I’M GOING AWAY (The Fiery Furnaces) : Rock en famille

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imgoingawaysthefieryfurnacesIl y a des familles formidables, où l’on pond de l’artiste à la chaîne. Du coup, il est fréquent que leurs membres décident alors de faire de la musique en famille. Et parfois, ils s’entendent mieux que les frères Gallagher… C’est le cas notamment de Matthew et Eleanor Friedberger, un frère et une sœur qui forment The Fiery Furnaces, auteur notamment de ce très bon I’m Going Away.

Le groupe est originaire de Brooklyn et s’est formé en 2000. Matthew est au chant, à la guitare et aux claviers, Eleanor au chant et à la guitare. Leur univers musical est l’indie rock, même si je n’ai jamais bien compris à quoi cela pouvait bien correspondre. Je qualifierai ça de pop-rock mais avec un son clairement américain. Evidemment, je ne peux juger que sur l’album sur lequel porte l’avis ici présent, mais d’après ce que j’ai lu, je n’ai pas l’impression que les autres albums sonnent très différemment. Leur discographie en compte 8, dont le dernier en date, I’m Going Away date de 2009.

Il paraît que The Fiery Furnaces est souvent comparé aux White Stripes. Et pas simplement à cause du fait que le groupe soit composé d’un frère et sa sœur (même s’il s’avère, malgré ce qu’ils racontaient au début, les White Stripes étaient en fait composés d’un mari et de son ex-femme, mais ce n’est pas le sujet ici). Lorsque l’on écoute Staring a the People, c’est vraiment frappant. Pour le reste, un peu moins, car la voix de Matthew Friedberger est quand même moins emblématique que celle de Jack White et surtout leur musique plus douce.

I’m Going Away alterne les ballades et les titres plus dynamiques. Ce n’est jamais très énervé, ça ne va jamais au-delà du rock très classique mais énergique. Certains titres ont des petits airs jazzy ou swinguent un tantinet ! Le tout donne un album plutôt varié, même si aucun titre n’est radicalement original. Il est vrai qu’au niveau personnalité, The Fiery Furnaces est tout de même loin de the White Stripes. Mais cela ne retire rien à leur vrai talent.

En effet, I’m Going Away est tout de même très agréable à écouter et c’est tout de même l’essentiel. Même sans créativité débridée, The Fiery Furnaces a la maîtrise artistique nécessaire pour nous livrer un album de grande qualité. On regrettera simplement l’enchaînement entre Keep Me in the Dark et Cups and Punches, trois titres beaucoup plus moyens et relégués en fin d’album. Il est vrai que 9 titres seulement, ça aurait été un peu juste, mais on n’a un peu l’impression que ces morceaux ont été insérés faute de mieux.

The Fiery Furnaces est donc un groupe solide. On peut comprendre que ce ne soit pas des mégastars, mais à l’image de Wilco dont j’ai parlé récemment, ils possèdent les mêmes qualités que chez bien des groupes qui tournent en boucle sur la FM. The Fiery Furnaces n’est pas un chef d’œuvre mais un album qui aime le rock calme et mélodieux.

I’m Going Away de The Fiery Furnaces constitue donc une jolie découverte, qui ne bouleversera pas ma vie, mais m’a offert un joli moment musical.

Pour finir, regardons de plus près les titres de I’m Going Away.

1.: I’m Going Away
Un rock énergique, mais un rien répétitif.

2.: Drive To Dallas
Le début du titre fait penser à un slow presque à l’ancienne. Le refrain est en suite plus entraînant avant un final très énergique.

3.: The End is Near
Plus jazzy. Un rythme lent un rien chaloupé.

4.: Charmaine Champagne
Retour à un rock presque rétro et festif.

5.: Cut the Cake
Une ballade chaude et un rien sexy.

6.: Even In the Rain
Une ballade aux accents jazzy.

7.: Staring At the Steeple
Un petit côté White Stripes dans ce titre.

8.: Ray Bouvier
Entre swing et rock pour ce très bon titre.

9.: Keep Me In the Dark
Un titre un peu plus transparent.

10.: Lost At Sea
Un morceau qui manque un peu de relief.

11.: Cups & Punches
Toujours un peu en retrait.

12.: Take Me Round Again
Un swing entraînant.

MOONRISE KINGDOM : Poésie singulière

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moonrisekingdomafficheWes Anderson est un des réalisateurs les plus singuliers d’Outre-Atlantique. Son univers a des allures enfantines, mais avec un second degré accessible aux adultes. Il rappelle celui de René Goscinny et dieu sait si cette comparaison est flatteuse venant de moi. Pour rester dans le cinéma, il y a un peu de Tim Burton chez lui, le gothique et l’aspect sombre en moins. Mais c’est avant tout un réalisateur de grande qualité qui nous livre une nouveau petit bijou : Moonrise Kingdom.

Branle-bas de combat chez la compagnie scout d’une petite île au large de la Nouvelle-Angleterre. Le jeune Sam, 12 ans, s’est enfuit. Même état d’esprit chez les Bishop, puisque leur fille Suzy semble avoir fugué. Ils ne mettront pas longtemps avant de s’apercevoir que les deux adolescents entretiennent une correspondance depuis quelques mois et ont décidé de fuir ensemble, eux qui se sont toujours sentis à part et rejetés.

