LE BON CHOIX

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francoishollande2Dans 10 jours aura lieu le premier tour de l’élection présidentielle. En tant que militant et élu socialiste, mon choix ne fait que peu de doute. Il pourrait y avoir là une forme de discipline, d’obligation, presque de contrainte. Je dois bien l’admettre, combien même la campagne aurait été désastreuse, j’aurais sûrement voté pour le candidat socialiste. Mais les 22 avril et 6 mai prochains, je mettrai mon bulletin François Hollande dans l’urne sans aucun doute sur la justesse et la pertinence de mon choix.

Pourtant, il y a encore un an, je n’imaginais pas une seule seconde qu’il puisse être candidat. Je n’imaginais même pas le soutenir pour la primaire qui me semblait jouée d’avance. Mais le Sofitel est passé par là. Avant cela, je ne voyais pas du tout le député de Corrèze dans le costume de Président, je l’admets volontiers. Je ne vais pas jouer le couplet du « je l’ai toujours su », « je l’ai toujours dit », parce que ce n’est pas vrai et certains camarades pourraient même rappeler que j’avais dit exactement l’inverse. Mais j’ai changé d’avis. François Hollande m’a fait changer d’avis.

J’ai choisi de soutenir François Hollande lors de la primaire socialiste pour deux raisons. Deux raisons qui ne font qu’une. Déjà parce qu’il le voulait vraiment et depuis longtemps. Nicolas Sarkozy y pensait en se rasant, François Hollande y pensait en faisant un régime. Mais la comparaison entre les deux hommes s’arrêtent là. En effet, pour obtenir l’investiture, le socialiste n’a pas mené une guerre politicienne au sein de son parti. Il n’a pas manœuvré, il n’a pas trahi. Je ne veux pas dire par là que François Hollande était un candidat hors système comme a pu l’être Ségolène Royal. Ses dix ans à la tête du parti lui ont laissé un puissant réseau de soutien sur lequel il s’est évidemment appuyé. Mais, ce qui a été décisif pour moi, c’est qu’il s’est présenté dès le premier jour comme le candidat qui porterait deux priorités : la justice fiscale et la jeunesse. C’était peut-être léger, embryonnaire, mais un an plus tard, ces deux idées sont encore celles qui dominent le programme soumis aux Français. En soutenant François Hollande dès l’été dernier, on pouvait déjà soutenir des orientations, une conception, un idéal, pas seulement (ou mais aussi, comme vous préférez) un homme, une personnalité, un ego, une ambition.

François Hollande, la girouette, voilà un reproche de la droite qui prouve qu’elle n’a peur de rien. Quel homme politique a tenu un cap aussi fermement sans s’en détourner aussi longtemps pour un tel enjeu ? Car ce cap a été défini alors que personne ne croyait en lui et c’est ce même cap qui guide aujourd’hui son programme. On est en droit de ne pas le trouver pertinent, insuffisant, pas à la hauteur des difficultés. Peut-être n’est-il pas sexy, vendeur ou séduisant. Peut-être n’est-il pas susceptible de susciter l’enthousiasme. Mais au moins est-il tracé par un homme qui vient de prouver qu’il était capable de le maintenir quoiqu’il arrive.

Avant d’aborder la pertinence des idées, je voudrais un peu parler de l’homme. Je sais, cela constitue presque une faute pour un militant socialiste qui ne doit jurer que par le débat d’idées. Mais évidemment cela compte et notre système électoral étant ce qu’il est, la personnalité des candidats reste un point crucial, que cela nous plaise ou non. D’ailleurs, c’est souvent à ce niveau-là que les critiques fusent : trop mou, trop lisse, venant de personnes qui n’ont le plus souvent qu’une connaissance très vague de son programme. Mais chacun vote sur les critères qu’il souhaite.

François Hollande n’est ni Nicolas Sarkozy, ni Jean-Luc Mélanchon. Il est plus rassurant qu’énergique. Plus caustique qu’agressif. Plus posé que spectaculaire. Mais ce que j’apprécie en lui, et ça bien avant la campagne présidentielle, c’est qu’il n’est pas clivant. Il n’est pas dans l’opposition des uns contre les autres, il ne désigne pas les gentils et le méchants, le blanc et le noir. Incapacité à trancher, manque d’autorité ? On peut voir les choses comme cela. J’ai été le premier à regretter qu’il ne décide pas l’exclusion de Laurent Fabius du Partie Socialiste au moment de la campagne sur le traité constitutionnel européen. Mais avec le recul, n’était-ce pas le meilleur choix à long terme ? Etait-ce surtout le choix le plus facile alors qu’une occasion en or de se débarrasser d’un rival lui était apporté sur un plateau ?

Nombreux étaient ceux qui pensaient suite aux primaires la campagne serait marqué à nouveau par les guerres intestines au Parti Socialiste, comme en 2007. Il n’en a rien été. Tout le monde tire dans la même direction et faut-il le rappeler encore une fois sur des orientations définies par François Hollande bien en amont. Tout cela sans qu’il n’y ait de démonstration d’autoritarisme, pas d’adversaire puni, exclu, isolé comme l’a été Dominique de Villepin à l’UMP. Ceci est-ce vraiment le signe d’une absence d’autorité ? D’un homme incapable de tenir ses troupes ? Incapable d’apparaître comme le leader ?

Il y a tous en nous un royaliste qui sommeille. Cette envie d’avoir un chef qui décide, un homme providentiel qui aura toujours la solution et dont les décisions s’imposeront sans contestation possible. On a vu ce que ça donnait avec Nicolas Sarkozy. François Hollande n’a pas cette conception du pouvoir. Peut-être parce qu’il ne peut pas l’avoir, mais au fond, qu’importe. Le 6 mai, les Français ne le choisiront pas comme Président de la République. Au mieux, 55% d’entre eux le feront. Et encore, en ne comptant que les suffrages exprimés. Pourtant, dès le lendemain, il sera le Président de tous les Français, qu’ils aient voté pour lui ou non. Ce détail est trop souvent oublié par les élus, quelque soit leur niveau (comme mon Maire par exemple…).

Sur le quotient familial, oui, François Hollande a renoncé. D’un point de vue purement cartésien, je le regrette. Mais on sentait bien que ce sujet allait diviser, blesser, susciter colère et indignation. Renoncer est évidemment aussi une manœuvre politique pour ne pas donner à l’adversaire un point d’appuis pour emporter l’adhésion. Mais la gauche l’a appris en 1984 avec la loi Savary. On ne peut gouverner contre une partie de sa propre population. Avoir la légitimité démocratique ne signifie pas que l’on n’a plus à prendre en compte l’opinion de la minorité qui ne vous a pas élu. Alors dans ce renoncement, je vois plus d’intelligence que de faiblesse. Je vois la promesses d’une mandature qui sera placé sous le signe de la construction, non de l’affrontement. Ou personne ne sera traité de « cancer de la société ». Ou le désaccord, naturel dans une démocratie, remplacera l’indignation et le sentiment de révolte.

La justice fiscale et la jeunesse donc. Car plus qu’un homme, ce sont des orientations que nous auront à choisir dans dix jours. Pourquoi choisir François Hollande ? Pourquoi choisir son programme ? Cette question, même en tant que militant socialiste, je me la suis posée. En fait, la vraie question est pour moi, pourquoi suis-je de gauche, et socialiste en particulier ? Et est-ce que ce qui est proposé correspond à ces convictions ?

