BLANCHE NEIGE : Incroyable gâchis

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blancheneigeafficheLe cinéma français a eu ses deux remakes de la Guerre des Boutons, sortis à quelques semaines d’intervalle. Hollywood va avoir son double Blanche Neige. On se demande vraiment si c’est une épidémie de manque d’imagination chez les scénaristes. Enfin, après tout, dépoussiérer des vieux mythes peut s’avérer parfois tout à fait salutaire. Tim Burton l’a parfaitement fait avec Alice au Pays des Merveilles. Tarsem Sing s’est par contre bien planté.

Une jeune orpheline nommée Blanche Neige. Une belle-mère devenue reine, mais surtout un peu sorcière. Un miroir magique. Une forêt. Sept Nains. Et naturellement un Prince, beau comme il se doit. Bref, vous connaissez déjà l’histoire…

Blanche Neige, au-delà d’être objectivement un mauvais film, est surtout un formidable gâchis. Un gâchis parce qu’incapable de valoriser ses points forts, à cause d’un conformisme désespérant. Je mentirai si je disais que je me suis ennuyé pendant ce film. Mais il se termine par un tel déluge de politiquement correct et de happy end à la con, que l’on en ressort passablement dégoûté. Si on a souvent disserté sur la faculté de Disney à édulcorer la noirceur des contes jusqu’à les dénaturer, ce n’est rien par rapport à ce qu’accompli le dernier quart d’heure de cette niaiserie cinématographique.

Pourtant, Tarsem Sing avait toutes les cartes en main pour donner une seconde jeunesse à ce conte. Déjà, les moyens financiers car visuellement le film est impeccable. Bon, ce n’est pas hyper créatif et loin de la personnalité d’un univers à la Tim Burton, mais au moins c’est cohérent et pas du tout kitch. Les scènes d’action sont relativement bien menées, avec notamment un duel entre Blanche Neige et le prince qui demeure un des rares bon moments du film. Par contre, le duel final entre les gentils et un méchant dragon reste un summum de platitude, comme si toutes les bonnes idées avaient été épuisées avec la précédente séquence.

Blanche Neige mise beaucoup sur l’humour, si bien qu’il flirte vraiment avec la parodie. Mais il ne choisit vraiment jamais franchement le ton qu’il souhaite adopter. Cela aurait pu être source de richesse, c’est au final tout le contraire. Jamais le film ne va au bout de ses idées, qui restent du coup totalement inintéressantes. C’est parfois drôle, mais c’est aussi souvent lourdingue. Les plus jeunes riront peut-être de bon cœur, les adultes cèderont parfois à la consternation.

En fait, là où le film sombre vraiment, c’est dans la manière dont il revisite les personnages. Sur Blanche Neige pas grand chose à dire, elle est sans doute la plus conforme à ce qu’on connaissait déjà. Le prince est par contre désespérant de platitude conformiste. Comment la jeune fille peut-elle tomber amoureux de ce bellâtre sans intérêt ? On lui pardonnera, vu qu’elle n’est guère sortie du château et n’a donc pas beaucoup d’éléments comparaison. Les nains sont vraiment à l’image du film. Il y a quelques bonnes idées : les nouveaux noms, les caractéristiques plus modernes… Mais encore une fois, tout cela est très mal exploité, souvent lourdingue et tous les éléments qui auraient pu se révéler un tantinet provocateurs sont développés avec le frein à main.

blancheneigeBlanche Neige est parfaitement résumé par le traitement du personnage de la Reine. D’un côté, le film la transforme en sorcière beaucoup plus stupide que machiavélique. Cela aurait pu finalement se révéler pertinent si le ton avait été franchement à la parodie. Comme ce n’est pas le cas, le personnage et bancal et tout sauf convaincant. D’un autre côté, l’interprétation de Julia Roberts est fantastique. Elle met tout son talent, toute son énergie et aurait presque pu sauver le film à elle toute seule, si seulement la tâche n’avait pas été si herculéenne. Tant de talent gâché, ça vous donne des regrets et a de quoi vous mettre en colère.

Le meilleur moment de Blanche Neige est au final son générique de fin. Non parce que le calvaire est enfin fini, mais surtout parce qu’il nous livre le seul moment un peu original et surprenant. La cour qui se met à danser sur une musique bollywoodienne. Une nouvelle preuve qu’avec juste un tout peu plus d’audace et d’imagination, ce film aurait pu constituer une bonne surprise. Espérons que le prochain Blanche Neige et le Chasseur soit d’un tout autre acabit.

Fiche technique :
Production : Citizen Snow Film, Goldmann Pictures, Misha Films, Rat Entertainment, Relativity Media, Yuk Films
Distribution : Metropolitan FilmExport
Réalisation : Tarsem Singh
Scénario : Marc Klein, Jason Keller, Melisa Wallack, d’après le conte des frères Grimm
Montage : Robert Duffy, Nick Moore
Photo : Brendan Galvin
Décors : Tom Foden
Musique : Alan Menken
Costumes : Eiko Ishioka
Durée : 105 mn

Casting :
Julia Roberts : La Reine
Lily Collins : Blanche Neige
Armie Hammer : Le Prince Alcott
Nathan Lane : Brighton
Mare Winningham : Baker Margaret
Michael Lerner : Le Baron
Sean Bean : Le Roi

THE GHOST OF YOU AND ME (Colin Blunstone) : Guimauve musicale

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theghostofyouandmecolinblunstoneAu cours de mes découvertes musicales, il m’est arrivé d’écouter des artistes en me disant mais « qui est ce jeune qui n’en veut ?! », avant de découvrir qu’il s’agit en fait d’un très vieux routier, dont la carrière m’avait pour l’instant échappé. Cela peut constituer parfois de très belles rencontres, comme le dieu de la folk-country, Neil Diamond. Ou parfois, des moments de consternation musicale comme avec The Ghost of You and Me de Colin Blunstone.