Moonrise Kingdom est un film parcouru d’une folie douce, à l’image de celle qui frappe la plupart de ses protagonistes. Il en naît une grande poésie de cette histoire qui ne paye pas de mine mais qui arrive à nous proposer un très moment de cinéma. Une histoire simple mais qui brille par la richesse de ses à-côtés, la finesse de son humour et son aspect décalé tout à fait délectable. Ceux qui ont aimé Fantastic Mr. Fox retrouveront ce même talent, ce même imagination fertile.

Wes Anderson maîtrise à la perfection la confrontation entre l’innocence enfantine et les problèmes d’adultes, afin de mieux faire ressortir l’absurdité de ces derniers. Car Moonrise Kingdom ne tire pas son intérêt de son aspect compte de fées, mais bien de ce que ça révèle sur tout ce dont on s’embarrasse avec l’âge et qui nous empêche tout simplement d’être heureux. C’est plus drôle que profond, mais le propos est infiniment plus intelligent qu’il en a l’air. Le tout est souligné par une très belle bande originale signée Alexandre Desplats, auquel un bel hommage est rendu pendant le générique de fin.

Il est évident que la forme de Moorise Kingdom peut quelque peu surprendre. Pris au premier degré, on peut même trouver ce film quelque peu crétin… A la fois, il ne faut vraiment avoir aucun sens du second degré pour ne pas voir celui qui parcourt ce film. On est vraiment dans le second degré, pas le troisième ou le quatrième. Tout reste très accessible. C’est peut-être plutôt les aspects quelque peu enfantins qui peuvent rebuter certains. Mais bon, même avec une minuscule âme d’enfant, on a toute les chances d’apprécier pleinement ce film.

Le seul léger reprocher que je formulerai à l’encontre de Moonrise Kingdom est un léger manque de rythme. Le film est court, tout juste un peu plus d’une heure et demi, mais l’histoire qui reste assez simple aurait pu se conclure avec une petite dizaine de minutes de moins. On se laisse bercer par l’histoire, alors qu’elle se prêtait plutôt à nous emporter. Rien de bien méchant, mais suffisant pour que l’enthousiasme ne devienne totalement débordant.

moorisekingdomOn reconnaît la qualité de réalisateur de Wes Anderson, quand on voit le fabuleux casting qu’il a réussi à réunir, malgré un budget limité. Si Bill Murray et Frances McDormand en couple d’avocats complètement lunaires sont tout à fait dans le registre qu’on leur connaît, on apprécie particulièrement les performances de Bruce Willis, Edward Norton et Harvey Keitel dans de jolis contre-emplois. Il est évident qu’ils n’auraient jamais accepté de tels rôles pour un jeune débutant. Enfin, ne passons pas sous silence le vrai talent dont font preuves l’ensemble du casting « enfantin », en particulier les deux acteurs principaux : Jared Gilman et Kara Hayward. Toutes les scènes ne sont pourtant pas faciles, notamment celles où les deux jeunes gens découvrent l’amour.

Moonrise Kingdom a apporté un souffle de rêverie et de poésie sur le Festival de Cannes dont il a fait l’ouverture. Un vrai beau moment de bonheur cinématographique !

Fiche technique :
Production : StudioCanal, Focus Features Int’l, Indian Paintbrush, American Empirical
Réalisation : Wes Anderson
Scénario : Wes Anderson, Roman Coppola
Montage : Andrew Weisblum
Photo : Robert Yeoman
Décors : Adam Stockhausen
Distribution : StudioCanal
Musique : Alexandre Desplat
Durée : 94 mn

Casting :
Jared Gilman : Sam
Tilda Swinton : Services sociaux
Frances McDormand : Mme Bishop
Bill Murray : Mr. Bishop
Edward Norton : Chef Scout Ward
Bruce Willis : Capitaine Sharp
Kara Hayward : Suzy
Jason Schwartzman : le cousin Ben

UNE VIE COMME NEUVE (George Simenon) : Les traits du génie, mais sans enthousiasme

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uneviecommeneuvePoursuite de ma traversée de l’œuvre de George Simenon avec Une Vie Comme Neuve. Une nouvelle plongée dans les méandres de l’âme humaine, écrite en 1951. Un livre sur la médiocrité de la vie, mais un livre loin d’être médiocre… même s’il a bien du mal à passionner.

Monsieur Dudon mène une petite vie étriquée. Vieux garçon, il se rend régulièrement au bordel, chez Madame Germaine, où il dépense les petites sommes qu’il détourne de l’entreprise dont il est le comptable. Il n’assume pas et reste persuadé qu’il finira par être puni pour ça. Il pense que le jour du châtiment est arrivé le jour où il est renversé par une voiture. Mais le responsable de son accident, un notable qui veut l’empêcher de révéler qu’il était alors avec sa maîtresse, va lui offrir sans le savoir une nouvelle vie.

Une Vie Nouvelle pourrait faire croire qu’il s’agit vraiment d’un récit sur la possibilité d’oublier son passé et de mener enfin l’existence dont on rêve. On peut le penser pendant un bon moment, mais ceux qui connaissent un peu l’œuvre de l’auteur belge se doutent bien que tout ne se termine pas par un happy-end. On est une nouvelle fois confronté à des hommes du quotidien, au destin ordinaire, mais qui cachent souvent des choses beaucoup plus inavouables. On est donc là devant du pur Simenon, le précurseur de Desperate Housewives… (Bon j’ironise un tantinet pour le coup).