Depuis que je fais activement de la politique, depuis que je suis élu, j’ai d’autant plus la conviction que le clivage droite/gauche n’a rien d’artificiel, qu’il vient bien de deux manières de penser radicalement différente. Après, sur des points très pragmatiques, on peut arriver à la même solution, mais ce n’est pas pour cela que le chemin pour y aboutir fut le même. C’est une vaste question et m’y lancer m’éloignerait forcément du sujet qui m’intéresse ici. Pour résumer, et forcément caricaturer j’en ai bien conscience, face à un problème, la droite cherchera à faire disparaître le symptôme quand la gauche soulagera le symptôme et chercher à faire disparaître la maladie. Pour prendre un exemple, un peu simpliste j’en conviens, la droite cherchera uniquement à faire baisser la délinquance par la répression, quand la gauche s’intéressera aussi à ses causes profondes et luttera contre la pauvreté et l’exclusion. Raccourci rapide peut-être, mais aux dernières nouvelles, je n’ai jamais été tenté, ni même eu l’occasion de devenir délinquant, tout simplement parce que j’ai eu la chance de naître dans un milieu relativement bourgeois et éduqué. C’est une chance et offrir cette chance au plus grand nombre doit être pour moi la vraie priorité pour lutter efficacement et durablement contre la délinquance.

En quoi le programme de François Hollande se situe-t-il dans cette logique ? Il est déjà important de distinguer les maladies des symptômes. C’est une question délicate car extrêmement dépendante du point de vue de celui qui la traite. Je vais donc le faire avec ma propre subjectivité, parfaitement assumée et que je ne prétends pas qu’elle constitue une vérité universelle et objective. Je traiterai ici deux « maladies » : les inégalités et la problématique du logement. Il y en a évidemment plein d’autres, sur des sujets que je maîtrise beaucoup moins bien (justice, santé, éducation…) et où je ne m’aventurerai pas.

Pourquoi ai-je parlé des inégalités et non pas du chômage, de la faiblesse de la croissance ou de la dette ? Il y a là une conviction toute personnelle, même si évidemment elle s’est forgée à la lecture d’esprits beaucoup plus brillants que le mien. Cette conviction pourrait être résumée par un proverbe chinois, ou plutôt, dans mon cas personnel, sa négation : « quand les riches maigrissent, les pauvres meurent de faim ». Cette idée, que tous les faits contredisent, est fondamentale dans une certaine idéologie libérale. Or c’est cette dernière qui a envahit l’Occident en particulier depuis Tatcher et Reagan. Nos sociétés s’évertuent depuis à casser tous les systèmes de régulations qui empêchaient l’argent de se concentrer encore et toujours entre quelques mains… et du coup, c’est exactement ce qui se passe.

Toutes les statistiques montrent une montée des inégalités depuis la fin des Trente Glorieuses. Et il est intéressant de mettre cela en parallèle avec la croissance et le chômage. A mesure que les inégalités croissent, ces indicateurs se dégradent. Ce simple constat ne signifie évidemment pas obligatoirement une corrélation et n’indique pas non plus quelle est la cause, quel est l’effet. Je ne vais pas rentrer ici dans une explication de ce type, je l’ai déjà fait dans d’autres billets. Simplement, je reste convaincu que c’est la montée des inégalités qui provoque un phénomène de « l’argent va à l’argent » qui appauvrit la base de la pyramide sociale et par la même occasion fragilise l’économie tout entière.

Que peut faire l’Etat pour lutter contre les inégalités ? Il a deux moyens d’action : les salaires et la fiscalité. Les premiers peuvent sembler constituer le levier idéal, le plus solide. En effet, il combat le mal vraiment à la source, alors que l’impôt n’apporte qu’une correction a posteriori. Mais tous les efforts dans ce domaine seront vains tant que le chômage sera si haut. La loi de l’offre et la demande reste encore la force économique la plus forte et tant qu’un déséquilibre existera, les salaires seront irrémédiablement tirés vers le bas. On peut promettre un SMIC à 1700 euros comme le fait Jean-Luc Mélanchon. C’est beau sur le papier, mais tout ce que l’on récoltera, c’est une inflation galopante !

Reste donc la fiscalité. Et dans ce domaine, le programme de François Hollande aborde enfin le problème dans sa dimension peut-être la plus technique, mais la plus fondamentale : celle des bases. J’ai déjà écrit deux article sur le sujet (Plutôt que le Taux, Basons-nous sur la Base et les Limite de la Valeur Travail), je ne vais donc pas y revenir. Le rapprochement entre l’impôt sur le revenu et la CSG ne fait peut-être pas rêver, ne sonne pas comme une promesse de lendemains qui chantent, mais elle constitue une des idées le plus intéressantes de cette campagne. Dommage que son caractère technique la rende invisible.

Corriger les inégalités ne sera évidemment pas suffisant pour nous assurer croissance et prospérité à long terme. On ne peut nier la mondialisation et la compétitivité est une notion que l’on ne peut ignorer. Or, la France a de formidables atouts dans ce domaine. Les Français ont la productivité/horaire la plus élevée au monde ! C’est à dire que quand un Français travaille une heure, il produit plus de richesses que n’importe où ailleurs. Cela constitue évidemment un élément sur lequel s’appuyer.

A côté de ça, il y a évidemment le coût de production de cette richesse. Il constitue un thème central de cette campagne. Là encore, le débat est de nature technique et du coup, les arguments avancés restent particulièrement superficiels. Il y a cependant bien là une ligne de fracture nette entre Nicolas Sarkozy et François Hollande. Le Président sortant veut nous rendre plus compétitif en abaissant le coût du travail. Or quand une usine est délocalisée, elle part pour un pays où ce dernier est 5 fois (Pologne) ou 10 fois (Chine) inférieur. Dans ce domaine, la partie est perdue d’avance, nous ne pouvons pas lutter. Ce ne sont pas les quelques ajustement proposés par la droite qui vont fondamentalement changer quoique ce soit. Au mieux, nous entrerons dans une logique de concurrence avec nos voisins européens, qui va se traduire par un dumping social, tirant toute l’Europe vers le bas, alors que des politiques coordonnées peuvent tout à fait l’éviter.

On oublie parfois de le rappeler mais la France reste un pays plus riche que la Chine et la Pologne. Notre productivité nous permet donc d’être plus efficace qu’une économie qui mise tout sur les bas salaires. Or cette productivité, qui explique que la France est un des pays au monde où les investissements étrangers sont les plus élevés, rappelons-le, tient notamment de la qualité de notre main d’œuvre (à prendre au sens large, c’est à dire y compris cadres, chercheurs, etc…) et donc de notre système éducatif. Si ce dernier continue son déclin, par manque d’investissement, nous perdrons notre plus grand atout.

La priorité donnée par François Hollande à l’éducation, et plus globalement à la jeunesse, est donc particulièrement pertinente. Elle revient à lutter avec nos armes, notre force et non pas à nous aventurer sur un terrain dont nous ne pouvons sortir que perdants et appauvris. Elle n’empêche pas de développer d’autres atouts, comme un tissu de PME plus solide. Ce dernier fait la vraie force de l’Allemagne (et non un coût du travail plus faible que chez nous) et le propositions de François Hollande allant dans ce sens m’apparaissent apporter une vraie réponse s’attaquant une nouvelle fois au fond des problèmes.

Voilà pourquoi avoir défini la justice fiscale et la jeunesse comme les deux grandes priorités a emporté mon adhésion et au-delà des mesures concrètes et pragmatiques, qui seront du ressort du gouvernement et du Parlement (on l’oublie trop souvent avec Nicolas Sarkozy), me donne à penser que placer François Hollande à la tête du navire France, c’est choisir le capitaine qui a fixé le bon cap.

Que les lecteurs fatigués s’arrêtent là, je leur pardonnerai. Je serai déjà content si quelqu’un arrive jusque là. Comme évoqué plus haut, je vais parler un peu de la politique du logement, domaine que je connais aussi assez bien. Voilà un problème qui se pose depuis toujours… du moins à mon échelle, c’est à dire depuis une trentaine d’années. J’ai toujours entendu que les prix montaient trop vite, que l’on ne construisait pas assez. Le problème des banlieues est une sorte de patate chaude que les gouvernements se passent les un après les autres, malgré des promesses de prendre les choses en main.