Colin Blunston est un chanteur anglais qui a commencé sa carrière dans les années 60, ce qui commence à ne pas remonter à hier. Il a débuté avec le groupe The Zombies, qui se sépara en 1968. Il mène depuis une carrière solo qui l’a conduit à sortir 12 albums, dont un live et un en duo avec Rod Argent. C’est assez peu pour une carrière de près de 45 ans. Ce qui est rare est souvent précieux. Là, je suis moins sûr…

Bon vous l’aurez compris, je n’ai pas du tout apprécier The Ghost of You and Me, album sorti en 2009. Ce n’est pourtant pas réellement mauvais, simplement désespérément plat, mou et sans relief (ce qui est à peu près la même chose que plat, je l’admets, mais j’aime bien livrer les qualificatifs par trois). Un enchaînement de ballades relativement monotone, sans âme et surtout sans aucune originalité. Bref, ça ressemble à de la guimauve musicale.

Les instrumentations essayent pourtant bien de donner un peu de variété aux titres que l’on trouve dans The Ghost of You and Me. On alterne notamment cordes et piano. Le problème est que, quand on passe de l’un à l’autre sur deux titres consécutifs, on a vaguement l’impression d’écouter quelque chose de différent. Mais quand deux titres se suivent avec le même accompagnement, on retombe dans cette totale monotonie présentée globalement par cet album.

La voix manque à la fois de profondeur et de conviction. Du coup, l’émotion est le plus souvent absente, ce qui est embêtant quand on semble ne savoir que proposer des ballades. Même quand il fait un effort à ce niveau-là, comme sur le titre Dance with Life, on n’atteint toujours pas des sommets. Toute la virtuosité artistique ne peut vous toucher si la musique qui est en est issue ne vous touche pas, ne vous parle pas. C’est malheureusement exactement le cas de ce The Ghost of You and Me, qui laisse froid et indifférent.

Si on doit tout de même positive, on pourra retenir un titre. Le seul à vraiment sortir du lot, Any Other Way. C’est le seul de The Ghost of You and Me à ne pas être joué sur le rythme ballade à la guimauve. Ce n’est pas forcément plus entraînant, mais au moins le morceau possède un minimum de personnalité et surtout d’intérêt. Cela démontre surtout que Colin Blunstone est capable de nous livrer autre chose. On peut imaginer qu’il l’a déjà fait, sinon il n’aurait pas connu une carrière s’étendant sur cinq décennies.

The Ghost of You and Me de Colin Blunstone ne présente donc pour moi pas le moindre intérêt. C’est peut-être cruel pour un artiste sexagénaire, mais la vie est dure parfois !

Pour finir, faisons un tour rapide des titres de The Ghost of You and Me.

1.: The Ghost of You and Me
Une ballade qui donne tout de suite le ton guimauve.

2.: Follow
Un peu plus rythmé.

3.: Dance with Life (The Brilliant Light)
Plus d’émotion dans la voix, sans que ça ne casse trois pattes à un canard.

4.: Second Avenue
Du piano en accompagnement, ça change…un peu.

5.: Beginning/Keep the Curtains Closed Today
Des cordes cette fois-ci.

6.: Any Other Way
Toujours sur un fond de cordes, un titre pas sur le rythme de la ballade. Une chanson épurée et dynamique pas mal du tout.

7.: Now I Know I’ll Nevet Get Over You
Un retour à la guimauve.

8.: Feels Like Rain
Toujours sur le même ton.

9.: Love Left a Long Time Ago
Plus de conviction, mais ça ne va pas chercher bien loin.

10.: The Sun Will Rise Again
Une ballade chiante pour finir

RADIOSTARS : Personnages attachants et humour drôle

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radiostarsafficheDes potes, un roadtrip, voilà de quoi faire un film. Une recette assez commune, mais qui peut parfaitement fonctionner quand les ingrédients se marient avec bonheur. Pas forcément de quoi faire le film de l’année, mais au moins nous faire passer un bon moment. C’est exactement le cas de Radiostars, un film bien meilleur que ce que l’on pouvait imaginer. Une comédie sympathique et distrayante.

Le Breakfast club est le morning numéro 1 des radios françaises. Il est présenté par trois joyeux lurons dont le leader, Arnold, est dans le viseur de sa direction, car incontrôlable. Mais tant qu’il est numéro 1, on ne peut rien lui dire… Sauf que l’émission finit par passer en deuxième position en termes d’audience. Ils sont alors envoyés faire la tournée des villes de France en guise de grandes vacances. Dans cette aventure, ils embarquent avec eux Ben, jeune humoriste tout juste revenu de New York.

Un tel film ne peut fonctionner que s’il s’appuie sur deux piliers solides : des personnages sympathiques d’un côté, de l’humour drôle de l’autre. Si un seul des deux est présent, le résultat sera bancal et sera vite oublié. Radiostars a le grand mérite d’être bâti sur deux axes très réussis et surtout parfaitement complémentaires. Typiquement le film qui est plus que la somme de ses parties et qui du coup enthousiasme bien plus que ce qu’il devrait.

Radiostars nous propose quatre personnages principaux et trois un peu plus secondaires. Ils jouent tous un rôle bien différent, mais échappent largement à la caricature et à l’archétype. Romain Levy est arrivé à leur donner vraiment une identité propre qui fait qu’on fini tous par les aimer, mais pour des raisons très différentes. C’est sans doute là le vrai petit plus qui fait que l’on peut avoir très facilement un vrai coup de cœur pour ce film. Ils ne sont pas artificiellement complexes, pas particulièrement singuliers, mais simplement humains et sympathiques.