Cependant, Une Vie comme Neuve est portée par une trame narrative beaucoup plus légère que d’habitude… Oui enfin, ce n’est que le troisième Simenon que je lis, mais je vais faire comme si j’en étais déjà un grand spécialiste. Pour ainsi dire, il ne se passe pas grand chose, en dehors des états d’âme des protagonistes. Du coup, par moment, je dois bien avouer, on s’ennuie un peu. Enfin, le roman, comme le plus souvent, est très court, donc on arrive quand même à le lire relativement rapidement.

C’est dommage que le propos ne soit pas soutenu par une intrigue plus consistante, car il est vraiment intéressant. Simenon ne nous décrit pas la réalité comme on aimerait qu’elle soit, mais comme elle est. Trop souvent notre propre médiocrité vient à bout de nos résolutions les plus fermes et les vieux travers ressurgissent. C’est exactement le cas de Une Vie comme Neuve qui nous décrit ce processus avec sa montée et sa descente parfois lente, parfois vertigineuse.

Une Vie comme Neuve est écrite sous la plume de Simenon, c’est à dire une très grande plume. Ce qu’il y a bien avec un tel auteur, c’est que même quand on est moins enthousiaste, on arrive à ne pas être totalement déçu, puisqu’on a au moins le plaisir de parcourir des mots si bien agencés. Et puis un auteur qui a publié 176 romans, rien que ça, tout ne peut pas toujours être fantastiquement génial.

Une Vie comme Neuve est donc un livre de George Simenon qui est loin de m’avoir enthousiasmé. On reconnaît les traits du génie, mais le tout manque de souffle ! Mais bon, du coup, j’ai très envie d’en lire rapidement un autre !

MEN IN BLACK III : Entre noir clair et noir foncé

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mib3afficheNée en 1997, la franchise Men In Black semblait enterrée, mais elle revient pour un troisième épisode, 10 ans après le second. L’avantage d’être un peu oublié, c’est que l’on attend plus grand chose de vous, voire même on n’imagine pas autre chose qu’une gentil navet. Cependant, prendre une décennie pour écrire un scénario peut faire espérer qu’elle revienne avec plein de nouvelles bonnes idées et nouveautés. La vérité se situe au final au milieu de tout ça.

Boris l’animal, un des pires criminels jamais arrêtés par l’Agent K, s’échappe de la prison située sur la lune. Il en ressort obsédé par deux choses : éliminer son vieil ennemi et provoquer l’invasion de la planète Terre pas son peuple belliqueux. Pour empêcher ce double drame, l’Agent J. n’a d’autre choix que de remonter dans le temps et croiser le chemin de son équipier du temps où ce dernier était encore jeune.

Men in Black III propose une bonne idée qui permet un certain renouvellement : le voyage dans le temps. Pas simplement pour le plaisir des anachronismes, mais surtout pour connaître un peu mieux l’Agent K, qui se caractérisait avant tout jusqu’à présent par un mutisme et un certain désenchantement. On découvrira donc les origines de cette personnalité, le tout se terminant sur une jolie surprise scénaristique. Bon, honnêtement, on aurait pu s’attendre à un effort supplémentaire pour trouver des idées novatrices. Certes, ça reste dans l’esprit, mais attendre dix ans pour ans pour ça, c’est un tantinet décevant

Les amoureux des deux premiers épisodes seront donc tout de même ravis. Les autres pourront prendre Men in Black III pour ce qu’il est au fond, un aimable divertissement familial, drôle et bien foutu. Le scénario reste un peu léger, on vient de le voir, mais on passe tout de même un bon moment. Comme l’histoire ne nous fait donc découvrir que peu de choses vraiment nouvelles, elle se concentre donc essentiellement sur les rebondissements et les péripéties, proposées à un rythme soutenu. A défaut de nous surprendre, au moins, cela nous met à l’abri de l’ennui.

Visuellement, le film n’a rien de très surprenant non plus. En effet, le film se concentre avant tout sur les personnages humains. Bien sûr, on retrouve les éternels extra-terrestres se faisant passer pour des humains par d’habiles déguisements, mais de manière beaucoup moins fréquente que dans les épisodes précédents. On peut y voir une qualité, car on peut considérer que les premiers films avaient quelque peu fait le tour de la question. L’humour est donc au final plus classique, mais toujours aussi efficace. On ne rit pas forcément aux éclats toutes les cinq minutes, mais le film ne se prend définitivement pas au sérieux.

mib3Men in Black III n’est donc ni moins bon, ni vraiment meilleur à ce que l’on attendait. C’est propre, distrayant, professionnel, bref très hollywoodien. On peut toujours discuter de l’intérêt d’un tel film, mais je serai de mauvaise foi, si je disais que je n’ai pas passé un bon moment. Cet épisode n’est pas l’épisode de trop, mais on se dit que le nombre limité de nouvelles idées n’incite pas à l’optimisme quant à un quatrième ou un cinquième opus.

Ce Men in Black III met d’autant plus en avant Will Smith que Tommy Lee Jones est absent de l’écran une bonne partie du film. Il s’acquitte de son rôle avec son charme habituel, mais sans non plus forcer son talent plus que ça. A l’image du film en fait. Son partenaire est cette fois essentiellement un Josh Brolin chez qui on sent un vrai bonheur d’être là et une implication bien plus convaincante.