J’ai beaucoup apprécié les propos de François Hollande dénonçant le plan Marshall pour les banlieues proposé par Sarkozy en 2007 et qui n’a jamais vu le jour. Qu’on le veuille ou non, les politiques foncières sont des politiques de long terme, de l’ordre de la décennie, voire du quart de siècle. Aucune politique ne répondra au manque de logement ou au problème des banlieues en une mandature. La loi SRU, celle des 20% de logements sociaux, votée sous le gouvernement Jospin se situait dans cette logique. Elle fixait un cadre général et c’était à chaque commune, dont c’est la compétence, de trouver les solutions d’ici à 2020.

François Hollande propose de renforcer ce cadre. Ca peut paraître trop peu, trop lent. Il promet bien sûr plus de moyens, mais rien de révolutionnaire. Pas de promesses, pas d’annonces spectaculaires, comme les 30% de droits à construire supplémentaires voulus par Sarkozy. On peut du coup y voir le signe que cette thématique a été oubliée. Personnellement, j’y vois un discours raisonnable qui dit peu, mais dit des choses justes, faisables et réalistes. Encore un fois, il s’agit d’une élection présidentielle, il ne s’agit pas de définir le contenu exact des futures lois, mais de fixer les priorités, les cadres généraux, les directions à suivre.

La thématique du logement me permet une transition vers la dernière partie de ce (trop) long texte. J’ai parlé jusqu’à présent des mesures pour régler les problèmes sur le long terme. Et on vient de voir que cela peut prendre du temps. En attendant, il faut soulager les symptômes qui frappent directement les plus fragiles de nos concitoyens, qui n’ont pas vraiment le temps d’attendre. Pour le logement, le poids des loyers est évidemment un problème qui doit être traité sans attendre une rééquilibrage de l’offre et la demande. Dans ce domaine, François Hollande a eu la bonne idée d’aller en piquer une ailleurs, en Allemagne plus précisément. Ce pays ne connait pas du tous les mêmes phénomènes que nous grâce à un système d’encadrement des loyers qui fonctionne et qui n’empêche pas les propriétaires d’Outre-Rhin de mettre leurs bien en location. Evidemment, c’est un domaine où la droite a oublié de citer nos cousins germains en exemple.

En fait plus globalement, on en vient au problème du pouvoir d’achat. L’Etat peut agir de trois manières dans ce domaine. En poussant à la hausse des salaires ou par la fiscalité. J’ai déjà longuement évoqué ces deux points, je ne vais pas recommencer. Reste à agir sur les prix. Cela peut se faire par la TVA, à la hausse ou à la baisse. Mais cet impôt représente 50% des recettes fiscales, il est donc difficile de le diminuer et à l’inverse tentant de l’augmenter, comme le propose la droite. On peut surtout avoir des politiques plus ciblées, et donc plus efficaces. C’est exactement ce que fait François Hollande sur le loyers, on vient de le voir, ou sur le coût de l’essence en réintroduisant la TIPP flottante ou en proposant une réforme de la tarification du gaz et de l’électricité. Ce ne sont certainement pas des solutions à long terme, mais elles répondent à une urgence. Après, développer les transports en commun, proposer un grand programme d’isolation des bâtiments doit rendre le consommateur moins dépendant du coût de l’énergie qui ne va de toute façon pas baisser. On retrouve là encore une grande cohérence chez François Hollande entre le court et le long terme.

Enfin, je voudrais revenir sur une dernière mesure. Celle des 150 000 emplois d’avenir. Une mesure dénoncée par la droite alors qu’elle vient tout juste d’augmenter le nombre de ses emplois aidés pour faire diminuer, en vain, les chiffres du chômage avant les élections. Je suis arrivé sur le marché du travail au moment de la suppression par le gouvernement Raffrarin des emplois jeunes crées par Lionel Jospin. Et je peux vous assurer que le résultat fut désastreux. Bien sûr dans un absolu idéal, une économie qui tourne rond ne devrait pas avoir besoin de ce genre de dispositif. Mais on est encore loin de cet idéal et ce genre de mesure reste nécessaire. Surtout que les chiffres montrent qu’une large majorité des personnes embauchées restent dans la structure qui les accueillent à la fin du dispositif.

Voilà, c’est tout…

mais…

… et la dette ?

Ah bah oui, je n’en ai pas parlé. C’est pourtant le problème du moment ! Nos vilains déficits budgétaires ! Alors évidemment, on peut s’en foutre comme Jean-Luc Mélanchon en promettant de faire marcher la planche à billets. On peut se faire le champion de la rigueur comme Nicolas Sarkozy qui annonce le retour à l’équilibre pour 2016, alors que François Hollande ne l’annonce que pour…2017. Mais face à un problème pour le coup vraiment systémique, qui a pris doucement de l’ampleur depuis trente ans, et certainement pas seulement depuis la crise, il faut juger la politique proposée dans sa globalité, dans sa pertinence, dans sa cohérence. Et surtout dans sa faculté à régler les difficultés à leur racine et sur le long terme. Après que l’équilibre soit atteint en 2016 ou même en 2025, ce n’est pas le plus important. Le important est que notre pays aille globalement et pour longtemps dans le bons sens.

Et pour moi, François Hollande nous propose une politique qui répond à cette attente.

P.S : pour d’autres sujets, comme la réforme des retraites ou le nucléaire, j’ai déjà écrit des billets à ce sujet :

GRACE/WASTELANDS (Pete Doherty) : Surprenante Dissonance

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gracewastelandspetedohertyMême les rockeurs le plus énervés connaissent un grand succès quand il passe au calme et à l’acoustique. L’exemple le plus connu reste évidemment l’Unplugged de Nirvana, mais on peut aussi citer Nothing Else Matters, sûrement le titre le plus connu, et de loin, de Metallica, alors qu’il n’est pas vraiment représentatif de leur œuvre. Pete Doherty a fait partie de plusieurs groupes proposant un pop-rock particulièrement énergique. Avec son album solo Grace/Wastelands, il nous propose un univers paisible et calme.

Pete Doherty est connu en particulier pour ses problèmes de drogue et le fait qu’il ait été le compagnon de Kate Moss pendant très longtemps. Certains verront d’ailleurs un rapport entre l’un et l’autre. Mais c’est aussi un musicien qui a d’abord créer The Libertines avec Carl Barat, puis après qu’ils se soient fâchés, The Babyshambles. Depuis, ils se sont réconciliés et ont reformé leur groupe initial. Entre temps, Pete Doherty a eu le temps de sortir cet album solo.

Au lieu d’un son pop-rock énervé, Grace/Wastelands nous plonge dans un univers entre blues, folk et jazz. Un son très acoustique en tout cas. Généralement, ce genre de musique est interprétée par des chanteurs à la voix grave et profonde. Or, celle de Pete Doherty est aiguë et éraillée. D’où un son assez surprenant, parfois un peu bancal, mais qui au final a le mérite de l’originalité. On sent bien qu’il revisite un univers qui n’est pas le sien, mais il y apporte sa personnalité.

On retrouve dans Grace/Wastelands notamment une caractéristique que l’on trouve fréquemment chez The Libertines ou The Babyshambles. Très souvent la voix est légèrement dissonante par rapport à l’instrumentation, comme si les deux ne jouaient pas tout à fait le même morceau. Ce n’est pas non plus un procédé révolutionnaire, mais cela tient de la marque de fabrique chez Pete Doherty. De plus, il le maîtrise vraiment bien et donc ça apporte un vrai plus à sa musique, car on sent bien que ce n’est pas du à un manque de maîtrise. C’est plutôt le signe d’une certaine nonchalance qui colle vraiment bien avec le personnage et son côté dandy.

Grace/Wastelands possède la double qualité d’être à la fois dense et varié. En effet, il n’y a pas de titre vraiment mauvais. Il navigue entre plusieurs univers, même s’ils sont assez proches. Folk, blues, jazz et donc beaucoup de calme et de douceur. C’est vrai que sa voix aiguë n’inspire pas toujours la sérénité, mais on arrive quand même à se laisser bercer. En tout cas, on ne s’ennuie jamais à l’écoute de cet album qui ne sombre jamais dans la monotonie.