Ensuite, Radiostars est simplement drôle. Pas hilarant, mais toujours drôle. Il n’y a pas de baisse de régime, de moment plus faible à ce niveau-là. Le comique reste souvent situationnel, même si beaucoup de répliques nous arrachent de vrais éclats de rire. Le tout fait que l’on garde le sourire aux lèvres pendant toute la durée du film. Jamais vulgaire, flirtant mais vraiment de loin avec le lourdingue, l’humour est à l’image des personnages : proche de celui de vous et moi… en un peu mieux quand même je vous rassure.

radiostarsAprès reste une vague intrigue, mais ce n’est pas évidemment le plus important dans un roadmovie. Cependant, le tout est assez bien mené pour que l’on apprécie le dénouement comme une vraie fin à cette histoire. La véritable tension narrative ne survient qu’à la fin, mais on est largement rentré assez profondément dans l’histoire pour vraiment la vivre pleinement. Après, il y a toutes les petites histoires personnelles de chacun, qui ne font pas une grande histoire, mais on est assez attachés à chacun d’eux pour là-aussi prendre vraiment les choses à cœur.

Radiostars offre quatre beaux rôles à quatre beaux acteurs. Clovis Cornillac, Douglas Attal et Pascal Demolon sont très bons et participent pleinement à la réussite de ce film. Cependant, la vraie révélation reste Manu Payet dont le jeu aussi prend ici une autre dimension, prouvant encore une fois que les comiques, correctement dirigés, se révèlent souvent être de très grands acteurs.

Radiostars fait donc souffler un vent de fraîcheur sur ce printemps. Une fraîcheur bien plus agréable que celle provoquée par le vent du Nord qui souffle dehors. Une bonne raison pour aller au cinéma voir ce film.

Fiche technique :
Production : Mars films, Les productions du Trésor, Chaocorp, Picseyes
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Romain Levy
Scénario : Romain Levy, Mathieu Ouillon
Montage : Stéphane Couturier
Photo : Laurent Tangy
Décors : Nicolas de Boiscuillé
Musique : Robin Coudert
Durée : 100 mn

Casting :
Manu Payet : Alex
Clovis Cornillac : Arnold
Douglas Attal : Ben
Pascal Demolon : Cyril
Benjamin Lavernhe : Smiters
Côme Levin : Jérémie
Zita Hanrot : Jennifer
Sam Karmann : J.R. Jablonski
Ana Girardot : Sabrina

AU BOUT DE L’ENNUI

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lyonomHier soir, se tenait un événement phare pour le football français, la finale de la Coupe de la Ligue. Une compétition qui, rappelons-le, n’est ouverte qu’aux clubs professionnels, qu’à la crème, qu’à l’élite. En plus, l’affiche était plutôt prometteuse entre deux 8ème de finaliste de la Ligue des Champions. Bref, presque une finale européenne. Malheureusement, les étoiles sont restées sur le drapeau…

Le match d’hier soir a représenté un calvaire affligé à tous ceux qui ont eu la malchance de le regarder. Jusqu’au bout de l’ennui, comme disait Xavier Gravelaine au micro. D’habitude, les commentateurs ont tendance à nous survendre un spectacle médiocre, histoire que le spectateur ne zappe pas. Mais là, c’était impossible de défendre ce que nous ont montré les deux équipes. Affligeant, presque une insulte à tous ceux qui ont eu la malchance de payer un billet pour assister à une telle parodie. Alors que la France vient de passer derrière le Portugal à l’indice UEFA, on se demande bien en fait comment elle peut être encore si haut en alignant de telles équipes…

Le problème est bien sûr avant tout mental. Côté Lyonnais, les mêmes joueurs ont réussi à produire le merveilleux spectacle d’un Lyon-PSG, achevé sur un 4 partout inoubliable. Ce sont évidemment aussi les mêmes joueurs qui nous avaient déjà livré une parodie de football à Nicosie. On dit souvent que l’enjeu tue le jeu. C’est un lieu commun certes, mais quand on voit jouer le Lyon actuel, on se dit qu’il tue aussi la qualité technique individuelle. Tant de passes ratées hier soir !

Alors, est-ce nos joueurs qui ne savent plus gagner ? Se montrent incapables de jouer dès que la moindre pression pèse sur leurs épaules ? Ou bien est-ce leurs entraîneurs qui, à force de leur imposer des systèmes tactiques dont le seul but est de ne pas prendre de risque, leur imposent de jouer avec le frein à main tellement serrée qu’ils en perdent leur latin ? Je ne sais pas, mais en attendant, qu’est ce qu’on s’emmerde…

TWO SUNS (Bat For Lashes) : Un homme averti…enfin quand il s’en souvient

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twosunsbatforlashesAvant d’écouter Two Suns de Bat For Lashes, je me suis dit que le nom me disait quelque chose… En fait, j’aurais mieux fait de creuser à ce moment-là puisque que depuis je me suis aperçu que j’avais écrit une critique de son premier album, Fur and Gold. Une critique que j’avais intitulée « Tristounet ». J’avais même conclus : « Je ne sais pas ce que vaut le second album, mais j’ai bien d’autres choses à découvrir avant de prendre le risque d’y jeter un oreille« . Et bien, j’aurais mieux fait de m’écouter…

Bat For Lashes n’est pas un groupe, comme son nom pourrait donner à penser, mais une artiste d’origine pakistanaise du doux nom de Natasha Kahn. Elle s’est faite connaître en faisant la première partie du groupe CocoRosie, information capitale, vu que je n’ai aucune idée de quoi ils peuvent ressembler.