Au final, Men in Black III n’a évidemment rien à voir avec le vrai bonheur qu’avait constituer le premier épisode. Mais on a connu bien des franchises dont le troisième était d’une qualité bien moindre que celui-là. Il y a même bien des franchises où même le premier était bien en dessous…

Fiche technique :
Production : Amblin Entertainment, Media Magik Entertainment, Hemisphere Media Capital, Columbia Pictures
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Barry Sonnenfeld
Scénario : Etan Cohen
Montage : Don Zimmerman
Photo : Bill Pope
Décors : Bo Welch
Musique : Danny Elfman
Durée : 104 mn

Casting :
Will Smith : L’agent J
Josh Broslin : L agent K jeune
Tommy Lee Jones : L agent K
Emma Thompson : L agent O
Jemaine Clement : Boris

THERE IS AN OCEAN THAT DIVIDES (Scott Mattew) : Quelle horreur de voix !

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thereisanoceanthatdividesscottmattewQuelques fois, on tombe en amour avec une voix au bout de quelques notes, de quelques instants qui vous transportent immédiatement dans un autre monde. Quelle soit claire, grave, profonde ou légère, on ne l’oublie jamais et qu’importe la mélodie, l’instrumentation ou les paroles, la voix se suffit à elle même. Et puis parfois aussi, c’est exactement l’inverse. La preuve avec ce There Is an Ocean That Divides de Scott Matthew.

Scott Matthew est un chanteur australien né en…. Ah bah je ne sais pas, ce n’est pas marqué dans son article Wikipedia (en anglais, il n’en a pas en français). Par contre, on sait qu’il est né dans le Queensland. On est heureux de le savoir… Il a d’abord été membre du groupe Elva Snow avant une série d’albums solo, donc ce There Is an Ocean That Divides sorti en 2009. Anecdote amusante (ou pas) : il a participé à la BO de deux anime tirés de célèbres mangas : Ghost in the Shell et Cowboy Bebop.

Des les premières secondes du premier titre, Every Travelled Road, je me suis dit : « mais qu’est ce que c’est que cette voix ! » Plutôt haut perchée, sans être ni douce, ni harmonieuse, elle a plus agressé mes oreilles qu’autre chose. La musique se voulait douce, mais se révélait être plutôt vecteur de stress et de crispation. Ce n’est très certainement pas le but recherché et n’est sûrement pas volontaire.

Le reste de l’album est dans cette droite lignée. Comme le rythme de la plupart des morceaux est particulièrement lent, on plonge également dans l’ennui. Cela fait beaucoup pour un seul album ! Son écoute s’est donc révélée être un long calvaire, espérant un changement de rythme ou de tonalité qui ne viendra jamais. Il est évident que There Is an Ocean That Divides est avant tout fait pour mettre en avant la voix si particulière de Scott Matthew. Mais vu son caractère assez particulier, ça passe ou ça casse. Chez moi, ça a cassé de manière assez fracassante. Je ne vois donc pas ce que je pourrais sauver dans cet album.

Allez, je retiendrai quand même deux morceaux. Community et German sont ceux où la voix est plus posée, plus grave, au moins pour le premier. Du coup, on peut enfin apprécier la mélodie et sa douceur. Bon, ce n’est ni particulièrement intéressant, ni particulièrement original, mais au moins ça se laisse écouter. C’est déjà ça quand on sait que le reste nous procure des frissons, mais qui n’ont rien à voir à une quelconque émotion débordante.

Evidemment, si cette voix assez particulière vous séduit, votre opinion concernant There Is an Ocean That Divides risque fort d’être totalement opposé au mien. Mais bon, vue la réaction épidermique qu’elle a provoquée chez moi, j’ai beaucoup de mal à me situer dans cette perspective. Sans doute est-il alors possible de voir dans cet album un recueil de jolies ballades. En tout cas, c’est sûrement le cas de celui qui a écrit la critique qui m’a poussé à inscrire cet album sur ma liste.

There Is an Ocean That Divides ne fera donc pas partie de ma discothèque idéale. Même l’idée de devoir le réécouter me fait frissonner…

Pour finir, regardons tout de même les titres que l’on trouve sur There Is an Ocean That Divides.

1-Every Travelled Road
La voix est moche et le titre très chiant.

2-For Dick
La voix est encore plus aigüe et le titre encore plus chiant.

3-Ornament
Un plus enjoué, mais sans grand intérêt.

4-White Horse
Des envolées lyriques au violon. Mais la voix reste la même…

5-Dog
Carrément inaudible…

6-Community
La voix est un peu plus grave, plus chaude pour un morceau plutôt sympa.

7-There Is an Ocean That Divides
Très lent, presque murmuré.

8-German
La voix reste aigüe, mais plus maîtrisée. Du coup, elle nous propose une jolie ballade.

9-Thistle
Une instrumentation plus élaborée et enjouée. Mais la voix n’est toujours pas au niveau.

10-Wolverine
Lent et la voix trop poussée dans les aigus… encore une fois…

11-Friends and Foes
A l’image du reste…

MSS BALA : Funeste concours

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missbalaafficheLe cinéma mexicain reste un des cinémas les plus dynamiques. Il nous offre régulièrement des œuvres pleines d’énergie, nées de la violence de cette société marquée par la guerre contre le trafic de drogue. Cette dernière est justement au cœur de Miss Bala. Un film proprement réalisé, mais au final sans vraie surprise.

