
Le jeune Claude François est obligé de quitter Suez lorsque l’Egypte décide de nationaliser le Canal. Ce départ va traumatiser sa famille et surtout briser son père, qui ne s’en remettra jamais. Ce dernier est un homme dur et fier, qui coupe les ponts avec son fils quand il décide de se lancer dans la musique. Début alors une des plus extraordinaires carrières de l’histoire du show-business.
Le premier point fort de Cloclo est d’avoir dépeint Claude François tel qu’il était… soit un sale con. Je sais, je suis peut-être un peu sévère, mais il n’aurait pas été un tel artiste, tous ses défauts le classeraient immédiatement dans la catégorie psychopathe infréquentable. Ce film n’est donc absolument pas une hagiographie. Et ceci, même si ses deux fils en sont les producteurs. Au moins, ces deux là ont su prendre du recul face à la légende paternelle.
Ceci dit, cette vision réaliste du personnage est paradoxalement la plus grande limite du film. Cloclo est long, peut-être un peu trop, car il est totalement linéaire. Bien sûr, on déroule les anecdotes qui ont marqué sa carrière, mais le personnage en tant que tel n’évolue. Sale con un jour, sale con toujours. C’est sans doute là que le film rate vraiment le coche pour être inoubliable. On reste au stade de la biographie factuelle. Cela ne signifie pas que le film soit totalement dénué d’émotion, mais Florent Emilio Siri a choisi de ne prendre aucun risque dans le propos, de ne proposer aucun point de vue subjectif.
Cependant, le film fonctionne tout de même très bien. Il ne s’agit pas d’une comédie musicale, mais la musique y joue naturellement un grand rôle. On retrouve évidemment la plupart des grands succès de Claude François, joué en partie ou quasiment intégralement. Evidemment, il vaut mieux apprécier à la base, mais ce n’est pas comme écouter Si J’Avais un Marteau sur son autoradio. Les chansons participent à l’histoire, elles sont remises dans leur contexte et prennent du coup un autre sens, pour ne pas dire une autre dimension. Donc, pas forcément besoin d’être fan pour apprécier.

Cloclo constitue le plus grand rôle de la carrière de Jérémie Rénier. Un rôle à César assurément. La plus grande qualité de cette interprétation est n’avoir pas cherché à pousser le mimétisme à l’extrême. Les deux hommes ont déjà un air de ressemblance à la base. Il était nettement suffisant. L’acteur a donc pu se concentrer sur son jeu au sens strict et l’expression des émotions. Il en ressort une performance vraiment convaincante et qui participe pleinement à la réussite de ce film.
Cloclo est donc un biopic réussi, malgré une certaine longueur. On y découvre aussi bien la face claire que la face sombre de Claude François. Et on ressort avec un air de magnolias dans la tête.
Fiche technique :
Production : LGM productions, StudioCanal, TF1 Films, Flèche productions, 24C Prod, Rockworld, JRW Entertainment, uFilm, Emilio Films
Distribution : StudioCanal
Réalisation : Florent Emilio Siri
Scénario : Julien Rappeneau
Montage : Olivier Gajan
Photo : Giovanni Fiore Coltellacci
Décors : Philippe Chiffre
Musique : Alexandre Desplat
Durée : 148 mn
Fiche technique :
Jérémie Renier : Claude François
Benoît Magimel : Paul Lederman
Monica Scattini : Chouffa François
Sabrina Seyvecou : Josette François
Ana Girardot : Isabelle Forêt
Joséphine Japy : France Gall
Marc Barbé : Aimé François
Maud Jurez : Janet Woolacot
Edouard Giard : Ticky Holgado

Cependant, comme dirait donc ma voisine, c’est vrai que la Dame en Noir nous met dans une situation de stress assez permanent. Les ressorts sont archi-éculés, mais il fonctionne encore. A la fois, ce n’est pas parce qu’il fait nuit tous les jours, que certaines personnes arrêtent d’avoir peur du noir. Le fantôme qui se cache à l’étage et fait grincer le parquet continue de nous effrayer, malgré toute la rationalité dont on peut faire preuve. Reconnaissons à James Watkins le talent d’avoir su le faire revivre une nouvelle fois avec efficacité. Le film atteint finalement pleinement son but et c’est bien là l’essentiel.
La réalisation ? En caméra subjective, puisqu’un protagoniste est chargé de filmer la préparation et la soirée et c’est par lui que l’on vit les évènements. Cela donne à Projet X un aspect « faux documentaire », technique assez éculée, mais qui, encore une fois, fonctionne très bien ici. Et surtout, cela nous permet d’échapper à l’aspect clip vidéo puisque, du coup, le film est plutôt constitué de plans-séquences.

Enfin, les Adieux à la Reine reste un magnifique film en costumes. Evidemment, étant un familier du Château de Versailles, cela me fait particulièrement plaisir de le voir revivre le temps d’un film tel qu’il était quand il occupait encore la fonction pour laquelle il a été conçu. Je n’ai rien contre les touristes, mais disons que je doute que Louis XIV n’ait jamais imaginé qu’ils pourraient un jour envahir quotidiennement le symbole de son pouvoir absolu. Mais on l’a vu, heureusement, ce film ne s’arrête pas à la beauté des décors et des costumes. Il serait cependant injuste de ne pas souligner la qualité du travail réalisé. Les moyens ont été mis et jamais une seule seconde, le film n’apparaît kitch ou cheap (désolé pour les anglicismes).
38 Témoins reste tout de même l’œuvre d’un réalisateur brillant. Tout le talent de Lucas Belvaux se ressent pleinement dans un dernier quart d’heure vraiment poignant. On oublie alors toutes les incohérences ou les faiblesses pour se laisser porter par l’émotion. Notre cœur se sert et on ressent enfin à quel point la culpabilité peut être un étau oppressant et insupportable quand on doit y faire face. On pourra simplement regretter que tout le film ne soit pas à l’image de cette magnifique séquence.

Mais là où John Carter finit de sombrer, c’est au niveau du casting. Il faut dire qu’en choisissant un acteur principal portant le nom de Kitsch (ça ne s’invente pas), les producteurs de chez Disney ont donné le bâton pour se faire battre. Ce bellâtre a autant de talent que Liliane Bettancourt de lucidité. A ses côtés, Lynn Collins s’en sort beaucoup mieux, avec un minimum de personnalité. Sans parler de sa plastique… Par contre, ayons une pensée ému pour ce pauvre Mark Strong et son costume ridicule…
Possessions reste tout de même avant tout une réflexion sur la jalousie, la frustration sociale qui peut mener à la violence. Comment face à un ascenseur qui ne fonctionne pas, on est tenté de brûler tout l’immeuble… C’est beau ce que je dis… Sauf que trop d’imperfections viennent parasiter le fond du sujet. De plus, on est là face à une histoire très particulière, qui n’est pas vraiment symptomatique de quoique ce soit. On n’est pas là face à un film social, même si on y retrouve une forme de lutte des classes. Bref, tout concourt pour que ce film reste tout simplement purement anecdotique.
Enfin, Terraferma est un régal par ses décors. Emmanelle Crisale est visiblement amoureux de cette île, petit coin de paradis au milieu de la Méditerranée. Certes, il nous explique toujours qu’il n’est pas toujours facile de vivre au paradis, mais au moins, c’est un régal pour les yeux. On a vraiment envie d’y partir en vacances, de profiter des paysages et la mer bleue turquoise.
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