Déjà dans ma précédente critique, j’avais souligné que l’univers musical de Bat For Lashes est proche de celui de Björk et Massive Attack, deux artistes qui m’ennuient au plus haut point. Two Suns est exactement dans la même veine, pas de surprise de ce côté là. Et avec la mauvaise foi qui me caractérise, j’ai bien envie de dire pas d’amélioration… On est donc dans un univers pop-électro qui se veut hyper mélodique, mais qui ne l’est parfois pas du tout.

Pourtant, le début de Two Suns donne envie d’y croire. Les quatre premiers titres s’écoutent en effet avec plaisir. Le premier, Glass, sonne comme une introduction. Ce n’est pas hyper enthousiasmant, mais au moins on a envie de poursuivre son exploration de l’album. Bat For Lashes enchaîne ensuite avec Sleep Alone, où la voix est claire et mélodieuse. Le résultat est convaincant. Ensuite, Moon and Moon sonne plus électro, le son est plus évaporé. Bon, ce n’est clairement pas mon style, mais ça reste encore intéressant. Puis vient Daniel, sûrement le meilleur titre de l’album, pour ne pas dire de l’artiste. La voix est plus profonde, plus chaude, ce qui donne tout de suite beaucoup plus de personnalité à sa musique.

La suite de Two Suns est nettement moins réjouissante. Une suite de titres qui tournent en rond et qui ne décollent jamais. On retrouve l’aspect tristounet que j’avais souligné dans la critique de Fur and Gold. Bref, on s’ennuie ferme, même si Good Love e Two Planets viennent nous sortir un tout petit peu de notre torpeur. Mais bon, l’encéphalogramme ne fait pas des bonds non plus.

Je dois cependant souligner une amélioration par rapport à Fur and Gold. En effet, j’avais alors décrit la voix de Bat For Lashes de désagréable. Je ne sais pas si c’est lié à mon humeur à l’écoute de ces deux albums, mais je l’ai trouvée cette fois-ci plutôt harmonieuse, un des rares points fort de Two Suns. Une vraie maîtrise à ce niveau-là, même si cela reste bien insuffisant pour offrir à elle-seule un réel intérêt à cet album.

Bon promis, j’arrête définitivement le Bat For Lashes ! Enfin, si je ne perds pas la mémoire d’ici là…

Pour finir, faisons le tour des titres de Two Suns.

1.: Glass
Un rythme lent et un peu martelé pour ce titre qui sonne comme une introduction.

2.: Sleep Alone
Lent et mélodieux, assez joli grâce à une voix particulièrement délicate.

3.: Moon And Moon
Un son plus évaporé et électro.

4.: Daniel
La voix se fait ici plus profonde, plus chaude et c’est tout de suite bien meilleur.

5.: Peace Of Mind
Lent, évaporé, mais surtout un peu mou.

6.: Siren Song
Dans la même veine que le titre précédent.

7.: Pearl’s Dream
Un titre qui tourne en rond et qui ne décolle jamais.

8.: Good Love
La voix est à nouveau plus profonde et cela donne immédiatement plus de personnalité à ce morceau.

9.: Two Planets
Une voix très claire sur des percussions. Envoûtant.

10.: Travelling Woman
Une instrumentation épurée sur laquelle la voix fait tout. Mais est-ce biens suffisant ?

11.: The Big Sleep
Un titre qui porte bien son nom…

TWIXT : Plaisir pas vraiment partagé

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twixtafficheA 73 ans, Francis Ford Coppola a décidé de ne plus faire que des films plutôt intimistes avec lequel il se fait plaisir. C’est bien son droit après tout et surtout après une telle carrière. D’ailleurs, sa dernière très grosse production remonte à 1992 avec Dracula. Cependant, cela ne n’empêcherait pas de faire des films qui présentent un minimum d’intérêt. Car après un Homme Sans Age, absolument incompréhensible, et un Tetro qui laissait quelque peu perplexe, il revient à Twixt, un film vaguement de vampire, vaguement d’horreur, qui ne soulève une nouvelle fois guère l’enthousiasme.

Hall Baltimore est un romancier spécialisé dans les histoires de sorcellerie. Mais sa carrière est en déclin. Lors d’une séance de dédicaces dans un petite ville du fin fond des Etats-Unis, il tombe sur son seul fan du secteur, le shérif du coin. Ce dernier lui explique qu’il écrit lui-même et lui propose de rédiger tous les deux un roman sur ce qu’il croit être le serial-killer local. Il’ l’emmène d’ailleurs à la morgue de la ville, où le cadavre d’une jeune fille attend le passage du légiste. L’écrivain décline dans un premier temps la proposition, mais un rêve mystérieux va le faire changer d’avis.

On peut faire un bon film avec un scénario incompréhensible. Sinon David Lynch n’aurait pas connu une telle carrière. Cependant, l’exercice a ses limites et si on perd le spectateur, il va vite tomber dans un désintérêt total. Twixt nous laisse perplexe pendant toute sa durée. On attend éventuellement que le dénouement vienne donner un peu de sens à l’ensemble. C’est exactement le contraire qui se produit et du coup, on en ressort sur un vrai sentiment de déception.