Laura et son amie Uzu s’inscrivent pour participer à un concours de beauté dans la région de Tijuana. Malheureusement, le soir même, elles se retrouvent au cœur d’une fusillade dans une boîte de nuit. Laura arrive à s’échapper, mais elle va, alors qu’elle recherche son amie disparue, recroiser le chemin du caïd à l’origine du massacre. Ce dernier, va faire pression sur elle et l’utiliser dans sa guerre contre la police… tout en lui promettant de retrouver Uzu et de lui permettre de concourir au concours de miss.

Miss Bala repose sur un principe très classique, celui de l’innocente victime entraînée malgré elle dans une histoire qui la dépasse et qui va voir sa vie mise en danger. Mais il est vrai qu’on est loin ici de Night and Day. Car elle ne se fait pas, pour une fois, enlever par un gentil qui a les apparences contre lui et dont elle va finir par épouser la cause. Non cette fois, elle est bien entraînée par de vrais méchants qui vont la forcer à devenir complice d’actes dont la seule motivation est l’argent et la défense du commerce de la drogue.

En fait, Miss Bala est un film sans gentils, en dehors de l’héroïne bien sûr. Du coup, elle ne peut compter sur personne. Police et malfrats sont engagés dans une guerre violente et sans merci. Ils ne soucient guère du sort d’une victime innocente qui est vue par tous comme un moyen d’atteindre le camp d’en face. C’est la description de cette spirale infernale et visiblement sans issue qui forme le cœur de cette histoire, qui porte une vision désabusée et assez fataliste sur la violence qui gangrène la société mexicaine.

Le tout donne un film quelque peu bancal, entre le film social et le film de gangsters pur et dur. Le film est violent, dur même parfois, mais on ne peut pas à proprement parler d’action ou de grand spectacle. De même, la vision sur la société reste quelque peu superficielle et manque quelque peu de profondeur. La critique a salué ce mélange des genres. J’en suis plutôt ressorti frustré, même si le film reste tout de même intéressant et plutôt bien foutu.

La réalisation est sobre et si la violence est crue, ce n’est jamais de manière voyeuriste ou inutilement spectaculaire. On est souvent dans le caméra à l’épaule, mais sans pour autant vous donner la nausée. Miss Bala ne ressemble pas du tout à un clip vidéo. La photographie essaye d’être la plus réaliste possible et de nous faire ressentir l’ambiance des rues mexicaines. Cela colle parfaitement à la finalité du film, mais du coup ne constitue pas en soi un intérêt particulier.

missbalaLes deux personnages principaux fonctionnent bien. Mais si l’un provoque bien le dégoût, l’héroïne quant à elle n’inspire pas toute la sympathie nécessaire à faire de Miss Bala un film totalement enthousiasmant. Certes, c’est du au fait sans doute que le personnage est réaliste et tout de même un tantinet ambigu. On y gagne sans doute en intérêt sur le fond, mais on y perd un peu en émotion pure.

Le duo Stéphanie Sigman – Noe Hernandez confirme la richesse du cinéma mexicain en termes de comédien. Aucun des deux n’est éblouissant, mais ils interprètent leurs rôles respectifs avec assez de conviction et de talent pour que l’on y croit. Ils tirent le film vers le haut et ne sont en rien responsables de ses petites imperfections.

Je suis moins enthousiaste que la plupart des critiques au sujet de Miss Bala. Je lui reconnaît un grand intérêt, une forme tout à fait correcte, mais un manque trop flagrant d’émotion.

Fiche technique :
Gerardo NARANJO – Réalisation
Gerardo NARANJO – Scénario & Dialogues
Mauricio KATZ – Scénario & Dialogues
Matyas ERDELY – Images
Ivonne FUENTES – Décors
Emilio KAUDERER – Musique
Gerardo NARANJO – Montage
Pablo LACH – Son

Casting :
Stephanie SIGMAN – Laura Guerrero
Noe HERNANDEZ – Lino Valdez
James RUSSO – Jimmy
Jose YENQUE – Kike Cámara
Irene AZUELA – Jessica Berlanga

LA CABANE DANS LES BOIS : Surprises au coin du bois

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lacabanedanslesboisafficheA la base, je n’avais pas l’intention de voir la Cabane dans les Bois. Et ce pour de mauvaises raisons. En effet, je pensais qu’il s’agissait vraiment un film d’horreur classique, avec une bande de jeunes ayant la mauvaise idée d’aller s’enfermer dans une forêt habitée par un quelconque serial killler ou un monstre des plus communs. Les critiques étaient bonnes, mais je ne les avais pas lues en détail, et je ne savais pas donc pas que ce film réservait bien des surprises. Finalement, je me suis retrouvé au cinéma à une heure où il n’y avait que ça d’intéressant et que je n’avais pas vu. Et tant mieux !

Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils sont cinq et vont passer un week-end dans une cabane isolé, près d’un lac. Victimes idéales pour un film d’horreur ? Mais est-ce que tout ça arrive vraiment par hasard ?