Aucun titre ne ressort vraiment de Grace/Wastelands. Je mettrai tout de même en avant I am the Rain, où l’instrumentation épurée met en avant la voix, qui du coup n’apparaît pas comme un élément ne collant pas vraiment. Je signalerai également Lady Don’t Fall Backwards, une ballade mélancolique qui conclue joliment l’album. Ce sont sans doute les titres les plus « classiques », alors les amateurs de son vraiment nouveau préfèreront sûrement d’autres titres comme 1939 Returning ou Palace of Bone.

Grace/Wastelands nous offre donc une vision différente de l’univers musicale Pete Doherty. Une vision parfois dissonante mais qui a le mérite de nous surprendre.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur Grace/Wastelands

1.: Arcady
Un blues acoustique. La voix ne colle pas à ce qu’on attend habituellement pour ce genre de titre.

2.: Last of the English Roses
Une jolie ballade, mais un peu lancinante.

3.: 1939 Returning
Une ballade acoustique, avec une vraie dissonance entre la voix et la musique.

4.: A Little Death Around the Eyes
Un titre envoûtant où la voix de Peter Doherty souligne son côté dandy.

5.: Salomè, Salome
Une ballade douce et mélancolique.

6.: I Am the Rain
Une ballade simple et épurée. On y apprécie vraiment la voix.

7.: Sweet By and By
Un titre simple au piano, avec un son jazzy très rétro.

8.: Palace of Bone
Un titre country-folk dissonant.

9.: Sheepskin Tearaway
Une ballade douce, presque une berceuse si la voix de Peter Doherty n’était pas si éraillée.

10.: Broken Love Song
Un titre plus sombre où la voix se fait plus grave.

11.: New Love Grows on Trees
Un titre évaporé, un peu brouillon.

12.: Lady Don’t Fall Backwards
Un titre mélancolique pour une jolie conclusion

MY WEEK WITH MARILYN : L’étoile et le rien du tout

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myweekwithmarilynafficheLe cinéma n’est-il pas mort avec Marilyn Monroe ? Bon, j’exagère un peu peut-être, mais il est évident que sa disparition a marqué le déclin d’un certain cinéma. Celui des immenses stars qui exerçaient une fascination qui nous est étrangère aujourd’hui. Désormais, les stars nous répondent sur tweeter, on peut les voir, les entendre 24h/24 sur le net. Bref, il n’existe plus de mythe inaccessible comme a pu l’être Marilyn. Mais cette dernière reste encore dans nos mémoires. Pour preuve, le très joli My Week With Marilyn.

1956, Colin Clark est un jeune homme de 23 ans qui ne rêve que cinéma, au désespoir de son père, célèbre historien de l’art. Sa persévérance va lui permettre d’être embauché pour le tournage de Le Prince et la Danseuse avec et mis en scène par la légende Sir Lawrence Olivier. A ses côtés, la déjà légendaire Marilyn Monroe, qui vient pour la première fois de sa vie en Angleterre. Une actrice fragile et capricieuse, mais qui va s’enticher du jeune Colin qui lui apparaît comme étant le seul en qui elle peut avoir confiance.

Une fois n’est pas coutume, je tiens à féliciter l’auteur de la bande-annonce de My Week With Marilyn. Pourtant, son œuvre ne m’avait pas vraiment donné envie. En effet, j’avais un peu l’impression d’avoir déjà vu le film. Et bien pas du tout ! En fait, si elle nous faisait sentir l’ambiance générale du film, elle sortait les extraits de leur contexte de manière à leur donner un sens qui n’est pas celui qu’il possède vraiment. Bref, j’ai eu le plaisir de découvrir une intrigue différente et surtout beaucoup plus riche et surprenante que ce que j’avais pu imaginer.

My Week With Marilyn souffre pourtant d’un défaut, mais un défaut inévitable. En effet, malgré tout son talent et la grande qualité de sa performance, et je tiens à insister là-dessus, Michelle Williams n’est pas Marilyn Monroe. Tout simplement parce que personne n’est et ne sera jamais plus Marilyn Monroe. L’actrice, révélée dans la série Dawson, a eu l’intelligence de ne pas chercher à lui ressembler à tout prix, un peu à l’image de Jérémie Rénier, dans Cloclo. Mais elle ne peut évidemment exercer la même fascination, ni avoir la même présence à l’écran que son illustre modèle.

Cependant, My Week With Marilyn ne nous raconte pas la vie de l’actrice américaine. Elle nous raconte l’histoire de Colin Clark. Une histoire vraie, même si évidemment on ne peut pas vraiment mesurer à quel point les évènements ont été romancés. Il nous parle surtout de la frontière entre amour et admiration. A quel point est-il tombé amoureux de la star et à quel point de l’être humain ? Est-il encore possible de dissocier les deux quand on est face à la femme la plus célèbre au monde ? De ce point de vue là, le film est vraiment intéressant, au-delà de la curiosité de découvrir Marylin telle qu’elle était en dehors de la caméra. Et croyez-moi, il y a de quoi faire plusieurs films à ce sujet.

myweekwithmarilynMy Week With Marilyn nous raconte surtout l’histoire éternel de la romance entre un étoile et un rien du tout. Il est vrai que cet aspect n’apporte rien de très nouveau. Si le film s’était limité à cela, il n’aurait pas forcément eu un intérêt immense. Mais cela apporte un fil rouge assez solide pour apprécier tous les à côtés et la reconstitution élégante d’un univers qui a fait rêver. Les cinéphiles savoureront ce passage de l’autre côté du décor, qui nous met des étoiles plein les yeux.

Michelle Williams est loin d’être seule à l’écran. La vraie star de ce film reste Eddie Redmayne que l’on avait découvert dans l’adaptation télévisée des Piliers de la Terre. Pas forcément l’acteur du siècle, mais il s’acquitte ici de son rôle avec justesse. On est aussi heureux de revoir Kenneth Branagh au meilleur de sa forme, qui apporte une vraie plus-value à My Week With Marilyn. Enfin, un petit mot sur Emma Watson, qui prouve ici qu’elle connaîtra peut-être une vraie carrière d’actrice et ne restera pas tout sa vie Hermione Granger. Ah si on pouvait dire la même chose de Daniel Radcliffe…

My Week With Marilyn constitue au final un agréable moment de nostalgie, portée par une histoire touchante, à défaut d’être bouleversante.

Fiche technique :
Production : The Weinstein Company, Lipsync production, Trademark Films
Distribution : StudioCanal
Réalisation : Simon Curtis
Scénario : Adrian Hodges, d’après les livres de Colin Clark
Montage : Adam Recht
Photo : Ben Smithard
Décors : Donal Woods
Musique : Alexandre Desplat, Conrad Pope
Durée : 102 mn

Casting :
Michelle Williams : Marilyn Monroe
Eddie Redmayne : Colin Clark
Kenneth Branagh : Sir Laurence Olivier
Julia Ormond : Vivien Leigh
Dominic Cooper : Milton Greene
Judi Dench : Dame Sybil Thorndike
Zoë Wanamaker : Paula Strasberg
Emma Watson : Lucy
Dougray Scott : Arthur Miller

NO LINE ON THE HORIZON (U2) : U2 fait du U2

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nolineonthehorizonu2Savoir se renouveler tout au long de plusieurs décennies de carrière n’est pas chose facile. En fait, ce n’est déjà pas facile de connaître une carrière qui s’étale sur plusieurs décennies. U2 est souvent cité en exemple comme un groupe qui a réussi ce double exploit. Il est vrai qu’ils ont à leur répertoire des tubes très différents, du rock à l’électro. Globalement, leur faculté à se renouveler est donc incontestable. A l’échelle d’un seul album, c’est parfois moins vrai. Notamment sur No Line on the Horizon.