En fait, j’ai beau remuer les choses dans tous les sens, le scénario de Twixt n’a tout simplement pas grand intérêt. Son côté ésotérique est malheureusement faussement poétique. Le suspense n’en est pas un, vu que l’on ne comprend même pas quel est l’enjeu. Il est structuré autour de plusieurs couches qui s’entrecroisent, mais aucune n’arrive vraiment à nous faire entrer dans cette histoire plus obscure que mystérieuse. Bref, on s’ennuie…

A côté de ça, Twixt reste quand même merveilleusement bien réalisé. Les deux ambiances visuelles entre rêves et réalités affichent toutes les deux une vraie personnalité, signe d’une maîtrise artistique hors du commun. Un grand est derrière la caméra et ça se sent. Cela aurait pu donner une formidable dimension à ce film si le scénario avait été vraiment percutant. Là, cela tourne à l’exercice de style un peu vain. De l’art pour l’art, mais puisqu’il n’a guère de sens, n’arrive absolument pas à soulever la moindre étincelle d’enthousiasme chez le spectateur.

twixtTwixt a divisé la critique. Il est vrai que si vous arrivez à entrer dans cette histoire, vous pourrez trouver ce film sublime. C’est l’effet tout ou rien. Bon, vous aurez bien compris où je me situais personnellement. Après à chacun de se faire son opinion. De toute façon, Francis Ford Coppola a toujours signé des œuvres qui ne laissent pas indifférents qui possèdent de nombreux adeptes, mais aussi des détracteurs vindicatifs.

Twixt permet de revoir à l’écran Val Kilmer. Il fait du Val Kilmer, c’est à dire qu’il interprète son rôle sans être particulièrement expressif. Lorsque George Clooney lui avait succède dans le costume de Batman, il avait déclaré « si Val Kilmer l’a fait, tout le monde peut le faire… ». A ses côtés, Bruce Dern et Ben Chaplin sont nettement plus intéressants. Mais la vraie star reste la jeune Elle Fanning, déjà vue dans Somewhere (de Sofia Coppola) et dans Super 8.

Avec Twixt, Francis Ford Coppola s’est certainement fait plaisir. Par contre, il ne me l’a pas fait spécialement.

Fiche technique :
Production : American Zoetrope
Distribution : Pathé distribution
Réalisation : Francis Ford Coppola
Scénario : Francis Ford Coppola
Montage : Kevin Bailey, Glen Scantlebury, Robert Schafer
Photo : Mihai Malaimare Jr.
Décors : Katherine Covell
Musique : Dan Deacon, Osvaldo Golijov
Costumes : Marjorie Bowers
Durée :
89 mn

Casting :
Val Kilmer : Hall Baltimore
Bruce Dern : Bobby LaGrange
Ben Chaplin : Edgar Allan Poe
Elle Fanning : V
Joanne Whalley : Denise
Davis Paymer : Sam Malkin

CASSIE (John Saul) : N’est pas Stephen King qui veut

cassie

cassieLe bookcrossing consiste à laisser un livre dans un lieu public pour qu’il soit ramassé puis évidemment lu par une autre personne, qui devra poursuivre la chaîne. J’ai récupéré Cassie de John Saul de cette manière. Bon, plus précisément, c’est mon ex-copine qui l’a sauvé du tri sélectif, mais il y avait un petit mot à l’intérieur « Lisez et passé à quelqu’un d’autre » (je retranscris aussi la faute d’orthographe). Après avoir écrit cette critique, c’est ce que je ferai. Peut-être dès demain dans le RER.

Cassie quitte Los Angeles pour une petite ville, après le décès de sa mère pour aller vivre avec son père et sa nouvelle femme. Elle a du mal à se faire accepter par les autres adolescents de son lycée. Cela ne s’arrange pas quand elle se lie d’amitié avec Miranda, une vieille ermite considérée au mieux comme folle, ou parfois même comme une sorcière. Encore moins quand une série d’évènements sanglants va se produire, visiblement liée à la jeune fille.

Je ne sais pas si le traducteur a voulu faire un lien avec le Carrie de Stephen King en traduisant « The Unwanted » de cette manière, mais c’est vrai qu’on se dit parfois qu’il y a quelques vagues similitudes entre les deux histoires. Mais si John Saul, si j’en crois Wikipedia, a toujours connu un certain succès outre-Atlantique, il a bien du mal à soutenir la comparaison avec le maître incontesté de l’horreur. Car disons le tout net, Cassie est un livre qui se laisse lire, mais sans surprise et sans grande imagination.

Cassie est avant tout sauvé par son style. En effet, la plume de John Saul est très agréable à suivre. Ce n’est pas de la grand littérature, mais elle est fluide et d’une très grande clarté. Elle ne cherche pas à impressionner inutilement et reste totalement au service de l’intrigue. Le roman n’est pas excessivement long et se parcourt donc avec rapidité et facilité. Certains, trouveront peut-être cette écriture un peu lisse, mais elle a au moins le mérite d’être d’une efficacité pragmatique.

On parcourt Cassie en ayant toujours l’impression de parcourir du déjà-lu. Les personnages, le contexte, le déroulé des évènements, tout cela n’a vraiment rien d’original. Il n’y a rien non plus de subversif, de dérangeant ou de réellement malsain. Du coup, on glisse vraiment sur le récit plutôt que l’on y pénètre réellement. Le dénouement est lui aussi également sans surprise, le rebondissement final étant visible de très loin. Bref, on a vraiment l’impression que John Saul ne s’est pas non plus foulé des masses !

L’adolescente mal dans sa peau et qui a du mal à se faire accepter, la famille recomposée pleine de bonne volonté, l’alcoolique qui bat femme et fils, autant de personnages que l’on retrouve souvent dans ce genre de littérature, Stephen King en tête. L’héroïne arrive bien à créer un minimum de sympathie à son égard. Mais jamais le lecteur n’arrive à ressentir une empathie totale, empêchant ainsi le récit de dégager une véritable tension. Même quand il est question de vie ou de mort, on n’a pas de pincement au cœur et on n’a pas vraiment la sensation qu’il y a un véritable enjeu.