Si comme moi, vous allez voir la Cabane dans les Bois en ne connaissant que le titre et l’affiche, en étant du coup persuadé que vous allez assister à un spectacle archi prévisible et connu d’avance, et bien les premières secondes vont vous plonger dans une grande perplexité. Vous ne verrez d’abord pas le rapport entre la scène d’ouverture et le sujet. Certes, très vite, le lien est fait, mais reste alors à comprendre le pourquoi. Cela prendra une bonne partie du film et fait au final une large partie de son intérêt.

La Cabane dans les Bois n’est pas à proprement parler une parodie. Il y a certes beaucoup de second degré sans ce film, mais il reprend tout de même l’ensemble des codes du genre et on imagine très vite qu’il y a un grand danger qui rôde derrière le moindre buisson. Mais l’histoire est beaucoup plus riche que prévue, vous l’aurez compris. Je suis évidemment un peu coincé car en dire plus pourrait facilement gâcher une bonne partie du plaisir des futurs spectateurs. Et comme je vous incite plutôt à aller le voir…

La Cabane dans les Bois n’est donc pas du tout réservé aux amateurs inconditionnels de film de genre, type Massacre à la Tronçonneuse ou Vendredi 13. Bien sûr, ce sont eux qui apprécieront le plus les références multiples et la manière donc les codes les plus classiques sont utilisés pour une histoire de plus grande ampleur que d’habitude. Mais d’autres pourront aimer cette histoire originale, inattendue et qui fait au final autant sourire que peur. Il n’y a pas forcément de vrais gags, mais le film est parcouru par une ironie constante.

Drew Goddard signe là son premier film. On le connaissait déjà comme scénariste, à la télé pour les séries comme Alias ou Lost, mais aussi au cinéma avec l’excellent Cloverfield. Il est ici à la fois à l’écriture et derrière la caméra. Et pour une première, c’est une réussite puisqu’il fait preuve d’une vraie maîtrise et d’un talent certain, que ça soit dans le rythme, la mise en scène ou la direction d’acteurs. Certes, ça reste plus professionnel que brillant, mais cela permet vraiment au spectateur de rentrer dans la Cabane dans les Bois et de profiter au maximum de ce spectacle très divertissant.

lacabanedanslesboisLe casting ne recèle pas de grosses révélations, mais une vraie surprise que je dévoilerai pas non plus ici, puisqu’elle ne survient qu’à la fin. Le groupe est composé de jeunes acteurs qui tiennent là le plus grand rôle et s’en sortent plutôt bien et Chris « Thor » Hemsworth. Ce dernier est plus à l’aise sans son costume de dieu asgardien, même s’il n’est définitivement pas un grand acteur… ni même un acteur si je voulais être vraiment méchant. Si un nom était à retenir, ce serait celui de Fran Franz qui fait preuve de la personnalité la plus originale. Enfin, le casting est complété par l’éternel second rôle américain Richard Jenkins, un comédien qu’on voit tout le temps et dont on ne connaît que rarement le nom.

La Cabane dans les Bois n’est pas un chef d’œuvre. Mais son côté inattendu et surprenant, le tout enrobé par une mise en scène plus que correcte, en fait un film qui sort quelque peu du lot.

Fiche technique :
Réalisation : Drew Goddard
Scénario : Drew Goddard et Joss Whedon
Direction artistique : Martin Whist
Décors : Kendelle Elliott
Costumes : Shawna Trpcic
Photographie : Peter Deming
Montage : Lisa Lassek
Musique : David Julyan
Production : Joss Whedon

Casting :
Kristen Connolly : Dana Polk
Chris Hemsworth : Curt Vaughan
Fran Kranz : Marty Mikalski
Jesse Williams : Holden McCrea
Anna Hutchison : Jules Louden
Richard Jenkins : Steve Hadley
Bradley Whitford : Richard Sitterson
Brian J. White : Alex Truman
Amy Acker : Wendy Lin

WILCO (THE ALBUM) (Wilco) : Confirmation

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wilcothealbumwilcoDepuis que je me procure des disques de groupes et artistes que je connais pas forcément, mais dont j’ai lu de bonnes critiques, j’ai eu de bonnes et de mauvaises surprises. Wilco et leur album Sky Blue Sky, à propos duquel je concluais : Sky Blue Sky est donc un très bon album pour découvrir un groupe méconnu, mais qui gagne à être connu, faisant incontestablement partie de la première catégorie. C’est donc avec optimisme que j’ai écouté leur album suivant, sobrement intitulé Wilco (The Album). Et je n’ai pas été déçu.

Petit rappel donc : Wilco est un groupe américain, dont l’univers tourne autour du rock, de la pop et de la country. Fondé en 1994, il est composé de Jeff Tweedy au chant et à l’écriture, John Stirratt à la basse, Nels Cline à la guitare, Glenn Kotche aux percussions, le multinstrumentiste Pat Sansone et le pianiste Mikael Jorgensen. Wilco (The Album) est le 9ème album solo et est sorti en 2009.

Sky Blue Sky ressemblait à un recueil de ballades très réussies. Wilco (The Album) est lui beaucoup plus varié nous faisant voyager dans tout l’univers musical du groupe. La dominante reste pop-rock, mais version américaine. Que les allergiques à la brit’pop se rassurent, même si quelques titres ont un vague air de famille. On est clairement face à une musique plutôt facile d’approche, ni trop molle, ni trop énervée. Cependant, on est là face à des compositions élaborées, pour preuve la diversité de la composition instrumentale des accompagnements.