Bon d’habitude, dans le deuxième paragraphe de mes avis musique, je présente l’artiste. Mais s’agissant de U2, est-ce vraiment nécessaire ? 4 Irlandais qui jouent ensemble depuis 1976 et qui ont 12 albums studio à leur actif. Un chanteur Bono qui est un peu monsieur « paix dans le monde ». Et surtout des millions de fans et des millions de disques vendus. No Line on the Horizon est le dernier en date et est sorti en 2009.

Si vous ne connaissez pas No Line on the Horizon, mais que vous connaissez bien le reste de l’œuvre de U2 et bien vous connaissez No Line on the Horizon. On peut trouver beaucoup de qualités à cet album, mais certainement qu’il soit innovant. Ca sonne vraiment comme du U2. Ca tombe bien, c’est du U2, mais venant d’un groupe qui nous avait habituée à nous surprendre, on est forcément un peu déçu.

Cependant, essayons de juger No Line on the Horizon dans l’absolu et non pas par rapport au reste de l’œuvre de U2. Déjà, ce qui saute aux oreilles, c’est une maîtrise impressionnante. D’ailleurs les détracteurs du groupe diront que c’est sans doute là leur plus grand défaut. Voir U2 se lâcher n’est pas vraiment un événement fréquent. C’est peut-être dommage puisque le seul titre un peu plus brouillon, mais du coup un peu plus créatif, Breathe, est loin d’être le plus mauvais de cet album.

Le reste de No Line on the Horizon est une alternance de morceaux rock et de ballades. Il est dense en qualité. Seul Fez-Being Born ne présente vraiment aucun intérêt. A l’inverse, Get on Your Boots et Stand Up Comedy sont les deux meilleurs titres de cet album. Cependant, cela reste du rock politiquement très correct. Cela donne parfois envie de monter le son, mais relativement modérément.

Un extra-terrestre qui débarquerait sur Terre pourrait donc pleinement No Line on the Horizon. Il apprécierait la voix de Bono qui donne au groupe une large part de sa personnalité. Il apprécierait les lignes mélodiques qui ne disparaissent jamais même quand le groupe met plus d’énergie. Il apprécierait ces qualités qui restent les mêmes quelque soit le rythme ou le style des morceaux. Bref, il reconnaîtrait la marque d’un grand groupe, même s’il ignorerait qu’ils ont déjà proposé mieux et surtout plus surprenant auparavant.

Dans quelques années, quand on regardera la carrière de U2, il est évident que l’on ne regardera pas No Line on the Horizon comme un album particulièrement marquant. A la fois, on ne peut pas non plus cinquante Zooropa dans une carrière. Cependant, un point bas dans une telle carrière reste un point haut inaccessible pour beaucoup d’autres. Ne boudons donc pas totalement notre plaisir.

No Line on the Horizon est donc un bon album, mais un album moyen de U2. Après, à chacun de voir s’il préfère voir la bouteille à moitié pleine ou à moitié vide.

Pour finir, faisons le tour des titres de cet album.

1.: No Line on the Horizon
Un rock classique pour commencer.

2.: Magnificent
Un single largement diffusé à sa sortie, sous forme d’un rock mélodique.

3.: Moment of Surrender
Bono pousse un peu la voix sur une instrumentation douce et épurée.

4.: Unknown Caller
Une ballade qui ressemble à bien d’autres de U2.

5.: I’ll Go Crazy If I Don’t Go Crazy Tonight
Un titre plus pop parfaitement maîtrisé.

6.: Get on Your Boots
Plus énergique, plus rythmé, tout en maîtrise. Et c’est vraiment bon !

7.: Stand Up Comedy
Beaucoup de changements de rythme pour un très bon titre.

8.: Fez-Being Born
Plus lent, plus mélodique et un peu chiant pour tout dire.

9.: White as Snow
Une ballade mélancolique, pour les fans de la voix de Bono.

10.: Breathe
Un rock plus brouillon, moins maîtrisé, mais du coup plus créatif.

11.: Cedars of Lebanon
Une ballade sombre et triste. Pour ne pas dire un peu tristounet.

HUNGER GAMES : Jeux troublants

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hungergamesafficheJe ne sais pas pourquoi, mais visiblement, les futurs où tout va bien n’intéresse guère les auteurs de science-fiction. Par contre, les sociétés totalitaires, où une partie de la population est opprimée séduit beaucoup plus. C’est peut-être parce que c’est plus facile du coup d’avoir quelque chose d’intéressant à raconter. Hunger Games nous offre une nouvelle vision d’un avenir ne donnant pas vraiment envie de s’y projeter. Une vision un rien provocatrice, pour un très bon film.

Dans un futur indéterminé, 74 ans après une rébellion réprimée dans le sang, les 12 districts doivent payer un tribut à la capitale chaque année. Il prend la forme d’un garçon et d’une fille entre 12 et 18 ans condamnés à participer aux Hunger Games. Une compétition dont un seul pourra revenir vivant. Katniss se porte volontaire pour le district 12, afin de sauver sa petite sœur que le tirage au sort avait désigné dans un premier temps.

Bon évacuons déjà, ce qui fâche. On passera rapidement sur la crédibilité de la situation de départ, notamment la passivité de la population. On est dans la fiction, ce n’est pas forcément le plus important. D’un point de vue plus artistique, Hunger Games est quand même un poil trop long. Plus de 2h20, alors que 2h auraient suffit. Il y a sûrement une volonté d’être fidèle au roman dont il est tiré, mais il en ressort un très léger manque de souffle. On peut aussi peut-être regretter que le film soit très lisse visuellement. On très loin du délire visuel de Battle Royale, film japonais basé à peu près sur la même idée.

Voilà, passons maintenant au positif, qui domine largement lorsque l’on pense à Hunger Games. Pour moi, la plus grande force du film est d’amener le spectateur à se prendre au jeu. Ce qui nous ait montré est monstrueux, inacceptable, révoltant. Et pourtant, la magie du show fait que l’on se met à le prendre comme un spectacle, une compétition dont on veut connaître l’issue. On se laisse griser la mise en scène, par les montées d’adrénaline, tout comme les téléspectateurs du film. De ce point de vue là, la démonstration est magistrale. Et quand on commence à se dire que le plaisir que l’on éprouve est morbide, très vite, on replonge et on oublie nos scrupules. Le film est donc vraiment troublant et pousse à une réflexion très personnelle.

Hunger Games est aussi un film visuellement très abouti. Les décors, les costumes, tous les petits détails comme les accessoires, tout cela est très soigné et contribue à vraiment donner vie à ce monde. Cela facile évidemment grandement l’immersion du spectateur. S’il avait été ne serait-ce qu’un minimum cheap ou bancal, l’impact en aurait énormément souffert. Ce n’est vraiment pas qu’une question de budget ou de qualité des effets spéciaux, mais un soucis du détail qui démontre une réelle implication de Gary Ross et de toute la production. Par contre, comme je l’ai évoqué plus haut, la violence est à la fois omniprésente et largement édulcorée visuellement, ce qui la rend un peu artificiellement plus facilement acceptable.

hungergamesHunger Games est le premier volet d’une trilogie. Il est vrai qu’il aurait été dommage que l’histoire s’arrête là, même si ce film a bien un début et une fin qui se tient. On a envie de retourner dans cet univers si ambigu, de voir comment tout cela peut évoluer. Le sujet peut encore largement être approfondi et on hâte de connaître la suite.

Hunger Games nous propose un casting adolescent vraiment réussi, ce qui n’est jamais facile. Jennifer Lawrence est époustouflante et confirme un immense talent déjà vu dans Loin de la Terre Brûlée, Winter’s Bone, Le Complexe du Castor ou encore X-Men le Commencement. Cela lui a déjà valu un prix à la Mostra de Venise, un Golden Globe et une nomination aux Oscars. A 22 ans, c’est quand même déjà pas mal… Le casting est complété par quelques valeurs sûres, comme Woody Harrelson dont chacune des rares apparitions est un véritable plaisir et Donald Sutherland, dont le rôle sera beaucoup plus central par la suite.