Cassie est sorti en 1987. Il apparaît désormais relativement dépassé. Certes, les histoires de sorcellerie et de magie existent depuis toujours. Mais le roman de John Saul ne pourra séduire réellement qu’un public assez jeune, qui peut encore s’accommoder de son caractère assez soft. Mais à l’heure de Twillight, la littérature jeunesse offre une multitude d’œuvres de bien meilleure qualité. Je ne veux pas dire forcément que ce roman soit vraiment mauvais dans l’absolu, mais on est quand même tenté de le qualifier de médiocre au vu de la concurrence.

Je ne sais donc pas si je fais vraiment un cadeau à celui qui ramassera ce livre. Je n’ai pas passé un mauvais moment. Mais un moment que j’oublierai très vite.

SUR LA PISTE DU MARSUPILAMI : Houba houba pas top, mais pas flop non plus

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surlapistedumarsupilamiafficheAprès avoir fait vivre, avec une immense réussite, l’univers de René Goscinny avec Asterix et Obelix, Mission Cléopatre, Alain Chabat s’attaque cette fois à celui d’André Franquin, le papa de Spirou et de Gaston Lagaffe, avec Sur la Piste du Marsupilami. Il était sûrement l’homme de la situation, même si le résultat final est très inégal.

Dan Géraldo est un grand reporter, mais dont l’audimat a tendance à flancher. Sa patronne lui lance donc un ultimatum et l’envoie en Palombie, là où il avait réalisé son premier reportage. Il doit y retrouvé Pablito, moitié vétérinaire, moitié escroc, qui doit le mettre en contact avec le chef d’une mystérieuse tribu. Les deux hommes vont être entraînés dans une aventure inattendue, sur fond de prophétie et sur les traces d’un animal « qui n ‘existe pas mais qui n’existe ».

Les critiques à propos de Sur la Piste du Marsupilami ont souvent souligné le début un peu poussif de ce film. Je trouve que leur notion de début est assez large : un tiers, une moitié, les deux tiers… Bon, il est vrai que les choses s’accélèrent progressivement avant une dernière demi-heure qui décolle enfin. Globalement ce film propose le meilleur, mais aussi le pire de l’humour Nul. Une suite un peu décousue de gags plus ou moins efficaces, qui ressemblent souvent à un grand n’importe quoi. Une recette qui marchait très bien sur petit écran et dans des formats courts, mais qui touche ses limites sur le grand avec un long métrage.

Le meilleur tient dans des répliques potentiellement cultes, qui font mouche et qui nous feraient presque oublier tout le reste. Mais Sur la Piste du Marsupilami restera surtout dans les mémoires pour LE moment de bravoure comique de l’année. Même si nous ne sommes qu’en avril, on peut déjà l’annoncer. Une prestation inoubliable signée Lambert Wilson ! Il serait dommage de dire quoique ce soit de plus, mais rien que pour ces trois minutes de pur bonheur, ce film mérite d’être vu.

Alain Chabat n’a pas non plus son pareil pour nous proposer des personnages lunaires, qui emportent immédiatement la sympathie. Bien sûr, ils contribuent à cette impression de manque de maîtrise. L’ancien Nul n’est clairement pas le plus grand spécialiste de la direction d’acteurs et laisse un peu trop ses interprètes, et lui-même pas la même occasion, cabotiner un maximum, faisant perdre son rythme au film. D’un autre côté, cela apporte une certaine poésie qui colle assez bien avec l’univers de Franquin, où de Gaston Lagaffe au Professeur Champignac, les personnages lunaires sont légion.

Sur la Piste du Marsupilami est aussi une sorte d’hommage aux grands films d’aventures populaires. Mais l’équilibre avec l’humour souffre du manque évident de maîtrise de la réalisation. Du coup, les deux aspects se superposent, sans réelle synergie. Or, c’est quand l’intrigue proprement dite gagne en rythme et en consistance que le film devient bien meilleur. Cela cadre un minimum les choses et fait enfin ressembler le film à un long métrage, plutôt qu’à une succession de sketches télévisés. Dommage que cela survienne si tardivement.

surlapistedumarsupilamiUn mot enfin sur la bête elle-même. Plus largement, Sur la Piste du Marsupilami est visuellement très réussi, absolument pas kitch ou cheap. Le Marsu est lui même adorable et très expressif et les scènes où il se bat sont très convaincantes. Et ceux qui, comme moi, ont toujours eu un faible pour l’album de Spirou « le Nid du Marsupilami » seront émus de le voir prendre vie sous leurs yeux. Les moyens ont été mis, l’œuvre d’André Franquin valait bien ça. Après, comme pour Lucky Luke, cela ne signifie pas pour faire un grand film.

Les deux grandes stars de Sur la Piste du Marsupilami sont donc au final Lambert Wilson et le Marsu lui-même. Bon, Alain Chabat et Djamel Debouzze sont ceux qui restent de loin les plus longtemps à l’écran, mais ils se contentent simplement de réciter ce qu’ils savent faire de mieux. C’est déjà pas mal, mais pas suffisant pour surprendre et enthousiasmer. Fred Testot et Patrick Timsit s’en donnent par contre à coeur-joie et leur énergie est vraiment communicative.

Au final, Sur la Piste du Marsupilami n’est ni vraiment réussi, ni tout à fait raté. Il constitue un divertissement agréable où les vraiment moments de pur bonheur font oublier les nombreux passages beaucoup plus faibles.