Le seul petit reproche que j’avais formulé à l’encontre de Sky Blue Sky était le manque d’un ou deux vrais tubes phare. C’est un peu moins vrai pour Wilco (The Album), même s’il reste globalement homogène. You and I, une ballade en duo, et I’ll Fight, un des titres les plus pop, sont au-dessus des autres. Cela n’atteint pas forcément des sommets, mais il y avait de quoi en faire de bons singles à passer dans toutes les bonnes radios. En tout cas, il y a des choses bien moins intéressantes qui tournent en boucle et se vendent comme des petites pains. Mais, que voulez-vous, il n’y a décidément pas de justice dans ce bas monde !

Wilco (The Album) souffre de quelques titres un peu pénibles à écouter. C’est toujours pour la même raison, lorsque Jeff Tweedy pousse sa voix et qu’elle part dans les aiguës. Elle perd alors toute maîtrise et surtout toute harmonie. On se demande d’ailleurs comment personne n’a pu le lui faire remarquer. Heureusement, cela ne concerne que Bull Black Nova, Country Disappeared et dans une bien moindre mesure Everlasting Everything. Pas de quoi gâcher le plaisir que l’on a à l’écoute de cet album, mais ce léger petit désagrément aurait pu toutefois être très facilement éviter. C’est donc dommage.

Enfin, globalement, avec Wilco (The Album) confirme définitivement leur statut de groupe solide et intéressant qui mériterait bien plus de reconnaissance. Ils ne sont pas les seuls dans ce cas malheureusement. Bien sûr, je ne connais que deux de leurs albums sur dix, mais ces deux là me donnent vraiment envie de découvrir le reste de leur œuvre. Il n’y a sans doute pas de pur chef d’œuvre, mais si on y trouve d’autres bons albums comme celui-ci, je suis tout de même preneur !

Wilco (The Album) ravira donc les amateurs de bonne musique, facile d’accès, sans pour autant être de la soupe !

Pour finir, passions en revue les titre de cet album.

1-Wilco (The Song)
Un rock tout en maîtrise, très agréable.

2-Deeper Down
Un son plus doux, plus mélodique.

3-One Wing
Une instrumentation plus épurée, mettant la voix en avant. Toujours très bien !

4-Bull Black Nova
Un son plus pop, gâché par la voix qui part trop dans les aigus.

5-You and I
Un titre accompagné à la guitare sèche, pour une très jolie ballade chantée en duo.

6-You Never Know
Retour au rock tout en maîtrise, avec un piano très présent. Vraiment bon, avec un léger air rétro.

7-Country Disappeared
Une ballade presque sexy, un peu jazzy, un peu soul… mais une nouvelle voix la voix est trop aigüe.

8-Solitaire
Un titre acoustique et épuré, très apaisant.

9-I’ll Fight
Son assez pop, avec beaucoup de jeu avec les sonorités du texte. Vraiment très bon !

10-Sonny Feeling
Un titre pop-rock dynamique et entraînant.

11-Everlasting Everything
La voix se pose sur un air de guitare et de piano. Elle est parfois trop poussée, mais le titre reste globalement pas mal du tout.

BRAVO MONTPELLIER !

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montpellierchampionSi je n’ai pas écrit ce billet plus tôt, ce n’est pas par aigreur, mais pour des raisons liées à mon emploi du temps. Bref, Montpellier est champion de France de football et c’est entièrement mérité pour des raisons aussi bien quantitatives que qualitatives. Il n’y a rien à dire là-dessus, la victoire est incontestable.

Avec 82 points, Montpellier a réussi un parcours rare en championnat, le deuxième total depuis l’instauration de la victoire à trois points. Seul le grand Lyon des années 2000 a fait mieux, mais à une seule reprise (84 points en 2005-06). Une quasi perfection à domicile et contre les équipes de bas de tableau l’ont conduit à ce total. Du coup, le club de l’Hérault était quasiment imbattable car aller encore au-delà aurait constitué une performance réellement historique. La Ligue 1 est un des championnats les plus denses en Europe et il y est difficile d’y imaginer un parcours à la Real de Madrid ou FC Barcelone, qui ont marqué cette saison respectivement 100 et 91 points, 121 et 114 buts cette saison.

Et puis, Montpellier, à l’image de Lille l’année dernière, mérite d’être champion de France tout simplement parce qu’il a bien joué. La qualité de son collectif a été soulignée toute l’année. Et même s’il a été le spécialiste de la victoire 1-0 cette saison, il a aussi livré des performances de très haut niveau. Cela confirme qu’une équipe n’a pas besoin de 11 stars pour bien tourner. Deux joueurs majeurs, Giroud et Bellhanda, avec autour d’eux des coéquipiers, que l’on considérait avant cette saison comme des joueurs de second plan, à l’image des latéraux Bocaly et Bedimo, mais qui ont su trouver un parfait équilibre.

Toutes ces considérations n’apaisent guère la déception côté parisien. Mais avec 79 points et 75 buts marqués, le PSG a fait un plus beau parcours que la plupart des champions de France passés. Cependant, cette année, ce n’était pas suffisant. On peut toujours réécrire l’histoire, avoir quelques regrets, parler encore et encore de l’arbitrage (notamment celui comparé de Lille-PSG et Montpellier-Lille), tout cela est évidemment inutile, le plus fort a gagné. Et le plus fort, c’était Montpellier ! Cependant, on ne peut que souligner la mesquinerie et l’incroyable mauvaise foi de la plupart des commentateurs, y compris les supposés professionnels. Que n’a-t-on pas lu sur la pauvreté du jeu parisien ! On se demande avec combien de points, le PSG aurait fini avec un jeu à leur goût ! Et Pastore, objectivement intermittent, combien aurait-il marqué de buts, puisqu’il en a tout de même inscrit 13, tout en étant sujet à toutes les moqueries ?