Hunger Games n’a donc rien d’un divertissement violent et écervelé. Au contraire, il nous amène à une vraie réflexion sur la manière dont la violence peut justement devenir une source de divertissement.

Fiche techinque :
Production : Lionsgate
Distribution : Metropolitan Filmexport
Réalisation : Gary Ross
Scénario : Gary Ross, Suzanne Collins, Billy Ray, D’après l’oeuvre de Suzanne Collins,
Montage : Stephen Mirrione, Juliette Welfling
Photo : Tom Stern
Décors : Philip Messina
Son : Lon Bender
Musique : James Newton Howard
Effets spéciaux : Sheena Duggal
Directeur artistique : Paul Richards, Robert Fechtman
Durée : 142 mn

Casting :
Jennifer Lawrence : Katniss Everdeen
Stanley Tucci : Caesar Flickerman
Liam Hemsworth : Gale Hawthorne
Josh Hutcherson : Peeta Mellark
Woody Harrelson : Haymitch Abernathy
Lenny Kravitz : Cinna
Elizabeth Banks : Effie Trinket
Donald Sutherland : Président Snow

TARGET : Léger…dans tous les sens du terme

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targetafficheLe triangle amoureux fait partie de ces ressorts éternels qui nous ont offert moult histoires et qui continueront à le faire tant que les humains continueront à tomber amoureux. Bon peut-être qu’un jour, ils comprendront peut-être enfin que l’amour n’existe pas, mais ceci est un autre débat que je ne vais pas entamer ici. Target est un film basé sur ce principe éternel. Il démontre qu’il continue encore de fonctionner, même si on final l’intrigue est assez limitée.

FDR et Tuck sont deux agents secrets, mais aussi deux inséparables amis. Ils sont tous les deux célibataires. Après une opération qui n’a pas très bien tourné, ils se retrouvent consignés au bureau et s’ennuient ferme. Ils ont donc tout le temps pour courir après les filles, avant de s’apercevoir qu’ils sont en train de courir après la même. Que le meilleur gagne se disent-ils. Mais leur amitié pourra-t-elle survivre à cette rivalité ?

Ceux qui ont vu la bande-annonce de Target ne seront pas étonnés par le synopsis que je viens d’établir. En fait, ils ne seront pas étonne par le film dans sa globalité. Il est basé sur une idée assez peu originale donc, l’exploite de manière assez réussie… mais n’est enrichi par quasiment rien. Il y a bien une vague intrigue secondaire liée à leur métier d’espion, mais elle ne constitue qu’un simple prétexte pour arriver à la scène finale. On n’est pas face à une comédie romantique d’espionnage, on est face à une comédie romantique tout court.

L’aspect comédie est cependant assez réussi. On rit assez souvent, même si les meilleurs moments figuraient évidemment dans la bande-annonce. L’imagination déployée par les deux compères pour empêcher l’autre d’arriver à ses fins est savoureuse, surtout qu’ils ne manquent pas de moyens technologiques à leur disposition. On aurait pu cependant imaginer un peu plus de fantaisie et de créativité, même si du coup, cela évite que Target ne sombre dans le n’importe quoi. L’équilibre trouvé aurait donc pu être meilleur, mais il aurait surtout pu être bien pire.

Target divertit tout de même grâce à ses personnages, que ce soient les deux héros ou la belle blonde qu’il courtise. Même s’ils ne sont pas très originaux, on se prend d’affection pour eux dès les premières minutes. Ce côté grand gamin rend ces deux espions beaucoup plus humains qu’un James Bond classieux et sûr de lui. Leur cible est loin d’être une écervelée au corps de rêve, mais fait preuve d’un charme et d’une personnalité qui nous séduit tout autant que nos deux héros. Bref, on a envie de croire à cette histoire et on se prend au jeu.

targetMais bon, tout cela reste un peu léger et surtout sans surprise. L’intrigue aurait pu être considérablement enrichie sans pour autant casser le rythme, cela n’aurait rien gâché. Le déroulement des évènements est largement linéaire et le choix final de la belle est de toute façon logique, si on considère certains éléments (que je ne dévoilerai pas ici naturellement). Ce ménage à trois n’est vraiment pas politiquement incorrect et comme souvent dans les comédies hollywoodiennes, la morale sera sauve au final. On y est habitué, mais on peut continuer à trouver ça dommage.

Le duo Chris Pine – Tom Hardy fonctionne très bien. Disons qu’ils sont parfait pour le rôle. Cependant, ce ne sont pas non plus d’extraordinaires acteurs et ils n’apportent pas non plus une plus-value énorme. Ca reste juste parfaitement professionnel. Reese Whiterspoon reste donc la vraie star de Target. Elle est à la fois le charme et l’humour de ce film qui perdrait une bonne partie de son intérêt sans elle. On peut d’ailleurs regretter que cette actrice soit toujours cantonnée à de sympathiques séries B (pas toujours si sympathiques que ça d’ailleurs).

Target reste donc un divertissement sympathique. Mais il ne va vraiment pas plus loin, tant le film est sans surprise.

Fiche technique :
Production : Overbrook Entertainment, Robert Simonds Productions
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : McG
Scénario : Timothy Dowling, Simon Kinberg
Montage : Nicolas De Toth, Jesse Driebusch
Photo : Russell Carpenter
Décors : Martin Laing
Musique : Christophe Beck
Durée : 100 mn

Casting :
Reese Witherspoon : Lauren
Chris Pine : FDR Foster
Tom Hardy : Tuck
Til Schweiger : Heinrich
Chelsea Handler : Trish
Angela Bassett : Collins

LE FLEAU DE CHALION (Loïs McMaster Bujold) : Intrigues de cour, c’est un peu court

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lefleaudechalionDans le domaine de l’heroic fantasy, c’est toujours agréable de tomber sur un roman qui ne soit pas le premier tome d’une saga qui en compte 72. Bon, en tant que gros lecteur, ça ne me dérange pas tant que ça. Simplement, quand c’est bien mais sans plus, on reste toujours partagé entre l’envie de connaître la suite et l’envie de passer à autre chose. Le Fléau de Chalion, de Loïs McMaster Bujold, est un roman isolé (enfin presque, j’y reviendrai)… et moyen.

Cazaril a roulé sa bosse et ressemble à un vieillard fatigué alors qu’il n’a que 35 ans. Il revient à la cour où il a servi comme page étant plus jeune, celle de la provincara douairière. Il n’aspire qu’à une fonction modeste, mais il se retrouve très vite nommé secrétaire personnel et surtout précepteur de la jeuner royesse Iselle. Ce poste et les aléa de la politique vont le conduire à retourner à la cour royale de Cardegoss. Là où il ne voulait à tout prix pas retourner.

Bon, le Fléau de Chalion fait bien partie d’un cycle de trois romans. Cependant, ils n’ont de communs que quelques personnages pour les deux premiers et le même monde pour l’ensemble. Ils peuvent se lire totalement indépendamment. Autre particularité, l’auteur est une femme, ce qui est plutôt rare dans ce genre littéraire. Loïs McMaster Bujold s’est d’abord fait connaître par ses romans de science fiction. Le Fléau de Chalion constitue ses premiers pas dans le domaine de l’heroic fantasy. Il ne s’agit pas de n’importe qui puisqu’elle est la seule, avec Robert Heinlein, un des précurseurs de la science-fiction dans les années 50, a avoir remporté quatre fois le prix Hugo, le prix littéraire le plus prestigieux dans cet univers littéraire.