Fiche technique :
Production : Chez Wam, Pathé, TF1 Film production
Distribution : Pathé distribution
Réalisation : Alain Chabat
Scénario : Alain Chabat, Jeremy Doner, d’après l’oeuvre de André Franquin
Montage : Marilyne Monthieux
Photo : Laurent ailland
Décors : Olivier Raoux
Musique : Bruno Coulais
Effets spéciaux : BUF Compagnie, BeDigital
Durée : 105 mn

Casting :
Jamel Debbouze : Pablito Camaron
Alain Chabat : Dan Geraldo
Fred Testot : Hermoso
Lambert Wilson : Général Pochero
Patrick Timsit : Caporal
Géraldine Nakache : Pétunia
Aïssa Maïga : Clarisse
Jacques Weber : Papa
Liya Kebede : Reine Paya

MISS METEORES (Olivia Ruiz) : Talent confirmé

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missmeteoresoliviaruizLa télévision, la télé-réalité et la Star Academy en particulier n’ont pas apporté grand chose au monde, à part peut-être une génération encore un peu plus lobotomisée que la précédente. Mais elle nous a tout de même permis de découvrir un vrai talent, qui a eu la bonne idée de ne pas gagner, mais d’aller vivre sa vie et sa carrière. J’ai nommé Olivia Ruiz et plus précisément, son troisième album, Miss Météores.

Olivia Ruiz a donc été demi-finaliste de la première Star Academy, éliminée par Jenifer, ce qui prouve que les spectateurs de TF1 n’ont décidément aucun goût. Deux ans plus tard, en 2003, elle sort son première album, J’aime Pas l’Amour qui passe relativement inaperçu. Le succès viendra avec le deuxième, la Femme Chocolat, sorti en 2005, écrit avec les chanteurs des Têtes Raides, de Tryo et surtout Mathias Malzieu de Dionysos, devenu son compagnon dans la vie. Ce CD s’écoule à 1 100 000 exemplaires (contre 80 000 pour le premier). Miss Météores, sorti en 2009, confirme son statut de valeur sûre de la chanson française (400 000 exemplaires vendus).

Miss Météores reprend tout ce qui avait si bien marché dans La Femme Chocolat. Seuls les textes sont un peu moins bons, avouons-le. Les principaux singles sont sympas mais moins inoubliables que J’traine des Pieds par exemple. Le titre phare Elle Panique est sûrement le plus réussi. On pourra d’ailleurs remarquer qu’il traite lui aussi du temps qui passe, en mode inquiétude cette fois-ci et non nostalgique. Mais c’est un peu plus direct, moins poétique. Cependant, on retrouve cet humour, ce second degré qu’elle partage évidemment avec Dionysos, même si ses textes ont un vrai sens, beaucoup plus ancré dans le quotidien.

Olivia Ruiz a évidemment gardé sa voix dans Miss Météores. Cette dernière dégage une vraie personnalité et n’a pas la tonalité claire des interprètes formatées. Elle n’a pas non plus la voix grave ou cassée des chanteuses folk ou country. Elle se situe un peu entre les deux, pouvant monter dans les aigus ou monter dans les graves, sans forcément atteindre des hauteurs ou des profondeurs abyssales. Elle propose un timbre bien à elle, auquel on peut parfois reprocher un manque de maîtrise ou d’harmonie, mais au moins ne sonne pas comme tant d’autres.

Les instrumentations restent relativement simples. Elles constituent vraiment un support aux textes et au chant, et jamais les musiciens ne se lancent dans de longs solos. Elles insufflent l’énergie nécessaire aux titres pour que Miss Météores s’écoute avec un réel plaisir au-delà de la compréhension des textes. L’album comporte aussi un certain nombre de chansons en anglais et même une en espagnol, où les accompagnements sont souvent plus dynamiques et élaborés. Après, on peut trouver qu’elle chante avec un fort accent français, mais ce n’est pas forcément très gênant.

Miss Météores se démarque surtout par sa densité et sa diversité. Les titres ne se ressemblent vraiment pas et ils sont tous de grande qualité. Encore une fois, il manque peut-être de vrais tubes à mettre en avant, en dehors de Elle Panique, mais l’ensemble se tient et offre un vrai bon moment de bonheur musical. Un album à la fois abouti et sympathique qui démontre que le talent d’Olivia Ruiz n’est pas encore en train de s’essouffler.

Miss Météores reste donc un très bon album, qui confirme tout le bien que l’on pensait d’Olivia Ruiz. On attend la suit avec impatience.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur cet album.

1.: Elle Panique
Le principal single, une chanson très sympa sur le temps qui passe.

2.: Les Crêpes Aux Champignons
Un son plus rock, mais toujours le même humour au second degré.

3.: Belle A En Crever
Un texte plus poétique, plus sombre, mais le résultat est toujours très bon.

4.: Spit the Devil
Un morceau plutôt country en anglais. Très sympa car la voix colle parfaitement.

5.: Les Météores
Un titre triste avec de l’émotion.

6.: Mon Petit Á Petit
Une alternance entre douceur et rock, qui donne un très bon résultat.

7.: When the Night Comes
Une duo en anglais pour une très belle chanson douce et mélodique.

8.: Le Saule Pleureur
Une instrumentation guillerette et joyeuse, malgré un texte plutôt triste.

9.: Quedate
Un duo en espagnol très sympa.

10.: La Mam’
Un titre plus fantaisiste, plus brouillon aussi, mais la voix fait tout de même la différence.

11.: Don’t Call Me Madam
Un rythme tropicalo-rock pour ce très bon titre en anglais.

12.: Peur Du Noir
Une chanson mélancolique sur l’enfance.

13.: Eight O’Clock
Un duo en anglais, très mélodique, un simple air de piano.

TITANIC : 3D, 2D, on s’en fout, seule demeure la légende

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titanicafficheIl y a les films. Puis il y a les bons films. Ensuite les grands films. Et enfin, il y a les films qui se situent au-delà de tout ça. Les films qui vous rappelle pourquoi vous pouvez aimer si passionnément le cinéma. Les années passant, ils deviennent ce qu’on appelle des classiques, continuant d’émerveiller générations après générations. Titanic fait incontestablement partie de ces films-là. Alors avoir l’occasion de le revoir sur grand écran est une chance qu’il ne faut pas laisser passer.