Pour la première année de l’ère qatari, le PSG a réalisé objectivement un parcours de champion et peut donc être satisfait. Mais le football se nourrit avant tout de subjectivité. Sa seule faute est d’être tombé sur un très grand champion, nommé Montpellier… ou peut-être d’avoir viré Kombouaré…

BABYCALL : Friture sur la ligne

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babycallafficheLe cinéma nordique bénéficie incontestablement d’un effet Millenium. Depuis le succès mérité de la trilogie cinématographique suédoise tirée des roman de Stieg Larsson, les films venus du froid sont distribués avec une fréquence inédite. Il faut dire qu’il y a longtemps que le Grand Nord a largement envahi le polar littéraire, il n’y a pas de raison qu’il n’en soit pas de même sur grand écran. De plus, il possède une star, désormais hollywoodienne, qui passe de la Suède à la Norvège sans problème. Ainsi Noomi Rapace est à l’affiche d’un film norvégien, Babycall.

Anna s’installe dans un nouvel appartement avec son fils de 8 ans. Elle est frappée d’une paranoïa issue de la maltraitance qu’ils ont subi de la part du père de l’enfant, qui, d’après les services sociaux, n’a pas abandonné l’idée de récupérer l’enfant et a pris un nouvel avocat pour cela. Ces derniers lui demandent aussi de ne plus dormir avec son enfant, ce qui ferait mauvais effet lors d’un éventuel procès. Pour calmer son angoisse, elle achète tout de même un babyphone. Mais avec ce dernier, elle va aussi capter des son inquiétants venus d’un autre appartement.

Babycall est un film plutôt réussi dans ses deux premiers tiers. La tension s’installe lentement, une tension qui fait naître un vraie malaise chez le spectateur. Les détails se dévoilent peu à peu, dressant un tableau qui semble cohérent et inquiétant. C’est au fond assez classique mais plutôt bien foutu, sous la caméra plutôt élégante de Pal Sletaune. On attend avec une certaine avidité le dénouement qu’on espère à la hauteur de ce préambule prometteur.

Malheurseusement, le dernier tiers part un peu en sucette. Déjà avant, il y a quelques détails qui intriguent bien avant, mais on se dit que tout va prendre un sens au final. C’est le cas, mais tout cela n’est guère convaincant. On est dans le procédé classique du « en fait, ce n’est pas du tout ce que vous croyiez ». Sauf qu’on voit un peu arriver de longues minutes avant ce qui est censé être le retournement de situation final. Et surtout quand on repense à tout ce qui a précédé, on se dit que tout ne colle pas à la perfection. En fait, au-lieu de donner à Babycall un intérêt supplémentaire, ce brusque changement de perspective lui retire une grande partie de son intérêt.

Babycall aurait pu briller par la qualité de ses personnages. Seulement, tout tourne autour de Anna. Les autres protagonistes font presque partie du décor. Du coup, on a du mal à vraiment s’attacher et surtout à s’intéresser aux relations qu’elle peut tisser avec les autres. C’est notamment vrai de son fils, auquel finalement le scénario ne s’intéresse que très peu. Cela fait qu’au final, on reste en recul de cet histoire qui nous intrigue beaucoup plus qu’elle nous passionne.

babycallGlobalement, Babycall ne voit pas ses bonnes idées développées jusqu’au bout. Le film est riche, mais chacun des aspects laisse quelque peu sur sa faim. Il reste globalement tiède et si Pal Sletaune fait preuve d’une vraie maîtrise aussi bien visuelle que narrative, notamment au niveau du rythme, il n’a pas su lâcher la bride à son imagination. C’est dommage car il avait entre les mains de quoi faire quelque chose de beaucoup plus intéressant que ça.

Babycall tient quasiment entièrement sur les épaules de Noomi Rapace. Pas n’importe quelles épaules donc. Elle fait vraiment son maximum pour donner vie à son personnage et fait preuve d’une expressivité remarquable. Cependant, elle se heurte forcément aux limites du scénario et n’arrive donc pas à faire de Anna un personnage totalement convaincant.

Babycall n’aurait peut-être pas été distribué si Millenium n’avait pas aussi bien marché. Ce n’est pas un mauvais film, mais ce n’est pas certain non plus qu’on aurait foncièrement regretté son absence sur nos écrans.

Fiche technique :
Production : 4 1/2, Pandora Filmprodiktion, BOB Film Sweden
Distribution : Jour2Fête
Réalisation : Pal Sletaune
Scénario : Pal Sletaune
Montage : Jon Endre Mork
Photo : John Andreas Andersen
Décors : Roger Rosenberg
Musique : Fernando Velazquez
Maquillage : Anja Dahl
Durée : 97 mn

Casting :
Noomi Rapace : Anna
Kristoffer Joner : Helge
Velte Qvenild Werring : Anders
Stig R. Amdam : Ole
Maria Bock : Grete