’aide pas toujours. Le style est moins épuré que la plupart des auteurs de cette catégorie. Les dialogues sont eux aussi plus complexes qu’à l’accoutumée, mais cela ne constitue pas qu’un bien. On lutte toujours un peu pour rester accroché à cette intrigue à tiroirs et du coup, on n’a pas vraiment le temps de rentrer complètement dedans et de se laisser porter. Souvent, un bon roman de gare se dévore, là il faut vraiment le lire.

Je terminerai sur un point vraiment positif. La Menteuse est Sans Pitié est raconté à la première personne, le narrateur étant le détective privé. Il ne se gêne pas pour faire des remarques sur ce qu’il pense des autres personnages et des situations. Il le fait toujours avec un certain détachement, mi-ironique, mi-désabusé. Cela apporte une pointe d’humour subtil et surtout un peu de personnalité à ce récit. Du coup, son personnage est le seul ayant vraiment de l’épaisseur et nous inspirant un minimum de sympathie.

La Menteuse est Sans Pitié pourra donc contenter les fans de la collection série noire et les amateurs de littérature de gare. Mais, on doit bien admettre qu’on a fait beaucoup mieux dans le genre.