Le Fléau de Chalion souffre quand même d’un défaut important. Il ne s’y passe pas grand chose. On est plongé avant tous dans des intrigues de cour, des enjeux et des trahisons politiques, qui fait certes couler un peu de sang, mais rien de spectaculaire. Le récit ne décolle jamais vraiment et on a toujours l’impression que les évènements sont sur le point de se précipiter et prendre une toute autre ampleur… sauf qu’au final, cela n’arrive jamais. Du coup, on est quelque peu frustré. On ne s’est pas non plus ennuyé ferme, mais on ne termine pas ce livre en étant hyper enthousiaste.

Le Fléau de Chalion nous plonge dans un univers moyenâgeux imaginaire, avec une pointe de magie. On se situe plus dans l’ésotérisme que dans l’heroic fantasy classique, avec dragons, magiciens et tout le tralala. Cela donne une certaine personnalité à cet univers, mais on peut également trouver que Loïs McMaster Bujold a quelque peu bridé son imagination. Peut-être parce qu’elle était dans un univers qu’elle ne maîtrisait pas encore totalement. Cependant, si j’en crois ce que j’ai lu et le prix remportés, la suite de son œuvre a été d’un autre calibre.

On retiendra du Fléau de Chalion avant tout ses personnages qui échappent pour la plupart au manichéisme. Chacun d’eux portent sa part d’ambiguïté, ce qui vient considérablement enrichir le récit. Mais là encore, le cadre assez restreint de l’intrigue ne leur permet pas de prendre toute leur dimension. Il manque vraiment un vrai souffle épique et héroïque. Le fond est intéressant, mais ce qui est construit dessus reste trop limité.

Le style de Loïs McMaster Bujold est par contre très agréable. Le Fléau de Chalion est beaucoup mieux écrit que la moyenne des romans d’heroic fantasy, c’est incontestable. Sans cela, il est d’ailleurs probable que ce roman plongerait vraiment le lecteur dans un désintérêt profond. C’est évidemment en premier lieu une qualité, mais renforce aussi le caractère quelque peu frustrant de cette œuvre.

Le Fléau de Chalion est donc une œuvre quelque peu anecdotique pour une grande dame de l’imaginaire, même s’il a constitué un tournant dans sa carrière.

LES PIRATES ! BONS A RIEN, MAUVAIS EN TOUT : Wallace et Gromit sont sur un bateau…

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lespiratesafficheLa guerre entre Pixar-Disney et Dreamworks voit une troisième belligérant se mêler à cette lutte sans merci : Sony Pictures Animation. Après le très bon Tempête de Boulettes Géantes et le succès phénoménal des Schtroumpfs, voici Les Pirates ! Bon à Rien, Mauvais en Tout. Un divertissement familial, au vrai sens du terme, c’est à dire qui pourra séduire petits et grands, de 7 à 77 ans, voire même plus si affinités.

Le Capitaine Pirate est adoré de son équipage. Cependant, il n’est pas vraiment le plus redouté à naviguer sur les océans. Il décide pourtant de se présenter une nouvelle fois au concours du pirate de l’année, malgré de très nombreux échecs précédents, mais découvre vite que la concurrence est très très rude. Mais il ne se décourage pas et décide de redoubler d’effort. Jusqu’à croiser le chemin d’un scientifique nommé Charles Darwin.

Bon, soyons tout de suite clair, Sony Pictures Animation est loin d’avoir gagné la guerre. Les Pirates ! Bons à Rien, Mauvais en Tout reste très loin d’un Toy Story, d’un Là-Haut, d’un Kung-Fu Panda, d’un Wall-E et autres Indestructibles. On se contentera d’un divertissement sympathique qui fonctionne très bien et qui fait passer un très bon moment. C’est quand même déjà pas mal. Et comme je l’ai dit en introduction, il pourra séduire un public très large.

Les Pirates ! Bons à Rien, Mauvais en Tout est à la fois jamais vulgaire, sans être pour autant totalement enfantin ou gnangnan. Les gags sont très souvent visuels, ça reste très premier degré et il n’y a pas non plus d’humour caché que seuls les adultes comprennent. Seulement, c’est assez drôle et rythmé, du coup, quelque soit son âge, on se retrouve à rire très souvent. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’on est plié en quatre du début à la fin, mais les moments un peu plus faibles sont vite remplacés par de vrais éclats de rire.

Avouons tout de même que l’intrigue principale de Les Pirates ! Bons à Rien, Mauvais en Tout ne casse pas non plus des briques. Cependant, elle est assez consistante pour que l’humour repose sur une vraie histoire, même si elle constitue plus un prétexte qu’autre chose. Il y a bien des rebondissements, mais cet aspect ne pourra enthousiasmer que les plus jeunes. Par contre, la grande force de ce film, ce sont les personnages. Tous les personnages. Loufoques, imaginatifs, ils constituent véritablement l’âme de cet aimable divertissement. On appréciera notamment le détournement de personnages historiques comme la Reine Victoria ou Charles Darwin… même si mon cœur de biologiste a été un peu chagriné à voir le plus grand scientifique de l’histoire (allez avec Copernic, Newton et Einstein) transformé ainsi en méchant de seconde zone. Mais bon, je m’en suis remis.

lespiratesVisuellement, Les Pirates ! Bon à Rien, Mauvais en Tout dégage une certaine personnalité, à défaut d’être splendide. Réalisé avec la même technique que Wallace et Gromit, il diffère ainsi de l’aspect un peu formaté de l’image de synthèse pure. Le film joue beaucoup sur un aspect cartoon, même s’il ne va pas jusqu’à aplatir les personnages quand ils percutent un mur. Les graphismes contribuent largement à la réussite de ce film et à lui donner ce charme transgénérationnel.

Le casting voix est d’un assez haut niveau. Le personnage principal est doublé par Hugh Grant. On retrouve aussi Brendan Gleeson, dont le nom ne vous dit peut-être rien, mais qui est un des seconds rôles récurrents du cinéma britannique (Alastor Maugrey dans Harry Potter notamment). Et puis, comme d’habitude, on retrouve Salma Hayek, dont le personnage fait une assez courte apparition, mais on se dit que la belle mexicaine doit vraiment adorer le travail de doublage.

Les Pirates ! Bons à Rien, Mauvais en Tout ne révolutionne pas le monde de l’animation. Mais prouve la montée en puissance d’un nouveau studio capable de proposer des divertissements très agréables.

Fiche technique :
Production : Aardman Animations, Sony Pictures Animation
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Peter Lord, Jeff Newitt
Scénario : Gideon Defoe, d’après ses propres livres
Photo : Frank Passingham
Décors : Norman Garwood
Musique : Theodore Shapiro
Directeur artistique : Matt Perry
Durée : 88 mn

Casting :
Hugh Grant : le Capitaine Pirate
Brendan Gleeson : le pirate à la goutte
Jeremy Piven : Black Bellamy
Salma Hayek : Liz Lafaucheuse
Imelda Staunton : La Reine Victoria

YOUNG ADULT : Le changement, c’est maintenant

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youngadultafficheAh notre amour de jeunesse ! Quand on y repense… On pensait s’aimer toute la vie, qu’on n’était fait l’un pour l’autre et que rien ne pourrait jamais nous séparer. Et puis la vie, les études, la distance, le temps, la maturité, les autres rencontres font que chacun prend un chemin différent. Mais si au fond, on était quand même deux âmes sœurs destinés à s’unir au final pour ne plus jamais s’éloigner l’un de l’autre ? Si la séparation avait été une simple erreur à corriger ? Vous avez un doute ? Et bien allez voir Young Adult, vous n’en aurez plus…

Mavis Gary a la quarantaine, un divorce, une vie dissolue et ne pense plus du tout au trou perdu dans lequel elle a grandi. Jusqu’au jour où elle reçoit une invitation pour fêter la naissance du premier enfant de son petit ami de lycée. Elle décide alors d’y aller, persuadée qu’elle va venir le délivrer d’une vie triste et morne.

