
Une jeune orpheline nommée Blanche Neige. Une belle-mère devenue reine, mais surtout un peu sorcière. Un miroir magique. Une forêt. Sept Nains. Et naturellement un Prince, beau comme il se doit. Bref, vous connaissez déjà l’histoire…
Blanche Neige, au-delà d’être objectivement un mauvais film, est surtout un formidable gâchis. Un gâchis parce qu’incapable de valoriser ses points forts, à cause d’un conformisme désespérant. Je mentirai si je disais que je me suis ennuyé pendant ce film. Mais il se termine par un tel déluge de politiquement correct et de happy end à la con, que l’on en ressort passablement dégoûté. Si on a souvent disserté sur la faculté de Disney à édulcorer la noirceur des contes jusqu’à les dénaturer, ce n’est rien par rapport à ce qu’accompli le dernier quart d’heure de cette niaiserie cinématographique.
Pourtant, Tarsem Sing avait toutes les cartes en main pour donner une seconde jeunesse à ce conte. Déjà, les moyens financiers car visuellement le film est impeccable. Bon, ce n’est pas hyper créatif et loin de la personnalité d’un univers à la Tim Burton, mais au moins c’est cohérent et pas du tout kitch. Les scènes d’action sont relativement bien menées, avec notamment un duel entre Blanche Neige et le prince qui demeure un des rares bon moments du film. Par contre, le duel final entre les gentils et un méchant dragon reste un summum de platitude, comme si toutes les bonnes idées avaient été épuisées avec la précédente séquence.
Blanche Neige mise beaucoup sur l’humour, si bien qu’il flirte vraiment avec la parodie. Mais il ne choisit vraiment jamais franchement le ton qu’il souhaite adopter. Cela aurait pu être source de richesse, c’est au final tout le contraire. Jamais le film ne va au bout de ses idées, qui restent du coup totalement inintéressantes. C’est parfois drôle, mais c’est aussi souvent lourdingue. Les plus jeunes riront peut-être de bon cœur, les adultes cèderont parfois à la consternation.
En fait, là où le film sombre vraiment, c’est dans la manière dont il revisite les personnages. Sur Blanche Neige pas grand chose à dire, elle est sans doute la plus conforme à ce qu’on connaissait déjà. Le prince est par contre désespérant de platitude conformiste. Comment la jeune fille peut-elle tomber amoureux de ce bellâtre sans intérêt ? On lui pardonnera, vu qu’elle n’est guère sortie du château et n’a donc pas beaucoup d’éléments comparaison. Les nains sont vraiment à l’image du film. Il y a quelques bonnes idées : les nouveaux noms, les caractéristiques plus modernes… Mais encore une fois, tout cela est très mal exploité, souvent lourdingue et tous les éléments qui auraient pu se révéler un tantinet provocateurs sont développés avec le frein à main.

Le meilleur moment de Blanche Neige est au final son générique de fin. Non parce que le calvaire est enfin fini, mais surtout parce qu’il nous livre le seul moment un peu original et surprenant. La cour qui se met à danser sur une musique bollywoodienne. Une nouvelle preuve qu’avec juste un tout peu plus d’audace et d’imagination, ce film aurait pu constituer une bonne surprise. Espérons que le prochain Blanche Neige et le Chasseur soit d’un tout autre acabit.
Fiche technique :
Production : Citizen Snow Film, Goldmann Pictures, Misha Films, Rat Entertainment, Relativity Media, Yuk Films
Distribution : Metropolitan FilmExport
Réalisation : Tarsem Singh
Scénario : Marc Klein, Jason Keller, Melisa Wallack, d’après le conte des frères Grimm
Montage : Robert Duffy, Nick Moore
Photo : Brendan Galvin
Décors : Tom Foden
Musique : Alan Menken
Costumes : Eiko Ishioka
Durée : 105 mn
Casting :
Julia Roberts : La Reine
Lily Collins : Blanche Neige
Armie Hammer : Le Prince Alcott
Nathan Lane : Brighton
Mare Winningham : Baker Margaret
Michael Lerner : Le Baron
Sean Bean : Le Roi


Après reste une vague intrigue, mais ce n’est pas évidemment le plus important dans un roadmovie. Cependant, le tout est assez bien mené pour que l’on apprécie le dénouement comme une vraie fin à cette histoire. La véritable tension narrative ne survient qu’à la fin, mais on est largement rentré assez profondément dans l’histoire pour vraiment la vivre pleinement. Après, il y a toutes les petites histoires personnelles de chacun, qui ne font pas une grande histoire, mais on est assez attachés à chacun d’eux pour là-aussi prendre vraiment les choses à cœur. 


Twixt a divisé la critique. Il est vrai que si vous arrivez à entrer dans cette histoire, vous pourrez trouver ce film sublime. C’est l’effet tout ou rien. Bon, vous aurez bien compris où je me situais personnellement. Après à chacun de se faire son opinion. De toute façon, Francis Ford Coppola a toujours signé des œuvres qui ne laissent pas indifférents qui possèdent de nombreux adeptes, mais aussi des détracteurs vindicatifs.

Un mot enfin sur la bête elle-même. Plus largement, Sur la Piste du Marsupilami est visuellement très réussi, absolument pas kitch ou cheap. Le Marsu est lui même adorable et très expressif et les scènes où il se bat sont très convaincantes. Et ceux qui, comme moi, ont toujours eu un faible pour l’album de Spirou « le Nid du Marsupilami » seront émus de le voir prendre vie sous leurs yeux. Les moyens ont été mis, l’œuvre d’André Franquin valait bien ça. Après, comme pour Lucky Luke, cela ne signifie pas pour faire un grand film.

Enfin, le génie de Titanic tient dans le talent de James Cameron, qui n’est peut-être pas le plus grand réalisateur de l’histoire d’un point de vue purement artistique, mais qui a toujours été remarquablement imaginatif et inventif. Ce film est le seul à ma connaissance à contenir sa propre bande-annonce. La première partie où est présentée une reconstitution numérique du naufrage nous met à la bouche « Quoi ? Nous allons assister à ça, mais c’est incroyable ! ». Le spectateur brûle alors d’impatience et ne ressortira plus jamais du film. Désormais, on est peut-être moins facilement impressionné par les effets-spéciaux, mais la scène où le paquebot se retrouver à la verticale avant de sombrer définitivement reste une des plus spectaculaires de l’histoire du 7ème art.
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