Jack Dawson gagne sa place sur le Titanic quelques minutes avant le départ, à l’occasion d’une partie de poker. Sur le bateau, il sauve Rose du suicide. La jeune femme, passagère de première classe est la fiancée d’un riche héritier qu’elle méprise. Mais sa mère, désargentée, compte sur ce mariage pour survivre. Malgré le dilemme, des sentiments que rien ne pourra arrêter vont naître entre Rose et Jack. Que rien ne pourra arrêter, sauf peut-être un célèbre iceberg.

Bon, commençons par un mot sur la 3D. Personnellement, je trouve que c’est comme la galette, c’est bon quand c’est bien fait. Ca a l’avantage de mettre en valeur les arrières-plans en leur donnant de la profondeur. Sauf que ce film se passe essentiellement soit en intérieur, soit avec l’océan à perte de vue en fond. Bref, la 3D est techniquement très réussie mais n’avait de toute façon pas grand chose à apporter.

Revenons donc au cœur du sujet. Titanic est un film Kisscool. Un film double effet. D’un côté, vous avez l’intrigue, cette histoire d’amour archi-classique, mais dans lequel on se laisse prendre grâce à ses personnages. James Cameron nous raconte une histoire éternelle mais qui n’a jamais lassé. De l’Iliade à Titanic, tant d’auteur nous ont compté des passions impossibles entre deux êtres que tout sépare. Le roi et la bergère, même si, ici, on est plutôt face à la reine et le berger. On n’est pas vraiment surpris par le fond de l’histoire, mais qu’importe, elle est trop bien racontée pour qu’on n’en tienne rigueur.

De l’autre côté, il y a bien sûr le décor. L’océan, un bateau, mais surtout un mythe, celui du Titanic. Là-aussi, quelque part, on est face à une histoire éternelle. Celle de la folie des grandeurs humaine qui finit toujours par se terminer en désastre. Ce paquebot fut une Tour de Babel moderne. La plus grande force de James Cameron est d’avoir su faire revivre ce mythe en mêlant son intrigue avec toutes les anecdotes déjà connues, comme l’orchestre qui joue jusqu’au bout. La petite et la grande histoire se mêlent. Bien sûr, quelques effets spéciaux ont un peu vieilli, notamment les survolés du bateau, où les passagers ont l’air de personnages de vieux jeux-vidéos. Mais tout cela est bien fugace et le décor de ce film continue d’émerveiller, de faire rêver, de fasciner.

titanicEnfin, le génie de Titanic tient dans le talent de James Cameron, qui n’est peut-être pas le plus grand réalisateur de l’histoire d’un point de vue purement artistique, mais qui a toujours été remarquablement imaginatif et inventif. Ce film est le seul à ma connaissance à contenir sa propre bande-annonce. La première partie où est présentée une reconstitution numérique du naufrage nous met à la bouche « Quoi ? Nous allons assister à ça, mais c’est incroyable ! ». Le spectateur brûle alors d’impatience et ne ressortira plus jamais du film. Désormais, on est peut-être moins facilement impressionné par les effets-spéciaux, mais la scène où le paquebot se retrouver à la verticale avant de sombrer définitivement reste une des plus spectaculaires de l’histoire du 7ème art.

Titanic restera à jamais dans nos mémoires, c’est aussi grâce à son duo d’acteurs. Bon, Leonardo Di Caprio était encore dans sa phase « j’ai une tête d’ado prépubère » qui m’horripilait franchement à l’époque. Mais le talent est déjà là et on comprend aisément que Rose puisse vouloir tout lâcher pour lui (surtout quand on voit ce qu’il l’attend par ailleurs). A ses côtés, l’immense Kate Winslet commençait une grande carrière qui lui a valu 5 nominations aux Oscars, bien qu’elle tourne finalement assez peu, avant d’être enfin récompensée pour The Reader. Sa présence à l’écran, son charisme, font d’elle la vraie seconde star de ce film… après le bateau bien sûr.

Quand on pense à Titanic, on ne sait pas quel est est son plus grand exploit. Celui d’être le film ayant fait le plus d’entrées dans l’histoire du cinéma en France ou bien celui de nous faire supporter Céline Dion pendant le générique de fin. Quoiqu’il en soit les deux sont la marque d’un film inoubliable.

Fiche technique :
Réalisation et scénario : James Cameron

Production : James Cameron et Jon Landau (producteurs) ; Rae Sanchini (producteur délégué) ; Al Giddings, Grant Hill et Sharon Mann (co-producteurs) ; Pamela Easley (productrice associée)

Musique: James Horner

Direction artistique : Martin Laing et Charles Dwight Lee, sous la supervision de Peter Lamont

Costumes : Deborah Lynn Scott

Photographie : Russell Carpenter

Sociétés d’effets spéciaux : notamment Digital Domain et Industrial Light & Magic

Son : Christopher Boyes

Montage : Conrad Buff, James Cameron et Richard A. Harris

Durée : 194 minutes

Casting :
Leonardo DiCaprio : Jack Dawson

Kate Winslet : Rose Dewitt Bukater jeune

Billy Zane : Caledon Hockley

Bill Paxton : Brock Lovett

Gloria Stuart : Rose Dawson Calvert âgée

Frances Fisher : Ruth Dewitt Bukater

David Warner : Spicer Lovejoy

Lewis Abernathy : Lewis Bodine

Danny Nucci : Fabrizio De Rossi

Suzy Amis : Lizzy Calvert

Jason Barry : Tommy Ryan