Young Adult est un peu une comédie romantique adolescente, mais avec des adultes. Enfin, tout le monde ne l’est pas complètement. C’est d’ailleurs le thème central du film. L’acceptation du temps qui passe, des relations qui changent, les habitudes qui évoluent et les envies qui différent. Ce n’est pas vraiment un film sur la nostalgie, car pour être nostalgique, il faut accepter que cela soit révolu. Pas vraiment non plus sur le refus de grandir, même si le titre peut le laisser le penser. Plus sur le refus de voir les choses changer.

Young Adult joue aussi sur la corde du « la fille de la ville qui pense que sa vie est formidable et que la campagne, c’est l’enfer» contre « les gens simples de la campagne simplement heureux avec leur vie simple ». Un ressort très souvent utilisé et apporte un contrepoint comique à la réflexion générale. Car j’ai peut-être oublié de le préciser mais ce film est avant tout une comédie, même si l’humour est avant tout situationnel et ne repose pas sur des gags à proprement parler. Il fonctionne plutôt bien et on garde le sourire aux lèvres tout du long.

Ces deux aspects sont traités avec beaucoup d’intelligence et de finesse. Young Adult n’est pas le film le plus profond de l’histoire, mais au moins il est cohérent, il tient de bout et surtout présente un minimum d’intérêt. C’est tout à fait convaincant et surtout la fin est particulièrement réussie. N’allez pas imaginer une conclusion cousue de fil blanc, elle est tout autre. Au final, on a donc vraiment l’impression d’assister à un film vraiment original par la consistance du propos, même si les thèmes de départ semblaient plutôt assez éculés.

youngadultPar contre, Young Adult souffre d’un petit défaut qui empêche ce film d’être totalement enthousiasmant. Le rythme est un peu mou du genou. Ca manque d’un rien de peps pour que l’on soit totalement emballé. On se laisse bercer plus qu’emporter par le film. On ne s’ennuie jamais certes, le film est relativement court, mais avance dans un petit traintrain très paisible. Le propos est intelligent, mais la mise en scène manque un peu de fantaisie et d’imagination. Les plus méchants d’entre vous diront que, du coup, on dirait presque un film français. En tout cas, cela différencie nettement ce film des deux petits chefs d’œuvre de Jason Reitman qu’étaient Juno et In the Air.

La promo du film a beaucoup insisté sur le fait que Young Adult serait LE rôle de Charlize Theron. Bon, je n’irais pas jusque là. Enfin, admettons tout de même que j’ai passé tout le film à me dire que je ne me rappelais pas à quel point elle pouvait être belle. Elle est ici carrément sublime ! Elle joue aussi très très bien je vous rassure, même si le léger manque d’énergie de la mise en scène l’empêche de vraiment totalement lâcher les chevaux. Les rôles masculins sont eux aussi parfaitement interprétés par Patton Oswalt et Patrick Wilson.

Young Adult est donc un film au propos intelligent et à l’humour subtil. Dommage que la forme soit par contre un chouïa planplan.

Fiche technique :
Production : Mandate Pictures, Paramount Pictures
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Jason Reitman
Scénario : Diablo Cody
Montage : Dana E. Glauberman
Photo : Eric Steelberg
Décors : Kevin Thompson
Directeur artistique : Michael Ahern
Durée : 93 mn

Casting :
Charlize Theron : Mavis Gary
Patton Oswalt : Matt Freehauf
Patrick Wilson : Buddy Slade
Elizabeth Reaser : Beth Slade
Collette Wolfe : Sandra Freehauf
Jill Eikenberry : Hedda Gary

IT’S NOT ME, IT’S YOU (Lily Allen) : Pop fraîche et savoureuse

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itsnotmeitsyoulillyallenOn a tous des chansons dont on ne se lasse jamais. Parmi les miennes, il y a Smile de Lily Allen. Bon, j’ai passé l’âge d’écouter douze fois la même chanson d’affilée, mais j’ai l’impression que je pourrais le faire sans aucun problème… Bon, je ne vais pas essayer, ça risquerait de ruiner complètement mon introduction. Du coup, je n’oserai plus vous parler de It’s Not Me, It’s You.

Lily Allen est née en 1985 à Londres. Elle est la fille d’un acteur-musicien et d’une productrice. Elle était visiblement destinée à une carrière artistique. C’est pourtant grâce à Myspace qu’elle se fait connaître, avant de sortir son premier vrai album en 2006, intitulé Allright, Still. C’est un gros succès, porté par le single Smile. C’est donc logiquement que trois ans plus tard, elle enchaine avec un deuxième album.

It’s Not Me, It’s You a surpris les fans de la première heure par son virage vers l’électro-pop, quand son premier album tirait plus sur le reggae. Beaucoup ont été déçu. Personnellement, j’aurais pu puisque l’électro et moi, ça fait deux. Mais j’ai quand même adoré. C’est vous dire si c’est bien ! Bon en fait, j’ai surtout retrouvé cette fraîcheur, cet enthousiasme presque enfantin qu’elle met dans ses chansons et qui font tout son charme. Bon pas sûr qu’elle fasse toute une carrière avec ça, mais après deux albums, on ne s’est toujours pas lassé.

It’s Not Me, It’s You est porté par un vrai grand single, à l’image de Smile pour Allright, Still. Le tube Fuck You a fait beaucoup parlé de lui à sa sortie, vu la nature quelque peu grossière du titre. Certes, pour un francophone, ce n’est pas si choquant que ça, mais il est évident que si un titre intitulé « je t’emmerde » ou « va te faire foutre ! » passait en boucle sur les radios du pays, il y aurait bien des associations bien pensantes pour dénoncer la mauvais influence que cela aurait sur nos chers petites têtes blondes, qui disent pourtant cent fois pire à la récré.

Mais un single ne fait pas un album et It’s Not Me, It’s You recèle bien d’autres bons titres. L’autre single, Fear, qui a pas mal tourné en radio également est une très jolie ballade mélancolique. On connaît également la chanson 22, qu’elle chante en duo avec Ours en France qui est proposée ici en version solo. Mais la chanson reste belle. Lily Allen reste surtout maîtresse de la pop qui pétille, comme Never Gonna Happen, avec quelques fois quelques accents jazzy du meilleur effet, comme sur Him. Sa musique est juste à de rares moments un peu trop sucrée, comme sur I Could Say, et du coup tire alors sur la soupe.

It’s Not Me, It’s You est donc la confirmation d’un vrai talent et surtout d’une vraie personnalité. Ce n’est certainement pas l’album le plus abouti et le plus complexe artistiquement. Mais la fraîcheur et l’enthousiasme de Lily Allen sont suffisamment communicatifs pour que l’on prenne un grand plaisir à l’écoute de cet album, qui plus est très dense en qualité. Restera encore à confirmer avec un troisième album qui se fait attendre. Mais bon, elle a fait un bébé entre temps, c’est bien aussi.

It’s Not Me, It’s You m’a donc autant plu que Allright, Still. Cependant, la fraîcheur devra forcément laisser un jour place à la maturité. Un virage dangereux mais que l’on attend avec impatience.

1.: Everyone’s At It
Une pop-électro, un rien jazzy pour une introduction sympa.

2.: Fear
Très beau single. Une ballade dynamique quelque peu mélancolique.

3.: Not Fair
Un titre énergique et guilleret.

4.: 22
Une version en solo, mais la chansons reste néanmoins très belle.

5.: I Could Say
Une pop sucrée qui tire un peu sur la soupe. 

6.: Back To The Start
Une pop plus rythmée, une peu rétro, qui sonne années 80.

7.: Never Gonna Happen
Une pop qui pétille. Du pur Lily Allen !

8.: Fuck You
Le single jubilatoire absolu !

9.: Who’d Have Known
Une ballade douce où la voix de Lily Allen est plus claire et plus posée qu’à l’habitude.

10.: Chinese
Une ballade douce et quelque peu évaporée.

11.: Him
Un titre plus jazzy, très sympa, très frais.

12.: He Wasn’t There
Un son rétro (vinyle qui craque), jazzy et un rien sensuel.